Désolée de vous avoir fait autant attendre, voici la suite !

Partie 3 :

- Il est impossible… soupira cette dernière tandis que la porte se refermait et que Ginny prenait place à côté d'elle.

- Vous êtes impossibles, corrigea son amie en haussant les épaules.

- Il est tout le temps en train de me chercher…

- Et toi aussi Hermione, tu ne peux pas le nier.

La gryffondor baissa la tête et fixa ses mains.

- Je ne sais pas pourquoi on est comme ça. Je veux dire il n'y a qu'avec moi qu'il fait ça… Au moins à elle, il lui parlait convenablement…

Ginny n'eut pas besoin de demander à son amie de qui elle parlait, car c'était toujours la même chose, Hermione n'arrivait pas à digérer le fait que Ron soit sorti avec une autre.

- Vous devriez en parler tous les deux, lui conseilla-t-elle.

Hermione ricana.

- Tu me vois vraiment aller lui demander l'air de rien : « Dis-moi Ron, pourquoi es-tu sorti avec cette idiote de fille alors que j'étais persuadée que tu étais amoureux de moi et que j'attendais désespérément que tu me fasse un signe encourageant ? » demanda-t-elle amèrement. Vraiment pitoyable !

- Ecoute, tu sais très bien ce que je pense de ça. Je connais mon frère, il a fait ça seulement pour te rendre jalouse, ou peut-être pour attirer ton attention, ou peut-être parce que…

- Parce qu'il ne m'aime pas et que je suis une idiote d'avoir cru le contraire, intervint Hermione en se prenant la tête dans les mains. Il n'est attiré que par les jolies filles, toutes plus stupides les unes que les autres, pas par les encyclopédies sur pattes…

Ginny lui posa une main compatissante sur l'épaule.

- N'abandonne pas, regarde pour Harry, j'ai du attendre un peu, j'ai même du me battre pour lui et contre lui, et puis finalement je l'ai eu…

- Oui, mais toi au moins tu en as profité entre temps pour sortir avec d'autres garçons et t'amuser un peu, tu n'es pas restée dans ton coin en espérant qu'il remarque enfin que tu es une fille ! s'exclama-t-elle d'une voix suraiguë.

- Il le sait Hermione, sinon pourquoi t'aurait-il offert un parfum à Noël il y a deux ans ? la rassura Ginny.

- C'est ce que je me suis dit aussi. Et puis sa jalousie envers Victor... Je pensais qu'il avait compris, qu'il allait faire quelque chose…

- Peut-être a-t-il voulu te rendre la monnaie de ta pièce en sortant avec Lavande ?

- Mais c'est complètement stupide, il ne sait jamais rien passé de concret entre moi et Victor ! s'emporta Hermione. Ce baiser n'a jamais compté…

- Ca je le sais parfaitement, la calma la rouquine, mais lui non.

- Ce n'était pas une raison pour aller avec elle !

C'était plus fort qu'elle, Hermione ne pouvait se résoudre à prononcer son nom, elle n'y arrivait pas. Il lui semblait trop douloureux de penser à leur relation. Rien que le souvenir de leur deux corps enlacés dans la salle commune lui donnait encore la nausée. Elle avait beaucoup souffert pendant ces quelques mois, et avait du mal à tourner la page.

- Je sais, c'est juste que ça été dur pour lui quand il a vu que tu plaisais à un autre.

- Et pour moi, tu ne crois pas que ça été dur ? s'écria la jeune fille. J'étais dans le même dortoir qu'elle, je l'entendais tout le temps parler de lui, de ce qu'ils faisaient…

Sa voix se brisa et elle sera les dents, folle de rage et de chagrin.

- C'est du passé Hermione, elle n'a jamais compté pour lui, n'oublie pas qu'il l'a quitté pour toi.

- Ca tu n'en sais rien, la contra-t-elle. Regarde le résultat, on se dispute encore plus qu'avant.

- Parce que vous avez tous les deux de la rancune l'un envers l'autre mais qu'aucun de vous ne veut faire le premier pas pour en parler, dit Ginny avec sagesse.

Son amie lui jeta un regard faussement mauvais.

- Comme quoi il y a au moins un Weasley qui n'est pas stupide ici, grommela-t-elle.

XXXXXXXXXXXXXXXXXX

- Ecoute Ron, je sais que Hermione et toi vous avez toujours eu cette... façon particulière de communiquer, mais ça ne peut plus durer vieux. Je me mêle peut-être de ce qui ne me regarde pas, mais ça commence à devenir franchement ridicule. D'accord, elle est souvent exaspérante, et d'accord, tu n'es qu'un crétin, mais si vous continuez comme ça vous allez fiche en l'air six ans d'amitié. Vous êtes des adultes maintenant, alors comportez-vous tel quels. Je suis sûr qu'au fond vous pourriez tous les deux tempérer un peu vos caractères respectifs, tu ne crois pas ?

Ron, qui était allé chercher son balai dans la remise située au fond du jardin soupira et se tourna vers Harry.

- Je sais, c'est juste que… Cette fille me rend fou…

Il se sentit rougir jusqu'aux oreilles mais poursuivit néanmoins :

- Dans tous les sens du terme. Harry, je crois que… Je l'aime.

Et voilà s'était dit. Il contracta les épaules dans l'attente du rire moqueur de son meilleur ami, n'osant tourner son regard vers lui. Il fallait qu'il le lui dise, il fallait qu'il l'avoue à quelqu'un. Il n'avait fait cette découverte que récemment, quand il avait enfin compris qu'il sortait avec Lavande, dont il n'avait jamais rien eu à fiche, seulement pour oublier cette fille beaucoup trop dangereuse pour lui, cette fille qui lui faisait perdre la tête, et qu'il avait désespérément tenté de rendre jalouse.

- Ce n'est pas trop tôt !

Ron jeta un coup d'œil interrogateur à son ami et vit qu'il souriait de toutes ses dents.

- Je commençais à me demander si tu ouvrirais jamais les yeux.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda le rouquin en fronçant les sourcils.

- Enfin Ron, c'est évident pour tout le monde.

- Comment ça ?

Harry soupira, s'assit sur un seau renversé posé à proximité et enleva ses lunettes pour les nettoyer avec un pan de sa robe.

- Tout le monde sait que tu es fou amoureux d'elle, expliqua-t-il d'une voix apaisante. On attendait juste de voir quand tu finirais par te l'avouer à toi-même.

Ron se sentit rougir et se balança nerveusement sur ses pieds.

- Ca se voit tant que ça ? marmonna-t-il d'un ton bourru.

- Comme le nez au milieu de la figure de Rogue.

Harry éclata de rire devant son air renfrogné.

- Et elle, est-ce qu'elle le sait ?

Le survivant haussa les épaules.

- Peut-être, je ne sais pas… Ginny ne veut rien me dire quand on parle de vous.

Ron se redressa légèrement, le teint plus écarlate que jamais.

- Ah parce que vous parlez de nous ? !

- On a tous fait des paris, expliqua calmement Harry. Sur la date à laquelle vous vous mettrez enfin ensemble.

Le rouquin crut qu'il allait se sentir mal et s'assit par terre à côté de Harry, se prenant la tête dans ses mains. Etait-il donc si transparent ? Alors comme ça tous ses proches savaient qu'il était amoureux d'Hermione, et apparemment depuis plus longtemps que lui-même ? Il se sentait à la fois humilié et agacé, mais une autre idée lui vint rapidement à l'esprit. Ces mêmes proches, ces traîtres qui se moquaient de lui, pensaient qu'il avait une chance avec elle. Ils avaient même parié sur eux. Comme si c'était possible que…

- Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? demanda-t-il brusquement à Harry.

Ce dernier remit ses lunettes sur son nez et lui répondit :

- Ca dépendra de ce que tu feras… Mais quoique tu fasses, ajouta-t-il en se tournant vers lui pour le regarder dans les yeux, ce qui était plutôt rare pour lui, fais-le vite. Tu as déjà commis une bêtise en sortant avec Lavande l'année dernière, alors ne laisse pas une nouvelle fois l'occasion te passer sous le nez.

Ron hocha la tête, un peu déboussolé par toutes ces révélations.

- J'aimerais que ça soit aussi simple… soupira-t-il. Comment tu as fait toi avec Ginny ? Je veux dire, pour trouver le courage de l'embrasser comme ça, devant tout le monde en plus ? Si jamais je fais ça Hermione me jetterait un sort dont je me rappellerai toute ma vie, j'en suis sûr, acheva-t-il avec un pauvre sourire.

- C'est différent Ron. Hermione et toi vous avez toujours eu une relation assez spéciale, toujours à vous tourner autour sans jamais qu'il n'y ait quelque chose de vraiment concret. Elle a beaucoup souffert quand tu es sorti avec Lavande.

- Je sais, je ne m'en suis rendu compte qu'après…

- Avoue quand même que c'était un peu le but, non ? demanda espièglement Harry.

- Peut-être oui, du moins au début… Peut-être aussi qu'elle est beaucoup trop bien pour moi et que je ne la mérite pas. Je me demande même pourquoi est-ce qu'elle me parle encore, après tout ce que je lui ai fait. C'était vraiment stupide de ma part de l'avoir provoqué comme ça, je le sais parfaitement, mais quand je suis avec elle je ne sais même plus ce que je fais ou ce que je dis… Je perds complètement les pédales, et je deviens encore plus stupide que d'habitude, c'est dire. Et plus que tout, j'ai besoin d'elle, je ne veux pas tout gâcher à nouveau. Je crois que j'ai peur… Peur de faire encore une bêtise. Décidément je ne suis vraiment pas digne d'être à Griffondor.

Ron s'interrompit un instant, pensif, et Harry, qui sentait que son ami avait besoin de vider son sac, lui jeta un regard interrogateur.

- Tu sais, cela ne fait pas très longtemps que j'ai compris la véritable nature de mes sentiments pour elle et…

Il rougit violemment. Ce n'était pas dans ses habitudes de se confier si facilement.

- Et ça me fait bizarre mais je dois reconnaître que j'ai vraiment agi comme le pire des crétins.

Harry hocha silencieusement la tête et Ron poussa un nouveau soupir.

- J'imagine que Fred et Georges ont parié que jamais je n'oserai lui avouer ce que je ressens pour elle… Ce qui sera sans doute le cas.

- Détrompe-toi, ils ont été les premiers à te soutenir. Ils pensent que même si tu es un peu long à la détente tu n'es pas un gryffondor pour rien, contrairement à ce que tu viens de dire, expliqua Harry devant le regard surpris que lui jeta son ami. Et aussi « qu'aucun Weasley n'est assez trouillard pour laisser s'enfuir la femme de sa vie », ce sont leurs mots.

Ron fronça les sourcils, mal à l'aise

- Espérons qu'ils aient raison alors.