Coucou, poulets et poulettes -je me sens volaille, aujourd'hui ;).

Donc, nous avons cru ressentir une certaine impatiente par rapport à ce qu'à-bien-pu-fabriquer-de-diabolique-notre-ptite-K ata, et comme on est d'une grandeur d'âme d'exception, bah voilà, on vous fournit la réponse !

On vous remercie toujours tous autant pour votre soutien et encouragement et bonne lecture, bien sûr !


Chapitre 15 :

-C'est super cool, on va passer touuute la journée ensemble ! s'excite Louis. Ca va être génial !

-Oh oui, ça va être mémorable, approuvé-je avec l'ombre d'un sourire diabolique.

-Hihi !

On vient de descendre des calèches avec Julian et sa bande d'outsiders qui n'ont bien sûr pas de rencard parce que bon, c'est des cas sociaux. Louis et moi sommes devant eux et je suis de si belle humeur que j'ai à peine insulté mon blondinet quand il m'a attrapé le bras –qu'il tient toujours, en riant que comme ça on tombera tous les deux, tels les deux grands amis pour la vie que nous sommes, le cul par terre quand on glissera sur le givre qui craque sous nos pas. A vrai dire, je suis surement plus excitée que lui à la perspective de cette journée qui s'annonce magnifique avec son ciel gris et le vent frigorifique qui sapent le moral à tous ceux qui mettent un pied dehors ou regardent par la fenêtre.

Mais ce qui me rend euphorique, c'est la pensée qu'aujourd'hui sonnent les cloches de ma vengeance. Les gens pensent que je n'aime rien mais c'est faux. J'aime les sorts de Doloris et de Destructum –mon petit chouchou. J'aime les robes et les chaussures qui font extrêmement mal quand on marche sur un membre d'autrui. J'aime coudre, lire, dessiner et graver. J'aime les yeux apeurés et j'aime le contrôle. J'aime quand mes pas résonnent. J'aime le cristal et le métal. Et le noir et le gris mais le violet surtout, et le rouge aussi. J'aime les cimetières, les poupées vaudou, j'aime les racines des arbres, j'aime la brume et les films d'horreur, j'aime le bruit du vent et le tonnerre, j'aime les bourreaux et les fissures dans les murs et j'aime la dentelle. Noire, bien entendu. Mais il y a une chose que j'aime tellement que ça en dépasse l'entendement, quelque chose qui donne un sens à mon existence et qui me berce la nuit.

La vengeance.

-Hey, Kata, m'appelle Julian de derrière. Tu restes un peu, histoire de voir comment je vais foutre en l'air le rencard de Cho et d'Erysse ?

-J'adorerais, note bien, malgré le fait que tu sonnes un peu trop désespéré, répondis-je. Mais j'ai mieux à faire.

-Hihihi, rit Louis.

-T'as raison de rire, bichette, parce qu'on va vraiment se fendre la poire.

xOxOxO

-Ce café est vraiment naze.

Je détache mes yeux du couple –cette pensée me fait crisser les dents- que forment Colbert et Angelo assis à deux tables de nous pour regarder avec irritation Malefoy prendre place à la notre. Il se met bien à ses aises tandis que Louis l'accueille à bras grands ouverts et le fils de mangemort repenti attrape le menu que mon acolyte-forcé a laissé sur la table après avoir commandé son café à la vanille. Difficile de faire plus gay que ça et d'ailleurs, je me demande s'il n'a pas bien pris soin de choisir cette boisson pour signaler son homosexualité au serveur, tout vêtu d'un rose pâle dégueulasse qui est omniprésent dans cet endroit écœurant. On est souvent resté perplexe devant mes goûts et attirances mais ce n'est franchement rien devant les goûts de Louis en homme. Après son cavalier de bal dont je me rappelle même pas le nom mais dont je me souviens bien la gueule peu réjouissante, voilà qu'il est à deux doigts d'écrire son adresse postale au brun au physique à peine regardable, avec sa bouche tordue et ses petits yeux enfoncés dans un visage sans forme, qui nous a servi nos boissons.

-Ouais, pas plus que toi, Malefoy.

-Oh, ça va, Kat, hein ! s'énerve-t-il en passant sa tête décolorée par-dessus le menu. C'est pas parce que ton Pouffy s'est trouvé une blondasse que tu dois t'en prendre aux vieux copains ! Moi aussi, ma vie sentimentale est pas au mieux de sa forme, est-ce que je t'insulte ?

-Rien que ta présence à ma table m'insulte, maugréé-je.

-Qu'est-ce qui se passe avec Rosie ? s'inquiète aussitôt Louis.

Oui, parce que si vous aussi vous avez du mal avec la famille de Super-héros et leurs rejetons que se trimballe Louis Delacour, je vous rappelle donc que d'une façon ou d'une autre, Rose Weasley est l'une de ses cousines, ainsi que les trois-quarts de Poudlard, à peu de chose près.

-Pff, m'en parle pas…, fait Malefoy en s'accoudant sur la table.

-Ouais, nous en parle pas.

Mais il m'ignore et commence à raconter ses déboires sentimentaux à Louis qui a ouvert grand ses yeux et sa bouche, comme si ça l'aidait à être plus concentré sur les mots de Malefoy. Pendant ce temps, la cuillère remue d'elle-même mon chocolat chaud. Et oui, je ne bois pas du café noir, serré et fort comme tout le monde présumerait. Malgré tous mes efforts, je préfère de loin le sucré à l'amertume… mais je n'y peux rien ! Comme si nos goûts alimentaires étaient en accord avec notre personnalité. Ce serait franchement grotesque. Et puis, je peux boire autant de chocolat chaud que je veux, personne n'aura l'audace de ne me faire ne serait-ce que la plus petite remarque à ce sujet. Voilà, boire un chocolat chaud bourré de crème c'est un peu comme l'assurance de ma puissance.

Je souris à cette pensée et bois une gorgée de ma boisson avec satisfaction.

Je reporte alors mon regard sur Angelo et Colbert qui discutent à leur table et, une demi-seconde plus tard, il tourne ses yeux noirs directement sur moi, tandis que sa blondasse de capitaine continue de lui parler. On se fixe comme ça pendant bien dix secondes avant qu'il ne retourne à la fille en face de lui et je me retiens de me lever pour aller l'envoyer traverser la vitrine du café. Mais tenez, une preuve qu'il y a de quoi avoir honte de sortir avec Colbert, elle tient dans ses mains une Barbaraignée. D'accord, c'est bon et sucré mais par Serpentard, rien que pour le nom, toute personne avec un minimum de dignité n'y toucherait pas ! C'est gluant, collant et d'un bleu criard qui a en plus l'audace de pailleter !

-Tu l'as pas vu ? continue-t-il à parler à Louis. Elle est avec Abdal, ou Lagdarab, ou un autre truc qui sonne comme Kebab…

-Hum, un peu raciste sur les bords, Malefoy ?

-Moi, raciste ?! s'indigne-t-il. M'enfin, Kat, si j'étais raciste, j'te parlerais pas !

J'hausse un sourcil et il me donne une petite tape taquine sur l'épaule.

-T'as pas une tronche très catholique…

-Ma mère est italienne, répondis-je en le regardant comme s'il était demeuré.

Ce qu'il est. Nul doute là-dessus.

-Qu'est-ce que je disais ! Et même, reprend-il. S'il était seulement arabe, ça irait encore mais en plus c'est un sale Serdaigle qui croit que parce qu'il est capitaine de sa petite équipe de Quidditch de nazes, il a le droit de se la péter !

-Ooooh, tu parles de Jared ! s'exclame Louis. Mais il est très gentil, je ne savais pas que Rosie sortait avec lui !

-ELLE SORT PAS AVEC LUI !

Il s'est pratiquement levé pour crier ces mots et je me demande sincèrement pourquoi il faut toujours que je me paye les pires crétins. J'ignore Louis qui essaye de calmer le deuxième blond. Qu'est-ce que j'en ai assez de n'être qu'entourée de décolorés…

Je vois alors Colbert se pencher vers mon copain, faisant glisser ses longs doigts manucurés sur la table pour toucher ceux viriles et mates de MON –ne jamais faiblir sur les possessifs- italien. Exactement de la façon qu'emploient les héroïnes nunuches des séries à l'eau de rose pour épingler l'héros tout aussi culcul-la-praline, la plupart du temps, qui lui jure l'amour le plus profond, l'éternité et plus encore au bout d'une semaine. Non pas que je regarde ces navets mais… la société est tellement intoxiquée que…

Mais passons. Je suis vraiment très en colère. Je sors ma baguette et lance un sort qui pourrait bien s'avérer compter dans mes petits fétiches, très prochainement. Le jet orange atteint de plein fouet la chaise de Colbert qui se met à se trémousser furieusement comme si elle dansait un rock avec ses quatre pied en bois qui ont gagné en souplesse, qui font sérieusement penser à des bras à qui ont aurait jeté le sort de désossement. Elle essaye de se tenir au bord de sa chaise en criant et se mange plus d'une fois la table devant elle, que ce soit avec ses genoux ou son front.

Tout le monde s'est retourné sur elle, bien sûr, mais Angelo me regarde, moi. Je lui souris avant de gueuler au serveur qui passait par là, sous le regard énamouré de Louis.

-L'ADDITION !

xOxOxO

-Et il était vraiment trop mignon, explique Louis avec ferveur. Ca se voyait dans ses yeux qu'il était gentil ! Vous devriez vraiment y aller, à ce nouveau café, il est génial, on a passé un moment incroyable ! Pas vrai, Katy ?

-Oh, c'est certain, il s'y passe des choses bien agréables, fis-je à Ed avec un petit sourire satisfait.

Quoiqu'il y a aussi de belles choses qui se passent dans la rue. Comme une malencontreuse glissade sur une plaque de verglas ou une Barbaraignée –je me sens cruche rien qu'à penser ce mot- qui explose au visage d'une grande blonde qui devrait apprendre à ne pas empiéter sur les plates-bandes des copines, ou tout du moins des autres filles plus dangereuses qu'elle. Bon, la glissade n'a pas été très drôle, à part le fait de la voir tomber en arrière grossièrement, puisqu'Angelo l'a rattrapée juste avant qu'elle ne se ramasse. Maudits soient ses réflexes de beau-gosse de gardien italien ! Heureusement qu'il ne l'a pas gardé dans ses bras avec amour et s'est juste contenté de la remettre sur ses pieds parce que, beau-gosse ou pas, il aurait goûté aux miens, de réflexes. Ceci étant dit, l'explosion de la Barbaraignée a bien rattrapé le précédent échec… Colbert en a eu littéralement partout. C'est bien simple, c'était immonde.

-Quelque chose me dit que quelqu'un n'a pas autant apprécié son petit séjour à ce café que vous, réplique Ed avec un léger sourire amusé.

Louis pique un fard au souvenir de la chaise dansante qui ne l'a pourtant pas traumatisé quand il avait les petites fesses de son serveur sous le nez. Mais je me concentre plus sur la bonne humeur discutable de ma coéquipière de potion. Elle est assez maussade, ce qui ne semble pas être dû à son rencard miteux, étrangement. Quand elle est arrivée vers nous, Louis et moi, qui étions en train de demander à John-Charles-ou-Jack où elle était après qu'on l'ait remarquée à leur table des Trois Balais, on aurait sérieusement dit qu'elle venait de croiser le fantôme de sa grand-mère qui aurait eu la tête pendouillante, comme Nick-Quasi-sans-tête quand il s'énerve. Mais j'ai mon petit avis sur la question depuis que j'ai vu Brandson s'en aller du coin d'où elle venait avec ce petit sourire aux lèvres que je reconnais bien, celui de la pure satisfaction malsaine et de la méchanceté dont on se pourlèche les babines. Et c'est bien ce type qui aurait couché avec elle pour un pari, non ?

Etrange lot de coïncidences.

-Comme c'est dommage, ironisé-je.

-Enfin, bref ! nous coupe Louis, pressé de changer de sujet. Ca se passait comment vous deux avant qu'on arrive ?

-Très bien, répond John-Charles-ou-Jack en souriant à Ed.

Ed hoche du menton en souriant elle aussi mais ce n'est clairement pas la bonne humeur débordante et agaçante qu'elle imposait à tout le monde au bal. Quand elle était la cavalière de Quinn. Je soupire. Pourquoi elle ne va pas le chercher par la peau du cul et ne le force-t-elle pas à assumer ses responsabilités en tant qu'ex-cavalier au lieu de se forcer à supporter un mec, surement pas méchant, mais qui ne doit pas franchement réchauffer ses rêves… ?

Je remarque alors Quinn qui est assis avec l'écossais et sa copine, à une autre table, et qui nous fixe avec dans le regard tout sauf de la jovialité. Ne me dites pas qu'il est jaloux… s'il est jaloux alors qu'elle se force à sortir avec un mollusque humain, je jure que j'en étrangle un… il faut que je me détende.

-QUIIINN ! beuglé-je à travers la salle à son adresse. VA M'CHERCHER UN CHOCOLAT CHAUD !

xOxOxO

Je brosse le peu de cheveux blonds qu'ils restent sur ma poupée. Je l'ai trouvée par terre à Pré-au-Lard et je l'ai ramassée. Les mômes ont cette tendance à la fois révoltante et fascinante de jeter leurs jouets, et les semer derrière eux. J'ai toujours aimé les poupées, même quand j'étais gamine. Leurs regards et leur sourire figés, leur peau parfaite et leur froideur. C'est comme des cadavres en porcelaine, plastique et tissu. Et celle-ci m'a tout de suite faite penser à Brienne avec sa blondeur et ses formes de mannequin.

Et ça tombe bien, je comptais justement créer une poupée vaudou à son effigie. Disons qu'elle sera la poupée Barbie de ma collection.

Mon dos est plaqué contre le chambranle des grandes portes d'entrée de Poudlard et l'une de mes jambes recouvertes de collants sombres à moitié déchirés est repliée. J'observe mes camarades qui passent devant moi pour rentrer au chaud relatif de notre château enchanté, attendant l'une de mes victimes du jour.

Et d'ailleurs le voici, arrivant à en jeter alors que sa veste brune ne dissimule pas grand-chose de son tee-shirt tâché de Bière-au-Beurre et que ses cheveux noirs sont agrémentés de Barbaraignée. Je souris, très fière de moi, et ses yeux noirs m'ont déjà repérée. Il est accompagné de toute sa clique, de Quinn qui tire la tronche, de Pierce qui a, certes, une tête d'enterrement mais d'un enterrement s'étant bien passé, en passant par l'écossais qui emballe copieusement sa copine.

Ils montent tous les dernières marches jusqu'aux grandes portes et Angelo est le seul à s'arrêter devant moi, tandis que Pierce me sourit en me disant qu'on se revoit au dîner, que la copine de l'écossais me fait un coucou de la main et que Quinn marmonne un truc dans sa barbe. A savoir si c'était adressé à moi… mais, de toute façon, je m'en fous.

Toujours est-il qu'on se retrouve face à face et que je n'ai pas perdu mon sourire satisfait. Angelo lui se contente de me regarder en fronçant ses épais sourcils noirs, en me surplombant de son demi-mètre habituel.

Bref, rien de bien bouleversant.

-Qu'est-ce qu'il ya, mon chou ? demandé-je. Ta copine est partie sans toi ?

-Elle a eu trop peur que tu finisses par lui envoyer des loup-garous.

J'éclate de rire en continuant de brosser ma poupée.

-Non, j'suis pas pote avec ces espèces de gros toutous remasterisés, avoué-je, avec un brin de déception. Mais j'ai quelques relations fantômes, trolls… oh, et un ou deux inferi qui m'en doivent une. Si ça l'intéresse.

Il croise ses bras musclés sur sa poitrine en haussant un sourcil et je quitte ma position, ignorant les murmures d'un couple de gamines dans les quatorze piges qui rentraient. Je m'avance vers lui, mon sourire moqueur s'agrandissant à mesure que j'empiète sur la distance qui nous sépare et il baisse petit-à-petit le menton pour continuer à me fixer, sans broncher.

-T'as pas apprécié ta journée, Rossi ? fis-je mine de m'inquiéter avant de pousser un soupir. Comme c'est dommage… moi, en tout cas, j'ai adoré ma journée !

-J'en doute pas, réplique-t-il. Je t'imaginais pas du genre jalouse…

-Ouais…, commenté-je avec un petit rire. Désolée de briser tes rêves, beau-gosse, mais j'aime juste pas qu'on touche à ce qui est à moi.

-Ce qui est à toi ? rit-il.

Et il a l'air franchement impressionné par mon arrogance. Je lui souris avec provocation avant de l'attraper l'un des pans de sa veste d'une main et l'attirer vers moi. Je passe mon autre bras derrière sa nuque et me dresse sur la pointe de mes Doc Marteens pour l'embrasser. Il répond aussitôt, posant ses mains sur mes hanches. J'entends les élèves qui continuent de passer à côté de nous pour rentrer dans Poudlard, leur pas rapide motivé par le vent glacial qui ne fait pas plus de pause que mes lèvres contre celles d'Angelo.

On finit par se séparer et il m'attrape la main pour me faire passer les portes. Apparemment, l'italien n'aime pas trop le froid… c'est bien dommage parce que, moi, je ne suis pas vraiment chaudes températures.

On continue à marcher et je me sens avec horreur devenir troublée par le fait qu'on ait encore les mains liées. Et mon estomac se met à faire des torsions. J'arrache ma main de la sienne et il baisse ses yeux vers moi, légèrement surpris. Je lance alors :

-Crois pas que tu vas t'en sortir comme ça, Rossi ! J'en ai pas encore fini avec toi.

-J'aurai été déçu, ironise-t-il. Et c'est quoi, cette poupée ?

-Une nouvelle copine.

-Elle a pas l'air au mieux de sa forme.

-Oh, t'inquiète pas, je vais m'en occuper. Comme si c'était ma fille.

Mais j'ai peur de manquer cruellement d'instinct maternel.


Donc voilà, vous savez tout ! A vous, de tout nous dire ;)