Merci pour l'attente ! Voici l'avant dernier chapitre, bonne lecture !
PARTIE 4
Il avait retourné toutes les situations possibles dans sa tête, toutes les déclarations possibles, tous les mots doux possibles, toutes les façons de lui faire comprendre à quel point il l'aimait. Harry avait raison, il devait agir vite, il devait lui avouer et lui faire comprendre une bonne fois pour toute ce qu'il éprouvait pour elle. Tout plutôt que de rester dans cet état d'incertitude qui le rongeait de l'intérieur. Son cœur était avide de savoir. Et puis qui ne tente rien n'a rien, et même s'il n'y avait qu'une toute petite possibilité, Hermione valait bien le sacrifice de sa dignité si jamais elle ne partageait pas ses sentiments.
Il avait donc passé toute la journée à réfléchir à ce qu'il pourrait lui dire, avait élaboré un plan avec Harry pendant lequel il pourrait se retrouver seul avec elle. Il avait même parlé avec Ginny pour essayer d'anticiper la réaction d'Hermione. Mais malgré tout, il se sentait fébrile, à la fois impatient et terrifié, à la fois excité et effrayé parce qu'il allait faire. Mais il devait le faire. Il avait gâché six ans, surtout cette dernière année où il s'était conduit comme le pire des goujats, et comptait bien se rattraper. Il ferait tout pour se faire pardonner, et le petit discours qu'il avait préparé pour l'attendrir devrait être suffisant. Du moins l'espérait-il. Ensuite, il lui prendrait la main, lui ferait ses excuses, et là… Là il n'aurait plus qu'à prier Merlin pour qu'elle lui accorde une nouvelle chance, et qu'elle veuille bien de lui. Et si ce n'était pas le cas ? Et si les autres s'étaient trompés et qu'elle n'était pas intéressée ? Il ne lui resterait plus alors qu'à aller s'exiler quelque part très loin d'elle et de sa honte. Le Groenland serait parfait.
Il déglutit difficilement. Il ne devait pas penser à ça. Il allait le faire, point. Sinon il le savait, il le regretterait toute sa vie. Comme avaient dit Fred et Georges, on ne laisse pas passer la femme de sa vie. Car oui, il était persuadé que c'était bien elle, la bonne. Il n'avait jamais vraiment prêté attention à tout ce baratin féminin et beaucoup trop romantique pour lui, mais si les jumeaux pouvaient se permettre de dire ça, d'ailleurs c'était bien la première fois qu'il pouvait les citer comme modèles, alors lui aussi le ferait.
- Le dîner est prêt ! cria la voix claironnante de Mme Weasley, qui était revenue un peu plus tôt de sa réunion.
Déterminé, les muscles tendus comme s'il s'apprêtait à aller au combat – ou comme s'il allait jouer un match de quidditch particulièrement difficile contre les serpentards – Ron entra dans la cuisine et s'assit à sa place, alors que les autres membres de la maison en faisaient de même. Comme à son habitude elle était là, assise en face de lui, et il ne put s'empêcher de lui jeter un coup d'œil furtif. Elle riait avec Ginny, ne se doutant apparemment absolument de rien, ce qui le soulagea un peu. Son regard croisa alors celui de Fred et Georges, qui levèrent chacun un pouce vers lui dans un signe d'encouragement. La discrétion n'avait jamais vraiment été leur fort. Hochant la tête il reporta son attention sur le plat que Harry à sa droite lui faisait passer, échangeant au passage une œillade complice avec ce dernier. Message reçu, il n'allait pas les décevoir.
Le repas se passa dans une espèce de brouillard pour le rouquin, qui participait aux conversations sans vraiment savoir ce qu'il disait ou faisait, tant il était concentré sur ce qu'il avait à faire après. Il eut tout juste conscience de la remarque de sa mère quand elle fit part de son inquiétude à propos du fait que c'était la première fois qu'elle le voyait manger si peu, avant d'être presque comme par magie téléporté dans le salon où toute la famille était regroupée. Harry et Ginny jouaient aux échecs tandis que les jumeaux et leur père discutaient du magasin, Mme Weasley étant restée dans la cuisine pour terminer la vaisselle, et Hermione confortablement installée dans un fauteuil près de la cheminée, lisait un livre comme à son habitude, Pattenrond sur ses genoux. Ron se prit même à envier le chat en voyant la main d'Hermione qui passait distraitement dans le pelage orange de l'animal. Ce maudit félidé ne connaissait pas sa chance.
Il attendit pendant toute la soirée que le salon se vide, que ses occupants aillent se coucher. Heureusement que ses frères, sa sœur et Harry étaient au courant de son plan, car ils persuadèrent Mr et Mme Weasley de se coucher tôt pour jouir d'un « bon sommeil réparateur », et montèrent les uns après les autres aussi naturellement que possible à l'étage, laissant la voie libre à Ron, alors qu'Hermione ne semblait rien avoir remarqué, toujours plongée dans son livre. Le jeune homme l'avait espionné malgré lui pendant qu'il faisait une partie d'échecs avec Ginny, ne pouvant se résoudre à détacher son regard de cette si jolie fille qu'il avait la prétention de vouloir faire sienne. Il inspira à plusieurs reprises pour se donner du courage, puis se levant du sofa dans lequel il avait passé toute la soirée à se ronger les sangs, il se dirigea vers elle et s'assit sur l'accoudoir de son fauteuil.
- C'est intéressant ? demanda-t-il sur un ton qu'il voulait léger mais qui lui parut étrangement faux.
Elle ne leva même pas les yeux de son livre.
- Oui, lui répondit-elle sèchement.
Apparemment elle lui en voulait toujours pour leur dispute de ce matin, mais il s'en doutait un peu. Il se pencha un peu plus vers elle.
- « Les sorciers du monde entier ont des coutumes totalement différentes, il faut donc prendre garde à ce que l'ont fait ou dit quand on est dans un pays étranger pour ne vexer personne », lut-il par dessus son épaule. Tu compte voyager ?
- C'est pour quand on partira avec Harry. Je doute que l'Angleterre soit assez grande pour contenir tous les horcruxes de Voldemort, surtout quand on sait qu'il a beaucoup voyagé.
- C'est bien vu, vraiment très intelligent, tenta-t-il.
Elle lui jeta un regard suspicieux par dessus son bouquin.
- Qu'est-ce que tu veux Ron ? lui demanda-t-elle en soupirant.
Pas tout à fait ce qu'il espérait mais au moins elle le regardait, c'était déjà un début.
- Ecoute, je voudrais m'excuser pour tout à l'heure. Tu avais raison, je devrais te défendre plus souvent. Je ne suis qu'un idiot, ça tout le monde le sait, mais je…
Il s'arrêta soudain dans sa tirade, muet de stupeur, tandis qu'une rage sourde le gagnait. « La Bulgarie : un guide à l'usage de tout ceux qui veulent y partir », il pouvait le voir maintenant qu'elle avait refermé l'ouvrage, voilà ce qu'elle lisait.
- Les horcruxes, hein ? lança-t-il d'un ton mauvais, sentant ses oreilles devenir rouges. Depuis quand les horcruxes seraient-ils cachés en Bulgarie ? Tu compte aller voir ton Vicky, avoue-le !
Hermione ouvrit la bouche mais il ne lui laissa pas le temps de répliquer.
- Alors comme ça tu as prévu d'aller lui rendre une petite visite sans nous le dire ? Mais évidemment, c'est tout à fait ce qu'il faut faire, surtout dans cette période de guerre, aller dans un pays rempli de mages noirs et fricoter avec l'un d'entre eux !
Qu'est-ce qui lui prenait ? Il savait que sa superbe déclaration et tout son plan étaient tombés à l'eau à la minute même où il avait commencé à hausser la voix mais il ne pouvait plus s'arrêter de crier, c'était plus fort que lui. Il brûlait de colère et sentait chaque muscle de son corps se contracter douloureusement. Il allait lui dire qu'il l'aimait et elle, elle pensait à un autre ! La rage, la jalousie, la fureur, tout cela tambourinait dans sa poitrine tandis qu'il sentait son sang s'échauffer dans ses veines. Il n'était qu'un imbécile et il le savait, d'ailleurs il se détestait à ce moment même, mais il n'arrivait pas à se contrôler, il fallait que ça sorte.
- C'est le seul livre que j'ai pu trouver qui parle des coutumes sorcières d'un autre pays ! Et je ne fricote pas avec lui, je t'interdis de dire ça ! cria Hermione en se redressant, tandis que Pattenrond sautait de ses genoux et allait se réfugier sous la table.
- Tu ne comprends donc pas que c'est dangereux !
- Il me semble être assez grande pour décider de mon propre chef de ce qui est dangereux ou non !
- Oh mais bien sûr, siflla-t-il en serrant les poings, tu as raison, traîner avec un disciple d'un mangemort, ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler être dangereux !
- Il n'est pas comme ça ! s'exclama Hermione d'une voix tremblotante.
- Ah oui c'est vrai, j'oubliais que tu le connaissais intimement, très intimement même…
- Arrête ça tout de suite !
- Pourquoi ? continua-t-il en sentant qu'elle était prête à fondre en larmes. On dirait que j'ai pourtant frappé dans le mille !
Il prenait un plaisir pervers à se faire souffrir, après tout pourquoi avait-il tant besoin de savoir ce que ce bulgare de malheur avait fait avec elle ? Voulait-il vraiment l'entendre ? Pourrait-il le supporter si jamais elle lui avouer qu'elle éprouvait quelque chose pour lui ? Il sentit la nausée l'envahir à cette redoutable idée.
- Tu n'es qu'un idiot ! s'écria Hermione tandis que des larmes coulaient à présent sur ses joues. Il ne s'est jamais rien passé d'important entre moi et Victor !
- Ah parce que maintenant un baiser, ce n'est pas quelque chose d'important ? !
Elle rougit violemment mais ne baissa pas pour autant le regard.
- Je lui ai dit que je n'étais pas intéressée par lui, mais par quelqu'un d'autre ! avoua-t-elle, la mâchoire crispée de colère.
- Ah ? Tu avais déjà des vues sur Mac Laggen à cette époque ? lança-t-il méchamment.
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Le petit groupe attroupé dans les escaliers poussa un soupir d'exaspération.
- Quel imbécile, murmura Ginny en se tapant le front.
- On ne peut pas dire que notre Ronnie soit très subtil.. confirma Fred.
- Ni très intelligent sur ce coup-là, ajouta Georges.
- Laissez-les faire, intervint Harry, les disputes ça les connaît, c'est d'ailleurs leur seul moyen de communication, vous le savez bien… Tout n'est peut-être pas perdu…
- C'est ça ouais, Ron n'a qu'à craché à la figure d'Hermione qu'il l'aime, suivit d'une bordée de jurons bien sentie comme il sait les faire, rien de plus romantique ! ricana Georges.
- Encore faut-il qu'il lui avoue, maugréa Ginny, ce qui a l'air plutôt mal parti…
Un nouveau soupir général se fit entendre.
