Rose-Eliade : Merci encore ! Je pense que tu vas adorer encore plus ce chapitre.
Ron et Hermione : Oui, nous sommes bien dans le Pottermonde, et la famille Weasley est si grande et aussi la famille idéale... merci encore, et j'espère que tu vas adorer ce nouveau chapitre et la suite, à bientôt! (:
Et voici un nouveau chapitre, et vous allez voir, cette fois on avance vraiment dans l'intrigue. Comme on dit "please, enjoy!"
Lorsqu'arrive le mois de novembre, Rose et Scorpius s'étonnent tous les deux de réaliser qu'ils sont chez les Moldus depuis déjà deux mois. Ils n'y sont pas heureux, ils appartiennent au monde des sorciers. Mais ils aiment tous deux à se rappeler que sans cela, jamais ils se ne seraient rencontrés.
Les premières notes sont tombées au cours du mois d'octobre. De son sang de Granger, famille de sa mère, Rose surprend tout le monde en accumulant les meilleures notes, et Scorpius se plait à dire qu'il s'agit d'une performance exceptionnelle pour une sorcière qui n'a étudié les matières moldues qu'à l'école primaire – lui-même doit se contenter tout juste de la moyenne. Le plus étonnant toutefois est l'attitude de Lagrogne à son égard. Rose, forcée de maitriser son sale caractère, n'a plus été sanctionnée pour indiscipline et a découvert une autre image de l'intransigeant surveillant lorsque celui-ci lui a dit :
''Vous voyez comment avec du travail et de la retenue, on peut réussir. Continuez ainsi, jeune demoiselle, je crois personnellement en vous.''
''Finalement, il n'est pas si mal ce Lagrogne,'' pense Rose avec un faible sourire en pensant qu'il est impensable que Rusard, le concierge de Poudlard, lui fasse de tels compliments.
Par contre, Belinda se montre plus désagréable que jamais. Frustrée de voir Rose première de la classe et avoir la préférence de Scorpius, elle tente constamment de la prendre à partie mais grâce à Lagrogne et Melle Biglotte, elle n'arrive jamais à l'atteindre. Rose et Scorpius cependant en ont assez et réfléchissent ce jour-là à une idée pour la mettre hors d'état de nuire.
''Il faut trouver son point faible,'' dit ainsi Rose en se demandant quelle peut être la faiblesse de Belinda qui parait si sûr d'elle (elle continue le coup des toilettes payantes et Rose et d'autres filles se sont décidées malgré elles à se satisfaire chez les garçons, non sans s'assurer d'être à l'abri des regards.)
''Peut-être les garçons,'' suggère Scorpius.
''Les garçons ? Quel garçon pourrait s'intéresser à une fille pareille ?''
Et soudain, elle a l'idée, le truc parfait pour battre Belinda une bonne fois pour toutes.
''Scorpius, je sais : on va la prendre à son propre piège.''
''Explique.''
''On sait qu'elle en pince pour toi et est prête à tout pour m'écarter. Tu vois de quoi je parle ?''
A sa grande surprise, Scorpius n'est pas du tout enchanté.
''Ah non, alors là non !''
''Quoi ?''
''Je ne vais pas me mettre aux genoux de cette ogresse !''
''Mais c'est pour la tromper !''
''Tu crois que c'est une bonne idée ?'' demande Scorpius d'un ton sceptique.
''Je pense oui, mais si tu ne veux pas, on oublie et on réfléchit à une autre idée,'' dit Rose avec fermeté.
''Allons-y. De toute façon, moi aussi j'en ai assez qu'elle me colle à la peau comme de la glue.''
Ils décident de mettre leur plan à exécution dès le lendemain pendant la récréation. Sous le regard discret et attentif de Rose, Scorpius se dirige confiant vers Belinda qui rabroue une fille, la forçant à payer pour entrer aux toilettes. Il se dit que Rose a raison, il va être très facile de berner Belinda qui ne brille pas par son intelligence. Elle est pourtant très bonne élève puisqu'elle est la deuxième meilleure derrière Rose – un autre prétexte de jalousie.
Scorpius se racle la gorge et dit en toute innocence :
''Je peux te parler ?''
Surprise mais flattée, Belinda sourit, dit à sa comparse de la remplacer comme gardienne et suit Scorpius.
''Bien sûr.''
''Allons dans un coin tranquille, je ne veux pas qu'on nous dérange et nous entende.''
Ignorant totalement que Scorpius la mène en bateau, Belinda le suit sans discuter. Ils se rendent dans un coin tranquille à l'arrière-cour où personne ne va jamais, pas même Lagrogne qui pourtant surveille habituellement tout le reste de la cour comme un chien de garde implacable. Mais en apparence, Belinda et Scorpius ne font rien de particulier et il reste donc indifférent et ne semble même pas les remarquer en réalité. Rose les suit discrètement, prête à intervenir au moment opportun.
''Alors, tu veux me dire quoi ?'' dit Belinda avec impatience.
''Quelque chose que je veux te dire depuis longtemps,'' répond Scorpius.
''Oui ?''
Tout en pensant qu'il n'aurait jamais cru dire de tels mots à Belinda, Scorpius déclare :
''Je t'aime, Belinda.''
Bien cachée, Rose sourit. Elle aussi aurait eu une attaque si elle avait sérieusement entendu ces mots sortis de la bouche de Scorpius. Belinda elle n'en croit visiblement pas ses oreilles.
''Qu'est-ce que tu dis ?''
''Je t'aime, Belinda, je suis fou amoureux de toi depuis la première fois que je t'ai vu.''
''T'es… t'es sérieux ?''
''Oui. Dès que mes yeux se sont posés sur les tiens, mon cœur s'est mis à battre, j'ai eu l'impression de fondre. Je suis tombé fou amoureux de toi.''
Scorpius joue tellement bien la comédie qu'il se retient à peine de rire. Belinda mord à l'hameçon à en juger par ses larmes d'émotions qui coulent de ses yeux.
''Oh ! Scorpius… mais et Rose Weasley... ?''
''... t'a bien mené en bateau, pauvre idiote.''
C'est le moment que choisit Rose pour apparaitre. Scorpius soupire, visiblement soulagé de ne plus avoir à faire semblant. Belinda est choquée et stupéfaite. Elle semblait vraiment prendre Scorpius au sérieux.
''Qu… quoi ?''
''Tu crois sérieusement que Scorpius aime une fille comme toi ? Mais regarde-toi, t'es grosse, t'es méchante, t'es vaniteuse, t'es rien pour lui.''
On aurait dit que Belinda allait éclater comme un gros ballon gonflable. Elle semble tiraillée par une forte tentation d'étrangler Rose.
''Répète ce que tu viens de me dire !''
''Tu m'as bien compris. Et pour la dernière fois, tu vas nous lâcher les baskets, obèse,'' réplique Rose.
Elle réalise trop tard qu'elle en a trop dit. Belinda, blessée et ne pouvant plus tenir, se jette sur Rose et la roue de coup, même si Rose tente de se défendre malgré leurs fortes différences de morphologie. Le combat ne dure pas longtemps cependant car on n'échappe pas au très vigilant Lagrogne.
''Non mais c'est quoi ça ? ARRETEZ TOUT DE SUITE !''
Il parvient à séparer les deux filles, non sans mal. Rose a le visage en sang et Belinda a un nez comme un feu rouge. Mais Rose est contente : il y a trop longtemps qu'elle voulait régler le compte de Belinda et a réussi à merveille, même s'il a fallu se faire transformer en combattante de boxe. Quant à Lagrogne, il ne goûte pas à la plaisanterie.
''Je vous emmène toute les deux à l'infirmerie !''
Ni Rose ni Belinda ne proteste et toutes deux suivent le surveillant sans se regarder.
Rose n'est encore jamais allée à l'infirmerie. L'infirmière, Madame Bonnnesoigneuse, est une petite femme replète aux cheveux bruns bouclés. Rose trouve qu'elle ressemble étrangement à sa grand-mère paternelle.
''Et bien, quel arrangement !'' lance l'infirmière lorsqu'elle voit les deux filles aux visages ensanglantés. ''Mais que s'est-il donc passé ?''
''Et bien, madame, il s'avère que ces deux jeunes filles se sont livrées à un joli crêpage de chignon,'' répond Lagrogne.
''Ah ! Bah bravo, c'est très charmant, à vos âges !''
Belinda et Rose gardent la tête baissée et n'osent pas répondre, toutes deux honteuses.
''Je vous laisse les rafistoler si je puis dire, ensuite vous me les enverrez dans mon bureau,'' dit Lagrogne avant de sortir.
Madame Bonnesoigneuse ne dit pas un mot tandis qu'elle essuie leurs visages puis met du rouge et des pansements sur les nez pour arrêter la coulée du sang. C'est presque tranquille pour Rose et Belinda comparée au sermon très lourd que leur réserve ensuite Lagrogne.
''Alors ? Explications.''
Rose manque de s'étrangler. Jamais un membre du corps professoral ne lui a parlé ainsi, excepté le professeur McGonagall quand elle se rendait coupable de fautes telle que violence sur camarade. Et la dernière fois qu'elle a autant subi les foudres d'un adulte, c'était par son père pour avoir frappée Victoire.
''Mesdemoiselles, quel âge avez-vous, toutes les deux ?''
D'une voix timide à peine audible, Belinda et Rose répondent en même temps : ''Quinze ans.''
''Et vous pensez qu'à quinze ans, on se bat encore comme des gamines de cinq ?''
Elle a l'air d'un psychologue scolaire s'inquiétant pour un enfant perturbé.
''Pourquoi croyez-vous qu'on vous a envoyé ici ? Pour que vous deveniez enfin des adultes. Miss Blondel, après ce qui est vous arrivé, je pensais que changer d'air et de vie vous ferait le plus grand bien or d'après ce que j'ai pu entendre, vous forcez vos camarades à payer pour aller aux toilettes. Et vous, Miss Weasley, vos parents espéraient que vous abandonniez le côté… comment dirais-je… bagarreuse.''
Quelque chose raisonne dans les oreilles de Rose : qu'est-il arrivé à Belinda ? Mais le moment n'est pas venu, pense-t-elle, pour lui poser la question.
''Je vais être très clair. Pour une fois, je ne vais pas faire dans l'excès et je vais fermer les yeux. Cependant, je vais demander à Melle Biglotte de vous surveiller de très près, surtout que si je ne me trompe, vous êtes camarades de chambrée. Si jamais… j'entends encore parler d'un incident de ce genre, croyez-moi… ça va chauffer pour vous. Et je n'aimerais pas être à votre place à ce moment-là. Maintenant, foutez-moi le camp.''
L'incident laisse beaucoup de traces, et certaines sont des plus étonnantes : le plus remarquable est le changement d'attitude considérable de Belinda. Elle ne rackette plus ses camarades, ne cherche plus à nuire à Rose et même ne se met plus à l'avant. En fait, elle pourrait presque jouer le rôle de la Femme Invisible tant elle se fait discrète. Pour Rose et Scorpius et tous les autres, d'une certaine manière, c'est bien mieux ainsi. Cependant, Rose et Scorpius ne peuvent s'empêcher d'être intrigués par ce soudain changement.
''Sans doute parce qu'elle a honte,'' dit Scorpius sans certitude.
Rose quant à elle a craint plus que tout de recevoir une nouvelle Beuglante de son père dix fois pire que la précédente. A sa grande surprise, après une semaine, il n'en est rien. Sans doute que Lagrogne n'a pas informé les parents de Rose de l'incident. Il doit compter sur la prise de conscience des deux filles et espère qu'elles ne recommenceront pas.
Mais le plus frappant arrive deux semaines après la bagarre. Rose et Scorpius sont dans leur royaume à discuter de combats contre des trolls quand Amélie vient leur dire :
''Je viens d'aller aux toilettes et j'ai entendu Belinda. Elle s'est enfermée et je crois qu'elle est en train de pleurer. Une petite de Sixième l'a nargué avec le pipi-libre et elle lui a crié de ficher le camp.''
Rose et Scorpius s'échangent un regard étonné. Ils ont du mal à imaginer Belinda Blondel, celle qui paraissait si sûre d'elle, la terreur de tout le pensionnat, cachée dans les toilettes en larmes. Ils ne peuvent s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Leur vengeance semble avoir dépassée leurs attentes.
''On va aller voir. Merci, Amélie.''
Devant l'entrée des toilettes, Rose et Scorpius hésitent. Que faire ? Rose n'aurait jamais imaginé cinq minutes plus tôt penser à venir parler à Belinda alors que jusque-là, elle serait prête à donner n'importe quoi pour ne pas la croiser.
''Tu dois y aller,'' dit Scorpius.
''Quoi ? Sûrement pas !'' s'indigne Rose comme si Scorpius venait de l'envoyer au diable.
''Je crois savoir pourquoi elle va mal. Depuis que tu l'as traité de grosse et tout, elle est très blessée.''
''Dis que c'est ma faute pendant que tu y es !''
''Ce n'est pas ce que j'ai dit, Rose. Mais je pense que tu es la seule qu'elle voudra écouter. De plus, en tant que garçon, je ne peux pas entrer dans les toilettes des filles.''
Cependant, lorsque Rose entre dans les toilettes et demande à Belinda, dont elle entend clairement les sanglots depuis sa cabine, de lui parler, celle-ci réplique violemment :
''Dégage !''
''Désolé, Scorpius, même moi, elle ne veut pas m'écouter,'' dit Rose en sortant des toilettes.
''Je pensais,'' marmonne Scorpius, visiblement déçu.
Rose et Scorpius ont beau la détester, ils ne peuvent s'empêcher d'éprouver de la peine pour Belinda dans les jours qui suivent. Elle a complètement changé. Le plus terrible est lorsqu'ils la découvrent dans la cour de récréation, assise seule dans un coin et complètement ignorée des autres. Ses habituelles comparses restent entre elles et ne prêtent désormais pas plus d'attention à Belinda que si elle était une inconnue. De toute évidence, elles n'ont trainée avec elle que pour bien se faire voir et, maintenant que Belinda est déchue de son titre de terreur du pensionnat, elles l'ont complètement laissé tomber.
''Tu crois qu'on devrait lui parler ?'' confie Rose. ''J'ai beau la haïr, je peux pas m'empêcher d'avoir pitié pour elle.''
''Je ne sais pas… on ne sait si elle est disposée, vu comment elle rejette tout le monde.''
A la fin de la troisième semaine de novembre, un évènement vient pour la première fois remplacer Belinda dans leurs esprits : l'annonce d'un Bal de Noël.
''C'est une tradition de notre pensionnat,'' explique le directeur M. Beugnon aux étudiants lors d'un rassemblement dans la cour pour l'occasion. ''Le dernier soir avant que vous ne rentriez chez vous pour les vacances de Noël, nous organisons un bal. Vous devez y venir si possible en couples. Des tenues de soirée vous seront prêtés personnellement. Prenez-en bien soin. Et de même, il sera attendu de vous un comportement digne de ce nom ! Merci.''
Avec cette annonce aussi surprenante qu'intéressante, Rose et Scorpius réalisent enfin réellement ce qui est depuis longtemps une évidence : non seulement sont-ils les meilleurs amis du monde, mais ils sont très amoureux l'un de l'autre.
Une grande pensée occupe alors l'esprit de Rose qui occulte totalement de son esprit la déprime de Belinda : comment demander à Scorpius d'être son cavalier de bal ? Car si elle l'aime de tout son cœur – elle peut l'entendre battre chaleureusement en pensant fort à lui – elle n'est pas certaine des sentiments qu'il éprouve pour elle de son côté. Elle ne peut s'empêcher d'avoir peur : et si leur amitié en pâtissait ? Elle sait bien sûr que Scorpius jamais ne la rejettera mais elle ne peut s'empêcher d'éprouver cette angoisse très désagréable. Pourtant, elle doit faire vite, ou une autre fille risque de lui prendre sa place…
Elle repense à l'histoire que lui ont raconté ses parents sur leur première rencontre et comment ils sont finalement sortis ensemble sept années plus tard. Il lui a été surprenant d'entendre la première fois qu'ils se détestaient cordialement au début. Hermione lui a ensuite confié qu'en réalité, elle est tombée folle amoureuse de Ron dès le premier regard et réciproquement, mais il leur a simplement fallu plusieurs années et de multiples aventures et querelles avant qu'ils ne s'avouent leur amour.
Ce qui a également fortement intrigué Rose, c'est lorsque ses parents lui ont raconté le moment où ils se sont embrassés pour la première fois, sortant ainsi définitivement ensemble.
''C'était le grand soir de la Guerre,'' a raconté sa mère. ''Nous avions tellement peur et ton père m'a fait un si beau compliment que je me suis jetée sur lui et je l'ai embrassé.''
Ron a poussé un petit rire en imaginant la scène.
''Ouais. Je me rappelle la tête que faisait Harry,'' a dit son père, un grand sourire en repensant à ce souvenir. ''Il avait l'air de se demander si on n'était pas devenus fou.''
''C'est vrai. Le pauvre, on lui en a fait voir de toutes les couleurs avec nos histoires amoureuses,'' a dit Hermione avec un air rêveur à la Luna Lovegood, leur voisine, fille du célèbre patron du Chicaneur.
Rose se souvient qu'ils ont aussi mentionné un Bal de Noël. D'après son père, c'est ce jour-là que pour la première fois, ils ont compris qu'ils s'aiment car Hermione était furieuse qu'il ne l'ait pas invité et Ron ne supportait pas de la voir avec un autre. Comment réagirait-elle si Scorpius allait au bal avec une autre fille ? Elle aurait le cœur brisé, c'est certain … si elle regardait à cet instant le miroir du Risèd, elle se verrait assurément en train d'embrasser Scorpius…
Pour Scorpius, le problème est à peu près le même : il aime vraiment Rose. Pour la première fois de sa vie, il est réellement tombé amoureux d'une fille. Mais il a peur : et si elle dit non ? Et si un autre lui demande avant lui ? C'est au moment où il a cette pensée qu'une fille s'approche. Il s'attend à Rose mais à son grand étonnement, il s'agit de Belinda. Elle ne leur a plus parlé depuis la bagarre.
''Je peux te parler ?'' demande-t-elle.
Ses yeux sont bouffis et sa voix est enrouée. Jusque-là intimidante à vue d'œil, elle est désormais physiquement méconnaissable.
''Heu… oui si tu veux,'' dit Scorpius en essayant de ne pas imaginer ce que dirait Rose si elle apprenait qu'il parlait à l'ennemie jurée.
Belinda s'assoit et Scorpius remarque qu'elle évite soigneusement de le regarder. Il s'attend à ce qu'elle lui parle de Rose mais là encore, il est surpris.
''Tu veux venir au Bal avec moi ?'' dit-elle après avoir respiré un grand coup.
Mais oui bien sûr, Belinda est folle amoureuse de lui… mais Scorpius préfère être honnête.
''Oh… je… je suis désolé, Belinda mais… j'en aime une autre et…''
''Ah mais oui bien sûr, tu préfères Rose Weasley.''
Là-dessus, elle crache de ses airs plus familiers :
''Tu peux me dire au moins ce qu'elle a de plus que moi ? Je ne t'intéresse pas parce que je suis laide et grosse hein ?''
''Mais… mais pas du tout, je…''
''De toute façon, j'aurais du m'en douter, c'est chaque fois pareil !'' s'écrie-t-elle, en larmes. ''Tout le monde me déteste, tout le monde me traite de grosse patate, d'obèse, de brute. Personne me m'aime. J'EN AI MARRE !''
Et sous le regard ébahi de Scorpius, complètement désemparé, elle s'éloigne en courant.
Très vite néanmoins, la pensée première de Scorpius revient : demander à Rose d'être sa cavalière au bal. Il décide d'agir le lendemain même. Il lui faut affronter sa peur.
Ils sortent d'un cours d'Histoire où Rose a encore obtenu la meilleure note et Belinda la pire – ses résultats sont en chute libre, passant en trois semaines de la deuxième à l'avant-dernière place au niveau des résultats, et elle n'en finit plus de subir les sermons des professeurs qui la menacent de convoquer ses parents. Ils se rendent comme d'habitude sous l'arbre, lieu de leur royaume secret de Scorose. Ils restent debout à se regarder. Tous deux ont tellement envie de s'avouer leur amour… ils ont peur… mais ils doivent y arriver…
''Rose, je…''
''Oui…''
Est-ce qu'il va le faire… non je n'y arrive pas, se dit Scorpius… mais si, je dois lui dire… jamais il n'a ressenti une pareille angoisse.
''Tveuxvnirblvecmi ?''
''Quoi ?''
Elle n'aurait pas mieux compris s'il avait parlé en Chinois.
''Rose, tu… tu veux venir au bal avec moi ?'' demande-t-il enfin de manière intelligible.
Il l'a fait ! Il l'a fait ! Rose met quelques secondes à réaliser qu'il vient de lui demander. Rose a les larmes aux yeux et dit :
''Oh ! Oui, Scorpius, je le veux !''
Émue, Rose repense au souvenir du premier baiser de ses parents et est sur le point de les imiter et de se jeter sur Scorpius pour l'embrasser sur la bouche quand ils sont interrompus par le cri d'Amélie qui court vers eux comme si elle faisait un cent mètres.
''Rose ! Scorpius ! Venez, c'est terrible !''
''Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?''
''Venez voir, dans les toilettes des filles…''
Stupéfaits, Rose et Scorpius suivent la masse d'élèves accourant vers les toilettes. Chacun y entre, y compris les garçons. Une cabine est ouverte. Ce qu'ils découvrent les figent tous sur place.
Belinda gît par terre, inconsciente, dans une flaque de sang. A côté se trouve un couteau aiguisé de cuisine.
Oh là là... vous en pensez quoi ?
