scorose.L0ve: Merci beaucoup ! C'est vrai que Rose représente un peu l'adolescence sous un certain aspect, mais elle est surtout très attachante et j'adore ce personnage. Et oui les courts extraits mettent l'eau à la bouche et ça m'aide aussi à avoir l'inspiration. J'espère que tu vas adorer autant ce chapitre et les suivants. A bientôt!
HibouPostale: Et oui tel père tel fils quoi que Scorpius est plus sympathique quand même, du moins avec Rose, que ne l'est son père. Rose est étonnante mais attachante. Merci encore pour ta review!
L'homme a la barbe revient, accompagné d'un grand homme en costume-cravate qui ne peut être que le directeur du pensionnat. Carrure imposante, cheveux noirs impeccablement coiffés, lunettes carrés à la McGonagall, il a le profil parfait pour diriger un établissement scolaire.
''Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, bonjour, soyez la bienvenue au Pensionnat de la Marguerite. Je suis Georges Beugnon, le directeur.''
Il possède une grosse voix à la Danton et semble clairement à l'aise lorsqu'il s'agit de faire un discours en public.
''Je vais commencer d'abord par m'adresser à vous, les parents. Je voudrais vous remercier chaleureusement de la confiance que vous placez en nous et notre école pour y avoir choisi de confier vos enfants…''
''Tu parles !'' pense amèrement Rose. ''On m'aurait envoyé à Azkaban, ça aurait été pareil.''
Un regard envers Scorpius Malefoy chasse aussitôt cette sombre pensée. Elle se sent genre Helga Pataki avec Arnold.
''Et ici, vos enfants seront encadrés, guidés, surveillés pour qu'ils aient les meilleurs résultats. Le travail seul est la clé de la réussite. Pour les aider, ils seront suivis très attentivement par le surveillant général qui est ici même à côté de moi. Laissez-moi vous présenter mon collègue dévoué depuis vingt ans, Charles Lagrogne.''
''Lagrogne… un nom qui lui va à ravir,'' pense Rose.
Quelques applaudissements polis pour Lagrogne, dont Astoria Greengrass, laquelle ignore le regard mécontent de son mari. Une fois le silence revenue, Mr Beugnon reprend.
''Pendant cette année, les élèves suivront des méthodes scolaires uniques, que l'on pourrait qualifier de plus souple par rapport à la normale. Mais pour autant, comme je l'ai dit à l'instant, sans des efforts et des volontés de travail, les chances de réussir sont nuls. Nous ferons tout pour que vos donnent le meilleur d'eux-mêmes et quittent le pensionnat à la fin de l'année avec la fierté de la réussite en tête. Mais trève de paroles, je vous laisse maintenant dix minutes libres et ensuite, chers parents, il vous faudra faire vos adieux à vos enfants.''
C'est le moment que choisissent Drago et Ron pour se confronter, au grand dam de leurs épouses qui, l'une comme l'autre, auraient préféré que les deux familles s'évitent. Profitant que leurs pères soient occupés à se défier du regard comme deux boxeurs sur un ring, Rose et Scorpius se regardent pour la première fois.
On aurait dit qu'ils venaient d'être hypnotisés. Ce n'est pas un regard ordinaire que s'échangent les deux adolescents. Les yeux noisettes de Rose, exactement semblables à sa mère, brillent d'un éclat lumineux qu'on a encore jamais vu chez elle. Scorpius affiche un grand sourire qu'on ne lui connait pas et il ne se souvient pas d'avoir contemplé plus belle image que cette belle jeune fille de quinze ans aux longs cheveux roux ébouriffés. Ils seraient restés ainsi à se regarder si les paroles échangés par les pères ne les avaient pas ramené à la réalité.
Rose est d'autant plus émerveillée que, jusque-là, elle évitait soigneusement les garçons, qu'elle trouvait particulièrement stupide. Mais lui... c'est une exception. C'est la première fois que Rose est aussi attirée par le sexe opposé.
''Bonjour, Malefoy.'' dit Ron en regardant Drago comme s'il s'agissait d'une limace dégoûtante.
''Bonjour, Weasley. C'est un « plaisir » que de te revoir.''
''Et moi donc. On ne s'est plus revu depuis combien... quinze ans ?''
Drago a travaillé autrefois, comme beaucoup de sorciers britanniques, au Ministère puis a démissionné pour ouvrir une boutique de Potions dans l'Allée des Embrumes, un an avant la naissance de son fils. C'est là qu'il a retrouvé son ancienne camarade de Poudlard, Astoria Greengrass avec qui il vit depuis. Les Weasley, surtout Ron et Hermione, ont toujours soigneusement évité de s'approcher du magasin.
''Alors comme ça, Malefoy, ton fils est inscrit ici. J'imagine qu'il a voulu faire le malin s'il s'est fait renvoyer.''
''Et toi alors ? Depuis quand un Weasley est inscrit dans une école moldue ? Remarque, quand on voit qui elle a comme mère…''
''Attention, Drago,'' prévient Ron. ''Ne joue pas à ce jeu-là sinon…''
''Sinon, tu vas me frapper ? Oserais-tu imiter ton père comme il y a trente ans ?''
Ron est cramoisi. C'est bien le genre de Drago Malefoy de ramener à la surface un aussi vieux souvenir.
''Mais au fait, Weasley, je me suis toujours demandé un truc,'' reprend Drago avec un large sourire. ''Je croyais que Granger sortait avec Potter. Je me rappelle bien des allusions de Rita Skeeter à ce propos.''
Ron et Hermione savent qu'il dit cela seulement pour les provoquer. Elle lui répond :
''Tu te trompes, Malefoy. Harry n'a jamais été mon petit ami. Rita Skeeter n'était qu'une sale menteuse qui ne racontait que des horreurs. Harry a toujours été comme un frère. Celui dont je suis amoureuse depuis toujours, il est là en face de toi.''
Drago ricane. Pendant qu'ils discutent, Rose et Scorpius les observent en silence, visiblement intrigués. Les pères semblent avoir momentanément oublié leur présence.
''Je vois. Mais après tout, ce n'est pas étonnant. Qui se ressemble…''
''Drago, s'il te plaît…''
Ron et Hermione ne connaissent que très peu Astoria, juste qu'elle était à Serpentard et faisait partie de ceux qui menaient la vie dure à Harry. Mais comme Hermione, elle estime qu'une querelle entre deux sorciers ennemis depuis trente années n'a aucun intérêt.
''Désolé, chérie,'' dit Drago qui n'a pas l'air désolé du tout. ''C'est juste que je n'arrive toujours pas à croire qu'on revoit ces gens-là. Et au fait, que deviens ce cher Harry ?''
Pour lui avoir sauvé la vie à plusieurs reprises, Harry Potter est la seule personne que Drago n'a jamais osé se moquer ou critiquer depuis la Victoire du 2 mai 1998.
''Si tu veux tout savoir, il travaille comme Auror, il est marié à ma sœur et ils ont trois enfants,'' répond Ron avec un air sombre car il sait bien là aussi que Drago a posé une fausse question. ''Tu veux peut-être que je lui passe le bonjour de ta part ?''
''Merci, Weasley mais ce ne sera pas nécessaire,'' réplique Drago. ''Bref, j'imagine que nous n'avons pas le choix. Mais si j'apprends que mon fils fricote avec… cette fille…''
''Drago !'' dit Astoria avec un air de reproche.
''Pas de ça dans la famille, Astoria !'' lance sèchement Drago.
''Et chez nous non plus !'' réplique Ron. ''Bon, chérie, on va aller dire au revoir à Rose. Il vaut mieux que j'arrête de discuter avec ce mec-là, autrement je risque de devenir fou.''
''Tu n'es pas le seul, mon cher Weasmoche,'' ricane Drago.
Les pères continuent de se défier du regard, sous les yeux désapprobateurs des mères et inquiets des enfants. Enfin, la voix de Mr Beugnon met un terme à la querelle.
''Bien. Chers parents, dites au revoir à vos enfants, il va être temps pour vous de partir.''
Ron profite de l'occasion pour tourner le dos aux Malefoy et arracher Rose de Scorpius. Elle se laisse faire, elle pourra le retrouver après sans la gène des parents. Ron se met aux genoux de sa fille et dit :
''Bon courage, Rose. S'il te plaît, sois sage et travaille et tout ira bien. Je sais que tu n'as pas envie…''
''Ron !''
''Oui, désolé, Hermione. Donc oui, travaille, obéit et tout ira bien.''
''Oui, d'accord, papa,'' dit Rose, un peu exaspérée.
Hermione verse autant de larmes d'émotions que le jour où elle a accouché de Rose. Elle serre étroitement sa fille contre elle.
''Bon courage, ma chérie. Ne t'en fais pas, tu vas y arriver, tout ira bien.''
''Maman… tu… m'étouffes…''
Hermione la relâche et lui donne un gros baiser sur le front.
''Tout ira bien, ma chérie. Pense à nous écrire.''
''Tous les jours, promis.'' promet Rose tout en se disant qu'elle ne tiendra pas parole.
A côté, Astoria est aussi émue par les adieux avec son fils. Drago un peu moins mais il ne semble pas moins peiné, ce qui vaut un commentaire de Ron que personne n'entend :
''C'est bien la première fois que Drago montre qu'il a un cœur.''
Lagrogne rouvre la porte d'entrée pour faire sortir les parents. Avec des signes d'adieu de la main, les Weasley et les Malefoy quittent le pensionnat, les larmes aux yeux pour les femmes. Lorsque tous les parents sont sortis, Lagrogne referme la porte et rejoint le directeur. Tous deux font face aux élèves. Rose s'empresse de se mettre à côté de Scorpius. Elle meurt d'envie de lui prendre la main mais n'ose pas, c'est encore trop tôt. Scorpius est soumis à la même tentation.
''Bien. Vous voilà désormais des élèves du pensionnat de La Marguerite à part entière. L'aventure pour vous commence maintenant. Avant de vous conduire à vos dortoirs, je laisse la parole à monsieur le surveillant général.''
Rose remarque qu'une fille blonde avec un ventre si gros qu'on pourrait croire qu'elle attend un bébé regarde Scorpius avec intérêt. Elle classe immédiatement cette fille comme une ennemie jurée, même si Scorpius ne lui prête aucune attention.
''Je vais vous citer quelques points importants du règlement intérieur,'' dit Lagrogne d'une grosse voix de buffle qui va de paire avec sa tête d'œuf. ''Le respect de ce règlement est impératif. Toute infraction sera lourdement sanctionnée… ça vous fait rire, monsieur ?''
Scorpius n'a pu retenir un petit ricanement. Il s'efforce de ne pas ciller sous le regard de taureau que lui jette Lagrogne.
''C'est rigolo ce que je dis, monsieur ?''
''Non, monsieur,'' dit Scorpius d'une fausse voix innocente.
''Quel est votre nom, jeune homme ?''
''Michael Jackson.''
Tous les élèves éclatent de rire mais Lagrogne lui n'a aucune envie de rigoler.
''Vous voulez jouer à ça ? D'accord. Venez tout de suite dans mon bureau.''
Et sous le regard perçant de Mr Beugnon et ceux inquiets des élèves, Lagrogne saisit Scorpius par le bras et l'emmène de force dans une petite salle à gauche de l'entrée intérieure, son bureau.
''Si jamais tu oses lui faire du mal…'' pense Rose en brandissant le poing vers Lagrogne.
Scorpius est habitué à pareille situation. Il a été convoqué dans le bureau du directeur de Durmstrang plus souvent que tous ses camarades d'école réunis. Ici, il vient assurément de battre un record : on n'a jamais vu un élève être envoyé dans le bureau d'un surveillant aussi rapidement.
''Bien. Je ne vous demande pas votre nom, jeune homme, je sais maintenant qui vous êtes. Scorpius Malefoy. Mr Karkaroff, un collègue qui dirige un pensionnat au Nord du pays, m'a beaucoup parlé de vous.''
''Oui, monsieur,'' répond Scorpius, s'efforçant de rester poli.
''Je vous préviens, Mr Malefoy, nous allons vous avoir fortement à l'œil. Et si vous commettez la moindre faute, vous serez cuit. Maintenant, fichez-moi le camp et allez rejoindre vos camarades.''
Rose est grandement soulagée lorsque Scorpius vient la rejoindre et lui chuchote à l'oreille :
''Je n'ai pas eu de sanction.''
''Bien. Je disais donc, avant d'être interrompu,'' reprend Lagrogne, ''quelques règles très importantes à suivre : le dortoir des garçons est au deuxième étage, celui des filles au troisième. Il est STRICTEMENT INTERDIT de se rendre visite aux dortoirs aux heures non-autorisées. Les repas devront être finis jusqu'à la dernière miette. Après le dîner le soir, chacun ira à son dortoir et dès lors AUCUNE SORTIE ne sera permise. Le réveil se fera chaque matin à sept heures et les cours s'étaleront de huit heures trente à seize heures du lundi au vendredi. Aucun retard ne sera toléré. Voilà, c'est à peu près tout, je vous remercie.''
Rose ne s'est pas trompée en pensant qu'elle aura du mal à s'entendre avec Lagrogne. Le règlement lui apparait d'une sévérité accablante.
''Bien. Maintenant, vous allez par groupe monter dans vos dortoirs. Je m'occupe des garçons et mademoiselle Biglotte, qui nous rejoint à l'instant, va mener le groupe des filles.''
Une dame replète aux longs cheveux blonds rejoint Lagrogne et Beugnon.
''Les filles, mettez-vous en rang,'' ordonne-t-elle.
La grosse blonde et quelques-unes de ses copines poussent volontairement les autres pour être devant. Étrangement, Mlle Biglotte fait mine de ne rien remarquer. Rose, qui aurait préféré rester avec Scorpius, se met au fond du rang à côté d'une grande brune timide. Toutes deux désirent avant tout ne pas se faire remarquer.
Rose, qui est habituée aux escaliers mouvants de Poudlard qui n'en font qu'à leur tête, se surprend à constater que ceux du pensionnat sont totalement immobiles. De même pour les portraits accrochés aux murs et dont les personnages ne font pas le moindre mouvement. Bien entendu, pour avoir suivi le cours d'Étude des Moldus, ces détails-là ne lui sont pas inconnus mais à voir en vrai, cela lui fait bizarre. Elle s'abstient d'en faire la remarque à voix haute. Il va sans dire en effet que personne ne doit savoir qu'elle est une sorcière.
Le dortoir des filles est un grand couloir en rectangle composé de trois chambres de quatre lits. A côté de chaque entrée une grande armoire pour ranger les affaires tels que les vêtements. Mlle Biglotte fait aligner les filles en rangée avant d'annoncer :
''Bien. Je vais maintenant annoncer la composition de chacune des chambres. Chacune d'elle est représentée par une couleur. Quand j'appelerai votre nom, vous irez dans votre chambre et commencerez à ranger vos affaires. La chambrée bleue : Belinda Blondel, Aline Petitpois, Amélie Vadot et Rose Weasley.''
Rose réalise avec horreur qu'elle va partager sa chambre avec la grosse blonde, la dénommée Belinda Blondel. La fille brune et timide, qui s'appelle Amélie Vadot sera également sa camarade de chambrée. Génial, ça promet une sacré cohabitation… Résignée, Rose prend sa lourde valise et s'apprête à entrer mais la blonde passe devant elle comme s'il s'était agi d'un portemanteau.
Rose ouvre sa valise et commence à sortir ses affaires quand Belinda, qui a prit le lit à l'autre bout, la prend à partie.
''Toi, je te préviens tout de suite. Le blond il est pas pour toi, il est pour moi.''
''Qu'est-ce que tu dis ?'' demande Rose sur la défensive, sachant qu'elle est à peu près quatre fois plus costaud qu'elle.
A l'autre bout, la brune prend bien soin de tourner le dos, comme si elle avait peur que Belinda s'en prenne aussi à elle.
''Tu m'as bien compris, la rousse. Le blond, je le garde pour mon quatre heures.''
''Ça te va bien de dire ça.''
''Pardon ?''
''Rien.''
''Et pour la petite histoire, mon nom est Belinda Blondel et ici, tout le monde me respecte.''
''Je comprends pourquoi.''
''Et toi, c'est quoi ton nom ?''
''Gertrude la verrue, enchantée de te connaitre,'' dit Rose qui a hâte d'en finir. ''Bon, ça te dérange pas de me laisser ranger mes vêtements ?''
Belinda affiche un sourire méprisant et s'éloigne pour aller vider sa propre valise.
''Si elle veut la guerre celle-là, elle l'aura,'' pense Rose. ''Elle ferait mieux de faire un régime avec son estomac d'éléphant.''
Une fois les valises vidées et les affaires rangées, les filles sont autorisées à descendre en attendant le dîner. Envoyant les menaces de Belinda au diable, Rose se met en quête de Scorpius et le repère au moment où celui-ci descend l'escalier de son côté. Ils s'échangent un grand sourire et s'éclipsent discrètement parmi la foule d'élèves. Rose aurait juré avoir aperçu brièvement Belinda brandir le poing mais fait mine de n'avoir rien vu.
Rose et Scorpius jettent un coup d'œil et repèrent un grand arbre en fond de cour. Ils s'y réfugient, voyant là un endroit parfait pour discuter tranquillement.
Il leur faut cinq bonnes minutes pour lancer la conversation, chacun semblant trop timide. Pour Rose, cela n'a rien de nouveau. Elle a toujours été très mal à l'aise avec les garçons. Finalement, elle tente un faible :
''Salut.''
''Salut. Alors, tu t'appelles Rose, c'est bien cela ?''
Sa voix encourageante donne assez de motivation à Rose pour répondre :
''Oui, c'est elle, je veux dire, c'est moi.''
''Je m'appelle Scorpius Lucius Malefoy.''
''Rose Sophie Weasley. J'ai le prénom de ma grand-mère maternelle,'' dit Rose, ne trouvant rien de mieux à dire.
''Moi celui de mon grand-père paternel,'' répond Scorpius d'une voix faible, comme s'il eût préféré ne pas en parler.
''Pourquoi tu n'étais pas à Poudlard ?'' demande Rose qui a toujours voulu la réponse à cette question qui la turlupine depuis quatre ans.
''Mon père m'a dit qu'il ne voulait pas que je suive ses traces mais je sais que c'est faux,'' réplique Scorpius qui ne semble pas très enthousiaste à l'idée d'aborder ce sujet. ''En réalité, c'est pour éviter que…''
Il se tait. Il allait dire « pour éviter de fréquenter des racailles comme les Weasley » mais la dernière chose qu'il souhaite est de blesser Rose en raillant sa famille.
Comprenant son désarroi, Rose change rapidement de sujet.
Elle n'arrive toujours pas à croire qu'elle lui parle. Son coeur bat plus fort que jamais. Avec ses cheveux roux, elle a l'air en feu.
''Pourquoi est-ce qu'on t'a renvoyé?'' demande Rose avant de le regretter, pensant la question trop indiscrète mais Scorpius ne parait pas offensé.
''Parce que je passe mon temps à faire des conneries,'' répond simplement Scorpius.
''Comment ça ?''
''Disons que je m'ennuyais à mourir là-bas à Durmstrang, et faire des farces était un moyen de me distraire.''
''Je te comprends. Mon oncle aussi fait des blagues pour…''
Cette fois, c'est Rose qui se tait. Penser à l'oncle Fred, qui est parti bien des années avant sa naissance, est trop douloureux.
''Mais au moins, une chose est sûre,'' reprend Scorpius. ''Je sais que dans ce pensionnat, je ne vais pas m'ennuyer.''
''Moi non plus.''
Souriant chaleureusement, Scorpius tend une main :
"Rose ?"
"Oui ?"
''Tu veux être ma meilleure amie ?''
''Oh.. oui ! Je le veux !''
A peine rencontré et déjà à un tel niveau… en tant que joueuse assidue du jeu vidéo Les Sims 3, Rose sait qu'une relation qui monte très vite n'est jamais un fruit du hasard.
De nouveau, ils recommencent à se regarder avec des yeux brillants, s'échangeant des regards de braise. Ils restent ainsi cinq minutes jusqu'à être interrompus par la voix forte et arrogante de Belinda :
''Hé, le blond, laisse tomber la rouquine et vient plutôt fréquenter les boss !''
Scorpius se tourne vers elle et la défie du regard.
''Je ne veux pas paraitre grossier mais tu ne vois pas qu'on est en train de discuter ?'' lance-t-il sèchement.
Rose est fortement impressionnée. On aurait dit que Belinda venait de recevoir un coup de marteau à la figure.
''Je ne te félicite pas pour ton goût !'' balance-t-elle avant de s'éloigner.
''Quelle méchante fille !" s'exclame Rose. ''Et le pire, c'est que c'est ma camarade de chambrée…''
''Si elle essaie de te faire la misère, je te défendrai,'' assure Scorpius.
''Oh !''
Prêt à la défendre, prêt à la défendre, un vrai chevalier avec sa belle…
Une sonnerie raisonne alors. C'est l'heure du dîner.
''Je crois que les garçons et filles sont séparés,'' dit Scorpius qui semble peu enchanté par cette idée et Rose non plus. ''On ne se reverra que demain matin donc.''
''Oui…''
''Alors bon appétit et à demain.''
''A demain…''
Rose est sur le point de l'embrasser sur la joue mais n'ose pas, trop apeurée de brûler les étapes. C'est la première fois de sa vie qu'elle se fait un tel ami…
