HOLY SHIT CONTEST

Titre de l'histoire: La rondelle

Couples: Bella/Mike (OS humoristique, enfin j'ai essayé...)

Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie, seule l'histoire est créée par mes soins. Venez aussi découvrir le Forum Damn-Addict-Lemon à ce lien : damn-addict-lemon . forumgratuit . fr/ (enlever les espaces) sur lequel se feront les votes !

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Non mais à quoi je pensais au juste lorsque j'ai accepté ça ? Je suis plutôt une fille intelligente pourtant ! Qu'est-ce qu'il m'était passé par la tête hier ? Je n'avais pas bu, je crois que c'est ça le pire, j'étais en pleine possession de mes moyens. Mon esprit n'était pas embrouillé par une quelconque substance encore illégale à mon âge… Alors qu'est-ce que je fais là ?

Bon, l'idée de me faire dépuceler n'était pas mauvaise mais pourquoi a-t-il fallu que je le choisisse lui ? Non sérieusement, j'ai beau chercher, je ne vois aucune raison valable à ce choix…

Et lui qui s'acharne sur moi ! Mon dieu, faites que ça finisse je vous en prie ! Et je vais et je viens et je vais et je viens… Vas-y une bonne fois pour toutes qu'on n'en parle plus !

- Ca va Bella ? Me demande-t-il.

Non pas vraiment !

- Oui oui…

- Je ne te fais pas mal ?

Avec quoi ? Ton spaghetti ? J'espère sincèrement pour le bien de l'humanité toute entière que tous les hommes ne sont pas égaux sinon bonjour la frustration… Je me sens plus avec mes doigts que lui avec son truc ! Je n'ai jamais vraiment vu de sexe avant mais je connais les moyennes de longueur alors à moins qu'ils n'aient pris en compte que des acteurs de porno pour leurs statistiques, il est bien en dessous de cette moyenne… Quelques centimètres en moins et on aurait pu l'appeler madame !

- Non… continue…

- Tu aimes ?

Faudrait d'abord que je sente quelque chose…

- Bien sûr, ne t'arrête pas…

Et surtout finis vite !

Non, je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai accepté ça…

La veille :

Rosalie, Angela et moi étions dans ma chambre. Elles s'étaient données pour mission de m'aider à faire ma valise. Heureusement pour moi, j'avais prévu le coup et planqué la plupart des fringues que je savais qu'elles jugeraient « pas assez à la mode » ou « pas assez féminins » ou encore « pas assez classes ». N'ayant pas envie de me retrouver en sous-vêtements de dentelle ou de soie pour mon entrée en fac, j'avais préféré prévenir plutôt que de me guérir de la pneumonie !

- Bella, tu ne peux pas partir à l'université en étant toujours vierge ! me dit Rosalie tout en pliant une jupe relativement obscène avant de la ranger dans ma valise.

C'est pas vrai mais qu'est-ce qu'elle a avec ça ! Des jours et des jours qu'elle me tanne ! Qu'est-ce que ça peut bien lui faire d'abord !

- Selon qui Rosalie ? Le manuel de survie des trainées siliconées ? Le dévergondage pour les nuls ? Ou encore les étapes importantes de la vie en un coup ?

- Arrête un peu tu veux ! Ce n'est pas comme si je te disais qu'il fallait que tu te maries et que tu aies des enfants !

Elle s'attaque maintenant à mes pantalons. Mon jeans préféré passe entre ses mains, elle le tourne dans tous les sens et l'observe d'un œil critique. Elle finit par le jeter sur la pile « pas moyen d'aller à New York avec ça ».

- Encore heureux ! Non sérieusement Rose, c'est quoi ce truc sur la virginité à la fac ? Tu crois qu'ils vont me barrer l'entrée si j'ai toujours la rondelle ou quoi ?

Elles s'esclaffent. Je me lève et d'un air de défi, je récupère mon jean pour le plier dans ma valise.

- Moi ça ne me fait pas rire ! C'est quoi votre truc avec ça ? Je sais tout ce qu'i savoir sur le sujet et quand ça viendra, ça viendra !

- Le problème, me dit Angela d'une voix douce et calme, ce n'est pas la théorie Bella mais la pratique. Tu auras beau avoir des connaissances à en remplir un annuaire, tant que tu ne pratiqueras pas ça ne te servira à rien !

- Okay alors si je comprends bien, vous voulez que je prenne le premier péquenot du coin, que je l'attire dans un coin de ruelle pour le laisser faire son affaire c'est ça ?

- Non, tu es une jolie fille, tu peux choisir celui qui remplira cette mission ! Se moque Rosalie.

- Voilà qui change tout alors ! Dis-je ironiquement. Merci mais non.

- Allez Bella, elle a raison, m'explique Angie, tu ne peux pas aller à la fac avec… comment tu dis déjà ?

- Ma rondelle, me renfrogne-je.

- Oui ! C'est ça ! Ta rondelle ! La fac c'est définitivement sans rondelle !

Angie se lève et va rejoindre Rose devant mon placard. Elles me font face et je vois dans leurs regards qu'elles sont unies pour le meilleur et pour le pire afin d'accomplir la mission « déviergeons Bella ». Dans ces cas là, et peu importe mes arguments, je finis toujours par abdiquer. Je souffle et m'étale sur le lit.

- Tu sais qu'on a raison, me dit Rose en s'asseyant à mes côtés.

Je prends mon oreiller pour le plaquer sur mon visage et je crie de frustration tout en battant des pieds. Elles sont en train de me retourner le cerveau. Le lit bouge sur le côté signifiant qu'Angie nous a rejointes.

- Peut-être… dis-je à moitié étouffée par l'oreiller.

- On n'a pas entendu Bella.

D'un bond maladroit, je me redresse et leur fais face.

- Je suis d'accord…

Elles commencent à se lever et à crier victoire mais d'un geste du doigt je les stoppe et poursuis :

- A une condition et ce n'est pas négociable.

- Tant que tu me laisses virer ce jean hideux de la valise, tu peux demander ce que tu veux en ce qui me concerne. Toi Angie ?

- Tant que tu perds ta virginité et que tu ne recules pas devant le fait accompli, ça me va !

- Très bien ! De toute façon je n'ai qu'une parole. Je perds ma virginité demain soir après le bal, à la condition que plus jamais de toute mon existence vous ne vous mêliez de ma vie sexuelle.

Elles grimacent en chœur.

- A qui tu vas demander des conseils alors ? me demande Rose.

- Sauf si je vous demande votre avis. Alors ? Deal ?

- Deal !

- Deal !

On s'approche les unes des autres et on frappe dans nos mains une fois, on se retourne ensemble et on se donne un coup de cul pour sceller notre pacte.

Je crois que c'est ce moment qui marque le début de la fin… Enfin, c'était ce que je croyais avant que Rosalie ne parle :

- Etape n°1 du plan « Bella perd sa virginité », choisissons l'heureux gagnant !

On se retrouve toutes les trois à nouveau sur le lit. Elles sont aux extrémités tandis que moi je cale mon dos contre la tête de lit.

- T'as une idée Bella ? me demande Angie.

- Les seuls qui sont potables, ce sont James et Laurent vos petits-amis alors non, j'ai pas franchement d'idées…

- Il y a une quantité de choix possibles pourtant.

- C'est sûr pour ce qui est de la quantité, y a du choix ! En ce qui concerne la qualité, c'est plus restreint tout de même vous ne croyez pas ?

- Tu n'as personne en vue ? demande Angie.

- Vous le sauriez si tel était le cas… dis-je en secouant la tête négativement.

- Je sais que je ne l'aime pas particulièrement mais pourquoi tu ne demandes pas à Jacob ?

- Rose, c'est mon meilleur ami !

- Raison de plus, il te connait bien et puis ce n'est pas comme si vous alliez vous revoir dans un futur proche !

- Non c'est pas une bonne idée Rose, me sauve Angie. Imagine le malaise après… grimace-t-elle. J'en sais quelque chose, croyez-moi, je regretterai tous les jours de l'avoir fait avec Ben l'année dernière… On a fait que s'ignorer toute cette année et son amitié m'a beaucoup manquée. En plus, si c'est proportionnel à ses muscles, bonjour la douleur !

Elles rient ensemble alors que moi j'ai juste envie de mourir.

- Bella ? Ca va t'es toute pâle ? S'inquiète Rosalie.

- C'est juste que je n'avais pas pensé à la douleur… souffle-je.

- Oh ! S'exclament-elles ensemble.

Elles prennent une pause pensive. Moi aussi les idées se bousculent dans ma tête… Qu'est-ce qu'il m'a pris d'accepter de le faire comme ça… Il est vrai que ça fait un moment que ça me travaille et que j'y pense mais j'aurais préféré que ma première fois ne soit pas un vulgaire plan en je ne sais combien d'étapes. Je soupire.

- Je sais ! Finit par dire Rose. Tu n'as qu'à choisir un puceau comme ça, ce sera l'affaire de quelques minutes tout au plus !

- Pour une fois, je trouve ton idée plutôt intelligente, lui réponds-je.

- Ok… elle fronce les sourcils et se concentre. Je vais choisir d'ignorer le sous entendu que tu viens de faire mais ne t'avise pas de recommencer ! Me menace-t-elle en agitant son index devant mes yeux.

- Aujourd'hui ? Questionne-je d'une toute petite voix.

Un regard plus tard et je suis foudroyée sur place. Je me tasse le plus possible sur le lit, empoignant l'oreiller. On ne sait jamais, j'en aurais peut-être besoin plus tard pour me défendre.

- Stop les filles ! C'est une bonne idée Rose. Un puceau c'est le mieux. Je propose qu'on en choisisse un chacune et après on tire à la courte paille !

- Vous avez échangé vos cerveaux avant de venir ou quoi ? Pas moyen que je me fasse tirer par celui qui aura la plus courte paille !

Elles se mettent à pouffer de concert.

- Effectivement, vu comme ça ! dit Angie entre deux gloussements.

Pour la peine, je lui balance mon oreiller à la figure.

- Hé ! S'insurge-t-elle.

La suite des événements est somme toute logique… Angie se rebiffe et me renvoie l'oreiller que j'esquive dans une grâce toute relative. L'oreiller atterrit bien évidemment sur Rose qui n'a pas le temps de réagir. Un sentiment de peur s'empare d'Angie et moi. Nous nous regardons extrêmement craintives de la réaction de Rose. Cette dernière empoigne l'oreiller et nous observe, une lueur vengeresse dans les yeux.

- Oups… tente Angie tout en levant les épaules et penchant la tête.

J'essaie de ne pas exploser de rire en voyant le regard furieux de Rose et la mine déconfite d'Angie mais rien n'y fait et je m'étouffe presque en lâchant un son rauque du fin fond de ma gorge.

Angie me fait un sourire victorieux lorsqu'elle prend conscience que le regard haineux de Rosalie m'est finalement destiné. Cette dernière est la spécialiste quand il s'agit de souffler le chaud et le froid. Elle sait parfaitement s'y prendre avec les hommes et peut manipuler les femmes quasiment de la même façon et ce, sans aucun effort particulier. Elle sait se montrer tendre et douce tout aussi bien que glaciale et hautaine. Elle a vécu un véritable traumatisme par le passé et se protège toujours avec les personnes qu'elle ne connait pas. Je sais qu'elle n'est pas mauvaise même si à l'heure actuelle des choses, son regard bleu glacial me congèle sur place, je sais que je n'ai pas grand-chose à craindre d'elle. Malgré ce qu'elle montre et qui me donne envie de m'enfuir à l'autre bout du pays, elle a une folle envie de rire aussi. Je suppose qu'elle le cache comme beaucoup de choses afin de garder cette espèce d'image de reine des glaces qu'elle s'est fabriquée en protection.

Je tente mon sourire le plus tendre, et probablement le plus affligeant de tous les temps. Son corps se détend imperceptiblement, je veux qu'elle lâche prise et qu'elle s'abandonne dans l'insouciance de l'instant, qu'elle veuille bien arrêter de tout contrôler et qu'elle se laisse enfin aller.

Depuis qu'elle est amie avec nous, on a pu voir du changement dans ses réactions et son comportement mais dès qu'il s'agit de se comporter en adolescente insouciante et débile, elle a encore du mal.

Je redoute sa réaction mais un sourire perfide fait trembler ses lèvres parfaites tandis qu'elle jette le coussin dans ma direction. Je suis tellement étonnée de sa réaction que je ne prends même pas la peine d'esquiver. Il m'arrive inévitablement en pleine poire et je recule sous l'assaut. Mes pieds s'emmêlent dans le tapis et je finis au sol, sur le cul et d'une manière très peu élégante. Toujours sous le choc de la réaction pour le moins inattendue de Rose, je ne bouge pas.

Je suis allongée sur le sol, le tapis recouvre une partie de mes jambes et le coussin est sur ma tête mais ça ne m'empêche pas d'entendre Angie hurler :

- BATAILLE !

Et c'est ainsi que mes deux meilleures amies me sautent dessus pour une séance intensive de chatouilles. Rose s'attaque à mes côtes tandis qu'Angie tente d'atteindre mes dessous de bras. Je me débats inutilement, à deux sur moi je n'ai aucune chance… mes pieds battent le sol tandis que je tente de retenir le plus longtemps possible mes éclats de rire. Si je ne ris pas, elles vont finir pas s'arrêter non ?

Mais je suis juste Bella… et d'aussi loin que je m'en souvienne, je n'ai jamais eu de chance ! Leurs attaques se font plus pressantes et j'éclate de rire tout en me tortillant dans tous les sens. J'ai du mal à respirer, je suis à la limite de suffoquer à cause du coussin toujours sur ma tête.

- Pitié arrêtez ! Supplique-je.

J'arrive à force de me tortiller à sortir de l'enchevêtrement de nos jambes et nos bras. J'attrape furieusement le coussin.

- VENGEANCE ! Hurle-je tout en le balançant à la figure d'Angie sans pour autant le lâcher.

Je continue en tournant sur moi-même afin d'asséner la même punition à Rose qui suffoque sous le coup de la surprise. Nous ne sommes plus que cris et rires. Angie attrape une peluche ridicule, un ours avec un cœur plus gros que lui où est inscrit un « just for you » que Tyler avait cru bon de m'offrir pour la saint valentin l'année dernière et m'attaque avec. Je me demande tous les jours pourquoi je l'ai gardé… Quant à Rose, elle empoigne ma couette et tente de me recouvrir avec mais je me débats toujours, mon oreiller en bouclier.

La porte de ma chambre s'ouvre en un fracas assourdissant, mettant fin à nos attaques respectives.

- Bordel les filles ! Je croyais que vous vous faisiez attaquer ! Rit mon père.

Charlie est dans l'encadrement de la porte, arme au point, qu'il s'empresse de ranger dans son holster dès qu'il se rend compte que nous ne craignons rien.

Les filles et moi nous regardons, légèrement honteuses. Nos cheveux sont en bataille sur nos têtes, nos respirations sont haletantes et nos joues sont rouges écrevisses. Mon père nous dévisage, secoue la tête en soufflant et murmurant je ne sais quoi à propos d'élever une adolescente et les risques que ça comporte puis il tourne les talons et referme la porte derrière lui.

Nous éclatons de rire en nous affalant toutes trois sur mon lit.

- Il te faut quand même faire un choix Bella, me dit Rose après avoir repris son souffle.

- Je sais…

- Que penses-tu de choisir le premier gars qui t'invitera à danser ? demande Angela.

Je réfléchis un instant. C'est vrai que laisser faire le hasard est une bonne idée mais étant donné ma malchance légendaire, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne solution… En même temps, je suis dans l'incapacité de faire un choix car il n'y en aurait aucun de bien judicieux.

Forks étant une ville minuscule, je connais tout le monde. J'y habite depuis ma plus tendre enfance alors je connais leur passé et j'entrevois même certains futurs. Je connais également leurs secrets. Je sais par exemple que le vibro de Jessica se prénomme Robert, en hommage à l'acteur. Le pauvre, s'il savait ! Tout comme je sais que Tom préfère les hommes ou que Lauren est toujours vierge malgré ce qu'elle raconte à qui veut l'entendre. De la même façon que je sais que mon cher père fricote avec Sue Clearwater et que mon meilleur ami Jake est fou amoureux de Léah, la fille de cette dernière…

Et bien d'autres secrets beaucoup plus inavouables…

Je souffle un bon coup, me rendant finalement à l'évidence. Je connais trop bien tous les gars du lycée pour en choisir un plus qu'un autre.

- ok… laissons faire le hasard dans ce cas mais je me réserve le droit d'en refuser, on ne sait jamais…

Une fois de plus, pour sceller notre pacte, on tape dans nos mains et on entrechoque nos fesses les unes contre les autres.

Voilà le deal…

Voilà pourquoi j'en suis là maintenant…

A l'arrière d'une camionnette pourrie aménagée avec des goûts douteux. Des coussins, dont les couleurs ne sont pas sans rappeler les crises de gastro aiguës, sont posés sur les côtés. Il y a des affiches de films scotchées sur la carrosserie. Des films dont je n'ai jamais entendus parler mais je suppose que le fait que les acteurs soient nus doit en être la raison… je ne parlerai même pas de l'odeur… Un mélange de sueur, de sexe et de parfum bon marché… J'ai l'impression d'être dans une espèce de garçonnière secrète… C'était définitivement un secret sur le garçon qui s'acharne toujours sur moi et en moi que je ne connaissais pas et que j'aurais préféré ne jamais connaître…

Qui aurait cru que le lycéen modèle qu'il était possédait un matelas à l'arrière de sa voiture… pas moi en tout cas… Je n'aurais jamais pu m'en douter, comme le fait qu'il n'était visiblement plus puceau…

Il n'avait pas été le premier à me demander une danse ce soir… Non, le premier était Tom… Tom qui avait un penchant non avoué et non avouable pour Tyler… Aucune chance – étonnant venant de moi non ? – que j'arrive à le faire bander un jour…

Il n'avait pas non plus été le second… Non, le second avait été Jacob. Le connaissant parfaitement, je n'avais aucun doute sur le fait qu'il aurait pu remplir cette mission spéciale qui était de me faire péter la rondelle mais je ne pouvais décemment pas lui demander une telle chose… J'avais bien trop peur de le perdre pour ça.

Il n'avait pas non plus été le troisième… Après Jake, son cousin Sam avait pris le relais dans un slow langoureux. Ses mains avaient malencontreusement – enfin, ça reste encore à prouver – franchis le creux de mes reins pour caresser le haut de mes fesses. J'avais également pu profiter du renflement qu'avait fait son entre-jambe sur mon bas ventre… Il aurait pu être un bon choix s'il n'avait pas eu quatorze ans…

Non, Mike n'avait ni été le premier, ni le second, ni le troisième mais bien le quatrième… A ce niveau là, ce n'était plus un choix mais une fatalité !

Je crois que le moment le plus embarrassant avait été de lui faire des avances… Définitivement pas mon moment de gloire…

- Un deal est un deal, m'avait murmuré Rose au creux de l'oreille avant que Mike ne m'entraîne sur la piste de danse.

Je ne pense pas avoir jamais atteint un tel degré de haine à l'encontre de quelqu'un… Ou peut-être je me déteste encore plus d'avoir passé ce stupide deal avec elles ?

Toujours est-il que je danse, sans vraiment m'en rendre compte, avec Mike Newton. L'intello boutonneux de ma promotion. Le premier de la classe, le cliché même du geek et même peut-être sa caricature… manque plus que les lunettes cul de bouteille pour compléter le tableau !

Les cheveux d'une couleur assez indéfinissable, ni blonds ni bruns, mais gras sans aucun doute et gominés-plaqués-collés sur le crâne, les boutons qui ne demandent qu'à m'exploser à la figure au moindre de ses sourires, la mauvaise haleine et un œil qui dit merde à l'autre…

La chance ? Connais définitivement pas… Elle me fuit depuis toujours… Pourquoi ? Qu'avais-je bien pu faire dans une autre vie pour avoir un tel karma ?

Mike et moi dansons lentement, ses mains sagement – dieu merci – posées sur le bas de mon dos. Je grimace à chaque fois que ses pieds écrasent les miens, ça fait trois fois maintenant… A la quatrième je lui enfonce mon talon aiguille dans les orteils histoire qu'il goûte à sa propre médecine !

- Tu sens divinement bon ! murmure-t-il tout en me reniflant les cheveux.

Je frissonne de dégoût. Dans quoi me suis-je fourrée ?

- Merci Mike.

- Tu sais, j'ai toujours voulu te prendre dans mes bras, ce soir est définitivement mon jour de chance !

Au moins certains en ont... de la chance…

Bon, quand faut y aller, faut y aller ! Courage Bella, respire !

- Tu ne voudrais pas poursuivre cette conversation dans un endroit plus… intime ? Lui demande-je en faisant parcourir mes doigts sensuellement – enfin j'essaie – sur son torse.

Il se tend pour m'observer.

- Tu es sérieuse ?

Non, juste désespérée…

- Bien sûr ! Minaude-je tout en battant des cils.

Plus pathétique je meurs…

- Viens.

Il me prend par la main et me tire jusqu'à l'extérieur. Il nous dirige vers le parking. J'aurais vraiment voulu m'enfuir à l'opposée de la direction qu'il prenait mais Angie et Rose nous observe, veillant sûrement à ce que je tienne parole.

Un deal est un deal… je crois que si j'arrive à aller jusqu'au bout, je négocierai avec Rose pour changer mon jean préféré de pile. Il faudrait que je sois hautement récompensée pour ce que je m'apprêtais à faire… enfin non, plutôt récompensée de m'apprêter à le faire avec lui!

Il ouvre l'arrière de sa camionnette et m'invite à pénétrer dans son antre. Il a un sourire satisfait sur le visage, le genre de sourire qui dit « ce soir je suis chanceux ». C'est bien ma veine…

- Ne t'en fais pas, j'ai de l'expérience, je serais doux.

Je crois que je bugge. Il a de l'expérience ? D'où ? Comment ?

- Contrairement à ce que vous pensez tous, je ne suis plus puceau depuis longtemps, m'explique-t-il en réponse à mon air incrédule. Ferme la bouche Bella, ce n'est quand même pas si difficile à croire !

Il se met à rire. J'inspecte les alentours, tentant de me reprendre. Effectivement, ça ressemble plus à un lieu de débauche qu'à un lieu d'étude… Il faut croire que malgré la petitesse de Forks, certains secrets sont mieux gardés que d'autres…

Avec sa main, il vient pour me faire tourner la tête. Ses lèvres et sa langue commencent à me violer la bouche. Voyant que je ne réagis pas, il recule et me demande :

- Ce n'est pas ce que tu veux ?

Plutôt que de répondre verbalement, au risque de l'insulter avant de prendre mes jambes à mon cou, je lui retourne le baiser.

Voilà comment j'en suis là…

Lui sur moi…

Lui en moi…

Il a une sacrée endurance quand même…

Combien de temps ça fait qu'il va et vient comme ça ?

Discrètement, entre deux gémissements feints de ma part, je lève mon bras et regarde ma montre. Dix minutes… Ca passe vraiment pas assez vite !

Sa respiration s'accélère, il marmonne et geint.

- J'y suis presque Bella ! Putain c'est si bon ! Tu es si serrée !

En réponse, je simule un « mmmmmhummmmm »… Faites qu'il ne s'en rende pas compte, que surtout ça ne le freine pas…

- Je vais… je vais… OH MON DIEU BELLA !

Dans un dernier va et vient, son corps tout entier se met à trembler. Ses yeux sont mi-clos et son visage se tord en une expression assez bizarre. Il a l'air tendu et détendu en même temps… C'est à ça que ressemble un homme quand il jouit ? Pas très sexy…

Il finit par s'affaler dans mon cou, haletant et suant. Quelle horreur !

Je le repousse gentiment pour ne pas le froisser mais là, il faut que je m'en aille et vite !

Je remets mon soutien-gorge et rabaisse ma robe. Est-il normal qu'il n'ait même pas pris la peine de l'enlever ? C'est affligeant…

Je regarde ma montre à nouveau : 15 minutes… Préliminaires compris… Il a peut-être de l'expérience mais il a définitivement beaucoup de choses encore à apprendre sur les femmes…

- Merci Bella… souffle-t-il alors que je viens de mettre la main sur la poignée.

Je me retourne vers lui, il est en train de se débarrasser du préservatif. Il semble déçu et ne ressemble en rien au geek boutonneux. On dirait un homme, un homme blessé dans son orgueil.

- Merci Mike… je suis désolée de m'être servie de toi comme ça…

Il me sourit, il sait que je suis sincère et que je ne suis pas ce genre de fille.

- Je sais… J'espère juste que tu as pris un peu de plaisir malgré tout.

Pas vraiment mais ça aurait sûrement pu être pire je pense… Je n'ai pas eu mal, c'est une bonne chose déjà non? Et puis, l'essentiel c'est que je n'ai pas été dégoûtée et que je serais sûrement bientôt prête à recommencer! Bon, pas avec lui c'est certain...

Je hoche la tête, peu encline à lui mentir et sors rejoindre mes amies dans la salle. Je n'ai pas vraiment envie de m'attarder au bal mais je n'ai pas d'autres moyens de rentrer étant donné que c'est Angie qui nous a amenées.

Rose me saute dessus à peine les portes franchies :

- Alors ?

Elle me sourit dans l'expectative de ma réponse. Angie nous rejoint en sautillant.

- Je veux une preuve ! me dit cette dernière.

J'ai envie de rire mais je veux les faire marcher encore plus :

- Que veux-tu Angie ? Tu veux qu'on fasse comme au Moyen-âge et que j'affiche à la vue de tous un drap ou une culotte ensanglantés ou quoi ?

Elles grimacent de dégoût en chœur. Finalement, elles ne marchent pas, elles courent !

- J'imagine que non… souffle Angie.

- Ca tombe bien alors parce que je n'ai plus ma petite culotte !

Je dis cela nonchalamment tout en me retournant vers les portes de la salle. Je sors et je les entends me suivre sur le parking. Mes dernières paroles semblent faire leur chemin dans leur cerveau, enfin, dans celui d'Angie en tout cas car elle s'exclame :

- Plus de rondelle ?

Cette fois-ci, je ris de bon cœur.

- Plus de rondelle !

Elles m'attrapent par le bras et m'obligent à me retourner vers elles. Nous rions ensemble tout en nous étreignant.

En route pour la fac, en route pour New York… Et avec mon jean fétiche, sans aucun doute !