On se quitte avec ce dernier chapitre tout en douceur. Savourez...
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Épilogue
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Harry étira sa nuque en bougeant légèrement la tête sur l'oreiller et ouvrit un œil, vite refermé. Le soleil entrait à flots dans la chambre, dessinant une marée de lumière sur le tapis de la bow-window. Il faisait déjà chaud… Severus avait même laissé la fenêtre grande ouverte.
Étalé sur le ventre comme souvent, Harry glissa les bras sous son oreiller puis remua doucement pour installer un peu mieux son érection matinale. Pour savourer la sensation de son bassin comprimé contre le matelas. Le drap avait glissé dans le creux de ses reins, doux et soyeux comme une caresse. Il ne manquait plus que les mains de Severus sur sa peau pour que ce réveil soit parfait.
– Serait-ce trop demander que ce drap descende un peu plus bas ?!
Harry gloussa et son sourire s'étira sur l'oreiller.
– Espèce de satyre ! Vous n'êtes pas au spectacle !
– Oh si ! Tous les jours que Merlin fait et je l'en remercie pour ça !… Ceci dit, si vous pouviez en montrer un peu plus, ou même vous tourner sur le dos pour que je puisse profiter de la vue…
Le sourire aux lèvres et les yeux clos, Harry se retourna lentement, bien conscient du regard alléché de Lucius sur ce qu'il dévoilait de son corps. Son sexe gonflé avait durci un peu plus aux paroles de l'ancien compagnon de Severus et il reposait sur son ventre, vague protubérance soulevant un drap qui en dévoilait à peine l'extrémité. Dans son tableau, Lucius n'avait pas dit un mot, mais Harry aurait pu parier qu'il s'était approché au plus près du bord du cadre et que son visage affichait un sourire gourmand.
Lentement, sa main glissa le long de son ventre pour aller s'enfouir sous le drap, empoigner son sexe, et il entendit l'inspiration brusque et le souffle retenu. C'était toujours un tel plaisir que d'aller exciter les fantasmes de Lucius…
– Alors c'est comme ça que ça se passe dès que j'ai le dos tourné ?! gronda la voix sombre de Severus. Et toi, espèce de vieux pervers, ne l'incite pas à plus de débauche qu'il n'en est déjà capable !
Harry sourit encore davantage tandis que dans son tableau, Lucius protestait de sa vertu en fabulant des explications dithyrambiques que personne n'écoutait plus.
– Lucius s'ennuie, gloussa-t-il en levant la main pour inciter Severus à le rejoindre. Il est en manque de spectacle…
– Il en voit bien assez comme ça, tous les soirs ou presque !
– Mais vous ne laissez jamais la lumière allumée ! protesta Lucius. Je ne vois rien du tout !
Harry croisa le regard de Severus, son amusement évident et la tendresse indicible qu'il éprouvait encore pour son ancien compagnon, et ils se sourirent.
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Là encore, les mois, les années, avaient filé sans son consentement mais Harry en avait savouré chaque jour, chaque heure, chaque minute. Il avait pris place dans la vie de Severus comme une évidence, il s'était glissé dans les interstices qu'il lui laissait, puis dans sa vie quotidienne, puis dans son cœur et dans son lit. D'innombrables soleils s'étaient levés sur la colline, au-dessus du village, et d'innombrables soleils s'étaient aussi couchés sur l'océan, et il avait toujours autant de plaisir à être là et à être avec lui.
Harry partait encore, bien sûr, pour rendre visite à Hermione et Rose, ou à Allegri, mais surtout pour le travail. Une semaine par mois, rarement plus; quelques défilés, quelques séances photo… Finalement, devenir rare avait assis sa notoriété et il était toujours aussi demandé. On lui avait même proposé une expérience au cinéma qu'il avait tentée, malgré la séparation que cela leur imposait. Il avait apprécié et le film avait eu un joli petit succès. Mais il avait dit qu'il ne recommencerait pas, parce que c'était trop loin, trop long; trop de gens et trop de contraintes. Il préférait être libre, dans son petit coin de terre, au bout du monde et avec Severus. Il ne savait même pas jouer, de toute façon… c'était juste que le personnage lui ressemblait.
Ses photos, elles, avaient du succès. Il en avait fait un livre, Terres d'Irlande, qu'il aimait beaucoup, et qui avait été décliné en affiches, en cartes postales, en calendrier… Peu importe. S'il pouvait partager ne serait-ce qu'une image de ce pays et le faire aimer autant qu'il l'aimait, ça lui allait bien. Au fil des années, il était parti marcher plus loin, beaucoup plus loin, pour découvrir de nouveaux endroits, pour explorer les ciels d'hiver, les lumières d'automne, le renouveau du printemps. Severus l'accompagnait, souvent, quand il n'était pas pris dans une phase d'écriture intense. Ils avaient parcouru des milliers de kilomètres, ils avaient même campé au milieu des landes désertes, ils avaient fait l'amour à la chaleur d'un feu de camp. Sous les étoiles…
Severus écrivait toujours; un peu moins, peut-être. Ou du moins, il ne se contraignait plus à achever un livre par an. Peut-être aussi qu'il avait d'autres choses dans sa vie qui lui prenaient un peu de temps… Il en était à une vingtaine de livres, aujourd'hui . Des romans policiers, toujours, et puis il s'était diversifié vers d'autres histoires; des romans qui parlaient de vie, de mort, de deuil et d'amour… Il avait également changé la fin de son fameux livre où Nyctalia se jetait de la falaise, et Niamh était venue le remercier avec un énorme gâteau au chocolat, des fleurs et un sourire au bord des larmes. Dans les romans suivants, Nyctalia était plus légère, ses lettres à son amour disparu étaient plus douces, elle retrouvait par moments un mordant plein d'humour, et dans le dernier roman en date, elle rencontrait même quelqu'un… Personne n'avait rien dit, bien sûr, mais ils savaient tous pourquoi l'alter-ego de Severus s'illuminait de livre en livre.
En dehors de leurs activités professionnelles qui les éloignaient parfois pendant quelques temps, ils vivaient leur vie quotidienne ensemble aussi facilement qu'ils l'avaient fait dès le premier jour, quand Harry n'était encore qu'un visiteur qui venait à la fin de chaque mois. Se réveiller dans le même lit, sous le regard attendri ou concupiscent de Lucius, prendre le petit déjeuner ensemble, puis aller se promener, parfois le long des falaises, parfois plus loin. Severus écrivait toujours l'après-midi et le soir, la plupart du temps avec son ordinateur sur les genoux, dans le salon, pour être plus proche de lui; il dînait toujours ridiculement tôt. Souvent, Harry le laissait faire à sa guise, il se pliait à ses habitudes bien ancrées, il se moquait doucement… et parfois, il venait chambouler tout ça comme un chien dans un jeu de quilles et il le traînait au pub, au restaurant, au théâtre ou voir un film… Severus grognait un peu, et puis finalement, il se laissait porter avec un bonheur évident. Leur complicité emportait tous les agacements, toutes les contrariétés, la fatigue ou les moments de déprime. Et puis Lucius venait toujours mettre un peu de piment et de piquant dans leur vie.
Pendant longtemps au début de leur relation, Harry avait dormi dans la chambre d'amis du rez-de-chaussée. Par pudeur, par facilité, parce que quelque part, dans son esprit, la chambre d'en haut était celle de Severus et de Lucius. Le soir, Severus montait se brosser les dents, enfiler son pantalon de pyjama, discuter un moment avec son ancien compagnon, puis il le rejoignait en bas pour la nuit. Et il avait rapidement trouvé ça ridicule. Harry avait fini par accepter de monter dormir en haut, mais ça l'avait bloqué un long moment pour tout ce qui allait plus loin que de la tendresse.
Par la suite, il avait eu de longues discussions avec Lucius, à propos de Severus, à propos de leur relation d'aujourd'hui et de leur relation passée… Ils avaient évoqué des choses très intimes, très poignantes, son impression de prendre la place de Lucius, de ne pas être aimé pour lui-même, Lucius avait évoqué sa jalousie douloureuse à les voir s'aimer alors qu'il ne pourrait jamais plus profiter ni son compagnon, ni de sa tendresse, ni du plaisir du sexe. Ils s'étaient confiés. Harry avait compris que Lucius ferait toujours partie de son couple avec Severus mais qu'il n'était pas un concurrent, ni un danger… Il avait compris aussi qu'en fait, ils s'appréciaient mutuellement. La photo de Lucius et de Severus avait retrouvé sa place sur la table basse ou sur le manteau de la cheminée. Et au final, tout ça était devenu un jeu drôle et piquant. Ils n'hésitaient plus à faire l'amour devant le tableau, à se dévoiler plus ou moins pour le taquiner, pour le faire râler. Lucius livrait parfois ses impressions provocantes pour les faire réagir, il suggérait des gestes ou des positions avec des mots impudiques qui les excitaient un peu plus, il participait à sa manière… Ils étaient un couple assorti d'un troisième partenaire pas tout à fait présent, mais essentiel. Une petite cerise sur le gâteau et Harry ne serait revenu là-dessus pour rien au monde.
Le dernier membre de la maison : le chien, avait fini par vivre en permanence avec eux, naviguant entre la cuisine quand ils mangeaient, sa place attitrée sur le canapé du salon la journée, et de temps en temps le pied de leur lit quand il arrivait à se glisser dans leur chambre. Severus tolérait en le regardant d'un œil torve, mais Harry l'avait surpris une ou deux fois à porter le chien pour l'aider à monter l'escalier quand il s'était fait vieux et perclus de rhumatismes. Il avait fini par mourir de sa belle mort un jour, lové sur les coussins et près de la chaleur de la cheminée. Harry en avait été très affecté; bien plus qu'il ne l'aurait cru. La présence du chien lui manquait, son énergie joyeuse et sa fidélité à toute épreuve… Perdre sa main dans la douceur de ses poils quand il regardait la télé… Il avait l'impression qu'il était encore là, il le cherchait instinctivement du regard, le moindre bruit ressemblait au cliquetis de ses griffes sur le carrelage. Il avait repris un autre chien, bien sûr, ou du moins Severus lui avait ramené un chiot pour son anniversaire. Peut-être bien que ce jour-là, il en avait pleuré d'émotion.
Rose adorait ce chien. Ils avaient grandi ensemble, en quelque sorte; elle avait de merveilleux souvenirs d'enfance avec lui. Hermione et elle venaient deux ou trois fois par an leur rendre visite, quelques jours ou une semaine; il y avait assez de chambres dans cette ancienne maison d'hôte pour les loger sans problème. Harry avait fait ici avec Rose tout ce qu'il avait rêvé : aller se baigner l'été, bronzer sur les plages de sable blanc et construire des châteaux, la pousser sur la balançoire qu'il avait bricolée dans le jardin, envahir la cuisine et faire des tas de gâteaux… La dernière fois, Severus avait pris deux kilos en une semaine et Harry l'avait entendu râler au moins deux semaines de plus !
Aujourd'hui, Rose allait très bien. Les médecins avait attendu un an avant de la déclarer officiellement guérie, mais depuis, il n'avait plus jamais été question de sa maladie. Harry et Severus n'avaient jamais su ce qui avait fait que la potion avait fonctionné : la qualité des ingrédients, la façon dont ils l'avaient préparée, la façon dont il avait lancé les sortilèges… cela restait un mystère. Severus disait que si la recette de la potion existait et qu'elle avait perduré à travers les âges, c'est qu'elle avait déjà fonctionné à une époque passée. Mais quand ils avaient essayé de la refaire à la demande d'un hôpital français, et malgré tous leurs efforts, elle n'avait pas été efficace et le petit garçon était mort. Ou bien il était trop avancé dans sa maladie… Ça les avait secoués et depuis, Severus ne faisait plus que des potions de base, des onguents pour les petites blessures, les entorses et les migraines, qu'il distribuait gracieusement aux habitants du coin qui en avaient besoin. Une forme de rédemption, sans doute, mais Harry ne voulait pas remuer ce sujet douloureux.
Au fil des années, les gens du village, et même plus loin, l'avaient accepté comme ils avaient accepté Severus : farouchement, avec la volonté implicite de les protéger et de protéger leur tranquillité. Ils avaient apprécié son livre, ses photos, la façon dont il arrivait à capturer l'âme et la beauté de leurs terres; ça les avait sans doute convaincus… Et puis il était le compagnon de Severus et le protégé de Niamh, et Merlin savait qu'elle était capable de faire la pluie et le beau temps par ici ! Un jour, un homme était même venu s'excuser pour la rayure sur la voiture et il avait proposé de payer pour refaire la peinture; Harry avait accepté les excuses, il l'avait remercié et il s'était bien gardé de dire qu'il avait effacé la rayure d'un Reparo. Il y avait eu des soirées au pub aussi, de la musique et des rires, des tournées de bières mousseuses et des accolades alcoolisées… Les gens les couvaient comme leur petit trésor régional : une source de fierté, mais aussi le besoin de les cacher, de les garder précieusement pour eux, intimes et loin de la curiosité du monde.
Malgré tout, Severus avait fini par lever le secret sur son pseudonymat; il était apparu dans quelques interviews, sur quelques plateaux télé, il avait reçu deux ou trois prix de plus, il avait fait quelques séances de dédicaces… Son vrai nom était connu et il était aussi célèbre que Harry, bien que dans un registre différent. Ils s'étaient même montrés ensemble lors de soirées de bienfaisance ou lors de certains défilés de mode, et leur relation avait déchaîné les passions des journalistes… Mais lorsqu'ils étaient ici, dans ce petit coin du bout de l'Irlande, ils n'étaient là pour personne. Leur adresse était tenue secrète, les habitants prétendaient ne pas les connaître, il n'y avait aucune maison au bout de cette route et ce lieu-dit n'existait même pas; ce devait être une erreur ou bien une fausse information… Même quand ils s'étaient mariés, dans la petite mairie de Ballyghan, les gens avaient été incroyablement discrets et aucune rumeur n'avait fuité ni dans la presse, ni sur internet.
Cela avait été une petite cérémonie, brève et simple, presque aussi minimaliste que leur vie quotidienne. Quelques mots, un trait d'humour qui l'avait fait sourire, deux alliances et des regards… Harry avait demandé à Hermione d'être son témoin, et puis à Allegri, et Severus avait levé les yeux au ciel pour le taquiner avant d'accepter. Ses témoins à lui avaient été Nyamh, pétillante de fierté et avec son mitzah autour du cou, et Draco, venu spécialement pour l'occasion depuis les États-Unis, avec sa femme et ses filles. Elles avaient été les demoiselles d'honneur, aux côtés d'une Rose émue aux larmes. Le seul absent avait été Lucius… mais il avait été présent pour la nuit de noces ! Et cette nuit-là, ils avaient peut-être laissé une ou deux bougies allumées pour qu'il en profite un peu plus.
Draco venait également quelquefois leur rendre visite, bien que moins souvent que Hermione et sa fille. C'était un homme de la ville, qui s'ennuyait rapidement dans ces endroits dépouillés, et c'était surtout un avocat renommé, presque dévoré par son travail. Harry avait appris à l'apprécier, bien qu'ils ne soient pas réellement proches; Draco lui vouait surtout une reconnaissance éternelle pour avoir obtenu le certificat de décès de son père. Grâce à ce papier, il avait pu obtenir la restitution de son héritage. Il avait dû batailler bec et ongles mais il avait fini par récupérer presque jusqu'à la dernière mornille. Il n'en avait rien gardé. Du Manoir, il avait fait un orphelinat, doublé d'un hospice pour personnes âgées esseulées. Une façon de faire vivre ensemble les deux extrêmes de la vie et d'apporter aux uns et aux autres l'affection dont ils manquaient cruellement. La fortune de Lucius permettait de faire vivre ce joli projet dont il avait confié la gestion à un comité de direction. Hermione en faisait partie, en sa qualité de présidente du Magenmagot, ainsi qu'une dizaine de hauts fonctionnaires du monde sorcier, tandis que Draco n'avait qu'un statut de membre consultatif.
En réalité, il n'avait conservé de l'héritage de son père que trois ou quatre tableaux, des albums photos et des livres de famille, quelques objets qui étaient pour lui des souvenirs d'enfance… Et puis sa baguette et la canne à pommeau d'argent qui s'étaient retrouvées pendant des années dans cette boîte à Azkaban, ainsi que la chevalière à l'emblème des Malfoy. Severus lui, et malgré l'insistance de Draco, n'avait rien voulu d'autre que cette petite médaille, qu'il avait offerte à son compagnon des années auparavant, et qui représentait une constellation, avec des étoiles formées de minuscules diamants. Harry avait appris bien plus tard qu'il s'agissait de la constellation du Lion, parce que Lucius était né un trois août… Ce jour-là, il avait éclaté de rire et il avait traité l'aristocrate de Gryffondor refoulé, et depuis, il ne se privait pas de le taquiner sur le sujet.
Severus avait longtemps porté cette médaille autour du cou, jour et nuit, réchauffée par sa peau et par ses sentiments jamais tout à fait éteints pour Lucius. Et puis un jour, Harry avait trouvé cette médaille au fond d'un tiroir de leur salle de bains, la chaîne brisée par l'usure du temps. Il l'avait réparée, d'un sortilège adroit, mais Severus ne l'avait plus jamais portée. Comme un deuil enfin achevé… Lucius était là, serait toujours là, avec eux, parmi eux, désincarné mais quelque part vivant. Et aujourd'hui, Harry savait bien que Severus l'aimait pour lui-même, et de façon absolue, même s'il ne le disait jamais. Ses sentiments transparaissaient dans ses gestes, dans ses regards, dans les mots qu'il couchait sur le papier plutôt que dans ceux qu'il prononçait… Son dernier roman lui était dédicacé : « À Harry, comme une évidence... » et il se terminait par les mots de Nyctalia : « Je t'aime comme l'on aime certaines choses obscures, de façon secrète, entre l'ombre et l'âme. Je t'aime ainsi car je ne sais aimer autrement, aussi près que ta main sur ma poitrine est la mienne, aussi près que tes yeux se ferment sur mon rêve. » (1)
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Harry rouvrit un œil un moment plus tard, satisfait et paresseux… Severus était allongé à côté de lui, visiblement assoupi, le drap mollement posé sur sa taille. Ses cheveux avaient séché, étalés sur l'oreiller, et il pouvait y deviner quelques fils blancs qui brillaient comme de l'argent.
Sur son invitation, il avait fini par le rejoindre dans le lit, même s'il sortait de sa douche, pour prolonger la nuit, pour prolonger le plaisir d'être ensemble… Il lui avait aussi donné ce plaisir dont Harry se languissait et dont Lucius avait pu profiter en pleine lumière, bien que caché par le drap. Severus n'avait rien voulu pour lui-même, mais il avait empoigné son érection et il avait joué avec lui jusqu'à ce que Harry ne finisse étranglé de soupirs, de gémissements et de suppliques. Ils s'étaient rendormis enlacés, sous le regard bienveillant de Lucius.
Harry arrangea un peu le bord de son oreiller pour mieux contempler l'homme de sa vie. Malgré les années qui filaient, il était toujours aussi beau, même si son visage n'était pas égayé par un sourire ironique ou par son regard brillant et moqueur. Sa peau était toujours aussi claire, un peu plus pâle là où il avait été blessé par l'explosion du chaudron, son ventre était toujours un monde de douceur où Harry adorait perdre ses doigts en effleurements ou en caresses…
Le cri d'un oiseau de mer perça le silence tranquille de la matinée. Par la fenêtre grande ouverte entrait une lumière ronde et chaude, et un souffle d'air tiède fit onduler le rideau. Presque un parfum d'embruns qui s'invitait dans la chambre. L'envie de paresser, comme sur une plage. Du lit, on entendait les vagues…
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(1) Pablo Neruda, Sonnet 17, La Centaine d'Amour
Merci à tous. Pour tout... Et à bientôt, j'espère
La vieille aux chats
