Bonjour les petits loups !

Bon bisous à nos reviewseuses hein et puis... conseil : profitez du soleil clément parce que nous avons le présentiment que ça va pas durer éternellement !

Et sinooon eh bien on arrive sur la fin hein mes poussins, il reste encore du chapitres mais tout de même hein le plus gros est passé ;)

Bonne lecture !


Chapitre 29 :

-Alors, ma diablesse, partante pour une p'tite soirée à Pré-au-Lard ?

Je roule des yeux tandis qu'on se dirige vers la Grande-Salle pour aller manger. Julian s'est changé en véritable pot de colle, cette semaine, depuis le désastre du tapis-ours-et-préliminaires-compromis. La preuve, maintenant, avec son bras qui ne se déloge pas de mes épaules alors qu'on marche avec sa bande d'affreux-jojos et Louis qui est plongé dans un magazine pour bonnes-femmes, depuis ce matin.

Non pas que je me plaigne de son revirement de comportement parce que je préfère de loin le Julian Bones qui fait semblant de ne plus rien ressentir pour Gilbert en mettant Poudlard sans dessus-dessous à celui qui était branché sur la radio Yeux-de-biches-de-Gilbert H24, et me rabattait les oreilles sur ses plans de ne l'avoir que pour lui. Il va retourner à sortir avec les greluches qui sont en adoration devant lui, en commençant par Betinson –qui est présentement en septième ciel, sachant Gilbert disqualifiée-, et leur briser leurs petits cœurs innocents, et tout sera parfait dans le meilleur des mondes.

-Tu nous as déjà trainés là-bas toute la semaine, Bones, lui rappelé-je. J'en ai ma claque de tes potes douteux et de vos retrouvailles arrosées…

-Bah, t'avais pas pris goût à l'alcool ? se moque-t-il. Tu nous as toujours pas fait de strip-tease, à nous !

-J'avoue, y'a du favoritisme… on est p't-être pas assez poilu pour elle ? réplique Beckett avec un sourire pervers et imitant des bruits de singe.

J'ignore Julian qui échange une poignée de mains avec l'autre glandus, en lançant un joyeux « Royal, mec ! » et je soulève mon pied droit pour dégainer ma baguette de ma Doc Marteen. Je fais un pas menaçant vers Beckett, aboyant :

-J'vais t'en rajouter, moi, des poils, espèce de caniche toiletté à l'iroquois !

-Okay, Kata, on se calme, rit Julian en resserant son bras autour de mon cou et attrapant ma baguette de sa main libre.

-BONES ! LACHE MA BAGUETTE !

Il continue à ricaner quand je tire sur ma baguette pour la récupérer. Je le fusille du regard et lui écrabouille le pied du talon de mes Doc Marteens mais, au lieu de me libérer, il m'arrache juste ma baguette des mains. Très bien. Je vais le tuer à mains nues. Ou avec les dents.

-Ah bah tiens, quand on parle de gorille…

Aux mots presque chuchotés de Beckett, je tourne la tête pour voir la bande à Ed passer dans le couloir. Je vois bien Ed et Kyle marcher, mains dans la main, riant tous les deux et l'écossais qui donne l'impression qu'il va faire sauter l'école à gros renforts de dynamites mais le regard que je crois immédiatement est celui noir d'Angelo. Et pour une fois, noir ne désigne pas seulement la couleur de ses yeux. J'en reste sous le choc, le regardant me dépasser froidement, sans un mot et sans un regard de plus.

Qu'est-ce qui lui prend ? C'est surement la personne que je traite la mieux dans tout Poudlard et il se permet de me passer devant comme ça ? Etre sexy, musclé et italien lui monte à la tête ! D'ailleurs, quand j'y pense, il m'a plus ou moins snobé toute la semaine. Plus de porte qu'il me tient, plus de mini-défense, plus de petits gestes amicaux, nada ! Je ne m'en suis pas trop formalisée. Après tout, on est simplement potes. Je ne m'attendais pas à ce qu'il vienne me voir tous les matins et m'attende à la fin des cours mais il peut quand même me sourire ou me lancer un petit mouvement de menton, par les trippes de Salazar !

-Aaaah, il vole plus à ton secours, on dirait, se croit obligé Beckett de ricaner.

-Il a pas envie que tu t'fasses dessus, bébé, craché-je. C'est chiant à nettoyer !

Julian éclate de rire et on reprend notre marche mais c'est lugubre à dire, je ne suis plus d'humeur diabolique. J'y tenais quand même à notre semblant d'amitié puisque je me suis faite à l'idée que je ne pouvais clairement pas me lancer dans une relation avec Angelo, étant donné que… ahem, je suis amoureuse, ahem. Je vais devoir aller tagguer toute la tour des Serdaigle pour cette pensée répugnante.

Je me rends alors compte que Louis me scrute depuis pas mal de temps, en se cachant derrière son magasine. Je soupire avec agacement.

-J'ai même pas démembré Colbert la dernière fois que je l'ai surprise à flirter avec lui…, marmonné-je. Et c'était pas l'envie qui me manquait.

Je lui ai quand même refilé la grippe aviaire par l'entremise de sa chouette… et malheureusement, ça se soigne facilement dans notre putain de monde de sorciers. On peut même plus ruiner tranquillement la vie des gens, par les temps qui courent.

Enfin, ça, en principe, mon italien n'est pas sensé être au courant.

-Bah… il a surement pris mal que tu l'embrasses plus après sa fête d'anniversaire…, avance Louis innocemment, dissimulant très mal le reproche qui m'est adressé. Moi aussi, je le prendrais mal si t'arrêtais de me faire des bisous…

Je tourne vers lui un regard excédé.

-Delacour, je te fais pas de bisous.

-Oui, bah si tu m'en faisais ! se renfrogne-t-il, vexé.

-De toute façon, ça fait longtemps que tu l'as viré ton gorille, qu'il s'y fasse ! Il avait qu'à pas draguer sa capitaine, se mêle Julian.

-C'était elle qui le draguait, elle le laissait juste faire, m'irrité-je. Et la ferme, Bones, tu sais rien de l'histoire.

-Bah dis-moi !

-Ouais, bien sûr, ricané-je. Je vais te parler de ma pseudo vie senti…, je toussote, faisant la grimace. de ma vie sexuelle.

-T'en parles bien avec Lou !

-Ouais, avec lui mais pas avec toi.

-Hihi ! commente Louis avec excitation.

-Pourquoi ? s'indigne Julian.

-Euh, parce que. Fin de la discussion.

xOxOxO

Je me suis assise le plus loin possible de Julian qui balade sa langue dans la bouche de Tamara quelque chose, une Serdaigle de Sixième année. C'est la seule fille dont je connais uniquement le prénom parce qu'il me fait horriblement penser à Tarama. Premier point témoignant d'un mauvais goût tout aussi certain qu'écœurant. Deuxièmement, c'est une Serdaigle donc une erreur de la nature. Troisièmement, elle a un an de moins qu'elle et, dans les relations intra-humaines, je n'apprécie les différences d'âges que quand elles sont liées à un trouble mental telle la gérontophilie… ou la nécrophilie, pour les perfectionnistes.

C'est bien simple, Julian n'a de cesse que de me décevoir. Pourquoi ne va-t-il pas se faire Colbert ? Il lierait l'utile à l'agréable, en l'éjectant du périmètre d'Angelo. Ou sinon, Betinson ? Ca éviterait qu'elle me fasse pitié à retenir ses larmes, à deux places d'eux. Elle est moche, c'est une punk et son cœur n'arrête pas de se briser… je ne sais pas qui s'est occupé de son cas, là-haut, mais il a vraiment poussé la cruauté à son paroxysme.

-Kata ? s'étonne Malefoy en ouvrant ses grands yeux bleus. Qu'est-ce que tu fous là ? C'est la première fois que je te vois mettre un pied ici !

-Je compte me jeter des gradins à la fin du match pour m'écraser comme une bouse de chouette, sur le terrain, ironisé-je. A ton avis, qu'est-ce que je viens foutre dans les gradins pour le match Serpentard-Poufsouffle ?

-Wow… t'es encore plus emmerdante que d'habitude…

Et pourtant, il s'assoit à côté de moi. Et moi qui avais compté pouvoir mater Angelo en rageant contre son attitude de merde de ce midi, je crois que je suis foutue et ça fait maintenant une heure que le match avait débuté, j'avais bon espoir... et dire que j'étais partie pour ne pas venir voir ce match pour la peine, puisque je déteste le Quidditch et que, comme Malefoy l'a fait remarqué, je ne suis allée en voir aucun. Mais voilà, je suis faible. Je soupire.

-Tu sais, tu seras le témoin de mon mariage avec Rose, m'informe joyeusement Malefoy. Ce sera grâce à toi que je file le parfait amour avec la femme de ma vie…

-Je ne serai présente qu'à ton enterrement, Blondine.

Il éclate de rire, me tapotant l'épaule en disant « Sacrée Kata, ahlalala » et je me retiens d'éparpiller sa cervelle sur les bancs des gradins.

-KATYYYYYY !

-Oh, qu'on m'achève…

-Avada Kadevra ! prétend Malefoy en faisant danser son doigt devant mon nez.

Mais je n'ai pas le temps de lui tordre son majeur que Louis déboule en continuant de beugler « Katy », en panique. Il est à bout de souffle, ayant surement couru depuis les gradins de Gryffondor où il devait être assis avec ses cousins Potter-Weasley-Trucs-Muches.

-Quoi, bichette ? m'énervé-je. Tu t'es cassé un ongle ?

-Merlin, non ! s'écrie-t-il avec une moue horrifiée. Ca fait super mal de se casser un ongle !

Il s'assoit à ma droite tandis que Malefoy hurle comme un porc qu'on égorge quand l'une des balles –excusez-moi mais je connais tous les os de l'être humains alors, deux-trois baballes volantes, vous êtes gentils mais ça ne ferait que parasiter mon intellect- troue la défense de notre équipe.

-MAIS C'EST PAS POSSIBLE ! s'indigne Malefoy à l'adresse des gradins Serpentards. Je croyais avoir été clair, fallait ensorceler les balais des blaireaux ! STEVENSON, BRIST ! VOUS AVEZ BRANLE QUOI, PAR LES COUILLES DE SALAZAR ?!

Je regarde quelques secondes Malefoy qui a bondi sur le banc pour engueuler mes camarades qui essayent plus ou moins de se défendre face à la gueulante de notre roi. Je roule des yeux en me retournant vers Louis qui observe avec fascination Malefoy gigoter comme une furie sur le banc.

-Bon, c'était quoi ton problème, Delacour ? lui demandé-je en claquant des doigts devant son visage pour le faire revenir sur Terre.

-Ah oui, c'est affreuuux… il parait que Kyle ne sorte avec Ed que pour un pari, comme Alviiin ! m'explique-t-il les sourcils froncés par l'accablement.

-C'est sombrement con.

-Quoi ? s'étonne-t-il.

-Bichette, enfin, Quinn est incapable de faire ça, il sait même pas mentir ! Et il est aussi cucul et gentillet que toi.

-C'est pas vrai ! Je ne suis pas cucul ! s'indigne-t-il en sortant son magasine. Le Professeur Etoile-de-mon-Cœur affirme… et je vais te le lire…

Il ouvre son magasine et cherche la bonne page tandis que je lance un coup d'œil à Angelo qui arrête avec fermeté une balle. Je souris. Il est quand même diablement virile…

-Ah voilà ! s'écrie Louis. Les Poissons sauront faire montre de force de caractère et de discernement pour éviter toutes les embuches sentimentales qui se présenteront à eux tout au long du mois de Janvier…

-Ton Professeur s'appelle comme un Petit Poney.

-Et alors ?

-Je ne fais pas confiance aux Petits Poneys.

-Pas croyable, bougonne Malefoy en se rasseyant à côté de moi. J'me demande bien qui m'a filé des blaireaux comme ça, on se croirait à Poufsouffle. Et en attendant, c'est eux qui nous laminent… en partie à cause de ton pote, d'ailleurs, Kata, continue-t-il en me lançant un regard sévère. Si on la joue réglo, jamais on l'aura notre coupe !

-Elle va finir dans ta tronche, ta coupe, si tu la mets pas en veilleuse, Malefoy.

-Hé ! Y'a tout pleins de tests, dans mon magasine, vous voulez en faire ? nous propose Louis. Y'en a un pour toi, Scorpius ! La deuxième fois sera-t-elle la bonne ?

-Oh, fais gaffe, Louis ! s'écrie Malefoy en pointant un doigt menaçant sur mon deuxième blond. Je vais le dire à ta cousine si tu te fous de notre relation !

-Mais-mais je… mais non !

Je laisse tomber mon visage dans mes mains de désespoir. Les blonds aux yeux bleus, c'est fini, j'arrête. Bon, je garde Malefoy et Louis parce que je n'ai pas franchement le choix mais le prochain qui essaye de me coller au basque, je l'immole illico presto.

-Et j'en ai un pour toi, Katy ! Dois-je arranger les choses avec mon ex-non-officiel qui n'est pas vraiment mon ami non plus ?

Je lève les yeux vers Louis qui m'offre son regard de biche innocent. Espère-t-il une seule seconde que je suis assez demeurée pour gober une telle énormité ? Mais je n'ai pas le temps de lui faire partager ma façon de pensée que les Serpentards hurlent des insanités, en mauvais perdants, à l'annonce de la fin du match en faveur des Poufsouffle. Un sourire en coin se dessine sur mon visage tandis que je me lève, observant Scorpius qui secoue sa tête lamentablement, l'air de dire « c'est bon, je tire ma révérence ! ».

-Oooh l'équipe d'Angelo a gagné, Katy ! m'informe Louis.

-Je sais, mon chou.

Je me fraye un chemin à travers la masse de Serpentard qui crissent des dents et se dirigent vers les escaliers pour descendre. Je m'appuie contre la rambarde, prenant sur moi pour ne pas tourner de l'œil à cause de la hauteur… j'ai une sorte de vertige que je traduis plus par l'expression de mon intelligence plus développée que la moyenne. La hauteur peut causer une chute qui peut causer de s'aplatir au sol comme une crêpe. Et ce n'est pas le genre de mort pitoyable que je convoite, figurez-vous.

Katarina ne mourra pas comme une crêpe.

-Viens ! me fait Louis en me tirant par la main. On va le féliciter !

-C'est pas la peine, crissé-je.

Colbert s'en charge très bien toute seule. Elle est pendue au cou d'Angelo qui est entouré, avec son équipe, de la moitié de l'école mais je les vois clairement. Ma mâchoire se crispe. Je vais réellement finir par tuer cette fille. Louis me jette un coup d'œil triste après avoir suivi mon regard.

-Oh…

-Il a le droit de… faire ce qu'il veut, dis-je, la voix rauque.

Je l'ai libéré, après tout. Mon ex-non-officiel qui n'est pas vraiment mon ami non plus…

xOxOxO

J'entre dans le terrier des blaireaux qui font à moitié la java après leur grande victoire qui se soldera par une atroce coupe terriblement bateau. Existe-t-il plus inutile, encombrant et surfait qu'une coupe clinquante ? Malefoy est certainement en train de commettre un Serpenticide dans notre salle-commune parce qu'on a perdu cette coupe, et je suis sûre que les capitaines des autres équipes sont dans le même état. Personnellement, je ne me servirai de cette coupe qu'en tant qu'objet contendant pour défoncer les crânes des miséreux mortels qui me pourrissent la vie.

-Encore ?! s'écrie la gamine de la dernière fois qui avait insulté Louis de pédé.

-Katarina est partout chez elle, morveuse.

Les autres ne remarquent pas vraiment ma présence, baignée dans leur euphorie d'après-fête semble-t-il vu les cadavres de verres, de bouteilles et d'un peu n'importe quoi qui trainent partout. Il est bientôt deux heures du mat et, c'est bête qu'on soit un samedi soir, j'aurais adoré voir une armée de blaireaux-zombis se trainer dans les couloirs, demain…

Je n'ai aucun mal à repérer Angelo qui est assis dans un coin avec Quinn, Ed, l'écossais, et deux-trois membres de l'équipe de Poufsouffle. Dont Colbert, bien sûr. Mais je suppose que j'ai plutôt de la chance, elle pourrait être engagée dans un roulage de pelle avec lui alors qu'ils sont simplement en train de discuter.

Je m'avance donc vers eux et la première à me voir est Ed qui n'a plus l'air de la fille qui aurait découvert une réserve de Felix Felicis. Au contraire, le sourire qu'elle m'adresse est forcé et elle n'est pas lovée contre Quinn qui est pourtant à côté d'elle. Je me rappelle de ce que m'a rapporté Louis durant le match. Alors, cette histoire de rumeur selon laquelle les motivations de Quinn sont directement liées à un pari est vraie ? Si jamais ça les fait casser, je fais un malheur. Qu'on se le dise, je ne le prendrai pas posément du tout. Après tout le bordel que ça a été, il est hors de question que Quinn et Ed se séparent, et ça vaut pour Malefoy et Wealsey.

Dés qu'elle me repère, Colbert prend la tangente, s'en allant en quatrième vitesse. J'ai un sourire satisfait. Je vois que j'ai su faire bonne impression, la dernière fois que l'on s'est vu, elle et moi. Mais mon sourire se crispe un peu quand Angelo lève son regard vers moi avec froideur. Je décide de ne pas me laisser impressionner et je m'assois dans le canapé, à côté d'Ed qui est elle-même à côté de Quinn. Angelo est assis dans le fauteuil sur lequel j'ai gravé mon nom avec mon cutter. Je me rends vite compte que l'écossais est en fait si bourré dans son propre fauteuil qu'il ne saurait surement plus épeler son nom de famille… enfin, moi non plus. Mais je reporte mon attention sur Angelo et pousse ses genoux d'un air taquin en lui sortant :

-Salut, amigo ! Et bravo, je suppose… le match a été plutôt cool.

-Merci.

D'accord… ça commence à gentiment me gaver. Je me retourne franchement vers lui, en haussant un sourcil.

-C'est quoi, ton problème, Rossi ? claqué-je.

Il me fixe farouchement et j'ai des envies de lui sauter dessus. Par contre, je ne sais pas trop si c'est pour le tuer ou… bref.

-Bon, fait Ed en me lançant un regard entendu. On va aller coucher Cal, et surement aller se coucher nous aussi… pas vrai, Kyle ?

-Bonne idée, mon p'tit cœur. Bonne nuit, tout le monde…

Et ils se lèvent pour aller tirer l'écossais de son fauteuil qui marmotte à propos de casser la gueule à un type qui voudrait lui piquer sa femelle. Je souris légèrement. Les gens possessifs sont des personnes sensées. Je me retourne vers Angelo, notant qu'il n'y a plus que quatre ou cinq autres élèves qui persistent à ne pas regagner leur dortoir. Il me fixe toujours et je soupire.

-Sérieusement, Angelo, qu'est-ce qui te prend ?

-Rien, me répond-il, cassant.

-Ok, beau-gosse, je vais être claire, dis-je en me levant.

Je me poste devant son fauteuil pour me pencher vers lui, m'appuyant sur les accoudoirs du siège. Il ne bouge pas d'un pouce mais il est clairement agacé.

-Tu vas arrêter de faire ton sale gosse et tu vas me dire ce qui va pas chez toi !

-Ce qui va pas chez moi ? me reprend-il en haussant un sourcil. C'est toi qui ne sais pas ce que tu veux.

-Ah oui, c'est ma faute, maintenant ?

-Bonne nuit, Rossi ! Super match, mec, t'es notre Dieuuuu !

Je me redresse et tourne un regard féroce vers la bande de mecs qui beuglent à la naissance des escaliers, tandis qu'Angelo lui répond un vague « Bonne nuit ». Ils s'en vont le plus rapidement que leur état d'ébriété avancé le leur permet et on se retrouve seuls, Angelo et moi, dans la salle-commune des Poufsouffle. Je reviens sur le cas Angelo-Rossi en croisant mes bras sur la poitrine.

-J'attends, lui indiqué-je.

Il se lève de son fauteuil avec un mouvement d'humeur et me jette :

-On en est où ?

-Quoi ? m'étonné-je sans comprendre.

-Toi et moi, Kat, on en est où ?

-On est… amis ! Enfin, ça c'était avant que tu décides de me faire ta tronche de cake !

-Ouais, et là, encore, j'ai pas eu mon mot à dire, t'as juste décidé qu'on était « amis ».

-Faut bien que je prenne les décisions ! m'indigné-je. Ce serait pas Monsieur-Putain-de-Passivité qui le ferait !

-Très bien, fait-il. Alors, je prends les décisions. Sors avec moi.

Euh… ah bon ? Notre soi-disant amitié n'aura pas fait long feu. Je me rends soudain compte qu'il est à largement moins d'un mètre de moi. C'est étrange, je ne me suis même pas aperçue qu'il s'était approché. Ou que je m'étais approchée ?

-Pour de vrai, cette fois, croit-il bon d'ajouter.

C'est dommage, c'est tellement plus drôle pour de faux. Mais, honnêtement, je n'en mène pas très large, là, le nez frôlant presque son torse et la gorge bloquée. Pour ce qui me parait la première fois depuis des années, je suis nerveuse, vraiment nerveuse, et assez effrayée. Je n'ai plus aucun contrôle sur la situation et je sais que j'en ai envie, juste envie de lui dire oui à n'importe quoi… mais putain, je suis amoureuse, merde ! Et ça fout un foutoir pas possible.

-T'es sûr ? arrivé-je à croasser. Non parce que je crois pas que c'est une bonne idée… la relation sérieuse et…

-Et quoi ? s'irrite-t-il.

Je lève les yeux vers lui et mon cœur manque un battement. Et puis, merde ! Je l'attrape le visage des deux mains pour l'embrasser avec passion et avec toute la frustration que j'ai ressenti pendant ce dernier mois. Ses mains trouvent immédiatement ma taille pour me coller à lui et mon estomac réagit violemment à ce contact, semblant exploser. Sans que je ne sache vraiment comment, je tombe sur le canapé, Angelo au-dessus de moi.

L'une de ses mains voyage déjà le long de ma cuisse recouverte de bas-résilles, sous ma jupe, et j'enroule ma jambe autour de sa taille, l'attirant plus vers moi. Mes doigts lui tirent surement à moitié les cheveux tandis que l'on s'embrasse d'une façon qui n'égale même pas de moitié notre parcours. C'est quand il se met à défaire mes bas, en se mettant à embrasser ma gorge, que je comprends où ça nous mène.

-Je suis vierge, lâché-je sans réfléchir.

Il quitte ma gorge, levant sa tête aux cheveux dans tous les sens, assez surpris. Merde… j'aurais peut-être dû y mettre un peu plus de forme. Mais il finit par me lancer son demi-sourire habituel. C'est ça, fais le malin. En vérité, je m'en fous bien, hein, d'être vierge et qu'il va donc me dépuceler, et que je ne sais pas trop à quoi m'attendre… je disais juste ça par politesse, pure courtoisie. Partager une information qui a sa petite importance, quoi, pour qu'il ajuste ses plans. Voilà. C'est tout.

-Tu me fais confiance ? me demande-t-il alors.

-Oh, pour l'amour de Satan, épargne-moi tes niaiseries de base !

Et je plaque à nouveau ses lèvres contre les miennes.