Et voilà pour vous, le chapitre suivant, tout beau tout neuf !
Un graaand merci à tous ceux qui nous encourage, vous êtes des amours !
Bonne lecture !
Chapitre 11 :
-C'était un bal bien réussi, se réjouit Beckett en dévoilant ses dents trop longues dans un large sourire. On a fait gerber les trois quart des nazes du bahut et j'ai baisé toute la nuit.
-J'aime pas les punk joyeux, maugréé-je. Va te tailler les veines plutôt que de raconter des conneries.
-Qu'est-ce qu'ya, ma jolie ? T'es jalouse ?
Je ne perds rien de son regard de pseudo-tombeur qu'il me sert, tandis qu'on marche dans le couloir avec le reste de la bande de chien-chiens à Julian.
-Ok, fis-je. C'est moi qui vais me tailler les veines.
A côté de moi, les jumelles marchent lentement, les yeux vides, en se tenant la main et elles me font penser à des zombis, et Betinson est quasiment collée à mon meilleur ami qui ne fait même pas attention à elle. Il est trop occupé à broyer du noir, n'ayant pas réussi à chiper sa belle des mains de Cho pendant le bal. Je ne ferai pas de commentaire et préfère caresser la peau élastique de Tumeur, perché sur mon épaule, me gratouillant le cou du bout de sa queue de rat-sans-poil.
On entre dans la Grande Salle pour faire face à toute une marée de tête de déterrés, de gueules de bois et de paires d'yeux vitreux aux cernes qui tombent jusqu'au menton. Je souris. Et ben, voilà, comme j'aime mes camarades ! J'ai presque l'impression d'être entrée dans le clip de Thriller.
Et mes yeux se posent à la table des Poufsouffle où mon italien boit son café en parlant avec Brienne Colbert. Et elle a revêtu sa plus belle paire d'yeux de biche, avec le rire spécial flirt qui va avec. Je fronce les sourcils, fixant la grande blonde qui s'entortille une mèche de cheveux avec séduction. C'est quoi ce cirque ? Dés le lendemain du bal, cette pimbêche veut me piquer Rossi. C'est fou, ce manque de solidarité féminine. Et lui, il bronche même pas, cette enflure !
Fort bien.
Mes Doc Marteens claquent contre le sol et je sens les griffes de Tumeur transpercer ma chemise d'uniforme pour ne pas tomber. Je m'assois de l'autre côté d'Angelo alors qu'il tourne un regard perplexe vers moi avec le demi-sourire que je commence à croire être son sourire type. Je décoche un regard mauvais à Colbert avant d'attraper le visage de mon copain à deux mains et l'embrasse sans pudeur, mais sans précipitation.
Je libère ses lèvres après quelques secondes et le regarde droit dans ses yeux noirs, et je lui souris avec un brin de provocation.
-Salut, Rossi, lui dis-je.
-Katarina…
Je ne manque rien de la mine colérique et jalouse de Colbert, de l'autre côté de Rossi qui ne me lâche pas des yeux tandis que je m'assois plus confortablement sur le banc. Mon sourire s'agrandit un peu quand je remarque que je suis face à ma coéquipière de potion.
-Tiens, Pierce, tu t'es coupée les tiffs ? fis-je en piquant un croissant dans l'assiette de Quinn qui ne bronche qu'à peine. C'est cool, yen aura moins dans notre chaudron, tout à l'heure.
-Hum…
J'arque un sourcil en remarquant l'air particulièrement sombre peint sur son visage. Elle est passée où sa bonne humeur agaçante d'hier ? D'ailleurs, elle a dû se couper les cheveux en pleine nuit, pourquoi ? Non pas que ce soit une mauvaise chose, elle n'a plus sa frange qui ne lui affinait pas du tout le visage et son nouveau carré plongeant l'encadre bien mieux que son ancienne coupe qui ne ressemblait à rien, faut bien le dire. Et elle a dû appliquer un truc pour qu'ils soient plus brillants.
J'aime bien les cheveux, je remarque ce genre de détails. Je déteste les cheveux fourchus. A chaque fois que je vois une fille qui en a, j'ai envie de les brûler directement au briquet.
D'ailleurs, je le fais.
-Pourquoi t'as fait ça ? lui demandé-je.
Elle me regarde et avale lentement son bout de pain, tandis que la copine de l'écossais et Moore se mette à gueuler quand Tumeur se balade entre leurs deux assiettes.
-Ok, tu me feras la discussion en potion, alors, statué-je. Quinn, sers-moi du jus de citrouille.
-Mais pourquoi moi, je… ?
-Avec deux glaçons.
-Coucou, Katy ! s'exclame Louis en arrivant à côté de moi. Oh, Tutu ! Tu l'as emmené petit-dejeuner ? me demande-t-il avant de se pencher pour attraper mon rat.
Il se met à le caresser sous les regards écœurés et apeurés des deux cruches de la tablée. Je leur lance un regard moqueur.
-Et c'est une femmelette, leur fis-je remarquer en désignant Louis. A votre place, je me pendrai de honte.
-Oh, il m'a souri ! Katy, il m'a souri ! s'excite mon ami avant de s'adresser directement à mon rat. Tu reconnais Tonton Louis, hein ? Oh oui, hein ?
-J'ai la corde, si vous voulez, leur proposé-je.
-Allez, viens, Katy ! On va être en retard en étude des runes !
Je roule des yeux mais me lève, en prenant bien soin de passer une main dans les cheveux noirs d'Angelo en l'embrassant une deuxième fois avec un petit regard appuyé à sa voisine toujours aussi verte.
On se dirige vers la sortie et Louis se met directement à parler :
-Vous êtes trop mimi, toi et Angelo ! Je suis si heureuuuux que t'aies trouvé un garçon bien ! Mais je me suis demandé, cette nuit, t'aimes plus Eric ?
-J'aime personne ! claqué-je, révoltée à cette idée. Il me plaisait juste physiquement et il s'est révélé être un trop gros blaireau pour que je puisse me contenter de sa belle gueule… avec Rossi, j'ai pas à faire face à une montagne de niaiserie, c'est relaxant.
Louis me jette un regard étrange, entre l'incompréhension et l'inquiétude.
-Te fais pas de bile, bichette, m'agacé-je. C'est pas sérieux, d'accord ? Ca l'était pas avec Cho, ca le sera pas avec Rossi. Je vaux mieux que ça.
-Et si ça devient sérieux ?
-Ca le deviendra pas.
xOxOxO
Je m'attache mes cheveux en chignon en m'asseyant devant notre table tandis que ma voisine n'arrête pas de triturer les siens, manifestement mal à l'aise avec sa nouvelle coupe et essayant de l'arranger. Je soupire profondément par-dessus le bordel que font mes camarades en prenant place dans la salle de cours et j'attrape une feuille qui trainait sur la table derrière moi pour la chiffonner en boule et la jeter contre le crane de Pierce. Elle pousse un glapissement en se tournant vers moi, étonnée.
-Arrête de tripoter tes cheveux, tu me crispes ! m'énervé-je. Ils sont très bien comme ça. Enfin, potables, quoi, rajouté-je en me rendant compte de mon compliment. Mieux qu'avant.
-Hé ! C'est mon devoir de Sortilèges que tu viens de bousiller ! s'écrie Albus Potter, derrière moi.
-On est en potion, t'avais pas à le sortir.
Il est rouge de frustration et remonte ses lunettes d'un geste sec sur le bout de son nez. Rose qui est à côté de lui, lui tapote gentiment l'épaule en m'adressant une moue qui signifie à peu de chose près « Ah, Katarina, c'est malin… ». Je perds patience et leur tourne le dos. Gendrick, notre prof de potion, la trentaine et jeune marié, entre enfin dans la salle. Il est toujours en retard et toujours à la ramasse, et ne sait jamais préserver le calme dans sa classe, ce qui fait que depuis qu'il est dans l'école, les cachots sont un peu une aire de jeux. Il est aussi le directeur de Serpentard, ce qui est assez encombrant avec toute la gentillesse et naïveté qu'il se traine, ce pauvre petit. Il nous aide pas à tricher pour battre les autres maisons, comme le faisait son prédécesseur, et il nous privilégie pas le moins du Monde. Une larve.
-Alors, vous êtes tous en place ? Oh, parfait ! se réjouit-il. J'ai passé le week-end avec ma femme, c'est pour ça que je n'ai pas pu assister au bal !
Et il parle à une mer d'élève qui ne lève même pas un œil sur lui, à part Rose que j'imagine fort bien hocher de la tête avec sérieux et les deux-trois autres intellos de la classe.
-Mais Albus, qu'est-ce que tu fais sous la table d'Edwidge et de Kate ? s'étonne-t-il alors.
Je baisse les yeux avec étonnement pour voir qu'en effet Potter est bien sous notre table, à quatre-pattes. Non mais, il s'est cru au parc ? Je lui envois un bon petit coup de pied dans les côtes et il se relève si brusquement qu'il s'assomme contre la table. Je souris, fière de moi.
-Je récupérais mon devoir que Katarina a foutu en boule pour l'envoyer dans la gueule d'Ed ! se défend-il sur un ton de victime révoltée qui me fait rouler des yeux.
-Kate ! me réprimande le prof, tandis que la classe est toujours aussi bruyante et inattentive, ce qui le force à crier. C'est doublement pas bien, ça ! Donc, double retenue, ce soir !
-Oh, double zut, alors, ironisé-je.
Et le prof fait la même moue que m'a servie Rose, i peine cinq minutes. Ah, Kate, c'est malin, ça ! En plus, le corps professoral n'a toujours pas compris que je détestais mon prénom, ce n'est pourtant pas faute de signer mes devoirs avec Katarina depuis trois ans.
Potter retourne à sa table comme il en est parti, c'est-à-dire à quatre pattes et les élèves continuent à papoter en se mettant plus ou moins à leur potion. Pierce a le menton appuyé contre la paume de sa main, jouant avec sa plume.
-Alors, pourquoi tu t'es coupée les cheveux cette nuit ?
Elle me jette un bref regard puis hausse les épaules.
-Je suis une fervente adepte de la violence et du châtiment corporel, lui révélé-je. Et je déteste que l'on réponde pas à mes questions.
-Parce que je suis une idiote, souffle-t-elle.
-Ca va pas te rendre plus intelligente, poulette, désolée de te l'apprendre… sinon, j'aurais déjà tondu Louis et Julian… et Potter, tant qu'on y est.
Elle rit un instant et me regarde.
-Alors, qu'est-ce qu'a fait cet abruti de Quinn ? demandé-je.
-C'est pas vraiment de sa faute si je suis idiote, il voyait pas les choses comme moi, fait-elle toujours aussi bas. Et de toute façon, c'est pas le premier. Kyle au moins est gentil et n'a jamais voulu me blesser.
-Ouais, fis-je après un moment, je vois la connerie que t'as faite.
Elle hausse les sourcils et je m'accoude sur la table.
-T'as ressenti, lui dis-je. Pas de sentiment, c'est ça le secret. Et il y en aura pas d'autres, plus de Brandson, plus de Quinn.
-Ca a l'air efficace, concède-t-elle. Mais je crois pas pouvoir faire ça.
J'hausse les épaules et on sort les ingrédients tandis qu'elle recopie la recette du jour que Gendrick marque au tableau. Je vois une nouvelle fois sa main se porter à ses cheveux.
-Hé, Pierce ? T'as bien fait de te couper les cheveux, la rassuré-je.
Elle me sourit et sa main quitte ses cheveux.
xOxOxO
-Tu sais ce que t'es, Kata ? me fait Julian alors qu'on attend que les escaliers décident de venir s'arrêter devant nous. Une obsessionnelle à phase !
Je lui lance un vague regard tandis que je dessine, au couteau, une pierre tombale sur la rampe en bois qui est sensée empêcher les élèves de tomber dans le gouffre dans lequel évoluent les escaliers magiques. Même si je suis sûre qu'il y en a plus d'un qui s'est ratatiné au fond, il doit y avoir pleins de squelettes et de crânes. Faudrait que j'aille y faire un tour, une fois.
-Explique-moi donc ça, Bones.
Il est appuyé avec désinvolture contre la rampe, fixant avec férocité chaque personne qui passe devant nous, ses bras tatoués croisés. Il est toujours de mauvaise humeur.
-C'est simple. Pendant notre première année, les deux premiers trimestres, t'étais sur ce Sixième année parce que t'aimais ses cheveux. En Troisième année, t'as parlé que du prof d'Astronomie parce qu'il a été le premier à coller Erysse en colle –pour rien. L'année dernière, t'as décidé que c'était Cho que t'avais envie de serrer. Et maintenant qu'il t'a préféré Erysse, tu t'es jetée sur l'autre gorille de Rossi.
-C'est quoi ça, Chouchou ? me moqué-je. Tu tiens un journal sur mes fantasmes sexuels ?
-Tu piges pas le délire, meuf, je crois, fait-il sans me regarder, observant, mauvais, un couple qui passait par là. Faut toujours que t'aies un mec sur qui fantasmer, et pouvoir faire tes poupées vaudou de toutes les dindes qui l'approchent et les planter, ou les faire frire dans la cheminée. Tu les aimes pas, c'est juste des obsessions chroniques qui mènent jamais à rien. Quoique ça s'arrange, au moins, ton gorille, tu l'as embrassé… bien qu'il s'en fout complet et préfère conter fleurette à sa blondasse de capitaine.
Du Julian Bones tout craché. Il est frustré, blessé ou autre et donc il se défoule sur les autres. C'est pour ça que son groupe d'outsider a tendance à l'éviter quand il est dans cet état-là parce qu'ils savent très bien que leur roi finira par les laminer. Il y a bien que moi qui sait dompter la bête.
-Faut bien que je m'occupe, qu'est-ce que tu veux…, soupiré-je, faussement mélodrame. Mais après, si t'y tiens vraiment, on peut se mettre à parler obsession… comment ça va avec Miss Gilbert ?
-J'dis ça comme ça.
-Oh tiens, t'as plus envie de parler, maintenant ?
-Je te parlais de toi mais faut toujours que t'en reviennes à Gilbert, j'me demande si c'est pas d'elle que t'es obsédée, finalement !
-C'est vrai, concédé-je, pensive. Je la verrais bien, empaillée, au-dessus de mon lit avec son sourire d'ange tombé du ciel figé.
Il finit par se déridé et rit mais je casse sa bonne humeur en ajoutant :
-Je te la prêterai pour que tu puisses libérer la frustration sexuelle que t'as accumulé pendant toutes ces années, à condition que tu me la détruises pas trop.
-T'es vraiment gravement atteinte, grommelle-t-il.
C'est alors qu'arrive la version vivante de mon fantasme de Gilbert-empaillée, pendant macabrement au-dessus de mon lit et veillant à ce que je fasse de beaux rêves. Je retourne à ma gravure tombale tandis que les escaliers décident enfin à venir nous prendre, comme si l'arrivée d'Erysse-parfaite-Gilbert soit assez pour les motiver à se bouger leurs arrière-train en chêne datant des biberons de Serpentard.
On s'engage dans les escaliers à la suite de Gilbert et sa clique d'amis fidèles et loyaux, comme on n'en fait plus, et je roule des yeux en voyant Julian être bien trop proche des fesses bien rondes de sa dulcinée.
Et tout à coup voilà que Gilbert loupe une marche ou je-ne-sais-quoi, et tombe tout bonnement les quatre fers en l'air, son cul ayant rebondi sur deux-trois marches dans sa chute. Et moi, je suis littéralement pliée de rire tandis que tous ses amis sont autour d'elles, affolés et que j'entends à peine ses gémissements de douleur, tant je me bidonne. Je dois même me tenir à la rambarde pour ne pas me ramasser de rire à mon tour.
Julian, tel un héros, pousse les amis de Gilbert et se penche sur elle pour la prendre dans ses bras et la soulever. Je rigole encore à moitié, m'essuyant une larme de rire, et je croise son regard vert. J'en viens à douter qu'il n'ait pas poussé Gilbert pour pouvoir avoir l'opportunité de la tripoter.
-Dégagez, je l'emmène à l'infirmerie !
-C'est ça, profite des lits publiques, commenté-je, menaçant de retomber dans une crise de rire.
Il refreine à grand mal le sourire qui le chatouille tandis qu'il rassure Gilbert que ça va aller, comme si elle venait de frôler la mort alors qu'elle vient juste de se manger les escaliers d'une façon si ridicule que c'est seulement de honte qu'elle aurait pu crever, cette gourde. Et il se met à descendre les escaliers.
La meilleure amie de Gilbert, Roxanne Weasley, une très belle métisse aux yeux bleus mais particulièrement conne, me lance un regard méchant.
-Tu trouves ça drôle ?! Elle s'est fait vraiment mal !
-Ouais, fis-je. Mais pas assez.
xOxOxO
-Au fait, comment t'as eu le mot de passe, Katy ?
-Tu veux pas savoir, chaton.
On entre dans la salle-commune, descendant les quelques marches, pour être entourés de jaune partout. Soyons clairs, je déteste le jaune, c'est la couleur que j'exècre le plus. Ca me fait penser au soleil, aux pissenlits, aux canaris, aux poussins, aux abeilles et à Brice de Nice. Rien de bien réjouissant, vous en conviendrez. Mais certains plaisirs demandent des sacrifices. Comme les épaules carrées de mon bel italien. Ca peut sembler psychopathe d'aller le harceler jusque dans sa salle-commune et je vais vous rassurer tout de suite.
Ca l'est.
-Katarina ?! glapit une gamine, apeurée.
Les autres se retournent pour m'accueillir par vagues de regards estomaqués, d'hostilité et d'appréhension. Je pose un instant avec un sourire pour laisser aux pauvres Poufsouffle l'opportunité d'avaler le fait que je suis bel et bien en train d'infiltrer leur salle-commune. Encore une fois. Louis se penche sur la gamine avec un sourire rassurant.
-Non, t'inquiète, ma puce, elle peut faire peur mais elle est inoffensive…
-C'est toi qu'es pédé ? lui demande-t-elle soudainement.
Il me lance un regard décontenancé et je lui décoche un sourire narquois. A trop vouloir jouer Mère Térésa, voilà ce que ça donne. Tu ne fais pas peur donc tout le monde, même la dernière des morveuses, se permet de te cracher à la figure.
-On dit homosexuel, ou gay, lui dit-il gentiment.
-Ou pédé, lui rétorque-t-elle.
-Katarina ! m'apostrophe la copine de l'écossais. Qu'est-ce que tu fais là ?!
Je reprends mon avancée, me dirigeant droit sur elle puisqu'elle est juste à côté d'Angelo. Et elle n'est pas la seule, à ce que je peux remarquer. Colbert est aussi fidèle au poste, caressant bien trop affectueusement le genou de mon italien. Je fais mine de rien et continue de fixer droit dans les yeux la copine de l'écossais, avec le petit soupçon de férocité qui fait bien. Comment elle s'appelle, d'ailleurs cette cruche ? Harrys, Streisand, Tartempion ? Quoique Copine de l'Ecossais, ça lui va mieux.
Et plus j'avance, plus elle commence à reculer et à perdre son air autoritaire.
-Enfin, je dis ça… parce que euh, tu vois, je suis préfète et…
-Et que dal, terminé-je. Je suis libre d'aller où ça me chante, chérie.
-Amélia est gentille, Katy…
-Ah, parce qu'en plus, tu t'appelles Amélia ? lancé-je à la copine de l'écossais.
Je m'assois tranquillement sur les genoux d'Angélo qui s'installe mieux dans son fauteuil, comprenant le message. J'ai bien entendu bien pris soin de pousser Colbert sur mon passage et elle est livide de rage mais n'ose rien me dire. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle sait qu'elle est véritablement en train de marcher sur mes plates-bandes et qu'elle sait qu'elle agit en grosse chienne, ou parce qu'elle a tout simplement peur que je l'éviscère à la seconde qu'elle ose l'impudence de m'adresser la parole.
-Ca va faire sept ans qu'on est dans la même classe, tu dois bien savoir comment je m'appelle ! s'écrie la copine de l'écossais.
-T'as l'air emmerdante à souhait, ça me suffit. Tiens, salut, Pierce, dis-je en remarquant ma coéquipière de potion adorée.
-Contente que tu nous aies rejoints avec Louis !
-Ooooh, c'est gentiiiil, ça, Ed…, ronronne Louis en s'asseyant à côté d'elle.
-Comment t'as eu le mot de passe ? s'enquit Angelo.
Je me retourne vers lui, enroulant mes bras autour de son cou et lui souriant avec séduction.
-On n'est pas encore assez avancé dans notre relation pour que tu sois prêt à connaitre ce genre de détails, beau-gosse, lui dis-je. Par contre, tu peux m'embrasser.
Et il me lance un sourire amusé avant de se plier à ma commande et de m'embrasser, se contentant de plaquer ses lèvres chaudes pendant deux secondes contre les miennes. J'hausse un sourcil, à moitié indignée. Si ça, c'est embrasser alors je pense qu'on peut tomber enceinte juste en se serrant la main.
Mais je décide que je vais lui faire payer ce manque de zèle flagrant plus tard et propulse mes jambes par-dessus l'accoudoir pour m'installer plus confortablement. Je sors alors mon cutter de mes Doc Marteens et me mets à taillader le cuir, sous le regard affolé de la copine de l'écossais qui n'ose cependant rien dire. Les autres reprennent alors leur conversation où ils l'avaient laissé, c'est-à-dire pas très loin du bal. Les lettres de Katarina s'incrustent donc sur le fauteuil, que j'ai décidé serait le mien dés-à-présent, bien qu'il soit d'une affreuse couleur jaune, tandis que Louis explique qu'il en a marre des gens malhonnêtes –et étale donc sans gêne le coup de son cavalier qui n'était pas du tout homosexuel-, Moore râle contre les Serpentard qui ont bousillé la bouffe et la boisson, Angelo pose quelques remarques de temps en temps et l'écossais peste contre tout et n'importe quoi. Et c'est finalement à Quinn de se mettre à parlementer sur la fille qu'il aurait embrassé au bal. J'achève le dernier A et regarde Pierce qui a baissé le regard sur ses genoux. Ah, alors, c'était donc ça.
-Et je suis sûr que Belinda est folle de moi, maintenant ! poursuit Quinn. Faut dire, bon, elles sont un peu intimidées, les filles, avant de m'embrasser, c'est pour ça que yen a pas beaucoup qui se lancent mais une fois qu'elles ont connu mes talents de Serial Kisser, alors, c'est fini, elles ne peuvent plus… HE AIIIE, CA FAIT MAL !
Il se retourne vers moi, avec le regard d'un chiot à qui on vient de donner un gros coup de pied dans le derrière, se massant le crâne.
-Pourquoi tu m'as tapé ?!
-Je sentais que je devais le faire.
