Voilà une bonne petite heure que le navire avait accostée. Stella s'était glissée subrepticement sur le quai pour se perdre dans la foule des badauds qui arpentaient le bord de mer. Ses maigres possessions serrées contre elle, elle écoutait d'une oreille attentive ces gens qui communiquaient entre eux avec un langage qui lui était inconnu. Elle était partagée entre émerveillement, à l'idée de cette terre si différente de la sienne, et angoisse, car elle ne parlait pas du tout la langue, et ne connaissait justement rien à ce pays. Diable, comment allait-elle donc se débrouiller ?
Elle se débrouilla finalement pour rejoindre un coin à l'écart de la foule. Pour le moment, elle avait décidé de faire les choses à son échelle en appelant Aquarius afin de recevoir des explications. Par exemple comment était-elle arrivée jusqu'ici ? Elle sorti la clef et la contempla quelques minutes. Elle ne comprenait pas pourquoi elle pouvait la tenir entre ses doigts. Pas plus que l'étrange destin qui l'avait entrainé vers la clef de Lucy. En réalité, depuis qu'elle avait quitté la maison, elle n'avait jamais été aussi perdue et seule. Les disputes avec ses frère lui manquait, les soirées tranquille à écouter son père jouer du piano, et les excursions furtive dans la cuisine quand maman était aux fourneaux.
Elle n'avait pu retrouver rien de tout ça à Fairy Tail. Plus les secondes passaient en leur compagnies, et plus elle étouffait devant leur liens privilégié dont elle était totalement exclue, elle qui n'était rien d'autre que « la porteuse de la clef de Lucy »… Elle savait pertinemment qu'elle était injuste avec eux, après tout Wendy et Romeo l'avait veillé quand elle avait manqué la noyade, et tout ce qu'avait fait Fairy Tail jusqu'à maintenant avait été d'essayer de la protéger. Elle était arrivée là-bas comme une fleur, amenant avec elle une montagne d'ennui potentiel, et ils ne l'avaient pas mis dehors. Ils s'étaient occupés d'elle.
Elle senti une boule désagréable se loger dans sa gorge, et eut beau déglutir, ça ne passa pas. Ainsi fut sa première expérimentation de ce que l'on appelle le remord, ou la culpabilité. Elle arriva alors au bout de la plage qui s'achevait sur la violence des vagues se brisant contre des roches édenté qui se dressait vers le ciel vaille que vaille. Pas tout à fait l'esprit à ce qu'elle faisait, Stella s'accroupi et mis la clef d'Aquarius en contact avec l'eau salé et invoqua l'esprit du Verseau qui ne se fit pas prier.
Stella la trouva majestueuse et pleine de classe… jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.
« Non mais quelle honte ! Avoir une porteuse pas foutu de nager la brasse ! Rugis la sirène.
_ Hein ? Stella buga quelques secondes avant de reprendre du poil de la bête. On était en pleine tempête ! En plus je m'étais cogné la tête contre la rambarde !
_ Tu as dit quelque chose ?! Si tu ne sais pas nager, alors pourquoi diable es tu monté sur le pont en pleine tempête HEIN ?!
_ Tout de suite vue comme ça… Pris hors contexte, à froid là, je ne suis plus tout à fait capable de trouver une réponse qui semble pertinente.
_ C'est qu'il n'y en n'a pas, triple andouille !
_ Désolé… EH ! Attendez deux minutes ! Je ne vous ai pas appelé pour que vous passiez un savon !
_ Haa ? Et pourquoi m'as-tu appelé dans ce cas ?
_ Je veux des réponses ! »
Il y eut un long silence contemplatif, et Stella rajouta plus sérieusement :
« Pourquoi est-ce que tout ça m'arrive ?
_ Et bien… »
Magnolia. QG de Fairy Tail.
Dans un silence morne, peut coutumier à la guilde fêtarde et bagarreuse qu'était Fairy Tail, Crime Sorciere, et plus particulièrement Gérard, marchait sur des œufs. Il n'aurait jamais pensé que ces mages d'ordinaire si joyeux auraient pu se montrer aussi… moroses. Mais il semblait que bien des choses avaient changé depuis ce jour fatidique où tout avait basculé. Le mage renégat soupira, puis se résigna à leur expliquer la situation.
« Tous remonte à ce jour… »
« Tout remonte à il y a cinq ans, quand Lucy était encore une humaine, mage de Fairy Tail.
Il y et un tournois pour déterminer quelle serait la première guilde de Fiore. Ce n'était pas la première fois qu'il se déroulait, mais c'était la première fois que Fairy Tail était déterminé à le remporter. Mais pendant le déroulement des festivités, le troisième jour, Lucy fut enlevé alors qu'elle se reposait à l'infirmerie. On la mena dans les sous terrains du palais de Crocus, où était dissimulé le projet éclipse.
C'était une immense porte, à l'allure apocalyptique, qui ne fonctionnait que grâce à la magie d'une constellationniste. Or, Lucy était une constellationniste hors pair, et possédait 10 des douze clefs du zodiaque, elle était capable d'en garder ouverte deux simultanément. On ne savait pas quel était le pouvoir de cette porte, mais il était clair que la royauté, sinon le gouvernement, était impliqué. Ils été parvenu a obtenir les deux dernières clefs d'or grâce à la coopération d'une constellationniste de Sabertooth, et les ont insérée dans les douze serrures qui ornait la porte.
On ne sait pas si tout ce qui arriva par la suite était prévu… mais au regard de la réaction du gouvernement peu après, rien n'est moins sûr. Les portes se sont ouvertes, et ce fut un déferlement de lumière qui éblouit tous ceux qui se trouvait dans la salle. Et c'est alors qu'un des soldats présent se délesta de son casque, et qu'un mage maléfique jeta un artefact dans la porte…. »
Le vent se déchaina, et les battants de la porte qui devait changer le monde se mirent à battre violemment, assommant plus d'une garde dans leur folie aveugle. Le commandant de l'opération se jeta sur le mage, et le saisi par le col :
« Qu'avez-vous fait ?! Hurla-t-il, sa voix portant à peine tant le mugissement du vent était puissant.
_ Tout commence enfin ! S'esclaffa l'homme avec un sourire de dément. Il est grand temps de le libérer pour qu'il nous purifie tous !
_ De quoi parlez-vous bon sang !? QUI ETES VOUS !
_ La constellationniste doit mourir ! Continua indifféremment l'illuminé en posant sont regard dégénéré sur Lucy qui frissonna.
_ Protégez la constellationniste ! » Ordonna l'homme a l'armure blanche et au long nez.
Mais ses hommes, terrifiés, prenaient la fuite, sans écouter les ordres, et finalement, seule Lucy resta au milieu de la salle, car pieds et poings lié elle ne pouvait rien. Aussi le général considéra comme priorité d'éloigner le mage de la blonde, et l'entraina dans les escaliers alors que Lucy se débattait pour s'éloigner des portes.
Et c'est alors que le vent s'inversa et au lieu de repousser, attira. Inexorablement, Lucy glissa vers la porte, et seule deux options semblaient possibles : être attiré a l'intérieur, ou se faire compressé par les dix porte géante qui se refermaient lentement. Elle disparut dans le néant nacré. Et alors même qu'elle était engloutie et que seul son regard désespéré restait éphémèrement visible, Gérard Fernandez pénétra enfin les lieux. Mais tout ce qu'il put faire fut d'assister, impuissant, à l'immersion de Lucy.
« La porte l'a mené tout droit dans une ancienne magie appelé Overdrive, une magie de sceau qui sert à garder prisonnier Chaos là-bas, elle finalement décidé de devenir une esprit, et tous les contrat ont été rompu. Seulement, comme elle était dans un espace entre deux dimensions, les clefs ont été dispersé dans tout Earthland.
Certaines ont été trouvé par le gouvernement, comme la clef du Lion, mais d'autres ont eu plus de chance et ont été retrouvé par certains mages qui en ont pris soin. Il y en a quelques autres qui ont disparu dans Earthland, et que nous sommes incapables de retrouver.
_ En sommes c'est le gros bazar quoi ? La coupa Stella, inconsciente du danger.
_ A peu près oui »
Ce n'était PAS Acquarius qui avait dit ça. La voix venait de quelque part derrière les rochers, et avait articulé ces quelques syllabes avec un accent très prononcé, roulant le r, avec une intonation trainante et tellement mielleuse que Stella se demanda quand le type qui avait pris la parole se faisait poursuivre par toute les abeilles, guêpe, bourdon et autre joyeux insectes.
« Qui est là ?! » s'écria-t-elle avec un mauvais pressentiment (pourtant avec l'esprit du Verseau pour veiller sur elle, elle n'avait rien à craindre sauf… et bien ledit esprit…).
« Hum. Je suis pas un … ennemi ? » Bafoua la voix en cherchant laborieusement ses mots.
Sans aucune hésitation, ce type était un autochtone. La langue locale était largement plus rocailleuse et écorché que le fiorentin, mais en plus les mots et la grammaire était largement différente. 2tant donnée la complexité du fiorentin (Stella s'était arraché les cheveux sur son apprentissage quand elle était jeune, la grammaire était vraiment une vacherie) elle trouvait son expression honorable, et appréciait largement le fait qu'il s'adresse à elle dans sa langue plutôt que de baraguiner en minstrelien. Elle fit donc attention a employer des mots simple et a bien articuler quand elle lui répondit :
« Montrez vous s'il vous plait ! »
Un jeune homme d'environ son âge surgit alors de derrière les rochers, tronant sur une planche de surf porté par une vague qui n'était absolument pas naturel, comme si c'était lui qui l'avait commandé, ce qui était probablement le cas. Il était grand, très grand, dans le mètre quatre-vingt-quinze, bronzé, bien bâti, ses cheveux blonds était plaqué sur l'arrière de son crâne et se collaient dans sa nuque. Il n'avait pas de surfer que la planche mais l'allure. EN fait il était presque le stéréotype de ce qu'elle s'imaginait pour un type arpentant les plages. Si ce n'est qu'il portait un bermuda noir et une chemise blanche, qui faisait totalement décalé sur lui.
« Quel est votre nom ? Que me voulez-vous ? »
Il eut un sourire éclatant, narquois sur les bords en indiquant d'un coup de menton la sirène dans l'eau qui, par on ne sait quel miracle, ne l'avait pas encore attaqué.
« Tu utilises magie. Pas dans les… registres. Contre la loi. Je fais respecter la loi. Giulio Errestoc, au service de la présidence. Tu vas me suivre. »
Y'a pas a dire, elle avait beau avoir été mise en état d'arrestation, elle considérait son face a face avec un petit air béat : elle venait de tomber nez à nez avec un apollon a l'accent irrésistiblement exotique. Ca n'aurait tenu qu'à elle, elle se serait rendu Surlechamp !
