Rose-Eliade : Tu peux le dire, il va se passer beaucoup de choses. Désolé pour l'attente interminable, voici la suite enfin.
Ron-Hermione : Oui tu as vu, elle n'est pas si mauvaise que cela... et tu n'es pas au bout de tes surprises pour Belinda. Merci pour ta review, mieux vaut tard que jamais (:
Rose se dit, le matin du 24 décembre, que beaucoup de choses ont changé dans sa famille entre son départ et son retour du pensionnat de La Marguerite.
Lorsqu'elle y est partie – à fort contrecœur – elle n'était qu'une gamine pleurnicheuse passant plus son temps à se battre avec les garçons qu'à travailler, lui valant une suspension d'un an de Poudlard. Et ses relations avec ses parents et le reste de la famille étaient orageuses.
Mais rien n'est plus pareil désormais : son histoire d'amour avec Scorpius a réellement permis à Rose de grandir. Malgré le retour plutôt difficile à la maison pour cette raison, il n'y a pas eu d'autres querelles entre fille et parents. Ron son père s'est efforcé de faire des efforts pour se montrer aimable et accepter le bonheur de Rose, quelquefois forcé par son épouse néanmoins.
Toutefois, le retour d'Hugo une semaine plus tard a failli briser cette harmonie nouvelle.
Souvent chamailleurs, frère et sœur n'en étaient pas moins heureux de se retrouver et Hugo a même avoué à Rose qu'elle lui a manquée, ce que Rose n'aurait jamais cru entendre un jour de la bouche de son frère. Les retrouvailles ont donc été bonnes jusqu'à ce qu'Hugo apprenne la venue des Malefoy et surtout l'identité de son beau-frère.
C'est Ron qui l'a annoncé au cours du dîner le lendemain même sans penser à mal :
''Demain, votre mère et moi irons faire quelques courses pour Noël avec grand-mère Molly. Il y aura beaucoup de préparations à faire cette année, d'autant plus qu'on va compter les Malefoy en plus.''
Hugo a manqué de s'étouffer avec un morceau de poulet dans la gorge.
''Papa, j'ai bien entendu, les Malefoy chez nous ?''
''Parfaitement, Hugo,'' a dit sa mère. ''Nous les avons invité.''
Hugo a alors lancé un regard à Rose rouge comme une tomate et a aussitôt compris. Son visage a prit une expression incrédule.
''C'est une plaisanterie, Rose, tu ne sors quand même pas avec…''
''Si et j'en suis très contente.''
Mais Hugo n'est pas de cet avis. A partir de cet instant, Rose fait l'objet de de multiples moqueries de sa part. Il ne fait aucun doute que pour Hugo, l'idée même d'être lié à un Malefoy est inimaginable. Lassée, Rose finit par lui cracher :
''Mais tu vas arrêter de me harceler ?''
''Non, parce que tu le mérites.''
''Tu es vraiment un gamin, Hugo.''
''Scorpius, Scorpius, Scorpius…''
''Je vais te…''
''Qu'est-ce qui se passe ici ?''
Rose, qui a retroussé ses manches, s'apprêtait à se jeter sur Hugo pour le frapper quand leur mère est intervenue.
''Vous allez cesser de vous comporter comme des gamins de cinq ans, tous les deux ? C'est Noël dans deux jours enfin !''
''Mais maman, c'est lui qui…''
''Je ne veux pas savoir qui est le responsable ! Rose, ces trois mois au pensionnat ne t'ont rien appris ? Et toi Hugo, montre-toi gentil et respectueux envers ta sœur.''
Tous deux rouges de honte, ils font face à leur mère et n'osent pas s'échanger un regard. Ils répondent avec un timide :
''Oui, maman.''
Dès lors, Hugo n'embête plus Rose sur son histoire avec Scorpius, tout en disant qu'il lui faudra du temps pour l'accepter dans la famille. Rose est soulagée que sa mère ait interrompue leur querelle : une nouvelle bagarre aurait eu des conséquences lourdes. Elle a raison : il est temps pour elle de grandir, fini les bagarres d'enfants.
Le matin du 24 décembre, au réveil, Rose s'est rarement sentie aussi heureuse. Le soir-même, elle va enfin revoir son Scorpius, après plus d'une semaine !
Bien sûr, ils ne sont pas restés sans nouvelle l'un de l'autre entre-temps, mais tout de même, croiser à nouveau ses yeux, son sourire, qui plus est le soir de Noël… les mots qu'ils se sont échangés vont devenir plus que jamais réalités.
S : Mon cœur, ça m'a fait tellement plaisir de recevoir ta lettre, tu me manques tellement… je n'ose pas y croire, on va passer Noël ensemble !
R : Mon amour, toi aussi tu me manques tellement, j'ai tellement hâte qu'on se revoit, je ne suis rien sans toi…
S : Ce matin, mon père est de sale humeur, ma mère dit que c'est parce qu'il ne se fait pas encore à l'idée que nos deux familles vont passer les fêtes ensemble…
R : C'est pareil, mon père aussi a encore du mal à l'accepter mais chaque fois qu'il ramène le sujet, ma mère grogne et gueule et il se tait…
S : Nos pères sont pareils mais quoi qu'ils décident, je ne te quitterai jamais, je ne vis plus sans toi…
R : Moi non plus, je ne peux plus vivre sans toi, je t'aime tellement, mon Scorpius…
Ils se sont ainsi échangés de quatre à cinq lettres par jour, faisant dire à Ron qu'il a l'impression de voir passer en permanence des hiboux dans la maison, avant qu'un regard de sa femme ne le fasse taire.
La hâte de revoir Scorpius rend la journée inhabituellement longue pour Rose, malgré l'arrivée progressive de toute la famille au Terrier comme le veut la tradition chez les Weasley. Les premiers à arriver, après Rose, son frère et ses parents – en début d'après-midi, sont Bill, Fleur et leurs trois enfants Victoire, Dominique et Louis.
Les retrouvailles entre Rose et Victoire sont d'abord froides : ni l'une ni l'autre n'a oublié que la dernière fois qu'elles se sont vues, Rose a transformé Victoire en punching-ball humain. Finalement après cinq minutes d'un silence pensant, sous le regard intrigué de tous les autres, Rose dit :
''On fait la paix ?''
''On fait la paix.''
Et les cousines se prennent dans les bras, toute froideur disparait aussitôt et tout le monde est heureux.
Victoire, qui est l'aînée de la nouvelle génération, est maintenant une belle jeune femme de vingt-et-un an. Avec ses longs cheveux blonds lui tombant aux épaules, elle ressemble tellement à sa mère qu'elle pourrait sans problème se faire passer pour sa sœur cadette. Elle est fiancée à Teddy Lupin qui ne va pas tarder à arriver : tous deux sortent ensemble depuis l'école maternelle.
Louis dit alors à Rose : ''c'est beau de te revoir, Rose.''
Cela fait chaud au cœur de Rose. Quand ils se sont vu pour la dernière fois, furieux de son geste contre sa sœur, Louis lui a craché qu'il ne lui adresserait plus jamais la parole.. De toute évidence, la réconciliation entre les cousines l'a poussé à faire de même.
Quant à Dominique, la première chose qu'elle dit à Rose, c'est d'une voix simple :
''Il parait que tu sors avec Scorpius Malefoy ? Tout le monde n'arrête pas d'en parler à Poudlard.''
Rose, mal à l'aise, ne sait quoi répondre et Fleur gronde sa fille :
''Dominique, ce n'est pas le moment !''
''Pardon, maman.''
Dès cet instant, Dominique s'abstient de faire toute allusion à Scorpius, et Rose n'en est que plus enchantée.
''J'ai hâte que tout le monde soit là, chérie,'' dit Arthur Weasley, le grand-père paternel de Rose. ''Pas toi ?''
''Justement, en voilà d'autres,'' dit Molly en désignant quatre nouveaux arrivants.
Il s'agit de l'oncle George, la tante Angelina et leurs deux enfants Fred II et Roxanne. Rose a toujours eu de bonnes relations avec George qui adore l'amuser avec ses dernières créations de Farces pour Sorciers Facétieux. Elle est un peu plus froide avec Angelina qui n'a guère apprécié sa violence contre Victoire. Quant à Fred II et Roxanne, ils s'entendent bien sans être réellement proches. Mais le soir de Noël, tout le monde est toujours uni et soudé.
''Alors, comment va mon petit poussin ?'' dit George avec un grand sourire.
Ayant maintenant quinze ans, Rose se sent plutôt gênée de se faire appeler « petit poussin » mais s'abstient d'en faire la remarque.
''Il parait que tu…'' commence Fred mais Roxanne le faire taire d'un coup de coude.
''Tais-toi, pas maintenant.''
Rose soupire. Il allait bien sûr parler de Scorpius. Va-t-elle devoir subir un interrogatoire de la part de toute la famille ?
''Comment ça va, ma chérie ?'' dit Angelina en embrassant Rose sur le front.
''Merci, tata, je vais bien.''
C'est ensuite au tour de Charlie, éternel célibataire que Rose voit surtout à Noël, puis Teddy accompagné de sa grand-mère Andromeda (Teddy se jette aussitôt dans les bras de Victoire) et enfin Percy et Audrey et leurs deux enfants Molly et Lucy, d'arriver.
Percy est le membre de la famille avec lequel Rose s'entend le moins. Son caractère un peu supérieur a tendance à l'irriter et George ne se prive pas de faire de son frère son cobaye pour tester ses créations. Percy a beau dire qu'il a changé – ce qui est vrai au fond – depuis qu'il s'est réconcilié avec la famille, il n'en reste pas moins un homme très ambitieux pour qui une personne travaillant dans une boutique de farces et attrapes – sans le montrer – occupe un rang social de seconde zone. Il est aujourd'hui conseiller auprès du Ministre de la Magie.
Audrey quant à elle a un caractère que certains de la famille s'amusent à qualifier « à la Hermione ». Meilleure élève à Poudlard – elle était à Serdaigle - avant qu'Hermione ne la détrône, rien n'est plus important pour elle que la réussite, ce qui ne l'empêche pas d'avoir un cœur en or et généreux et Rose et les autres l'adorent. Arthur Weasley dit souvent que c'est Audrey qui a permis à Percy de dégonfler un peu sa tête et de penser aussi aux autres et à la famille, et non plus seulement au travail et à son prestige social.
Enfin, arrivent la tante Ginny, la plus jeune de la génération précédente, en compagnie son mari le plus célèbre de la famille, l'oncle Harry, le parrain de Rose. Celui-ci est enchanté de la voir sourire. Il a été très inquiet pour elle de la voir si déprimée la dernière fois.
''Salut, ma puce ! Alors, ça va mieux ?''
''On ne peut mieux, oncle Harry !'' s'exclame Rose en l'enlaçant. ''Je suis tellement contente à l'idée qu'on passe Noël tous ensemble !''
''Et moi aussi, de voir que ma jolie petite nièce a retrouvé la forme,'' dit la tante Ginny avec un grand sourire.
Elle a été très affectée par les problèmes d'attitude de Rose mais a été l'une des seules à s'opposer à son envoi en pension.
Derrière eux suivent les cousins James, Albus et Lily. James est aussi le meilleur ami d'Hugo, ce qui explique pourquoi Rose l'accueille plutôt froidement même si elle s'efforce de montrer, et lui aussi, qu'ils sont content de se revoir. Albus est le petit timide du trio, cherchant toujours à se cacher plutôt que se montrer. Quant à Lily, elle a été elle aussi en froid avec Rose après sa querelle avec Victoire mais de toute évidence, ses parents lui ont demandé de pardonner à Rose car elle se montre très chaleureuse en la saluant.
''Alors, c'est comment le pensionnat moldu ?'' demande Albus.
''Bien mais je préfère largement Poudlard,'' répond Rose qui n'a pas très envie de penser au pensionnat en cette grande journée en famille.
Toute la famille Weasley est maintenant réunie, mais Rose n'est pas encore complètement heureuse. Elle attend avec impatience les Malefoy et Scorpius, son Scorpius, l'élu de son cœur… toute la journée durant, elle ne cesse de répéter à sa mère :
''Maman, quand est-ce qu'ils arrivent?''
''Un peu de patience, Rose, ils ne vont pas tarder.''
''Tu me rappelles moi-même quand j'étais petite,'' dit la tante Ginny. ''Tu te souviens, Harry, quand je bondissais alors que j'attendais que tu descendes du Poudlard Express?''
''Comment aurais-je pu oublier ?'' dit Harry avec un grand sourire.
Ils entendent alors du bruit dans les fourrés avoisinants.
''Oh ça y est, ils sont là!" glapit Rose, folle de joie.
Les Weasley viennent accueillir les invités. Scorpius et ses parents sont là mais ils sont aussi accompagnés de deux visiteurs inattendus. Au début, Rose n'y prête pas attention. Si heureuse de le revoir, elle se jette dans ses bras et l'embrasse sous les regards tantôt amusés, tantôt grimaceux de sa famille.
''Tu m'as tellement manqué !''
''Toi aussi, Rose, je n'ai cessé de penser à toi.''
Très vite toutefois, ils relâchent leur étreinte car une scène attire l'attention.
Les deux visiteurs inattendus sont en fait Lucius et Narcissa Malefoy, les grand-parents paternels de Scorpius. Narcissa se contente de salutations polis mais ce n'est pas le plus remarquable : Arthur Weasley et Lucius Malefoy restent à se regarder, donnant l'impression d'être deux adversaires dans un western. Finalement, après cinq minutes restés à se jauger des yeux, les deux hommes se décident à se serrer la main fortement comme s'ils essayaient de se briser les phalanges. Harry se rappelle qu'il a fait la même chose avec Drago lorsque tous deux étaient capitaines de leur équipe respective de Quidditch.
''Bienvenue, Lucius,'' dit Arthur qui semble avoir du mal à sortir ces mots de la bouche.
De toute évidence, il a du mal à croire que Lucius Malefoy ait accepté de venir passer Noël au Terrier.
''Merci, Arthur. Je suis… enchanté d'être ici.''
Il est évident qu'il n'est pas enchanté du tout. Scorpius chuchote à l'oreille de Rose :
''Mon père a insisté pour que mes grands-parents soient présents. Il dit que si nos familles doivent maintenant s'allier, il faut enterrer les vieilles haches de guerre.''
''Comment ont réagi tes parents pour…''
''Pas très bien, mais je t'expliquerai plus tard.''
Dans l'ensemble, la cohabitation forcée entre Weasley et Malefoy ne se passe pas trop mal, pense plus tard Rose. A plusieurs reprises, Lucius Malefoy lance quelques regards glacials mais discrets partout dans le Terrier mais ne fait aucune remarque. Scorpius dit à Rose que son père lui a interdit tout propos déplacé. Quant à Astoria et Narcissa, elles s'efforcent de se montrer aimable avec Molly Weasley qui éprouve la même résistance que son mari face à ces « gens ». Rose l'entend à un moment confier à Percy :
''Je reste respectueuse pour Rose. Elle pourrait avoir mieux mais si c'est le fils Malefoy qu'elle aime, je pense qu'on doit approuver son choix, que ça nous plaise ou non.''
''Je suis d'accord avec toi, maman,'' approuve Percy.
Alors que la nuit est déjà bien tombé, tout le monde s'attelle à préparer le dîner, la salle à manger ayant été agrandie par magie afin que tout le monde puisse s'y tenir.
''Ils ne pourraient sûrement pas faire ça à La Marguerite,'' déclare Rose à ses cousins qui n'ont cessé de lui demander de raconter comment est la vie dans un pensionnat Moldu. ''Et là-bas, c'est garçons et filles séparés et le silence complet.''
''Dans la Grande Salle, au moins, on peut discuter comme on veut et s'assoir à côté de qui on veut,'' dit Teddy.
Il échange un regard langoureux avec Victoire, laissant deviner ce que tous deux diraient si on les obligeait à se séparer juste pour le règlement.
En voyant les yeux peinés de Scorpius, Rose comprend que parler de Poudlard l'attriste. Elle estime préférable de changer de sujet.
Le repas est presque prêt lorsque quelqu'un frappe à la porte. Tout le monde se tait, surpris. Aucun autre invité en principe n'est attendu.
''Qui ça peut bien être ?'' dit Ron.
''Je vais aller voir,'' dit Arthur.
Tout doucement et sous les regards de tous les autres, il ouvre la porte.
Le nouveau venu, en fait la nouvelle venue, surprend tout le monde mais dans le mauvais sens du terme. Le visage à moitié ensenglanté, tenant à peine debout, Rose et Scorpius la reconnaissent aussitôt.
''Belinda !''
Rose et Scorpius n'en reviennent pas. Comment Belinda peut-elle être ici, elle une Moldue censée être encore à l'hôpital en ce moment-même ?
''Vite, transportons-là à l'intérieur,'' dit Arthur d'une voix alarmante.
''Mais comment est-ce possible que…'' commence Scorpius.
''Nous allons le savoir très bientôt,'' répond Rose.
La soudaine apparition de Belinda change l'ambiance de la soirée d'une manière très spectaculaire. Il n'y a plus aucune joie, plus aucun sourire, uniquement de la consternation. Seul les Malefoy, notamment les aînés, se font discrets et ne réagissent que modéremment. Mais Rose est certaine qu'ils sont tout aussi stupéfaits que les autres.
Tandis que Molly et Victoire examinent Belinda – Victoire fait des études pour devenir médicomage, Rose réalise ce qui est une évidence et le confie à Scorpius :
''Elle n'est pas Moldue.''
''Quoi ?''
''Elle ne peut pas être une Moldue. Sinon, comment pourrait-elle savoir quoi que ce soit du Terrier ?''
''Mais ça n'explique pas ce qu'elle fait ici.''
''Il faut attendre.''
''Tu crois qu'il faut avouer aux adultes qu'elle est du pensionnat ?'' demande Scorpius.
''Je ne sais pas trop. Qu'est-ce que tu en penses ?''
''Attendons qu'elle soit soignée et on parlera de tout cela après.''
''Oui, tu as raison.''
Molly et Victoire allongent Belinda sur le canapé et Rose entend sa respiration difficile. Sa cicatrice a empiré depuis la dernière fois. Apparemment, elle a de nouveau été blessée au ventre.
''Peut-être devrions-nous l'emmener à Sainte-Mangouste,'' suggère Audrey.
''Elle vient d'un hôpital moldu,'' répond Rose.
Tout le monde la regarde avec stupéfaction.
''Maintenant, on leur en parle,'' dit Scorpius.
''Qu'est-ce que tu dis, Rose ?'' dit George qui semble en cet instant avoir perdu son sourire et son humour qui font habituellement sa force.
''Belinda est une camarade de pensionnat.''
Elle entreprend, avec l'aide de Scorpius, d'expliquer l'histoire, jusqu'à la tentative de suicide de Belinda mais sans mentionner l'étrange attitude de son père face à elle.
''Comment s'appelle cette fille, déjà ?'' dit Ginny.
''Belinda Blondel,'' répond Scorpius.
''Blondel ? Vous avez dit Blondel ?'' intervient tout à coup Arthur Weasley.
Rose et Scorpius comprennent en cet instant qu'ils ne sont pas trompés : Belinda n'est pas de sang moldue.
''Je connais ce nom,'' poursuit Arthur. ''Ne serait-ce pas la fille de Gérard Blondel ?''
''Gérard Blondel ? Le sorcier milliardaire ?'' dit Percy comme s'il ne pouvait y croire.
''Je peux me tromper bien sûr mais je sais que Gérard Blondel a une fille et qu'il… n'en est pas très fier,'' dit Arthur avec amertume. ''A vrai dire, c'est…''
''Arthur, s'il te plaît !'' coupe Molly avec un regard de reproche. ''Cette fille est déjà assez en état de choc.''
''Mais grand-père,'' dit Dominique, ''si elle est la fille d'un sorcier milliardaire, qu'est-ce qu'elle peut bien faire dans un pensionnat moldu ?''
''Je n'en ai pas la moindre idée,'' répond Arthur. ''Mais nous allons peut-être avoir plus d'explications dans un instant.''
Pendant que Molly et Victoire continuent de soigner une Belinda à peine consciente, Rose se surprend à éprouver pour elle une forte compassion. Il lui semble impensable que, peu de temps auparavant, Belinda représentait ce qu'elle haïssait le plus au monde. C'est comme si une toute autre personne était allongée là sur le canapé du salon des Weasley.
Environ une demi-heure plus tard, dans un silence qui n'a plus rien d'un réveillon de Noël, Molly déclare que Belinda est hors de danger mais pas disposée encore à parler.
''Nous devrions peut-être appeler ses parents…'' suggère Molly.
''Non !''
De nouveau, tous les regards se tournent vers Rose.
''Il y a encore quelque chose que tu ne nous as pas a raconté, Rose ?'' dit l'oncle Harry sans aucun reproche dans la voix.
Ne pouvant plus reculer, Rose fait part de la manière brutale dont s'est comporté Gérard Blondel à l'hôpital mais toujours sans rien dire par rapport à elle. Mais c'est inutile de toute façon, car Arthur Weasley se charge lui-même de clarifier l'histoire.
''Ça ne m'étonne pas de la part de cet homme-là,'' grogne-t-il.
''Qu'est-ce que vous voulez dire, Mr. Weasley ?'' dit Hermione.
''Je le connais bien ce Blondel. Enfin, je le connais bien, je l'ai croisé disons. Mais je ne passerais pas mes vacances avec ce type-là, c'est certain.''
''Blondel est un personnage atypique dans le monde des sorciers,'' explique Arthur. ''C'est un arriviste. Il est prêt à tout pour se faire remarquer socialement et il a accumulé une immense fortune. Oh oui, il a toujours été un fier sang-pur,'' ajoute-t-il en remarquant l'expression intriguée d'Harry. ''Pendant la guerre, il était un partisan déclaré de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.''
''Et bien, il est charmant comme bonhomme,'' ironise Ron. ''Maintenant que tu en parles, papa, j'ai déjà entendu parler de lui. C'est un sorcier qui vit comme un riche moldu, un bourgeois l'appelle-t-on, même si je ne sais pas ce que ça veut dire.''
''Les bourgeois, ce sont des Moldus de classe moyenne mais aisés et relativement riches,'' explique Hermione.
''Merci pour la précision, chérie.''
''Et je dois dire,'' ajoute Hermione, ''que les bourgeois, c'est comme les cochons : plus ça devient vieux, plus ça devient bête.''
''D'où est-ce que tu sors ça ?'' lance Drago.
''Oh ! Juste une vieille connaissance culturelle de moldue.''
''Pour en revenir à Blondel,'' reprend Arthur, ''il est certainement le sorcier le plus riche de tout le Royaume-Uni et il ne le cache pas. On dit même qu'il a essayé de racheter Poudlard pour en faire une enpretrise…''
''Entreprise, beau-papa,'' corrige Fleur.
''Oui, peu importe. Bon bien sûr, il n'a pas pu. Poudlard est une école de sorciers, pas un cabinet pour les gros riches et de toute manière, McGonagall et Kingsley ne voudraient jamais cela. Mais cela ne l'empêche pas néanmoins d'avoir de multiples possessions un peu partout dans le pays. Je ne peux pas le voir cet homme. C'est le plus arrogant et le plus détestable qui puisse exister. Nous les Weasley, qui ne sommes... pas riches (il ne peut se résoudre à prononcer le mot "pauvre"), n'occupons qu'une place de second rang à ses yeux.''
''Je n'aurais jamais pensé dire cela un jour mais nous sommes d'accord sur ce point, Weasley,'' déclare Lucius Malefoy, s'attirant des regards étonnés. ''Blondel est un personnage que je n'apprécie pas particulièrement.''
''Et pour… quelle raison ?''
Il semble brûler de dire que les Malefoy, surtout Lucius, sont à peu près du même niveau mais un bref regard en direction de Rose lui fait comprendre qu'il ne veut pas la blesser.
''Disons qu'il n'a jamais caché que nous les Malefoy sommes socialement inférieurs à lui. Il a beaucoup critiqué aussi ma prise de position finale pendant la Grande Bataille du 2 mai.''
''Attention, Lucius, nous atteignons un sujet sensible,'' intervient Molly en jetant un coup d'œil aux plus jeunes qui écoutent jusque-là très attentivement. ''Certains ici ne sont pas encore prêts à entendre certaines vérités historiques.''
Son regard se pose tout particulièrement sur Molly junior, la deuxième fille de Percy et Audrey, la seule de la nouvelle génération qui ne soit pas encore entrée à Poudlard.
''Veuillez m'en excuser, madame Weasley,'' dit Lucius d'un ton poli.
''Et qu'en est-il de sa fille, papa ?'' dit Bill pour revenir sur le sujet initial.
''Et bien, nous en arrivons à la questions que l'on se pose tous : ce qui a bien pu amené cette jeune fille jusque devant notre porte."
Rose revoit aussitôt la scène de l'hôpital. Et maintenant que grand-père Weasley a tout expliqué sur la personnalité de Gérard Blondel, elle estime fort improbable qu'il se comporte avec elle comme le Père Noël face à un enfant. Elle déclare :
''Il est venu la voir à l'hôpital. Et il l'a traité comme sa chose. Pardonnez le terme mais je trouve ça dégueulasse.''
''Qu'est-ce qu'une Weasley faisait dans un hôpital moldu ?'' déclare Drago Malefoy en lançant un regard un peu méprisant à Rose.
''Nous sommes ses camarades, papa,'' réplique Scorpius. ''Nous sommes simplement venus la soutenir. Elle a tenté de se suicider.''
''Et pourquoi est-ce qu'elle a tenté de se suicider ?'' demande Angelina.
''Peut-être parce qu'elle avait peur de la…''
''Hugo, ferme-la !'' balance sèchement Rose.
''Non, au contraire, Weasley, il s'est avéré qu'elle en pinçait pour moi,'' dit Scorpius d'une voix douce. ''Et lorsque je lui ai fait comprendre que je préfère ta sœur, elle ne l'a pas supporté et a tenté de se tuer avec un couteau.''
Certains, surtout la jeune génération, expriment des regards dégoûtés. Faisant mine de ne rien remarquer, Rose ajoute :
''Et nous étions là quand il est venu et il… il m'a reconnu.''
''Il t'a reconnu ?'' s'exclame son père comme si c'était la chose la plus étonnante du monde.
''Oui. Il m'a regardé d'un air bizarre et il est parti.''
''Hmmm.''
Le silence s'installe pendant un moment, seulement interrompu par le souffle de Belinda. Elle ne va pas tarder à se réveiller.
''Je n'ai jamais eu affaire à lui,'' déclare Hermione. ''Même, avant ce soir, je n'avais jamais entendu parler de ce monsieur.''
''Mais lui, il vous connait forcément,'' réplique Drago. ''Quel sorcier n'a jamais entendu parler du célèbre Harry Potter, le héros de la Guerre, et de ses fidèles compagnons Ron Weasley et Hermione Granger ?''
''Hermione Weasley, Malefoy,'' corrige Ron.
''Peu importe.''
''Il s'avère justement que Harry Potter est le seul auquel Blondel n'a jamais osé s'attaquer, que ce soit directement ou par la presse,'' dit Arthur.
Drago rougit. Lui aussi éprouve un certain respect profond pour Harry depuis qu'il lui a sauvé la vie à deux reprises.
''Il sait qui tu es, Harry. Bien sûr, pendant l'Année Noire, il prenait part aux propagandes que l'on sait, mais comme les autres, il a été contraint de s'incliner.''
''Je ne me fierai jamais à un type qui a soutenu publiquement Voldemort.''
Même s'il a disparu depuis près de vingt-trois ans, entendre le nom de Voldemort fait encore tressailler tout le monde, y compris les Malefoy.
''Désolé, je… c'est cette mauvaise habitude qui…''
''Oh ! Ne t'en fais pas, Harry, tu as bien le droit de prononcer son nom,'' assure George. Tu es le seul qui pouvait lui faire face avec Dumbledore.''
Harry a un faible sourire. Chaque fois que George ou un autre Weasley le complimente, il ne peut s'empêcher de penser à Fred I. Sentant un certain malaise, Ron change rapidement de sujet.
''Et sa fille alors ?''
''Et bien…'' dit Arthur en réfléchissant à la question comme s'il était un élève en classe. ''SI je ne me trompe, elle n'est pas de Poudlard. Les enfants, connaissez-vous une Belinda Blondel parmi vos camarades ?''
''Non, pas du tout,'' répond Roxanne et les autres approuvent.
Rose réalise alors une évidence : si Belinda était fille de sorcier, elle devrait logiquement être sorcière elle aussi et pourtant, elle n'a jamais été liée à Poudlard. Cela veut donc dire…
''Grand-père, est-ce que cela signifie que Belinda est… une Cracmol ?''
"Cracmol ?" dit Molly junior.
''Un Cracmol, chérie, c'est une personne née dans une famille de sorcier mais qui n'a pas de pouvoir magique,'' lui explique Audrey.
Harry, Ron et Hermione s'échangent un sourire. Ils se rappellent une discussion similaire qu'ils ont eu un jour à propos de Rusard, l'effroyable concierge de Poudlard, qui est lui aussi un Cracmol.
''Est-ce que son père l'aurait envoyé au Pensionnat de la Marguerite juste parce que c'est une Cracmol ?'' demande Rose.
Elle éprouve à présent une haine farouche contre Gérard Blondel d'avoir été assez méprisable pour traiter sa fille comme une moins-que-rien juste parce qu'elle est différente.
''Je pense oui,'' approuve amèrement Arthur. ''Tu vois, Rose, la fierté de soi est une valeur cruciale chez Blondel. J'imagine qu'il espérait avoir un héritier digne et la réussite à Poudlard en dépendait beaucoup. Alors forcément, que sa fille soit une Cracmol lui apparait comme un profond dégoût.''
''Ce n'est quand même pas croyable ça,'' s'exclame Ron. ''La Guerre est finie depuis vingt-trois ans !''
''Tu sais, Ron, le monde est comme ça,'' dit Charlie. ''Ce n'est pas parce que Tu-Sais-Qui a disparu pour toujours que le monde des sorciers va se transformer instantanément en monde des Bisounours…''
''En quoi ?'' dit Ron.
''Peu importe. Ce que je veux dire, c'est que même si le plus dangereux Mage Noir de tous les temps n'existe plus, tu as et auras toujours certains sorciers qui le soutiennent ou le voient comme un modèle. Tu te souviens de ce cinglé qui a tué un jour vingt-sept personnes dont vingt enfants aux Etats-Unis, avec parmi eux six sorciers ?''
''Oooooh oui.''
''Et bien voilà. Ce type-là était justement un Cracmol qui n'a jamais accepté sa condition. Et cela prouve qu'il restera toujours du mauvais dans ce monde.''
''Je le sais hein,'' réplique Ron. ''Je le sais bien qu'il n'y a pas sept milliards d'Harry Potter sur cette planète. Mais j'aurais quand même pensé que…''
''Blondel a soutenu ouvertement Voldemort,'' dit Hermione. ''Que Harry l'ait tué ne va pas changer pour autant son opinion.''
Il y a soudain une exclamation, celle de Belinda qui vient enfin de se réveiller complètement. Tous les regards se tournent aussitôt vers elle. Visiblement encore sous le choc, elle met du temps à réaliser où elle est et les nombreuses personnes qui l'entourent.
''Où… où suis-je ?''
''Ne t'inquiète pas, ma chérie, personne ne te fera de mal ici,'' assure Molly.
''Mon père…''
''Il n'est pas là, ne t'en fais pas,'' dit Arthur.
Son regard se pose alors sur Rose et Scorpius.
''Eux ? Qu'est-ce… qu'ils font ici ?''
''Et bien… Belinda, permet-moi de te présenter ma famille et celle de Scorpius.''
''Vous voulez dire que… je suis chez les Weasley ?''
''Oui, exactement.''
Cela semble redonner un peu de couleur à Belinda, même si elle est encore faible.
''Je sais que c'est peut-être difficile à dire mais nous devons savoir comme tu es arrivée ici,'' lui dit Arthur d'une voix apaisante.
''Arthur, je ne pense pas que…'' dit Molly.
''Si, c'est bon madame, je peux… parler.'' assure Belinda.
Molly n'est visiblement pas convaincue mais voyant que Belinda est consentante, elle laisse faire.
''Mon père a voulu me faire sortir de l'hôpital de force,'' explique Belinda. ''Les médecins lui ont pourtant dit que je n'étais pas encore en état. Mais il a fait de la résistance. Il m'a forcé à transplaner…''
''Transplaner ? Dans cet état ? Mais il est cinglé !'' s'indigne Ron.
''Ron, s'il te plaît, reste calme et ne parle pas de son père comme ça devant elle,'' réplique Hermione d'une voix de reproche.
''Ce n'est rien, madame. Lorsque nous sommes rentrés, il m'a hurlé si si je connais vraiment Rose Weasley et Scorpius Malefoy. Je lui ai dit que non et il ne me croyait pas… et là, il m'a donné un coup de pied dans le ventre.''
Tout le monde, même Lucius Malefoy, affiche un regard consterné.
''J'ai réussi à m'enfuir mais j'avais mal, très mal. Et je suis finalement arrivé, désespérée, devant chez vous et j'ai frappé juste avant de m'évanouir. Nous habitons à trois kilomètres d'ici, derrière l'Hôtel de Ville.''
De nouveau un grand silence. Belinda semble estimer qu'elle a déjà trop parlé. Les aînés se regardent, se demandant visiblement quoi faire face à cette situation. La jeune génération regarde Belinda avec inquiétude.
''Nous n'allons pas pouvoir te garder ici, Belinda,'' dit finalement Arthur.
Les autres le regardent tantôt approbateurs, tantôt stupéfaits. Hugo a l'air de se demander si son grand-père n'est pas soudainement devenu fou.
''Mais grand-père, on ne va pas laisser son père lui faire encore du mal !'' s'indigne Fred.
''Bien sûr que non, mais les lois des sorciers sur la famille sont les mêmes que chez les Moldus : légalement, le père de Belinda a sa garde et nous ne pouvons pas l'héberger décemment comme ça.''
''Je vous en supplie, Monsieur Weasley, ne me renvoyez pas chez lui…''
''Nous allons faire de notre mieux pour t'aider,'' promet Molly. ''Il te faudra retourner chez toi, mais nous serons là.''
Avec tant d'évènements et de révélations, tous ont presque oublié que c'est le soir du réveillon de Noël. A minuit, Rose et Scorpius, qui ont envie de passer un peu de temps ensemble, demandent l'autorisation à sortir un peu dehors.
''C'est d'accord mais ne vous éloignez pas trop loin,'' disent Ron et Drago en même temps.
Le ciel ce soir-là est bien bleu et étoilé. On est loin d'imaginer qu'un évènement dramatique vient de se produire et a mêlé à la fois le monde moldu et le monde sorciers, pourtant habituellement séparés par un mur invisible. Rose et Scorpius décident de s'assoir sous un clair de lune à quelques mètres du Terrier. Rose embrasse Scorpius sur la joue et se blottit contre lui.
''On est pas bien là sous le ciel étoilé ?'' dit Scorpius.
''Oui, c'est tellement merveilleux…''
''Tu vois cette étoile là-haut?'' dit Scorpius en désignant une grosse étoile brillante dans le ciel bleutée. ''C'est un signe de bonheur.''
''Le notre...''
Rose se blottit encore plus contre lui. Elle a l'impression de vivre un rêve éveillé, à admirer les étoiles dans le ciel avec le garçon qu'elle aime tellement.
''J'ai de la peine pour Belinda,'' confie-t-elle. ''Quand je vois comment son horrible père la traite, je me dis qu'on l'a mal jugé.''
''Oui c'est vrai. Elle n'est pas si méchante en fait.''
''Même pas du tout. Je sais maintenant pourquoi elle se comportait comme ça.''
''Comment ?''
''C'était une manière pour elle de ne plus penser à son chagrin et ses malheurs. Elle est comme Janice Avery.''
''Qui est Janice Avery ?''
''C'est un personnage d'un film moldu que j'ai un jour regardé avec ma mère. Elle ressemble à Belinda : très corpulente et paraissant méchante mais en fait battue par son père.''
Elle se tait et embrasse à nouveau Scorpius sur la joue. En dehors des malheurs de Belinda, eux n'ont jamais été aussi heureux qu'à cet instant. Ils ont réellement l'impression d'être pour de bon dans leur royaume.
''Scorpius ?''
''Oui ?''
''Je t'aime. Et je ne veux jamais qu'on soit séparé.''
''Moi non plus, Rose. Je ne vivrais plus sans toi. Tu es mon plus beau Noël''
''Oh ! C'est tellement beau…''
A ce moment-là, la voix de George raisonne derrière eux :
''Vous venez, les amoureux ? On va danser le Gangnam style pour fêter Noël !''
''C'est quoi ça le Gangnam style ?'' demande Scorpius.
''C'est une célèbre danse inventée par un chanteur moldu coréen très apprécié chez nous. Je vais t'apprendre si tu veux.''
''Avec grand plaisir, ma Rose.''
Avec un dernier regard au ciel étoilé et à l'étoile de Scorpius, ils se relèvent et rejoignent le Terrier main dans la main. Entre-deux, ils s'embrassent et se murmurent un doux :
''Joyeux Noël, mon amour.''
