Et nous voilà début octobre déjà... Bientôt les vacances ! (enfin pour ceux dans le circuit scolaire ou étudiant, les autres désolées hein...)
Eh ben sinon que dire ? Thanks to all of you ? (j'inove en changeant de langue, dimanche se sera russe grâce à reverso notre poto des traductions à la dernière minute !)
Et puis bonne lecture !
Guest : Tkt nous aussi on a des problèmes, on a plus aucune notification de du coup c'est hyper pas pratique.. Eh oui Ed elle en bave... on adore lui faire mordre la pouissière ! C'est le côté sadique ! Pour l'instant désolées de te décevoir mais tout est foutu en l'air...
Chapitre 33 :
-Dooonc… tu comptes faire quoi pour la Saint-Valentin ?
-Pour la Saint-Valentin ? fis-je mine de réfléchir. Oh, je sais, que penses-tu de… BRULER EN ENFER !
Il glapit en sursautant et je roule des yeux en continuant à avancer vers les portes de la Grande-Salle pour le petit-déjeuner. J'ai eu l'ô combien extrême plaisir de découvrir Louis Delacour m'attendant en continuant à lire un magasine people dans la salle-commune. Visiblement, un Serpentard a eu pitié de lui et l'a laissée en train quand il l'a trouvé assis par terre, dans nos cachots. On est très engagé dans le soutien des SMF –Sans Maison Fixe-, à Serpentard. Un peu notre cause à nous. Avec celle de ressusciter Voldemort et de tricher un peu dans tous les domaines.
-Mais tu sors pas avec Angel, maintenant ? Tu viens de me dire le contraire !
-Certes, capitulé-je. Enfin, ce n'est pas vraiment clair-clair… techniquement, j'ai pas répondu à sa question et j'ai préféré coucher avec lui sur le canap de sa salle-commune.
-Si on me répondait toujours comme ça, à moi…, soupire Louis avec mélancolie.
-T'aurais le syphilis, veinard.
-Donc, c'est bien ce que je disais, il faut que vous fêtiez la Saint-Valentin ! On ira acheter nos cadeaux pour nos hommes, ensemble ! s'excite mon blondinet. Je sais pas encore quoi acheter pour Sam !
-Faut déjà qu'on tienne jusque là, répliqué-je.
-Qui ?
-Oh, moi et McGo ! Tu savais pas qu'on entretenait une relation sulfureuse, toutes les deux ? ironisé-je.
-Non ! J'marche pas, p'tite blagueuse, rit-il. Tu me l'aurais dit ! Donc tu parlais de qui ?
Je souffle d'exaspération et de désespoir. Qu'est-ce que j'ai fait à Satan pour mériter ça ? Je suis pourtant diabolique et sexy, quel bienfait ai-je pu commettre pour qu'il me refile cet imbécile ?
-Angelo et moi, Einstein !
-Oooh… mais pourquoi ça ne tiendrait pas jusqu'à la fête des amoureuuuux ? s'attriste-t-il.
-Premièrement… dégueu. Ne redis plus jamais ça en ma présence. Deuxièmement, parce que si je ne voulais pas me lancer dans un truc sérieux avec lui, c'est parce que ça ne marchera pas.
-Bien sûr que si !
-Non.
-Mais si !
-J'AI DIT NON ! crié-je. Arrête de me contredire, Delacour ! Ne parle plus, écoute-moi.
-D'accord, je t'écoute…
-Divin, raillé-je. Ca ne pourra jamais marcher parce que je ne suis pas une fille pour lui.
Je regarde Louis secouer vigoureusement de la tête pour me dire qu'il est en plein désaccord avec moi, puisque je lui ai interdit de parler, et je soupire.
-Sois un peu rationnel, pour changer, bichette, poursuivé-je. Tu crois qu'il est du genre à supporter une fille comme moi ? Possessive, intransigeante, difficile et à la limite des critères justifiant une psychiatrie ? Il est nonchalant, passif, calme et indifférent, il laisse tout couler et veut qu'on le laisse tranquille… et tu penses vraiment que je vais le laisser tranquille quand il fera un truc que j'aime pas ? Non, je vais lui gueuler dessus et le mordre, et peut-être même le menotter !
-Oui mais…
-Ah, chut ! lui rappelé-je en levant un doigt sévère. J'ai pas fini. Il l'a apparemment pas encore compris mais il voudra bientôt une fille plus facile à gérer et qui tape pas de crise, du style de… non, pas Colbert, c'est un vrai furoncle et c'est une pouffe, et il a peut-être couché avec elle mais jamais il la supporterait, disserté-je. Non, il voudra une fille comme la copine de l'écossais.
-Amelia, m'apprend Louis.
-Ouais, je m'en fous.
Je m'arrête devant les portes de la Grande Salle pour faire face à Louis qui fait la moue, visiblement loin d'être réjoui par mes paroles. Mais je n'y peux rien si je ne suis pas une rêveuse. Katarina a l'œil et le nez, elle sait et elle est glacialement terre-à-terre. Et j'ai fait le calcul, j'ai dressé le tableau, je connais l'issu de tout ça. Et pourtant, je m'y suis lancée. Et je ne vais pas fuir parce que c'est trop tard pour ça mais je sais quand même dans quel genre de mur je vais m'éclater la gueule.
-Donc, il va surement me lâcher avant la Saint-Valentin, ce qui en soit m'épargnerait de devoir survivre à cette fête écœurante…
-Mais toi, tu es amou…
-Le mot en a ! sifflé-je. Ne le dis jamais en entier !
-D'accord, d'accord, donc tu es le-mot-en-a.
-C'est ça le pire, bichette, précisé-je, agacée qu'il n'ait pas encore compris.
-Tu as qu'à essayer de ne pas être si jalouse et…
-Je ne suis pas jalouse, je suis possessive, nuance, corrigé-je.
-Euh, oui, possessive donc, tu peux essayer de l'être moins et je suis sûr qu'Angel ne te quittera pas !
-C'est une idée…, fis-je, moyennement convaincue.
Louis me sourit et je lui réponds, amusée. Il faut toujours qu'il prenne tout ça tant à cœur. Je lui dis de venir en riant et ouvre les portes mais mon semblant de bonne humeur vole en fumée quand je vois Colbert qui est assise à côté de mon italien, à la table des Poufsouffle.
-Mais elle se fout de ma gueule, la Colbert ! m'écrié-je.
-Mais elle est juste à côté de lui, Katy… Tu vas faire quoi ?
-A ton avis, Delacour ! grincé-je. Réfléchis un peu !
-L'ignorer ? propose-t-il avec espoir.
-L'EVISCERER !
xOxOxO
Je suis décidément la seule à savoir utiliser son cerveau dans ce château. Ou qui en a un en état de marche. Il faudrait procéder à une recherche plus poussée sur la question. Mais ce qui est sûr c'est que le QI moyen de la population de Poudlard ne vole pas haut. Comment ne peut-on envisager ne serait-ce qu'une seule seconde que Kyle Quinn puisse sortir avec sa meilleure amie pour gagner un pari débile? Et l'amour rend indéniablement et profondément parano pour qu'Ed puisse gober ça. Mais le fait est que, oui, ces deux énergumènes frisent la rupture, et sont même peut-être déjà séparés, à cause de ça. C'est Louis qui est venu me dire ça, à la limite de la crise d'apoplexie. Je l'ai donc envoyé voir Ed qui passe tout son temps dans les quartiers des Poufsouffle. En lui livrant bien sûr le mot-de-passe pour rentrer. Il ne m'a même pas demandée comment je le connaissais. Katarina existe pour connaître ce genre de choses. Et pour inventer des tortures créatives à prodiguer à son prochain. Que de nobles causes, en conséquent.
Moi, je me charge de Quinn. Je rentre donc dans la bibliothèque afin de trouver cet espèce d'innommable abruti et lui secouer les puces à la mode de Katarina. Et oui, ça va chier. Surtout que j'ai dû le chercher aux quatre coins de l'école et que ça m'a beaucoup énervée. Mais il est bien là, au pied d'une table, à ramasser un tas de feuilles que cet emmanché a dû faire tomber. Et c'est lui le prétendu briseur de cœur ? Laissez-moi ricaner doucement en grillant des brochettes-de-cadavres dans les feux de l'Enfer.
-Quinn ! aboyé-je. Qu'est-ce que tu branles avec Ed ?
-Oh, salut, Katarina…, marmonne-t-il en redressant sa tête de troll grognon. J'ai pas trop envie d'en parler…
-Oh… il a pas envie d'en parleeeer…, mimiqué-je avec une voix de bébé avant de claquer : Assis !
Il sursaute légèrement et semble décider qu'il ne vaut mieux pas me contrarier encore plus. Il attrape ses parchemins plus rapidement et s'avachi plus qu'il ne s'assoit sur la chaise à côté de lui. Je prends la chaise d'en face, l'étudiant lui et sa coiffure négligée, sa cravate entièrement dénouée et sa tête de dix mètres de long.
-Je peux savoir ce qui s'est passé pour que ce soit un tel merdier ? attaqué-je. Et pas la peine de me lancer ce regard de chien battu, oui, je suis énervée ! Après tous les efforts que j'ai fait pour te botter le derrière, Quinn, tu oses me faire ça ? Chaque secondes de mon précieux temps que j'ai passé à m'occuper de ton cas désespéré pour que tu te sortes les doigts du cul, c'était autant de secondes que je ne consacrais pas à mes magnifiques poupées vaudou et à tagguer Poudlard ! PRENDS CONSCIENCE DE LA SITUATION, MON GRAND !
-Mais j'ai rien fait, Kat ! s'écrie Quinn. C'est pas ma faute ! J'te jure que tout est faux !
Et j'ai presque l'impression d'avoir une vue plongeante sur son cœur brisé et, bon, oui, j'avoue, ça me fait de la peine.
-Je voudrais pas interrompre…, fait une voix que je reconnais bien.
Quinn fixe sombrement le bois de notre table tandis que je me retourne en souriant vers Angelo qui est appuyé contre les rangées d'un rayon, un livre sous le bras. Il a son demi-sourire sur les lèvres et est clairement amusé. Ca, c'est une surprise…
-Oh, buongiorno, bambino…
Son sourire s'accentue et il sort définitivement des rayons de la bibliothèque pour venir s'assoir à côté de moi. Il pose le livre, disant à Quinn que ça devrait être bon pour faire le devoir de Botanique. Bien sûr, je ne passe pas à côté de l'occasion de l'embrasser, mes mains glissant sur ses joues douces qui m'apprennent qu'il s'est rasé, il y a peu. Je crois que je le préfère plus piquant… mais bon, tant pis. Je le relâche pour reporter mon attention à Quinn qui nous regarde tristement. Je soupire.
-Bon, Quinn…
-Non, attends, m'interrompt-il. Faut que tu me croies, Kat, j'ai rien fait !
-Pour quelle espèce de décérébrée, tu me prends, Quinn ? Evidemment que je sais que t'as rien fait ! C'est bien ce que je te reproche, mon chou ! m'exaspéré-je. Qu'est-ce que tu fous à ramasser des putains de parchemins dans la bibliothèque ? Va secouer les miches à ta meuf !
-Et qu'est-ce que je peux faire ? s'énerve-t-il. Elle me prend pour un Alvin-Brandson-Bis ! Je crois que ça résume assez bien le peu d'estime qu'elle me porte !
Je fronce les sourcils, croisant les bras sur ma poitrine.
-Bon, tu vas me raconter cette histoire dés le début, mon grand.
-Okay…, soupire-t-il en se passant une main dans ses cheveux bruns de frustration. D'accord, euh… bah y'a eu cette rumeur-là qui disait que…
-Je sais pour la rumeur, parle-moi de ce qui importe.
-Ben… ça allait plutôt bien jusqu'à hier soir et puis, ce matin, y'a Deb qui m'a chopé et qui s'est mise à me gueuler dessus, en m'accusant de jouer avec Ed et tout, comme quoi elle croyait à toutes ces conneries et que c'était bien un pari, me raconte-t-il avec la mâchoire crispée. Et qu'Ed serait bien mieux sans moi, que je devais la lâcher et aller jouer les « salopards » ailleurs.
-Donc, c'est Moore le problème…, analysé-je.
-Pas vraiment, nuance-t-il à contre cœur. C'est sa meilleure amie, à qui elle dit tout… alors, elle est venue faire le messager, me jeter à la figure tout ce qu'Ed voulait me dire… et voilà, message reçu, conclue-t-il avec aigreur.
Je roule des yeux d'agacement. Bien sûr que si, c'est Moore le problème. Ca ne m'étonne pas. Une Serdaigle. Forcément de la mauvaise graine. Personnellement, je remettrai d'actualité les goulags rien que pour eux.
-T'arrêtes de jouer ta lopette, mec ? m'excédé-je. C'est quoi ça ? T'aimes Ed, Merlin ! Tu vas pas abandonner à cause de sa garce de Moore ! Tu vas dératiser d'la Serdaigle !
-Kat, je ne pense pas que Deb soit le vrai problème…, intervient Angelo.
Je me dévisse le cou pour le foudroyer du regard. Il est sérieusement en train de défendre une autre fille contre moi, une fille qui a clairement tort ? Une Serdaigle ? Que je vois roder de temps en temps autour de lui, en plus de ça ! Il a de la chance d'être un beau-gosse italien avec des épaules de Dieux Grecs parce que je l'exterminerai bien sur le champ. Que je suis faible… Il soutient mon regard et je me décide de ne pas m'étendre sur le sujet. Je retourne vers Quinn qui semble en pleine réflexion.
-L'écoute pas, claqué-je en pointant du doigt mon voisin et, sur un malentendu, petit-ami. C'est moi que t'écoutes. Et tu vas dératiser de la Serdaigle.
-Mais, Kat…
-Pas de mais, Quinn ! T'es dans l'équipe-Katarina ! m'écrié-je en frappant du poing sur la table. T'es en quelque sorte… mon majordome ! Tu crois que Katarina a une tapette pour Majordome ? Je me trimballe déjà Delacour, ça me suffit ! Et tu crois que Katarina a une coéquipière de potion qui chiale dans le chaudron parce qu'elle a le cœur brisé ? NON ! Tu vas arrêter de faire ton boudin comme un couillon et tu vas réagir de la seule façon envisageable ! En éparpillant de la chaire humaine partout dans Poudlard ! Je veux un CARNAGE… ok ?
J'hausse un sourcil et il me sourit, un brin excité par mon discours. Il a du potentiel, ce petit, je le sens dans mes trippes…
-Ok ! approuve-t-il. Je vais récupérer ma copine !
-Et tu vas me ramener les cœurs encore palpitants de tes victimes.
-Donc, je suis dans ton équipe ?
-Ouais, t'es dans l'armé du mal, bébé…
-Ca sonne sexy !
-C'est sexy ! m'indigné-je. C'est mon armé ! Par contre, qu'on soit clair, je ne fais que te coacher, il faut que tu voles de tes propres ailes, petit caneton,statué-je. Je veux bien te faire deux-trois poupées vaudou et d'autres bricoles mais c'est ton massacre !
-Le plus important serait pas de trouver qui est à l'origine de la rumeur ?
Je concède à Angelo qu'il marque un point en opinant du menton et ça laisse Quinn pensif. N'empêche que je suis fière de moi. J'ai déjà bien balayé le sujet, plus que quelques autres leçons et Quinn sera fin prêt pour partir à l'attaque. J'ai de grandes ambitions pour lui. Je vois alors Julian passer à côté de nous de sa démarche de Bad Boy avec son jean déchiré et son sourire de frimeur. Qu'est-ce qu'il fout ici ?
-Hey, Bones ! le hêlé-je. Depuis quand tu connais l'existence de la Bibliothèque ?
Il se retourne vers nous et il a un sourire ravi en me reconnaissant. Il vient donc nous rejoindre, s'appuyant d'une main désinvolte sur la table.
-J'viens draguer une meuf pour qu'elle me fasse ma dissert' de Bota, me dit-il avec un clin d'œil. D'ailleurs, ça tombe bien que j'te vois, Kata-chérie, j'ai un plan mortel pour ce soir !
-Oui, bah, on verra ça, Bad Boy.
-Et toi, qu'est-ce que tu fous là ? T'as l'air de beaucoup taffer…
-Détrompe-toi, Bones, je suis en pleine séance d'exorcisme du pacifisme en la personne de ce gentil abruti, là, lui expliqué-je sur un ton mystique, en désignant Quinn de la main. Je suis son maître psychique qui le mènera sur la douce et délicieuse pente de la violence avec un V majuscule.
-Humm, intéressant ! apprécie mon meilleur ami en se tournant vers Quinn. Salut, Kyle.
Quinn lui sourit et Julian lui tend un poing que le Poufsouffle frappe du sien. Puis, Julian enfonce ses mains dans ses poches et demande à Quinn :
-Et c'est en quel honneur ?
-Une rumeur qui a pourri mon couple.
-Moche. Mais t'as raison, vieux, pas de quartier. Tout est permis quand c'est pour la fille qui te plait, c'est qu'en étant féroce que t'arrives à quelque chose… le bordel, c'est quand il faut la garder après, soupire-t-il sombrement.
-NON, BONES ! m'indigné-je. Putain ! Non ! Garde tes ondes positives ! C'est comme si tu gerbais tout un tas de mièvrerie écœurante sur mon patient ! Va exprimer tes pensées d'amoureux transit ailleurs, bordel de merde ! J'essaye de le rendre féroce, là ! Et Serial Killer avec un peu de chance !
Julian me fusille du regard mais je me concentre sur Quinn :
-Surtout, ne fais pas comme lui, c'est un mauvais exemple.
-C'est sûr que maintenant que tu as un supeeeer copain, tu es une experte en couples, pas vrai, Kata ?
Je vérifie d'un coup d'œil sur ma gauche qu'Angelo a bien repéré toute la moquerie qui se dégage de cette phrase et qui lui est tout autant adressée qu'à moi. Et à son regard et sa mâchoire tendue, il n'y a aucun doute, il l'a bien repéré. Julian a son petit sourire de sale môme qui vient d'envoyer une bombe à bouse pilepoil dans l'arrière-train d'une mémé obèse. Je le sais. J'étais là.
-Bon, Bones, va briser des cœurs au lieu de nous faire perdre du temps ! jeté-je. Oh, d'ailleurs, en parlant de ça…
Je quitte ma chaise et attrape le bras de Julian pour le trainer à ma suite plus loin. Il est assez étonné mais a toujours son sourire satisfait que j'ignore. Il hausse un sourcil inquisiteur et je lui confie :
-Faut que tu fasses un truc pour moi.
-Ah ouais ?
-Ouais, confirmé-je. Sors avec Colbert pour l'occuper, elle arrêtera de roder autour d'Angelo.
-Euh, tu te rends compte que t'es en train de me demander de faire exactement ce qu'on a fait à ta copine, Pierce ?
-Et ? m'enquis-je avec agacement. Je m'en fous, Colbert est pas ma copine, je la déteste.
-Admettons, rit-il. Mais si ton Gorille devenait jaloux que je sorte avec sa précieuse petite garce de capitaine et qu'il venait me péter la gueule ? fait-il, goguenard, en désignant Angelo d'un mouvement de menton moqueur.
Je croise le regard tout sauf avenant d'Angelo qui est toujours à la table avec Quinn et qui n'a plus l'ombre d'un demi-sourire sur le visage. Faut dire que Julian s'est foutu de sa gueule, en face de lui, i peine trois minutes, et qu'il ne se cache même pas de continuer. Mais je suis surtout énerver par ses paroles qui me tordent l'estomac. La pensée qu'Angelo puisse être jaloux de Julian s'il en venait à sortir avec Colbert me rend malade.
-Mais t'as fini, oui ?! hurlé-je en le tapant brutalement à l'épaule. Tu te crois drôle ?
-Je le ferai pas, Kata, ok ? J'suis un connard mais pas à ce point.
-T'as toujours été inutile, comme mec, l'informé-je.
Il éclate de rire et je m'en vais pour revenir à ma table. Il me lance dans mon dos :
-Bon, tu viens, ce soir, alors ?
-CREVE !
-C'est toujours ce que tu dis, ma p'tite Goth, mais tu finis toujours par venir…
Je l'ignore ainsi que l'expression froide avec laquelle m'accueille Angelo. Ca va, il n'est pas le seul que Julian exaspère sauf que moi, je me le paye depuis mes sept ans ! Je reprends ma place en face de Quinn.
-Donc, où en étions-nous ? Ah oui… tu vas m'exterminer Moore, pour commencer.
xOxOxO
-Y'a pas de problème, Katakatakatastrooophe ! chantonne Peeves en se frottant ses mains immatérielles. Y'a rien de sournois et vilain qui s'passe dans ce château que Peeves peut pas savoir !
Je souris avec satisfaction à mon vieux pote d'esprit frappeur qui sait toujours se rendre utile, contrairement à d'autres. Cinq ans de loyaux services et des centaines de vilains coups qu'il a orchestré quand je le lui demandais, et Julian qui ne veut même pas sortir avec Colbert pour moi ! En deuxième année, je m'ennuyais ferme, je faisais juste mes devoirs et dessinais sur tout ce que je trouvais, insultant et agressant mes camarades. Julian était pratiquement tout le temps avec Beckett et compagnie, et je ne les aimais déjà pas. Et un jour, Peeves s'est foutu de moi à cause de je-ne-sais quoi, j'ai rétorqué… on s'est foutu sur la gueule pas moins de deux heures d'affilée, je crois bien, alors qu'il me jetait des fruits pourris en pleine face. Le lendemain, j'avais trouvé un sort pour le mettre complètement à poil et lui coller des furoncles partout, malgré qu'il soit une sorte de spectre et… bon, on a fini par être potes. C'est toujours bien d'avoir ce genre de relations, même s'il a cette incroyablement crispante habitude de chantonner « Katakatakatastroooophe » dés qu'il me voit. Le fait qu'il ne soit pas exactement un fantôme lui permet de pouvoir agir sur le monde solide, déplacer des choses, de passer d'un endroit à un autre instantanément et même de devenir totalement invisible. S'il y a quelqu'un dans ce château qui peut découvrir qui a lancé la rumeur de Quinn, c'est bien lui.
-Merci, ma poule ! lancé-je.
-BOUHOUHOUUU, ya du gros chagriiiin dans l'aiiir ! surjoue alors Peeves en pointant du doigt quelqu'un derrière moi. La nouvelle mode est de faire des paris chouettes, hein, la chouette ?
Je lève deux doigts à ma tempe gauche d'exaspération. Ca y est, j'ai compris, c'est Ed qui est dans mon dos. Peeves a toujours eu un humour à chier.
-La ferme, Peeves ! Va voir ailleurs si on y est ! beugle-t-on.
Je lance un coup d'œil par-dessus mon épaule pour voir Moore et Ed s'avancer dans ma direction, dans le couloir.
-OUUUHHH, la-morue-Moore a pas d'humouuur ! chantonne Peeves en ricanant. Cho veut toujours pas de toi ?
-Ca va, Peeves, tu me casses les oreilles, m'énervé-je.
Il me tire la langue en postillonnant comme un gamin en se penchant vers moi et son arrière-train de petit homme ridicule flotte dans les airs, puis il disparait en un claquement de doigts. Il est quand même épuisant. Je lance un regard plein de mépris à Moore, devant prendre sur moi pour ne pas lui faire bouffer sa paire de lunettes. Quinn s'en chargera. Je préfère donc reporter mon regard sur Ed qui est emmitouflée dans sa robe de sorcier et a les yeux rouges.
-Salut, Kat, me fait-elle.
-Tu vas où comme ça ? C'est pratiquement le couvre-feu.
-On va à l'infirmerie, me répond sèchement Moore.
-Je t'ai sonnée, la Serdaigle ? aboyé-je.
-Je vais juste demander quelque chose pour bien dormir parce que, sinon, je sens que je ne vais pas fermer l'œil de la nuit…
J'hoche la tête en direction d'Ed, ignorant Moore qui serre les dents.
-Tu pouvais demander des aspirines à Quinn, finis-je par dire. Ca shoote bien.
Je la vois rougir rien qu'à l'entente du nom de son petit-ami et je souris, assez amusée par sa réaction. Elle a beau être en froid avec lui, il suffit de simplement évoquer Quinn pour qu'elle se transforme en steak grillant sur un barbecue. Je m'avance vers elle et lui tapote amicalement l'épaule.
-Allez, va à l'infirmerie… mais je persiste à croire que c'est dans le lit de Quinn que ça se passe… pour dormir, j'entends, bien sûr, lui lancé-je avec un sourire diabolique.
Puis, je m'en vais en bousculant copieusement Moore que j'entends marmonner dans mon dos. Je crie alors à son attention en levant la main me retournant légèrement :
-Oh et Moore ? Quinn a adoré parler avec toi ! Quelle délicieuse amie, tu fais…
