Ron et Hermione : Mdrr cependant tu vas être un peu déçue je pense mais ce qui va suivre devrait par contre t'enchanter ! Pardonne la longue attente, au plaisir !
Voilà un nouveau chapitre après une longue attente pour cause d'études. Je pense que vous allez aimer tout particulièrement celui-là. Bonne lecture encore.
''Qu'est-ce qui se passe ici ? Laissez passer.''
C'est Lagrogne. Les élèves s'écartent pour lui faire passage. Lorsqu'il découvre Belinda, il se fige un instant sur place. Puis d'une voix alerte, il dit à Amélie :
''Allez chercher madame l'infirmière tout de suite ! Miss Weasley, Mr Malefoy, allez prévenir monsieur le directeur dans son bureau.''
''Tu crois qu'elle est…'' dit Rose d'une voix tremblante alors qu'ils montent l'escalier menant au bureau de M. Beugnon.
''Je ne pense pas. Elle respire encore,'' répond Scorpius sans en être sûr lui-même.
''Tu crois qu'on a été trop dur avec elle ?''
Elle a beau vouer une haine farouche contre Belinda, Rose sait qu'elle sera horrifiée si le pire arrive. Personne, pas même elle, sa pire ennemie, ne mérite une mort aussi tragique.
Scorpius frappe à la porte du bureau de M. Beugnon. Celui-ci répond aussitôt par « entrez ! » et ils ouvrent la porte.
Le directeur est occupé à examiner un tas de paperasse quand il les voit entrer. D'abord étonné, il demande :
''Oui, Mr Malefoy, Miss Weasley, que désirez-vous ?''
''Monsieur, il vient de se passer quelque chose de terrible,'' répond Scorpius. ''On a retrouvé Belinda Blondel inconsciente dans les toilettes des filles. Elle s'est…'' (il a une boule au ventre rien qu'en y pensant) ''… poignardée l'estomac avec un couteau de cuisine.''
M. Beugnon n'aurait pas eu l'air aussi alerté si Scorpius avait annoncé qu'une météorite allait tomber droit sur le pensionnat.
''Venez avec moi tout de suite !''
Pendant ce temps, tandis que Belinda était amenée à l'infirmerie, Lagrogne a prévenu les urgences et ses parents. Les ambulanciers ne tardent pas à arriver mais étrangement, l'appel aux parents de Belinda reste sans réponse. Face à la situation alarmante toutefois, Lagrogne et les autres préfèrent ne pas y penser.
Belinda est déposée sur une civière par Mme Bonnesoigneuse et quelques ambulanciers en blouses blanches. Rose reste loin d'eux. Son père lui a toujours dit de se méfier de ces gens en blouse blanche qui sont très différents des Médicomages de Sainte-Mangouste, malgré les contestations de sa mère qui elle affirme qu'ils sont là uniquement pour sauver les gens en danger (une discussion habituelle sur les différences entre Sorciers et Moldus, pense-t-elle). Quelques minutes plus tard, l'ambulance s'éloigne avec Lagrogne et Mme Bonnesoigneuse qui ont choisi d'accompagner les ambulanciers jusqu'à l'hôpital.
Le drame a provoqué un grand choc dans tout le pensionnat. Tous les élèves ne parlent plus que de cela mais bien peu s'en émeut. Tout le monde déteste Belinda. Rose et Scorpius sont marqués. Car tout a été déclenché avec leur mauvais tour.
''On a été injuste avec elle,'' se lamente Rose. ''On voyait bien que depuis des semaines, elle avait changée et se sentait vraiment mal. C'est de ma…''
''Non, Rose, ne dis pas ça !'' coupe Scorpius. ''Elle était dépressive et le fait que je l'ai repoussé a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mais ce n'est pas de ta faute !''
''Quand même, je l'ai traité de grosse patate, ça l'a vraiment blessé…''
''Oui mais, pour rappel, elle a essayé de te réduire en bouillie.''
''Oui… c'est vrai. Mais si elle meurt…''
''Ne t'inquiète pas. Je suis sûr qu'ils vont la sauver.''
''Je me demande pourquoi ses parents ne sont pas venus…''
Pendant trois jours, il n'y a aucune autre nouvelle de Belinda que le fait qu'elle n'ait pas repris conscience. Enfin, après une énième visite aller-retour à l'hôpital, Lagrogne déclare aux plus intéressés :
''Elle vient de se réveiller, ses jours ne sont plus en danger. Si vous le souhaitez, vous pouvez lui rendre visite mais pas plus de trois, j'ai l'autorisation de monsieur le directeur. Et je suggère que ce soit vous trois qui veniez en premier,'' ajoute-t-il à l'adresse de Rose, Scorpius et Amélie.
Les trois concernés sont surpris, mais Rose et Scorpius se disent qu'au moins, ils pourront se rassurer sur l'état de santé de Belinda. Malgré tout ce qu'elle leur a fait subir, jamais ô grand jamais ils ne lui souhaitent les pires malheurs et encore moins sa mort.
Lagrogne les emmène donc l'après-midi vers l'hôpital dans sa voiture. Il parait étrange aux trois élèves d'être ainsi conduits en automobile par l'intransigeant surveillant. Lagrogne dégage cependant une certaine humanité au fond de lui qui contraste avec son apparence froide et ronchon.
Amélie n'affiche aucune réaction particulière en entrant dans l'hôpital mais pour Rose et Scorpius, qui sont des sorciers et ne connaissent que Sainte-Mangouste, l'endroit parait bien étrange. L'un et l'autre ont souvent entendus leur père critiquer les médecins moldus, considérés comme des charcutiers cinglés qui coupent les gens en morceau. Le seul point commun en fait entre les hopitaux moldus et sorciers, c'est en toute logique la maternité – Rose, Hugo et tous les autres Weasley de la nouvelle génération, ainsi que Scorpius, sont nés à Sainte-Mangouste.
''Bonjour, Mr Lagrogne, vous désirez voir Miss Blondel ?'' dit la réceptionniste, une dame aux longs cheveux noirs qui ne doit pas avoir plus de trente ans.
''Absolument, madame, et accompagné de ces trois jeunes gens ici présents, ce sont des élèves de La Marguerite, des camarades de classe.''
Lagrogne lui passe le formulaire signé par M. Beugnon. La réceptionniste y jette un coup d'œil rapide et dit avec un grand sourire :
''Vous pouvez y aller. Chambre 109.''
Rose et Scorpius se disent ironiquement qu'ils ont bien de la chance d'être guidés par Lagrogne car les lieux leur apparaissent labyrinthique. Et pas de Poudre de Cheminette pour accéder directement à un secteur en particulier, pense Scorpius qui se demande bien comment font les guérisseurs moldus pour s'y retrouver.
La chambre 109 a un seul lit. En voyant Belinda, Rose, Scorpius et Amélie ouvrent grand la bouche et se retiennent à peine de pousser un cri d'horreur. Son cou est couvert par une minerve et une perfusion est reliée à son ventre où l'on peut voir une cicatrice qui ferait passer celle d'Harry Potter pour un tatouage. Rose, qui est hémophobe, est dégoûtée par une telle vision.
''Nous avons le droit à vingt minutes, et ne la brusquez pas, elle est encore très fagile,'' prévient Lagrogne.
''Comment tu te sens ?'' demande Rose en essayant tant bien que mal de ne pas regarder l'horrible cicatrice sur le ventre.
Belinda se rend compte seulement de leur présence, sans doute est-t-elle encore un peu dans un état second.
''Vu mieux,'' répond-t-elle.
En la voyant ainsi, complètement hébétée comme si elle venait d'ailleurs, on a du mal à reconnaitre en elle la fille qui semait la terreur chez tous les élèves de La Marguerite.
''Pourquoi tu as fait ça ?'' demande Scorpius d'une voix très calme.
''Parce que voulais mourir,'' réplique froidement Belinda sans lever les yeux vers lui.
''Mais pourquoi ?''
''P'ce que personne ne m'aime.''
Rose s'apprête à dire ''tu l'as cherché en même temps'' mais elle se souvient des recommandations de Lagrogne que des paroles blessantes risquent d'avoir des conséquences fâcheuses. A la place, elle dit :
''On ne voulait pas que tu meurs.''
''T'parles, qui m'aurait regretté ?''
''Tes parents, ta famille…''
''Ma famille ? J'ai pas de famille.''
La réponse les prend au dépourvu. D'un regard, Lagrogne leur demande de ne pas insister. Belinda n'est pas disposée à répondre à des questions personnelles.
''J'ai rien,'' dit-elle en un murmure. ''J'ai jamais eu aucun ami, aucune personne qui m'aime. Je suis seule vous voyez.''
Rose ne peut s'empêcher d'avoir de la peine pour elle. Elle-même ne sait trop bien ce que c'est que de se sentir rejetée des autres.
''Promet-nous simplement de ne jamais recommencer,'' dit Scorpius.
''D'ccord.''
Quelqu'un ouvre alors la porte, une infirmière de l'hôpital. Dans le couloir, ils aperçoivent deux personnes. Rose, Scorpius et Amélie comprennent aussitôt qu'il s'agit des parents de Belinda – sa mère a la même morphologie et son père les mêmes yeux bruns, de la même façon que Rose a les cheveux ébouriffés de sa mère et Scorpius la blondeur et le teint pâle de son père.
''Il faut y aller,'' dit aussitôt Lagrogne, ''vous pourrez toujours rendre visite à Miss Blondel d'ici quelques jours.''
Au moment où Rose s'apprête à sortir, Belinda dit :
''Rose ?''
Rose se retourne. Elle perçoit dans les yeux de Belinda un regard qui n'a plus la haine et la jalousie habituelles.
''Oui ?''
''Pardonne-moi… pour avoir été aussi méchante avec toi.''
Surprise mais flattée, Rose comprend qu'elle est sincère. Et lui murmure avec un grand sourire :
''Je te pardonne.''
Mais les réjouissances ne durent pas longtemps. A peine tous les quatre sont-ils sortis qu'ils entendent soudain de grands cris dans la chambre. Même Lagrogne s'autorise à écouter à la porte, intrigué. Ils entendent une grosse voix, assurément celle de Mr Blondel, et une autre plus doucereuse, l'infirmière.
''Allons, Mr Blondel, calmez-vous…''
''A BIEN FAILLI CREVER ! ESPECE D'IDIOTE, QU'EST-CE QUI T'A PRIS DE…''
Ils entendent des pleurs et Rose et Scorpius savent aussitôt qu'ils proviennent de Belinda. Ils s'échangent un regard consterné. Apparemment, Mr. Blondel n'est pas venu souhaiter un bon rétablissement à sa fille.
''Veuillez sortir d'ici, monsieur…''
''Ouais, de toute façon je n'ai plus rien à faire ici !''
Il quitte la chambre en ouvrant à la porte à la volée, figeant Lagrogne et les adolescents sur place. Rose jette un regard noir à Mr Blondel.
Soudain, celui-ci tourne son regard vers elle et Rose comprend l'invraisemblable. Ce n'est pas un regard habituel d'une personne qui ne vous connait pas. Celui-ci est significatif. Rose, stupéfiée, écoute à peine les mots de Lagrogne qui dit :
''Il vaut peut-être mieux ne plus revenir rendre visite à votre camarade avant un certain temps.''
Rose ne dit pas un mot pendant tout le trajet retour et ne prête pas attention aux regards inquiets de Scorpius qui ne comprend pas son silence. Ce n'est qu'une fois de retour au pensionnat, et alors qu'ils ont le droit à une heure libre que Rose se décide à parler, après s'être assis sous leur arbre-royaume.
''Alors, Rose, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es muette depuis qu'on est sorti de l'hôpital.''
''Cet homme… le père de Belinda…''
''Oui ?''
''Il m'a reconnu.''
''Quoi ?''
''Oui, je sais, c'est improbable, je n'ai jamais vu cet homme jusque-là mais je t'assure, il sait qui je suis.''
Scorpius se demande si ses oreilles ne l'ont pas trompées.
''Qu'est-ce que tu entends exactement par « il t'a reconnu ? »''
''Tu sais que je ressemble beaucoup à ma mère…''
''Oui.''
''Et bien, je suis certaine qu'il la connait, même qu'il connait la famille, du moins les membres les plus célèbres.''
Scorpius comprend enfin où elle veut en venir mais a beaucoup de mal à croire à une telle idée.
''Tu ne prétends quand même pas que ce Blondel est un sorcier !''
''Je ne sais pas, mais crois-moi, il ne m'aurait pas regardé comme ça si j'étais une totale inconnue.''
''Mais Belinda est une Moldue, non ?''
''Bien sûr. C'est ça aussi que je ne comprends pas.''
Rose réfléchit, l'air dubitatif. L'idée que Belinda puisse être une sorcière lui parait risible. Et pourtant, elle cache bien des mystères…
''En tout cas, il n'a pas l'air commode comme bonhomme,'' dit Scorpius pour changer de sujet.
''Tu peux le dire. Je n'ai jamais vu quelqu'un crier comme ça. Et pourtant, j'ai Ron Weasley en guise de père.''
''Il ne serait pas la bienvenue dans notre royaume.''
''Oh que non. Ou alors, il pourrait jouer le rôle de la Méchante Sorcière de l'Ouest.''
''Ouais, son mari.''
Ils éclatent de rire et s'amusent à imaginer le père de Belinda avec un chapeau pointu, un visage vert, un balai et une marmite.
''Tu peux toujours écrire à ta mère si elle connait ce monsieur,'' suggère Scorpius.
''Oui éventuellement.''
Belinda ne reviendra pas avant le début de l'année suivante, comme l'annonce quelques jours plus tard M. Beugnon. Après sa sortie de l'hôpital, elle rentrera directement chez elle. Rose et Scorpius ont retenu sa main tendue vers une relation nouvelle et ont hâte de voir à quoi ressemblera la Belinda transformée.
Rose n'a finalement pas écrit à sa mère et préfère se concentrer sur les derniers cours du trimestre, ce qu'approuve pleinement Scorpius même s'il la taquine en lui disant qu'elle est intouchable. En effet, personne n'arrive à surpasser Rose comme meilleure élève de la classe et même Scorpius s'améliore un peu grâce à elle.
A la mi-décembre arrive l'évènement tant attendu : le bal de Noël, la veille du départ du pensionnat.
Lorsque Rose se réveille ce matin-là, elle n'ose encore pas y croire : demain, à la même heure, elle retrouvera enfin le monde des sorciers, son monde. Elle a passé trois mois chez les Moldus qui lui ont paru une éternité. Jamais le monde des sorciers ne lui a tant manqué.
Surtout, elle s'étonne de réaliser combien elle a beaucoup changé. Lorsqu'elle est arrivée ici même, elle n'était qu'une adolescente mal dans sa peau, colérique, pleurnicheuse et incapable de s'entendre réellement avec quelqu'un. Et puis, Scorpius est arrivé… et tout a basculé. Ah Scorpius… c'est lui qui a lui donné le goût de vivre, lui qui a révélé son imaginaire, lui fait qui battre son cœur… il est devenu une véritable exclusivité dans son journal intime.
Cher journal, 19 décembre 2021
Je réalise à peine, demain je retrouverai enfin mon monde, les sorciers, la famille. Certes, pour trois semaines seulement mais quand même, ils m'ont tellement manqué. Et ils ne vont pas me reconnaitre. Cet expérience au pensionnat est finalement bénéfique : j'ai compris que je devais changer, que je n'étais pas une fille bien. Quand j'y repense aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu un jour frapper Victoire alors qu'elle est si adorable. Plus jamais je ne me battrai ou taperai sur quelqu'un. C'est laid la violence, vraiment très laid. Quand je vois où ça a failli mener avec Belinda, je me rends compte à quel point être violente n'amène que du mal, pour moi et les autres. Scorpius y est pour beaucoup. Ah… mon Scorpius, je suis folle de lui, je l'aime tellement, mon journal. Et ce soir, c'est le bal, on va enfin sortir ensemble… j'ai tellement rêvé de ce moment, depuis le jour où je l'ai vu pour la première fois à King's Cross. Avec lui, je vis, je rêve, j'ai le cœur émerveillé. Il est tellement adorable, il est si gentil, je ne comprends pas comment nos parents peuvent se détester… mais on s'en fiche. Ils pourront dire ce qu'ils veulent, ils ne pourront pas nous séparer. Je tiens tellement à lui, mon journal, et le perdre me ferait beaucoup plus que du mal. Ces mots, je te les donne, mon Scorpius. J'ai besoin de tes yeux, de ton sourire, de ta peau, de toi, je ne peux plus me passer de toi. Tu es ma vie, mon rêve bleu. Sans toi, je ne suis plus rien…
De son côté, Scorpius réalise à peine comment sa vie est en train de changer. Avant d'être envoyé au pensionnat, il n'était qu'un gamin paumé qui oubliait son quotidien triste en faisant des blagues à tout va. Et puis, Rose est arrivée dans sa vie et là… tout a changé.
Scorpius n'a jamais su auparavant ce que c'est d'être amoureux. Et maintenant, il sent son cœur battre chaque fois que Rose est présent à ses côtés. Il est si heureux d'être son cavalier. Il ne pense même pas à ce que va dire son père lorsqu'il apprendra que son fils sort avec la fille de l'ennemi juré. En fait, il s'en contrefiche. Son père pourra dire ce qu'il veut, il ne la privera pas de Rose. Il a besoin d'elle, il ne peut pas vivre sans elle. Sans Rose, Scorpius n'est plus rien.
Ce jour-là doit être le plus heureux de sa vie. Officiellement, il va être en couple avec Rose. Lorsqu'il essaie le costume de bal confié par l'école – un smoking James Bond avec nœud papillon, il s'observe dans le miroir et se dit :
''Pourvu que je lui plaise.''
Quand Scorpius entre le soir-même dans le réfectoire aménagée pour le bal, Rose n'est pas encore là – encore en train de finaliser sa robe – mais est émerveillé par la décoration, et pourtant il n'est pas un spécialiste en la matière !
Des guirlandes ont été accrochées tout le long des murs, des sapins de Noëls sont disposés dans chaque coin de la pièce, des paillettes décorent le plafond et illuminent la salle, un heaume joue de la musique moldue que Scorpius, en tant que sorcier, ne connait pas et un grand buffet où sont disposés gâteaux, apéritifs et boissons surplombe le fond. Le paquet a été mis pour le bal et la soirée, se dit Scorpius, promet d'être magique.
Quelques personnes sont déjà présentes dont Lagrogne. Celui-ci a revêtu son plus beau costume et Scorpius doit reconnaitre qu'il lui va à ravir. Il s'étonne même de penser qu'il trouve finalement le surveillant plutôt sympathique : tant qu'on obéit aux règles, il se montre tout à fait amical. IL lui rappelle un peu Percy Weasley, l'oncle de Rose et haut-placé au Ministère, connu pour être extrêmement pointilleux sur les lois.
''Je vois que vous avez fait en sorte de bien mettre en ordre votre accoutrement, Mr Malefoy'', dit amicalement Lagrogne. ''Avez-vous une cavalière pour ce soir ?''
''Oui. Elle ne devrait pas tarder, je pense…''
''Laissez-moi deviner : parlons-nous d'une jeune fille aux longs cheveux roux et au caractère bien trempé ?''
Il a vraiment de l'œil.
''Heu… oui c'est bien elle, je…''
''Et la voilà qui arrive.''
Scorpius se dit alors qu'il n'oubliera jamais une telle vision.
Que dire ? Rose est tout simplement sublime. Sa robe est de la couleur bleue du ciel, mais d'un bleu éclatant avec des paillettes, et ses cheveux sont noués en un chignon qui change beaucoup de ses habituels cheveux emmêlés. Scorpius est émerveillé. Il a la même pensée que la première fois qu'il l'a vue, mais avec une chaleur encore plus forte au cœur :
''Waaaaaaaaaaah ! Elle est belle…''
Et il constate avec satisfaction que les autres garçons sont charmés mais Rose est pour lui et rien que pour lui.
Il se rappelle alors que d'après Rose, son père est tombé réellement sous le charme de sa mère lorsqu'il l'a vu pour la première fois en robe de bal. Il semble que la même histoire se répète pour eux.
Avec une élégance de parfait gentleman, Scorpius fait une révérence et un baisemain et dit d'une voix de noble :
''Voulez-vous m'accorder cette danse, mademoiselle ?''
''Avec grand plaisir, mon cher,'' répond Rose avec la même élégance d'aristocrate.
Et c'est vrai, la robe et son immense beauté font de Rose une vraie princesse. Scorpius est si heureux d'être son prince.
''Sais-tu danser, mon Scorpius ?'' demande Rose avec un grand sourire en lui prenant les mains.
''Non, mais je crois que c'est l'occasion idéale d'apprendre.''
''C'est une valse, allons-y.''
Rose se révèle en effet très bonne danseuse. Elle a suivi des cours quand elle était plus petite et a du arrêter pour cause d'entrée à Poudlard. Elle n'en a pas perdu ses acquis pour autant et très vite, Scorpius se sent très à l'aise et enchaine les pas et les mouvements sans aucune faute, bien guidé par sa cavalière.
Quelques minutes plus tard, ils décident d'une petite pause pour aller prendre une collation. Rose et Scorpius croisent alors Amélie et constatent avec surprise qu'elle n'a aucun cavalier.
''Tu n'as invité personne ?'' s'étonne Rose.
''Non je… je n'ai pas réussi.''
Rose et Scorpius ne l'ont encore jamais vu aussi mal à l'aise et de toute évidence, elle n'a aucune envie d'aborder le sujet. Et il ne leur échappe pas que, quand ils s'éloignent, elle est soulagée que la conversation ne soit pas prolongée.
''Mais qu'est-ce qui lui arrive ?'' s'inquiète Rose.
''Pas la moindre idée,'' répond sobrement Scorpius.
Le heaume entame alors une chanson qui sonne tout de suite familière aux oreilles de Rose.
''Oh ! J'adore cette chanson ! Elle est de mon film français préféré.''
''Une pétité dansé, signorina ?'' dit Scorpius avec une parfaite imitation d'accent italien.
''Avec plésir, maestro.''
Ils entament alors une danse romantique, enlacés l'un contre l'autre, au rythme de la chanson, et la soirée de rêve commence…
Dreams are my reality the only kind of real fantasy
illusions are a common thing
I try to live in dreams it seems as if it's meant to be…
Ils se sentent tellement bien ensemble, ils voudraient que l'instant ne s'arrête jamais…
''Tu sais quoi ?'' dit Scorpius.
''Oui ?''
''Grâce à toi, j'ai enfin découvert un sens à ma vie.''
''Moi aussi.''
''Et tu sais ce que je trouve le plus beau en toi ?''
''Quoi donc, mon Scorpius ?''
''Ton cœur. Ton cœur est un soleil.''
Rose a les larmes aux yeux.
''C'est tellement beau… et toi, tu es le soleil de ma vie.''
Ils ont l'impression de vivre un rêve éveillé, un moment tellement magique, ils sont très près l'un de l'autre et se rapprochent et encore et encore…
''Rose ?''
''Oui ?''
''Je t'aime.''
La plus belle phrase au monde, celle que Rose a tellement rêvé d'entendre un jour, plus encore depuis qu'elle a rencontré Scorpius, elle est tellement émue, son cœur fait comme un bond dans sa poitrine…
''Moi aussi, je t'aime, Scorpius.''
Ils sont maintenant presque collés l'un à l'autre, c'est à peine s'ils ont conscience que les autres étudiants dansent près d'eux, leurs lèvres se rapprochent…
C'est assurément le plus beau souvenir que garderont à jamais Rose et Scorpius de leur adolescence. C'est à ce moment-là qu'enfin, ils ont pu enfin dire réellement oui, ils sortent ensemble. Ni l'un ni l'autre n'avait encore jamais embrassé quelqu'un sur la bouche. Et savent que leurs lèvres ne toucheront jamais d'autres personnes.
''Scorpius ?''
''Oui ?''
''Avant, je ne croyais pas à l'amour, je pensais même que c'était une fabulation pour fillette.''
''C'est vrai. Mais je viens de te donner la preuve que l'amour existe bien.''
''Et je t'en suis reconnaissante.''
Lorsque Rose se réveille le lendemain, elle se demande d'abord si elle n'a pas rêvé, si la soirée de la veille a bien été réelle. Et pourtant, elle ne rêve pas. Oui, elle a bien embrassé Scorpius Malefoy, oui, ils sont ensemble, enfin. Oui, Rose est plus que jamais folle amoureuse de lui.
Mais au fur et à mesure qu'elle revient à la réalité, une nouvelle pensée vient ternir un peu son immense bonheur : comment ses parents vont-ils réagir lorsqu'ils apprendront que leur fille aînée sort avec le fils unique des Malefoy, dont toute évocation est habituellement bannie ?
Elle sait que sa mère sera très compréhensive. Seule le bonheur de sa fille compte et elle acceptera son histoire sans problème. Mais Rose craint par contre énormément son père, dont la simple idée de les imaginer ensemble le répulse autant que si Rose sortait avec un Scroutt à Pétard. Elle est néanmoins décidée à affronter ses parents et son père : elle aime Scorpius, elle ne peut plus imaginer sa vie sans lui. S'ils essaient de les séparer, ils verront bien que Rose sera très malheureuse et alors ils se montreront peut-être plus lucides.
En attendant, Rose n'est pas tellement mécontente de partir du pensionnat. Certes, son séjour, marqué bien sûr par son histoire magique avec Scorpius, n'a pas été si déplaisant mais elle sait bien au fond d'elle-même qu'elle n'est pas heureuse chez les Moldus. Même si ce n'est que pour trois semaines, elle est très enchantée de pouvoir retrouver le monde des sorciers, son monde.
Elle termine de préparer sa valise en une demi-heure. Dans un instant, elle va retrouver ses parents qui vont venir la chercher directement. Elle descend au rez-de-chaussée et attend Scorpius qui ne tarde pas. Lui aussi a beaucoup réfléchi quant à la probable mauvaise réaction de ses parents – un Malefoy avec une Weasley, la pire racaille qui soit.
Les amoureux se sourient, s'embrassent et se prennent la main.
''Alors, tu as bien dormi ?'' dit Scorpius, rayonnant.
''Oh que oui ! C'est tellement merveilleux ce qu'on vit.''
''On va maintenant passer aux tests des adultes. Ensemble, on va y arriver.''
''J'en suis sûre.''
En passant, ils croisent Amélie qui, là encore, affiche inexplicablement une mine triste et leur dit un bien trop vague :
''Joyeux Noël.''
''Je ne comprends toujours pas ce qu'elle a…'' dit Rose.
''Moi non plus.''
Ils avancent ensemble au-dehors, une main sur la valise, l'autre dans celle du partenaire.
De nombreuses familles sont là, venus chercher leurs enfants pour les vacances. Rose et Scorpius ne tardent pas à repérer les Weasley et les Malefoy, qui se tiennent soigneusement éloignés, chacun faisant comme si les autres n'existaient pas.
''Tu es prête ?'' dit Scorpius.
''Oui...''
Et toujours main dans la main, ils s'avancent vers leurs familles, prêts à affronter leur destin commun.
