Une déclaration originale
« - C'est S.A.L.E ! Et ce n'est pas stupide, sinon j'aurai appelé ça Ron Weasley ! » Les disputes, Ron et Hermione en ont l'habitude, on pourrait même dire qu'elles sont rentrées dans leurs mœurs, et même si la plupart tournent mal, certaines peuvent se révéler étrangement utiles…
Partie 1
- Fred ! Georges ! Oh foutus jumeaux si jamais je vous attrape je vous jure que vous allez me le payer très cher !
Le cri d'Hermione retentit dans toute la maison du Terrier alors qu'à côté de lui les jumeaux éclatèrent de rire. Ron fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?
Ils étaient en train de prendre leur petit déjeuner, alors que le reste de la famille dormait encore. Leurs parents étaient partis à une réunion de l'Ordre et seraient absents pour toute la journée. Les jumeaux avaient du en profiter pour n'en faire qu'à leur tête, comme à leur habitude. Ils entendirent tout trois des pas précipités dévaler l'escalier alors qu'une Hermione trempée de la tête aux pieds apparut soudain, folle de rage, la respiration sifflante.
- Ce n'est pas drôle du tout ! hurla-t-elle en se dirigeant au pas de charge vers les deux rouquins. J'aurais pu me noyer !
Fred, secoué de hoquets tapait du poing sur la table tandis que George plongea dans son bol de céréales. Hermione sortit alors sa baguette de derrière son dos et ce fut à ce moment-là que Ron réalisa que la chemise de nuit mouillée de la jeune fille laissait entrevoir ses sous-vêtements. Il déglutit difficilement et détourna le regard.
- CE N'EST PAS DROLE ! répéta-t-elle alors qu'elle les menaçait de sa baguette. Toi ! aboya-t-elle en se tournant vers Ron, je suis sûre que tu es complice aussi !
Les rires des jumeaux redoublèrent.
- Non, Mione, je te jure que non, je n'ai rien fait ! démentit-il en voyant la baguette magique de la gryffondor se rapprocher dangereusement de son visage. Je n'y suis pour rien, je ne sais même pas ce qu'ils t'ont fait !
- Ces idiots ont ensorcelé ma douche ! A peine avais-je mis un pied dans la salle de bain que le rideau de douche m'a attrapé et l'eau s'est mise à gicler de partout ! J'ai du me débattre comme pour folle pour lui échapper !
Ron crut que ses frères allaient avoir une crise cardiaque tellement ils riaient. Il eut tout à coup la vision d'une Hermione prise au piège d'un rideau carnassier et ne put retenir un sourire.
- Allons, ce n'est pas si grave… dit-il d'un ton qui se voulait apaisant.
Mais elle ne l'écouta pas et avant que les trois garçons n'aient put faire le moindre mouvement elle leur jeta un sort.
- Aquamenti ! cria-t-elle tandis qu'une cascade d'eau les inondait tous les trois.
Ron fut cloué sur sa chaise par la pression et crut un instant qu'elle voulait le tuer alors qu'une l'eau glaciale s'abattait sur eux.
- Hermione, arrête ! supplia Georges en buvant la tasse. On ne recommencera plus, c'est promis !
Bien que la jeune fille parut satisfaite par cette promesse, elle attendit encore quelques secondes avant de rompre le sort pour bien leur faire comprendre la leçon, un sourire mauvais aux lèvres.
- Voilà, vous savez ce que ça fait maintenant, dit-elle d'une voix sifflante qui ressemblait étrangement à celle de Mrs Weasley. Et vous allez me faire le plaisir de nettoyer la salle de bain et la cuisine avant que votre mère ne revienne !
- Mais la cuisine c'est toi qui…
- Pas de blabla inutile avec moi ! Vous me devez bien ça, j'ai quand même failli y rester !
Les jumeaux allaient encore protester quand Hermione releva sa baguette d'un air menaçant. Vaincus, ils se levèrent en bougonnant et Ron les entendit monter les marches de l'escalier en chuchotant de mécontentement contre le manque d'humour de la jeune fille. Il allait lui aussi se lever quand Hermione se plaça en face de lui, les bras croisés sur sa poitrine, ce qui fit apparaître plus nettement encore le soutien-gorge noir qu'elle portait en dessous.
- Une minute, je n'en ai pas fini avec toi, lança-t-elle.
Avec difficulté il releva les yeux vers son visage rouge de colère.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Je t'ai déjà dit que je n'ai rien fait, je ne savais pas même qu'ils…
- Justement Ron, tu ne fais jamais rien ! le coupa-t-elle. Dès que tes frères se moquent de moi, ce qui arrive somme toute assez souvent il faut l'avouer, tu restes dans ton coin et tu ne dis rien. Tu ne fais pas un seul geste pour me défendre ! Jamais !
- Mais enfin Hermione, c'était juste une petite blague, tu sais très bien que c'était pour rire…
- J'aimerai juste que de temps en temps tu sois un peu de mon côté !
- Bien sûr que je suis de ton côté.
- Alors montre-le un peu plus ! s'emporta-t-elle. J'ai l'impression d'être toujours seule ici, vous êtes tous contre moi, et ça commence à être franchement agaçant voilà pourquoi j'ai décidé de ne plus me laisser faire. Vous pensez tous que je ne sais pas m'amuser mais c'est à chaque fois moi le sujet de vos plaisanteries. De toute façon c'est sans arrêt comme ça avec tes imbéciles de frères, tu as peur d'eux !
- Ce ne sont pas des imbéciles ! cria-t-il, se sentant devenir lui-même écarlate de colère. Et je n'ai pas peur d'eux, malgré ce que tu crois !
- Ce n'est pas l'impression que tu donnes, ricana-t-elle.
- Je me fiche de ce que tu penses de moi, mentit-il. Et d'ailleurs, ce n'est pas moi qui me balade à moitié nue depuis presque un quart d'heure dans la cuisine ! Tu ferais bien d'aller te rhabiller !
Quel était le rapport ? Il ne le savait pas lui-même, mais il n'empêche que la tenue d'Hermione le distrayait et qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur leur dispute. Elle était diablement attirante comme cela. Et puis l'idée que ses frères aient vu le corps de son amie lui était presque tout autant insupportable.
La jeune fille baissa la tête pour vérifier ses paroles et rougit tout à coup en tirant sur sa chemise de nuit pour ne plus qu'elle lui colle à la peau.
- C'est pas vrai ! marmonna-t-elle en s'enfuyant à toutes jambes vers l'étage.
Ron la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans l'escalier et poussa un soupir. Pourquoi ne pouvaient-ils s'empêcher de se crier dessus à chaque instant ? Oh bien sûr, il devait avouer que quelques fois il prenait plaisir à leurs petites querelles, que c'était souvent lui qui les provoquait, et qu'il éprouvait toujours un vrai ravissement quand il réussissait à l'emporter sur elle, mais il commençait à penser que cela devenait lassant à la longue.
Il enviait beaucoup Harry et Ginny. Evidemment ce n'était pas la même chose, ils formaient un couple, mais Ron ne pouvait s'empêcher d'admirer la façon qu'ils avaient de se comprendre sans même se parler. Hermione et lui c'était tout autre chose, et plutôt même le contraire car ils s'en disaient un peu trop, jusqu'à regretter leurs mots blessants et les répliques cinglantes qui fusaient à tout bout de champ.
Même s'il était difficile pour lui de le reconnaître il savait pourquoi il se comportait comme cela avec elle. Il savait pourquoi il prenait toujours un malin plaisir à la pousser à bout pour la faire sortir de ses gonds. Au fond de lui il savait que c'était parce qu'il avait du mal à supporter son indifférence à son égard. Elle était son amie, sa meilleure amie, mais il avait toujours l'impression d'être là comme en remplacement de Harry quand ce dernier n'était pas là. C'était comme si elle restait avec lui parce qu'elle n'avait pas vraiment le choix. Comme si elle lui témoignait une vague sympathie parce qu'elle était habituée à sa présence, qu'elle faisait bon gré mal gré de leur amitié. Il avait l'impression qu'elle ne faisait jamais vraiment attention à lui Ron Weasley, mais plutôt seulement au bon vieux Ron, ce grand rouquin un peu maladroit et beaucoup trop stupide pour elle, qu'elle ne voyait même plus. Il n'y avait que quand ils se disputaient qu'il était alors sûr d'avoir toute son attention. Il n'y avait que quand il se disputaient qu'il savait qu'elle le regardait vraiment.
Ruminant ses sombres pensées il s'aperçut qu'il grelottait de froid et se dit qu'il devrait peut-être lui aussi aller enfiler quelques vêtements bien secs. C'était fou ce que cette fille pouvait faire quand elle était en colère…
