MADNESS CONTEST
Titre de l'histoire: Le silence du manque
Personnage(s) choisi(s) : Bella/Edward
Disclamer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, seule l'histoire est créée par mes soins. Venez aussi découvrir le Forum Damn-Addict-Lemon à ce lien : damn-addict-lemon . forumgratuit . fr/ (enlever les espaces) sur lequel se feront les votes !
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Le silence…
C'était ce qui était le plus marquant lorsque l'on entrait dans cette pièce…
Ce n'était pas l'odeur aseptisée qui vous prenait aux tripes jusqu'à vous donner des remontées acides provenant tout droit de votre estomac, ni même la blancheur immaculée des lieux qui pouvait vous rendre aveugle au moindre rayon de soleil, non, c'était ce silence.
Lourd et oppressant.
Terrifiant même.
Les gens qui travaillaient ici en avaient l'habitude. Ils allaient et venaient sans y prendre garde. Pourtant, ils savaient aussi comment en quelques secondes à peine, ce silence pouvait se transformer en vacarme assourdissant de cris et de hurlements. Il suffisait d'un grain de sable pour que la quiétude de l'endroit ne devienne qu'un lointain souvenir.
L'atmosphère devenait alors explosive. Les gens se mettaient à courir en tout sens, essayant de calmer les cris et l'hystérie qui, au fil des minutes, devenait collective.
Seule une personne demeurait immobile.
Elle s'appelait Isabella Swan. Elle préférait qu'on l'appelle Bella mais personne ici ne le savait. Elle était juste une patiente comme une autre à l'exception qu'elle ne parlait ni ne bougeait jamais.
Postée devant la fenêtre qui était devenue la sienne vu qu'elle y passait toutes ses journées depuis bientôt cinq ans, elle ne bougeait pas.
Le silence ne la gênait pas.
Le bruit non plus d'ailleurs.
A dire vrai, elle n'entendait rien de ce qui l'entourait.
Elle n'entendait que lui.
Dans sa tête.
Il lui parlait.
Toute la journée.
Depuis toutes ces années.
« Tu ne me reverras plus… »
« Ce sera comme si je n'avais jamais existé… »
Ces paroles résonnaient sans cesse en elle jusqu'à ce qu'il se contredise lui-même dans les pensées de la jeune fille, lui assurant qu'il était toujours là malgré tout et qu'il l'aimait plus que tout.
« Plus que ma propre vie… »
Elle se mit à sourire dans sa tête car elle demeurait physiquement immobile, son regard vagabondant toujours vers l'extérieur sans réellement voir ce qu'il s'y passait.
Ici elle était en paix.
Personne n'exigeait d'elle quoi que ce soit.
On lui faisait une toilette tous les matins et on l'installait devant sa fenêtre.
A la fin de la journée, on la portait jusque dans son lit pour la border pour la nuit.
Elle ne bougeait pas.
Elle n'avait d'ailleurs plus bougé depuis qu'il était parti de sa vie en ce sombre matin de septembre.
On l'avait retrouvée inanimée dans la forêt et ainsi elle était restée.
Inanimée.
Comme morte à l'extérieur. Seuls ses yeux esquissaient quelques rares mouvements, toujours en réponse aux paroles de son amour dans sa tête.
Le monde extérieur n'avait aucune emprise sur elle. Elle ne savait pas où elle était ni depuis combien de temps. Elle s'en moquait, du moment que lui était là, le reste lui importait peu.
Et il était là.
Toujours auprès d'elle.
Jamais il ne l'avait quittée.
Elle savait combien elle était importante pour lui, combien elle comptait, combien elle était essentielle à son existence.
Schizophrénie catatonique.
Voilà ce que les médecins avaient diagnostiqué.
Son père avait été effondré. Sa mère avait fait une grave dépression.
Bella, elle, n'en avait même pas eu conscience.
Il était là, dans sa tête.
« Tout va bien… »
Et elle le croyait.
Elle l'avait toujours cru, prenant ses paroles pour argent comptant que ce soit dans le passé lorsqu'il était près d'elle ou aujourd'hui qu'il était en elle.
Mentalement, elle lui racontait ses journées. Enfin, ce qu'elle imaginait qu'elle faisait de ses journées.
Elle le retrouvait dans sa chambre à Forks, le soir après les cours. Il lui souriait et elle allait se blottir dans ses bras froids et durs comme le marbre. Elle inspirait son odeur à pleins poumons, rassurée qu'il soit là auprès d'elle.
« Pour l'éternité… »
Elle était heureuse. Repliée entièrement dans son esprit, figée à jamais dans son imaginaire, hermétiquement fermée au monde extérieur, elle vivait une vie à part entière, passionnante et heureuse.
Elle lui parlait de ses cours et des tentatives désastreuses de Newton pour attirer son attention. Il grognait pour la forme, allant même jusqu'à lui proposer d'aller vider de son sang le jeune insolent.
Ils riaient ensemble, complices à jamais.
Toujours elle imaginait que ses lèvres finissaient pas rencontrer celles d'Edward, leurs langues jouaient ensemble, se taquinant sans cesse jusqu'à ce qu'elle soit à bout de souffle. Il partait alors à l'exploration de son cou pour la laisser respirer l'oxygène vital à son organisme. Il se délectait de son odeur, léchant sa jugulaire qui pulsait de désir sous ses coups de langue. Il finissait toujours par prendre le lobe de son oreille entre ses dents, feignant de le mordiller sans réellement le faire.
Elle voulait bien sûr qu'il la transforme mais elle savait être patiente et ne voulait pas que ce moment de complicité et d'amour se transforme en dispute.
Lentement, les mains d'Edward s'infiltraient sous ses vêtements pour les lui ôter. Elle soupirait d'aise et tous les poils de sa peau se hérissaient par vagues successives.
« Tellement belle… » lui répétait-il tandis qu'elle se positionnait à califourchon sur lui.
« J'ai tellement besoin de toi Edward… » lui murmurait-elle en déboutonnant sa chemise.
Elle avait toujours eu ce besoin et cette envie de lui. Ce désir de ne faire qu'un seul et même être avec cet homme tant aimé.
Et dans ses rêves les plus fous, dans sa tête et son esprit malade, elle assouvissait ce besoin. Elle le voulait et il la voulait tout autant.
Rapidement, ils finissaient nus sur son lit de jeune fille. Elle allongée sous lui, ses jambes encerclant sa taille et leurs intimités collées l'une à l'autre.
« Si désirable… » soufflait-il à son oreille.
Elle se cambrait de désir, incapable de supporter davantage de caresses. Aussi agréables soient-elles, elles en devenaient frustrantes.
Elle soupirait lorsqu'enfin son membre érigé pénétrait son antre.
La sensation maintes et maintes fois imaginée n'avait rien de comparable.
« Mienne… » répétait-il inlassablement tout en allant et venant en elle.
Comblée. Voilà ce qu'elle ressentait lorsque son esprit se mettait en accord avec son corps.
Comblée et aimée lorsque leurs yeux entraient en contact.
Elle y lisait toute une pléiade d'émotions. Son cœur se gonflait d'orgueil.
Il était sien.
Elle était sienne.
Ils ne faisaient qu'un.
« Je t'aime Bella… » n'avait-il de cesse de lui répéter tout en martelant son intimité de coups de rein.
Souvent, il attrapait ses mains pour les positionner au-dessus de sa tête, l'emprisonnant totalement contre lui pour la prendre encore plus en profondeur.
Elle se délectait de son souffle frais qu'elle sentait dans son cou, se ravissait d'entendre les soupirs qu'elle seule savait lui provoquer dans son monde imaginaire.
Et lorsqu'enfin ils atteignaient la jouissance suprême, c'était toujours en hurlant le doux prénom de l'autre.
Ils finissaient par s'embrasser et se coucher l'un à côté de l'autre.
Un soupir de bien-être s'échappait alors de ses lèvres lorsqu'il la prenait dans ses bras.
« Je serai toujours auprès de toi… » disait-il.
Elle savait qu'il y serait.
Pour toujours.
Peu importe les médicaments qu'on lui donnait pour la soigner.
Peu importe les intraveineuses.
Elle savait qu'elle était folle, que tout ceci n'était que le fruit de son imagination mais elle ne voulait pas vivre autrement.
Pour rien au monde elle ne voulait guérir.
Elle était si bien avec lui.
A jamais emprisonné dans sa tête.
C'était sa place, elle en était convaincue.
Comme tous les jours depuis presque cinq ans, Edward passa les portes de l'hôpital psychiatrique de Port Angeles. L'effervescence liée à la beauté du jeune homme n'avait rien d'inhabituel mais il n'y prêtait guère attention. Il entendait les pensées licencieuses des infirmières et même de quelques infirmiers mais il passait outre.
C'était tous les jours la même chose de toute façon, il était habitué à les entendre dès que sa voiture franchissait le portail de l'hôpital.
Il avança d'un pas sûr, il savait où la trouver.
Il avait toujours su d'ailleurs.
Il n'avait jamais pu la quitter.
Il était resté tapi dans l'ombre quelques mois, pensant que l'état de Bella s'améliorerait avec le temps mais maintenant qu'il savait que jamais elle ne redeviendrait elle-même, il lui rendait visite tous les jours.
Secrètement il espérait qu'un jour elle guérirait et qu'il serait le premier qu'elle verrait. Il lui dirait alors tout ce qu'il s'évertuait à lui répéter depuis tant d'années et qu'elle n'avait jamais entendu.
Il se posta face à la fenêtre et posa ses mains sur les épaules frêles de la jeune fille assise sur le fauteuil.
Elle ne cilla pas, ce qui n'avait rien d'étonnant.
- Bonjour ma Bella, comment vas-tu aujourd'hui ?
Il soupira de tristesse. Même s'il savait qu'elle ne parlait plus, il était toujours déçu lorsqu'elle ne répondait pas.
De nombreuses fois, il avait songé à la mordre pour la transformer. Ses certitudes concernant son âme avaient été balayées d'un revers de la main lorsqu'il avait mis les pieds pour la première fois dans cet hôpital. Lorsqu'il avait vu l'immobilité de sa belle, il était allé derechef demander conseil à son père Carlisle. Ce dernier avait été plus que sceptique quant à la décision de son jeune fils. En effet, s'ils savaient de source sûre que le venin guérissait les blessures physiques, rien ne garantissait qu'il ait des effets bénéfiques sur les blessures psychologiques.
Il aurait été facile pour Edward de tester une transformation, les malades ne manquaient pas ici, mais il savait que ni sa famille, ni Bella ne lui pardonneraient un tel sacrifice.
Alors, comme tous les jours, Edward alla chercher une chaise pour s'asseoir à ses côtés et il lui prit la main.
Telle une statue grecque, il se figea à son tour.
Ses yeux vagabondèrent vers l'extérieur et il se concentra de toutes ses forces pour tenter de l'entendre.
Il pouvait lire dans les pensées de tous les gens qu'il croisait. Les pensées de Bella lui avaient toujours été inaccessibles mais il avait la certitude qu'en se concentrant suffisamment fort, en y mettant toute sa volonté, il parviendrait à entrer dans la tête de sa bien-aimée.
Il y mettait tellement de force et de conviction qu'il s'en serait donné mal à la tête si sa condition le lui permettait.
Malgré tous ses efforts, il n'y était jamais parvenu.
Seul le silence lui répondait.
Lourd et oppressant.
Terrifiant même.
Le silence du manque.
