Kira Adams : Et oui, je les enchaine les chapitres émouvants, et ce n'est pas fini, loin de là. Voilà la suite-suite, hihi
Rose-Eliade : Vlà la suite
Scorose : Oui, c'est comment dire ma spécialité, j'adore jouer, parler des sentiments des personnages. Pour ce qui est du sort de Rosie, réponse ici.
Notes de l'auteur
- J'ai fixé un nombre de chapitres définitifs. En comptant celui-là, il reste six chapitres et l'histoire s'arrêtera donc au chapitre 26.
-Les chapitres seront maintenant publiés chaque mercredi et dimanche soir.
-Le récit d'Hermione du chapitre précédent sera adapté en une fanfiction que je commencerai à écrire une fois celle-ci terminée.
-Je voudrais aussi remercier tout ceux qui lisent, aiment cette histoire et mes fidèles reviewers. C'est grâce à vous si j'ai l'envie de continuer et finir cette histoire, sachant que j'ai été tenté à plusieurs reprises de laisser tomber par démotivation ou manque d'inspiration. A tous, je vous dis : un grand merci.
Mais Rose, malgré son choix définitif, ne peut s'empêcher d'éprouver une tension de plus en plus forte au fur et à mesure que se rapproche la date fatidique. Et la peur est maintenant envahissante : et si tout rate ? Si son bébé, ou même elle, y passe ? Scorpius et toute la famille ne le supporteraient pas…
Face à ses craintes, sa mère la rassure : elle a pris la bonne décision, celle du cœur.
''C'est noble ce que tu as choisi de faire, ma chérie. Tu vas te battre et tu vas tenir bon. Nous sommes avec toi.''
Toujours aussi émue, Rose enlace sa mère.
La peur est cependant accentué par les Malefoy, surtout le père de Scorpius, qui désapprouvent totalement le choix de Rose de tenter l'opération sans avortement. Un matin à l'appartement de Ron et Hermione, Drago Malefoy débarque sans prévenir et frappe sur la porte comme s'il espérait la casser en mille morceaux.
''Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ?'' grogne Ron, peu enchanté d'être réveillé aussi brutalement un matin où lui et Hermione sont de repos.
Il ouvre la porte et manque de se faire renverser par un Drago Malefoy qui entre dans la maison comme un taureau en furie.
''Dis donc, Malefoy, qu'est-ce que tu…''
''Alors comme ça, ta fille va se faire opérer sans avorter ?'' grogne-t-il comme si Ron était responsable de toute l'histoire.
''Attends, Malefoy, je t'arrête tout de suite. C'est elle qui a décidé de…''
''Elle va tuer mon petit-fils !''
''Petite-fille,'' corrige Ron.
''Oui, peu importe, ça revient au même. Elle va la tuer, Weasley, non mais tu te rends compte !''
''Chéri, qui c'est ?''
''Rien, Hermione, c'est…''
''Ah c'est toi.'' dit Hermione en sortant de la chambre et en jetant un regard stupéfait et mécontent à Malefoy. ''Qu'est-ce que tu veux ?''
Malefoy semble hésiter un instant mais reprend vite ses airs supérieurs et lance :
''Votre fille n'a pas le droit de faire ça. Cet enfant fait aussi parti de notre famille !''
''Écoute, Malefoy, la seule qui a le droit de décider, c'est Rose,'' lance Hermione d'une voix ferme. ''C'est elle qui porte l'enfant, c'est son enfant. Et puisqu'elle a décidé de se faire opérer en gardant le bébé, on se doit de respecter son choix, que ça nous plaise ou non.''
Malefoy brûle de balancer une réplique cinglante à Hermione et des souvenirs reviennent du temps de Poudlard, quand il prenait un plaisir à la tourmenter. Il se retient et ajoute simplement avant de partir :
''Je vous préviens : si jamais il arrive quoi que ce soit à ma petite-fille, vous me le paierez cher, très cher.''
Et il s'en va en claquant la porte derrière lui.
''Complètement cinglé,'' grogne Ron. ''Comme quoi, il n'a pas tant changé que ça.''
''Il a aussi peur que nous, Ron. C'est sa petite-fille, elle fait aussi parti de sa famille.''
''Ce n'est pas une raison pour venir faire une scène chez nous à sept heures du matin, et qui plus un jour de repos !''
Rose est maintenant très apeurée intérieurement. Dans trois jours, elle va se faire opérer. Entre-temps, son ventre s'est encore arrondi et, si elle en est très contente, elle éprouve aussi un peu de gêne à être aussi visible. Dans la rue, certains inconnus se permettent impunément de poser une main sur son ventre, ce qu'elle trouve plutôt désagréable.
''Déjà que j'ai horreur qu'on me mate, alors ça c'est pire,'' confie-t-elle à sa mère.
''Hélas, ma chérie, ça fait partie des inconvénients d'une femme enceinte. Moi aussi j'y ai eu droit et la tante Ginny a piqué un jour une crise car elle en avait marre qu'on la touche.''
''Je la comprends. Je ne sais pas moi, ça ne se fait pas. Je déteste qu'on touche mon ventre comme ça.''
''C'est normal. Ça fait partie de notre intimité.''
''Maman ?''
''Oui ?''
''Tu étais comment quand tu m'attendais ?''
C'est une question que, huit ans plus tôt, elle n'aurait jamais posé, à une époque où l'idée de grossir était proprement insupportable pour Rose.
''Oh ! Et bien heu… attend, je vais aller chercher quelques photos dans les archives de la famille.''
Elle se rend dans sa chambre et pendant ce temps, Rose pose une main sur son ventre. Elle s'habitue peu à peu aux mouvements de son bébé parfois accompagnés de quelques coups de pieds qui lui donnent l'impression d'avoir un marteau dans l'estomac. Une sensation toutefois pas désagréable, loin de là.
Hermione revient deux minutes plus tard avec trois photos sous le bras. Souriante, elle se rassoit sur le canapé et dit fièrement :
''Regarde celle-ci : tu n'as rien à m'envier. J'étais enceinte de toi, de six mois.''
Rose jette un œil amusé à la photo. On y voit une Hermione, le ventre à l'air mais plus gros encore que celui de Rose. Elle a une impression bizarre à s'imaginer dedans.
''Et ben, j'ai bien poussé ma parole !''
''Tu peux le dire. Et qu'est-ce que tu bougeais, une vraie sportive.''
"Plutôt étonnant, parce que moi et le sport ça fait deux.''
''Telle mère, telle fille.''
Elles éclatent de rire. Hermione montre une autre photo. Elle a été prise le jour de la naissance de Rose. Hermione est dans le lit de la maternité et tient Rose, tout juste née, dans ses bras et la contemple avec un sourire de bonheur. A côté, un Ron aux anges contemple sa fille avec des yeux émerveillés.
''Et oui, c'est mamie Molly qui a fait cette photo quand tu es née. Tu n'avais que dix minutes.''
Rose se demande si sa fille ressemblera à ça. Rose bébé est très mignonne : une toute petite boule rose sans cheveux, aux yeux innocents.
''Maman ?''
''Oui ?''
''Est-ce que ça fait si mal l'accouchement ?''
Elle ne s'est pas vraiment la question jusque-là mais maintenant qu'elle y pense, elle ne peut s'empêcher de redouter un peu ce qui sera l'instant décisif.
''Pour tout te dire, oui ça fait très mal sur le moment mais on oublie très vite. Ne t'en fais pas, ma chérie, tout se passera très bien. Dis-toi que c'est naturel.''
Elle lui montre ensuite la troisième et dernière photo. On y voit Ron et Hermione, visiblement à l'église, face à un prêtre. Hermione tient Rose dans ses bras. Rose a des cheveux roux sur la tête et Hermione est nettement amincie comparée à la première photo où ses rondeurs se voient comme un nez au milieu de la figure.
''C'est le jour de ton baptème. Tu avais six mois. J'ai eu du mal à convaincre ton père, il est ouvertement athé. Mais je souhaitais vraiment te baptiser, en pensant à mes parents qui sont croyants pratiquant. Mais je n'ai pas pu le faire céder pour un mariage à l'église. Uniquement à la mairie et bien sûr sous la tente des Weasley.''
Rose n'est encore jamais allée dans une église. A peine a-t-elle quelques connaissances sur la bible et la vie de Jésus.
Ayant vu ces trois photos, Rose a les larmes aux yeux. Dire que ce petit être, nourrisson à peine né, de la grossesse de sa mère à son baptème, va bientôt devenir maman à son tour.
''Tu sais quoi, maman ? Je trouve que c'est beau l'histoire de la vie. Je comprends maintenant pourquoi je pleure comme une madeleine chaque fois que je regarde Le Roi Lion.''
''Tu as raison. C'est la plus belle chose au monde. Et je suis si fière que toi, ma si jolie petite fille, tu vas toi aussi connaitre ce bonheur.''
''Oh ! Maman, je t'aime tellement.''
Mère et fille s'enlacent tendrement, comme jamais.
''Je t'aime aussi, ma chérie.''
Le grand jour arrive. Rose essaie de rester calme, du mieux possible. Scorpius est silencieux. Rose sait qu'il a peur et se demande s'il passera la prochaine nuit en sa compagnie. Néanmoins, il lui donne un gros baiser d'encouragement sur la bouche et lui prend la main. Il veut être avec elle dans cette épreuve difficile.
''Tu sais que ton père est furieux ?'' dit Rose en le regardant boire son bol de café. (l'opération nécessite qu'elle reste à jeun).
''Oui, il est venu faire un scandale chez tes parents. Mais je lui ai dit clairement que ce n'est pas lui qui décide.''
Rose est embarrassée.
''Je ne veux pas que tu aies des problèmes avec ton père.''
''Ne t'inquiète pas. Ce dont je me soucie, c'est toi.''
Quand il a fini d'avaler son café, le couple se prend tendrement la main pour se soutenir mutuellement et transplane, direction Sainte-Mangouste, prêts à en découdre.
Lorsqu'il vient les chercher pour leur rendez-vous, le docteur Mitose ne peut s'empêcher de jeter un regard inquiet à Rose. Il désapprouve tout autant son choix mais sait qu'il ne peut pas s'opposer à l'amour d'une maman.
''Bien. Alors, faisons le point,'' dit-il après qu'ils se soient assis face à son bureau. ''Vous n'avez pas changé d'avis j'imagine ? Sinon, il est encore temps.''
''Non, docteur.''
Le docteur soupire et dit d'une voix terne :
''Très bien alors. Allongez-vous sur le lit.''
Sa voix est clairement résignée. Rose, la peur au ventre, s'exécute.
"Vous savez désormais que vous ne pouvez plus revenir en arrière, madame Malefoy,'' prévient encore le Dr Mitose.
"Je sais, mais je suis prête, docteur.''
''Très bien. Je vais vous endormir.''
Scorpius, tout aussi inquiet, lui prend la main. Il veut la soutenir, il veut lui montrer son amour, il veut lui montrer son soutien.
''Je n'ai pas besoin de vous dire, monsieur Malefoy, que je dois exiger de vous le plus grand silence. Ce que je vais faire est très délicat et bien souvent peu recommandé. Mais c'est la seule chance.''
''D'accord,'' dit Scorpius, la voix tremblante.
''Bien. Allons-y.''
Et sortant sa baguette magique, il lance :
''Durmiendo.''
Aussitôt, les paupières de Rose deviennent lourdes et en à peine dix secondes, elle tombe profondément endormie.
''Elle ne se réveillera que lorsque je lancerai le contre-sort,'' explique Mitose. ''Maintenant, passons aux choses sérieuses. Protego.''
Ses mains prennent une couleur bleu surprenante pour les yeux extérieurs de Scorpius.
''C'est une protection nécessaire. Voici maintenant en gros ce que je vais faire : je vais utiliser un sortilège pour lancer une image de l'intérieur de votre femme. Il me faudra ensuite lancer une série de sorts pour lancer un anticorps qui doit pouvoir éliminer la cause de la maladie. Cependant, comme elle est en état de grossesse, l'opération est beaucoup plus délicate et je dois être extrêmement concentré.''
''Allez-y,'' dit Scorpius d'une voix impatiente.
''Stomachus.''
Aussitôt, une espèce d'image comme un vieil écran de télévision brouillé apparait au-dessus du ventre de Rose. Scorpius réalise vite avec horreur que c'est bien son intérieur et cette vision le dégoûte quelque peu. Il s'efforce néanmoins de rester de marbre.
Très très doucement, comme s'il avait peur de se brûler, le docteur Mitose passe une main à travers l'image et Scorpius découvre qu'il peut y intéragir, tel un jeu vidéo électronique. Il accumule une série de gestes de la main et la tension de Scorpius est palpable.
''Vous y arrivez ?'' dit Scorpius qui tremble presque des dents tant il est inquiet.
''Je cherche, je cherche, ça va venir… ah !''
''Vous avez repéré quelque chose ?''
''Chuuuuuut.''
Il manipule sa baguette sur l'image. On aurait dit un boxeur répliquant à un adversaire coriace.
''Ça alors, ça alors…''
''Quoi ? Quoi ? Que se passe-t-il ?''
''Ce n'est pas ce que je pensais…''
''Mais quoi ? Parlez enfin !''
''Monsieur Malefoy, je me suis trompé sur toute la ligne.''
''Qu'est-ce que vous voulez dire ?''
''La cause de la maladie de votre femme, c'est la grossesse.''
''La grossesse ?''
''Oui. Je viens de réaliser maintenant, en observant attentivement le corps de madame. Elle a un problème génétique au niveau de son utérus et remontant jusqu'à l'estomac. Être enceinte met sa vie en danger.''
''Que… quoi, je…''
Avant que le docteur ait pu répondre, un grand son aigüe se fait soudain entendre sur la sonde. Scorpius est au bord de la crise de nerfs.
''Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? PUTAIN !''
''Oh merde ! Despertus ! Despertus ! Despertus !''
Mais rien ne se produit. Le bruit aiguë, qui sonne très désagréable aux oreilles de Scorpius, devient de plus en plus faible puis plus rien. Scorpius est désemparé. D'une voix triste et résignée, le docteur dit :
''Heure du décès…''
''QUOI ?''
''Je suis désolé mais…''
''Vous l'avez tué… VOUS AVEZ TUE MA FEMME !''
La peur et la colère de Scorpius explosent. Ne pouvant plus se contrôler, il se jette sur le docteur et le martèle de coups de poings.
''Monsieur Malefoy…''
''C'EST DE VOTRE FAUTE, ESPECE D'INCAPABLE ! VOUS AVEZ…''
Mais soudain, il s'interrompt. Un cri de stupeur s'est fait entendre. Scorpius et Mitose réalisent alors avec surprise que Rose s'est réveillée.
''Rose ? Tu es… vivante ?''
''Scorpius ! Je… oui ! Je le suis et… ouïe ! Elle aussi !''
''Ça alors… c'est un miracle… C'EST UN MIRACLE !''
La rage précédente laisse totalement la place à la joie. Si heureux que sa femme et sa fille aient finalement survécus, Scorpius se met à sautiller et danser comme un fou. Mitose n'en revient pas mais est tout aussi émerveillé.
''Je n'ai encore jamais vu ça en trente ans de carrière ! Incroyable ! C'est la force de l'amour ! Comment vous sentez-vous, madame Malefoy ?''
''Je n'ai jamais été en meilleure forme, docteur,'' dit Rose en se relevant doucement. ''Et elle aussi, vu comment elle bouge,'' ajoute-t-elle en tapotant son ventre rond.
''Ma femme et ma fille sont sauvées ! La la la la !''
''Scorpius, voyons !''
Mais Rose est amusée de le voir aussi joyeux.
''Je crois même,'' dit-il, ''que ça mérite une petite danse. Je me lance ?''
''Vas-y. Hihi.''
''Parfait. C'est parti pour… Oppan Gangnam Style !''
Il se lance dans la danse du cheval qu'il a appris un jour auprès de Rose et maitrise maintenant parfaitement. Et à la grande surprise du couple, le docteur s'y lance aussi. Visiblement, lui aussi est fou de joie que le miracle se soit produit.
En les regardant danser, Rose pose une main sur son ventre arrondi. Elle l'a fait, elles ont tenu bons. Elles ont échappé au pire. Maintenant, plus rien ne peut leur arriver.
''On a réussi, mon cœur. Je t'aime, ma chérie, j'ai hâte que tu arrives.''
Le docteur l'a dit. L'amour d'une maman pour sa fille… c'est plus fort que tout.
