Chapitre 12 : La dispute

Vite les enfants, vous allez rater le train ! pressa Emily Potter, d'un ton hystérique

M'man, t'inquiète… rassura James qui finissait son petit déjeuner tranquillement en compagnie de Remus et Liz qui riaient aux éclats en voyant Sirius et Peter frénétiques finir de se préparer.

Mais Mrs Potter ne fit pas attention à la remarque de son fils et continua à courir partout pour vérifier les bagages, hurler après Sirius, surveiller que Peter prenne bien son petit déjeuner et appeler Nigel pour qu'il tienne la voiture prête. James soupira.

c'est toujours comme ça, il faut toujours qu'elle stresse pour rien.

C'est une maniaque de l'heure, expliqua Remus à Liz.

Ouais, confirma James, franchement, on a tout le temps. Le train est à 11h, on met une heure pour arriver à la gare et il est 9h30.

Ouais c'est tranquille, approuva Liz en se balançant sur sa chaise.

Ouf ! nerveuse aujourd'hui ta mère, fit Sirius en s'écrasant sur la chaise à droite de Liz.

Ils rirent tous et se décidèrent à quitter la table un quart d'heure plus tard pour faire cesser les cris hystériques que le lançait Mrs Potter. Ils montèrent tous dans la voiture et arrivèrent comme prévu à 10h45.

tu vois m'man, on est dans les temps et on a pas raté le train, fit remarquer James.

Mrs Potter maugréa contre le flegme de son fils et de ses amis mais les embrassa quand même tous en leur demandant de ne pas faire de bêtises – requête qu'elle savait vaine. Ils montèrent dans le train en faisant de grands signes et s'installèrent confortablement.

Et voilà, finies les grasses matinées. Soupira Sirius.

Et les blagues de Mr Potter, ajouta Liz

Et les repas de Nob, renchérit Peter.

Et les batailles de boules de neiges, compléta Remus

Vous ne voyez pas le bon côté des choses, déclara James

Quel bon côté ? s'étonna son meilleur ami

Nous allons pouvoir retrouver nos petits camarades de Serpentard ! clama Lou avec un sourire diabolique.

Exactement ma chère Lou ! triompha James sous les sourires du groupe.

Et quelles seront les réjouissances ? demanda innocemment Sirius.

Bah ! on improvisera, assura Remus.

Ils continuèrent de bavarder en orientant la conversation sur leurs vacances. Ils étaient toujours en train de se remémorer leurs souvenirs quand une dame passa avec des friandises.

Bonjour les enfants ! Vous voulez quelque chose ?

Liz en voyant l'étalage du chariot s'aperçu qu'elle avait très faim et ils décidèrent tous les cinq de prendre un peu de tout. Liz paya la femme et ils se jetèrent sur les friandises.

Moi je prends une chocogrenouille, décida Sirius en décapita sa grenouille au chocolat.

Tu veux une dragée surprise de Bertie Crochue ? proposa Peter à Liz

Non merci Queudver, je préfère les Fizwibiz.

Peter et James engagèrent un défi à celui qui mangerait le plus de dragée sans sourciller. Ils commencèrent mais à la troisième, James se précipita à la fenêtre le teint verdâtre sous les rires de ses amis.

Qu'est-ce que c'était ? demanda Remus.

J'ai eut vanille, gingembre et tripes.

Ouche ! je plains Jamesie.

De quoi tu te plains Cornedrue, a ce qu'il paraît le gingembre c'est aphrodisiaque !

Très drôle Lunard

Et toi Pet' ? se renseigna Liz

Orange, chocolat et framboise.

Veinard ! bouda James

Peter et Liz se mirent à rire avec Remus et Sirius bientôt rejoins par leur camarade. Ils plaisantaient toujours quand la porte de leur compartiment s'ouvrit sur la personne la plus désagréable de Poudlard : Severus Rogue.

Tiens voilà Potter et ses toutous ! ricana le serpentard

Tiens voilà Sevie et ses cheveux gras ! répondit James sur le même ton.

Tu te crois drôle Potter ?

Pas drôle, réaliste Servilio, répliqua Sirius.

Toi le traître, je ne t'ai pas adressé la parole

Sirius bondit mais Liz le retint pas la manche pendant Remus tentait de calmer James. Rogue sourit, goguenard.

Soit tu nous dis ce que tu veux soit tu dégage, cingla Liz

Toi la fille reste en dehors de ça tu veux ? répliqua Rogue en rougissant imperceptiblement.

Tu n'as pas intérêt à l'insulter, gronda Remus.

Rem' ?

Oui Liz ?

Laisse moi faire, ordonna Liz, elle se tourna vers Rogue en sortant sa baguette. Ecoute nez crochu soit tu vires et je te laisserai partir sans dommage soit tu restes là et tu ne pourras même plus tu rendre compte que je te fous dehors à coups de pied au cul, menaça-t-elle.

Tu crois que tu me fais peur ? ricana-t-il, mais avec peu d'entrain, les joues toujours rouges.

Mais il n'eut pas le temps de sortir sa baguette car Liz lui avait jeté un sort de pétrification qui cloua ses membres sur place, sauf la tête à laquelle elle jeta un sort de furoncle. La jeune fille le mit ensuite dehors en lui donnant des coups de pieds et l'enferma dans les toilettes après lui avoir teint les cheveux en vert caca d'oie.

remarquable sortilège, commenta Remus, je ne le connais pas d'où tu le sors.

C'est un sortilège de pétrification, il est au programme de sixième année et très pratique. On peut le choisir de la faire partiel ou complet. En fait l'avantage réside dans le fait que même si la personne ne sent rien si vous lui donnez une droite quand elle sera ranimée elle va le sentir et assez fort…

A l'instar de ce cher Servilio qui ne va pas pouvoir s'asseoir pendant un moment ! jubila Sirius.

Lou je t'adore, déclara James en lui faisant un câlin.

Pas autant qu'une autre. Murmura Peter mais trop fort pour ne pas être entendu.

Remus, Sirius et Liz se mirent à rire de l'hésitation de Peter à les imiter et de James qui fronçait les sourcils sans comprendre que le garçon avait fait allusion à Lily Evans.

Deux heures plus tard, Lou partit enfila son uniforme et ils arrivèrent quelques temps plus tard. Ils montèrent tous les cinq dans une diligence et la jeune fille retrouva Lily et Cathy dans la Grande Salle.

Liz ! s'écrièrent en chœur les deux jeunes filles.

Salut Cathy ! Salut Lily ! je suis contente de vous voir

Tu as passé de bonnes vacances ? demanda Lily d'un air mi-affligé, mi-douteux.

Excellent Evans, Liz a le sens de l'humour, elle ! répondit James à la place de son amie.

Liz fit un regard suppliant à Sirius qui comprit et emmena James pendant que Remus faisait diversion pour effacer la réplique. Diversion qui marcha à merveille grâce à Peter qui partit recracher la dragée qu'il avait mise dans sa bouche. Et quand ils partirent se coucher, Liz alla sermonner un peu James et faire un câlin à Peter pour le remercier.

Potter ! Black ! Spencer ! s'écria le professeur McGonagall, excédée, pourriez-vous s'il vous plait cesser de vous comporter comme des gamin de cinq ans ?

Liz échangea un sourire avec ses deux camarades et se redressa dans une pose plus studieuse, l'air résigné.

Bien ! Maintenant que Potter, Black et Spencer on cessé de faire les pitres je vais peut-être pouvoir vous annoncer la nouvelle.

Cela faisait deux semaines qu'ils étaient rentrés de vacances et les maraudeurs avaient repris leur activité favorite. Rogue avait fini par être découvert dans les toilettes et Liz avait du aller deux soirs de suite en retenue avec le professeur McGonagall. Les quatre garçons s'étaient bien sur vengés et lors d'un cours de potions, le serpentard s'était retrouvé pleins de plaques rouges qui le démangeaient horriblement : il était toujours à l'infirmerie – pour raisons d'allergie. Bref tout allait pour le mieux.

… bal qui aura lieu le jour de la saint valentin

Liz qui n'avait pas écouté le professeur se redressa et contempla McGonagall d'un air incrédule et quelque peu dégoûté, air que le professeur remarqua.

Vous avez un problème miss Spencer ?

Un bal pour la Saint-Valentin ?

Vous avez bien entendu, confirma le professeur

Beurk ! Dumbledore est devenu fou, murmura-t-elle à Remus assis à côté d'elle qui était secoué d'un rire silencieux.

Sur ce la sonnerie retentit et les griffondors sortirent de la salle, Liz en tête et de mauvaise humeur. Sirius se mit à la taquiner.

Tu n'aimes pas la saint valentin ?

Idiotie ! répliqua Lou, dédaigneuse

Pourquoi ? c'est chouette les bals

Peuh ! elles sont toutes là, agrippées à leur mec ou à rêver qu'un prince charmant viendra les chercher ! ridicule ! Et les garçons ne sont pas mieux ! tous à vouloir se faire LA fille et ils te courent après comme s'ils étaient en chaleur ! Je ne vois pas ce qu'il y d'amusant là-dedans.

C'est parce que tu ne connais pas la méthode made in Sirius, affirma James.

La quoi ?

Les quatre garçons se mirent à rire et entreprirent de lui expliquer :

Cette méthode se divise en deux options : soit tu y vas avec un ami avec qui tu t'entends bien et comme ça tu es sûre d'être débarrassée des idiots, soit tu n'y vas avec personne ou avec un sombre type et tu te fais tous les mecs de la soirée que tu veux.

Lou éclata de rire et une lueur s'alluma dans ses yeux, trahie par le sourire diabolique qui se dessina sur son visage.

Ouille ! fit Remus pour simple commentaire.

C'est quoi le plan ? se renseigna Peter.

Sirius, tu as dit tous les mecs que je veux ? demanda Lou innocemment

A quoi tu penses ?

Lou sourit et lui fit un clin d'œil mais ne répondit pas. Ils tentèrent de la faire parler durant le repas mais abandonnèrent vite, Lou était têtue, très têtue et en plus elle paraissait préoccupée.

Dans la Salle Commune, c'était l'excitation : toutes les filles discutaient de leur tenue et de leur cavalier. Liz était au comble de l'exaspération et se retenait difficilement de balancer des commentaires sarcastiques sur les étudiantes. Les quatre garçons la regardaient avec inquiétude, à part Sirius qui était plongé dans ses pensées. Vers huit heures un griffondor de sixième année vint la voir.

salut !

Salut, répondit Lou vaguement, par politesse

Je… je m'appelle Steve Carter

Et ? répliqua la jeune fille dédaigneuse

Eh bien… en fait… je me demandais si… si tu accepterais d'aller au bal avec moi, acheva-t-il d'un traite

Liz contempla le garçon qui souriait d'un air peu assuré mais néanmoins charmant avec mépris. Elle allait lui répondre avec une des répliques cinglantes dont elle avait le secret ; mais elle n'en n'eut pas le temps car Sirius l'empoigna en répondant que « non, désolé mais elle ne voulait pas » et l'entraîna en dehors de la salle commune sous les regards ébahis des trois autres maraudeurs.

Qu'est-ce qui te prends Sirius, s'énerva Lou contre son ami une fois au repaire des maraudeurs

Je voulais éviter que tu fasses pleurer ce pauvre griffondor, répondit Sirius.

Depuis quand tu te préoccupe des autres ? lança la jeune fille

Sirius pâlit puis se mit en colère et grogna.

Je voulais juste éviter que tu te mettes les griffondors à dos. Tu pouvais juste refuser poliment

Et pourquoi crois-tu que je l'aurais fait méchamment ?

Parce que je te connais. S'irrita Sirius sous les yeux étonnés des trois autres qui les avaient rejoints

C'était la première fois qu'elle se disputait avec un des maraudeurs, avec Sirius. Mais pour l'instant, Lou n'en n'avait rien à faire, elle était hors d'elle.

Tu as été furieuse toute la soirée,et tu ne veux pas nous expliquer pourquoi ! Tu connais tout nos secrets, je t'ai tout dit et toi qu'est-ce que tu fais ? Tu me mens ! hurla Sirius.

Lou prit la dernière remarque du maraudeur comme un coup de poignard, un instant Azkaban envahit ses yeux et puis une rage, un rage sans nom balaya tout et, sans un mot, elle s'enfuit en courant.

Lou courait, elle courait et courait encore, sans s'arrêter. Elle avait l'impression que si elle s'arrêtait ou même ralentissait, elle exploserait, alors elle continuait, laissant les larmes couler. Elle s'était enfoncée dans la forêt et était arrivée là où Hagrid l'avait trouvée. Sans réfléchir, elle se transforma en panthère et hurla tant qu'elle pouvait. Elle resta longtemps ainsi, à hurler. Les étoiles avait déjà envahit le ciel depuis un moment quand elle s'effondra, brisée.

Elle se réveilla le lendemain, complètement désespérée. Pourquoi ? Mais pourquoi ? La Saint Valentin, Merlin que c'était stupide. Elle n'aimait personne, personne ne l'aimait. Personne n'était là. Elle était toute seule. Mais pourquoi s'était-elle mise en colère ainsi ? Lou gémit ; La Saint Valentin, le 14 février.

Un rire froid et aigu. Une femme qui fait face, une fillette qui hurle. Et la peur, toujours la peur, la terreur. Des rayons de lumière et puis un éclair vert. Un corps qui tombe, celui de la femme. Maman !!!!!!!!!!!! Et la douleur… L'arrivée des hommes en blancs. La fillette qu'on emmène sous les sorts qui retentissent. Les larmes qui coulent, des bras qui n'ont pas le pouvoir de réconforter. Maman.

Et voilà. Lou baissa la tête. Sa mère, morte, le jour de la saint valentin, des années auparavant. Elle s'était retrouvée toute seule, seule avec son chagrin, seule avec son père. Mais aujourd'hui, il n'était même plus là.

Pourquoi ai-je été si stupide ? demanda Lou face au vent.

Croire qu'elle pourrait avoir des amis, croire qu'elle pourrait ne plus être seule. James… Peter… Remus…Sirius. Lou soupira et sécha ses larmes. Lentement elle prit le chemin de la cabane d'Hagrid. Et c'est avec un mélange de tristesse et de mélancolie qu'elle le trouva devant sa cabane.

Bonjour Lou

Bonjour Hagrid, comment allez-vous ?

Très bien.

Un silence s'installa. Hagrid comprit et la fit entrer dans sa cabane.

Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec douceur.

Lou regarda le garde-chasse et se jeta dans ses bras.

Hagrid…

Chut… calme-toi et explique-moi, dit-il en la serrant délicatement.

Je me sens si seule… ils ne peuvent pas comprendre, ma mère… elle… elle est ai… je l'ai vu… je…

Doucement… voilà… là

Hagrid la consola un moment, en l'empêchant de parler puis il la fit asseoir et la regarda dans les yeux.

Tu t'es souvenu de quelque chose, c'est ça ?

Lou hocha la tête.

Tu as vu ce qu'il était arrivé à ta mère…

Et elle est morte, hurla Lou.

Lou, calme-toi. Ecoute, il faut en parler au professeur Dumbledore. Peut-être que cela lui permettra de comprendre ; tu veux savoir ce qu'il t'es arrivé n'est-ce pas ?

La jeune fille hocha la tête une nouvelle fois et sécha les larmes qui avaient coulées. Hagrid la prit par la main et ensemble ils se rendirent dans le bureau du vieil homme. Lou ne voulait pas parler, mais elle aurait suivi Hagrid n'importe où. Parce qu'il avait veillé sur elle, parce qu'il l'avait fait rire, parce qu'il l'avait consolé… parce qu'il était tout simplement là.

Couinesouris ! prononça le garde-chasse pour faire ouvrir la gargouille qui gardait le bureau directorial.

Ils montèrent et Hagrid frappa trois coups sur la porte en chêne.

Entrez fit la voix de Dumbledore

Hagrid fit passer Lou devant lui et referma la porte derrière lui.

Bonjour Lou, assieds-toi.

Professeur, commença Hagrid, Lou s'est souvenu de quelque chose.

Albus Dumbledore, étonné regarda la jeune fille et voyant sa pâleur, comprit que ce n'était pas un heureux souvenir. Il se pencha en avant et l'encouragea à raconta avec douceur. Lou fixa le phénix perché derrière son maître, et elle commença d'un ton neutre qui était démentit par ses yeux.

ma mère, je sais comment elle est morte. Il y a eut une attaque, j'étais là. Elle m'a protégé, elle s'est battue, il y avait d'autres enfants avec moi. Les sorts jaillissaient de partout et puis il y a eut un éclair vert. Et ma mère est tombée. C'était moi qu'ils cherchaient. Des hommes en blancs sont arrivés, il m'ont emmenée en premier puis ont pris les autres enfants. Ils m'ont conduis près de mon père. Et il m'a pris avec lui. Je crois qu'il s'est opposé à presque tout le monde pour me prendre avec lui lors des combats. « Sa vie vaut plus que la nôtre » C'est ce qu'il a dit. Et je suis restée avec eux.

Lou baissa la tête et ferma les yeux.

Eux ? L'interrogea Dumbledore

Oui, ils sont quatre, ils sont toujours dans mes souvenirs, mais je ne peux pas voir leur visage et je ne connais pas leur nom. Je sais que… il y a trois hommes et une femme : il y a mon père, mon oncle et sa femme et puis un autre… l'autre c'est un loup-garou, c'est mon parrain je crois.

Tu sais ce que ton père a voulu dire par « sa vie vaut plus que la nôtre » ? demanda le vieil homme

Non, je ne sais pas, je pense que moi et mon père on est très important mais pourquoi je ne sais pas.

Et qu'est-ce que tu entends par je suis restée avec eux ?

Lou détourna ses yeux du professeur et rougit. Que dire ? tout allait changer… « Oui, mais de toute façon, tu est déjà différente et toute seule alors… Fais lui confiance, et parle lui, il est le seul à pouvoir t'aider ». Lou inspira et regarda Albus Dumbledore droit dans les yeux, sans crainte, sans tristesse, sans rien et d'un ton totalement neutre, elle répondit :

J'ai fait la guerre, avec eux, à leur côté.

Elle vit Dumbledore pâlir et elle su qu'il y avait pensé, ses yeux bleus se gorgèrent de tristesse et lentement, il hocha la tête. Après un silence il prit la parole, doucement.

Oui, je m'en doutais, tes blessures lorsque nous t'avons trouvé m'ont mises sur la voie. Je me demandais comment une enfant pouvait manquer de tant d'innocence, parler avec tant d'expérience. Je voulais savoir pourquoi ce voile qui ne quitte jamais tes yeux, je sais que tu fais des cauchemars et tu maîtrise tes émotions d'une façon admirable. Tout cela, j'ai vite compris quelle en était la cause ; il n'y a que la guerre qui ôte toute innocence, tout espoir. Tu es très courageuse Lou

Merci monsieur.

Je sais que c'est dur pour toi, mais il vaut toujours mieux parler, je sais que tu ne peux pas te confier à tout le monde et je suis conscient que le faire à un vieillard comme moi n'est pas très réjouissant mais tu comprends n'est-ce pas ?

Oui, professeur, je comprends. Je n'ai pas le droit de mettre la vie des autres en danger… c'est juste que… que je me sens seule, finit-elle en murmurant.

Hagrid posa la main sur son épaule et le professeur soupira.

Je suis désolé Lou.

Ce n'est pas de votre faute, contredit la jeune fille en souriant faiblement.

Lou estimant que l'entrevue était finie, laissa Hagrid discuter avec Dumbledore et sortit.

Sirius… ses amis… Lou soupira mais ses yeux étaient déterminés, et sa résolution prise.

D'un air tranquille et assuré, elle prit le chemin de la bibliothèque.

Liz ? chuchota une voix que la jeune fille identifia comme celle de Lily Evans.

Bonjour Lily

Que fais-tu là ? s'étonna son amie

Je lis, ce n'est pas ce que l'on fait dans une bibliothèque ? demanda Liz avec malice.

Si mais en général ce n'est pas là que je te cherche, dit simplement la jolie rousse en souriant, je peux ?

Je t'en prie, assieds-toi. J'ai décidé de me cultiver, plaisanta Liz à mi-voix.

Elles étouffèrent un rire. Et s'installèrent confortablement pour lire. Au bout d'un moment, Liz qui n'avait pas pris de petit-déjeuner commença à avoir faim.

Lily, si on allait manger ? il est midi.

Oui, bonne idée.

Elles sortirent sans se précipiter. Mais à peine sorties de la bibliothèque, Lily attrapa le bras de son amie.

Qu'y a-t-il ?

Euh je voulais te parler de quelque chose, est-ce qu'on peut aller quelque part ?

Bien sûr, répondit Liz, intriguée en désignant une salle de classe abandonnée.

Elles entrèrent et Liz se tourna vers son amie.

Alors ? de quoi voulais-tu me parler ?

Eh bien voilà, hier soir Black, Potter, Remus et Peter sont encore revenus après le couvre-feu, j'ai voulu les engueuler mais il s'est passé quelque chose de bizarre. Potter m'a arrêtée d'un geste et il m'a dit que ce n'était pas le moment et ils sont partis se coucher tous les quatre, ils tiraient tous des têtes d'enterrement. Le lendemain je me suis réveillée un peu plus tôt et j'ai trouvé Remus dans la salle commune complètement désespéré, quand il m'a vue, il m'a presque sauté dessus. Il m'a demandé si tu dormais encore et je lui ai dit que tu avais dû sortir très tôt car ton lit était vide. Après je suis partie déjeuner avec Cathy et là on les a vu entrer tous les quatre, sans toi. Ils ont balayé la salle et sont repartis. Et ils t'ont cherché partout, ils sont même allés à la bibliothèque ; là ils m'ont vue et ils m'ont demandé si je savais où tu étais et si je pouvait te dire, si je te voyais, qu'ils voulaient te voir. Voilà, alors je ne comprends rien à ce qui ce passe.

Il ne se passe rien, mentit Liz inutilement

Alizée, ne me prends pas pour une idiote, se fâcha son amie. Explique moi ce qu'il se passe. Vous êtes inséparables tous les cinq et puis Sirius a l'air très malheureux. Tout le monde te cherche, Mondigus, Frank, Lisa, Christopher, Richard et Cathy se sont mis à ta recherche aussi.

Ecoute, je n'ai pas envie d'en parler, d'accord. Je me suis disputée avec Sirius point. Et je n'ai pas envie de les voir.

Lily sourit tendrement et prit Liz dans ses bras.

Si tu ne veux pas les voir, alors tu ne veux pas les voir ; et tu as sûrement de bonnes raisons pour ne pas vouloir m'en parler. Je leur dirai que je ne t'ai pas vue. Mais je suis là, d'accord alors si tu veux me parler ou si tu as besoin de compagnie, tu sais où me trouver, fit-elle avec un clin d'œil.

Liz rit et se sépara de Lily pour aller demander à manger aux cuisines.

Evans !

Liz s'arrêta et bondit derrière une statue pour se cacher. Elle ne voulait pas voir les maraudeurs et surtout pas le propriétaire de cette voix.

Que veux-tu Black ?

On veut savoir si tu as vu Liz. Fit la voix de James Potter

Non.

Quoi non ? répliqua Remus Lupin

Non, je ne l'ai pas vue

Tu es sûre, gémit Peter Pettigrow.

Ecoute Evans, on sait que c'est ton amie, mais c'est important… commença Sirius Black

Je ne sais pas où elle est d'accord, affirma Lily –ce qui était vrai- Et qu'est-ce que vous lui voulez ?

Ça ne te regarde pas, cingla James.

James ! gronda Remus. Lily, nous aimerions lui parler, mais on te croit d'accord. Tu ne sais pas où elle ait, ok. Mais s'il te plaît, si tu la vois essaye de la convaincre, supplia le griffondor

J'essayerai, mentit Lily.

Merci, dit Sirius sincèrement.

Liz attendit qu'ils s'éloignent et rejoignit son amie.

Je t'adore, remercia-t-elle

Franchement Liz, ils sont désespérés, tu ne crois pas que…

Non !

Comme tu voudras, soupira Lily.

Liz passa sa journée à éviter les maraudeurs et la journée suivante également. Aussi, elle fut heureuse de voir arriver le lundi. Malheureusement, le premier cours était avec le professeur Tremble et venait ensuite le cours de soins aux créatures magiques. Elle réussi à les tenir éloignés et à midi, elle partit comme une flèche et alla prendre son déjeuner avec Hagrid.

Lou passa toute la semaine à éviter les quatre garçons. Ils étaient doués mais Lou avait fait la guerre et rien ni personne ne pouvait la concurrencer, pas même un loup-garou ; les professeurs n'y comprenaient rien, les élèves n'y comprenaient rien, Hagrid n'y comprenait rien même s'il avait eut la délicatesse de ne pas demander d'explications. De plus les professeurs, le professeur McGonagall en premier, s'ennuyaient. Les élèves également. La dispute avait surpris tout le monde. Lou était devenue invisible, les maraudeurs parcouraient le château de long en large dans l'espoir de la trouver, les blagues avaient cessés. Seuls Rusard, Nock et les serpentards étaient contents ; même si ces derniers commençaient en avoir marre : les maraudeurs ne répondaient même plus à leurs provocations. En même temps, Lily et Cathy étaient désespérées, elles tentaient en vain de convaincre Lou d'aller parler aux garçons, mais celle-ci était déterminée et têtue. Et parallèlement, Mondigus, Frank, Lisa, Richard, Christopher l'avaient prise en chasse.