Kira Adams : Oui c'est tellement beau le miracle de la vie. Notre couple va encore vivre des aventures pleines d'émotions, comme dans ce chapite-là.
Rose-Eliade : Oui, moi aussi je suis content d'avoir écrit cette fin.
Scorpius traverse une passe difficile. Il était le plus heureux des hommes quand Rose lui a annoncé sa grossesse mais à présent, il regrette presque que le fruit ait été pondu.
Il a si peur de la perdre, si peur que la femme qu'il aime succombe à cette horrible maladie. Pourtant, il suffirait juste d'un sacrifice, si on peut appeler cela ainsi : en avortant, Rose serait quasiment certaine de survivre à l'opération. Dans le cas contraire, ses chances sont infimes. A quoi bon alors, se dit Scorpius, refuser de perdre un enfant si c'est pour finalement perdre et lui et soi-même ?
Mais Rose refuse obstinément d'avorter et Scorpius est effaré. D'un côté, il la comprend : Rose voulait tellement un bébé que l'idée même de renoncer lui, même sous la contrainte, lui est proprement insupportable. Mais de l'autre, il la trouve égoïste de ne penser qu'à l'enfant et pas à eux
Il sait que Rose n'est pas comme ça. Il sait qu'elle agit par amour. Il n'empêche qu'il n'arrive pas à comprendre.
Rose est partagée entre le bonheur et l'angoisse. Le bonheur parce que, à l'entrée du quatrième mois, elle a suffisamment grossi pour que son ventre soit visible à vue d'œil. L'angoisse par rapport à l'opération. La raison voudrait qu'elle survive au dépend du bébé. Mais elle n'y arrive pas. Non, elle ne peut pas supporter l'idée d'un avortement. Elle va se battre pour que tout deux restent en vie. Et elle y croit fort, grâce à l'amour.
Et chaque jour, elle parle à son bébé comme elle parlait à son journal intime, qu'elle ne tient plus depuis longtemps. Elle veut le rassurer, lui dire qu'elle l'aime, qu'elle fera tout pour qu'ils restent en vie et qu'il puisse voir le jour.
''Ne t'inquiète pas, mon bébé, on y arrivera. Maman t'aime de tout son cœur et ne t'abandonnera jamais.''
Comme pour ajouter au choix de Rose – et au désarroi de Scorpius, la jeune femme a le soutien de sa famille. Certes, Ron pense plutôt comme Scorpius, estimant sa décision suicidaire, mais Hermione, bien qu'ayant très peur, a décidé de la soutenir jusqu'au bout.
''Tu as fait le choix de l'amour d'une maman, ma chérie,'' lui a-t-elle confié. ''Je suis si fière que ma fille soit devenue cette femme si douce et courageuse.''
''Oh maman ! Je t'aime tellement.''
''Je t'aime aussi, ma chérie.''
Et mère et fille se sont pris tendrement dans les bras. Après hésitation, Ron en a fait de même. Si Hermione soutient leur fille, alors lui aussi.
Et avec le quatrième mois, un évènement arrive et qui devrait, en temps normal, être un ajout de plus au bonheur des heureux futurs parents : le sexe du bébé.
Rose et Scorpius arrivent à Sainte-Mangouste silencieux. Tous deux ont soigneusement évité le sujet de l'opération : ce n'est pas le moment de se lancer dans une querelle qui ne ferait du bien à personne. Malgré cela, Scorpius n'a pu s'empêcher de dire la veille :
''Mon amour, tu ne veux toujours pas…''
''Non.''
''Dans une semaine, il sera trop tard. Sois raisonnable…''
''Non, Scorpius, non. Je veux garder le bébé. Je n'avorterai jamais, jamais.''
Scorpius n'a pas insisté mais, pour la première fois depuis qu'ils se sont rencontrés, le couple a passé la soirée comme s'ils étaient des étrangers.
En s'asseyant face au bureau du Dr Mitose, celui-ci pose la question auxquels ils se sont attendus mais surtout redoutés.
''Alors, madame Malefoy, avez-vous réfléchi ?''
''C'est tout décidé, docteur. Je n'avorterai pas. Je garde le bébé.''
Le Dr Mitose soupire et dit :
''Vous savez les risques que vous encourez, vous et le bébé. Vous savez aussi qu'il vous reste une semaine pour…''
''Je ne changerai pas d'avis,'' coupe Rose d'une voix ferme en jetant un regard noir à Scorpius qui a les yeux fixés au sol.
''Bon… très bien. Nous allons fixer tout à l'heure un rendez-vous pour l'opération mais d'abord, vous voulez je pense connaitre le sexe de votre enfant.''
''Oui, nous le voulons vraiment'' déclare Rose, en faisant mine d'ignorer que Scorpius parait aussi indifférent que s'il avait été absent.
''Alors, allongez-vous donc, madame Malefoy.''
Rose s'exécute sans attendre. Habituée, elle n'éprouve aucun malaise à soulever son tee-shirt. Au contraire, elle éprouve un grand plaisir à réveler son ventre maintenant bien arrondi, ce qu'elle fait pratiquement tous les jours devant le miroir. Le Dr Mitose dépose le gel puis passe la sonde. Aussitôt, le bébé apparait sur l'écran.
Celui-ci, désormais fœtus, a déjà pris une belle forme. En voyant la tête et les mouvements, Rose a une petite larme à l'œil. Il y a vraiment une vie à l'intérieur d'elle ? Scorpius, à l'inverse, est à peine impressionné. Là encore, Rose n'y fait pas attention.
''Alors, vous êtes prêt à savoir ?'' demande le Dr Mitose.
''Oui,'' répondent en même temps Rose et Scorpius mais pas avec le même enthousiasme.
''Il n'y a pas le moindre doute possible. C'est une petite fille.''
Rose est émerveillée et la petite larme qui a coulé est maintenant accompagné de quelques litres. Une fille, elle va avoir une fille, une petite fille qui grandit dans son ventre…
Mais Scorpius n'affiche aucune réaction, tout juste un sourire bien trop faible pour être convaincant.
Quand Rose et Scorpius rentrent chez eux plus tard, la jeune femme n'a qu'une envie : fêter l'évènement comme il se doit. Scorpius, qui ne partage nullement cette envie, s'assoit sans un mot sur le canapé.
''Tu te rends compte, mon amour ? Une fille, on va avoir une petite ange !''
''Avoir… peuh ! tu parles !'' lance Scorpius.
La joie de Rose s'évanouit aussitôt. Elle regarde Scorpius comme s'il s'était agi d'un sinistre Scroutt à Pétard de Hagrid.
''Ça ne t'enchante pas ?''
''Pourquoi serais-je enchanté, alors que je perdrai bientôt et ma femme et ma fille ?''
Rose devient cramoisi et sembler fumer sur place.
''Tu ne me soutiens pas, donc ?''
''Rose, je te l'ai déjà répété cent fois : tu dois avorter !''
Rose se met à pleurer, non plus des larmes d'émotions comme à Sainte-Mangouste mais des larmes de peine.
''Je… je ne peux pas avorter ! Non, Scorpius, je… je ne peux pas !''
''Alors, le bébé va mourir et toi aussi.''
Rose en a assez. Jusque-là, elle est restée de marbre face au quasi-silence de son mari mais à bout, elle craque et crache :
''Depuis que je t'ai rencontré pour la première fois, Scorpius Malefoy, j'ai toujours pensé qu'on se soutiendrait jusqu'au bout sur tout. Je croyais que l'amour était plus important. Que diraient les sujets de notre royaume s'ils voyaient comment se comporte leur roi envers leur reine ?''
''Redescend sur terre, Rose ! On est dans la réalité.''
Pour Rose, c'en est trop. En larmes, elle lui tourne le dos et quitte la maison en claquant la porte.
Elle décide de se rendre à la première maison où elle trouvera du réconfort : chez ses parents.
Quand elle frappe et que sa mère ouvre, celle-ci est très étonnée de la trouver en pleurs. Rose n'a plus pleuré de peine depuis le temps de son adolescence.
''Ma chérie, mais… que se passe-t-il ?''
''Maman, je peux passer la nuit à la maison ?''
''Oh ! Bien sûr, mon cœur. Entre.''
Aidée de sa mère – le poids de son ventre rend sa démarche plus fragile – Rose s'assoit sur le canapé du salon. Elle essaie de son mieux de sécher ses larmes. Elle ne s'est pas sentie aussi mal depuis le jour où elle a appris son renvoi d'un an de Poudlard.
''Tu veux un café, ma chérie ?'' demande sa mère.
''Non merci, maman. Ça ira.''
''Qui est-ce, mon bébé ?'' fait la voix de Ron depuis la cuisine. Puis découvrant Rose et le visage mouillé, il grogne : ''Rose ? Mais que se passe-t-il ?''
''Elle souhaite dormir ici pour cette nuit,'' répond Hermione.
''Pourquoi ? Il s'est passé quelque chose avec Scorpius ?''
Après un long soupir, Rose se résout à raconter à ses parents la dispute avec Scorpius et son absence de soutien. Elle n'a pas le cœur de leur annoncer qu'ils auront une petite-fille, sachant que la naissance de celle-ci demeure incertaine.
Ron devient aussi cramoisi que sa fille et lance avec fureur :
''Vraiment ? Attend, je vais aller lui dire deux mots…''
''Non, Ron, ne t'en mêle pas !'' coupe Hermione et avant que Ron ait pu faire un geste, elle lance avec sa baguette Blocus sur la porte pour l'empêcher de sortir.
''Ne pas m'en mêler ! Mais Hermione, tu vois comment il la traite ? Elle a besoin d'être soutenue et lui, il préfère bouder dans son coin !''
''Réfléchis un peu avant de juger, et ce n'est pas la peine d'accabler Rose d'avantage !'' gronde Hermione.
Elle voit que Rose s'est remise à pleurer et, non sans un regard noir envers Ron, elle s'assoit à ses côtés et la blottit contre son épaule.
''Ne t'inquiète pas, ma chérie. Ça va aller.''
''Mais… maman je… j'ai peur… je… je veux… garder mon bébé mais… tout le monde… Scorpius… le docteur… tout le monde me dit que… je risque de mourir si…''
''Ecoute, mon cœur, je te l'ai dit : dans cette situation, c'est toi qui décide, c'est toi qui porte l'enfant. Si tu souhaites le garder, fais-le. Quoi qu'il arrive, nous te soutenons de tout notre cœur.''
Hermione lui dépose un doux baiser sur la joue et Rose cesse de pleurer pour de bon. S'efforçant d'esquisser un petit sourire, elle dit :
''Tu crois que j'ai une chance de m'en sortir avec le bébé, maman ?''
''Et bien… je vais te raconter en quelques mots une petite histoire qui nous est arrivé à moi et ton père, quelques années avant ta naissance. Tu permets, Ron ?''
''Oui,'' dit Ron qui, assis sur une chaise, les observe et écoute en silence. Il regrette visiblement de s'être emporté.
''Nous étions ensemble depuis un an,'' raconte Hermione. ''Nous venions aussi de connaître notre toute première fois. A l'époque, nous étions encore jeune et sortions à peine des études et de la Guerre. Nous n'avions même pas encore l'appartement. J'habitais avec Ron chez papy Arthur et mamie Molly. Mais un mois après notre première fois, j'ai découvert que j'étais enceinte.''
''Enceinte ?''
Rose n'en revient pas. Elle, qui a pour unique frère Hugo de deux ans son cadet, n'a jamais su qu'elle aurait pu être elle-même petite soeur.
''Oui. Tu imagines le choc que nous avons eu. Que ce soit professionnellement ou en amour, nous n'étions pas prêt, ton père et moi. Nous le savions très bien. Mais nous avons eu le soutien sans faille des grands-parents et de toute la famille. C'est pourquoi, j'ai décidé, après une réflexion de quelques jours, de ne pas avorter.''
''Un mois a passé et peu à peu, nous nous faisions à l'idée que la famille allait s'agrandir. On s'y préparait tous. Nous attendions un petit garçon. Nous nagions dans le bonheur jusqu'au jour où j'ai appris que le bébé a de graves malformations et ne survivrait pas à la naissance. Et en effet, malgré tous nos espoirs, j'ai accouché d'un enfant mort-né.
Rose est tellement touchée par cette histoire dramatique que des larmes recommencent à couler de ses yeux. Elle aurait pu, aurait du même, avoir un grand frère mais la vie, cruelle, en a décidé autrement.
"Malgré cette épreuve très dur, ton père et moi n'étions pas découragés et avons essayé de refaire un enfant. Pendant longtemps, nos tentatives étaient vaines. Autour de nous, tout le monde procréait. Au final, nous étions les seuls de notre génération encore sans enfant, et nous avions fini par perdre espoir.''
"Sans parler des circonstances...'' commence Ron.
''Je sais, mon chéri,'' coupe Hermione qui ne souhaite pas aborder ce sujet. ''Et puis, un beau jour, près de six ans après l'échec du premier bébé, je suis enfin retombée enceinte. Neuf mois plus tard, tu es arrivée et Hugo - qui devait être à l'origine le prénom du premier bébé - deux années après. Maintenant, je ne peux plus avoir d'enfants mais le fait que je vous ai mis au monde est une victoire pour nous tous, une victoire de l'amour.''
"Et tu penses toujours à Hugo, je veux dire le grand frère ?''
''Bien sûr, ma chérie. Même si, malheureusement, il n'aura jamais pu vivre, il restera à jamais dans nos cœurs.''
Rose a rarement écouté une histoire aussi belle et touchante. Elle reprend espoir et, pour la première fois depuis qu'elle a appris sa maladie et son dilemme, elle retrouve un grand et vrai sourire. Sa mère a réussi à surmonter une terrible épreuve de la vie. Alors, pourquoi pas elle ?
''C'est décidé. Je vais le faire, maman. Je sais que j'y arriverai. Je vais le faire pour moi, pour nous et pour elle.''
''Elle ?'' dit Ron.
Maintenant qu'elle a – un peu – retrouvé le moral, Rose peut enfin leur annoncer.
''Oui, papa. J'attends une petite fille.''
''Oh ! Ma chérie !''
Ron, fou de joie, s'assoit à son tour sur le canapé et embrasse plusieurs fois sa fille sur la joue. Rose pense alors à Scorpius et son moral retombe. Finira-t-il par accepter son choix ? Devinant sa pensée, Hermione le rassure.
''Il t'aime, ma chérie. Il réagit ainsi parce qu'il a peur de te perdre. Mais dans son cœur, il est avec toi. Ça va aller.''
''Merci, maman. J'ai hâte d'en finir et bien sûr qu'elle arrive.''
''Pour l'instant, elle pousse plutôt bien,'' déclare Ron en jetant un œil admiratif au ventre rond de sa fille. ''Ta mère n'était pas comme ça au même stade de grossesse.''
''Tu plaisantes, Ron ? La première fois, j'étais encore plus grosse à quatre mois de grossesse !'' lance Hermione mais plus pour plaisanter.
Pendant ce temps, Scorpius est allé faire un tour dehors pour se calmer.
Il sait qu'il agit mal. Il sait qu'il devrait plus montrer son amour à la femme qu'il aime. Mais il a tellement peur qu'elle ne survive pas à l'opération. En fait, au fond de lui, il ne veut pas qu'elle avorte. Il ne veut perdre ni Rose ni le bébé. Mais s'il faut vraiment faire un choix cornélien…
Il est tellement préoccupé par ses malheurs qu'il bouscule quelqu'un par inadvertance.
''Oh pardon !''
Il se rend compte alors qu'il s'agit d'Amélie. Elle porte un grand sac contenant, outre de quoi manger, un paquet de couches et un pack de lait. Cette vision aggrave la déjà trop forte baisse de son moral.
''Oh ! Désolé, Amélie, je ne t'avais pas vu.''
En voyant sa mine déconfite, Amélie comprend qu'il se passe quelque chose d'anormal.
''Que fais-tu, Scorpius ? Ça ne va pas ? Et Rose ? Et le bébé ?''
''Ne m'en parle pas, s'il te plaît,'' réplique-t-il un peu froidement. ''Je dois y aller. Sal…''
''Attends ! Dis-moi ce qui se passe.''
''Écoute, Amélie, je n'ai pas très envie de discuter.''
''De toute façon, je suis déjà au courant pour la maladie et l'opération, Belinda m'a raconté. Alors, tu ne pourras rien me cacher.''
Scorpius se résigne à tout lui expliquer. Quand il a fini, peu enclin à poursuivre la discussion, il essaie de s'éloigner mais Amélie s'interpose et dit d'une voix ferme.
''Tu dois réagir immédiatement.''
''Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?''
''Que tu fasses ? Va retrouver ta femme. Elle a plus que jamais besoin de toi.''
''Ce n'est pas la peine,'' déclare Scorpius, buté. ''C'est trop tard maintenant.''
''Mais Scorpius, écoute…''
''Écouter ? Alors que ma femme préfère se suicider ?''
''Se suicider ? Non mais tu t'entends parler ? Tu ne comprends pas que Rose fait le choix de l'amour ?''
Ce dernier mot a un impact très fort sur Scorpius. L'amour… bien sûr… comment a-t-il pu être aussi négligeant…
Il s'effondre au sol et éclate en sanglots, la tête dans les mains.
''Merde ! Merde ! Je ne suis qu'un imbécile !''
Bien que désapprouvant son attitude jusque-là, Amélie a pitié pour lui. Elle éprouve une profonde amitié pour le couple depuis qu'ils l'ont aidé à avouer ses sentiments à Belinda.
''Il n'est pas trop tard, Scorpius. Va la retrouver, dis-lui que tu l'aimes, que tu es avec elle.''
''Mais j'ai peur, Amélie ! Tu comprends cela ? JE NE SUPPORTERAIS PAS DE LA PERDRE !''
''Elle a pris sa décision, Scorpius. Tu ne pourras rien y changer. Et si tu lui apportes un soutien sans faille, si tu lui apportes tout ton amour, elle réussira à s'en sortir et le bébé aussi. Regarde, moi et Belinda. Chaque jour, on subit des railleries, des insultes et des menaces parce que nous formons un couple homosexuel avec un enfant. Mais maintenant, on s'en fiche des préjugés. Et tu sais pourquoi ? Parce que moi et Belinda, nous nous aimons, nous aimons notre fils, et nous préférerions mourir ensemble que de nous séparer !''
Scorpius comprend qu'elle a raison. Rose a besoin de lui et de son amour. Comment a-t-il pu agir de manière aussi égoïste ?
''Je vais aller la voir tout de suite ! Merci, Amélie, à bientôt !''
''A bientôt. Et tiens-moi au courant, surtout.''
"Ne t'inquiète pas.''
Scorpius court à fond comme s'il prenait part à une course d'athlétisme aux Jeux Olympiques. Il est très vite essoufflé mais s'en moque. Rose est bien plus important.
Il frappe à la porte de la maison de ses beaux-parents tout en reprenant son souffle. Ron ouvre.
''Scorpius ?''
Ron lui jette un regard noir et Scorpius devine que, l'espace d'un instant, il est tenté de lui claquer la porte au nez. Néanmoins, il s'écarte pour le laisser entrer.
Rose, restée entre temps assise sur le canapé avec sa mère, se lève en le voyant. Les amoureux se regardent un instant en silence. Un silence gênant. Finalement, Scorpius rassemble son courage et dit :
''Rose, je me suis comporté comme un abruti. Je n'ai pensé qu'à moi, je n'ai pensé qu'à ma peur. Je n'ai pas pensé que celle qui a le plus peur, c'est toi, et que tu as besoin de moi. Et je veux te dire que, si tu veux faire l'opération sans avortement, je l'accepte et je suis avec toi. Je t'aime, Rose. Tu es la femme de ma vie et je veux être avec toi jusqu'au bout.''
''Oh Scorpius !''
Émue, Rose se jette dans ses bras et l'embrasse mais est repoussée par son ventre.
''Oups ! J'allais l'oublier… Ouïe !''
''Que se passe-t-il ?'' demande Scorpius avec inquiétude.
''Ce n'est rien, c'est… elle a bougé !''
''Quoi ?''
Rose lui pose une main sur son ventre. Scorpius est aussi émerveillé que le jour où il a dit oui à sa femme au mariage.
''Je la sens, Rose, je la sens !''
Il se met à genoux et, parlant au ventre, il dit :
''Ne t'en fais pas, ma chérie. On va s'en sortir. Papa et maman t'aiment très fort et on va y arriver. Je t'aime.''
Et il dépose un doux baiser sur le ventre. A l'écart, Ron et Hermione les regardent, heureux et nostalgique.
Si seulement il n'y avait pas cette foutue maladie...
