« Rien n'est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie. »
Martin Luther King
Remus marchait au bord de l'eau, près de sa nouvelle maison. Il avait, aussi loin qu'il s'en souvienne, toujours aimé la mer. Il était bien trop tôt pour qu'il se baigne, il n'était qu'en février, et même s'il s'était déjà baigné à cette période de l'année, c'était en Australie et non en Angleterre. La température de l'eau était bien différente. Il aimait la plage, le sable et le vent s'infiltrant dans ses vêtements, la mer claquant sur ses pieds. Il marchait le long de la plage et s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'il entendit des sanglots à quelques mètres de lui. Il s'approcha et vit son lui-jeune, adossé à un arbre, pleurant pour il ne savait quelle raison.
—Remus ? Que se passe-t-il ?
Il ne lui demanda pas s'il allait bien, il voyait bien que ce n'était pas le cas.
—J'ai besoin d'être seul, sanglota-t-il.
—Peut-être, mais ressasser vos émotions, ainsi, seul, ne vous aidera pas. Qu'est-ce qu'il se passe ?
—Tout cela est ma faute. Benjy et Dorcas sont morts à cause de moi. C'est moi qui ais fait entrer Peter chez les maraudeurs. Sans moi, il ne serait jamais entrer dans l'Ordre !
—Je vous comprends. Mais Pettigrow aurait pu entrer dans l'Ordre tout de même, il était dans votre dortoir pendant sept ans. Vous n'alliez pas l'ignorer à chaque fois.
—Vous ne pouvez pas comprendre. C'est comme si je l'avais fait entrer dans mon groupe d'amis, pour qu'ils nous trahissent, vous n'avez pas vécu cela, répondit-il avec colère.
Remus soupira et s'assit à côté de sa propre personne.
—Je vais vous raconter une histoire, mais par Merlin, n'en parlez à personne, pas même à Sirius ou James. Je vous l'ai déjà dit, mais lorsque j'avais quatre ans, j'ai été mordu par un loup-garou. Toute mon enfance, j'ai été tenu à l'écart des autres enfants. Je jouais bien avec ma sœur, mais nous avions plus de six ans d'écart et elle avait ses propres amis. Lorsque je suis rentré à La Escuela de Magia de España, j'ai rencontré deux amis, et nous avons fondé notre groupe presque aussitôt après. Mais il y avait une quatrième personne dans notre dortoir et il se faisait embêter par d'autres élèves. Je suis allé le voir et je lui ai proposé de faire partie de notre groupe. Il nous a rejoint et nous sommes devenus les fauteurs de troubles de l'école. Des événements ont fait que Juan, un de mes meilleurs amis à dû se cacher, son fils faisait l'objet d'une prophétie et Pedro a été choisi comme gardien secret, alors que tout le monde pensait que c'était Sergio qui garderait le secret. Pedro faisait parti du camp adverse et il a dévoilé leur cachette au mage noir qui sévissait en Espagne. Juan et Lea sont morts assassinés, laissant derrière eux leur fils, Harry.
—Le même Harry dont Helena rêve sans cesse ?
—Oui. Sergio a été accusé et enfermé en prison. Je l'ai cru coupable, comme tout le monde. Il a été enfermé pendant douze ans.
—C'est lui l'ami d'Helena qui a été enfermé pendant douze ans ?
—Oui. C'est plus le mien que le sien, mais elle a appris à le connaître. Pendant douze ans, j'ai pensé que Sergio avait vendu Juan et Lea et qu'il avait tué Pedro. Mais j'ai découvert, un an après qu'il se soit échappé, qu'il était innocent et que c'était Pedro qui avait tout orchestré. Alors vous avez fait entrer Pettigrow dans la vie de vos amis, et il a tué Dorcas et Benjy, mais c'est de ma faute si mes amis sont morts, si Harry a été maltraité avec son oncle et sa tante, si Sergio a passé douze ans en prison alors qu'il était innocent.
—Je comprends pourquoi vous détestez le fidelitas. Mais ce n'est pas de votre faute, vos amis auraient dû vous dire qu'ils avaient changé de gardien secret.
—Ils pensaient que c'était moi le traître. Et l'idée m'avait déjà effleuré que Sergio puisse nous trahir. Simplement parce qu'il venait d'une famille qui pratiquait la magie noire.
Remus finit son histoire et se leva, sans un mot. Parler de son passé était douloureux, et encore plus si cela touchait à l'effondrement des maraudeurs. Il retourna mettre ses pieds dans l'eau et parcourut le reste de la distance qui le séparait de la maison.
Hermione pénétra à l'intérieur de la maison, tout en réfléchissant. Elle commença à ranger les courses qu'elle avait faites dans les placards, machinalement, sans penser à utiliser la magie. Lily, qui avait dormi là la veille vint l'aider.
—Les filles, nous sommes des sorciers. Vous pouvez sortir vos baguettes et tout ranger en quelques secondes.
—Merci Sirius, après plus de sept ans dans le monde magique, je n'avais toujours pas remarqué.
Hermione continua son rangement comme si de rien n'était, elle n'avait même pas entendu Sirius parler.
—Helena ! Je te parle. Helena. Merde, elle nous refait une crise.
—Je ne fais pas de crise, je réfléchis juste.
—Tu pourrais nous répondre. A quoi tu penses ?
—Je cherche un nom pour la maison.
Sous leurs yeux incompréhensifs, Hermione leur expliqua qu'elle avait rencontré une caissière qui lui avait appris qu'il y avait une tradition dans les alentours, lorsqu'une maison était achetée, il fallait lui trouver un nom. Hermione était alors rentrée à pieds et avait effectivement vu qu'il y avait des noms écrits sur la façade des maisons.
—Et tu nous fais paniquer pour un nom de maison ?
—Tu ne comprends pas. Ça fait des années que je n'ai pas eu un véritable chez-moi, alors si c'est une tradition locale, c'est important pour moi. Mais je n'ai absolument aucune idée de nom.
—Pourquoi pas Les Voyageurs ? proposa Remus en entrant dans la pièce.
Il avait écouté la conversation et même si cela lui importait peu, il comprenait le besoin d'Hermione de se rattacher à quelque chose, un nom de maison par exemple.
—Ça nous correspond plutôt bien, non ?
—C'est clair. On a passé notre vie à voyager.
Remus avait souvent changé de maison lors de son enfance, il suffisait qu'un voisin ait un doute sur sa condition, ses parents et lui déménageaient. Cela s'était calmé lorsqu'il était entré à Poudlard, mais il avait à nouveau changé d'endroit sans cesse, lorsqu'il était entré dans l'Ordre et était parti en mission. Les années qui avaient suivi la mort de James et Lily s'étaient révélées relativement calmes, il resta dans un petit coin reculé du Pays de Galles. Après son année d'enseignement à Poudlard, il fut envoyé en mission sur ordre de Dumbledore et rejoignit quelques meutes de loup-garou, sans vraiment de succès. Puis Tonks arriva dans sa vie et lui apporta un peu de stabilité, jusqu'à la bataille de Poudlard.
Hermione, elle, avait eu une enfance assez calme, elle avait voyagé quelques fois en France et en Espagne, ses grands-parents étaient originaires de là-bas. L'année de la chasse aux horcruxes a été la première d'une longue série où fuir était la chose la plus raisonnable à faire.
Remus et Hermione avaient vagabonder à travers le Royaume-Uni après la défaite qui avait annoncé la fin de la Guerre, puis s'étaient retrouvé au Manoir Malefoy, avant de rentrer au Square Grimmaurd. Puis les Élus du Temps sont nés et ils ont voyagé en Espagne, en Australie, au Pérou, en Egypte, ils avaient traversé la Suède et la Norvège. Avant de voyager à travers le Temps et revenir plus de vingt ans en arrière. Oui, Les Voyageurs, cela leur correspondait très bien.
En ce matin d'avril 1979, les voyageurs du temps angoissaient. Minerva leur avait fait parvenir un hibou la semaine précédente pour les informer qu'elle serait libre le week-end qui arrivait, pour détruire l'horcruxe qui se trouvait dans la maison des Gaunt. Cela avait été compliqué pour elle d'obtenir son week-end de libre, bien que les professeurs n'étaient nullement obligés de passer leurs jours de repos au château, en tant que directrice adjointe, la sorcière se devait d'être présente, encore plus lorsque le directeur était absent, ce qui arrivait relativement souvent, Dumbledore était semblait-il, très occupé par l'Ordre.
Hermione prépara quelques potions de soin, qui pourraient leur être utile. Remus était déjà en bas et l'attendait, tout autant stressé qu'elle. Heureusement pour eux, il était encore tôt et les membres de l'Ordre présents au QG dormaient encore, ils éviteraient les questions indiscrètes où ils n'auraient pas de réponse.
Ils transplanèrent en Ecosse, à Pré-au-Lard plus précisément et attendirent Minerva, qui arriva quelques minutes plus tard. Malgré le fait qu'il soit en avril, il faisait toujours très froid et les sorciers étaient tous vêtus de capes d'hiver. Hermione les fit ensuite transplaner à Little Hangleton. Elle n'y était jamais allée, mais Harry lui avait montré les souvenirs de Dumbledore et pouvait s'en problème s'y rendre.
Ils demandèrent leur chemin à un habitant du village, qui parut horrifié par leur destination. La famille Gaunt avait toujours été plus qu'étrange et il leur déconseilla vivement d'aller là-bas. Remus, pour plus de précautions, lui jeta un sort d'oubliettes et ils continuèrent leur chemin sans encombre. Lorsque le petit cottage s'éleva devant eux, ils ne purent retenir un frisson.
La maison, si on pouvait la qualifier ainsi, se situait à l'orée d'un bois sombre, des morceaux de tuiles jonchaient sur le sol, le sol était recouvert de mousse et un serpent était cloué sur la porte. Ils n'eurent aucun mal à y entrer, les propriétaires ayant désertés depuis de nombreuses années, il n'y avait aucun sortilège de protection. L'intérieur était tout aussi déplorable que l'extérieur, la maison était composée de trois minuscules pièces et d'une extrême saleté. Mais ils pouvaient tous les trois sentir la profonde aura de magie noire qui planait dans l'air.
—On reste ensemble, quoi qu'il arrive, déclara Hermione en brisant le silence pesant.
Le trio jeta plusieurs sorts pour essayer de détecter l'horcruxe et ce fut Hermione qui le trouva, cela n'avait rien d'étrange, c'était elle qui s'y connaissait le mieux en magie noire. Elle avait cherché l'endroit le plus concentré en magie dans la maison, et cela l'avait mené dans une chambre, sous le plancher. Minerva et Remus s'étaient empressé de la suivre. Lorsqu'ils entrèrent dans la pièce,les deux élus du Temps furent brusquement attirés par l'horcruxe et s'approchèrent lentement, avec fascination. Minerva les arrêta tous deux d'un stupéfix et s'empara de l'objet infâme avec précaution, sans le toucher. Elle savait que le simple fait de l'effleurer pourrait la tuer. Pas immédiatement, mais elle succomberait après de longs mois de souffrance. Elle fit léviter Remus et Hermione jusqu'au bois, quelques mètres plus loin.
Elle leur lança le contre-sort et leur ordonna de détruire l'horcruxe à deux. Elle le lâcha à quelques mètres d'eux. Hermione et Remus murmurèrent une incantation et un gigantesque feudeymon se forma, réunissant leur magie. Des silhouettes apparurent et les insultèrent, encore. Hermione et Remus avaient tous les deux détruit un horcruxe, mais cette fois-ci, les propos se faisaient plus véhéments, les phrases plus douloureuses. Leurs amis semblaient plus réels. Ils faiblissaient. Cela leur faisait énormément de mal, d'entendre Harry et Ron pour Hermione, Tonks, James et Sirius pour Remus, dire du mal d'eux. Lorsque l'horcruxe fut totalement détruit, Hermione pleurait et le visage de Remus était fermé, impénétrable.
Minerva ne saurait dire quelle réaction était la pire. Les sanglots d'Hermione étaient insupportables à entendre, les terribles mots que ses amis lui avaient lancé étaient durs à encaisser et sa souffrance pouvait être entendue par tout le monde. Quant à Remus, il s'était refermé comme une huître, avait le regard noir et ne disait pas un mot. La professeure sut que rester là ne les avancerait à rien et les fit transplaner chez eux, directement dans le salon.
Ils étaient en début d'après-midi et les maraudeurs avaient décidé de sortir entre eux et s'étaient donnés rendez-vous au QG puisque Sirius et Remus y dormaient la plupart du temps. Ils furent donc incroyablement surpris lorsque leur ancienne professeure et directrice de maison entra dans le salon, accompagné de Remi et Helena. Le sorcier monta directement dans sa chambre avant de s'enfermer en claquant la porte. Helena était tombée à genoux et pleurait fortement, sans pouvoir s'arrêter. Les trois jeunes hommes la regardaient avec des yeux ronds, jamais ils ne l'avaient vu pleurer, ce n'était pas son genre de le faire en public. Ils l'avaient vu exploser de souffrance à la mort de Mary, mais jamais elle n'avait pousser de sanglots déchirants ainsi.
—Qu'est-ce qu'il s'est passé ? se risqua Sirius.
Seuls les sanglots d'Hermione lui répondirent. Minerva s'agenouilla devant elle et la prit par les épaules. Elle lui parla calmement, d'une voix sure mais basse pour ne pas que les maraudeurs ne l'entendent.
—Helena, regarde-moi. Ce n'est pas vrai. Ce n'était qu'une illusion, très puissante. Harry et Ron ne t'auraient jamais dit cela.
—Mais... tu as entendu ce qu'ils ont dit. Ils me détestent.
—Ce n'était pas eux ! C'était l'horcruxe qui parlait, pas eux. Tu étais leur meilleure amie, jamais il ne t'aurais insulté. Réfléchis.
—Mais ils étaient tellement vrai, plus encore qu'avec la pierre ou le diadème. Harry avait ses yeux verts, Ron ses yeux bleus. Ils doivent tellement être déçus de moi, je n'arrive même pas à les détruire, à le détruire, sanglota-t-elle de plus belle.
—Helena, ça suffit ! Tu es une grande sorcière, tu as tout quitter pour le détruire et tu vas réussir. Tu connais la magie noire, tu sais ce que cela signifie ! Tout est fait pour te faire sentir au plus mal. Rappelle-toi quand vous avez récupéré le journal. Tu as vécu à nouveau tes pires souvenirs, toutes tes blessures sont ressorties d'un seul coup, mais tu as réussi à surmonter cela. Tu es forte, ce n'est pas une illusion, aussi réaliste et douloureuse soit-elle qui va te mettre à plat. Maintenant va t'asseoir, je dois aller parler à ton oncle et il faut que tu te reposes, il y a une réunion à dix-huit heures.
Les maraudeurs suivirent Minerva du regard avant de se reconcentrer sur Hermione. La jeune femme s'était assise sur le canapé avait le regard vide. Les sillons de larmes étaient encore visibles sur ses joues et ses yeux étaient rouges.
—Helena, ça va ? demanda James avec hésitation.
Hermione ne lui répondit pas, elle ne tourna même pas la tête. Elle regardait droit devant elle sans baisser la tête ni cligner des yeux. Elle ressemblait à une statue, figée dans le temps.
—Elle a l'air d'aller bien peut-être Cornedrue ? Helena, tu veux bien nous dire ce qu'il se passe ? continua Remus d'une voix douce.
Hermione ne lui adressa pas une parole, pas un regard de plus qu'à son ami. Elle semblait prisonnière d'une muraille de glace qui ne voulait pas se briser.
—Bon laissons-la, elle ne veut pas nous parler. Il faut arrêter de vouloir à tout prix la couver. Elle survivra. Vous étiez pareil à ma sortie d'Azkaban. Vous connaissez le proverbe par Merlin ! Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
Hermione se releva brusquement et planta ses faux yeux bleus dans ceux de Sirius. Elle sortit brusquement de son mutisme, sous les regards surpris des trois hommes.
—Tu crois sincèrement que voir le parrain de mon meilleur ami se faire assassiner devant mes yeux m'a rendue plus forte ? Tu crois que passer toutes les semaines à veiller que Harry ne se suicide pas m'a renforcée ? Tu crois que m'être fait torturer à quelques doloris de devenir folle m'a aidé ? Tu crois que voir les décombres du château qui avait été ma maison pendant plusieurs années m'a fait me sentir mieux ? Tu crois que voir les corps inanimés de tous mes amis m'a été bénéfique ? Tu crois que voir le cadavre de Ron, de Harry à mes pieds m'a rendue plus forte ? Tu crois que mon statut de sang graver dans ma chair m'a aidée ? Tu crois qu'être tatouée pour pouvoir être possédée m'a été bénéfique ? Tu crois qu'être torturée par tous mes ennemis en même temps m'a rendue plus forte ? Tu crois que me faire violer par un mage noir et la moitié de ses partisans m'a fait du bien ? Tu crois que tout ça ne me tue pas à petit feu ? Cela me rend faible, parce que c'est mon passé et je ne peux pas lutter ! Je ne peux pas le modifier ! Chaque cicatrice présente sur ma peau me le rappelle. Tu crois sérieusement que lorsque je me regarde dans le miroir, je vois une femme forte qui a survécu ? J'ai bien survécu, parce que je suis condamnée à sauver ce putain de monde ! Alors quand on ne sait pas, on se tait !
Hermione avait tout déballé d'une seule traite, sans faillir une seule fois. Elle se tenait droite, le menton relevé mais les yeux pleins de larmes. Les mines des maraudeurs n'avaient jamais été aussi graves, ils semblaient profondément choqués. La voix d'Hermione n'avait pas tremblé une seule fois, elle s'était rassise et fixait à nouveau le mur en face d'elle.
—Sortez de chez moi.
Aucun d'eux ne fit un mouvement. Comment auraient-ils pu après ce qu'ils venaient d'entendre ?
—Sortez de chez moi, je vous l'ordonne.
Voyant qu'ils n'obéissaient pas, la voyageuse du Temps sortit sa baguette et les expulsa hors de la maison. Son regard se posa à nouveau sur le mur en face d'elle. Elle regardait fixement le cadre qui y était accroché.
Ce qui compte, ce ne sont pas les coups qu'on donne, mais ceux que l'on reçoit et auxquels on résiste pour aller de l'avant.*
Jamais Hermione n'en avait autant voulu à Marlène pour avoir voulu mettre cette citation là. Les coups qu'elle avait reçu, il y en avait tellement. Mais elle ne pouvait aller de l'avant. Parce que cela signifierait abandonner son passé. Abandonner Harry et Ron, abandonner ses amis, sa famille, ses secrets, sa douleur. Et cela était impossible. Hermione venait de briser le serment qu'elle s'était fait. Celui qu'elle s'était jurée de respecter du mieux qu'elle pouvait. Minerva avait raison, elle ne savait pas se contrôler. Elle n'aurait jamais dû parler de son passé à James, Sirius et Remus. Qui sait à qui ils pourraient en faire part. Lily, certainement. Puis sans doute la sorcière en ferait part à Alice qui elle-même en ferait part à Frank. Oh oui, Hermione regrettait de ne pas avoir su respecter la célèbre phrase de Soljenitsyne. Elle prit sa tête entre ses mains tout en tournant en boucle dans son esprit une même phrase :
Notre Liberté se bâtit sur ce qu'autrui ignore de nos existences.
* La citation est de Randy Paush
