Disclaimer : les personnages et le magique univers d'Harry Potter sont la propriété exclusive de la merveilleuse J.K Rowling et je ne fais que m'amuser avec eux en y insérant quelques OC !
1er février 1976
Alors qu'Arabella se décidait à reprendre le chemin de son dortoir pour trouver Lily et Mary, elle se fit percutée de plein fouet.
Elle serait tombée à la renverse si la personne qui lui était rentrée dedans ne l'avait pas rattrapée. Son cri de surprise fut étouffé par un torse dur qui se soulevait rapidement sous l'effort. Comme si son propriétaire avait couru jusqu'à elle.
Tout aussi brusquement qu'elle fut rattrapée, la blonde fut rejetée en arrière tandis que deux mains puissantes lui agrippaient les épaules. Arabella put enfin croiser les prunelles grises de son vis-à-vis.
« Sirius ? s'étonna-t-elle.
– Je peux savoir où t'étais ? » aboya Black les yeux flamboyants de colère et… d'inquiétude ?
Elle ne put répondre entendant soudain des bruits de pas venir jusqu'à eux. Très vite les Maraudeurs au grand complet furent près d'elle. Au vu de leurs étranges mines soulagées, ils avaient craint pour elle. Et Arabella en ignorait la raison.
« Qu'est-ce qui vous arrive ?
– Tu vas bien c'est l'essentiel », répondit Remus après avoir repris son souffle.
Lui et les autres maraudeurs étaient essoufflés et en voyant la présence de Lupin, elle pensa de suite à Mary.
« Où est Mary ? s'inquiéta-t-elle.
– MacDonald ? Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ? »
Sirius paraissait toujours énervé et à cran, et il ne semblait pas comprendre le ton alarmé de la blonde.
« Elle va bien, apaisa rapidement Remus. Elle est dans la salle commune de Gryffondor avec Lily. Elles nous attendent là-bas »
Cela n'empêcha pas Arabella de le dévisager sans comprendre. Elle croisa ses iris chocolat et à sa posture déterminée mais dans le même temps apaisée, la jeune fille comprit que le temps des secrets était levé.
« Rejoignons-les alors »
Mais tandis qu'elle avançait en direction de la salle commune des Gryffondor, elle fut retenue par Sirius Black. Celui-ci était encore agacé et soucieux. Ne rien savoir et ne rien comprendre de la situation ne devait pas aider.
« Je peux savoir où tu étais ? répéta-t-il pour la seconde fois.
– Je me baladais avant de retourner dans la salle commune »
Hors de question de parler de la Salle sur Demande. Sentant qu'il n'allait pas lâcher l'affaire, Arabella préféra contre-attaquer :
« Comment m'avez-vous retrouvée d'ailleurs ?
– Un coup de chance », répondit Potter en se grattant la tête et avec un sourire faux.
La réponse du brun à lunettes la rendit encore plus suspicieuse, de même que le haussement de sourcil de Lupin en direction de celui-ci. Il faudrait qu'elle se méfie d'eux, ils semblaient avoir plus d'un tour dans leur sac.
« Je suis surprise de te voir, je pensais que tu maintiendrais tes positions contre moi », dit la jeune fille en se tournant de nouveau vers Sirius qui ne lui avait pas encore lâché le bras.
Il ne répondit pas tout de suite. Un sourire presque vengeur ornait ses lèvres. Il devait savoir qu'elle faisait référence à son comportement ces derniers temps. Remus avait dit que Sirius détestait les secrets. Et bien s'il savait tous ceux que la jeune fille gardait pour elle, il risquait de ne jamais finir de lui en vouloir.
« En effet, rétorqua-t-il enfin, mais Remus a promis de ne plus se défiler »
C'était bien ce que la blonde avait supposé en croisant le regard de celui-ci. Pettigrow proposa ensuite de rejoindre Lily et Mary et tous hochèrent la tête.
« Tu peux me lâcher tu sais », fit remarquer Arabella.
Sirius se contenta de desserrer sa prise sur son avant-bras et de lui prendre la main pour la traîner derrière lui sous le regard amusé de Potter. De toute évidence, il ne voulait pas qu'elle s'éloigne de lui. Craignait-il qu'elle s'échappe ? La blonde ne comprenait pas son comportement. Lui qui avait été si distant ces jours-ci. Mais bizarrement, elle le laissa faire et fut conduite sans douceur vers leur salle commune. Son pas énergique et rapide rendait le tout presque brusque, mais la douceur de sa prise sur sa main en atténuait la dureté.
Dans la salle des Gryffondor, elle fut accaparée par le soulagement de ses amies ce qui força finalement Sirius à la libérer de sa poigne.
« Arabella, scanda Lily, j'étais si inquiète »
Sa voix avait des trémolos qu'elle ne lui connaissait. Mary ne dit rien pour sa part mais serra la blonde contre elle en tremblant.
« Je pense que toute cette situation mérite une discussion sérieuse », fit remarquer judicieusement Potter faisant séparer le trio.
Remus hocha la tête après avoir croisé les prunelles de Mary.
« Je suis d'accord mais pas ici »
Arabella ne pouvait être que d'accord avec lui. Certes la salle commune était presque désertée mais leur rassemblement avait alerté quelques Gryffondor curieux. Il était plutôt rare que les Maraudeurs soient aussi proches d'autres personnes.
« Allons au repère, trancha Sirius sans lâcher Arabella du regard.
– Quoi ? Certainement pas ! s'opposa Potter d'un air alarmé.
– Pourquoi tu as un truc à cacher ? » demanda suspicieusement Lily.
Comme pour prendre à témoins ses amis, le brun à lunettes se tourna vers eux d'un air théâtral. Ou peut-être était-ce sa façon de se comporter, qui sait ?
« Vous voyez ! C'est une mauvaise idée. C'est le Repère des Maraudeurs pas celui des âmes en peine. C'est un lieu secret et réservé aux hommes !
– T'as raison Mary, c'était aberrant de penser que Potter pouvait dépasser son égoïsme et son immaturité pour nous aider »
Sur ses paroles Lily prit le bras d'une Mary gênée dans l'intention de tourner les talons. Arabella soupira et leva les yeux au ciel tandis que Sirius murmurait quelque chose à l'oreille d'un James Potter contrarié. Elle ne sut ce qu'il lui dit mais le sourire goguenard qu'afficha ensuite le binoclard ne laissait rien présager de bon.
Remus le conciliateur peinait à calmer la furie de Lily. Mais au grand étonnement de la blonde, il y parvint finalement. Où peut-être était-ce la douce Mary qui elle aussi s'était mise à murmurer à l'oreille de la rousse.
Au final, les Maraudeurs ouvrirent la voie et sortant de la tour Gryffondor, les filles leur emboitèrent le pas. Arrivant au cinquième étage et dans un couloir sans issue, Potter s'avança vers une vieille armure. Cachant avec sa carrure le secret du mécanisme d'ouverture, il s'effaça rapidement pour laisser entrer le reste de la troupe.
Arabella ne savait pas à quoi elle s'était attendue, mais pas à ça.
La pièce devait être vaste mais était encombrée de tellement d'objets plus hétéroclites et étranges les uns que les autres qu'elle avait du mal à en voir sa superficie. Les murs étaient à peine visibles car regorgeant d'étagères remplies et d'armoires tout aussi garnies. Des tapisseries venaient compléter l'ensemble : la plupart étant à l'effigie du lion des Gryffondor. Des posters d'équipes de Quidditch se trouvaient aussi d'un côté.
Au centre de la pièce était disposé de nombreux fauteuils et coussins. Tout dans la pièce était dans une majorité d'or et de rouge. Impossible de croire que d'autres élèves que des Gryffondor avaient pu monopoliser l'endroit. La blonde retrouvait bien l'esprit presque sectaire des élèves de Poudlard entre eux. Ce n'était pas aussi marqué et prédominant à Ilvermorny.
Cependant, douillet et intime mais très masculin furent les qualificatifs qui vinrent à l'esprit d'Arabella tandis qu'elle embrassait la pièce dans sa globalité.
« Je ne vois pas ce que cet endroit a de si particulier au point qu'on ne devait pas le voir », marmonna la préfète.
Au regard incendiaire et vexé de Potter, Arabella donna un coup de coude à son amie pour qu'elle se taise. Il ne servait à rien de les relancer dans une dispute. Ils étaient tous réunis pour Mary. Par bonheur, Lily le comprit et s'assit sans rien dire de plus sur un des confortables fauteuils écarlates.
Presque une heure plus tard, Arabella avait mal à la tête. Sans surprise tenter d'expliquer la situation aux pires impétueux de Poudlard relevait d'une épreuve de force. Entre Potter qui coupait toutes les cinq minutes pour demander des précisions, Pettigrow qui avait dû mal à tout saisir (en même temps les interruptions continuelles avaient de quoi rendre le récit très décousu) et Black qui grommelait et arpentait la pièce avec colère à chaque fin de phrase, la blonde se demandait comment Remus faisait pour ne pas perdre patience.
D'ailleurs quelle excellente idée d'avoir suggéré que celui-ci s'en charge. Si Arabella n'avait pas craint que l'explication des problèmes de Mary ne s'éternisent encore quelques heures, elle serait intervenue pour calmer les ardeurs de Black et Potter. Leur comportement sanguin et impatient était vraiment une plaie dans cette situation.
En jetant un coup d'œil du côté de son amie rousse, elle comprit qu'elle n'était pas la seule agacée. Quoi que ce terme soit bien en deçà de ce que la blonde lisait dans les prunelles vertes de Lily Evans. À tout moment cette dernière pouvait lâcher les flammes. Mary de son côté avait le regard baissé sur ses mains jointes. Elle semblait presque détachée de la conversation, trop pour que ça paraisse naturel.
Arabella avança sa main pour prendre l'une d'entre elles sans la regarder. Elle fit comme si elle ne s'était pas rendu compte que la main fine de son amie tremblait dans la sienne.
« Alors c'est la raison pour laquelle tu t'étais rapproché des filles », conclut Potter une fois que Remus eut finit de tout expliquer.
Sirius s'était arrêté de déambuler à travers la pièce d'une foulée agressive et fixait lui aussi son ami les bras croisés. Arabella n'arrivait pas à dire s'il était agacé ou non.
« Il l'a fait pour moi, intervint Mary d'une voix basse et douce. J'étais terrifiée par tout ça et… je pensais que tant que peu de personnes étaient au courant, cela rendait toute cette situation moins réelle. Je suis désolée d'avoir causé des problèmes entre vous.
– Tu n'as pas besoin de t'excuser, la rassura Potter d'un ton inhabituellement grave. Tu peux compter sur Remus, c'est le plus intègre et loyal d'entre nous »
Comme pour appuyer les propos du brun à lunettes, Sirius s'approcha de Lupin et posa une main amicale sur son épaule. Arabella crut même capter une œillade désolée et un sourire entre eux. Elle fut satisfaite de revoir leur complicité mutuelle. Au moins une bonne chose ressortait de toute cette situation.
« Mais il y a une chose que je ne comprends pas, intervint une fois de plus Potter. Pourquoi tu pensais qu'Arabella avait des problèmes tout à l'heure ? »
L'interrogation lancée à Remus fit tiquer aussi bien celle-ci que Sirius. Remus échangea un regard avec Lily puis expliqua l'histoire du mot qu'Arabella avait trouvé dans ses affaires. Cette dernière ferma les yeux, irritée. Elle aurait préféré que la préfète garde ça pour elle. Il était hors de question qu'elle soit surveillée, même si c'était par ses amis et pour sa sécurité. À l'inverse de Mary, elle n'était pas terrifiée et se sentait tout à fait apte à se défendre seule.
« Et en sachant ça, tu es assez idiote pour te balader seule dans les couloirs », cria un Sirius encore plus furibond que tout à l'heure.
Il s'était même déplacé pour se tenir debout devant le fauteuil d'Arabella. La dominant de sa hauteur il avait les mains crispées comme s'il se retenait de lui tordre le cou.
« Autant que tu te dessines une cible sur le front pour leur dire qu'ils peuvent tenter ce qu'ils veulent !
– Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas moi qui ai été ciblée », répartit froidement la blonde.
Le comportement lunatique de Sirius Black commençait à lui taper sur le système.
« Ah oui ? Et on en parle de Rosier ?
– Je ne vois pas le rapport ! s'insurgea la jeune fille en se levant pour affronter plus efficacement son vis-à-vis. Et surtout ça n'a rien à voir !
– Laisse-moi te rappeler que si je n'avais pas été là la dernière fois, qui sait ce qu'il te serait arrivée, insista-t-il.
– Pardon ! s'outra une fois de plus Arabella. Je ne t'avais rien demandé. Tu te fais des scénarii tout seul ! Quelle idée de t'en mêler en surveillant Rosier avec les autres »
À ces mots, Remus se fit tout petit. Il avait vendu la mèche à la blonde quelques temps plus tôt mais n'aurait pas cru qu'elle le ressortirait de cette façon. Lui qui devait s'attendre à ce qu'elle finisse par remercier Black, il s'était lourdement trompé.
Potter regardait leur échange houleux d'un air goguenard comme s'il se délectait, tandis que les autres ouvraient grand les yeux sans oser intervenir de peur que les foudres ne retombent sur eux.
« Tu ne cherches qu'un prétexte pour t'en prendre aux Serpentard. Tout est bon pour ça, même l'excuse de soi-disant veiller sur moi !
– Par Merlin ! Je n'ai jamais vu une telle entêtée, hurla Sirius en levant les bras au ciel. C'est si dur de reconnaître que je m'inquiétais pour toi et que tout à l'heure lorsque Lunard nous a dit que tu avais disparu… je… »
Bafouillant ces dernières paroles, il finit par se taire sans poursuivre. Il se gratta l'arrière du crâne pour en fin de compte se laisser tomber dans un fauteuil qui protesta sous la violence dont il fit preuve. Sa posture boudeuse et un brin gênée était presque comique.
« Laisse tomber », marmonna-t-il en conclusion.
Un silence suivit, puis la voix narquoise de Potter s'éleva :
« Bien que votre discussion fût fort divertissante, ne serait-il pas plus judicieux de revenir au sujet qui nous intéresse »
Arabella se rassit tout en lançant un regard d'excuse à Mary qui ne sembla pas lui tenir rigueur. Sous le silence de la blonde et de Sirius, les autres se mirent à exposer les hypothèses probables et le moyen d'éviter qu'une telle chose ne se reproduise aussi bien envers Mary que possiblement Arabella.
Cette dernière jeta un coup d'œil sur le côté pour observer discrètement Sirius. Elle ne savait que penser de ce qu'il venait de lui dire. Le jeune homme était-il sincère ou était-ce sous le coup de l'exaspération que ces mots lui avaient échappé ?
« J'ai l'impression que depuis notre dernier échange, commença Remus en direction des filles, nous n'avons pas beaucoup plus avancé »
À sa déclaration désabusée, Arabella décrocha son attention de Sirius.
« En réalité il y a eu quelque chose. Quelqu'un s'est introduit dans notre dortoir pour le retourner dans tous les sens. Comme rien n'a été dérobé, je me demande si l'intention de cette personne n'était pas de nous faire peur.
– Et bien c'était réussi, murmura doucement Mary.
– Votre dortoir a été fouillé ? s'étonna Peter Pettigrow avec surprise. Je doute cependant que cela ait un lien avec l'attaque de Mary »
Tous se tournèrent vers lui sans comprendre. Intimidé d'être le centre d'attention général, le jeune homme rougit.
« Que veux-tu dire par là ? lui demanda d'expliciter Arabella.
– Eh bien… la personne responsable de ça est déjà plus facile à trouver. Cela ne peut-être qu'une fille vu que vos dortoirs sont interdit d'accès aux garçons…
– … et c'est pas faute d'avoir essayé », chuchotèrent presque en cœur et avec conspiration Black et Potter.
Lily leur lança un regard dégouté mais ne releva pas plus et Arabella la remercia mentalement. Elle avait envie d'entendre l'avis de Peter.
« Et surtout ce ne peut-être qu'une Gryffondor au vu de la sécurité des escaliers.
– Comment ça ? demanda Arabella sans comprendre tandis que tous hochaient la tête.
– Il est impossible pour une élève d'une autre maison de grimper dans le dortoir des filles sans être accompagnée par une Gryffondor. Alors cela sous-entend soit que la coupable est une personne de notre maison ou tout du moins qu'elle y a fortement contribué »
La blonde ignorait cette information. Faut dire qu'à l'inverse de ses camarades elle n'était pas à Poudlard depuis des années.
« Ou bien c'est un elfe de maison »
Arabella lança un regard étonné à Pettigrow.
« Qu'est-ce que tu racontes Peter, s'esclaffa Potter.
– Il n'y a qu'eux qui peuvent transplaner dans des endroits où les sorciers en sont incapables, appuya logiquement Lupin.
– Et James ! Des elfes de maison viennent tous les jours dans nos chambres. À ton avis qui vient nettoyer religieusement ton foutoir quotidien ? » se moqua Peter.
James Potter arrêta de rire comme un idiot et lança un regard vers Lily comme s'il s'inquiétait de ce qu'elle pouvait penser d'apprendre qu'il était bordélique.
« Bien que ton idée soit plutôt bonne, dit Mary. C'est impossible à Poudlard. Au château, il y a certes des elfes de maison mais ils répondent tous au professeur Dumbledore.
– Alors il est fort à parier que c'est quelqu'un que vous connaissez bien », termina Pettigrow en leur lançant un regard d'excuse.
Les trois filles s'observèrent en silence. La blonde voyait bien que ses amies ne savaient qui parmi les Gryffondor aurait pu faire une telle chose, ce qui n'était pas entièrement son cas.
« Pour ma part, j'ai suspecté Roxanne pendant un temps au vu de son comportement fuyant après ça, finit par avouer Arabella. Mais elle a été tellement outrée que je sous-entende une telle chose que j'ai un doute »
Les Maraudeurs échangèrent un regard.
« Laisse-nous prendre le relai avec elle, proposa Potter avec un drôle de sourire. Je connais un moyen de la faire parler si c'est elle la coupable »
Sirius lui lança un regard furieux qui surprit Arabella. Elle ignorait à quoi venait de faire référence le brun à lunettes mais ça n'enchantait pas son ami. Mais si cela leur permettait de résoudre ce mystère-là, la blonde n'allait pas s'en mêler.
Ils passèrent le reste de l'après-midi ensemble à échafauder pour les Maraudeurs des pièges plus ou moins douteux envers Avery et Mulciber tout en y incluant souvent Rosier et d'autres Serpentard. Les filles de leur côté tempéraient leurs ardeurs guerrières pour éviter que tout ne se retourne contre eux. Ils se mirent cependant d'accord de ne jamais laisser seule Mary en dehors de la tour Gryffondor. Trois personnes de plus pour veiller sur elle était mieux que rien.
3 février 1976
Le cours de défense contre les forces du mal se terminait sous le soupir soulagé de Mary MacDonald. Arabella se tourna vers elle tout en lui adressant une moue compatissante. Cette matière n'avait jamais été la préférée de son amie, et ce d'autant plus depuis qu'elle s'était faite attaquée par un sort de magie occulte au début d'année.
Devant elles, Lily Evans leva les bras vers le plafond en s'étirant et se retourna sur sa chaise pour les regarder.
« Ça vous dit de travailler à la bibliothèque le reste de l'après-midi ?
– Non merci, grimaça Mary. J'aimerai profiter de ces quelques heures de libre pour me détendre un peu. Je n'aimerai pas m'endormir durant le cours d'astronomie ce soir »
Arabella vit du coin de l'œil la rouquine se tourner vers elle tandis qu'elle rangeait ses affaires dans son sac.
« Je suis de son avis. Je pense même dormir un peu ou voir Matthew »
Lily hocha la tête et abandonna toute idée de travailler. Arabella lui en était reconnaissante. Le sommeil s'était de nouveau mis à la fuir et son esprit était accaparé par des événements se déroulant de l'autre côté de l'Atlantique. Même ses recherches autour du journal d'Augustin avaient été mises de côté et par extension les problèmes de Mary. La blonde en ressentait une certaine forme de culpabilité mais à l'heure actuelle, elle ne pouvait se concentrer que sur une seule chose : l'exécution prochaine des meurtriers de ses amis. De plus savoir les Maraudeurs au courant pour Mary lui permettait de moins s'en vouloir. Arabella sentait qu'elle pouvait compter sur eux pour la protéger et tenter de découvrir ce qui s'était réellement passé.
Alors qu'en silence elle suivait Lily et Mary hors de la salle de classe, Arabella sentit une main lourde se poser sur son épaule.
« Miss Archdeacon pouvez-vous rester quelques instants, je dois vous parler »
Croisant les prunelles marrons du professeur Jones, elle tâcha de ne pas s'agacer à l'entente de son patronyme. Surtout qu'il lui souriait gentiment, total ignorant de ses tourments intérieurs.
« Bien sûr »
Sous les regards intrigués de ses deux amies qui quittèrent la pièce, le professeur Jones ferma la porte. Ils étaient désormais seuls. Arabella qui n'avait pas quitté la proximité de son bureau se tenait debout en silence. Lui de son côté, préféra s'assoir à demi sur la surface boisée derrière lui pour lui faire face. Les bras croisés avec nonchalance, il dégageait une puissante assurance et comme à son habitude il affichait une mine avenante.
« Ne soyez pas aussi tendue », finit-il par dire en levant les mains devant lui avec un rire confus, une attitude où n'importe qui lui aurait donné l'absolution sans confession.
En réponse, elle se contenta d'un sourire poli. Avant qu'il ne lui en fasse la remarque, Arabella n'avait pas remarqué qu'elle s'était raidie. Sa prise autour de la lanière de son sac sur l'une de ses épaules se desserra.
« Je voulais savoir comment vous vous sentez ces derniers temps.
– Je vais bien… »
Arabelle s'efforça de ne pas froncer les sourcils devant l'expression de son intérêt futile en ce qui concernait son bien-être. Elle trouvait cela déplacé de la part d'un professeur qui n'était pas le directeur de sa maison bien que le professeur McGonagall n'ait jamais pris le temps de faire de même.
« J'ai appris pour le procès qui s'est achevé la semaine dernière, enchaîna-t-il d'un ton étrange. Je n'imagine pas ce que vous pouvez ressentir »
Elle ne put se retenir d'ouvrir grand les yeux de surprise. Puis elle serra les lèvres avec irritation. Comme elle s'en doutait, les professeurs étaient informés de sa situation, et par extension de ce qui l'avait amenée à changer d'école ainsi que de continent.
Les prunelles pleines de commisération du sorcier devant elle ne lui firent aucun bien. Au contraire, la blonde devait se retenir de ne pas fondre en larmes.
« Si quoi que ce soit vous tracasse, vous savez que vous pouvez venir me voir »
Tout en parlant, il s'était relevé et penché vers elle. La dominant de sa haute stature, sa main voyagea vers son visage. Frôlant comme par inadvertance sa joue avec une familiarité presque inconvenante, elle se posa finalement sur le dessus de sa tête. Le poids de celle-ci semblait trop lourd, trop appuyé. Et alors qu'Arabella s'apprêtait à l'éloigner prestement ou à reculer, le professeur Jones tapota deux fois le sommet de sa tête d'une manière paternaliste associé d'un sourire innocent et amical puis s'éloigna d'elle.
Elle le suivit des yeux alors qu'il rejoignait le bureau professoral, se sentant bêtement soulagée de la distance qu'il avait mise entre eux.
Rassemblant une pile de parchemins sur l'un des côtés de sa paillasse, il poursuivit sans la regarder :
« J'imagine que vous avez compris depuis la dernière fois, Miss Archdeacon, que vous pouvez compter sur mon soutien »
Sur ces derniers mots le professeur Jones lui avait jeté un regard en coin attrapant son expression de malaise.
« Rappelez-vous que je suis une personne à qui l'on peut se fier lorsqu'on a des problèmes »
Retenant un frisson dérangeant, Arabella déglutit. Elle savait à quoi il faisait allusion. En effet, il l'avait aidée avec le professeur Slughorn qu'il n'avait jamais demandé à voir comme la blonde l'avait affirmée devant les deux sorciers. Mais elle se souvenait aussi clairement de ce qu'il avait dit ensuite à demi-mot : elle lui était redevable.
Le professeur avait arrêté de ranger son bureau et la regardait fixement. De toute évidence il attendait une réponse. Ce qu'elle fit d'une voix ténue.
« Je saurais m'en souvenir, professeur.
– Fort bien, dit-il d'une voix joyeuse. Je ne vous retiens pas plus longtemps »
Malgré leur échange qui fut somme toute bref, Arabella était très contente de partir.
Une fois dans le couloir, elle jeta un regard troublé vers la porte qu'elle venait de franchir. Oui ce professeur était définitivement bizarre et surtout il la mettait très mal à l'aise sans qu'Arabella n'en comprenne la raison.
7 février 1976
La fête battait son plein après la victoire de Gryffondor contre Poufsouffle sur le terrain de Quidditch. L'annonce du professeur Dumbledore le soir concernant la réouverture des sorties à Pré-au-Lard le samedi suivant n'avait fait qu'exacerber la joie de tous. Sirius était ravi de voir James avec ses coéquipiers lancer en l'air plusieurs fois d'affilée leur attrapeuse.
« C'était un match super, pas vrai ? Ton ami James était incroyable »
Il se tourna vers la fille brune qui venait de lui parler.
Cela faisait plusieurs jours maintenant que Sirius avait tenté de se rapprocher de Roxanne. Comme Arabella quelques temps plus tôt, il s'asseyait près d'elle à chaque fois qu'il le pouvait. Mais à la différence de la blonde, il s'y prenait différemment faisant en sorte de faire croire qu'il ne le faisait pas exprès. Et pour le moment cela semblait marcher. Il le voyait aux regards en coin qu'elle lui jetait quand elle pensait qu'il n'y faisait pas attention.
Cette mission lui avait été attribuée par Cornedrue car Roxanne avait eu un faible pour lui durant leur troisième année. Et son ami espérait que si Sirius lui prêtait attention, il serait plus à même de déterrer la vérité. Mais il n'était pas d'un naturel patient, ni ne savait mettre les formes et il doutait de parvenir à un résultat concluant. C'était peut-être la raison pour laquelle il avait décidé de résoudre cette interrogation dès ce soir surtout si les filles étaient en danger. Le brun n'arrêtait pas de penser au mot de mise en garde qu'Arabella avait reçu, il fallait rapidement découvrir de quoi il en retournait.
Sortant son plus grand sourire qui fit légèrement rougir sa camarade, il lui proposa d'une voix basse :
« Ça te dirait qu'on s'éclipse ? »
La teinte de ses joues s'assombrit un peu plus. C'était presque trop facile, pensa-t-il moqueusement. Et alors qu'elle passait devant lui pour se diriger vers la sortie de leur salle commune, Sirius croisa le regard de Remus. Ce dernier fronça les sourcils en les observant quitter la fête des Gryffondor et Sirius le vit les filer discrètement. Le brun haussa les épaules, cela ne le gênait pas que son ami le surveille.
Connaissant le château comme sa poche, il emmena la jeune fille dans un endroit discret où elle le suivit sans poser de questions. Roxanne s'adossa contre le mur tout en arborant une moue invitante. Le jeune homme se retint de sourire narquoisement. Si seulement elle savait ce qui l'attendait.
Il s'approcha d'elle ce qui la fit sourire. Sirius ramena une mèche derrière son oreille et plongea son regard anthracite dans le sien.
« J'ai appris que votre dortoir avait été fouillé », lança soudainement le jeune homme.
Il vit clairement la Gryffondor se figer et blêmir, comprenant pourquoi Arabella avait émis des doutes à son sujet. Sa main qui jusque-là volait près de ses cheveux se posa brutalement près de sa tête la faisant sursauter dans le même temps.
« C'était toi, n'est-ce pas ? »
Le regard qu'il lut dans les yeux de la jeune fille était une réponse en soi. Mettant cette fois-ci les deux mains près de sa tête pour ne lui laisser aucune échappatoire, il précisa d'un ton menaçant :
« Si j'étais toi, je révélerai tout ce que je sais avant que ma patience ne s'épuise. Tu connais ma réputation, et ma famille ne dit pas pour rien que j'ai pris tous les mauvais côtés des Black. Je ferai de ta vie un véritable enfer. Tu sais que j'en suis capable »
À la fin de sa tirade, il se fit tirer en arrière par Remus qui était enfin sorti de l'ombre dans laquelle il se cachait jusque-là.
« Sirius, je ne crois pas que tu arriveras à un résultat en t'y prenant de cette façon, chuchota celui-ci d'un air scandalisé.
– On parie ? »
Et se retournant vers Roxanne qui était encore tétanisée par sa menace et son éclat, le maraudeur aux cheveux sombres empoigna violemment son épaule. Certes pas assez pour lui faire vraiment mal mais suffisamment pour qu'elle sente qu'il était sérieux.
Il n'avait pas sorti sa baguette car il craignait de ne pas pouvoir se retenir malgré la présence du préfet. De plus, il ne souhaitait pas la blesser. Il n'était pas un monstre, il voulait juste lui faire assez peur pour qu'elle parle.
« Qui t'a demandé de fouiller votre dortoir ? aboya Sirius.
– … mon petit-ami », craqua Roxanne.
La jeune fille fondit en larmes. Sirius échangea un regard avec Remus qui soupira. Au final le lycanthrope devait admettre que sa méthode avait été efficace.
« Il a rompu avec moi, pleura-t-elle. J'ai l'impression que je me suis faite avoir… qu'il n'a fait que se servir de moi. Il me faisait me sentir si importante.
– Pourquoi tu as fait ça ? » intervint Remus d'une voix douce mais ferme.
Sirius lui jeta un regard. Son ami devait se dire que maintenant qu'elle avait craqué, il ne servait plus à rien de l'intimider. Le brun se rangea à son avis pour le moment et décida de le laisser continuer.
« Tu cherchais à faire peur à quelqu'un… ou bien tu cherchais quelque chose ? poursuivit-il.
– Faire peur… ? s'étonna-t-elle en reniflant. Non, pourquoi pour faire peur ? Il m'avait demandé de trouver quelque chose qu'une de mes camarades avait en sa possession »
Et en attendant c'est quand que Lunard va demander qui est derrière tout ça ? songea le jeune homme qui commençait à perdre de plus en plus patience devant les jérémiades de leur camarade. Cela l'agaçait prodigieusement qu'elle ait pris Arabella pour une idiote.
« Et c'était quoi ? s'enquit Remus.
– Qui ça il ? » intervint de nouveau Sirius en coupant son ami car plus intéressé par celui dont il devait refaire le portrait.
Mais à sa question, Roxanne baissa la tête et se tordit les mains. De toute évidence, elle refusait de partager cette information.
« Tu vas répondre ! » gronda-t-il tandis que Lunard posait une main apaisante mais aussi pleine d'avertissements sur son épaule.
Malgré l'intervention de son ami, il ne put retenir son poing qui s'écrasa contre la pierre près de la tête de la jeune fille. Cette dernière sursauta de frayeur et cria ses larmes redoublant :
« D'accord je vais vous le dire !
– Sirius ! Calme-toi », le rabroua Remus le regard furieux.
Le brun finit par reculer et s'adosser au mur plus loin en soufflant. Il regarda son ami poser une main sur l'épaule de la Gryffondor en larmes.
« Je te promets de ne rien dire au professeur McGonagall si tu nous racontes absolument tout. Je te fais aussi la promesse que les autres et moi nous te laisserons tranquille si tu es honnête avec nous »
Roxanne jeta un regard en direction de Sirius comme si elle évaluait la portée de ce que venait d'affirmer le préfet. Elle reporta ensuite son attention sur ce dernier. Ce qu'elle lut dans ses yeux francs dut la décider car elle hocha la tête comme pour sceller cet accord.
Remus recula légèrement puis dit :
« Très bien mais avant ça, tiens »
Il lui tendit un mouchoir pour qu'elle s'essuie le visage et Sirius se retint de lever les yeux au ciel.
Une fois qu'elle se fut tamponné les yeux, la jeune fille commença d'une voix hésitante :
« Au début, je n'aurais jamais cru que lui et moi nous pourrions sortir ensemble, qu'il puisse me trouver digne d'intérêt à ses yeux. Nous nous connaissons depuis notre enfance parce que nos mères sont amies mais il ne m'a jamais vu autrement que comme une personne insignifiante. J'ai toujours su que pour lui, je ne serais jamais assez bien… alors comment j'ai pu être aussi idiote lorsqu'il s'est mis à s'intéresser à moi ? »
Sirius lut dans ses prunelles un sentiment de honte. Mais il refusa de compatir, ce n'est pas ça qui l'intéressait.
« J'avais toujours espéré qu'un jour nos familles nous fiancent même si je savais qu'il considérerait cet appariement comme une mésalliance. Il n'a jamais caché ce qu'il pensait du mariage de mes parents et a toujours remis en question la pureté du sang de mon père.
– Arrête de te justifier, et dis-nous qui c'est, s'impatienta une fois de plus Sirius.
– C'est facile pour toi, dit la jeune sorcière d'un ton désabusé. Tu n'as jamais eu à te poser de questions de même que James ou Arabella. Vous n'avez jamais eu besoin de remettre en cause votre place dans la société. Vous pensez que tout vous est dû et que tout tourne autour de vous, vous qui êtes des sorciers de sang-pur »
Crispant les poings et s'efforçant de ne pas bouger de sa place, le brun tâcha de ne pas s'énerver contre elle. Qu'est-ce qu'elle savait de ce qu'il vivait et ressentait ? Pensait-elle qu'être né dans une famille comme la sienne était une bénédiction ? Que cela le préservait de la folie de la consanguinité des Black ?
Voyant que la patience de son ami s'étiolait, Remus demanda à Roxanne de continuer.
« Donc vous comprenez que lorsqu'il s'est mis à s'intéresser à moi en début d'année, j'étais si heureuse que je n'ai plus été capable de réfléchir clairement. Rapidement, il m'a demandé de l'aider. C'était de petites choses au début. Il m'interrogeait sur mes compagnes de dortoir et ce que je pensais d'elles »
À ses mots, les deux garçons se figèrent mais elle ne sembla pas s'en rendre compte.
« Puis progressivement, il voulait que je lui rapporte ce que je pouvais entendre à la table des Gryffondor. Certains secrets qu'avaient mes camarades de maison… ce genre de choses. Je ne voyais pas ce qu'il y avait de mal à ça… ou tout du moins, je me disais que ça n'avait pas d'importance. Que par amour pour moi, il garderait ça pour lui, qu'il ne tenterait pas d'utiliser ce que je lui rapportais contre les autres, même si sa maison détestait la nôtre »
Si Sirius aurait pu avoir encore un doute sur le fait que le petit-ami en question soit de Serpentard, il n'en avait plus aucun. Ce genre de magouille leur ressemblait bien.
« Puis un jour il m'a demandé de trouver un livre que possédait l'une de mes camarades de dortoir, qu'il était fondamental que je le trouve pour le lui donner. J'ai hésité au début parce que je trouvais ça pas bien… mais il semblait si déçu par le fait que je ne fasse aucun effort pour nous deux, alors que lui de son côté il disait s'évertuer à convaincre la famille Wilkes de considérer notre relation.
– Wilkes…, l'interrompit Lunard pour lui demander de préciser. Tu parles de Dean Wilkes, celui de notre année »
Roxanne hocha la tête. Sirius lui ne pensait plus qu'à retrouver ce serpent et l'éviscérer. Aucun doute dans sa tête que Rosier était mêlé à cette histoire : Wilkes et lui étaient inséparables. Il avait dû demander à son ami de faire le sale boulot à sa place et de se servir de Roxanne pour atteindre Mary MacDonald. Mais ce que voulaient ces Serpentard à sa camarade aux cheveux bouclés restait un mystère pour lui.
« Dean m'a fait croire qu'il négociait avec son père pour annoncer nos fiançailles l'an prochain lors de la grande soirée annuelle de la Haute Société Sorcière. Et je voulais tellement y croire… que j'ai finalement fait ce qu'il m'a demandé. J'ai fouillé dans les affaires de mes camarades de dortoir mais je n'ai pas trouvé ce livre qu'il voulait.
– Un livre, répéta pensivement le préfet. Quel genre de livre ?
– Un petit livre à la reliure vert foncé. Il ne m'a pas dit le titre.
– Et il t'a dit pourquoi il le recherchait ?
– Non »
Les deux garçons échangèrent un regard perplexe.
« Il t'a demandé de faire d'autres choses, comme suivre Mary MacDonald ? s'enquit encore le lycanthrope.
– Mary ? s'étonna-t-elle. Non jamais. Pourquoi tu demandes à propos d'elle ? C'est à cause de ce qui s'est passé entre elle et moi l'année dernière ?
– Il s'est passé quoi entre vous deux ? interrogea curieusement Remus sans comprendre.
– Rien d'important, marmonna Roxanne. Une histoire de garçon »
En effet, cela n'intéressait pas les deux maraudeurs.
« Voilà, je vous ai tout dit.
– Tu ferais mieux de ne pas chercher à nous cacher des choses, dit Sirius d'une voix menaçante.
– Je vous le jure, ce n'est clairement pas dans mon intérêt de vous tromper », fit-elle remarquer d'une voix tremblante.
Bien qu'elle n'eût pas tort car les Maraudeurs pouvaient faire de sa scolarité un enfer, le brun n'était pas certain qu'ils pouvaient croire tout ce qu'elle disait.
« Encore une chose, la retint le préfet alors qu'elle s'apprêtait à leur fausser compagnie, c'est au sujet du livre vert.
– Oui ?
– Tu as dit que Wilkes voulait que tu trouves ce livre qui appartient à une des filles de ton dortoir, c'est ça ?
– Oui.
– Par hasard, tu saurais laquelle des filles ? »
Elle secoua négativement de la tête. Impossible de savoir si c'était MacDonald de visée ou Arabella et Evans.
« Il y a une chose que je ne comprends pas, indiqua Sirius en fronçant les sourcils, c'est pourquoi tu as laissé le dortoir en désordre. Tu aurais pu fouiller discrètement et ne pas tout laisser en évidence. C'est comme si tu voulais que tout le monde sache que votre dortoir avait été fouillé.
– Hum… en réalité c'était une demande de Dean, avoua Roxanne gênée. Il m'avait demandé de le mettre sens dessus-dessous pour éviter qu'on en vienne à me soupçonner si je mettais finalement la main sur ce livre. Mais j'ai surtout été prise de court par le retour de Mary qui est revenue au dortoir bien plus tôt que ce que j'avais calculé »
Une fois ceci dit, elle baissa de nouveau la tête. Sa mine désolée et penaude ne lui fit ni chaud ni froid. Sirius ne pouvait pas pardonner la traîtrise, qui sait ce que sa camarade de maison avait pu entendre et rapporter à Wilkes. Il fallait qu'espérer qu'elle était aussi piètre espionne que voleuse.
Sans demander son reste, elle s'éclipsa. Mais ce qui énervait Sirius, c'est que pas une seule fois elle ne s'était excusée pour ses actes. Elle avait préféré se trouver des circonstances atténuantes avec cette histoire larmoyante d'amour non partagé depuis l'enfance. C'était n'importe quoi sachant qu'il savait que son cœur était une vraie girouette : il n'était pas le seul dont elle s'était entichée depuis le début de leur scolarité.
« Je dois avouer que tu m'as fait peur Patmol. J'ai cru que tu allais la frapper.
– Je sais qu'il m'arrive d'être violent et d'avoir du mal à contrôler mon foutu caractère mais je n'ai jamais frappé une fille.
– En tout cas Arabella avait raison en ce qui concerne Roxanne. C'est incroyable quand on y pense. Le groupe de Rosier est décidément prêt à toutes les bassesses pour arriver à leurs fins »
Sirius ne pouvait qu'être d'accord.
« Tu penses que Wilkes est mêlé à l'agression de Mary ? questionna Lunard. Ou alors, il a un autre but et une autre cible ?
– Comme Arabella par exemple ? maugréa le brun en pensant de nouveau à la mise en garde que la blonde avait reçu anonymement.
– Il ne sert à rien de sauter aux conclusions, mais il serait plus prudent de partager ce qu'on a appris aux autres »
Les deux Gryffondor reprirent le chemin de leur salle commune dans un silence pesant. L'humeur festive les avait bien désertés après tout ça. Sirius en repensant aux révélations de Roxanne, demanda avec confusion :
« À ton avis c'est quoi cette histoire de livre vert ?
– Je ne sais pas, marmonna son ami. C'est peut-être un prétexte de la part de Wilkes pour demander à Roxanne de fouiller son dortoir, peut-être cherchait-il autre chose.
– Oui mais c'est quand même précis pour un prétexte. Un petit livre à la reliure vert foncé c'est tout de même bizarre »
Remus ne répondit rien à cela et semblait plongé dans ses pensées. En tout cas une chose était claire depuis le début, tous leurs ennuis avaient une même origine : les Serpentard. Le jeune homme lista mentalement ce qu'il savait : l'agression de Mary était due à un sort de magie noire et les verts et argents étaient ceux qui aimaient la pratiquer, le papier de mise en garde qu'avait reçu Arabella nommé deux d'entre eux Avery et Mulciber, et enfin la fouille du dortoir des filles avait été orchestrée par un autre, Wilkes.
Il était grand temps que les Maraudeurs ripostent.
