Bonjour, Bonsoir tout depend de votre fuseau horaire, etant sur un clavier espagnol on me pardonnera le manque d'accents !

Faudrait au'on invente un truc un peu plus fun que ce lassant "on vous remercie pour les reviews mes cheries (que les lecteurs mecs se magnifestent s'il y en a !)" vous devez etre un peu blasees...

Ce sera pour la prochaine fois parce aue toute notre imagination est focalisee sur les fics qu'on ecrit et je suis sure que vous preferez ca d'ailleurs hehehe

Allez bonne lecture mes ptites pasteques ! (ca fait exotique !)


Chapitre 5 :

-Bâtard ! gronde Julian en lançant une pierre dans le lac noir.

Je ne lève même pas les yeux de mon carnet et continue de dessiner la surface sombre et tortueuse du lac. J'ai toujours aimé ce coin, cette eau trouble dont on n'arrive à peine à imaginer la profondeur lorsque l'on se penche pour regarder ses profondeurs. J'y ai souvent mis les pieds, dans l'espoir qu'un monstre inconnu jusqu'à nos jours fasse enfin irruption et, peut-être, me croque la jambe, histoire de m'y laisser une jolie cicatrice. Mais je n'ai toujours croisé que des sirènes, immondes certes mais plus garces, dans le style de Betinson, que véritablement dangereuse. Et il y a aussi ce gros paresseux de calamar qui pointe son nez gélatineux, de temps en temps. Que de désillusion, donc.

Julian jette une autre insulte pas très originale avec rage, pour accompagner un autre caillou, et je continue encore à dessiner. Oui, sa Seigneurie des Outsider est en colère. D'ailleurs, sa fureur irradie tellement les environs que même sa cour n'ose plus rester à proximité. Même Louis l'évite. Je suis la seule qui ne suis pas une fiotte impressionnable. Certes, quelques crises de rage le prennent, de temps à autres depuis la soirée de « cohésion entre maison » orchestrée par notre sainte et aimée Erysse Gilbert. La bonne blague quand on voit que la soirée a surtout réussi à rendre la rivalité entre les deux beaux-gosses de Poudlard encore plus haineuse. Et puis, il y a aussi une ribambelle de cœurs brisés à cause du nouveau couple en vogue Cho et Gilbert. L'ambiance est donc exactement ce dont je raffole et ça me mettrait bien de bonne humeur si je n'étais pas encore aussi déçue par Cho, et que mon meilleur ami ne s'était pas transformé en une espèce de midinette furieuse d'avoir eu son petit cœur amoureux contrarié.

Mais la triste vérité c'est qu'il y a cette tension dans mon estomac à chaque fois que je vois dans quel état ça le met. J'aimerais bien que ça ne fasse que m'agacer ou que ça m'amuse mais je ressens aussi ce sentiment dégoûtant de peine qui me donne envie d'arranger la situation. Mais je ne vois qu'une seule façon.

Mettre fin aux jours rosés de Gilbert.

En l'éventrant. Je souris. Je pourrai aussi lui enfoncer sa parfaite petite tête dans ce si beau lac et attendre jusqu'à ce que la dernière bulle crève la surface.

-Kata.

Au son de sa voix, je lève enfin les yeux de mon calepin et le regarde. Lui, ne me regarde pas. Il est assis au bord de l'eau, une jambe tendue, l'autre pliée, un bras appuyé mollement sur son genou. Sa tête blonde est un penchée.

-Laisse tomber, lui dis-je.

-J'ai pas envie.

-C'est parce qu'elle veut pas de toi qu'elle t'obsède autant, poursuivis-je. Tu peux avoir n'importe quelle autre, arrête de te la jouer Hollywoodien.

-Tu dis ça parce que t'aimerais que j'abandonne comme une merde comme toi avec l'autre fils de pute ! crache-t-il, piqué à vif par ma remarque.

-Oh fais ce que tu veux, Julian, rié-je jaune. Si t'aimes courir après les gazelles entre deux crises d'hystérie avec des cailloux, c'est ta triste existence. Et j'ai pas abandonné, j'ai lâché du leste. Je n'aime pas les poids qui m'attirent au raz des pâquerettes.

Son regard vert perd de sa férocité et il se lève pour venir s'assoir contre l'arbre, à côté de moi, tandis que je me remets à mon dessin.

-Il est presque joyeux, dis-donc, ce dessin, Kata !

-Je prendrai sur moi et te dessinerai un papillon, ma bichette, si t'arrêtes avec ton fanatisme malsain pour l'autre gourde.

Il éclate de rire et me pique mon calepin des mains avant de l'envoyer paître, il m'attrape brusquement par les épaules et m'attire contre lui, fier de voir une grimace se former sur mon visage.

-Mais retourne jeter tes cailloux, par Merlin !

xOxOxO

-Tu crois que je dois lui demander, Katy ?

-Non.

-Katy ! S'il-te-plaiiiit !

Je lance un coup d'œil exaspéré à Louis qui me joue la scène du petit chiot dépité aux yeux bleus brillants et j'hausse un sourcil. Est-il, là, dans un couloir bondé, pendant l'intercours, en train d'essayer de me convaincre de l'encourager à aller inviter je-ne-sais-quel gars manquant certainement tout autant de charme que de jugeote ? Et l'inviter où ? Oh, et bien, à ce bal ridicule et soi-disant exceptionnelle pour marquer le 1501ème anniversaire de la fondation de l'école. Oui, le 1501ème et oui, ça n'a aucun sens. Surtout quand on sait que les 1500 ans sont passés, à la trappe. C'est dire, l'année dernière, l'école n'a organisé pas un seul bal ou évènement. Une année magique !

Que de nostalgie.

A présent, c'est déjà la foire d'empoigne pour trouver son ou sa satané(e) cavalier/cavalière. Et c'est l'enfer chaque week-end à Pré-au-Lard. Le genre d'Enfer que je n'aime pas. Pleins de bousculade, de cris et de robes à paillettes à froufrous qui volent dans les magasins. Même à la bibliothèque ! Enfin, moi, les deux seuls endroits qui m'intéressent sont la cabane hurlante et la Tête de Sanglier. On rencontre des gens très sympathiques, là-bas. A qui il manque un œil ou qui se transforme en loup-garou deux-trois fois par mois. De très belles rencontres.

-Je paris qu'il est blond avec des yeux de biches, lui aussi, grincé-je.

-Mais non, il est brun !

-C'est encore pire.

-Mais tu préfères les bruns ! s'impatiente-t-il.

-Je préfère personne, j'aime pas les cheveux. Les chauves, voilà ce que je préfère.

-KATY ! s'écrie-t-il. Laisse-moi te le montrer, au moins ! Il est super mignon !

-Super mignon ?

-Oui ! m'assure-t-il avec joie.

-C'est encore pire qu'un blond.

-Je suis blond ! s'indigne-t-il.

-Et alors ? C'est pas de ma faute.

-Mais Katyyy… je… t'aimes vraiment pas mes cheveux ? pleurniche-t-il en attrapant l'une de ses mèches des doigts. Mon shampouing est le meilleur… et Maman dit que mon cheveu est brillant et soyeux…

-C'est exactement comme ça que la toiletteuse décrit le poil de John. Notre labrador.

Je vois la mine de Louis s'assombrir de plus belle et j'ajoute avec un sourire cruel :

-Pourquoi tu me fais cette tête, bijoute ? Je pensais que t'aimais bien John ! Il a beaucoup de succès auprès des chiennes du quartier.

-Katarina ! s'écrie une voix féminine à ma gauche.

J'aperçois alors Pierce qui me fait geste de la main, derrière la foule qui va et vient. Elle est adossée contre un mur en compagnie de Quinn et Moore. Cette dernière qui est une vraie groupie de Cho et doit être en deuil, comme les trois quarts de Poudlard, donc. Aucune originalité. Si j'avais une once de compassion, je créerai une secte. Elle s'appellerait Déguimauvisation. Ce serait pour les énamourés sans-cervelles. C'est-à-dire tous les énamourés. C'est-à-dire beaucoup trop d'andouilles. Je serai leur maître psychique. Tout le monde devrait être en noir des pieds à la tête et amener son objet tranchant fétiche –tout le monde en a un, c'est une notion élémentaire. Et je distribuerai mes poupées vaudou et, en cercle, on inventerait des tortures sympas et originales, qui sortent de l'ordinaires, fraiches et chouettes, quoi.

J'arriverai surement à leur faire payer un paquet, à ces crétins, en prime. Je souris. Ce serait bien.

-Oh, tu t'es fait une amie ? s'enthousiasme Louis en répondant gaiement aux gestes de Pierce.

Je tourne un rictus dégoûté vers Louis alors qu'on s'approche de Pierce et cie.

-Ca va pas non ?! m'énervé-je. Je me fais pas d'amis ! Faut vraiment que je t'envoie dans une secte.

Il me lance un regard interloqué mais il ne dit rien puisqu'on est à présent en face de Pierce, Quinn, Moore… et le beau brun que je n'avais pas vu, plus tôt, à cause de toute cette foule. Je me retiens de sourire à Rossi, de justesse, qui me regarde simplement. Quelles épaules…

Et non, je n'ai pas besoin de participer à ma propre secte. Il n'y a pas la moindre once de guimauve chez moi. Même pas une poussière microscopique. Je suis le maître psychique mais, bien sûr, je ne peux échapper aux besoins et réflexes exemple, face à un italien bien bâti.

-Coucou, Katarina ! me salue joyeusement Quinn.

Je le regarde un bref instant avant de me tourner sans plus de préambule vers ma coéquipière de potion.

-Tu veux quoi, Pierce ?

-T'es libre ce soir ? me demande-t-elle.

-Ooooh…, chuchote Louis, malicieux, à mes côtés en me donnant un coup de coude complice. Elle va peut-être t'inviter pour le baaal…

Une seconde passe.

-AIIIEEE ! Katyyy, ça fait maaaleuuuh ! geint-il en se tenant le pied gauche, des larmes de douleur dans les yeux.

-Ca va, Louis ? s'inquiète aussitôt Moore en s'approchant de lui, me lançant un regard sévère.

Ah bon ? On n'a plus le droit de taper nos amis quand il dise ou font des débilités ? Je roule des yeux. Il faudrait vraiment se débarrasser des Serdaigle, ils sont tous agaçants.

-Ce serait pour faire notre devoir de potion, tu sais ? m'indique Pierce.

-Neuf heures treize, ta salle-commune, répondé-je.

-Pourquoi treize ? s'étonne Quinn. Pourquoi pas quinze ?

-Et pourquoi tu parles ? lui demandé-je.

-Comment tu vas entrer dans notre salle-commune ? s'enquit Pierce avec surprise.

Je roule des yeux, exaspérée et par Louis qui continue à geindre pour son petit-orteil, d'après son baragouinage de petite colombe blessée, et par Moore qui le console en glissant des reproches indirectes à mon encontre et par la naïveté de Pierce.

-Avec le mot-de-passe que tu vas me donner, petit géni.

xOxOxO

-Je peux le dire ? hein, Katy, est-ce que je peux le dire, s'il-te-plait ? s'excite Louis en tressautant sur place.

-Oui, mon chou, vas-y, dis-le.

Alors, c'est ce ton que j'aurai 24h sur 24h si jamais un préservatif craque durant une de mes copulations futures et que l'on me tient prisonnière pendant plusieurs mois, m'empêchant d'avorter ? Quel délice…

Nous nous tenons juste devant le gros tas de graisse artistique qui se trouve être le tableau qui délivre le passage à la salle-commune des Gryffondors. Quelle honte. Je serais à Gryffondor, je porterai plainte pour atteinte à la fierté contre Poudlard. Je regarde avec dégoût la Grosse Dame qui, elle, préfère se reluquer les ongles plutôt que de croiser mon regard gris.

Je me demande quel est le petit malin qui s'est amusé à échanger les cadres de la Grosse Dame et du chevalier qui garde l'entrée de la salle-commune des Poufsouffle, mais voilà que la Meringue des Gryffondors est devant nous, à l'entrée de cette fameuse salle-commune. Que Louis lui donne son bon sang de mot-de-passe et qu'on aille voir ailleurs.

Je lance un regard pressant au blondinet.

-Alea Jacta Est, répond Louis. Qui veut dire « les dés en sont jetés » ou bien, « le sort en est jeté ».

Je ne roule, ni ne lève les yeux. Je ne soupire même pas. Pendant les sept minutes et quarante-trois secondes qu'ont duré notre trajet de la Grande Salle à la salle-commune des Poufsouffle, Louis n'a pas cessé de me faire un cours de latin, très fier de ses connaissances. Il m'a eue à la longue. Déjà qu'il a réussi à ce que je lui autorise à m'accompagner pour mon devoir de potion.

La Grosse Dame lève alors le regard pour l'observer avec ahurissement.

-C'est du latin, lui explique mon ami, l'air savant.

-Elle le sait, ma lapine, m'exaspéré-je. Elle est obèse, pas débile. N'emprunte pas les raccourcis faciles tracés par l'idiotie du peuple.

Louis rougit de honte et se met à bafouiller :

-Ce n'était pas du tout mes pensées, je… je ne voulais pas du tout dire ça, je… c'était juste une indication ! C'était pour… c'était pour vous, pour que… vous le sachiez ! Et… et j'adore vos courbes ! Vous êtes très jolie !

Devant les joues de la Grosse Dame qui rosissent de plaisir en entendant un beau et tout mignon blond, aux magnifiques yeux bleus, lui lancer des compliments, je me dois d'intervenir.

-Il est gay, il arriverait à vous faire croire que votre robe ne vous boudine pas.

-Ka-Katy ! s'offusque Louis, à présent littéralement cramoisi.

-Et c'est quand que la porte s'ouvre ? m'agacé-je.

La Grosse Dame, qui est maintenant au summum de la vexation, s'écarte avec son cadre et, la mine froide, je pénètre, suivie par Louis qui marche à reculons, continuant d'assurer que tout ce que j'ai dit est faux. Puis, il s'embrouille, en lui disant que la partie sur son homosexualité est vraie mais que le reste est complètement faux. Et, enfin, il finit par se faire insulter de « sale sodomite irrespectueux ». Qui aurait cru que la gardienne de l'entrée des Gryffondor était homophobe ?

Devant nous, sans surprise, tout est jaune et convivial. Après tout, c'est la salle-commune des Poufsouffle, avec leurs valeurs de Carpe Diem, la vie est belle et soyons-tous-amis-faisons-pleins-de-bébé. Berk.

Les regards convergent aussitôt vers nous et Louis pique un fard, intimidé. La plupart sont choqués et effrayés de me voir dans leur terrier mais il y en a quelques uns qui sont plutôt méfiants et plissent le regard, l'air de se préparer pour dégainer leur baguette à tout instant. Je remarque dans un coin, autour d'une table, la bande à Pierce qui se mordille nerveusement la lèvre. Elle doit certainement se dire que ce n'était pas une bonne idée d'accepter quand j'ai dit qu'on ferait notre devoir dans sa salle-commune et se demande surement si je ne vais pas faire exploser la pièce, pour satisfaire un petit besoin en moi de « suicide collectif non-consenti ».

Ce qui n'est pas une si mauvaise idée que ça.

-Je sais ce que vous vous demandez tous, dis-je à l'assemblée de blaireaux qui me regardent encore, un parfait silence planant dans la pièce. Est-ce que Katarina mord ?

Louis a un rire nerveux qu'il a toujours quand « je ne suis pas très gentille », comme il dit. C'est-à-dire, à chaque fois que j'ouvre la bouche.

-Et bien, oui, ça lui arrive, conclué-je sombrement.

-Elle plaisante ! rit à nouveau Louis, mal à l'aise. Elle ne m'a jamais mordu ! Enfin…

Je souris. Comme je l'ai dit. Ca m'arrive.

Louis finit par m'attraper la main pour rompre l'atmosphère tendue qui subsiste autour de nous et il m'entraine vers Pierce, McFarlan, Quinn et –le meilleur pour la fin- Rossi. Celui-ci me fixe comme s'il essayait de comprendre ce à quoi je pensais. Je retiens fermement mon sourire satisfait. C'est ça, mon joli, cherche…

-Désolé pour le… euhm… enfin, fait Louis en me jetant des regards. Elle est toujours comme ça mais elle mord pas, c'est juré ! Sauf quand on refuse de lui rendre son couteau…, marmonne Louis, en se remémorant la fois où je l'ai effectivement mordu.

-Son couteau ?! glapit Quinn.

-Pour manger ! C'était pour manger ! s'écrit aussitôt Louis.

Je roule des yeux devant tant d'agitation et regarde avec plus d'attention Quinn, qui est entre Pierce et Rossi.

-Quinn, lève-toi, lui dis-je.

-Pourquoi ? s'étonne-t-il.

Mais il le fait tout de même, regardant avec attention sa chaise comme pour voir si quelque chose cloche et il n'a pas le temps de me dire qu'il ne comprend pas, que je suis déjà assise à sa place, les jambes croisées et mon sac posé sur la table.

-Parce que je voulais m'assoir.

J'ouvre mon sac et sors ma trousse tandis que Pierce, qui semble avoir dépassé sa période d'embarras, rit des protestations de son crétin d'ami que j'ignore sans difficulté. Il finit par grommeler qu'il va se chercher une autre chaise et Louis, après m'avoir disputée sévèrement d'avoir volé sa place, l'accompagne pour aller lui aussi se dégoter sa propre chaise.

-Donc, vous allez déjà commencer votre devoir ? s'enquit McFarlan, narquoisement. Vous êtes des filles bien studieuses !

-Ca évite de devoir passer tout son dimanche soir à speeder pour finir ses devoirs de toute la semaine, pas vrai, Cal ? réplique Pierce en riant.

-Je suis juste assez intelligent pour faire tout ce que vous faites pendant une semaine en seulement deux heures.

-Ca va les chevilles ?

-Ca va bien, Eddy, merci de t'inquiéter !

-On s'en fout, m'agacé-je. Tout ce jaune me rend malade, alors, le plus vite on aura fini, le plus vite je pourrai me tirer d'ici. Donc, Pierce, on bosse et toi, McFarlan, tu la fermes.

McFarlan me fusille du regard, prêt à surement m'insulter. Je me suis déjà engueuler plusieurs fois avec cet écossais qui ne peut résister à l'envie de l'ouvrir… il est d'un horripilant, c'est dingue. Une véritable pipelette.

-C'est toi qui voulait qu'on travaille ici ! me rappelle Pierce avec étonnement.

-Pour faire ce devoir, pas pour papoter avec le Rouquin.

Des cris sont lancés de partout, dans la salle-commune, et Pierce, McFarlan et Rossi regardent autour de nous pour comprendre ce qu'il se passe.

-UN MONSTRE !

-AHHH ! IL EST LA ! IL EST LA !

-GLADYS ! IL EST A TES PIEDS !

-MAIS ECRASE-LE, ABRUTI ! AAAHH ! IL M'A TOUCHE !

Ennuyée, je tapote de ma plume contre la table. On ne peut vraiment pas bosser tranquille, chez ces blaireaux ! Ca va bientôt cesser, tout ce boucan ?

C'est alors que Pierce crit en sautant de sa chaise et en reculant d'au moins deux mètres tandis que McFarlan s'empresse de se lever lui aussi. Il n'y a bien que Rossi qui reste assis mais il est clairement sur ses gardes.

-KATARINA ! me hurle Pierce. Ya une bête, qui te grimpe sur la jambe !

-Elle déconne pas ! appuie McFarlan. Regarde ta jambe !

Je soupire et me penche pour prendre Tumeur dans mes mains. Je le pose avec irritation sur mon épaule, m'exaspérant encore plus quand je le sens frotter affectueusement son museau contre mon cou. Ce n'est pas croyable que je sois tombée sur le rat le plus câlin de l'animalerie magique ! Je suis maudite ! Quand je l'ai vu, là, pendant les vacances d'été, minuscule et avec ses petits yeux rouges, pas un seul poil sur le corps, je suis tout de suite tombée sous le charme. Je me suis dit qu'il avait peut-être la rage et qu'il allait agresser tout le monde, les mordre et même, peut-être avec un peu de chance, crever des yeux avec ses petites griffes aiguisées. J'avais beaucoup d'espoir et d'ambition pour lui. Mais, au lieu de ça, il ne fait que se frotter contre moi et attendre que je le caresse ! Saleté de rat sans poil !

-C'est ton animal ? me demande Rossi.

Je le regarde et, même s'il n'a pas l'air très attendri par Tumeur, on dirait bien qu'il l'intéresse. Mais c'est surtout le timbre de sa voix qui m'interpelle, grave et assuré. Ca fait six ans que je suis dans la même classe que lui et j'ai l'impression que c'est la première fois qu'il me parle. Je me rends alors compte que ça a fait naître un sourire sur mes lèvres et je l'efface aussitôt.

-Tu veux le toucher ? Il s'appelle Tumeur, dis-je avec ma plus belle voix séductrice.

-Oui, je sais, c'est glauque, intervient alors Louis, en posant une chaise entre moi et Rossi.

Je roule des yeux. Il fallait bien sûr qu'il interrompt ma première approche de ma proie italienne. Louis me sourit, ignorant de son crime, et Quinn glisse sa chaise entre celles que Pierce et McFarlan ont fui.

-Je t'avais pourtant proposé pleins de noms chouettes ! Comme Capucine ou Coccinelle –parce que tout le monde le sait que c'est l'année des C pour les rats…, raconte-t-il en se tournant vers Pierce et McFarlan qui viennent de se rassoir. D'ailleurs, je lui avais aussi dit de choisir un animal avec plus de poils… oui, parce que j'étais avec elle ! C'était mon idée qu'elle s'achète un animal…

-Delacour…, le préviens-je, menaçante.

-… pour qu'elle s'adoucisse un peu ! S'occuper d'un être vivant, ça va lui faire du bien ! Et elle m'a écoutée ! continue-t-il avec tendresse. Elle est un vrai ange avec ses amis, c'est pour ça qu'il faut que vous soyez ses amis, vous voulez devenir ses amis ? Non parce que ça lui ferait aussi beaucoup de bien de… AIIIEEE !

Je sais. C'est déjà trop tard, j'aurai dû frapper avant, ma réputation est déjà bien entamée.

Disons que c'était juste pour le plaisir, alors.