A ma grande honte, j'ai omis le mois d'avril. Malgré les poissons, cela reste un premier du mois, et je l'ai complètement zappé. Toutes mes excuses.
Merci à toutes les personnes qui laissent des commentaires. Je n'ai pas souvent l'énergie de vous répondre, mais le cœur y est et je vous en suis très reconnaissante.
Voici donc le début du chapitre 6, qui sera à nouveau en 3 parties. Comme d'habitude, le titre parle de lui-même.
Bonne lecture !
Harry ou de l'éducation
Où il importe de décrire la bataille et ses conséquences
Chapitre six, première partie
L'accumulation de magie dans son corps était tout à la fois terrifiante et excitante. C'était comme être chargée d'électricité statique, mais gluante. Sa peau vibrait littéralement lorsqu'on l'effleurait et ses sens étaient plus précis, mais moins larges. Elle voyait incroyablement bien chaque détail au milieu de son champ de vision, mais sa vision périphérique était presque noire. Cela demandait un ajustement qu'elle ne pouvait pas s'accorder.
Escortés par des sorciers (elle avait du mal à l'avaler celle-là), dissimulés derrière des charmes, ils se rendirent à Greenwich, à l'endroit qui concentrait le plus de manifestations violant positivement les lois de la physique. Ils ne passaient pas inaperçus, et bientôt ils durent expliquer à des policiers ordinaires qu'il fallait évacuer la zone. Heureusement, les sorciers furent efficaces et jetèrent des sorts qui repoussaient les gens non magiques. Le stagiaire de Darcy, peu habitué aux phénomènes bizarres, fut pris dans le sortilège et on devait lui jeter des sorts pour qu'il n'essaie pas de rentrer chez lui pour sortir un plat d'un four inexistant.
Puis, la Convergence débuta vraiment, et avec elle, les ennuis.
D'abord, les manifestations qui emmerdaient les lois de la physique se firent de plus en plus évidentes et fortes. Jane fut obligée d'éviter un bus en léviation qui manqua de lui arracher la tête. Puis des ponts d'Einstein-Rosen s'ouvrirent en cascade dans le ciel. Jane en resta bouche bée, et elle ne fut pas la seule. Darcy et Ian s'arrêtèrent quelques instants pour contempler ce qu'ils avaient sous les yeux.
Jusqu'ici, l'idée que la Terre était en relation avec d'autres mondes était, au mieux, abstraite dans son esprit. Thor était parti dans une explosion de lumière, et un robot géant avait tenté de détruire une petite ville, mais tout cela avait eu lieu sur Terre. Jane n'avait jamais observé directement ces mondes d'ailleurs qui existaient séparés du Système solaire, mais rattachés à leur planète.
L'ouverture de ces trous de ver permettait une observation directe et c'était glorieux. Elle devinait que la ville scintillante et dorée était Asgard. Elle voyait de hauts murs et si elle se concentrait suffisamment, elle pouvait observer des sortes de barques volantes qui servaient de moyens de transport. La perspective était trop éloignée cependant pour apercevoir les destructions que venait de subir le Royaume de Thor.
Le regard de Jane glissa vers le pont suivant, le plus proche. De vastes prairies vertes s'étendaient aux pieds de hautes montagnes aux sommets enneigées. Elle se demanda furtivement si la planète entière était de la même veine, ou si, comme sur Terre, il y avait des climats différents. Encore plus loin, un autre Royaume était totalement enneigé. Jötunheim, se souvint Jane. Celui-ci, pas de doute, le climat y était uniforme, glacial et mortel, et elle avait toutes les raisons de croire Thor à ce sujet.
Sa contemplation fut brutalement rompue par l'arrivée d'un immense objet volant, un vaisseau, de forme oblongue, qui apparut dans le ciel de Londres comme s'il s'y trouvait depuis toujours. Il descendit doucement jusqu'à ce que sa pointe inférieure touchât le sol. Une porte s'ouvrit et la bataille commença.
Avant de rencontrer Thor trois ans plus tôt, Jane n'avait jamais assisté à une bataille. Certes, elle s'était souvent battue, mais seulement avec des mots. Elle n'avait pas réellement participé à la bataille contre le Destructeur à Puente Antiguo, mais cela l'avait durablement marquée. Pendant des semaines, elle avait sursauté au moindre coup de klaxon, et elle n'avait pas été la seule. Darcy avait tenté de tourner ses réactions à la rigolade, et Jane n'avait pas eu le cœur à lui remettre les pieds sur terre.
La bataille contre le Destructeur n'avait strictement rien à voir avec ce qu'ils vivaient à Greenwich. L'affrontement entre le robot humanoïde et Thor avait été au mieux une escarmouche.
Tout allait tellement vite qu'elle ignorait même ce qu'elle voyait. Quelques secondes plus tôt, elle contemplait l'ouverture dans le ciel vers des mondes lointains, presque féeriques, et désormais elle était cernée par des sorciers presque invisibles et des Asgardiens en armures qui la défendaient à coup de jets de lumière colorée et d'armes blanches. Elle savait que son rôle était primordial tout en étant passif. Elle n'avait aucun moyen de défense réel, car la magie qui roulait en vagues sous sa peau ne lui appartenait pas et elle ne savait pas s'en servir. Elle savait simplement qu'elle était le cœur de la cible et qu'une muraille devait la protéger.
Un boulet de canon brisa la muraille ou plutôt, une sorte de bête immense implosa à proximité de ses défenseurs et absorba trois d'entre eux dans une sorte de mini-trou noir. Aussitôt, d'autres sorciers tentèrent de colmater la brèche, mais il était trop tard. Un Dökkalfar livide, aux yeux presque blancs, empala l'une des sentinelles et s'avança droit vers Jane. Quelqu'un, un sorcier, attrapa Jane par le bras et l'entraîna un peu plus loin pour la mettre à l'abri. La muraille tenta de se reformer autour d'elle, mais ils perdaient un peu de terrain chaque minute, et la Convergence n'avait pas encore atteint son apogée.
Le chaos était complet et les exclamations et hurlements résonnaient de toutes parts, si bien que Jane n'entendit pas les avertissements qui retentirent, et qui de toute façon ne lui étaient pas destinés. Elle ne s'aperçut de l'intrusion que trop tard, et il fut heureux pour elle que l'intrusion en question fût totalement inoffensive. Un enfant, un jeune garçon, venait d'apparaître sur le champ de bataille et un sorcier, toujours sous camouflage magique, l'avait attiré au milieu d'eux pour le protéger. Par réflexe, Jane l'attira à elle et le serra contre son corps.
« Comment tu t'appelles ?
— Harry.
— Très bien Harry. Je suis Jane. Nous sommes en grand danger. Il faut absolument que tu obéisses quand je te le dirai. C'est compris ? »
Le petit garçon hocha la tête avec sérieux. Les sortilèges colorés volaient autour d'eux à grande vitesse et explosaient tantôt un ennemi, tantôt un bout de mur ou de colonnade. Harry avait l'air impressionné, effrayé, mais pas surpris. L'esprit et l'imagination des enfants leur permettaient une adaptation plus rapide aux événements les plus singuliers.
Jane n'eut pas le temps de se poser plus de questions à propos du gamin qui lui tombait sur les bras. Un cri plus fort que les autres l'informa que Thor était blessé. Elle le chercha du regard et le trouva aux prises avec le chef des assaillants. Thor retira une lame courte de son flanc, resserra sa prise autour du manche de Mjöllnir et repartit à l'attaque, mais ralenti par sa blessure, il ne réussit pas à toucher son adversaire.
Ce n'était visiblement pas son plan, puisque Loki surgit de nulle part et planta à son tour une lame dans le corps de Malekith, mais le Dökkalfar ne sembla pas s'en émouvoir une seconde. Il tira sur la lame pendant qu'un de ses super-soldats en armure de la tête aux pieds balayait les deux frères presque sans effort. Malekith regagna très vite le peu de terrain qu'il avait perdu et s'approcha à nouveau de l'endroit où Jane se dissimulait.
« Quand je te dis cours, tu cours, rappela-t-elle au garçon. »
Les sorciers ralentissaient Malekith autant qu'ils le pouvaient, mais eux non plus ne pouvaient grand-chose contre une créature vieille de plusieurs milliers d'années. L'un des amis de Thor s'interposa, mais il ne fit pas le poids et fut projeté sans ménagement contre une colonne du Royal Naval College qui se brisa sous l'impact. Une partie du plafond s'effondra sur le pauvre homme inanimé.
Avec un rictus de contentement, Malekith franchit les quelques mètres qui le séparaient de Jane, et son sourire s'évanouit.
« Où est-elle ? cria-t-il à son adresse. Où est l'Éther ? »
La supercherie était éventée, Jane était plus en danger que jamais et le petit garçon derrière elle aussi. Enragé d'avoir été dupé, Malekith leva son épée, prêt à occire la scientifique. Jane savait qu'à l'impact, la magie en elle allait s'échapper et tout détruire. Certes, elle allait en mourir, mais elle allait emporter Malekith avec elle, ou au moins le blesser suffisamment pour remporter la bataille. Mais avant cela :
« Cours ! ordonna-t-elle au petit garçon. »
À son grand étonnement, non seulement Harry ne bougea pas, mais il prit un air concentré et quand il leva les mains, une sorte de bulle dorée et translucide grossit autour d'eux. L'épée de Malekith se fracassa contre le champ de force et se brisa en morceaux. Le garçon poussa un lourd soupir comme s'il lâchait une charge très lourde et la bulle s'évapora. Malekith poussa un cri de rage plus puissant encore, mais il ne put pas aller plus loin. Un jet magique plus épais et puissant que les autres l'envoya valser à plusieurs mètres.
Puis Erik Selvig cria quelque chose.
La Convergence atteignit son apogée.
Pendant quelques secondes, tout se figea, comme si quelque chose devait se passer, n'importe quoi. Mais il n'y eut ni lumière divine, ni apparition, ni explosion primordiale. Malekith se releva et la bataille reprit. Cette fois, les assaillants avaient compris qu'ils perdaient et cherchaient à retourner à leur vaisseau. Les portails au-dessus de leurs têtes, qui s'étaient alignés les uns derrière les autres, commencèrent à s'éloigner les uns des autres et à rétrécir. La Convergence allait se terminer d'un instant à l'autre. Si les Dökkalfar voulaient retourner dans les couloirs des mondes, les branches d'Yggdrasil comme avait dit Thor, alors ils devaient le faire vite.
Heureusement pour les défenseurs de la Terre, une immense colonne arc-en-ciel percuta le sol et des soldats en armures dorées en sortirent et rejoignirent la bataille. En quelques minutes, les Dökkalfar furent défaits, soit tués par un sorcier ou un soldat, soit emportés dans un mini-trou noir en essayant de faire le plus de dégâts possible. Malekith lui-même perdit la vie peu glorieusement, décapité brutalement par-derrière par Loki qui avait enchanté sa lame pour l'occasion.
Malheureusement, Jane n'eut pas le temps d'apprécier leur victoire. La magie qui bouillonnait dans son corps devait être délicatement évacuée. Loki se jeta pratiquement sur elle. Elle ne put pas protester et sombra dans un sommeil magique à la seconde où il lui toucha le bras.
Alors que pensez-vous de ma version de la bataille de Greenwich ? J'espère que ce chapitre vous a plu !
A bientôt !
