Mais, que vois-je ? Un deuxième chapitre dans la même soirée ?!
Celui-ci étant très court, et ayant oublié le 1er avril, c'est cadeau.
Harry ou de l'éducation
Où il importe de décrire la bataille et ses conséquences
Chapitre six, deuxième partie
Albus avait pris part à deux guerres sorcières. La première contre Grindelwald et sa vision fasciste de la société, qu'il avait fini par vaincre — Grindelwald et ses idées qu'il avait partagé un temps avec le jeune homme dont il était éperdument amoureux — au prix de son amour-propre et de sa vie sentimentale, sans parler de celle d'Ariana. La seconde contre Voldemort et sa vision raciste de la société, qu'il n'avait pas vaincu. Voldemort n'était que défait et attendait son heure quelque part, tandis que ses idées néfastes avaient encore pignon sur rue dans la société sorcière britannique.
Albus avait participé à des batailles, il avait lui-même tué des sorciers durant certaines d'entre elles, il avait assisté à des violences sans nom, il avait vu et accompli des prodiges magiques. Le combat qui l'avait opposé à Gellert avait été dantesque, même si, sans témoin, personne ne pouvait confirmer ses paroles. Albus ressentait toujours une fierté honteuse à avoir vaincu le porteur de la baguette de sureau, le Bâton de la Mort, en duel. Sans doute n'avait-il pas été complètement fair-play, et avait-il trouvé en lui une fibre serpentarde pour faire hésiter Gellert au moment où lui, Albus, n'avait plus aucun doute. Il avait vaincu et c'était tout ce qui comptait en définitive. Savoir qu'il avait déployé des trésors de magie et de manipulation ne concernait plus que lui et plus personne n'en avait cure des décennies plus tard.
Certains combats, sans doute plus spectaculaires, mais moins épuisants magiquement, avaient forgé sa légende. Des escarmouches contre Gellert, puis contre ses thuriféraires et enfin contre Tom, Voldemort, ou Celui-Dont-Le-Nom-Ne-Doit-Pas-Être-Prononcé-Sauf-Si-Vous-Êtiez-Albus-Lui-Même. Tom avait un goût prononcé pour la théâtralité, ce que ne pouvait lui reprocher Albus. Il avait compris avec le temps tout l'intérêt d'une mise en scène soigneusement étudiée. Leurs combats l'un contre l'autre avaient été d'abord spectaculaires avant d'être dangereux, surtout parce que Tom souhaitait faire fleurir la peur et faire flétrir l'espoir. La grandiloquence de ses exploits magiques n'avait d'intérêt que pour démontrer une forme de supériorité sans tuer. Il cherchait la soumission et l'obéissance par la terreur, et il y était très bien parvenu jusqu'à ce fameux soir d'octobre.
Albus n'était donc pas un perdreau de l'année. Il avait une expérience longue et riche et avait été témoin ou acteur de choses extraordinaires. Cependant, lorsqu'il croisa la route de dieux asgardiens, de scientifiques moldus et de créatures venues des âges ténébreux de l'univers, il dut admettre qu'il pouvait encore être surpris.
La Convergence en soi était objet d'admiration sans bornes, et Albus se serait perdu volontiers dans la contemplation du phénomène si le destin de leurs mondes n'était pas en jeu. Comme le reste des sorciers et sorcières envoyées sur place pour défendre la Terre et l'Éther, il s'était désillusionné pour échapper aux yeux toujours plus perfectionnés des caméras moldues. Grâce à la présence des Asgardiens, l'utilisation extensive de magie pourrait être accréditée à d'autres et le statut du secret pourrait être préservé.
Albus n'avait pas pu étudier l'Éther après l'avoir extrait du corps de la scientifique moldue, et il doutait de pouvoir le faire sans se battre longuement contre les asgardiens. Il comprenait la crainte de ceux-ci. L'Éther et toutes les gemmes de l'Infini avaient un pouvoir de fascination plus fort encore que les Reliques de la Mort. Les Asgardiens agissaient depuis des siècles comme les gardiens des mondes, plus ou moins bienveillants, plus ou moins terribles. La Terre avait eu la chance d'échapper à l'intérêt vorace de cette espèce guerrière, et sans doute cette chance s'étiolait à grande vitesse. En trois ans, c'était la troisième fois que la Terre se trouvait sur le passage d'un Asgardien ou assimilé.
Le vaisseau des Dökkalfars, une espèce supposément éteinte depuis plusieurs millénaires, était ce qu'Albus avait vu de plus exotique de toute sa vie. Tout lui était étranger. La forme de l'engin, ses matériaux, l'énergie qu'il dégageait, et même le bruit qu'il émettait étaient nouveaux pour lui et pour tous les sorciers et moldus sur place. Au moins, les techniques de combat étaient tout à fait classiques. Le maniement des armes blanches ou contondantes n'était pas très différent de ce qu'il connaissait déjà.
La Convergence, l'Éther, les vaisseaux spatiaux, tout ceci était nouveau, mais Albus aurait été fâché de n'en être pas surpris. Des choses aussi différentes et uniques piquaient sa curiosité comme s'il avait encore vingt ans et s'émerveillait devant le monde qui s'offrait à lui. Il n'était pas étonnant qu'il s'étonne.
La vraie surprise arriva sous la forme d'un jeune garçon qu'Albus mit un peu trop de temps à reconnaître. Harry Potter lui-même, âgé de seulement sept ans, transplana en pleine bataille, puis produisit un sortilège de bouclier sans baguette totalement parfait, et sauva la vie d'un grand nombre de combattants en protégeant Jane Foster et lui-même.
À la seconde où il reconnut l'enfant, Albus sut avec une grande clarté qu'il avait eu raison. Harry Potter serait le Sauveur du monde sorcier. Il avait été choisi par le destin d'abord, par Voldemort ensuite, par lui-même enfin, pour protéger ceux qui en avaient besoin. En transplanant de l'autre bout du monde, et en produisant un bouclier parfait, il démontrait d'une stabilité et d'une force magique qui auraient dû être impossibles à son âge.
Évidemment, l'enfant finit par s'évanouir d'épuisement et Albus se chargea de le protéger en attendant de pouvoir évacuer les lieux. Évidemment, lorsqu'Iron Man atterrit au milieu des débris, paniqué, il se fit un plaisir de rassurer le jeune père adoptif (ou presque) sur l'état de Harry. Évidemment, lorsque Tony Stark ordonna à tout le monde de se rendre dans son appartement au Shard, Albus obéit bien scrupuleusement. Évidemment, Albus accueillit la fin du combat avec soulagement et se prêta au jeu du débriefing.
Mais en son for intérieur, et pour la première fois depuis des années, Albus avait une parfaite confiance dans l'avenir.
Que pensez-vous de Dumbledore et de ses choix et pensées ?
A dans un mois !
