Chapitre 4 : La cérémonie de répartition.
L'aube pointait à l'horizon quand Lou se réveilla, fraîche et dispose pour attaquer la journée qui s'annonçait longue et difficile. Lou songea à sa punition et esquissa un sourire tout en espérant que le professeur McGonagall ne lui donne pas trop de travail. Elle s'habilla en silence, vérifia que sa valise était faite et s'apprêta à sortir en essayant de ne pas réveiller l'infirmière qui trouvait toujours que Lou se levait trop tôt. Car la jeune fille se levait chaque matin à la lueur de l'aube, c'était un mécanisme et si elle pouvait s'endormir assez tôt, bien qu'elle ne le faisait jamais, n'ayant pas besoin de beaucoup de sommeil, elle ne pouvait se lever tard. Traînant sa valise derrière elle le plus silencieusement possible, elle se rendit dans la Grande Salle déserte pour y prendre son petit déjeuner. Vers huit heures, le professeur McGonagall vint la chercher. En se rendant dans son bureau, Lou entrevit trois professeurs qui était vraisemblablement arrivés la veille, les professeurs quittant Poudlard durant les grandes vacances. Le professeur de métamorphoses la fit pénétrer dans son bureau et ferma la porte.
Bien posez votre valise, on viendra la prendre pour la mettre dans votre dortoir une fois que le Choixpeau vous aura attribué une maison. Vous m'assisterez toute la journée pour préparer l'arrivée des autres élèves. Nous allons commencer par réveiller les tableaux.
Tous les tableaux ? s'écria Lou, estomaquée
Oui, miss Spencer, mais rassurez-vous, vous n'aurez pas à aller devant chaque tableau pour les prévenir, le bouche à oreille de tableaux en tableaux marche bien. Cependant, pour faciliter le déplacement des premières années, il faut s'assurer que les passages usuels ne sont pas fermés. Je crois que vous connaissez suffisamment Poudlard pour pouvoir vérifiez si les classes sont toutes accessibles.
Jusqu'à midi, elles coururent dans tout le château pour vérifier que tous les passages étaient utilisables, elles ne s'arrêtèrent que pour manger des sandwiches et le professeur McGonagall lui donna le programme de l'après-midi. Jamais Lou n'aurait cru que la rentrée nécessitait tant de préparatifs, et secrètement elle était soulagée, que les elfes soient la pour faire la cuisine et le ménage dans le château.
Il faut installer les chandelles dans la Grande Salle, mettre le couvert et les sièges et vous irez aider Hagrid à atteler les diligences et mettre les barques à l'eau. Quand vous aurez fini, vous pourrez vaquer à vos propres occupations jusqu'à l'arrivée des élèves où vous viendrez me rejoindre pour que je vous explique le déroulement de votre répartition.
Sur ces mots elles se séparèrent et Lou se dirigea vers la Grande Salle, où avaient été apportées les chandelles et les nappes ainsi que les couverts. Lou soupira et se mit au travail. Le professeur McGonagall lui avait dit de préparer le couvert et les sièges pour huit cent quatre-vingt seize élèves, Lou soupira à nouveau quand elle eut une idée. Elle brandit sa baguette magique et prononça une formule magique de mise en place « totium factum ». Les couteaux, fourchettes et cuillères se placèrent d'eux-mêmes ainsi que les gobelets en or. Les plats d'or se répartirent sur les tables d'une façon harmonieuse. Lou contempla les tables d'un air satisfait et en relevant la tête elle aperçu le professeur McGonagall et un homme minuscule aux cheveux blancs qui la regardaient d'un air amusé, souriant imperceptiblement.
Magnifique sortilège de mise place, applaudit le petit homme
Euh … merci, répondit tout simplement Lou, en se demanda qui était cet homme à la taille ridicule.
Miss Spencer, je vous présente le professeur Flitwick qui enseigne les enchantements. Et en parlant d'enchantements, une punition est censée être une chose désagréable, par conséquent je ne sais pas si l'utilisation de la magie pour une punition est permise.
Lou ne répondit pas mais afficha un air coupable et confus, réprimant avec difficulté un sourire ironique qui n'aurait certainement pas enchanté le sévère professeur.
Il ne me reste plus qu'à mettre les chandelles, mais je ne sais pas comment m'y prendre, avoua-t-elle
Les deux professeurs se regardèrent amusés de voir la jeune fille avouer ses limites. Le minuscule professeur d'enchantements prit la parole.
Je vous propose de réfléchir encore et si vous ne trouvez pas je vous montrerai.
Lou se tourna vers les tables et soudain se mit à sourire. Elle se dirigea vers les caisses où étaient entreposées les chandelles et les ouvrit. Les chandelles s'élevèrent toutes seules comme attirées par des aimants et se positionnèrent au dessus des tables.
Incendio ! Lança Lou sur les chandelles qui flottaient au dessus de sa tête.
Les bougies s'allumèrent toutes en même temps, illuminant la salle d'une vive lumière. Lou se tourna vers ses professeurs, une lueur de triomphe dans les yeux. Ceux-ci hochèrent la tête et le professeur McGonagall s'avança vers la jeune fille.
Je crois qu'il vous reste quelque chose à faire avant d'avoir terminé, rappela-t-elle.
Lou fronça les sourcils, quand elle se souvint qu'elle devait aider Hagrid à atteler les diligences et à mettre les barques à l'eau. Elle salua poliment les deux professeurs et sortir du château. Elle le rejoignit à l'orée de la Forêt Interdite, alors qu'il se résignait à ne plus l'attendre.
Je suis désolée Hagrid, je suis en retard, s'excusa-t-elle auprès du géant.
Viens ! Ordonna-t-il gentiment en l'entraînant dans les sous-bois, une carcasse de viande se balançant sur son épaule.
Où va-t-on ?
Là-bas ! répondit-il en désignant un espace sombre, droit devant eux.
Je croyais qu'on devait atteler les diligences, lui rappela Lou, étonnée.
Il faut bien qu'on les atèle avec quelque chose non ?
Il la fit stopper au bout de cinq minutes et déposa la carcasse à ses pieds. Lou allait le questionner mais il rejeta ses cheveux hirsutes en arrière et joignant ses mains à sa bouche, il en fit sortir un étrange cri perçant qui fit frissonner Lou. Ils attendirent en silence et quelques instants plus tard, Lou aperçu un cheval maigre et noir qui se faufilait entre les arbres et qui avançait dans leur direction. L'animal ressemblait à une caricature de cheval, sa peau était tellement tendue qu'on voyait tous ses os, il était d'un noir brillant et ses yeux ressortaient des sa tête comme deux points lumineux, il était aussi doté d'un paire d'ailes attachée sur ses flancs.
Hagrid, est-ce que vous voyez ce truc ?
Le garde-chasse la regarda un moment sans comprendre puis, l'incompréhension dans ses yeux fit place à la stupeur. Son regard passa de Lou à l'étrange créature puis de l'étrange créature à Lou et il s'étonna :
Tu peux les voir ?
Bien sur que je peux les voir, s'étonna à son tour Lou, ayant du mal à s'imaginer que d'aussi bizarres créatures puissent passer inaperçues. Qu'est-ce que c'est ? ajouta-t-elle
Ce sont des sombrals et je ne me doutais pas que tu pourrais les voir.
Pourquoi ? qu'est-ce que c'est un sombral ?
Eh bien comme tu peux le voir se sont des grands chevaux ailés. Il y en a tout un troupeau à Poudlard, ils servent presque uniquement à tirer les diligences de l'école. Les sombrals ont un sens fou de l'orientation. Beaucoup de gens pensent qu'ils portent malheur et pendant longtemps, même encore un peu aujourd'hui, voir un sombral est synonyme de mauvais présage. Mais les gens se trompent.
Pourquoi ?
Tout le monde ne peut pas voir les sombrals, seul ceux qui ont vu la mort le peuvent. Conclut Hagrid un peu mal à l'aise face aux conséquences que cela entraînerait pour la jeune fille.
Cependant, Lou ne fut pas vraiment perturbée, il lui semblait qu'au fond de son cœur elle savait déjà tout ça.
Alors si je peux les voir, cela veut dire que j'ai déjà vu quelqu'un mourir, constata-t-elle d'une voix neutre.
Hagrid ne répondit rien et lui montra comment les faire avancer pour les amener aux diligences. La nuit était tombée à présent les élèves n'allaient pas tarder à arriver. Ils se dépêchèrent donc d'installer les sombrals aux harnais. Ils retournèrent ensuite au bord du lac et mirent les barques à l'eau. Hagrid partit sur une des barques pour atteindre l'autre berge et attendre les nouveaux élèves afin de les faire traverser le lac. Lou quand à elle, alla rejoindre la directrice adjointe qui l'attendait au pied des marches du grand escalier dans le hall. Dès que Lou la rejoignit, elle l'entraîna dans la Grande Salle et lui fit pénétrer dans une petite pièce attenante à la Grande Salle et qui s'ouvrait sur le coté de la table des professeurs. Là, elle le fit asseoir et lui exposa le déroulement de la cérémonie.
Les premières années seront d'abord réparties. Lorsque le dernier sera passé, vous serez vous-même répartie dans une des quatre maisons. Vous resterez dans cette pièce jusqu'à ce que j'appelle votre nom, soyez attentive. Je vais laisser la porte entrouverte de façon à ce que vous puissez m'entendre. Vous avez tout compris ?
Oui, professeur
Bien je dois aller m'occuper des élèves qui viennent d'arriver.
Professeur ! appela soudain Lou
Oui ?
Est-ce que les autres enseignants sont au courant ?
Oui, le professeur Dumbledore les a mis au courant.
Le professeur la quitta et Lou se laissa tomber sur un siège, l'anxiété la gagnant. Elle essaya de ne pas penser à la répartition. Hagrid lui avait dit que tout ce passerait bien, mais elle avait peur de se retrouver à Serpentard et malgré ce que lui avaient dit les maraudeurs et Dumbledore la veille, elle n'arrivait pas à se persuader qu'elle allait échapper à Serpentard. Elle entendit les élèves s'installer bruyamment à leur table respective puis le silence se fit. Lou se leva et s'approcha de la porte pour regarder à travers l'interstice. Elle vit la rangée des première année avancer entre les tables serrés les uns contre les autres, pas vraiment rassurés. Ils suivaient le professeur McGonagall qui tenait à la main un tabouret à quatre pieds et un vieux chapeau rapiécé. Elle déposa le tabouret et y plaça le vieux chapeau. Toute la salle retint son souffle et le chapeau se mit à chanter :
Beaucoup d'entre-vous
Voudront s'moquer d'moi,
Mais qu'ils fassent attention à c'qu'ils voient
Car sur eux je sais tout.
Alors écoutez moi un instant
Ecoutez ma chanson
Pour connaître votre maison.
Il y a plus de mille ans,
Poudlard fut fondée
Par quatre grands sorciers.
Et avant que la mort ne vienne les trouver,
Ils eurent la brillante idée
De me désigner
Pour les remplacer.
Ainsi d'un seul regard
Je peux voir votre place à Poudlard.
Si vous êtes faits de patience,
C'est à Serdaigle que vous irez
Ceux-là sont maîtres d'intelligence.
Si vous croyez en la justice et la loyauté,
C'est à Poufsouffle que je vous enverrai
Car eux favorisent l'équité.
Les rusés et ambitieux,
A Serpentard seront accueillis.
Chez Griffondor le hardi,
Finiront enfin les courageux.
Coiffez-moi prestement
Pour que je puisse sans erreur
Voir au fond de votre cœur.
Et décider correctement,
Quel sera le blason
De votre Maison.
La Grande Salle se remplit d'applaudissement enthousiastes et Lou, sentit une boule lui serrer la gorge. Quand les applaudissements se turent et que le chapeau eut fini de saluer les cinq table pour se reposer sur le tabouret antique, le professeur McGonagall prit la parole
A l'annonce de votre nom vous mettrez la Choixpeau Magique sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret. Expliqua-t-elle en déroulant un long rouleau de parchemin. Je commence Adols, Mattew !
Un jeune garçon s'avança en tremblant de tous ses membres en prenant soin de regarder ses pieds. Il enfila le chapeau qui cria : POUFSOUFFLE ! Des applaudissements éclatèrent pendant que les poufsouffle accueillaient leur nouveau camarade qui aurait sans doute préféré disparaître.
Bell, Luke !
Un garçon aux cheveux noir s'avança, légèrement inquiet, et posa le choixpeau sur sa tête tout en s'asseyant.
GRIFFONDOR ! annonça le choixpeau.
Le garçon apparemment ravi, alla s'installer à la table de sa nouvelle maison sous les applaudissements. La répartition continua, parfois le choixpeau mettait un temps de réflexion, parfois il décidait immédiatement. Au fur et à mesure que la file des nouveaux élèves diminuait, Lou sentait monter en elle un mélange d'excitation et d'appréhension. La répartition finit avec Vendesan, Alexander « SERPENTARD » et Wren, Jeremy « SERDAIGLE ». Cependant, au lieu d'emporter le Choix peau, le professeur McGonagall se tourna vers le professeur Dumbledore qui se leva. Le directeur, qui portait une robe parsemée d'étoiles, s'adressa à ses élèves.
Chers élèves, comme il arrive parfois, notre chère école accueille aujourd'hui une élève qui n'a pas commencé sa scolarité à Poudlard. Je vous demande donc de faire patienter un peu vos estomacs et d'assister à sa répartition comme vous venez de le faire pour nos plus jeunes élèves.
Il se rassit et regarda le professeur de métamorphoses qui s'éclairci la gorge et appela :
Spencer, Alizée !
Lou respira un grand coup et ouvrit la porte. Un grand silence se fit pendant que tous la dévisageaient, surpris et apparemment ravis. Ses cheveux noirs flottant autour d'elle comme si une légère brise les caressait, ses beaux yeux vert émeraude reflétant les milliers de chandelles qu'elle avait elle-même installées ; elle s'avança vers le centre de la pièce en jetant un regard à Hagrid qui lui fit un clin d'œil. Son regard croisa ensuite celui de Dumbledore qui lui sourit. Rassurée, la jeune fille prit le Choixpeau dans ses mains, s'assis et l'enfila. Ce faisant, elle entrevit les quatre maraudeurs qui levaient les pouces pour la mettre en confiance.
Hum, fit une petite voix à l'intérieur de sa tête. On dirait que tu n'es pas celle que tu prétends être. Oh oui, mm, c'est très intéressant… Je vois un grande intelligente mais beaucoup d'impatience, non Serdaigle n'est pas pour toi. De la loyauté et un grand sens de la justice mais trop d'ironie pour pouvoir être accueillie à Poufsouffle. Oh, que vois-je ? Mm, de l'ambition, de la ruse et un certain dédain pour le règlement… Oui, tu serai très bien à…
Pas à Serpentard, pas à Serpentard, pensa Lou de toutes ses forces
Vraiment ? l'interrogea le chapeau à l'intérieur de sa tête. Pourtant tu en as toutes les qualités et, oh, voilà qui est intéressant…Tu es donc une …
Non !
Comment cela non ? Mais jeune fille il me semble que c'est mon rôle de t'attribuer la bonne maison
Eh bien, vous vous trompez. Arrangez-vous comme vous voulez mais envoyez-moi à Griffondor ! Ordonna Lou avec force et autorité
Mm, cela fait longtemps que l'on ne m'avait pas défié ainsi, cependant je maintiens ce que j'ai dit…
Ma place est à Griffondor, assura Lou
Et qu'est-ce qui vous fait dire une chose pareille ? demanda poliment le Choixpeau
Je le sais, c'est tout !
Eh bien, on peut dire que vous avez énormément de détermination, beaucoup de courage aussi et… Mais oui, bien que vous sembliez solitaire, au fond de votre cœur, se loge une grande croyance en l'amitié. Je crois que oui, c'est décidé, je vais vous envoyer à … GRIFFONDOR ! Annonça-t-il à voix haute.
Un grand sourire aux lèvres, elle enleva délicatement le vieux chapeau, et le tendit au professeur McGonagall qui lui accorda un des ses rares sourires. Toujours en souriant, elle se dirigea avec assurance vers la table des griffondor qui lui réservaient une immense ovation. Elle s'assit entre James et Sirius qui l'applaudissaient à tout rompre. Le professeur Dumbledore se leva une nouvelle fois et attendit le silence qui s'installa rapidement, les élèves commençant à avoir réellement faim.
Chers élèves, chers professeurs, bienvenue à Poudlard pour une nouvelle année. Rôtis, ragoûts et jus de citrouille, bon appétit !
Il y eut un grognement de satisfaction et sous les yeux ébahis des nouveaux élèves, les plats d'or se remplirent de mets dont Lou se servit largement. Pendant un moment, seuls les bruits de fourchette et de gobelets se firent entendre mais peu à peu, les conversation bourdonnèrent. Remus se tourna vers Lou et engagea la conversation :
Tu en es restée du temps sous le choixpeau ! Tu lui as raconté ta vie ou quoi !
Oh, il n'y aurait pas grand chose à dire, assura Lou le plus sincèrement du monde
C'est vrai qu'il a mit beaucoup de temps à te répartir, encore plus que pour Remus et Sirius. Fit remarquer le perspicace James
A vous aussi il a mit beaucoup de temps pour vous attribuer une maison ? s'étonna Lou.
Il voulait m'envoyer à Serdaigle, il a longtemps hésité entre les deux maisons, mais je suis content qu'il m'ait envoyé à Griffondor, répondit Remus en lui faisant un clin d'œil.
Sirius lui resta silencieux et les autres n'insistèrent pas, il ne leur avait probablement jamais dit pourquoi et sur quoi le choixpeau avait hésité, pensa Lou. Mais elle ne souleva rien, elle non plus n'avait pas envie de raconter à tout le monde que le Choixpeau Magique avait voulu l'envoyer à Serpentard.
James, il faudra vite trouver un attrapeur si on veut gagner la Coupe encore cette année.
Le garçon qui avait parlé se trouvait assis tout près d'eux. Lou lança un regard interrogateur à Sirius et celui-ci entreprit de faire les présentations de tous les élèves qui se trouvaient assis à proximité d'eux.
Ça c'est Daniel Grant, c'est le capitaine et gardien de l'équipe de Griffondor, dit-il en montrant le garçon qui avait parlé. Et à coté, ce sont les jumeaux Weasley, Ben et Adam, ils sont poursuiveurs avec notre superstar.
Les autres se présentèrent à leur tour pendant que James était interrogé sur la rumeur qui courait qu'il était en possession d'un Nimbus 700.
Moi c'est Combs, Eva Combs, je suis batteuse dans l'équipe, dit la blonde qui était assise en face de Daniel Grant.
Moi je m'appelle Lisa Hope et les deux là ce sont mes deux meilleurs amis, Richard Wash et Christopher Finnigan. Présenta une fille aux cheveux châtains et aux yeux bleus.
Lou se tourna vers les deux filles qui jusque là étaient restées silencieuses. L'une avait les cheveux auburn et les yeux d'un vert incroyable, comme les siens et l'autre avait les cheveux blonds, un regard déterminé et les yeux noisette. Elles étaient toutes les deux très jolies
Je m'appelle Lily, Lily Evans, dit la rousse
Et moi, Cathy White
Liz, j'aimerai que tu me donne ton avis, commença Sirius d'un air faussement sérieux.
Je t'écoute, Sirius
Voilà moi, je m'appelle Black, et le nom de famille de Cathy, c'est White, n'est-ce pas ?
Oui, dit Lou ne comprenant pas où le garçon voulait en venir.
Dès qu'il eut prononcé ses mots, Remus et James levèrent les yeux au ciel tout en souriant presque malgré eux.
Donc selon la loi qui dit que les contraires s'attirent, il est normal que Cathy accepte ma demande en mariage, non ?
Lou éclata de rire en voyant le regard amoureux que Sirius avait adopté.
Demande à Dumbledore, il est très fort pour ce genre de problème et je suis persuadée, qu'il t'accorderai même sa bénédiction, plaisanta-t-elle en s'étranglant de rire.
Attention Alizée, ne te moque pas, c'est très sérieux. Expliqua Cathy.
Tout le monde se mit à rire, le jeu de séduction entre Sirius et Cathy semblait être une source d'amusement collectif.
Je vous crois, jura solennellement Lou. Mais s'il te plaît Cathy, appelle-moi Liz.
Ok Liz, moi non plus je n'aime pas qu'on dise mon prénom en entier.
Liz, où vas-tu dormir ? demanda la belle Lily
Mm, voyons Evans ; dans un lit par exemple, fit James en essayant de paraître perplexe
Tu te crois drôle Potter ? grinça la jeune fille. Je voulais parler du dortoir, ajouta-t-elle à l'adresse de Lou
Je ne sais pas, là où il y aura de la place. Pourquoi tu me demandes ça ?
Parce qu'on est que deux dans notre dortoir, répondit Cathy.
Oui Cathy et moi, on partage le même dortoir et bon, si tu veux, tu peux t'installer dans notre dortoir, proposa Lily
Pourquoi vous n'êtes que deux ? je croyais que c'était des dortoirs pour cinq élèves ?
Immédiatement, Lou regretta d'avoir posé cette question, parce qu'à l'instant où elle avait prononcé ces mots, une gêne s'était installée à la table. Elle comprit pourquoi, l'ambiance était soudain tendue : les trois lits vides avaient dû ou auraient dû être occupés par des élèves qui s'étaient sans doute faites assassinées par des mangemorts, comme peut-être d'autres élèves ou futurs élèves. Ce fut Remus qui reparla, dissipant la tension qui s'était insinué.
Alors que penses-tu de l'offre de Lily et Cathy ?
Moi, ça me va, accepta Lou.
Princesse, tu vas souffrir, avertit Sirius en riant avec une certaine raideur
Je prends le risque. Ne suis pas une Griffondor ? plaisanta Lou, toujours un peu mal à l'aise.
Ne fais pas attention à eux, dit Lily d'un air digne et hautain, qui contrairement aux autre était sincère.
Lorsque le bruit des conversations s'atténua un peu, les plats se vidèrent et redevinrent étincelants; le professeur Dumbledore se leva pour la troisième, interrompant les discussions.
Chers élèves, chers professeurs, chers fantômes, maintenant que nous avons tous rempli nos estomacs et que nous avons apaisé notre soif, je voudrais retenir votre attention sur le règlement intérieur de l'école. La Forêt Interdite est comme l'indique son nom, interdite à tous les élèves et certains feraient bien de s'en souvenir.
Le vieux directeur regarda en direction des maraudeurs, les fixa un instant, sans qu'ils paraissent le moins gênés du monde, puis à l'étonnement général, le regard perçant du directeur s'arrêta sur Lou, qui eut un sourire innocent. Le professeur Dumbledore sourit dans sa barbe argentée et reprit son discours.
Le concierge Mr Picott, m'a demandé de vous rappeler que les tours de magie dans les couloirs entre les cours étaient interdits et il m'a signalé également que la liste des objets prohibés et dangereux était affichée sur la porte de son bureau, dont les bombabouses, les frisbee mordeurs et les craies sauteuses. Je dois aussi vous dire qu'à cette liste s'ajoute la peinture farceuse.
Il avait dit cela en jetant un œil sur Lou qui regardait le concierge d'un air satisfait. Elle avait en effet utilisé cette peinture pour lui jouer un tour durant l'été. Il continua, ses yeux ne quittant pas la jeune fille.
Concernant les équipes de Quidditch, les élèves désirant intégrer l'équipe de leur maison, devra prendre contact avec Mme Bibine dès demain matin, les sélections ayant lieu ce samedi. Mais avant d'aller nous coucher, nous allons entamer tous ensemble l'hymne du collège. Chacun chantera sur son air préféré.
Toute l'assemblée se figea et un silence respectueux et sérieux s'installa, même Sirius et James devinrent attentifs. Avec sa baguette, il fit apparaître un long ruban d'or qui s'éleva et se morcela pour former les paroles de la chanson. Alors chacun, suivant l'air qu'il avait choisi, se mit à hurler :
Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce
Tout le monde finit la chanson à des moments différents. Et quand les derniers eurent prononcé la dernière note dont Dumbledore marquait la cadence avec sa baguette magique, tout le monde applaudit avec joie. Ce fut le professeur McGonagall qui annonça la fin du repas en se levant. Les préfets furent les premiers levés et guidèrent les premières années à travers le château pour les amener dans leur salle commune.
On te sert de guide ? demanda James en lui tendant élégamment le bras
Lou pouffa de rire et déclina l'offre.
Je n'ai pas besoin de guide mais un ou deux vaillants aurors pour me protéger seraient les biens venus, surtout s'ils sont mignons, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.
Eh bien allons-y princesse, nous passerons ou nous mourrons, déclara Sirius en entrant dans son jeu.
Sincèrement, tu es certaine que tu sauras t'y retrouver ? s'inquiéta Remus
Ne t'inquiète pas, j'ai passé tout l'été ici je te le rappelle.
Bon, j'ai sommeil, moi, geignit Peter.
Peter, tu nous fatigues !
Il a raison, allez vous coucher, il est tard, leur dit Lou, prenant le parti de Peter
Elle se dirigea vers la Grande Table.
Où vas-tu ? l'interpella Sirius
Ne m'attendez pas ! lui répondit Lou sans se retourner.
Elle parvint au bout de la table où Hagrid l'attendait, tout souriant.
Vous avez vu, Hagrid, je suis à Griffondor !
Tu dois être drôlement contente
Oui, c'est génial
Hagrid ri et lui donna une petite tape sur l'épaule, qui eut pour l'effet de la projeter un mètre en arrière. Lou lui sourit, souhaita une bonne nuit au garde chasse et se dépêcha de rejoindre ses amis qui l'avaient attendue.
Serai-je devenue indispensable ? se moqua-t-elle
Oh, non ! on voulait juste que tu nous serves de guide. Car tu vois on ne connais pas Poudlard aussi bien que toi ! répliqua Cathy, sarcastique
Ma chère Cathy, je vais vous conduire puisse que tel est ton désir et sache qu'après explorations, je connais ce château aussi bien que toi si ce n'est mieux.
Elle les conduisit sous les regards septiques de Cathy. Cependant en voyant, l'entrée de leur Salle Commune, elle fut bien obligée de reconnaître son erreur et pour préserver entièrement sa fierté, elle s'étonna :
Tu ne savais pas que tu serais à Griffondor alors comment tu connais l'emplacement de sa Salle Commune ?
L'intuition, éluda la jeune fille d'un ton assuré qui fit sourire les maraudeurs.
Et le mot de passe ? tu le connais ? demanda Lily.
Ouche ! non. Il y a quelqu'un qui le connaît ? s'enquit Lou
Demande à Peter, ironisèrent James et Sirius faisant rougir Peter.
Devant le regard perplexe de Lou, Remus précisa :
Peter n'a de la mémoire que pour les mots de passe.
Remus ! s'exclama Lily, tu n'as pas honte de te moquer de ce pauvre Peter
James et Sirius laissèrent échapper un bruit indéfinissable mais sous un regard appuyé de Remus, ils ne dirent pas la réplique, sans doute cinglante, qu'ils avaient en tête.
Le mot de passe, c'est rosa major. Révéla James.
A peine, eut-il prononcé le mot de passe que le tableau qui masquait l'entrée de la Salle Commune glissa sur le côté et leur laissa le passage. Ils s'y engouffrèrent en silence, la fatigue commençant à se faire sentir. Lou souhaita une bonne nuit aux quatre garçons et suivi Lily et Cathy dans le dortoir des filles.
Voilà, c'est là ! annonça Cathy d'une voix fatiguée.
Elles entrèrent et Lou vit tout de suite que l'on avait amené sa valise. Lou, un peu mal à l'aise, leur demanda :
Euh, les filles … Mm…Dans quel lit vous préférez que je me mette ?
Les deux jeunes filles se regardèrent puis se tournèrent vers Lou et Lily la fit asseoir. Et elles passèrent tendrement un bras autour du cou de Lou.
Liz, Tu es ici chez toi. Pardonne nous notre réaction à table ce soir quand tu as posé cette question…
Oui, ce n'était pas de ta faute, renchéri Cathy. Tu ne pouvais pas savoir. Tu peux prendre le lit que tu veux, tu ne dois pas être gênée. On ne t'aurait pas proposé de venir dans notre dortoir si cela nous dérangeait.
On repart à zéro ? proposa Lily doucement en accentuant légèrement la pression sur la nuque de Lou.
Cette dernière leur sourit faiblement et, mise en confiance, elle opta pour le lit situé près de la fenêtre. Elles se mirent en robe de chambre et décidèrent de ranger leurs affaires le week-end.
Bonne nuit les filles, dit Lily
Cathy ne répondit pas, car elle s'était affaissée sur son lit et s'était endormie. Lou jeta un regard à Lily, endormie elle aussi et se leva pour aller border la jeune fille. Elle entendit les couvertures sur elle et tira les rideaux rouges sombres du lit à baldaquin. Elle murmura une bonne nuit à Lily et se recoucha, tirant ses propres rideaux. Lou s'allongea sur le dos et regarda le toit de son lit. Elle se sentait enfin chez elle, elle avait beaucoup ri à table, ce qui l'avait grandement étonné. Seulement, autour du tableau qui semblait parfait, se dressaient quelques ombres menaçantes et Lou en était consciente. Elle avait ri, oui. Seulement ce n'était pas le même rire joyeux qui l'avait fait rire face à Hagrid, il y avait un mois de cela. Et puis, même si elle appartenait désormais à Griffondor, il n'en restait pas moins que le Choixpeau Magique avait voulu l'envoyer à Serpentard. Il pensait qu'elle serait très bien à Serpentard, qu'elle rassemblait toutes les qualités de cette maison et au fond d'elle il avait vu quelque choses « oh, voilà qui est intéressant…Tu es donc une … » avait-il dit. Si seulement Lou l'avait laissée finir. Lou soupira mais se ressaisi, prête à prouver qu'elle était une Griffondor. « Mais on ne change pas ce que l'on ai » dit une petite voix à l'intérieur de sa tête. Lou, comme toujours, l'envoya promener et entrouvrit le rideau pour regarder le ciel. Cela la calmait toujours et c'est pour cette raison, qu'elle avait choisi ce lit-là. Chassant ses démons dans un coin de sa tête, elle s'endormit.
5. Première
