Chapitre 10 : Désillusion

Oscar et Sylvidra se regardèrent, les journalistes n'avaient pas traînés. La reine Mazone par réflexe compulsa sa tablette afin de s'assurer que tous les documents étaient en ligne. Un document restait à traiter mais elle devait en parler au duc de Péhant. Ce ne serait pas facile pour lui. Mox et Arthur Stone sortirent de leur torpeur. Dans la base souterraine d'Amos, Jerry et William Johnson avaient commencé à étudier les documents. Sylvidra interrogea Florencia du regard. Sa jeune sœur lui sourit. La reine en fut rassurée, Florencia avait conscience des enjeux. Il lui restait à lui expliquer qu'elle serait décédée d'ici trois ans au plus tard et que ce serait à elle d'élever Sylvia. Arthur et Mox se levèrent. L'ancien avocat attendait l'invitation de la reine.

-Merci d'être restés, sourit Sylvidra.

-Je suppose que vous souhaitez aborder différents sujets avec moi, réalisa Arthur Stone.

-En effet, veuillez me suivre, les invita la reine Mazone.

Arthur et Mox suivirent la reine, Oscar de Péhant fermant la marche avec la jeune Florencia. Celle-ci dévorait le duc du regard. Elle admirait sa taille, le fait qu'il soit si bien bâti, ses superbes cheveux blonds et ce regard où elle adorerait se noyer. Oscar avait conscience qu'il plaisait un peu trop à la jeune sœur de Sylvidra. La reine Mazone amena tout le petit groupe à ses appartements. Elle fit préparer un thé et la servante distribua les tasses emplies du chaud breuvage. La reine invita ses hôtes à s'asseoir. Arthur Stone trouvait plus qu'étrange la politesse de la souveraine. Il avait encore du mal à se faire qu'elle ait changé à ce point. La reine se rendit à son bureau et sortit un imposant dossier papier. Elle s'en empara et vint s'asseoir sur le canapé à côté d'Oscar, face à Arthur Stone et Mox tandis que Florencia s'était installée sur le fauteuil qui se trouvait entre les deux canapés.

-Est-ce que vous acceptez de participer aux élections en tant que candidat ? Attaqua directement Sylvidra.

-Si vous êtes honnêtes, si les preuves que vous nous avez donné sont valables, alors oui, accepta Arthur Stone.

Sylvidra caressa la couverture de l'imposant dossier.

-Je n'ai plus que très peu de temps devant moi, avoua-t-elle. Je suis mourante, Sylvia me prend de plus en plus d'énergie. Selon mes médecins je ne vivrai que très peu de temps après la naissance de ma fille.

Florencia en apprenant cela se figea horrifiée.

-Harlock ne m'a jamais parlé de ça, s'étonna sincèrement Arthur Stone.

-Les Mazones et les humains doivent collaborer, souhaita Sylvidra. J'ai une imposante armée et les humains en sachant la vérité accepteront d'en constituer une eux aussi. Je compte négocier avec Destiny.

-Et vous allez faire comment avec les chevaliers d'Athéna ? Ricana Mox.

-Je donne ma vie, accepta Sylvidra.

-Pardon ? S'étonna Arthur Stone.

Florencia et Oscar la regardèrent interloqués.

-Si Kimura exige ma mise à mort en échange de la paix entre nos deux peuples, je suis prête à l'accepter. Décida la reine Mazone.

-Vous n'avez pourtant pas affirmé à Kimura que vous ne vous rendriez jamais ? Douta Arthur Stone.

-J'ai menti pour les forcer à partir, révéla la reine. Je devais remettre le Consortium en état de fonctionnement. Il devait repartir sur des bases solides. J'ai menti à Oscar et à Isabelle aussi. Le but était de les mettre à l'épreuve afin de savoir comment ils gèreraient la situation. Oscar a agi en main de maitre et ses actions prouvent que le fou sanguinaire qui effrayait tout le monde était une manipulation d'Hadès.

-Il est vrai que la nouvelle constitution mise en place est celle de Kimura avec à peine quelques modifications.

-Ce qui assurera une transition faite en douceur, soutint la reine. Je veux juste que la Résistance épargne Oscar.

-Ecoutez, je comprends vos arguments mais il a fait ces choix et c'est trop facile de tout mettre sur le dos de son père, affirma Arthur Stone. Il a violé Harlock, Sylvidra. Et surement beaucoup d'autres personnes. Je sais que c'est lié à l'hybridation mais de là à dire que ce gars est une victime manipulée par son père ou par Hadès, c'est trop facile.

-J'ai ici une dernière preuve, révéla Sylvidra en caressant la couverture du dossier. J'ai ici le dossier médical d'Oscar.

-Où avez-vous eu ça ? Paniqua le duc de Péhant.

-J'ai recueilli les preuves dans les différentes cliniques où vous avez été admis depuis votre petite enfance, avoua la reine.

-C'est privé Sylvidra ! Donnez-moi ça ! Intima-t-il en s'emparant du dossier.

Il se leva rapidement du siège et s'éloigna.

-Oscar je vous en prie, souhaita Sylvidra. Soyez raisonnable !

-Je ne veux pas, c'est privé ! Affirma le duc honteux.

-Arthur Stone doit voir ce dossier Oscar ! Soutint la reine. Je l'ai vu, mes docteurs l'ont vu et je l'ai mis sur le WEB !

-De quel droit avez-vous fait ça ? L'interrogea Oscar choqué.

-Oscar, calmez-vous et donnez-moi ce dossier ! Intima la reine. En tendant les bras vers lui.

L'ancien avocat était dubitatif, il ne savait pas si la panique du duc était sincère ou si elle était simulée.

-Avant de démarrer comme avocat pénaliste vous avez étudié les cas des enfants battus n'est-ce pas ? Vous avez bien travaillé pour les services sociaux ? S'enquit la reine

-Si on peut appeler cela des services sociaux. Cela servait surtout à prendre aux opposants leurs enfants avant de les foutre en tôle pour maltraitance ! Et bizarrement ils se faisaient toujours tués en prison ! Ricana Arthur Stone. Et je dois dire que cela m'a permis de me faire apprécier des politiciens du Consortium et j'ai gravi les échelons au sein de cette institution avant de prendre mon envol et devenir avocat pénaliste.

-Vous n'avez jamais vu de vrais cas de maltraitance si je comprends bien ? Ricana la reine.

-Les vrais cas étaient passés sous silence, grinça l'avocat. Je devais faire croire que les opposants maltraitent leurs gosses pour qu'on détruise leur vie.

-Eh bien là je vais vous montrez un vrai cas, affirma la reine en se levant.

Elle s'approcha du duc de Péhant qui reculait autant que la reine avançait. Il se retrouva dos au mur au sens propre comme au figuré.

-Oscar, tout ceci est loin de vous, affirma la reine. Vous avez gardé le secret trop longtemps. Je ne sais même pas combien de fois vous avez pu mentir à vos professeurs pour cacher le fait que vous étiez un enfant battu. C'est l'amie qui vous parle et vous demande de lui faire confiance. Laissez Arthur Stone voir ce dossier.

-Vous auriez dû m'en parler avant, reprocha le duc de Péhant. Je ne suis pas prêt ! Je n'étais déjà pas prêt pour la conférence de presse !

-Je sais et le seul psy que je connaisse qui serait à même de vous aider est très loin d'ici, s'attrista la reine. Oscar donnez-moi ce dossier.

La reine posa ses mains sur l'ensemble des documents qu'Oscar gardait plaqué contre son cœur. Elle commença à tirer, le duc résista mais très peu il ne pouvait envisager de laisser une femme enceinte usé de ses forces sur lui jusqu'à l'épuisement. Il connaissait Sylvidra elle était obstinée et ne cèderait pas. Oscar finit par lâcher prise. Sylvidra tendit le dossier à Arthur Stone qui s'en empara. Il sortit ses lunettes en regardant le duc de Péhant, il était très pâle et était sur le point de s'effondrer. S'il simulait c'était très impressionnant.

-Les orignaux sont conservés précieusement dans les bunkers des cliniques, révéla Sylvidra.

Arthur Stone mit ses lunettes et ouvrit le dossier.

-Pourquoi ai-je l'impression que vous me demander de devenir l'avocat d'Oscar ? S'amusa Arthur Stone.

-Parce que c'est le cas, affirma Sylvidra en s'asseyant devant lui. Je sais que ma parole ne vaut pas grand-chose à vos yeux mais je peux vous jurer qu'il n'y a aucune falsification.

Arthur Stone lu médusé le premier rapport du médecin qui avait ausculté Oscar.

-Il a été admis à trois ans pour une fracture vrillée du bras ? S'exclama Arthur Stone interloqué.

-Je ne m'en souviens pas ! Menti Oscar.

Arthur Stone posa son regard sur lui.

-Si ce qu'il y a dans ce dossier est vrai, pourquoi couvrez-vous ce type ? Ce n'est même pas votre père !

-Je ne le savais pas à l'époque ! S'emporta Oscar. Il m'a élevé ! Il était tout ce que j'avais !

En fait il était totalement sous son emprise, réalisa en pensée l'ancien avocat. Et il l'est encore.

-Je vous interdits de dire que ce type vous a élevé ! Refusa l'avocat. On n'élève pas un enfant de cette façon !

Enervé et inquiet l'avocat se leva et repris la lecture du dossier.

-Hospitalisé à sept ans pour épuisement généralisé, poursuivit-il de plus en plus en colère. A onze ans pour deux côtes cassées. Il a été hospitalisé tous les ans et ce, plusieurs fois par an ! Bleus à profusion, marque de coups de ceinture jusqu'au sang, fractures à répétition. A seize ans la mâchoire ! A dix-sept ans, l'autre bras, fracture ouverte !

L'avocat leva les yeux et les posa sur le duc de Péhant.

-Dites-moi Oscar ce qu'a bien puis faire un enfant de trois ans pour mériter qu'on lui fracture le bras ? Et ne venez pas me dire comme c'est marqué dans le dossier que c'est une chute dans les escaliers ! Je suis avocat pénaliste, les fractures vrillées du bras ne sont faites que par une violente torsion lorsque l'on met violemment le bras dans le dos !

-J'avais, par accident, fait tomber un vase en jouant, avoua le duc honteux.

-Et les autres blessures ? Insista l'avocat.

-La plupart sont liées au résultat scolaire insuffisant, révéla le duc.

-Insuffisant ? S'étonna la reine choquée. Elle est pas mal celle-là !

Elle sortit sa tablette numérique, fouilla à l'intérieur de celle-ci et retrouve le dossier scolaire du duc de Péhant .Elle tendit ensuite sa tablette à l'avocat qui la consultât.

-Dix-huit sur vingt de moyenne générale tous les ans, c'est insuffisant ? Ricana l'avocat. Bac S mention spécial du jury, major de promo, les plus hautes notes jamais atteinte dans l'académie militaire depuis celles d'Harlock quand il était étudiant ! Culotté le paternel ! Il se passait les nerfs sur vous, vous mettant à sa botte, par la domination et la peur et comme vous auriez fait n'importe quoi pour lui plaire vous lui pardonniez tout !

-Pourquoi Nadège Baudouin ne m'a pas laissé mourir, gémit Oscar. Eliza Zone m'avait libéré de tout ça !

-Votre pseudo père vous l'a dit, Hadès n'en n'a pas fini avec vous ! Ricana l'avocat. Si tout remonte bien à la première humanité alors il faut à tout prix que je lise le fameux témoignage que Sylvidra a mis en ligne !

-Il est édifiant, vous verrez ! Sourit la reine.

-Je ne prendrai ma décision qu'après avoir vu toutes les preuves Sylvidra ! Affirma l'avocat. Mais ne soyez pas pressée de mourir ! Je suis certain que l'éducation que vous avez subie tout comme le duc visait à faire de vous un monstre implacable !

-C'est tout à fait ça, approuva le duc tristement. J'ai ceci pour vous !

Il sortit de la poche de sa veste militaire une micro puce.

-C'est une copie du fichier original de l'entretien que j'ai eu avec Sylvidra, avoua Oscar.

-Vous nous avez enregistrés ! S'emporta la reine choquée.

-Oui je sais c'est un procédé malhonnête mais tout comme vous ne voulez pas que je sois tué par la Résistance, je tiens à ce qu'il en soit de même pour vous ! Envoyez là à Kimura ! Je pense que son père sera ravi d'avoir enfin une partie de la vérité sur la vraie personnalité de Sylvidra.

-Je le ferai ! Tout comme j'enverrai toutes les preuves par onde vers Destiny. Ce sera comme lancer une bouteille à la mer ! Cela prendra du temps pour arriver jusqu'à eux !

-Ce n'est pas grave, affirma Oscar. Je ne suis pas pressé que toute la Résistance sache pour mon humiliation publique.

Mox se taisait, choqué. Lui qui haïssait le duc de Péhant auparavant commençait à le plaindre. Si les preuves étaient vraies alors le duc n'avait eu aucune chance d'échapper à son terrible destin. Il se leva et rejoignit Arthur Stone.

-Est-ce que vous avez filmé votre visite sur la planète des chevaliers avant de balancer le poison ? S'enquit l'avocat.

-La vidéo est elle aussi sur le WEB, avoua Sylvidra.

-Bien, je crois qu'on a tout vu, réalisa l'avocat. Je retourne sur Amos. Vous savez où est la base ?

-Vous voulez dire les bases, s'amusa Sylvidra. Pourquoi Harlock vous a demandé de les transformer en cités spatiales ? Est-ce qu'il a un plan pour Hadès ?

-C'est le silence radio depuis qu'il est parti ! Affirma l'avocat agacé. Et ça m'emmerde ! Surtout en sachant tout ça ! Et j'espère que vous avez les nerfs solides Sylvidra ! Vous comptez vraiment vous opposer à Hadès ?

-Plus que jamais ! Soutint la reine .Le destin du peuple Mazone aurait dû être tout autre !

-Et le vôtre aussi par la même occasion, ricana l'avocat. Peut-être que si vous n'aviez pas été formée à être une reine impitoyable vous auriez eu votre chance avec lui, n'est-ce pas ?

-C'est exact, avoua la reine.

-Donc vous êtes amoureuse de lui, réalisa l'ancien avocat.

-Oui, reconnut la reine embarrassée. Mais il ne m'aimera jamais et c'est normal. J'ai commis un crime abominable et il est très amoureux d'Eliza Zone. Mais je veux ma racheter. Je veux le faire aux yeux de l'humanité. Je ne pourrai pas tout rattraper mais je peux changer le destin du peuple Mazone et celui du peuple humain !

-Noble cause ! J'espère que vous y arriverez !

-Harlock en a des femmes qui lui tournent autour ! C'est un veinard ! S'amusa Mox.

-Il les attire toutes comme un aimant ! Sourit l'avocat. C'est le côté vilain garçon qui fait ça !

-Vilain garçon ? S'étonna la reine abasourdie. Il est pourtant très gentil. Même après que j'ai eu Sylvia contre sa volonté il s'est montré très tendre avec elle.

La reine caressa avec douceur son ventre rebondi.

-C'est dans le sens pirate rebelle Sylvidra, s'amusa timidement Oscar. Les pirates ne sont pas censés être de gentils garçons !

-Les humains sont vraiment bizarres, commenta Sylvidra. J'ai beaucoup de mal à comprendre certaines de vos expressions.

-Nous allons prendre congé, je vous tiens au courant, la salua l'avocat. On y va Mox.

-Au revoir, les salua à son tour la reine Mazone.

Les deux hommes partirent sans se retourner. Ils déambulèrent librement jusqu'à la sortie du palais. Ils croisèrent plusieurs soldates Mazones qui les saluèrent poliment.

-J'ai l'impression d'être dans un univers parallèle, c'est complètement dingue, commenta Arthur Stone alors qu'il atteignait la sortie.

Sylvidra, une fois les deux Résistants partis, contacta Annabelle et Anastasia. Les deux scientifiques arrivèrent peu après le sourire aux lèvres. Anastasia poussait devant elle une desserte médicale sur laquelle était posé un ordinateur.

-Qu'est ce qui se passe ? S'étonna Oscar.

Pour toute réponse Anastasia lança l'ordinateur et Annabelle prépara une seringue. Par réflexe le duc de Péhant recula.

-Ne vous inquiétez pas Oscar, s'amusa Sylvidra. Elles sont là pour arrêter les nanos qui sont en vous, je vous libère de ces machines !

-Isabelle est d'accord ? Espéra le duc inquiet.

-Oui, vous avez fait vos preuves et de toute façon cela n'a que trop duré ! Soutint Annabelle. Vous allez être un homme libre M le duc !

-Pourquoi était-il sous nanos ? S'indigna Florencia. Je croyais que tu avais changé Sylvidra mais tu continues à utiliser ces saloperies !

- Calme-toi ! Tempéra la reine. Elles lui ont été injectées bien avant que je réalise totalement mes torts !

-Des torts tu en as un paquet ! Tempêta Florencia. Tu as tué mon père ! Tu as tué ton fils ! Tu as éloigné Kurt de toi ! Est-ce qu'au moins tu es capable de t'occuper de Jack ? Je sais qu'il est prisonnier dans ce palais !

-Tu n'as pas besoin de me jeter mes erreurs à la figure ! Et pour ton père c'est sans regret ! Affirma la reine. J'ai fait cela pour te protéger ! Ta vie en échange de la sienne ! Tu n'as pas idée des lois qui existaient !

-Oh que si mais après avoir abattu notre génitrice tu étais reine ! Tu pouvais les changer ! Soutint Florencia en colère.

-Ce n'est pas si simple ! Affirma Sylvidra.

-Ça c'est ce que tu dis ! Douta Florencia.

-Votre sœur ne vous ment pas Florencia, soutint le duc alors qu'Annabelle lui injectait le produit contenu dans la seringue. Qu'est-ce que c'est ?

-Un produit qui facilitera l'élimination des nanos ! Révéla Annabelle. Tu peux y aller Anastasia.

-Je lance la procédure d'arrêt, annonça la programmatrice. Ca y est ! Vous êtes libre Oscar !

-Je répondrai à toutes tes questions Florencia mais il faut que tu te calmes ! Souhaita Sylvidra.

-Est-ce que c'est vrai qu'il ne te reste que très peu de temps ? S'angoissa la princesse Mazone.

-Oui, avoua la reine gênée.

-On vient juste de se retrouver, et ton temps est compté ! Sanglota Florencia.

-Raison plus pour ne pas gâcher ces précieux instants Flo, souhaita Sylvidra en prenant sa sœur dans ses bras.

Oscar estima qu'il était de laisser les deux sœurs seules, aussi sortit-il avec les deux scientifiques. Il rejoignit son épouse à l'hôpital. Isabelle devait quitter l'établissement de soins le lendemain, elle reprenait son rôle de reine à plein temps ce qui soulagea le duc, il n'était désormais plus que le conseiller de son épouse. Isabelle avait appris par Sylvidra le passé médical d'Oscar, elle avait aussi entendu l'enregistrement de la terrible conversation qu'avait eu son époux avec celui qu'il avait pris toute sa vie pour son père. Elle était terriblement triste pour lui. Revenu à la base secrète d'Amos, Arthur Stone fit étudier toutes les preuves par les scientifiques de son réseau et commença à lire le témoignage laissé par les anciens sur la fin de leur civilisation. Quelques jours plus tard il reçut leur réponse, aucune des preuves n'était trafiquée, Sylvidra leur avait dit la vérité, tout ce qu'elle savait. Arthur Stone envoya alors toutes les preuves vers Destiny espérant une réponse de leur part. Malgré le fait que la reine voulait la paix, par précaution il fit déployer une série d'insectes espions afin de surveiller les agissements du gouvernement en place. Lorsque les élections furent ouvertes, il se présenta et fit campagne. A sa grande surprise il fut élu par une écrasante majorité au grand soulagement des deux reines et du duc de Péhant.

Zeus dans la cité des Anciens se réjouissait de voir que la reine Mazone était sur la bonne voie ainsi qu'Oscar.

Les jours suivants, Florencia passa beaucoup de temps avec sa sœur et elle ne pouvait s'empêcher de dévorer du regard le duc de Péhant. Elle le sentait, elle avait eu le coup de foudre pour cet humain. Cela ne lui était jamais arrivé. Sylvidra avait bien remarqué le manège de sa sœur et s'en inquiétait. Elle devait faire cesser cela au plus vite. Alors qu'elle se rendait à une réunion elle prit sa sœur à part et décida de mettre les choses au clair avec elle. Alors qu'elle lui faisait face elle remarqua que celle-ci ne faisait pas tellement attention à elle, Flo était bien plus occupée à admirer la croupe du duc qui venait de se pencher pour ramasser un dossier qu'il avait laissé tomber.

-Tu dois cesser cela ! Intima Sylvidra.

-Pourquoi ? S'étonna Florencia. Je ne fais rien mal ! Je me contente de regarder le menu je n'y touche pas !

-Il est marié ! A la reine du Consortium ! Notre alliée ! Tu veux provoquer un incident diplomatique ou quoi ? S'impatienta la reine Mazone.

-Je t'en prie, elle ne le mérite pas, ricana Florencia.

-Vraiment ? Grinça Sylvidra agacée.

-Elle lui a fait implanter des nanos, elle affirmait l'aimer elle n'a pas arrêté de le cocufier ! Avec Thomas en plus ! Grinça Florencia.

- Les choses sont plus compliquées que cela !

-Je t'en prie, elle affirme l'aimer mais dès qu'un beau mec se pointe elle se le tape !

-Ce n'est plus le cas ! Ils sont décidés à sauver leur mariage !

-Je sais et je respecte ça mais si Isabelle recommence à aller voir ailleurs, je tente ma chance ! Affirma Florencia.

-Elle ne le fera pas !

-Je ne partage pas ton avis, douta Florencia. Oscar est une merveille, il me plait, je le veux ! Je ne me l'explique pas ! J'ai eu le coup de foudre c'est comme ça !

Oscar à quelques dizaines de mètres de là entendaient toute la conversation à cause de l'hyperacousie provoquée par l'hybridation. Il était horriblement gêné. Il espérait vraiment que Sylvidra arriverait à raisonner sa jeune sœur.

-Même si Isabelle venait à le larguer ce ne serait pas souhaitable pour toi de le choisir comme mâle humain ! Je ne sais pas ce que cela donnerait pour la reproduction !

-Il n'y a pas de soucis à se faire pour ça, mère m'a fait stériliser à ma naissance, avoua Florencia calmement.

-Quoi ! S'exclama Sylvidra choquée.

-Ben tu étais la future reine et seule toi avait le droit d'avoir des enfants, donc c'est comme ça…On va à la réunion ? L'invita Florencia en souriant.

Elle semblait prendre la chose très calmement alors que Sylvidra était horrifiée.

-Elle n'avait pas le droit de te faire ça ! Soutint la reine en pleurant. C'est injuste !

-C'est comme ça depuis ma naissance Syl' ! Je me suis fait une raison, soutint la princesse Mazone. On va à la réunion ?

-Tu ne pourras jamais être mère et cela ne te fait rien ? Insista Sylvidra écœurée.

-Je ne peux rien y faire Syl' et si je commence à me torturer avec ça, ma vie sera un enfer, affirma Florencia. On ne peut plus rien y changer, c'est comme ça !

Oscar entra dans la salle de réunion et la belle Florencia le suivit. Décidément elle ne pouvait lui résister. Sylvidra eut du mal à se remettre de la terrible nouvelle que venait de lui annoncer Florencia .Elle resta quelques minutes à l'extérieur à se calmer puis elle pénétra dans la salle .Les élections étant achevées, quelques jours plus tard, Arthur Stone prit ses fonctions sans savoir qu'un imprévu allait arriver. Sur ordre d'Oscar de Péhant une série de satellites de communications furent envoyés pour relayer le signal entre Destiny et le Consortium. Il en fut de même pour relier la nouvelle Gaïa de Thomas et le groupe des planètes humaines autrefois dominé par Aristote Zone. Oscar avait été clair, pour le moment, ces satellites ne servaient qu'à relayer les images retransmises par la télévision de Destiny, Arthur Stone avait été contraint d'envoyer tous les documents fournis par Sylvidra par des moyens rudimentaires. Le duc semblait se méfier de Destiny. Il estimait que c'était à cette jeune planète d'établir elle-même le contact. En revanche pour la nouvelle Gaïa, les choses étaient tout autre, Arthur Stone avait pu envoyer un message au jeune Thomas.

Celui-ci fut d'abord remis à Paléande qui étudia très surpris la missive. Lorsqu'il l'a remis à son jeune souverain celui-ci doutait tout autant que lui. Il s'assura que les documents étaient bien arrivés puis il avait demandé une expertise. Et alors que Thomas s'entrainait dans la salle de sport, Paléande reçu le rapport des spécialistes. Il se rendit donc immédiatement auprès de son jeune roi. En le voyant arriver le sourire aux lèvres mais en même temps très inquiet le jeune Mazone se demanda ce qui arrivait. Comme il doutait de la véracité des documents, il ne les avait pas consultés. Il n'avait aucune envie de perdre son temps à lire des informations fausses destinées à le piéger.

-Alors ? S'enquit-il lorsque Paléande fut arrivé jusqu'à lui.

-Aussi fou que cela puisse paraitre, les documents sont authentiques mon roi, révéla le conseiller. Je ne sais que penser.

-C'est très grave ce qu'il y a dans ces documents ? S'inquiéta Thomas.

-Extrêmement, avoua le conseiller. Nous n'avons jamais été dans une situation si périlleuse. Je comprends mieux l'invitation de votre grand-mère à venir la voir de toute urgence.

-Je dois y aller d'après vous ? Douta Thomas en s'emparant d'une serviette afin d'essuyer la transpiration qui perlait sur son torse.

-Lisez les documents vous choisirez après mais vous connaissant, vous irez ! Sourit le conseiller.

Paléande s'éloigna de son roi. Il était soucieux ce que le jeune homme remarqua.

-Paléande ? Qu'est-ce qui vous tracasse ? S'inquiéta Thomas.

-Lorsque j'ai connu votre grand-mère, quand j'étais son prisonnier, elle était froide, cruelle mais avec vous c'était différent, elle essayait faute d'être apte à être tendre, d'être attentive à vos besoins.

-C'est vrai qu'elle n'est pas quelqu'un de très doux ou de maternel, sourit Thomas.

-Peut-être mais quand vous êtes allé la voir pour votre grand père, vous ne m'avez jamais parlé des négociations ! Se rappela le conseiller. Ce n'est pas un reproche mais j'aurai aimé savoir comment cela c'était passé…

-Ma grand-mère était quelque peu différente de mes souvenirs, elle semblait plus souriante mais en même temps très perturbée comme si elle était en conflit avec elle-même, révéla Thomas qui souhaitait occulter sa nuit passé avec Isabelle Von Kiel.

-Excusez ma remarque mais elle a vraiment cédé très facilement pour que vous puissiez passer du temps avec votre « papy », se souvint le conseiller. Apparemment, elle n'a même pas tergiversé. Or auparavant elle n'aurait jamais cédé sur un point pareil. Elle vous aurait qualifié de faible !

-C'est vrai, réalisa Thomas. Je n'y avais pas prêté attention à l'époque, j'étais trop content de pouvoir passer du temps auprès de mon papy !

-Elle vous a pris Mark peut être qu'elle a voulu inconsciemment vous donner un papa de substitution, supposa Paléande.

-Vous devenez psy Paléande ? S'amusa Thomas.

-Je ne le suis pas et j'adorerai avoir l'avis du docteur Kimura sur tout ça ! Avoua le conseiller. Apparemment Arthur Stone a aussi envoyé toutes les preuves à votre grand père !

-Parfait ! Je vais les lire ! Accepta Thomas.

Il termina de s'essuyer avec la serviette puis se dirigea vers les douches.

-Une chose encore mon roi, souhaita Paléande. Gardez l'esprit ouvert, ce que vous allez découvrir va vous chambouler. On croit connaitre les gens et finalement il y a des surprises.

-Sur quoi dois-je prêter attention ? S'étonna Thomas en se tournant vers lui.

-Oscar de Péhant, révéla le conseiller. Je dois dire que je ne m'attendais pas à cela. En grandissant vous avez eu de l'amour, de la part d'Ellie, de votre grand-mère dans un sens même si elle n'osait pas vraiment, de moi en tant que papa de remplacement mais cette homme n'a jamais su ce qu'était la tendresse ou l'amour…Tout comme Sylvidra finalement…

-Ca n'excuse pas ce qu'il a fait ! S'emporta Thomas.

-Je sais ! Mais il n'est pas du tout ce que nous avons longtemps cru, affirma le conseiller.

-Je garderai l'esprit ouvert, Paléande. Mais étant donné ce que j'ai fini par découvrir, si j'avais ce type entre mes mains à l'heure actuelle, je le crèverai sans hésiter ! Il n'avait pas le droit de toucher à mon papy !

-Et je commence à me dire qu'Eliza Zone aurait dû tenir sa langue à l'époque…S'attrista Paléande.

-Elle était vulnérable et je le reconnais, je lui ai arraché cette confession. Je vais regarder ces fameuses preuves Paléande mais je doute qu'elle me fasse changer d'opinion concernant le duc de Péhant ! Soutint Thomas en colère. A plus tard !

-A plus tard mon roi, salua humblement Paléande en s'inclinant.

Le jeune homme fila à la douche sans se retourner. Le soir en retrouvant Sandy dans sa suite royale il trouva les documents posés sur son bureau. La jeune Mazone n'était pas encore revenu de sa vérification des troupes et il commença à les lire. Lorsque Sandy rentra elle découvrit son roi et amant plongé dans une importante lecture. Elle l'embrassa sur la joue et le jeune homme la salua à peine. Elle sourit. Thomas était vraiment absorbé par ce qu'il étudiait. Le jeune homme avait du mal à croire ce qu'il lisait ou voyait. En découvrant le dossier médical du duc de Péhant il fut profondément choqué. Sandy se coucha alors qu'il n'avait pas encore fini.

-Thomas, viens dormir ! L'invita-t-elle amusée. Tu pourras reprendre ta lecture demain.

-Je dois terminer au plus vite en fait, avoua-t-il. Ce ne te dérange pas si j'emmène ma tablette au lit ?

-D'accord mais tu dois dormir donc pas de nuit blanche ! Intima amoureusement la jeune Mazone.

-Promis ma chérie, accepta Thomas en souriant.

Il rejoignit la jeune femme au lit. Sandy l'entoura de ses bras amoureusement et posa sa tête sur son épaule. Elle s'endormit bercée par son grand amour.

-Ce n'est pas possible, murmura Thomas épouvanté alors qu'il terminait sa lecture. C'est une blague, une mauvaise blague…

Pourtant les documents étaient authentifiés. Paléande avait raison, il devait aller voir sa grand-mère, ensuite son grand père, il était temps de regrouper tout le monde pour faire face à le menace imminente qu'était Hadès. Inquiet il dormit très peu et se leva aux aurores. Sandy à son réveil fut surprise de trouver la place à côté d'elle vide et froide. Elle se leva rapidement, s'habilla et quitta la chambre. Elle trouva Thomas dans le salon en train de lire les fameux documents.

-Qu'est-ce qui se passe Thomas ? S'enquit-elle angoissée.

-Je vais devoir m'absenter ! Révélé-t-il.

-C'est à cause de ces documents ?

-Oui, je dois voir ma grand-mère ! Nous courrons tous un grand danger et le Consortium est probablement en première ligne, avoua Thomas.

-Je prépare nos valises, décida Sandy.

-J'y vais seul Sandy ! Décida le jeune roi. J'ai besoin que tu restes ici avec Paléande pour assurer le bon fonctionnement de notre communauté.

-C'est risqué ! Je n'aime pas l'idée que tu ailles seul, surtout en sachant qu'il y a une grave menace sur le Consortium !

-Je ferai attention ! Affirma Thomas. Je vais y aller avec un vaisseau de guerre et une escorte ! Ma sécurité sera parfaitement assurée grâce à cela ! Mentit-il pour la rassurer.

-Mais Thomas…Tenta Sandy.

-C'est moi qui décide Sandy ! Je suis le roi de la nouvelle Gaïa ! Tu es la responsable de mes armées ! Contesterais-tu mes ordres ? S'énerva le jeune souverain.

-Bien sûr que non mais je m'inquiète.

-Tout ira bien ! Sourit Thomas.

-Tu pars quand ?

-Dès aujourd'hui ! Annonça le jeune homme.

-Si tôt ? Paniqua Sandy.

-Il le faut ! Je suis désolé ! S'excusa le jeune roi. J'étais loin de me douter qu'une telle chose allait nous tomber dessus !

-Je vais préparer tes affaires, accepta Sandy tristement.

Paléande avait anticipé la décision de son roi. Un vaisseau de guerre était d'ores et déjà prêt à partir tout comme l'escorte. Lorsque Thomas annonça lors du conseil son désir de nouer des relations diplomatiques avec le Consortium tout le monde fut surpris sauf le plus proche conseiller du roi de la nouvelle Gaïa. Thomas laissa des directives puis embarqua le soir même. Sandy inquiète le regarda partir. Thomas lui avait confié les documents lui conseillant de les étudier au plus vite. Grâce à la nouvelle technologie de la matière noire le voyage se ferait beaucoup plus vite et le jeune homme arriverait quelques jours plus tard aux portes du Consortium.

Loin de là, Sylvidra et Oscar accompagnaient Isabelle pour sa sortie d'hôpital La jeune souveraine était totalement remise. Bien qu'elle aurait préféré se reposer auprès de son époux au palais elle dû assister au premier conseil des ministres dirigés par Arthur Stone. L'avocat présenta les membres de son gouvernement de transition.

-Je ne suis pas un politicien votre altesse, avoua Arthur. Je suis dans la même situation que Kimura cela étant dit, il a beaucoup plus d'expérience que moi.

-Vous vous en sortirez très bien, affirma Isabelle.

Oscar et Sylvidra étaient assis de part et d'autres du trône placé au centre de la pièce entouré par les tables des ministres placés en cercle autour d'elle.

-Toujours aucune réponse à votre appel ? S'inquiéta Oscar.

-Etant donné avec quelle puissance je l'ai envoyé on risque d'avoir du mal à en avoir une rapidement, grinça Arthur.

-Je sais que vous n'approuvez pas mais je pense vraiment que pour le moment il vaut mieux être prudent, affirma Oscar.

-J'ai une question à vous poser Sylvidra, pourquoi avoir tant que cela voulu conquérir la Terre ? S'inquiéta Arthur Stone.

-Comme je l'ai dit lors de la conférence de presse, le gouvernement Mazone était régit par moi mais aussi par les prêtresses qui avaient un très grand pouvoir et certaines d'entre elles avaient des visions. Et lors d'une de ces visions, une des prêtresses affirma que si le peuple Mazone ne récupèrerait pas la Terre alors il mourrait, la Terre était notre seul salut.

-Alors qu'il y a des dizaines de planètes habitables que vous avez terraformées ! Où même les Illumidas se sont installés pour certaines d'entre elles ! S'étonna l'avocat.

-Etant donné ce que je sais à l'heure actuelle c'est certain que toutes ces prophéties étaient absurdes et visaient à nous manipuler ! Avoua la reine.

-Pourquoi accorder tant de crédit à des pseudos visions ?

-Parce qu'elles étaient vraies pour la plupart ! Avoua Sylvidra. Des prêtresses ont eu des visons très claires du futur problème Illumidas, nous avertissant de leur danger et nous nous sommes séparées d'eux ! Elles ont aussi vu comment mourrait notre planète ! C'est comme si Hadès pouvait voir l'avenir ! Comme si il nous avait montré tout cela pour qu'on lui fasse une totale confiance !

-C'était certainement le but ! Affirma l'avocat. Est-ce que c'est vraiment vous qui avez voulu éliminer l'humanité ?

-J'ai pris cette terrible décision, complètement absurde !

-D'accord mais vous l'avez vraiment prise ou est-ce qu'une prêtresse aurait eu une vision ?

-Il nous fallait la Terre !

-Et ça c'est une vision qui l'a dit ! Est-ce que pour avoir la Terre vous deviez tuer tous les humains ?

-Non puisque l'humanité s'était installée finalement sur beaucoup de planètes que nous avions terra formées sans compter que l'humanité en a terraformé elle-même ! On a provoqué une guerre que Mark a gagné et on a pris le pouvoir !

-Et vous avez choisi Aristote Zone ! Et ensuite vous avez décidé d'éliminer l'humanité ! Tout comme une reine ne pouvait enfanter par amour ! Là aussi cette idée venait des prêtresses, donc d'Hadès ! Maintenant la question que je vous pose est simple, avez-vous pris vraiment la décision d'éliminer l'humanité ? Douta l'avocat.

-Les humains se rebellaient, j'avais mes hybrides issus de la reproduction avec les humains, nous avions des mâles Mazones parfaitement sains…

-Qui a eu l'idée de ces hybrides ?

-Je ne sais plus, cela remonte à si loin !

-Faites un effort ! S'amusa l'avocat.

-Je…Vraiment je ne sais plus et est-ce bien important ? J'ai pris toutes les décisions.

-Ça c'est que l'on vous a laissé croire Sylvidra.

-Je vous demande pardon ? S'indigna la reine Mazone.

-Ne le prenez pas mal mais comme vous m'avez fourni un accès total aux données contenues dans vos différents ordinateurs, j'ai fouillé un peu et j'ai trouvé les fameuses prophéties…

-Et ? S'enquit Isabelle intéressée.

-Les prêtresses avaient un immense pouvoir n'est-ce pas ? Je pense que vos civils et vos militaires ne le savaient pas mais elles vous influençaient beaucoup, révéla l'avocat. Je suppose que vous ne vous souvenez pas de ces prophéties.

L'avocat lui tendit plusieurs feuillets que la reine lut attentivement.

-Je ne les ai jamais vues ! Affirma Sylvidra.

-La décision d'éliminer les humains ne vient pas vraiment de vous, les prêtresses vous ont manipulé pour que vous croyiez que cela venait de vous et dans un sens vous êtes la seule responsable puisque vous avez donné les ordres.

-J'aurai dû me débarrasser d'elles beaucoup plus tôt ! Ragea Sylvidra. Si je l'avais fait, Mark serait toujours en vie ! Si j'avais su la vérité ne serait-ce qu'un siècle plus tôt…

-Etant donné le fonctionnement de votre société ç'eut été difficile ! Sans compter que la manière dont vous avez été formée et même formatée, ce sont vos propre mots, pour devenir reine, a fait de vous un être insensible, dur et froid, jamais vous n'auriez dû douter des prêtresses. Sauf que depuis quelques temps vous avez changée.

-J'ai commencé à changer quelques mois après le début de ma grossesse, avoua Sylvidra. Où voulez-vous en venir ?

-Vous avez bien lu tous les documents Sylvidra ? Sourit l'avocat.

-Oui, affirma la reine.

-Donc vous savez que le lien qui devait exister entre l'humanité et les Mazones, lien voulu par les Gardiens avant qu'Hadès ne s'empare de votre civilisation, c'était l'amour. C'est ce qui a fait que le peuple Mazone était incapable d'exterminer les humains jusqu'à ce que vous arriviez au trône !

-Ca fait de moi la pire des reines Mazones n'ayant jamais existé, s'attrista sincèrement Sylvidra.

-Non, affirma Arthur. Ce qui s'est passé c'est que votre mère vous a formée pendant des siècles avant que vous ne preniez la barre de force et je pense qu'il y a de nombreux traumatismes en vous, auxquels Hadès a surement participé. Il a attendu son heure, il a guetté la parfaite opportunité de se débarrasser de l'humanité voulu par les Gardiens mais ce sont les Gardiens eux-mêmes qui ont fait barrage, faisant échouer son plan. Et ensuite il y a eu Sylvia…Hadès a fait tout ce qu'il fallait pour que vous soyez capable de détruire les humains mais il n'a pu empêcher Sylvia d'arriver. Et pourtant vous aviez balancé Harlock dans les Limbes…Et vous l'avez fait pour que personne ne sache jamais que vous étiez amoureuse de lui car une reine Mazone n'a pas le droit d'aimer cela mettrait son peuple en danger, là aussi cela vient comme par hasard d'une des fameuses prophéties. Malgré cela, Sylvia va naitre par amour même si vous vous êtes menti en affirmant que ce n'était que sexuel ! J'ai lu votre dossier médical, vous communiquez avec votre bébé, bien plus que lors d'une grossesse normale. Et quand vous attendiez Mark cette communication ne s'est pas faite car cela ne peut fonctionner que pour les Mazones de sexe féminin…Je commence à me demander si cela n'est pas dû çà un défaut lors de la conception du peuple Mazone. Après tout, les Gardiens vous ont créés dans l'urgence…

-De toute façon cela ne change plus rien, se désola Isabelle. Les faits sont les faits ! Nous devons aller de l'avant ! On verra bien le moment venu comment gérer tout cela avec la Résistance !

-Vous avez raison ! Mais je commence à y voir beaucoup plus clair ! Sourit l'avocat.

-Dîtes moi Stone les bases souterraines peuvent permettre la survie de combien de personnes ? S'intéressa Oscar.

-Ca varie d'une base à l'autre, avoua l'avocat. Et nous en construisons de nouvelles.

-Est-ce que vous avez besoin d 'aide ? En matériel ou autres ? proposa Oscar.

-Vous voulez participer ? S'étonna l'avocat.

-Etant donné le nombre d'habitants du Consortium il faudrait en faire beaucoup et nous ne savons pas combien de temps nous avons devant nous, argumenta Isabelle.

-Evacuez tout le monde ? Sourit tristement l'avocat. J'aurai bien voulu le faire pour Amos mais lors d'une attaque éclair c'est très difficile d'évacuer les gens.

-Je sais, aussi, on pourrait peut-être anticiper cette évacuation proposa Oscar.

-Ce serait possible en effet, accorda Stone.

-On pourrait mettre ainsi la population à l'abri d'Hadès, souhaita Oscar.

-Je doute que cela fonctionne, révéla Sylvidra. Les spectres sont très puissants Après votre départ lors de l'interrogatoire de Nadège Baudouin, un spectre est arrivé jusqu'à elle, il a traversé mon vaisseau de part en part, étage par étage pour arriver jusqu'à la salle d'interrogatoire et on n'a rien entendu, alors une base souterraine ne leur ferait pas peur…

-Vous avez une vidéo de ça ? S'étonna l'avocat.

-Oui, je l'ai mise sur le WEB ce matin, révéla la reine.

-Pourtant je pense que si on commençait à installer la population, on gagnerait un peu de temps, insista Oscar.

-Nous ne savons pas quand Hadès compte attaquer et s'il attaque il suffira de faire décoller toutes les bases en même temps. Il ne pourrait toutes les atteindre ! Affirma Isabelle.

-Vous oubliez Aristote Zone, rappela l'avocat. Il a une armée, Hadès a récupéré son corps il doit être en train d'en créer des vaisseaux, après tout la technologie a beaucoup évoluée depuis mille neuf cent quatre-vingt-onze. Et il doit chercher à augmenter le nombre de ses fidèles ! Il pourrait comme les Noos en gagner par la peur !

Sylvidra et Oscar se regardèrent embarrassés…

-Qu'est-ce qu'il y a ? S'étonna l'avocat

Isabelle aussi était surprise du comportement de son époux et de son alliée.

-Il faudrait qu'on vous parle de quelque chose mais en privé, suggéra Sylvidra.

-C'est le conseil des ministres Sylvidra, vous pouvez parler, soutint l'avocat.

-Je sais mais je pense que pour le moment il faudrait que j'en parle juste à vous, souhaita la reine.

-Très bien, céda l'avocat.

L'ancien avocat n'eut pas à leur demander, les ministres partirent d'eux-mêmes après avoir poliment saluer les deux cheffes d'Etat.

-Alors ? S'enquit Arthur Stone.

-Hadès n'aura pas besoin de faire usage de la peur pour obtenir une armée, avoua Sylvidra en se raclant la gorge.

-Et il compte faire comment ? Etant donné le personnage, personne ne voudra de lui !

-Sylvidra a fait une découverte, révéla Oscar.

-J'écoute ! Insista l'avocat.

-Voilà il y a une chose dont je n'ai pas parlé à la conférence de presse car je tiens à éviter toute panique, avoua Sylvidra. Grâce à une analyse d'ADN faite sur Nadège Baudouin et en la comparant par hasard à celui des spectres recueillis par Aristote Zone dont le duplicata était dans l'ordinateur du duc, mes scientifiques ont découvert que les spectres pour activer leur pouvoir ont une mutation d'ADN bien spécifique comme les chevaliers d'Athéna… J'ai trouvé cette mutation dans Nadège Baudouin.

-J'ai peur de comprendre, blêmit l'avocat.

-Tout comme les chevaliers d'Athéna, l'ADN des spectres est présent dans une partie de la population, révéla Oscar.

-Bordel de Bordel ! Jura l'avocat en panique. Je comprends pourquoi vous n'en n'avez pas parlé ! Le pourcentage de la population touché ?

-Aucune idée, avec les guerres une bonne partie des données génétiques de la population sont perdues, affirma Sylvidra embarrassée. Il faudrait refaire des tests. Y compris pour ceux qui sont déjà dans les bases…

-Oh non ! S'exclama l'avocat alors qu'une boule d'angoisse se formait dans son estomac. Vous pensez que j'ai sauvé des descendants de spectres ? Et si ça se trouve il y en une grande partie dans les bases ?

-On n'est sûr de rien ! Tenta Sylvidra pour le calmer. Par contre je sais qu'Aristote Zone a de l'ADN de spectre en lui et par conséquent…

-Oh non, pas ça ! Gémit l'avocat.

Arthur Stone choqué pris plusieurs profondes inspirations.

-Je suppose que vous avez toutes les preuves de ce que vous avancez ? S'enquit l'avocat pour la forme.

-Oui, affirma Sylvidra.

-une chose par contre, certes Eliza Zone a de l'ADN de spectre en elle mais je doute qu'il puisse être activé ! Affirma Oscar.

-Pourquoi ? S'étonna Sylvidra.

-Car je sais qu'elle a de l'ADN de chevalier d'or en elle, révéla Oscar.

-Lequel ? S'étonna Sylvidra.

Pour toute réponse Oscar tapa sur sa tablette un message qui arriva jusqu'à Sylvidra. Il s'effaça quelques secondes plus tard, message éphémère d'une information qu'Oscar voulait garder secrète pour le moment.

-C'est quoi toutes ces cachotteries mon cœur ? S'amusa Isabelle.

-Rien de bien grave, je t'en parlerai ce soir ! Sourit le duc.

-Vous l'avez su quand ? S'enquit Sylvidra surprise.

-En parlant avec ma nounou, avoua Oscar.

-Il faut en informer Eliza Zone ! Soutint Sylvidra.

-Ce n'est pas nécessaire, elle est déjà en contact avec eux ! Affirma Oscar. L'intéressé a bien dû ressentir quelque chose ! Après tout, Camus avait vite ressenti son lien avec Harlock !

-C'est vrai, accorda Sylvidra.

-A votre âge vous avez encore une nounou, intéressant, se moqua gentiment Arthur Stone.

-De toute façon, pour le moment nous avons bien assez de problèmes à gérer, affirma Isabelle. Mais il faudra à un moment donné se faire une raison et les appeler ou se rendre sur la planète des chevaliers !

-Sans rire ? Si vous y allez je peux venir avec vous ? S'amusa Arthur Stone. Lequel de vous trois ira leur parler ? Vous comptez y aller vous-même Sylvidra ou vous enverrez le duc de Péhant ? Quoi qu'il en soit je veux assister à ça !

-Vous êtes rancunier, se plaignit Sylvidra.

-Je serai ravi d'y aller, avoua Oscar. Mais je doute de pouvoir arriver jusqu'à la personne que je souhaiterai le plus rencontrer.

-Vous savez très bien qu'aucun de vous ne pourra se présenter devant eux, s'amusa Arthur Stone.

-Dans ce cas, pourquoi pas vous ? Proposa Sylvidra.

-Mais quelle bonne idée ! Ricana Arthur Stone ! Surtout s'ils apprennent sans explication comment je suis devenu votre premier ministre !

Cette remarque fit rire la jeune reine. Alors qu'Isabelle retrouvait son sérieux le communicateur du premier ministre se mit à sonner. Il prit l'appel qui fut très court.

-Thomas sera bientôt là, annonça-t-il après avoir arrêté l'appareil. Il est aux portes du Consortium. Il vient de faire une demande officielle afin d'entrer dans notre territoire.

En apprenant cela la jeune Isabelle se troubla. Elle réussit à se contenir mais Oscar qui la connaissait trop bien remarqua immédiatement ce changement d'attitude. Cela lui fit mal au cœur. Le jeune roi Mazone semblait faire encore de l'effet à son épouse et cela l'attrista. Il sentit la jalousie l'envahir mais ne montra rien.

-Pour en venir au matériel, j'accepte volontiers, sourit Arthur Stone.

-J'ai pas mal de surplus datant de ma guerre contre Von Kiel, avoua Oscar. Je vais faire donner des ordres pour qu'il soit réparti entre les différentes bases.

-Il va falloir en construire beaucoup, avoua l'ancien avocat. Les bases que nous avons sont très grandes mais pas assez pour recueillir toute la population.

-On va mettre en place les moyens techniques et financiers pour les fabriquer, approuva Isabelle. Par contre il nous reste le problème du fameux ADN de spectre présent dans la population.

-J'ai mis en place une vaste campagne de vaccination et une étude sur l'état de santé des habitants, il y a des tests sanguins de prévu, on va ajouter d'autres prélèvements voilà tout, approuva Arthur Stone. On saura ainsi le pourcentage des forces potentielles d'Hadès mais il va falloir trouver une solution.

-Les chevaliers l'auront certainement, espéra Sylvidra. Pour le moment concentrons-nous sur les bases et leur préparation pour un envol immédiat. J'espère juste qu'Hadès n'aura pas les moyens techniques pour les atteindre.

-Ce qui m'inquiète c'est l'armée qu'il doit être en train de préparer à toute vitesse, angoissa Arthur Stone.

-Il doit avoir en tout cas quelques soucis techniques, douta Oscar. Sans quoi il serait déjà sorti des Enfers .Or il y reste obstinément. Il a récupéré son corps depuis pas mal de temps, Aristote Zone étant en contact permanent avec lui, les vaisseaux spatiaux de ses troupes doivent déjà être prêts ou bien avancés en tout cas.

-Il n'a pas pu les fabriquer dans notre univers, douta Sylvidra.

-Pourtant Aristote Zone a tout ce qu'il faut, affirma Oscar.

-Mais il n'a pas ce qu'il faut pour les cacher, répliqua Sylvidra. Certes il a des bases où il dissimule son armée mais celles-ci doivent être plus que pleines à l'heure qu'il est et Hadès, s'il a prévu de se servir de la population, doit avoir envisagé bien plus de vaisseaux que ceux construits sous les ordres d'Aristote Zone.

-Sans compter qu'Aristote Zone avait déjà suffisamment d'hommes et il a reçu beaucoup d'autres volontaires, rappela Isabelle. Il est plus que probable qu'une partie des vaisseaux d'Hadès soit en Enfer.

-Et jusqu'à présent, seul les spectres ou Hadès sont venus. Et leur passage ne formait que des portes très étroites entre nos deux univers, un vaisseau de guerre c'est beaucoup plus imposant. Appuya Arthur Stone.

-Il faut espérer que ces problèmes techniques durent encore un peu, souhaita Oscar. Au moins jusqu'à ce qu'on ait eu le temps de trouver un moyen d'empêcher qu'il se serve d'une partie des habitants du Consortium.

-Est-ce qu'il est possible qu'il ait déjà commencé à se servir de cet ADN pour récupérer des troupes ? S'inquiéta Arthur Stone.

-C'est une éventualité, affirma Oscar. Surtout si l'on considère le cas de Nadège Baudouin.

-On est vraiment dans la merde…Commenta Arthur Stone inquiet.

-Jusqu'au cou, confirma Isabelle.

-Pour le moment il ne peut que faire venir à lui que ceux qui choisisse de le servir, Nadège Baudouin ne m'a pas semblée être sous l'emprise de quoi que ce soit.

-Sauf qu'il y avait cette étrange barrière d'énergie, rappela Oscar.

-Envoyée par son ancêtre ou l'a-t-elle activé elle-même ? S'inquiéta Arthur Stone.

-Ca, on ne le sait pas, avoua Sylvidra.

-On n'avancera pas plus aujourd'hui, affirma Arthur Stone. Je pense qu'on peut arrêter là la réunion. Nous avons vu tout ce qu'il y avait à voir.

Isabelle se leva et lui fit une élégance révérence.

-Merci pour tout maitre Stone, le salua-t-elle. Je sais que cela n'a pas dû être aisé pour vous d'accepter cette fonction de premier ministre.

-C'était la seule chose à faire en tout cas, réalisa l'ancien avocat.

La jeune souveraine s'approcha de lui.

-Je tiens à m'excuser, poursuivit-elle. Je vous ai traqué en voulant me venger et ce, par orgueil. Avouez que c'est stupide. Oscar a su m'arrêter à temps. Grâce à lui, on va peut-être pouvoir mettre à mal les plans d'Hadès côte à côte.

-On fera au mieux sourit l'avocat. Vous devriez-vous reposer un peu.

Il fit un léger signe de tête à la reine Mazone qui le lui rendit. La souveraine Mazone se leva à son tour et emboita le pas au premier ministre lorsque celui-ci quitta la pièce. Isabelle se tourna vers son époux. Elle lui fit un timide sourire puis s'approcha de lui. Elle l'enlaça amoureusement et Oscar lui rendit son étreinte. Discrètement elle glissa sa main vers l'intimité du duc mais Oscar s'empara de celle-ci la repoussant. Il s'éloigna ensuite un sourire gêné sur les lèvres.

-Pourquoi ? S'étonna Isabelle.

-Lorsque nous nous sommes rencontrés, je me suis mal comporté, avoua Oscar.

-Mais qu'est-ce que tu racontes ! S'amusa Isabelle.

-Je t'ai manipulé, je t'ai fait croire au grand amour afin que tu acceptes de m'épouser et ce juste par arrivisme.

-C'est loin de nous tout ça, tempéra Isabelle.

-Ça ne change rien à ce que j'ai fait, insista Oscar. Notre mariage n'est pas parti sur des bases saines et sa poursuite non plus, réalisa Oscar. J'ai profité de ta naïveté. A cause de moi, tu as changé.

-Je ne comprends pas, s'attrista Isabelle. Tu ne veux plus de moi ?

-Je te veux pour moi et rien qu'à moi plus que jamais, reconnut le duc. Mais je veux que tu m'accordes une chose.

-Oui ? Insista la jeune reine inquiète.

-Laisse-moi te faire la cour, une vraie cour. Je veux que tu choisisses vraiment d'être à moi et à personne d'autre !

-Je suis à toi ! Affirma Isabelle.

-Pas totalement, s'attrista le duc. Je sais que tu as couché avec Thomas. Et tu es tombée amoureuse d'Harlock aussi.

-Tu ne manques pas de culot ! Tu es le premier à avoir succombé à ses charmes ! Se défendit Isabelle.

-C'est vrai mais j'ai tourné la page, révéla Oscar. Je veux être avec toi et je veux qu'il n'y ait rien qui puisse nous séparer. Aussi je te demande de m'autoriser à te séduire totalement pour qu'il n'y ait plus aucune menace sur notre couple. Je ne peux nier que la venue de Thomas m'angoisse.

-Oscar, il s'est contenté de s'amuser avec moi, il m'a ridiculisé c'est tout, avoua Isabelle.

-Il n'a aucune chance de réussir à te séduire ? Douta Oscar.

-Il ne pourra pas, affirma Isabelle.

-Je l'espère, souhaita Oscar.

-Et je suis ravie que tu veuilles me séduire, roucoula-t-elle amoureusement.

Elle se blottit dans ses bras.

-Mais tu sais que je t'aime Oscar, je suis tombée amoureuse de toi quand tu as commencé à changer. Révéla-t-elle. Cependant si tu veux me faire la cour, je t'autorise à le faire.

-Si je le fais c'est parce que je veux que tu sois certaine de ton choix Isabelle, affirma Oscar. Notre couple doit repartir sur des bases saines.

-Je sais déjà que c'est toi que je veux, soutint Isabelle.

Elle planta son regard dans celui d'Oscar.

-J'ai longtemps été en colère Oscar, j'ai douté et fait n'importe quoi pour me venger. Je veux laisser tout cela loin de moi. Tout comme toi, je veux une seconde chance, affirma-t-elle.

Elle s'éloigne de son époux qui la laissa faire bien que cela lui fit de la peine.

-Donc on reprend tout depuis le début ?

-Exactement.

-Très bien, accepta Isabelle. Je suppose que ce soir je dors seule donc.

-Oui, avoua Oscar dans un souffle.

-Ce que tu peux être vieux jeu, c'est mignon, s'amusa Isabelle.

Le duc sourit gêné ce qui ravit Isabelle. Incapable de se retenir elle se jeta dans ses bras puis lui vola un baiser avant de sortir

-Tu es trop chou quand tu es embarrassé ! Avoua-t-elle avant de sortir.

Oscar de Péhant regarda longtemps la porte qui s'était refermée derrière sa jeune épouse. Il espérait vraiment que le petit fils de Sylvidra ne réussirait pas à faire tourner la tête d'Isabelle. Sa rencontre avec le jeune souverain Mazone allait mettre leur couple à l'épreuve et Oscar espérait vraiment que son épouse ne se laisserait pas avoir une seconde fois.