Chapitre 13 : Enfant du secret.
- Franchement on ne peut pas continuer à la couvrir comme ça, ils vont finir par se douter de quelque chose
- Je sais Cathy mais bon… elle ne veut pas, répondit Lily, contrarié en entrant dans le dortoir
-De qui parlez-vous ? demanda Liz malicieusement.
-Liz ! s'écrièrent les deux amies en se précipitant sur leur camarade
- Tu nous manquais on ne t'as pas vu de tout le week-end, avoua Cathy, un grand sourire au lèvres.
Liz fit la moue, elle était restée avec Hagrid, durant les deux jours.
- j'étais avec Hagrid.
- Potter a pris les choses en main, déclara Lily
- Oui, il a organisé un plan pour pouvoir t'attraper, confirma Cathy
- Ah oui ? lequel ? demanda Liz, vaguement intriguée et légèrement sarcastique.
- Oui, il a réparti les taches, d'après ce qu'on sait, Peter surveille les cuisines, Frank et Mondigus la salle commune, Lisa est chargée de la salle commune, Richard et Christopher le parc, James et Sirius patrouillent dans les couloirs et Remus on ne sait pas trop ce qu'il fait. Expliqua Cathy
- Et nous nous avons été chargées de la bibliothèque et du dortoir, compléta Lily.
Liz sourit.
- Comment tu as fait pour tous les éviter ?
- Ils ne sont pas très malin, ou plutôt si mais je le suis encore plus.
Elle leur fit un clin d'œil et pris ses affaires pour aller en cours avec elles. Sous leurs yeux étonnés, elle dit :
- j'ai décidé de vous écouter, je fais courir beaucoup de monde et ils n'ont aucune chance de m'attraper et puis… Hagrid m'a fait un sermon, ajouta-t-elle en faisant une grimace.
Ses deux amies rirent et c'est ensemble qu'elles pénétrèrent dans la salle commune sous les yeux étonnés de tous les griffondors. Elles se séparèrent et Liz se dirigea vers la classe d'étude des moldus. A la sortie, elle se dépêcha d'aller en cours de Soins aux créatures Magiques ; elle se montrait à nouveau au grand jour mais ses intentions n'avaient pas changées, en fait elle s'était drôlement amusée à les éviter, c'était d'une facilité. A la fin du cours elle pressa Cathy et Lily et fila vers la Grande Salle. Son entrée fit grand bruit, ou plutôt grand silence. Car décidément les élèves ne comprenaient plus rien, de même que les professeurs ; Hagrid eut un grand sourire quand il la vit et elle lui rendit son sourire. Les étudiants ayant décidé que de toute façon ils ne comprenaient rien reprirent leur activité et Liz mangea tranquillement. Elle s'apprêtait à sortir quand elle croisa les quatre maraudeurs qui entraient dans la Grande Salle. Ils la regardèrent passer trop étonnés pour dire quoi que se soit ; elle avait effectué la moitié du trajet quand…
- Liz !
La jeune fille continua son chemin en les ignorant.
- Alizée ! bordel, arrêtes-toi ! hurla Sirius Black.
Comme dans un film au ralenti, Liz stoppa et se tourna lentement vers le griffondor.
- Oui ? demanda-t-elle poliment un brin menaçante.
- On t'a cherchée partout !
- Et ?
- C'est tout ce que tu trouves à dire ? cingla Sirius
- Il y a un problème ?
- Un problème ? tu me demandes s'il y a un problème. C'est dingue ça ! Alors non seulement tu nous fuis toute la semaine, tout le monde s'inquiète pour mademoiselle mais, elle, elle s'en fout. On vient s'excuser et tout ce que tu trouves à faire, c'est être désagréable, s'écria Sirius hors de lui.
Liz sentit monter sa rage.
- Un, je ne fuyait pas ; deux,…
- Ah on tu ne fuyait pas ? Tu as été invisible toute la semaine, tu t'enfuyais à la fin des cours comme si t'avais la mort à tes trousses, on t'a cherché partout !
- Tu es pitoyable, déclara Liz avec dédain. Qu'est-ce que tu croyais, que j'allais me cacher à la bibliothèque ? Je te croyais plus malin
Sirius encaissa le coup et continua
- Tu pourrais au moins nous dire pourquoi tu ne veux plus nous voir, à moins que ce ne soit trop te demander, ne put s'empêcher d'ironiser Sirius.
- Nous n'avons rien à nous dire, vous me faisiez pitié à courir partout dans l'espoir de me croiser.
- On te fait pitié ?
- Tu as bien entendu
- Je comprends… on es tellement inférieur à toi, on ne mérite pas que tu nous accorde un regard, c'est ça ? fit-il sarcastique
- Sirius, tout le monde ne vit pas pour contempler ta belle gueule ! répliqua Liz qui se dirigeait vers la sortie sans se retourner.
Elle fulminait et elle ne savait même pas pourquoi. Qu'est-ce qu'ils croyaient, qu'elle allait revenir, la bouche en cœur pour leur donner des explications ? Ils pouvaient toujours rêver.
- Ne me parle plus jamais de cette fille ! je ne veux plus en entendre parler, d'accord ? hurla la voix de Sirius Black.
Liz sourit, d'un sourire sans joie, complètement désespérée et malheureuse. Et voilà, la fin d'une amitié qui avait si bien commencée. Pourquoi, pourquoi, n'avait-elle pas mieux maîtrisé ses émotions ? « Bah de toute façon, il savait déjà que tu mentais » insinua une petite voix dans sa tête. Liz soupira et enfila sa cape pour aller voir Hagrid.
Elle le trouva, avec Jok à l'orée de la forêt. Il la salua et l'invita à nourrir les hippogriffes. Chose qu'elle accepta avec plaisir. Cela lui changerait les idées et puis, elle n'avait pas cours le lundi après-midi.
- tu es bien pensive, remarqua Hagrid.
- Vous avez vu ce qui s'est passé dans la Grande Salle, non ?
-Oui, tu as peut-être un peu forcé la dose, tu ne crois pas ? soupira Hagrid. Je crois que tu l'as profondément vexé.
- Je sais mais je n'ai pas vraiment le choix.
Liz était assise sur un tronc d'arbre abattu dans une clairière. Hagrid donna une tape au dernier hippogriffe et vint la rejoindre sans qu'aucun des deux ne remarque que quatre garçons venaient d'arriver en s'empressant de se cacher derrière un buisson. Hagrid posa sa main sur l'épaule de son amie.
- Je n'aime pas te voir malheureuse, Lou.
- Il n'y a pas d'autre solutions, non ? Dumbledore l'a dit, je ne peux rien leur dire.
- Tu voudrais leur dire toi ? interrogea doucement Hagrid.
- Je ne sais pas, probablement pas tout mais au moins une partie.
Liz posa sa tête contre le garde chasse et ferma les yeux un moment. Elle reprit d'un air triste
- Sirius avait raison, je leur ai mentit. Ils m'ont tout confié et moi…
- Lou, parfois on ne peut pas dire la vérité, la consola son ami
- Oui, mais comment leur faire comprendre ? je ne peux pas aller les voir et leur dire : «désolé mais je ne peux pas vous le dire, on est quand même amis ?» Et puis...
- Et puis quoi ?
- Je ne sais pas… ce n'est pas juste
Elle se détacha et quitta le tronc pour faire face à Hagrid.
- pourquoi je n'aurais pas le droit d'avoir des amis, des vrais amis. Je suis toute seule ! hurla la jeune fille. Toujours, je suis toujours seule. Je n'avais que ça… je suis tellement stupide, conclut-elle amèrement.
- Non, tu n'es pas stupide c'est normal de vouloir avoir des amis, la rassura le garde-chasse
- Et c'est normal de ne pas pouvoir en avoir ? J'en ai marre, Hagrid. Je sais que je n'ai pas le droit mais… c'est tellement injuste ! Je voudrais pouvoir tout oublier, tout !
- Tout ?
- Oui, pour pouvoir tout recommencer. Vous croyez que ce soit possible ?
- Je ne sais pas mais je ne crois pas que ce soit la meilleur solution tu sais. Dit Hagrid avec sagesse.
- Je sais, je dis n'importe quoi.
Liz fixa son ami. Il était inquiet, elle le savait et il n'était pas le seul.
- Dumbledore s'inquiète, n'est-ce pas ? demanda-t-elle doucement
- Oui. Il a peur que…
- Que je me souvienne ?
Hagrid hocha la tête
- moi aussi, murmura Liz.
Ils restèrent silencieux, toujours inconscients que leur conversation avait été surprise par des élèves qui était plus que perplexes.
- Peut-être que tout te reviendra un jour, hasarda le garde-chasse.
- Je ne sais plus si j'en ai très envie. Après le dernier… Je savais que ma mère était morte mais…
- Tu ne savais pas que tu avais assisté au meurtre
- Oui
- Elle était très courageuse, se battre pour défendre la vie d'un autre, d'une dizaine d'enfants, c'est très courageux.
- Oui, je sais.
- Et toi aussi tu es très courageuse. Il faut beaucoup de courage pour garder un tel secret et pour affronter tout ça.
La jeune fille serra son ami dans ses bras, les yeux brillants de reconnaissance
- merci, Hagrid
- Ce n'est rien, lou.
- Si, vous faites beaucoup, vous êtes là.
Elle se tu, trop émue pour continuer.
- Allez, il faut rentrer, tu dois faire tes devoirs, dit Hagrid brusquement d'un ton bourru en s'essuyant les yeux.
Et c'est un sourire aux lèvres que Liz le suivi, un peu ragaillardie. Sans se douter que non loin d'eux quatre garçon se dévisageaient ahuris et soucieux. Mais surtout inquiets et en même temps soulagés. Ils comprenaient enfin, plus ou moins.
Liz passa sa semaine un peu plus normalement, en compagnie de Lily et de Cathy. Cependant c'était au tour des maraudeurs de se faire rares. Mais les élèves, croyant – à tord ou à raison- que l'amitié entre Liz et les quatre garçons était totalement finie, pensèrent que c'était pour leur prochaine farce. La jeune fille elle, faisait semblant de ne pas s'y intéresser. Elle était excellente comédienne et parvint à bluffer tout le monde même Lily. Seul Hagrid savait la vérité, Hagrid et les quatre garçons. Mais cela Liz l'ignorait, elle pensait qu'ils avaient fini pas se lasser, elle avait entendu Sirius le crier. Et elle ne savait pas qu'ils avaient surpris leur conversation dans la clairière.
Et la semaine passa. Les entraînements de Quidditch avaient repris et Liz faisait comme si rien ne s'était passé avec James. Elle se concentrait tout entière sur le Quidditch. Ou sinon elle n'aurait pas manqué de remarquer les regards étranges que lui lançaient James. Comme tous les autres maraudeurs d'ailleurs, mais étant donné qu'elle ne les regardait plus…
Le bal approchait à grand pas, Liz avait, au grand désespoir de Cathy refusé toutes les invitations. Et de ce fait elle n'avait toujours pas de cavalier. Beaucoup de garçons restaient seuls en espérant qu'elle accepterait quand elle se retrouverait seule le jour du bal. Mais c'était sans compter l'entêtement de la jeune fille. Il restait deux semaines avant le bal et Liz errait dans le château désoeuvrée. Les quatre garçons lui manquaient affreusement. Et elle ne se doutait pas qu'ils ressentaient aussi ce même manque. Les maraudeurs avaient recommencé leur petites blagues mais sans enthousiasme et on ne pouvait ignorer l'air déçu de certains professeurs.
Liz marchait sans regarder où elle allait, plongées dans ses pensées. Soudain, elle se fit attraper en tirer dans une classe désaffectée. A peine entrée dans la salle elle sortit dans sa baguette.
- Qui a osé ! gronda la jeune fille.
- Du calme princesse ! dit un voix joyeuse
Liz sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine mais se reprit vite et afficha un masque de froideur…
- Arrêtes ton cirque, fit la voix de Peter Pettigrow, on a tous vu ton sourire
- Tu nous as manqué, ajouta Remus, et apparemment nous aussi on t'a manqué
La lumière s'alluma et laissa découvrir trois des maraudeurs. James qui était à côté d'elle et qui l'avait tirée, Peter qui souriait de toutes ses dents assis sur un bureau et Remus, les yeux brillants de joie assis avec décontraction sur un chaise à côté de Peter. Il manquait quelqu'un pensa Liz. Sirius. Il n'était pas là.
- C'est moi que tu cherches, railla une voix.
Liz sentit à nouveau la colère et se tourna d'un air indifférent et dédaigneux. Ils se dévisagèrent un instant froids, fier, impérieux, méprisant ; Peter, James et Remus retenant leur souffle. C'était une affaire entre les deux griffondors. Puis petit à petit l'étincelle de fureur, se transforma en étincelle de rancœur, puis en étincelle de doute puis en tristesse, ensuite en malice pour finir en joie.
- Tu m'as manqué, avoua Liz, d'un air triste.
- Toi aussi, dit simplement Sirius en la prenant dans ses bras.
Liz serra très fort son ami, heureuse. Même si elle savait que cela n'allait pas durer. Cela ne durait jamais. Mais elle profitait de l'instant. Lentement, elle relâcha son étreinte et recula pour les contempler tous les quatre. Bizarrement, elle n'avait plus peur. Tant pis, c'était comme ça, il le fallait. Les garçons se dévisagèrent puis Remus hocha la tête et s'avança. Liz ne comprenait plus rien tout à coup mais se laissa faire quand son ami lui pris les mains et la fit asseoir.
- Liz, écoute-moi bien, sans m'interrompre et sans te fâcher, d'accord ? commença celui-ci.
La jeune fille ne comprenait rien mais renonça à faire une objection et accepta d'un signe de tête.
- Bien.
Remus sembla chercher ses mots un moment et reprit.
- Lundi, quand tu es partie, nous étions très en colère contre toi. Tous. A part Peter qui nous a fait remarquer quelque chose. Car il avait mieux comprit que nous. Car la raison pour laquelle tu nous évitais c'était non pas parce que Sirius t'avait traitée de menteuse mais parce qu'il avait raison, n'est-ce pas ?
Liz ne pâlit pas ni ne rougit et ne tenta pas de nier. Ils savaient, elle savait qu'ils savaient et ils savaient qu'elle savait qu'ils savaient, enfin bref. Il était inutile de discuter de ce point, elle en était consciente. Elle se contenta donc de confirmer pour que Remus reprenne, ce qu'il fit avec douceur.
- Nous avons réfléchi et on s'est dit que tu devais avoir une bonne raison. Et on a comparé ton cas au mien et on en a conclut que c'était plus grave que moi, puisque tu savait que j'étais un loup-garou et donc si cela ne pouvait pas être un truc similaire.
Il fit une pause et sembla hésiter mais un regard à James le persuada et il continua.
- nous t'avons vue sortir dans le parc et rejoindre Hagrid. Nous avons décidé de te suivre. Malheureusement nous t'avons perdue. Du moins c'était ce que nous croyons car nous sommes tombés sur vous par hasard et vous ne nous avez pas vu.
Liz était assommée, ils… non ce n'était pas possible. Elle n'avait pas pâlit, son visage ne s'était pas décomposé, en fait elle n'avait fait aucun geste ; mais ses yeux étaient pleins de détresse et intérieurement, elle était complètement paniquée. Avec difficulté, elle réussit à articuler sa question.
- Vous avez tout entendu ?
- Je pense que nous avoir entendu le principal.
La jeune fille sentit ses entrailles se glacer. La vision d'Azkaban passa sur son esprit l'espace d'une seconde.
- mais nous n'avons pas tout compris, avoua James.
- Et nous aimerions que tu nous expliques, si tu le veux bien, demanda gentiment Remus Lupin en tentant de la regarder dans les yeux.
Les yeux vides, le visage dénué de toute expression, Liz réfléchissait à toute allure. Que fallait-il faire ? Dumbledore n'avait pas dit… Dumbledore, voilà, c'est chez lui qu'il fallait aller. Il saurait quoi faire. Lui pourrait tout arranger. Mais… c'était l'occasion de leur dire. De sceller leur amitié, de leur faire confiance comme eux lui avaient fait confiance. Non. Il fallait être prudent, le plus sûr était d'aller voir Dumbledore. Le secret devait passer avant tout. C'était trop important le bonheur venait après. Oui, sa décision était prise.
- Venez, suivez-moi, ordonna-t-elle en évitant de croiser leur regard.
Peter allait dire quelque chose mais Sirius l'en empêcha et suivi son amie, James lui emboîtant le pas décidant les deux autres à faire de même.
-En silence, Liz les mena au bureau directorial.
- Couinesouris ! dit-elle pour ouvrir la gargouille. Venez ! ajouta-t-elle à l'adresse des quatre garçons.
Arrivés en haut elle frappa trois coups à l'aide de la poignée en forme de gueule de lion.
- Entrez !
Elle fit signe à ses amis de la suivre et pénétra dans le bureau.
- Bonjour professeur Dumbledore
- Oh ! Bonjour Lou, tu …
Il s'interrompit en voyant les quatre étudiants pénétrer à la suite de la jeune fille. Celle-ci pour faire court pris la parole, tout en s'asseyant.
- Lundi, je suis allé avec Hagrid dans la forêt et nous avons eut une conversation qui a été entendue par James, Peter Remus et Sirius. Une conversation sur… mon secret.
- Je vois.
- Ils ne savent pas tout mais…
- Ne t'inquiète pas Lou, nous allons régler cela. Messieurs asseyez-vous, je vous en prie, dit-il à l'adresse des garçons qui regardaient la pièce d'un air blasé. Ils y allaient très souvent et pas pour prendre le thé
Ils s'installèrent de part et d'autre de Lou et attendirent. Dumbledore était plongé dans ses pensées. La jeune fille au bout d'un moment, s'impatienta et sous les regards mi-horrifiées, mi-étonnés, prit la parole.
- hum ! professeur ?
- Ah oui ! s'exclama le vieux directeur, oui, eh bien je crois que tu peux leur dire. Pas tout, ajouta t'il en voyant Lou ouvrir la bouche. Il y a des choses dont tu ne peux pas parler et je pense qu'ils comprendront, mais pour le reste tu peux leur dire, je te fais confiance. Hagrid m'a parlé et c'est vrai que ce ne doit pas être drôle pour toi.
Lou sourit avec reconnaissance, se leva et pris congé en entraînant ses amis. Plus heureuse que rarement depuis son arrivée. Elle sortit la dernière après avoir remercier chaleureusement Albus Dumbledore, qui lui fit un clin d'œil, quelque part un peu soulagé au fond.
- Bon tu vas nous dire quoi, grommela Remus, tu as l'autorisation maintenant !
- Au repaire. Répondit Lou en se mettant à courir.
Cinq minutes plus tard, ils étaient confortablement installés, une bièrraubeurre à la main. Liz inspira, se leva et le regard tourné vers la forêt interdite, qu'on pouvait apercevoir de leur cachette, commença son récit.
- Tout commence dans la forêt interdite. Un jour du début de juillet, Hagrid m'a trouvé à la frontière du territoire des centaures. J'étais dans le coma. Cela faisait une semaine que je n'avais ni bu ni mangé, j'avais de profondes blessures. Il m'a ramené au château et je suis resté deux semaines dans un semi-coma. Quand je me suis réveillé, je ne connaissais ni mon nom, ni ma date de naissance ou le lieu. Je ne savais plus rien, plus rien qui me concernait en tous cas. Parce que en dehors je savais plein de choses. Mais sur moi, c'était le vide, ça l'est toujours d'ailleurs. Les seuls indices que j'avais se regroupaient en cinq objets, ma baguette, ma cape d'invisibilité, la clé de mon coffre et une cape noire que j'ai gardée et pour finir un médaillon, que personne n'a réussi à enlever.
Elle leur montra la chaînette et le pendentif. Un phénix qui s'enflamme avec un éclair qui semble traverser le médaillon et au dos une inscription « Lou, 31 juillet ».
- Voilà c'est tout. Parfois je fais des cauchemars, ou plutôt ce sont des souvenirs ; c'est comme ça que j'ai su que ma mère était morte. Le jour où nous nous somme disputés, je me suis souvenue de comment… de comment elle était morte. Ce ne sont jamais vraiment des souvenirs, ce sont des aperçus, des impressions, c'est rare quand j'ai un flash-back comme ça.
- Je suis désolé, s'excusa Sirius.
-Ce n'est pas grave, c'est comme ça, tu ne peux pas le changer et moi non plus.
- Merci de nous avoir fait confiance, c'est un lourd fardeau, déclara James en la prenant dans ses bras.
- Je voulais vous le dire et en même temps je ne voulais pas. Six mois de souvenirs ce n'est pas beaucoup. Je me sens différente et puis… j'ai toujours été toute seule avant, c'était la guerre il ne fallait faire confiance à personne, je n'avait que mon père. J'ai l'impression d'être abandonnée. D'être différente parce que j'ai vu des choses que… Je ne connais même pas mon nom. J'espère toujours que mon père viendra mais au fond de moi je sais que… Qu'il ne reviendra pas, termina-t-elle avec tristesse
- Tu n'es plus toute seule, tu sais, dis doucement Sirius. C'est vrai qu'on ne peut pas remplacer ta famille mais on peut être tes amis…
- C'est vrai, approuva Peter. On n'a pas abandonné Remus et on ne t'abandonnera pas toi non plus. Peut-être qu'un jour tu te souviendras
- Mais en attendant, tu vas rester avec nous parce que tu nous as trop manqué, ok ? proposa James.
Lou rit et les embrassa l'un après l'autre. Elle s'excusa même auprès de Sirius, qui pour lui pardonner, exigea un câlin.
