Coucou !
Alors, rectification, il n'y aura que 37 chapitres en comptant l'épilogue ;) Désolées les filles ! Mais promis ya du rebondissement ! Et ça commence maintenant !
Allez, bonne lecture !
Chapitre 33
-Tu veux de la tarte à la mélasse, mon p'tit cœur ?
-Hihi, oui, je veux bien !
-Et tu veux un bisou aussi ?
-Oh, bah, si c'est compris dans le menu…
-Ya aussi mon vomis dans le dessert, les coupé-je en roulant des yeux.
Ed baisse les yeux sur son assiette, en essayant de cacher un sourire tandis que Quinn me lance un clin d'œil, assorti de la bouche ouverte et tordue comme les plus grands crétins de l'histoire des cartoons. Il a son bras autour des épaules de sa dulcinée, la retenant contre lui, même si c'est bien inutile vu le regard étoilé qu'arbore Ed depuis deux jours. Il faut dire que, bon, mon petit caneton a cassé la baraque et a fait honneur à mes cours magistraux sur le fracassée de Serdaigle et de mollusque ! Même s'il n'a pas même pas fait couler une seule goutte de sang ou briser des os… mais bon, il n'en est qu'à ses débuts ! N'empêche que j'étais très fière, il s'est comporté en homme et s'est battu pour sa copine, au lieu d'aller se coucher dans sa niche comme un chien à qui on aurait repris son os. Bon, c'était pas aussi sexy que Julian mais… Merde, qu'est-ce que je raconte. Je me mords la langue avec irritation et me concentre sur mon petit-déj.
-Mon chocolat chaud, Quinn, lui rappelé-je.
Il rouspète pour la forme mais s'empare d'une tasse pour me servir tandis que je pioche un beignet dans l'assiette d'Angelo qui n'y prête pas la moindre attention.
-Hey, Kata…, me fait une voix sensuelle.
Je sens sa présence derrière moi et avale ma salive, ce qui est assez difficile puisque ma gorge s'est faite sèche. Je lève néanmoins le regard pour plonger dans les grands yeux verts de mon putain de meilleur ami. Il pose ses mains sur mes épaules et les fait descendre légèrement et lentement sur le haut de mes bras, et je mets à bouillonner sur place. Ca recommence… enfin, non, ça s'aggrave !
-Pourquoi tu viens plus manger à notre table ? T'as beau sortir avec le Poufsouffle, t'es encore une Serpentard…, me rappelle-t-il.
Et j'ai l'étrange impression qu'il me suggère de nous éclipser pour aller s'envoyer en l'air sauvagement dans le placard à balais le plus proches. Ce qui n'est pas sans rappeler le rêve que j'ai fait, cette nuit… mais, bon sang, ce n'est pas de ma faute s'il est comme dix milles fois plus sexy maintenant qu'il ne courre plus après Gilbert ! POURQUOI IL ME FAIT CA, A MOI ?!
-Euh ouais…, marmonné-je, la voix rauque. Je m'en fous, dégage, Bones…
Il me lance un sourire qui devrait être interdit car, franchement, c'est un appel au viol et il s'en va, lâchant mes bras consumés de frissons. Je me recule légèrement pour le regarder s'éloigner et mes yeux tombent inévitablement sur ses fesses… Nom de Dieu. Et après, on juge les filles qui tuerait pour les toucher ? Mais sérieusement, regardez-moi ce cul !
Je reviens à mon assiette en grognant de frustration et de lamentation sur mon triste sort mais je croise les regards éberlués de Quinn et Ed, en face de moi. Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Je me tourne vers Angel qui m'observe en fronçant les sourcils. Je m'agace aussitôt, de forte mauvaise humeur :
-MANGEZ !
xOxOxO
-T'es chure qu'ch'est bien utile ?
-Discute pas, caneton, aspiiire la douleur, embrasse la douleuuur, ne fais qu'un avec la douleur, enlace-la, accepte-la et laisse-la entrer…, lui dis-je avec en faisant de lents gestes de la main. Et seulement, après, tu pourras l'infliger !
Quinn bougonne mais je ne comprends strictement rien à ce qu'il me raconte puisqu'il gonfle ses joues pour essayer que le piment passe mieux dans sa bouche. Je roule les yeux devant tant de simagrées. Qu'il finisse son plat et arrête donc de pleurnicher ! Le pauvre bougre pensait qu'on en avait fini et qu'il avait déjà tout appris de moi… il ne saurait même pas arracher les reins de John correctement ! Et on ne sait pas encore qui a lancé la rumeur donc rien n'est terminé. Je me retourne donc vers Louis qui tient la carafe d'eau dans ses bras comme un bébé ours, tandis que les elfes-libres s'affairent dans les cuisines autour de nous. De mon côté, je rajoute des cheveux châtains clairs à ma poupée vaudou à l'effigie de Julian que j'avais créé, il y a de ça bien des années… mais je trouvais qu'elle ne rendant pas honneur au sex appeal de mon meilleur ami…
-Désolé, Kylounet, dit Louis avec un regard peiné. Mais je peux pas te donner à boire tant que tu finis pas ton plat, Katy dit que c'est pour ton bien…
-CHA BRULEUUUH ! explose Quinn, en bavant du jus de piment.
-Voilà ! C'est bien, ça vient ! J'aime cette agressivité ! applaudis-je tandis que Louis lui essuie le menton avec une serviette, puis je prends un air méchant, Mais pas avec moi, Quinn ! BOUFFE !
Quinn lâche une sorte de sanglot de frustration et de souffrance mais ne fait pas d'autres commentaires, mâchant mollement son bout de piment. Après ça, je baisse un regard lamentable sur ma poupée-Julian et j'ai moi-même envie de pleurer…
-Oh bichette, gémis-je. Qu'est-ce que je vais devenir… ? Ca devient incontrôlable… Je deviens comPLETEMENT FOOLLE ! hurlé-je.
Et je jette de toutes mes forces la poupée qui arrive en travers de la tête d'un des elfes qui tombe à la renverse, une dizaine de ses compatriotes se ruant sur lui. J'observe la situation une brève seconde avant de me tourner avec désespoir sur Louis qui me tapote amicalement l'épaule :
-C'est pas grave, Katy, c'est naturel… Notre Lian est sacrément beau, et sexy, et désirable, et tout, et moi-même, tu sais, la nuit, il m'arrive de…
-NOOON ! beuglé-je, ulcérée.
-D'accord, dit-il avec un sourire penaud. Mais, pourtant, j'aime Sam ! Tu sais, on est juste des êtres humains, c'est normal d'avoir des fantasmes ! Ca va passer !
-Mais QUAND ? m'écrié-je. Louis, ça fait deux jours maintenant ! Ou trois, je sais pas trop… Au début, c'était dix-fois rien !
C'est quand je vois Louis grimacer que je me rends compte que ma voix est vraiment montée dans les aigus. Mais je deviens littéralement hystérique, j'ai envie de m'arracher les cheveux rien que pour ne pas pour penser au fessier ou aux tatouages dessinées sur la peau mate et brûlante, et… de mon meilleur ami ! MEILLEUR AMI ! Y'a de ça la semaine dernière, il était encore pour moi qu'un innommable enquiquineur que je supportais parce que j'aimais bien malgré moi comme un frère… et maintenant, j'ai envie de faire des tas de trucs pas super fraternels avec chaque partie de son corps ! Et ça ne me donne même pas envie de dégobiller dans la carafe de Louis.
-Mais, de toute façon, t'es le-mot-en-a avec Angel ! me rappelle-t-il judicieusement.
Je lance un regard méfiant à Quinn qui nous écoute attentivement. Qu'il sache que j'ai des envies pas nettes à l'égard de Julian Bones, passe encore mais qu'il apprenne pour mes sentiments pour Angelo, hors de question ! Mais je suis pratiquement sûre que les piments lui ont grillé les trois-quarts de ses neurones, dont il était pas particulièrement grand collectionneur, donc le temps qu'il fasse le lien avec « le-mot-en-a »…
-Je sais, bichette, soupiré-je. C'est ce qui me rend complètement cinglée, figure-toi !
J'aime Angelo mais je deviens une véritable obsédée sexuelle de Julian !
-Mais Bones m'aide pas, ce connard ! Il arrête pas de me tenter, de me toucher et de me susurrer des petits trucs à la limite du porno ! Tiens, déballé-je, sur tension. Hier, par exemple, il m'a mis la main au cul ! Et j'ai même pas eu envie de disperser ses membres dans notre salle-commune ! Ah, ses membres, soufflé-je en me mordant la lèvre. Qu'est-ce que je ferai pas avec à ses membres… et son membre…
-Ch'est grave, là…
-Hé, toi, là ! T'as la bouche presque vide, remarqué-je en le pointant d'un doigt sévère. Rajoute-moi un piment ! Et c'est pas « grave », Quinn, c'est apocalyptique !
Je me laisse tomber, abattue, sur le dossier de ma chaise et Louis pose une main compatissante sur ma cuisse. Je le regarde droit dans les yeux et lui déclare sur un ton sinistre :
-Delacour, je suis damnée.
xOxOxO
Ses lèvres chaudes sont près de mon oreille tandis que ses doigts passent sous l'élastique de ma culotte, et je ferme les yeux, la sentant glisser contre mes cuisses. Ses yeux verts tournent en rond dans ma tête et je ne peux plus attendre, j'en peux plus, j'ai l'impression que je vais exploser… mes ongles s'enfoncent dans la peau de son dos et il se positionne au-dessus de moi, m'écartant plus les cuisses. Humm, Julian…
Mais il se redresse brutalement et j'ai sans doute très froid. Et d'habitude, j'aime avoir froid mais… j'ouvre les yeux et tombe sur tout sauf une paire d'yeux verts mais sur le visage d'Angelo qui m'observe comme si je venais de le gifler.
-T'as dit quoi ? lâche-t-il, choqué.
Oh, Merlin. J'ouvre la bouche mais je ne sais pas quoi dire parce que, ça y est, les connections se sont faites. I peine, dix minutes, on est grimpé dans son dortoir, profitant que tous les autres soient dans sa salle-commune, pour s'adonner à quelques petits plaisirs de couples et il était sur le point de remplir l'objectif crucial quand j'ai complètement décollé de la réalité et me suis imaginée que j'allais copuler avec Julian Bones, comme un couple de bonobo. Ce qui nous laisse donc dans la situation actuelle, c'est-à-dire Angelo, défroqué, se tenant au-dessus de moi, les bras raides m'encadrant et me fixant comme si… à vrai dire, je ne sais même pas s'il est en colère ou en état de choc.
Alors, à quel point la situation est-elle perverse ?
Après ce qu'il me semble une éternité, il quitte sa position de statue et se lève sans rien dire, complètement à poil. Bon, je ne suis pas beaucoup mieux, je n'ai plus que ma jupe d'uniforme. Je me redresse sur les coudes tandis qu'il attrape sèchement son caleçon et son pantalon, et commence à se rhabiller.
-Le prends pas comme ça ! tenté-je de calmer la situation. Angelo, reviens ! C'est juste sorti comme ça, tu sais… Julian, Angelo, Angelo, Julian, t'entends pas la ressemblance ? C'est pareil !
Il remonte la fermeture Eclair de son pantalon, ne m'adressant même pas un regard. Qu'est-ce qu'il peut-être susceptible ! Bon, d'accord, il y a de grande chose pour que j'ai froissé sa virilité mais, sérieusement, il s'est regardé dans une glace ? Il est dix fois plus virile et musclé que Julian… mais Julian a cet aura, ce côté mauvais et agressif, et féroce… PAR LA QUEUE DE LUCIFER, JE RECOMMENCE !
-C'est juste physique, ok ?! éclaté-je en bondissant du lit. J'y peux RIEN ! C'est plus fort que moi !
-Rhabille-toi.
-Angelo…
Mais il passe la porte, sa chemise à peine sur ses épaules, et il la claque derrière lui. Je me laisse tomber sur son lit, me passant une main lasse dans les cheveux.
-Et merde.
C'est un vrai cauchemar… dans le sens, aucun monstre sympathiquement dégueulasse et dégoulinant du sang humain des victimes qu'il viendrait de déchiqueter, et aucune profanation de tombes… oh, non, rien de ces rêves réconfortant mais juste une mare de porte qui se claquent et de silence gelé, de culpabilité et de foutu fantasme incontrôlable. Qu'est-ce qu'il m'arrive, bon sang ?
Et en plus, maintenant, je suis dans le lit de mon copain qui m'a laissée à moitié nue et excitée. J'imaginais la damnation plus drôle que ça…
xOxOxO
-Oh…
-Oui, « Oh », comme tu dis !ragé-je en administrant un énième coup de cutter.
-Et euh… tu l'as vraiment dit fort ?
Je lève les yeux vers Louis qui m'observe avec compassion et un sourire qui se veut réconfortant. Je pousse un grognement d'irritation avant de poursuivre mon ambition de réduire en charpie un des livres que j'ai arraché des mains à un Quatrième Année en le menaçant de lui arracher les amygdales si je le recroisais avec un chewing-gum à la bouche. Il n'arrêtait pas de faire éclater des bulles de manière intempestive alors qu'on est dans une bibliothèque, pour l'amour de Satan !
-Mais vous êtes encore ensemble, pas vrai ?s'inquiète Louis.
-Ouais… plus ou moins. J'sortirais avec une porte de prison que ce serait plus caliente.
-Bah, faut lui laisser le temps de digérer, Katy, c'est seulement hier que tu as… euh…
-Gémi le nom de mon trou du cul de meilleur pote en pleine partie de jambe en l'air avec mon copain ? Comment l'oublier ?ironisé-je. La putain d'histoire de ma vie.
Et cette fois-ci, je transperce de bout en bout le livre. Au même moment, je me retrouve soudainement encadrée par Quinn et Ed, Louis toujours en face de moi. Je roule des yeux. La fine équipe.
-Ca va pas, Kat ? s'enquit Ed en me regardant avec préoccupation. Qu'est-ce qu'il se passe ? Tu sais avec Angel et… euh, Julian ?
-Je deviens complètement maboule, voilà ce qui ya !
-Enfin, tu l'étais déjà un peu…
Je tourne un regard acéré sur Quinn, prête à le séparer de son stupide crâne de piaf s'il redit un mot de travers. Il se hâte d'assurer :
-Mais la folie te va très bien ! Tu la portes super bien !
-Je porte TOUT bien ! Même le jaune si j'voulais.
Je remue le cutter dans les miettes de papiers qui constitue maintenant le cœur du livre. C'est dommage que les livres ne puissent pas souffrir et saigner. Et puis, soudain, Peeves apparait devant nous avec un « Saluuut, Katakatakatastroooophe ! ».
-C'est pas l'moment, Peeves, grogné-je.
-Tu veuux pas savoir qui a lancé la méchante-méchante-méchante rumeuuur du vilain Quinnie-parieur ?
Je lance un coup d'œil à Quinn qui s'est redressé à côté de moi tandis qu'Ed ne comprend pas vraiment ce qu'il se passe et que Louis lance « Oh, bonjour, Peeves ! Comment vas-tu ? » que l'esprit fantôme ignore.
-Accouche, on a pas toute la journée.
-Sois gentiiille, Katakatakata…
-La catastrophe ce sera toi, Peeves, la tête enfoncée dans la cuvette des chiottes en attendant que le Baron Sanglant vienne te botter ton petit cul pas si immatériel que ça.
Peeves fronce des sourcils avec mécontentement, se retenant à grande peine de m'insulter mais sa peur farouche pour le Baron Sanglant lui donne la détermination pour garder son clapet-à-bouse fermé. Colérique, il finit juste par lâcher :
-C'est Belinda Jackson !
-Belinda ?! s'écrie Kyle, n'en revenant pas.
Pince déboule alors tel un cerbère et hurle à Peeves de dégager de sa bibliothèque, mais j'ignore Peeves qui se met à voler dans les rayons pour mettre le bordel dans les livres simplement pour provoquer notre vielle bique de bibliothècaire. Je me retourne vers Quinn qui a les sourcils froncés, songeur. Je lui souris, machiavélique.
-Et ben, tu vois, petit caneton, je t'avais dit que t'aurai encore besoin de Katarina pour t'enseigner l'art de la vengeance.
xOxOxO
-On dirait bien que tu m'évites…
Rien que sa voix me fait perdre la tête. Je ferme un instant les yeux pour me retenir de faire une énorme connerie comme lui sauter dessus dés que je lui ferai face, à lui, ses tatouages sexy et sa belle gueule de Play boy irrésistible. Mais je le sens venir se rapprocher et cette pensée suffit à me rendre bouillonnante… et ça n'a rien à voir avec Angel. Rien à voir avec le charme qu'il dégage, rien à voir avec son demi-sourire ou juste mon cœur qui s'emballe. Je sais que mon cœur n'est concernée ni de près, ni de loin dans cette histoire insensée, c'est juste bestial, juste animal. Et ça ne facilite en rien la situation. Une réaction purement physique, un électrochoc qui me traverse de plus en plus violemment le corps dés que je pense à Julian, me hurlant « BAISE AVEC LUI ! ». Car c'est aussi tout ce que ce serait, je n'ai ni vraiment envie de l'embrasser, ni même de le prendre dans mes bras… je veux juste du sexe purement et simplement. C'est totalement différent d'avec Angelo.
J'en ai la confirmation quand je me retourne pour me retrouver juste devant Julian. Il n'y a plus d'amitié, plus de fraternité. Tout ce que je veux c'est qu'il m'arrache mes vêtements et me plaque contre un mur. Et plus je réprime cette envie, plus elle se fait harcelante et puissante, et presque douloureuse. Entêtante, persistante… elle crit, hurle, gémit et siffle dans mon organisme, me rendant fiévreuse et tremblante, le souffle court, comme si j'étais en plein préliminaire avant même d'avoir commencé quoique ce soit.
Et pourtant, je trouve Angelo plus qu'attirant et séduisant ! C'est ça le plus fou, le plus frustrant, je continue à l'aimer et à vouloir être avec lui mais il y a comme des serres d'aigles qui m'encerclent en me lacérant le corps pour me trainer vers Julian dés qu'il apparait dans mon champs de vision. Et j'essaye de me raisonner mais rien y fait !
-FOUS LE CAMP ! m'écrié-je. C'est quoi ce délire, Bones ?!
Mais je fais l'erreur de le regarder dans les yeux assombris par le désir et une vague de lave en fusion m'engloutit de la tête aux pieds. Je lui bondis littéralement dessus, l'embrassant sauvagement et je grogne de plaisir quand il me plaque brutalement contre le mur, attrapant mes jambes pour les enrouler autour de sa taille, me pressant sans pitié contre lui.
Et puis, soudainement je rouvre les yeux, la langue de Julian contre la mienne et ses mains qui serrent mes cuisses à m'en laisser des marques, et je reviens à la réalité. Je le mords férocement la lèvre pour le faire me relâcher et je le repousse, retombant sur mes pieds, ma jupe complètement de travers. Je me rends compte aussi que j'ai déchiré sa chemise, dévoilant une bonne partie de ses tatouages. Putain…
-PUTAIN ! rugis-je.
Il passe un doigt sur sa lèvre ensanglantée et me lance un sourire si sexy que je dois me mettre à reculer pour ne pas lui sauter dessus une bonne fois pour toute. Je pointe un doigt tremblant de toutes les sentiments qui s'entretuent en moi.
-Ca, ça doit jamais se reproduire, Bones !
-Pourquoi t'essayes de combattre tes envies ? Tu sais que t'en as envie ! J'en ai envie ! rétorque-t-il en écartant les bras. On s'en balance !
-MERDE !
Et je tourne les talons sur mes Doc Marteens, me mettant à courir parce qu'il n'y a aucune autre solution ; il faut que je fuis et vite ! Avant que je couche avec mon meilleure ami et trompe le mec que j'ai fait la connerie d'aimer et qui menace déjà de me quitter à tout moment parce qu'on est le plus dysfonctionnel des couples, alors, si en plus je lui donne une raison…
Je tourne à un couloir mais cesse ma course instantanément quand je vois un grand brun aux épaules les plus larges de l'école et aux traits typiquement italien, les bras croisés et adossé contre le mur. Il tourne son regard noir et orageux sur moi, et je sais tout de suite que ça s'annonce mauvais. Et instantanément, un autre détail me percute. Je n'ai même pas eu à courir une minute entière entre Julian et lui, et ça non plus, ça ne peut rien présagé de bon.
-Angelo, qu'est-ce que tu fais là ?
-T'es bien décoiffée.
Et je n'ai pas besoin qu'il m'en dise plus ou qu'il rajoute quoique ce soit de son ton glacial. Je passe la main dans mes cheveux, essayant de ne pas craquer parce que je suis presque sûre que mon cœur vient d'avoir une mini-attaque. Il nous a vu, Julian et moi.
-Ecoute, Angelo, je suis désolée, je…
-Ouais, c'est ça, me coupe-t-il en quittant son mur. La ferme, Kat, j'en ai marre que tu te foutes de ma gueule.
Sa voix claque dans l'air comme un fouet et il darde ses yeux noirs brûlant de colère contenue, et quelque chose qui ressemble de près à de la haine ou du dégoût. Peut-être les deux. J'ai toujours eu du mal à savoir ce qu'il pensait, et encore pire ce qu'il ressentait. Et j'ai longtemps trouvé ça attirant et fascinant alors que c'est juste terrifiant. Il est maintenant à moins de deux pas de moi et je sens mon cœur battre, et battre, au point que ça m'en fait mal.
-J'espère que tu t'es bien amusée à jouer avec moi et à me prendre pour un con, poursuit-il sur le même ton menaçant et calme à la fois. Parce que, maintenant, c'est fini.
J'en ai le souffle coupé et ça va faire cliché mais je crois bien que mon cœur vient de se briser parce que, bon sang, qu'est-ce que ça fait mal ! J'ai toujours su que j'étais masochiste, sinon jamais je n'aurais laissé quelqu'un gagner l'opportunité de se mettre en position de m'infliger une telle douleur. Alors qu'il n'a pas l'air particulièrement affecté, il est juste furieux et glacial. Comme il l'a été hier quand je l'ai appelé Julian. Je savais de toute manière qu'il me quitterait. Je ne m'étais juste pas doutée que ce serait après que je me sois trouvée une obsession malsaine pour mon meilleur ami.
Il voit que je ne dis rien et que je ne dirai surement rien, même s'il restait encore dix ans, à me fixer avec haine, donc il s'en va et je ne me retourne pas pour le regarder disparaitre au coin du couloir. Je m'allonge sur le sol glacial, appréciant la froideur qui m'anesthésie et me calme après toute cette course aveugle et qui ne menait à rien d'autre que de me voir complètement épuisée.
J'ai l'impression de l'avoir mérité et de n'avoir rien pu faire, en même temps. Comme entrainée dans un train qui avait été propulsé sur un chemin de ferroviaire qui avait été monté précisément pour aboutir dans un précipice. Et d'être encore dans le cadavre du train, parmi les décombres en flamme, attendant au fond du gouffre que les machines explosent.
Et j'ai hâte, hâte qu'elles explosent.
