Coucou tout le monde !

Voici un nouveau chapitre de Inséparables ! Comme quoi, tout est possible... Au programme, de l'action, des larmes, des rires, des mauvais jeux de mots et— ah, ah non, pardon, je me suis trompée d'histoire. Au programme, des lettres, beaucoup de lettres !

Bonne lecture !


Severus entra, comme à son habitude, dans sa salle de classe en fracassant la porte d'entrée et en entamant immédiatement son cours.

"Ouvrez vos livres de potions pages 65, nous allons faire une solution de Force aujourd'hui. Vous avez dix minutes pour relire les consignes de sécurité, qui n'ont pas changé depuis votre deuxième année, mais qui semblent encore être obscures pour une grande majorité d'entre vous. Les BUSE vont être une catastrophe."

Severus agita sa baguette et la recette de la solution de Force apparue sur le tableau noir. Théâtralement, Severus se retourna pour fusiller du regard la classe de cinquième année.

Et découvrit une salle quasiment vide.

Au deuxième rang, Kenneth Towler, un gryffondor, tournait mollement les pages de son livre. Trois rangs plus loin, Elza Hudson, une serdaigle entourée de mouchoirs, essayait vainement de sécher ses larmes. De l'autre côté de la salle, assise tout au fond, Patricia Stimpson s'arrachait les cheveux, ses yeux brûlant son livre sous la concentration.

"Deux grammes de sang de bourb— non, de licor— non, Patricia ! Deux grammes de sang de Salamandre ! Je vais y arriver ! Plus que deux cent vingt et un jours avant l'examen ! Je reprends : la solution de Force est une solution créée en…"

Et toutes les autres chaises étaient vides.

Severus prit un instant pour inspirer et expirer. Ce n'était pas la première surprise que lui offrait cette classe. Il aurait été très heureux que ces derniers ne soient pas le premier cours de sa semaine. Mais quelqu'un devait bien se charger d'eux.

Avec un ton faussement calme, il s'adressa à la personne la plus à même de lui fournir une réponse.

"Monsieur Towler, pourriez-vous me dire où se trouvent vos camarades ?"

Kenneth leva son nez de la page 12, apparemment très lourde à soulever, qu'il ne parvenait pas à tourner. Il regarda la salle et les emplacements vides, avant d'échanger un regard blasé avec le professeur.

"Visiblement pas à leur place. Vous devriez tenter votre chance avec la chouineuse."

La susnommée explosa en larmes.

Severus en avait déjà assez. Et il n'était arrivé que depuis deux minutes.

"Mademoiselle Hudson."

La jeune fille serra le mouchoir qu'elle tenait dans ses mains. Ses yeux étaient rouges, et sa voix rauque.

"L-Le… Il-l y a… C-C'est… Au-Aujourd-hui—"

"Avec des phrases compréhensibles." Coupa Severus, dont la patience avait disparu le jour de la rentrée.

Des larmes s'échappèrent des yeux d'Elza. Elle hurla à pleins poumons.

"L'enterrement !"

Severus haussa un sourcil.

"L'enterrement ?"

"Si !" S'écria Kenneth en se redressant légèrement sur sa chaise, délaissant la page vingt qui devait encore être tournée. "Je me souviens ! L'enterrement de Cutty 2 ! Les Serdaigles nous ont invités. Je crois que Lee ou les jumeaux lui ont écrit un discours. C'est aujourd'hui ?"

"L'enterrement de Cutty 2 ?" Gronda Severus. Les élèves séchaient maintenant son cours en masse, l'année des examens, pour enterrer une citrouille ?

Kenneth jeta un regard pardessus son épaule.

"Hé, la pleurnicharde, pourquoi tu n'y es pas ? Tu ne l'aimais pas ?"

Elza fut prise d'une nouvelle bouffée de chagrin et son visage disparu avec un cri dans ses mouchoirs.

Kenneth tira la langue et retourna à sa dure tâche de soulèvement de pages.

Severus jeta un oeil à ses trois élèves. Elza n'allait pas lâcher ses mouchoirs de la journée, Patricia était encore à la date de création de la potion, et Kenneth n'avait aucune chance d'avoir terminé de tourner ses pages avant une bonne demi-heure. Que Severus fasse son cours devant une classe vide ou devant ces trois élèves était du pareil au même.

Énervé, il quitta la salle dans un bruit de tonnerre, à la recherche des vingt-quatre élèves manquants à l'appel.


Les élèves des diverses maisons étaient réunis dans une tribune du terrain de Quidditch, se serrant les uns contre les autres pour résister à la morsure du froid de décembre.

Lee se détacha du groupe, un mégaphone moldu à la main.

"Merci à toutes et à tous d'être venus aujourd'hui."

Il se racla la gorge.

"Les Serdaigles m'ont demandé de présider la séance. Nous sommes tous réunis ici, aujourd'hui, pour rendre hommage à notre camarade et ami, Cutty 2." Lee fit une pause, survolant les regards rivés sur le sol par la tristesse de ses camarades. "La nature a repris ses droits et l'a emporté. Mais il aura toujours une place dans nos coeurs et dans nos mémoires. Son passage nous a marqué à jamais."

Avec ses talents d'orateur, Lee aurait pu s'étendre sur le sujet pendant des heures. Mais une certaine personne, qui avait eu une place très spéciale dans la vie de leur ami disparu, méritait la parole plus que lui.

"Cutty, veux-tu dire un mot ?"

Les yeux dégoulinants de larmes, Cutty quitta le premier rang où se tenaient ses amis de dortoir, les yeux rouges et les épaules affaissées. Il prit le mégaphone du jeune gryffondor.

"J'ai rencontré Cutty 2 en arrivant à l'école, il y a près de trois mois. Cette petite bouille de citrouille ne se démarquait pas du lot," Franky renifla, refusant de laisser ses pleurs l'emporter, "mais nous sommes très vite devenus amis. J'ai appris plus tard," Franky sauta une expiration, tâchant de garder contenance, "qu'il avait joué mon rôle auprès des professeurs pendant mon absence pour m'éviter des ennuis. Merci bro ! Je ne pourrais jamais le remercier assez. Je—" c'était fini, la voix de Franky se cassa.

Jannah Faucett accourut immédiatement le récupérer et l'asseoir parmi eux. Prenant la relève de son idole, Roger Davies récupéra le mégaphone.

"Nous nous souviendrons de Cutty 2 comme d'un élève sérieux, ayant toujours la bonne réponse aux questions. Courageux, il n'a pas hésité un instant à être le cobaye du professeur Lupin et de sa potion de beauté. Dévoué, il avait toujours l'oreille attentive pour écouter nos problèmes. Il était l'ami auquel tout le monde pouvait se confier sans crainte. Cutty 2 n'aurait jamais dévoilé un secret."

Roger Davies baissa son mégaphone un instant. Lee lui fit un petit sourire pour l'encourager, et Roger reprit.

"Cutty 2 était un grand fan de Quidditch. C'est pourquoi nous tenions à déposer ses restes ici."

Roger se baissa et posa deux olives noires au pied des bancs.

"Tu pourras maintenant faire ton activité préférée, regarder des matchs de Quidditch, pour l'éternité."

Roger posa son poing sur son coeur, et les élèves entamèrent une minute de silence.

Quand elle fut terminée, Fred s'approcha du Serdaigle.

"Roger, permets-tu que nous disions un petit mot ?"

Roger acquiesça et tendit le mégaphone au rouquin. Fred s'en empara, et attendit que son ami ait rejoint son dortoir pour commencer.

"Je ne viens pas de la même maison que Cutty 2. Il était un Serdaigle, réputé pour leur intelligence, et Cutty 2 n'en manquait pas. Quand j'avais des difficultés avec mes devoirs, je savais que je pouvais compter sur lui. Quand j'avais un petit creux, Cutty 2 avait toujours quelque chose que je pouvais me mettre sous la dent. Nous n'avons passé que quelques mois ensemble, pourtant, j'avais l'impression de l'avoir toujours connu. Comme l'a dit Cutty, Cutty 2 était un camarade simple. Il ne connaissait pas la colère et était toujours d'un calme exemplaire. Une vraie montagne. Il ne se plaignait jamais et était toujours prêt à rendre service. Pendant les deux jours où il était Préfet, il n'a pas abusé de son titre pour nous retirer des points ou nous gronder. Il faisait son travail patiemment, observant le couloir et les différentes allées et venues, prêt à intervenir en cas de problème. Nous le regretterons tous."

Fred rendit le mégaphone à Lee et retourna dans le public en se frottant les mains pour se réchauffer.

Lee leva le mégaphone.

"Ceux qui le souhaitent peuvent se rendre dans le dortoir Gryffondor où nous attendent des gourmandises et des boissons chaudes."

"OU ILS PEUVENT ALLER EN CLASSE OÙ LEUR ATTEND UNE PUNITION !" Rugit soudainement la voix du professeur Rogue.

Le professeur de potion se dirigeait vers ses élèves, tel un faucon fondant sur ses proies.

Loin d'être effrayé par la figure enragée de leur professeur, Fred posa ses mains sur les épaules de Samuel Capper qui se trouvait devant lui, un doigt sur les lèvres.

"Professeur, moins fort. C'est un enterrement."

"C'est un terrain de Quidditch." Réfuta le professeur de potion. "Et c'est l'heure de vos cours !"

"Personnellement, je préfère aller au dortoir Gryffondor." Avoua Roger Davies en secouant son mouchoir humidifié.

"Moi aussi." Soutint Angélina Johnson en tapotant ses paupières pour sécher ses larmes sans faire couler le maquillage noir qu'elle avait revêtu pour l'occasion.

"Il y va de soi que ceux qui n'iront pas en cours recevoir leur punition se verront attribuer une peine plus lourde." Ajouta le professeur Rogue en s'arrêtant devant le troupeau d'élèves. "Vous avez dix minutes. Tous ceux qui n'auront pas franchi le seuil de leur salle de cours d'ici là se verront privés de sortie au pré-au-lard, de match de Quidditch et iront nettoyer les toilettes du deuxième étage."

"J'ai soudainement envie d'aller en cours…" Remarqua Lee Jordan en grelottant de froid.

Le professeur Rogue tourna les talons et s'en alla vers sa classe, ignorant la précipitation de ses élèves qui se jetaient dans la sortie opposée pour arriver avant lui dans les cachots.

Il lui restait dix minutes pour trouver la punition appropriée à leur donner.


DÉCOUVERTE JUDICIAIRE : SIRIUS BLACK AURAIT-IL ÉTÉ CONDAMNÉ À TORT ?!

Hier, lors d'une interview entre votre journaliste, Rita Skeeter, et le ministre de la Magie, Cornélius Fudge, une beuglante est arrivée, contenant une image datée de l'avant-veille de Peter Pettigrow, pourtant présumé mort depuis l'accident d'Halloween 1981. La beuglante était accompagnée d'un aveu de Peter Pettigrew annonçant avoir trahi le jeune couple Potter et causé leur mort il y a douze ans. Crime qui avait pourtant été attribué à l'actuel fugitif numéro 1, Sirius Black.

Actuellement, aucune trace du jugement de Sirius Black ou d'une quelconque enquête pour contredire ces révélations n'a pu être trouvée.

Alors, vice de procédure, complots, mensonges, pot de vin ? Le Ministère de la Justice refuse de témoigner.


Les exemplaires de la Gazette du Sorcier passaient de main en main. Les élèves se les arrachaient.

"Tu as entendu la nouvelle ?"

"Sirius Black serait peut-être innocent !"

"Pettigrew est vivant, et alors ? Rien ne prouve qu'il est coupable !"

"Il y a un mage noir qui se promène en liberté ?"

"C'était peut-être des aveux réalisés sous la torture ! Qui peut prouver qu'ils sont valables ?"

"Les détraqueurs vont partir ?"

"Mon père a dit qu'ils avaient ouvert une enquête."

"Est-ce que ce Pettigrow est dangereux ?"

"On est sûr que ce n'est pas du Polynectar ?"

"Qui a attrapé ce type ?"

Fred Weasley s'aventura dans la grande salle, son jumeau sur les talons. Il attrapa à la volée un exemplaire de la Gazette du Sorcier, et partit s'asseoir sur un morceau vide de la table gryffondor. A peine fut-il assis qu'il ouvrit le journal en grand sur la table, cherchant le début de l'article qui les intéressait.

"Là !" Pointa George en se serrant à ses côtés. "Difficile à manquer."

Sur la double page ouverte, écrit en lettres majuscules hurlantes et grossies par l'épaisseur de l'encre, se trouvait les noms de Sirius Black et Peter Pettigrew.

"C'est incroyable l'intérêt des gens pour une histoire de trahison vieille de plus de dix ans." Remarqua Fred en se penchant sur le texte. "Et je suis impressionné sur le nombre de lignes que peut écrire la Gazette pour annoncer qu'elle ne sait rien."

Les jumeaux pouffèrent de rire.

"Tout le monde refuse de leur parler." Continua George en lisant la liste des personnes ayant décliné les questions. "Je serais vexé à leur place."

"On pourrait leur envoyer une petite lettre de soutien." Proposa Fred avec un sourire en coin.

"Avec une petite surprise !" Ajouta George. "Oh oui, quelle excellente idée !"

"Et Maman serait si fière si elle pouvait lire nos exploits au petit matin par envoie express."

"Une livraison par un hibou compétent pour une fois."

Les jumeaux échangèrent des sourires avant de délaisser le papier pour leur petit déjeuner. Ils attrapèrent aléatoirement les aliments à leur proximité, laissant le hasard choisir leur menu. Et un peu la paresse. Ou beaucoup la paresse.

George attrapa une orange quand il aperçu le tumulte à la table principale.

"Les professeurs semblent agités."

"Et ils le répandent aux élèves." Apparue la voix de Lee Jordan derrière eux.

Le jeune fils unique termina le noeud de sa cravate et se posa à côté de ses deux amis.

"Alors, qu'avons-nous de beau ce matin qui nous vaut tout ce chahut ?"

"Un mort de retour à la vie et la culpabilité de l'ennemi public numéro 1 mis en doute. Il y a également une rupture de stock sur les gants de Farancia pour le Quidditch." Répondit George en poussant un verre devant son ami. "Je te sers un peu de jus de raisin ?"

"QUOI ?!" Hurla Lee Jordan en attrapant le journal étendu sur la table. "Tout cela pendant que je dormais ?!"

"Tu dors trop Lee." Se moqua Fred.

Au loin, les professeurs sortaient de table plus ou moins gracieusement, tâchant de cacher, malheureusement bien mal, leur empressement.

"Les professeurs s'enfuient." Commenta Fred en les voyant, agités, quitter l'estrade où ils mangeaient habituellement.

A côté de lui, Lee écrasa son front sur la table.

"Je n'arrive pas à croire que j'ai manqué l'occasion d'acheter des Farancia !"


Dumbledore avait réuni tous les professeurs dans son bureau. L'heure était grave.

Et non, il n'avait pas totalement oublié l'affaire Black à cause du couple Severus-Lupin. Son travail de directeur impliquait beaucoup trop de travail.

"Vous avez lu le journal ?" Demanda Pomona Chourave en tendant son édition de la Gazette du Sorcier aux professeurs kidnappés dans leur chemin vers la cantine. "Peter Pettigrew est vivant ! Il est même accusé d'être responsable des crimes octroyés à Sirius Black."

Minerva, les copies de ses élèves dans les bras, s'en empara.

"Je ne comprends rien." Avoua Charity Burbage. "Qui est ce Peter Pettigrew ? Un complice ?"

"Non, un innocent que Sirius Black a tué il y a plus de dix ans, avec une dizaine de civils." Dénonça Filius Flitwick. "Enfin, officiellement."

"Ne peut-on pas aller l'exhumer pour regarder si son corps est toujours là ?" Proposa Charity.

"Malheureusement, il est décédé dans une explosion. Il n'y avait pas de corps à enterrer." Dévoila Pomona.

"Dans tous les livres que j'ai lus, il faut se méfier quand il n'y a pas de cadavres." Remarqua Septima Vector.

Minerva secoua son journal.

"Peut-on vraiment croire ce qu'annonce la Gazette des Sorciers ? L'article a été rédigé par Rita Skeeter. Je n'aime pas cette femme."

"Mais je ne pense pas qu'elle aurait osé broder son article de toute pièce." Commenta Bathsheda Babbling. "Elle a tout de même ramené un mort à la vie. Si elle n'avait pas un minimum de preuve, je ne pense pas qu'elle s'y serait risquée."

"Pour le moment, tout ceci n'est pas de notre ressort. C'est au Ministère de démêler le vrai du faux dans cette histoire." Déclara Dumbledore. Il était fier de sa phrase. Il avait toujours été doué pour donner le travail aux autres. "De notre côté, nous devons seulement rester vigilants. Nous ne nous gardons plus seulement d'une personne, mais de deux. La protection de nos élèves passe avant tout." Et celle de ses bonbons. Surtout de ses bonbons. Les élèves pouvaient très bien se défendre tout seuls, comme ils l'avaient démontré en affrontant un Basilic. Si quelqu'un devait avoir peur, c'étaient Sirius Black et Peter Pettigrew. Ils n'avaient aucune chance contre les enfants.

"Ne devrait-on pas demander aux professeurs Rogue et Lupin ce qu'ils en pensent ?" Questionna Filius Flitwick. "Ils connaissaient tous deux Sirius Black et Peter Pettigrew. Après tout, ils étaient à l'école ensemble."

Dumbledore s'aperçut soudainement de l'absence des deux professeurs susnommés. Ils s'étaient tant habitués à se réunir dans le dos des deux tourtereaux que Dumbledore ne pensait même plus à les compter lors des réunions du corps enseignant.

"Je ne vois pas ce qu'ils pourraient ajouter." Critiqua Septima, les bras croisés. "Si nous devions aller chercher quelqu'un, nous ferions mieux d'aller déranger Sibylle Trelawney. Elle est censée être une voyante. Elle pourra peut-être nous fournir des informations plus intéressantes."

Mais personne n'avait écouté la déclaration de Dumbledore ? Nul besoin de se prendre la tête avec le problème. Du point de vue de Poudlard, il n'y avait pas de problème !

"Les élèves doivent être inquiets après la lecture des journaux." Supposa Dumbledore, cherchant à noyer le sujet. "Il serait probablement plus judicieux de retourner à nos places, et de les rassurer. Leur éducation passe avant tout." Elle faisait, après tout, partie de la raison pour laquelle les parents payaient Dumbledore une fortune pour les héberger. En plus du gardiennage.

"Vous avez raison, Professeur !" S'exclama Pomona. "Mes petits doivent être terrifiés ! Il faut absolument que j'aille les réconforter !"

N'en attendant pas plus, Pomona quitta le bureau du Directeur. Elle fut tranquillement suivie par les autres professeurs. Minerva murmura quelque chose similaire à 'je suis sûre que mes lionceaux en ont profité pour mettre le bazar dans la cantine'. Septima avait décidé, envers et contre tous, de rendre visite à la professeure de divination. Filius avait entièrement confiance en sa préfète, et prit le chemin vers les cuisines. Charity Burbage commença à confectionner son plan pour attirer des élèves à son cours.

Quant à Dumbledore, il s'assit dans son bureau, maintenant seul.

"Que devais-je faire avec Sirius Black, déjà ?"


Severus Rogue recracha son café quand il découvrit l'article principal de la Gazette du Sorcier.

Peter Pettigrew, vivant ? C'était impossible ! Cela faisait douze ans qu'il était considéré comme mort. Douze ans qu'il avait été décoré de l'Ordre de Merlin à titre posthume. Douze ans que Severus avait vu la santé de sa mère se dégrader toujours un peu plus, inconsolable de la perte de son fils. Elle avait fini par mourir cinq ans plus tôt, des suites de son chagrin.

Peter ne pouvait pas être vivant. Il n'aurait jamais pu se cacher de la société magique aussi longtemps. Il n'était pas assez malin. Et il aurait au moins contacté sa mère. Elle serait toujours vivante si tel était le cas.

Non, Peter était bien mort. Mais comment expliquer l'article de journal ? Rita Skeeter avait peut-être tendance à manipuler la vérité, mais elle n'avait pas pu mentir à ce point. Et n'aurait eu aucun intérêt à inventer une telle affaire.

Non, Severus savait à qui cela profitait. Son nom était écrit en noir sur les pages blanches. Était-ce une ruse de Sirius Black pour obtenir la liberté ? Il s'était échappé d'Azkaban, mais la vie de fugitif n'avait que peu à envier à celle d'un prisonnier. Surtout celle du fugitif numéro un du gouvernement. Il aurait donc décidé de piéger le ministère en déplaçant la responsabilité sur sa propre victime. Sirius avait osé déterrer un cadavre pour satisfaire ses désirs. Il ne reculait devant rien.

Mais Severus n'allait pas le laisser gagner.


Remus Lupin s'assit sur une des chaises de la Cabane Hurlante, le visage grave, les bras croisés, la dernière édition de la Gazette du Sorcier sur les genoux.

Quelques instants plus tard, Sirius et sa vieille veste délavée apparurent à la porte.

"Tu me cherchais Remus ?" Demanda immédiatement le brun.

Remus ignorait où Sirius s'amusait à sortir si souvent pour être toujours absent quand il arrivait, mais il l'attribua à des promenades sous forme canine rêvées pour un ancien détenu.

Il coupa donc au plus important.

"Je t'ai dit que je m'occupais de Peter. Et de rester loin de mes élèves. Rentrer dans leur dortoir pour un kidnapping est exactement ce que je voulais que tu évites."

Sentant la fureur émanant de son ami, Sirius resta sur le pas de la porte, effrayé à l'idée de se rapprocher.

"Remus, je ne vois pas de quoi tu parles."

Sirius grimaça. Il ne comprenait pas ce que son ami lui voulait. Leurs retrouvailles se dégradaient à chaque fois.

Remus agrippa son journal et le lança à la figure de son ancien ami.

"Lis donc le journal, cela te rafraîchira la mémoire."

Sirius attrapa le lot de papier et le déplia, découvrant les nouvelles. Il ouvrit de grands yeux en en lisant le contenu. Les enfants avaient dit qu'ils se chargeaient de l'affaire, mais, jamais, au grand jamais, il ne se serait attendu à cela. Il se considérait comme un enfant rebelle, sans limites, mais jamais il n'aurait songé à aller aussi loin.

Provoquer le Ministre de la Magie en personne !

Les mots de Remus firent tout de suite sens. Sirius devait se défendre.

"Remus, ce n'est pas ce que tu crois ! Je n'aurais jam—"

"Je ne veux pas entendre tes balivernes." Coupa Remus en se levant. "Dis-moi plutôt ce que tu as fait de Peter. Où est-il ? Qu'en as-tu fait ? Est-il toujours vivant ?" Il fouilla la pièce, comme si le rat allait apparaître maintenant que Sirius était là. Mais Remus avait déjà fait le tour de la pièce avant son arrivée, et il n'était pas parvenu à retrouver Peter. Ni le moindre indice. Il n'eut pas plus de chance cette fois-ci.

En voyant ces actions, Sirius se décida enfin à rentrer dans la pièce.

"Remus, il n'est pas là !"

"Qu'en as-tu fait ?!" S'écria Remus, au bord de la crise de nerfs.

"Je n'en ai rien fait !" Se défendit Sirius. "Je ne l'ai pas kidnappé ! Ce n'est pas moi qui ai envoyé une beuglante au Ministre de la Magie !"

"Si ce n'est pas toi, qui est-ce ?" Demanda rhétoriquement Remus. "Personne d'autre ne savait pour Peter ! Et tu es le seul à qui cela profite !"

Les enfants. Les enfants savaient, et les enfants en étaient à l'origine, Sirius aurait pu y parier sa baguette.

Mais il ne pouvait pas le dire à Remus. Il ne pouvait pas dénoncer les enfants. Qui savait ce qu'ils avaient pu enfreindre pour parvenir à ce résultat ?

Remus prit le silence de l'ancien détenu comme un aveu.

"Si tu refuses de me dire où se trouve Peter, je vais être obligé de prévenir le professeur Dumbledore. Après tout, tu es une menace imprévisible pour nos élèves. Je ne peux plus te faire confiance."

Sirius paniqua. Remus prenait le chemin vers la sortie, et Sirius devait agir vite. Sa rationalité s'éteignit, laissant place à l'action.


Quand la réflexion de Sirius lui revint, Remus était à terre, inconscient, sa baguette gardée en otage par l'animagus. Seul un bleu sur la joue de Sirius attestait que l'ancien détenu avait participé à l'affrontement.

Le coeur de Sirius continuait à battre la chamade. Rapidement, il retourna dans le salon, attrapa une des couvertures qui traînait dans la poussière et enroula Remus à l'intérieur. Il le déplaça dans ce qui restait du lit, et lui lança ensuite le maléfice du Saucisson par sécurité.

Remus confortablement installé et correctement entravé, Sirius pouvait courir chercher de l'aide. Il avait besoin d'un esprit avisé pour le démêler de cette situation. Par chance, il savait immédiatement à qui s'adresser.


"Chien, tu veux—"

Chien ignora le demi-géant, le laissant seul avec son potager. Hagrid se gratta la tête. D'habitude, Chien venait l'aider immédiatement pour apporter des soins à ses citrouilles et autres légumes. Mais ce matin, il était parti comme une furie, et le voilà qui accourait dans l'autre sens avec précipitation. On aurait dit qu'il avait un emploi du temps de ministre à remplir.

Hagrid secoua sa tête. Chien ne viendra pas lui tenir compagnie pour aller nourrir les poules.


"Il s'est mis à poser plein de questions ! Il voulait savoir, mais je ne pouvais pas lui dire ! Il voulait prévenir Dumbledore, mais je ne pouvais pas me le permettre. Les choses ont mal tourné, je ne pouvais pas—"

Sirius était parti dans un monologue inarrêtable depuis qu'il avait repris forme humain, dans le couloir de la cabane.

Robin l'écoutait d'une oreille, impatiente de découvrir ce qui avait poussé l'animagus accompli à la kidnapper.

Elle rentra dans le salon, et aperçu immédiatement la forme humanoïde ligotée dans une couverture. Robin porta une main à sa bouche pour étouffer un rire. Le prisonnier ressemblait à Luffy de bon matin. Sa coupe de cheveux n'avait rien à envier à celle de son capitaine au levé de lit.

"—je l'ai posé là, mais il va finir par reprendre ses esprits, et il refuse de m'écouter ! Je ne peux pas le garder ici pour toujours, et il va se méprendre, et la situation va encore empirer. Quoi que je dise, il refuse de me croire. Il veut retrouver Peter, mais ce n'est pas moi qui l'ai ! Je ne peux pas l'aider, mais il est certain que je suis coupable, et je ne sais pas comment lui faire entendre raison. Je ne peux que lui mentir, de toute façon, il ne croirait pas la réalité, et—"

Robin s'approcha du lit et tira les couvertures pour découvrir le malchanceux qui était tombé entre les griffes de leur évadé local. Elle s'offrit un petit rire quand elle aperçut le visage livide de Remus Lupin.

"Vous avez kidnappé notre professeur de Défense contre les forces du Mal."

"Ce n'est pas un kidnapping !" Se défendit Sirius Black. "C'est un concours de circonstances ! S'il n'avait pas décidé de me dénoncer à Dumbledore, jamais je n'aurai osé faire quoi que ce soit qui puisse lui causer du mal. Et je ne veux pas le garder ! Je veux lui rendre sa liberté, mais sans qu'il n'accoure pour me dénoncer. Et je ne sais pas comment faire. Je pensais que si quelqu'un d'autre lui parlait, peut-être qu'il serait possible de lui faire entendre raison."

Sirius Black fixa Robin, attendant d'elle la solution qu'il lui fallait. La rassurance qu'elle allait s'en occuper. Qu'elle voyait exactement quoi raconter au professeur pour le faire changer d'avis. Que Peter était effectivement avec eux, et qu'elle allait arranger la situation.

Robin supporta le regard de Sirius Black, qui semblait insistant.

Après un certain temps, elle se retourna, se demandant si la fameuse personne dont il parlait se trouvait peut-être derrière elle et était, en fait, la cible de son regard plein d'espoir.

Personne.

Il ne pensait quand même pas à elle ? Pour en être sûre, elle se pointa du doigt.

Sirius acquiesça.

Robin devait immédiatement calmer ses espoirs.

"Je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire, et que voilà le moment idéal pour un petit tête à tête entre vous. Je m'occupe du personnel de Poudlard, alors amusez-vous bien !"

Sans attendre, Robin tourna les talons et quitta la cabane hurlante en ignorant les cris de désespoir de Sirius.


"N'oubliez pas de vous inscrire sur la feuille qui circule si vous désirez rester à Poudlard pendant les vacances de Noël." Prévint Minerva McGonagall en voyant les élèves ranger leurs affaires.

Seamus passa ladite feuille à Luffy. L'élastique jeta un coup d'oeil dessus, avant de la passer à Zoro.

Le sabreur regarda le papier, mais, ne voyant pas le nom de son capitaine dessus, se contenta de la passer au suivant, qui s'avéra être Sanji.

"Vous ne vous inscrivez pas ?" S'étonna le cuisinier. "Vous ne restez pas à Poudlard pendant les vacances ?" Ils n'allaient pas encore partir en vadrouille. Sanji n'avait aucune intention de faire le tour de la terre pour les retrouver. Ils avaient eu de la chance de finir miraculeusement dans son école la dernière fois.

"Jaloux ?" Se moqua Zoro en croisant les bras.

"Inquiet." Avoua Sanji.

"Nous allons faire un tour." Dévoila Luffy. Ses yeux s'illuminèrent. "Franky doit faire des tests avec un sous-marin."

Si Franky allait avec eux, Sanji allait peut-être pouvoir lui faire confiance pour ramener les deux autres pirates à Poudlard l'année suivante. Peut-être pas le jour de la rentrée, mais un jour…

"Ne faites pas de bêtises."

Le capitaine et son second lui firent leurs plus beaux sourires. Sanji avait peur.


DÉCOUVREZ EN AVANT-PREMIÈRE LE PNEU !

Session inédite le Jeudi 15 décembre, à 14h, en salle d'étude des Moldus (troisième étage, entre le portrait de la vache qui broute des pissenlits, et le portrait du duc de Colchester profitant d'un lavement de pied).

Venez nombreux !


Elle était entrée dans le magasin pour la première fois un soir de décembre. Perdue, c'était sa première fois dans ce nouvel endroit. Il y faisait sombre, les étagères étaient seulement éclairées par la faible lumière assez courageuse pour traverser la poussière accumulée sur les fenêtres. Elle tremblait. Elle avait peur.

Mais elle avait besoin d'être ici. Il lui fallait absolument sa potion. Les heures lui étaient comptées.

En haut d'une étagère, elle est aperçue un flacon qui ressemblait à celui dont elle avait l'habitude. Elle se hissa sur la pointe des pieds, mais elle ne parvenait pas à l'atteindre.

"Encore un peu."

Elle prit appui sur une étagère à sa hauteur et se hissa une seconde fois sur la pointe des pieds. La pointe de la pointe.

Mais elle n'était pas une danseuse étoile. Ses appuis ainsi réduits, elle bascula. Elle ferma les yeux, attendant sa fatidique rencontre avec le sol.

C'est alors qu'une cape noire s'enroula autour d'elle et la souleva. Une main s'enroula autour de son épaule gauche, une autre attrapa son genou. Elle se retrouva sécurisée dans les bras d'un inconnu.

Son coeur battait à tout rompre. Elle osa lever un regard vers son sauveur.

Sous sa capuche, ses cheveux ébène volaient en toute liberté. Ils étaient noirs comme la suie, tranchant avec la blancheur éclatante de sa peau.

Mais ce qui ressortait le plus, c'était ses yeux. Noir de jais. Fixés sur elle.

Avant qu'elle n'ait pu dire un mot, son prince charmant la reposa délicatement et s'en alla.

Ce fut leur première rencontre.


Usopp sauta pardessus une flaque. Pour une raison qu'il ignorait, Robin avait catégoriquement refusé qu'ils tentent de se transformer dans la Cabane Hurlante. Quand les Chapeaux de Paille essayaient de savoir pourquoi, elle sortait un beau sourire, une lueur inquiétante dans les yeux, et répondait que 'des amis avaient une discussion depuis longtemps requise'. Impossible d'en savoir plus. Mais tous avaient confiance en Robin. Si Robin n'avait pas envie de préciser, alors il valait mieux ne pas savoir.

L'équipage avait donc dû se rabattre sur leur deuxième solution : la chambre des secrets. Celle-ci avait été préférée à l'étrange cave du deuxième étage, car elle était plus vaste et n'était pas hantée par un jeu d'échecs géant colérique et immortel.

"Tout le monde est descendu ?" Demanda Luffy, une main sur son chapeau, en jetant un rapide coup d'oeil à son équipage.

Tout le monde était là. Merry se posa même sur son épaule. Luffy fit un grand sourire.

"Alors en avant."

"On n'a pas commencé, et je suis déjà fatiguée." Se plaignit Nami, inquiétée par la grande gaieté de son capitaine.

Robin étouffa un petit rire, et Sanji se téléporta aux côtés de la navigatrice.

"Ginny d'amour, veux-tu te reposer sur mon épaule ?"

Nami l'ignora. Antidote siffla en sillonnant entre leurs jambes. Le regard perdu sur ses écailles noires, Chopper traînait des pieds. Il n'était pas pressé de se transformer aux côtés de son équipage. La dernière fois, il s'en était sorti uniquement parce qu'il avait un grand contrôle de sa transformation. Et qu'il avait eu de la chance. Mais il ne tenait pas à finir avec un bras cassé comme Usopp. Si Chopper n'avait pas un accès illimité à l'infirmerie et à ses réserves, cela aurait été difficile à cacher. Et, finalement, découvrir que leurs fruits du démon étaient encore actifs sous leur forme animale n'était pas une bonne surprise. Surtout dans le cas de leur capitaine.

"Cette fois-ci, je peux rester loin d'Harry ?" Supplia Chopper. Si seulement il existait un endroit assez loin.

"Ne t'inquiète pas, je te protégerai." Promis Zoro, comprenant immédiatement son problème. Leur capitaine lui avait bien abîmé la jambe.

"TU ÉTAIS AUSSI UN DANGER PUBLIC !" S'écrièrent Chopper et Usopp en coeur.

"J'aimerais rester loin de tout le monde." Compléta Chopper.

"On aurait dû faire des équipes." S'exclama Usopp. "Harry, Cutty, Blaise et Skelett dans un groupe. Et nous, dans un autre."

"Oh oui !" S'écria Chopper, séduit par l'idée. "Je veux !"

Franky regarda ses amis avec un petit air triste.

"Vous ne voulez pas vous SUPER transformer à nos côtés ?"

Chopper et Usopp agitèrent leurs mains.

"Non. Trop dangereux. On aime vivre."

"Yohohoho, mais je ne suis pas dangereux !" Se réveilla Brook en se pointant. "Je suis absolument inoffensif."

"Non, toi, on n'a juste pas envie d'être à côté." Avouèrent les deux garçons.

Brook fit mine d'avoir le coeur brisé et s'écroula à terre, des larmes aux yeux.

"Cette histoire de deux groupes me paraît effectivement attrayante." Avoua Nami, immédiatement conquise. "Nul besoin de s'entraîner ensemble ! D'autant que certains ont besoin de plus d'entraînement que d'autres." Les yeux de Nami fixèrent intensément son capitaine et son second.

"Nous pourrions les laisser ici jusqu'à ce qu'ils contrôlent leurs transformations." Proposa Robin avec un sourire. "Draco leur apporterait de la nourriture à intervalle régulier."

"Si c'est pour tenir ces deux rustres éloignés de mon Hermione chérie et de ma Ginny d'amour, je suis d'accord !" Accepta Sanji.

"Affaire conclue !" S'exclama Nami. "Terry, Neville, Hermione, on remonte ! Draco, on peut compter sur toi pour les surveiller et t'assurer qu'ils ne fassent pas trop de bêtises ?"

"Qu'ils ne se saignent pas à mort." Ajouta Robin.

"Vous n'êtes pas drôles." Soupira Luffy, triste de voir la moitié de son équipage repartir.

"Tu les retrouveras quand tu sauras te transformer correctement." Le rassura Sanji en allumant une cigarette.

Usopp, Chopper, Nami, Robin et Brook reprirent donc le chemin du retour.

"Pas toi, Skelett ! Tu vas te transformer avec les autres !" Le rappela Sanji.

"Mais ils me font peur !" Se plaignit Brook, effrayé à l'idée de partager la Chambre des Secrets avec les trois monstres.

"Mais non, voyons, on prendra soin de toi." Assurèrent Luffy, Zoro et Franky, leurs yeux brillants de mille éclats funestes.

"Je préférais reporter ma session." Avoua Brook avec une petite voix.

Usopp poussa l'aîné de l'équipage vers le fond de la grande salle où étaient assemblés les heureux élus.

"Si tu ne les énerves pas, je suis sûr que tout va bien se passer."

"Je vais me faire piétiner !"

"Pas du tout. Draco, Merry et Sunny veilleront sur toi." Usopp fit une pause en regardant le serpent de leur équipage. "Et Antidote s'amusera bien." Puis continua à pousser l'ancien squelette.

"Je ne pense pas que ma fortune soit très bonne actuellement. Ne peut-on pas attendre un peu ?"

"Tu sais enfin lire les présages ?" S'amusa Robin.

"Je suis sûr que la mort que t'a prédite notre professeur de divination n'était pas pour aujourd'hui." Continua Usopp.

"JE VAIS MOURIR !" Pleura Brook.

"Ce ne sera que la troisième fois, tu as l'habitude." Balaya Nami.

"Mais je veux vivre !" S'écria Brook, en pleur.

"La prochaine fois." Assura Usopp, déposant Brook au milieu des trois monstres. "Amuse-toi bien !"

"Et tâchez de finir avant les vacances !" Ajouta Chopper, avant que les quatre fuyards ne disparaissent de la chambre.

Brook se retrouva seul avec Sanji, les animaux, et les trois monstres.

Peut-être que la mort l'accueillera à bras ouverts cette fois-ci.


Les jumeaux Weasley courraient dans les couloirs.

"Dépêche-toi George ! On va être en retard à l'entraînement !"

"Je fais ce que je peux ! On aurait dû y aller plus tôt !"

"Si tu n'avais pas oublié, on aurait pu y aller plus tôt."

"Si tu avais fait ton devoir de métamorphose, j'aurais eu toute ma cervelle disponible pour me le rappeler, Gred."

"Si tu avais fait le tien, je l'aurais juste recopié, et toute ta cervelle aurait été disponible pour la mission pour laquelle nous nous sommes portés volontaires."

"Gred, je t'accorde la faute partagée."

"Forge, dans ma grande bonté, je l'accepte."

Les jumeaux s'arrêtèrent soudainement devant une chandelle accrochée au mur. Fred la fit pivoter, et un pan du mur s'ouvrit. Les deux garçons s'engouffrèrent immédiatement à l'intérieur.

À l'intérieur, l'espace entre les murs était étroit, obligeant les jumeaux à marcher en file indienne. Fred menait la marche, un lumos éclairant leur chemin.

Bientôt, ils arrivèrent dans une salle circulaire, inondée par de la lumière magique. Au centre, les pièces d'échec dansaient au rythme d'une boîte à musique que leur avait déposée Franky quelques jours plus tôt. Sur le côté se trouvait un château miniature, en haut duquel un pion menait la garde. À côté, roulé en boule dans sa cage, se trouvait Peter Pettigrew.

Les jumeaux firent un rapide salut aux pièces, avant d'accourir devant la cage de l'animagus. George fouilla ses poches et en sortit un sac de graines. Il les versa dans un bol collé à la cage du rongeur.

"Mange un peu Croûtard. Tu as la peau sur les os."

"Vite, George."

Olivier Dubois avait peut-être accepté leurs excentricités avec la coupe des maisons de Quidditch, mais l'entraînement était toujours aussi important pour lui. S'ils arrivaient encore en retard, les jumeaux allaient avoir droit à de sacrées remontrances.

George vida rapidement le sac, avant de faire demi-tour. Les deux frères saluèrent rapidement les pièces dansantes, avant de s'échapper par le couloir dont ils venaient.

Fred toqua deux fois avec sa baguette sur le pan de mur magique.

"Laisse-nous partir, et nous serons tout sourire."

La formule magique prononcée, les pierres glissèrent sur le côté, laissant la place libre aux jumeaux pour sortir. George retourna la chandelle accrochée à côté du passage secret et ce dernier se referma. Les jumeaux purent repartir au pas de course vers le terrain de Quidditch.

Sans voir, dans leur dos, un fantôme maléfique ricaner.


Hagrid, un sac de graines sous le bras, et un panier dans l'autre, entra dans son poulailler. Le poulailler n'était pas très grand d'après ses dires, mais d'un point de vue objectif, il possédait quand même un poulailler de taille importante pour un simple garde-chasse.

Hagrid saisit des poignées de graines et les lança en l'air, parsemant le sol de nourriture. Les poules accoururent, suivies par des coqs clopinants. Le demi-géant fronça les sourcils et s'approcha de l'un d'eux, dont plusieurs plumes manquaient.

"Hé bien, mon pauvre ? Que s'est-il passé ?"

Hagrid prit le coq dans ses bras et le leva à la hauteur de sa barbe touffue. Il inspecta la pauvre bête. Des coups de bec et des griffures entachaient son pelage.

"Vous vous êtes battus." Conclu Hagrid avec reproche. Il envoya des regards réprobateurs à tous les coqs présents.

Après le massacre de ses coqs l'année précédente, Hagrid avait été obligé d'en adopter de l'extérieur. Mais le marchand ne l'avait pas prévenu qu'il lui avait fourni des bagarreurs. Si Hagrid avait su, il les aurait probablement séparés.

"Bon," Hagrid reposa son coq par terre, "plus de disputes ! Vous vous mettez dans tous vos états. Faites la paix !"

Les coqs l'ignorèrent en faveur de leur repas. Leurs becs dans l'herbe, plus personne n'écoutait le pauvre Hagrid.

Mais Hagrid estima que ses coqs avaient compris. Il laissa son poulailler se régaler de leurs graines, et partit chercher les oeufs pour le dîner. Mais, avant qu'il n'ait pu entrer, une voix l'interrompit.

"Hagrid, je peux te parler ?"

Le demi-géant se retourna et vit Dumbledore ouvrir la clôture.


Dumbledore remonta sa robe pour lui éviter de traîner sur le sol du poulailler. Écrasé dans sa main se trouvait une lettre du Ministère de la Magie.

Directeur Dumbledore,

Comme annoncé dans notre précédente lettre, nous attendons une participation de votre part au prochain point hebdomadaire du projet TTS qui aura lieu vendredi. Un secrétaire vous attendra dans le hall du Département de la coopération magique internationale pour vous guider à la salle de réunion.

En l'absence de tout représentant de votre établissement, nous serions dans l'obligation de vous attribuer par défaut toutes les tâches à réaliser afin d'éviter tout conflit logistique ou de nuire accidentellement à la bonne éducation de nos futurs citoyens.

Bien à vous,

Le Département des jeux et sports magiques

Le Ministère tenait à la présence de Poudlard lors de leurs petites réunions ? Ils voulaient leur donner du travail ? Ils ne connaissaient clairement ni Dumbledore ni la très fine équipe qui lui servait de corps enseignant et plus. Le vieux sorcier avait plus d'un tour dans son sac. Et il était temps de leur prouver.

"Hagrid, j'aurais juste besoin d'un instant de ton temps. J'ai une petite mission à te confier."


Ron était assis, seul, dans un des couloirs des cachots. Il était parvenu à échapper à Dean et Seamus qui tenaient absolument à l'inviter à une session d'étude avec Anthony Goldstein et certains de ses amis Serdaigles.

Mais Ron n'avait pas envie de réviser. Surtout pas les potions. Que Rogue aille au diable. Il n'était qu'un incapable réduit à surveiller des enfants toute sa vie. Ron n'avait que faire de son opinion et de ses notes. À cause de lui, Ron avait perdu Croûtard. Nul doute que Miss Teigne ou le chat d'Harry avait dû le manger. Il n'y avait aucune autre explication. Ron avait cherché partout, et jamais Croûtard ne se serait caché de lui. Croûtard n'était donc plus en capacité de le voir.

"Mais que vois-je ?" S'écria une voix fluette beaucoup trop gaie. "Un rouquin qui broie du noir !"

Ron fusilla Peeves du regard.

"Mais quelle méchanceté !" S'exclama Peeves en reculant dans les airs. "Et moi qui venais apporter de bonnes nouvelles !"

"Tu n'apportes jamais de bonnes nouvelles." Gronda Ron, désireux d'être laissé seul.

Peeves se mit à faire des cabrioles. Aider ce garçon à retrouver ce que son cœur désirait allait causer tant de chaos ! Peu importe sa tête de cochon, Peeves comptait bien l'aider.

"Même si je te dis que j'ai aperçu une petite boule de poils grise ?"

Peeves disparu derrière un mur, et quand il réapparut devant Ron, ce dernier s'était levé, la tête cherchant l'esprit frappeur.

"Tu as vu Croûtard ?!"

Peeves voulait s'amuser.

"Qui sait ? Peut-être, peut-être pas."

Le rouquin tapa du pied, agacé.

"Arrête avec tes blagues ! Dis-moi où est Croûtard !"

"Arrête avec tes blagues ! Dis-moi où est Croûtard !" Répéta Peeves en se moquant, sa voix trop perchée.

"Peeves !"

"Peeves !"

Peeves fit une tour sur lui-même.

"Essaye donc de me suivre !"

Sans attendre, Peeves disparu dans un mur.

Ron hurla son nom, jura, et partit à sa poursuite.


"Des ciseaux, des aiguilles, des pinces, de l'alcool, des fils, des bandages, des chiffons, du désinfectant, des éponges, des miroirs, des plaques de fer, de la peinture, des pinceaux, de la colle et de l'adhésif." Lista Roger Davies, son nez dans sa liste de course.

Autour de lui, dans leur dortoir garçon de cinquième année Serdaigles, ses colocataires se démenaient, déposant tous les objets demandés au centre.

"Je crois que nous avons tout." Commenta Samuel Copper. "Le Boss va être heureux !"

"J'espère qu'on ne s'est pas trompés." Ajouta Kent Bundy en jouant avec une paire de ciseaux. "Le Boss n'a pas été très précis sur les quantités ou les tailles."

"On a trois pinces différentes." Pointa Eddie Carmichael. "Il y en aura bien une de la bonne taille."

"Et on sait ce qu'il compte en faire ?" Se renseigna Jannah Faucett en bandant son bras.

Roger Davies eut un grand sourire.


Peeves fit mine de réfléchir devant un mur de pierre.

"Hum… Était-ce ici ? Ou était-ce ailleurs ?" Peeves gloussa, sa voix résonnant dans les couloirs vides.

Ron arriva quelque temps après, le souffle court, épuisé et trempé de sueur.

"Huff… J'espère que c'est… huff… le bon endroit… huff… cette fois-ci…"

Peeves plissa le nez, réfléchissant.

"Hum, non ! Ce n'est pas ici !"

Mauvaise réponse. Le sang de Ron ne fit qu'un tour.

"CE N'EST PAS ICI ?! TU M'AS FAIT PARCOURIR DES KILOMÈTRES EN COURANT, SAUTER ENTRE DES ESCALIERS, FOUILLER PLUS DE CINQ CLASSES, ET CE N'EST TOUJOURS PAS ICI ?"

Peeves explosa de rire.

"Je n'ai jamais vu saut plus lamentable ! Et tes foulées ! Tu as chuté à cause de tes propres pieds trois fois !"

Les pommettes de Ron s'empourprèrent.

"Tu ne fais que te moquer de moi ! Tu ne sais même pas où est Croûtard !"

Peeves cessa de rire.

"Je ne sais pas ? Alors comment sais-je que les deux sosies qui te ressemblent le nourrissent en secret tous les jours ?"

Fred et George comprit immédiatement le jeune rouquin. Ses propres frères l'avaient trahi. Ils lui avaient retiré Croûtard. Ils devaient se moquer de lui et de son obsession avec le vieux rat. Nul doute qu'ils se réjouissaient de son désespoir en ce moment-même, comme ils l'avaient toujours fait. Ils étaient cruels. Ils n'avaient de cesse de le persécuter. Ils auraient dû aller à Serpentard.

"Quelle tête !" Commenta Peeves en pointant le dernier garçon Weasley du doigt. "Regarde-toi ! On dirait un vieux poivron ridé !"

"Tais-toi !" Cria Ron, incapable de supporter plus l'esprit frappeur. "Tu vas me mener à Croûtard, oui ou non ?"

"Mes souvenirs me reviennent !" S'écria Peeves. "Il est dans les cachots !" Sans attendre de réaction, Peeves s'enfonça dans le sol et disparu.

"Mais c'était là où nous étions au début !" Gronda Ron.


Avant d'emmener Ron auprès de son rat, Peeves devait faire un peu de ménage. Il traversa les pierres, jusqu'à finir dans le passage secret où Peter Pettigrew était retenu prisonnier. Il survola la zone, puis descendit en pique sur le Roi blanc.

"Hey, hey, vous ne devinerez jamais !"

Le Roi et sa cour cessèrent leurs danses pour regarder le fantôme translucide.

"Monsieur Le Fantôme, à qui avons-nous l'honneur ?" Demanda poliment le Roi.

La Reine Noir attrapant délicatement son bras pour le soutenir.

"Les enfants ont dit qu'ils devaient vous voir !" Mentit Peeves éhontément. "Immédiatement !"

"Les enfants ont des ennuis ?" S'écria la Reine Noir. "C'est horrible ! Il faut absolument aller les aider."

"Nous allons partir sur le champ !" Décréta le Roi blanc, avant de se tourner vers ses troupes. "Les cavaliers et les tours avec moi ! Les fous et les pions, vous restez ici avec Madame !"

"Non, non, non !" S'écria Peeves en gigotant. "Ils ont dit tout le monde ! Tout le monde doit y aller ! C'est important !"

"Tout le monde ?" Répéta un cavalier. "Mais qui va surveiller le prisonnier ?"

Peeves se pointa du doigt.

"Moi ! C'est moi qui vais surveiller le prisonnier !"

Le cavalier plissa les yeux, en garde.

"Et comment pouvons-nous être sûrs que nous pouvons vous faire confiance ?"

Peeves monta rapidement au plafond avant de se laisser tomber vers le sol, ses yeux exorbités défigurant les pions devant lui.

"Les enfants sont en danger et vous voulez discuter ?" Vomit-il. "Leurs vies sont-elles si peu importantes pour vous ? Oh !" Il se redressa, comblé de bonheur. "Peut-être que j'aurais de nouveaux amis !" Il fit un tour complet sur lui-même, finissant la tête en bas, nez à nez avec un des fous. "Peut-être qu'ils rejoindront le club des chasseurs sans tête."

La Reine cria.

"Non ! Pas ses adorables enfants ! Mon Roi, allons-y ! La vie des enfants est plus importante ! Et puis, nul ne trouvera le prisonnier là où il est caché !"

"Je suis d'accord avec vous, ma Reine." S'exclama le Roi. Il se tourna vers l'esprit frappeur. "Nous vous confions le prisonnier, surveillez le bien !"

"C'est promis !" Ricana Peeves. "Les enfants sont dans la trappe du deuxième étage ! Dépêchez-vous !"

"Merci Monsieur Le Fantôme." Remercia la Reine.

Toutes les pièces d'échec se précipitèrent vers la sortie.

Peeves se tint le ventre en riant, avant de décider d'enfin aller chercher le petit rouquin qu'il faisait tourner en bourrique depuis le début d'après-midi.


Hagrid, la laisse de Crockdur dans les mains, et l'animal non loin, entra dans le hall du Département de la Coopération Magique Internationale. Il ne comprenait toujours pas pourquoi Dumbledore avait tenu à ce qu'il prenne ses animaux avec lui.

Chien avait traîné des pattes, mais maintenant qu'ils étaient dans le bâtiment, il se tenait, silencieux, derrière les jambes d'Hagrid.

Crockdur était plus difficile à gérer. Il devrait être en train de faire sa sieste, et cette activité lui manquait très visiblement.

En supplément, Hagrid avait dû amener un de ses coqs dans une cage. Dumbledore avait assuré que l'état de santé inquiétant de l'animal nécessitait une surveillance sans faille. Hagrid ne pouvait pas le laisser, seul, dans cet état-là dans le poulailler. Nul doute que ses colocataires allaient finir le travail.

Additionné à toute la bassecour qu'il avait dû emmener, Hagrid avait eu la ferme interdiction de se laver et de se changer avant son départ. Par manque de temps. Il ne fallait pas laisser attendre le Ministère.

Hagrid se retrouvait donc, dans ses haillons de jardinage, avec un coq sous le bras, un chien collé à ses bottes, et un autre nageant dans sa bave qui inondait le carrelage.

Une jeune demoiselle, vêtue d'un tailleur serré, s'approcha doucement de lui. Du haut de ses escarpins, elle oeillait avec méfiance les deux chiens attachés à Hagrid. Elle s'arrêta au minimum convenable pour démarrer une conversation.

"Excusez-moi, puis-je vous aider ?"

Perdu dans ses lignes, Hagrid préféra tendre la lettre que Dumbledore lui avait remise.

"Je suis envoyé par le directeur de Poudlard."

La jeune secrétaire se pencha en avant et tendit le bras, refusant de s'approcher davantage de la bête, et attrapa l'enveloppe du bout de ses ongles.

Une fois de retour à l'équilibre, loin du demi-géant, elle put ouvrir la lettre en toute sécurité pour en lire le contenu.

"Oh. Je vois. Vous avez été convié à la réunion d'organisation du tournoi en tant que représentant de Poudlard."

La secrétaire replia la lettre et la remit dans son enveloppe, puis essaya de la rendre sans s'avancer, en se hissant le plus possible sur la pointe des pieds. Elle ne put respirer qu'une fois la lettre reprise par le demi-géant et sa position à nouveau stable.

"Vous êtes en avance. La réunion ne commence que dans une heure et demie."

Hagrid se retrouva tout penaud. S'il avait su, il aurait pu prendre le temps de changer de veste.

Voyant son désarroi, la secrétaire continua.

"Si vous voulez bien me suivre, je peux vous guider devant la salle de réunion. Il y a des fauteuils sur lesquels vous pourrez patienter."

Hagrid remercia plusieurs fois la secrétaire, et tâcha de mettre en route sa petite troupe.


"Tourne la chandelle ! Tourne la chandelle !" Chanta Peeves en tournant en rond en dessous du plafond.

Ron, méfiant, attrapa la chandelle. Peut-être s'agissait-il d'une énième blague de Peeves. Peut-être que la chandelle était ensorcelée et de la sauce, ou un autre liquide, allait l'asperger.

Mais peut-être que cela lui permettrait de retrouver Croutard.

Ron tourna la chandelle.

Étonnement, rien ne l'aspergea. Le mur se mit à trembler, gronda, et glissa, ouvrant le passage sur un tunnel.

Peeves ne lui avait pas menti.

Sans attendre, avec un cri de joie, Peeves s'envola dans le sombre couloir.

Ron prit un instant, cherchant à voir ce qui s'y trouvait. Il ne s'agissait pas d'une autre blague du fantôme ? Il n'allait pas l'emmurer ?

Prenant son courage à deux mains, Ron s'avança dans le passage.

Derrière lui, le mur se referma avec un bruit sec. Ron était coincé dans le mystérieux couloir.

N'ayant pas d'autres choix, et sachant que Peeves devait se trouver à l'autre bout, Ron posa ses mains sur le mur en pierre. Glacé. Il n'y voyait rien. Il avança prudemment, se laissant guider par ses mains. Si Croûtard ne se trouvait pas à l'autre bout de ce couloir, Ron allait définitivement faire payer à Peeves l'horrible journée qu'il lui avait fait vivre. Peut-être avec le baron sanglant. Peut-être avec les jumeaux. Fred et George étaient toujours très doués pour gâcher les vies des autres. Ils avaient fait un travail formidable avec Ron.

Mais bientôt, une source de lumière apparut.

Plein d'espoir, Ron accéléra ses pas. Il y voyait de mieux en mieux. Et il entendait Peeves. Peeves, comme toujours, qui ne pouvait pas se taire.

"Il arrive ! Il arrive ! Petit rat, ne t'inquiète pas ! Ton propriétaire vient par là !"


"Il arrive ! Il arrive ! Petit rat, ne t'inquiète pas ! Ton propriétaire vient par là !"

Peter Pettigrew ne comprenait pas la situation. Peeves avait fait fuir ses gardiens, puis avait disparu.

Peter en avait profité pour ronger les barres de sa cellule. Mais rien n'y faisait. Les barreaux étaient trop épais. Il n'y parvenait pas.

Puis Peeves était revenu, tout gaiement. Incapable de tenir en place, le fantôme volait d'un coin à l'autre de la pièce, tantôt chantant, tantôt criant.

Qui arrivait ?

Et bientôt, Peter le vit. Accourant du seul chemin menant à la pièce où il était retenu prisonnier, Ron arrivait.

Essoufflé, ses cheveux en bataille, le rouquin avait une mauvaise mine. Il avait maigri. Son regard était encore plus sombre que la dernière fois que Peter l'avait vu.

Un regard qui s'illumina à la vue du rat.

"Croûtard !"

Ron accourut à sa cage et attrapa les barreaux. Il essaya immédiatement de l'ouvrir. Mais rien n'y fit.

"Essaye un Alohomora !" Lança Peeves.

Ron fouilla dans sa robe et parvint à extraire sa baguette d'une des poches. Il visa la serrure et obéit.

"Alohomora."

Une étincelle sortie de la baguette, mais la cage reste close. Peter s'agita dans sa cage. Son maître allait-il parvenir à le libérer ?

Ron jura.

"Ouvre-toi !"

Et secoua la cage. Pour le plus grand malheur de son locataire.

"Essaye Portaberto !" Ricana Peeves en mimant le mouvement associé, une lueur sadique dans le regard.

À court de solutions, Ron obéit. Peter n'eut pas le temps de s'éloigner de la porte.

La serrure explosa.

Peeves ricana.

Croûtard se vida de son sang sur le sol.


Autour de la table, tous les invités portaient des costumes trois-pièces. Près de chaque verre d'eau se trouvait un chapeau Fedora aux couleurs ternes. Les crânes, majoritairement dévêtus de cheveux, relayaient le peu de lumière ambiante présente.

Et Hagrid, avec ses haillons de jardinage, dénotait.

Au centre de la pièce, un homme frappa sur la table avec un petit marteau.

"Bonjour à tous. Bienvenu à cette réunion du projet TTS. Comme nous savons tous pourquoi nous sommes ici, nous allons pouvoir rentrer dans le vif du sujet."

Non, Hagrid ne savait pas pourquoi il était ici. Dumbledore avait mentionné une mission de 'refuser les corvées, car Poudlard était occupé', mais Hagrid n'avait pas bien compris. Et comme le temps pressait, il n'avait pas osé importuner le vieux sage.

Il se retrouvait donc ici, ignorant quel était exactement son but. Avec un peu de chance, personne ne le remarquerait.

Sa voisine renifla fortement dans sa manche et fit crisser sa chaise en s'éloignant doucement de lui. Crockdur ronflait au fond de la salle, Chien avait disparu sous la table d'où il ne bougeait pas, et son coq était, par chance, silencieux. Il récupérait sans nul doute de ses combats.

"La dernière fois, nous n'avons pas pu clôturer le choix de la deuxième épreuve. Poudlard n'ayant pas pu se rendre, pour des raisons qui lui restent personnel, à la réunion, nous avons dû nous arrêter sur une suspension." De nombreux regards accusateurs se tournèrent vers Hagrid. Il ne savait pas pourquoi il était là, mais eux n'avaient aucun doute. "Maintenant qu'un représentant a accepté de venir, peut-être pourra-t-il nous éclairer." Hagrid essaya de rétrécir dans sa chaise, mais rien n'y faisait. Il était le plus imposant de la salle. "Quelle superficie de Poudlard pourra être mise à disposition du Tournoi ?"


Les talons de Minerva McGonagall retentirent dans la Grande Salle. Habitués, cela ne perturba aucun de ses collègues.

Mais Dumbledore n'était pas qu'un simple collègue. Il était son supérieur. Et il savait ce que ce bruit signifiait. Il savait que Minerva allait apparaître un instant plus tard et fondre sur lui tel un vautour sur sa proie.

"Directeur !"

Comme prévu. Minerva était apparue juste devant Dumbledore dont la barbe était pleine de jus de cerise.

"Oui, Minerva ?"

Doucement. Il devait se montrer gentil et innocent. Peut-être que cela calmerait Minerva. Peut-être qu'il allait devoir la distraire avec une bêtise des jumeaux Weasley.

"Que se passe-t-il ?"

"Remus Lupin a disparu !" S'écria la professeure de métamorphose, la seule enseignante réellement capable et impliquée par la vie à Poudlard. "Personne ne l'a vu de la journée ! J'ai toqué à sa porte, et je n'ai pas obtenu la moindre réponse."

Dumbledore haussa les épaules.

"Peut-être est-il encore fatigué ? Sa dernière fête mensuelle est très récente."

"Justement !" Minerva frappa ses deux mains sur la table avant de se redresser soudainement. Les enfants la regardaient. "Et s'il avait eu un souci ? Habituellement, il ne déborde pas d'énergie, mais il parvient quand même à accueillir ses élèves. N'est-ce pas étrange que personne ne l'ait vu ? Il faudrait au moins envoyer Pompom vérifier son état, avec le professeur Rogue. Peut-être il y a-t-il eu un souci avec sa potion ou a-t-il eu une réaction inattendue. Une allergie ou que sais-je ?"

Dumbledore s'immobilisa, sa cuillère à quelques centimètres de l'étrange soupe verte qu'il avait attrapée en entendant les pas de Minerva un peu plus tôt.

"Nous n'avons effectivement pas revu Remus Lupin depuis un moment." Avoua Dumbledore.

"Mais cela fait au moins aussi longtemps que nous n'avons pas vu le professeur Rogue." Compléta son voisin, Filius Flitwick.

En face d'eux, Bathsheda Babbling gloussa.

"Quel hasard."

Pomona Chourave plaça sa serviette devant sa bouche, mais les plissures de ses yeux trahissaient son sourire amusé.

Dumbledore, retenant son sourire sournois, se contenta de prendre un verre d'eau en mimant l'innocence. Il avait toujours été un très bon acteur.

"Professeure, vous avez raison de vous inquiéter. Ce soir, Filius et moi-même irons vérifier que tout est en ordre."

Filius acquiesça rapidement.

"Oui, oui, on ira contrôler cette histoire !"

"Je viens !" S'écria gaiement Charity Burbage. Sa publicité pour son dernier cours n'avait pas fonctionné aussi bien que prévu, elle avait été un peu déçue par le manque d'entrain des quelques élèves qui étaient venus. Ils n'étaient apparemment pas passionnés par les pneus. Cela avait quelque peu miné le moral de la professeure d'étude des Moldus.

Mais voilà une occasion qui ne manquerait pas d'égayer sa journée ratée !

Minerva la fusilla du regard. Ils devaient contrôler la santé de Remus Lupin, ils ne partaient pas en colonie de vacances par Merlin !

Charity se reprit. Elle toussa doucement dans sa main. Les épaules droites, elle recommença.

"Je voulais dire : la santé de notre collègue et ami, le professeur Lupin, me tient également à coeur. Si cela ne dérange point les professeurs Dumbledore et Flitwick, je serais très honorée de me joindre à eux. Peut-être que ma connaissance approfondie du monde moldu nous sera bénéfique."

Minerva continua de fixer sa collègue, voyant aisément au travers de son petit discours.

Puis abandonna. Elle n'était pas assez payée pour supporter tous leurs élèves, leurs parents et les autres professeurs. Qu'importe les intentions de ses collègues, tant qu'ils prenaient la peine de contrôler la santé du professeur Lupin.


"Le tome 2 est sorti !"


Dumbledore, Filius, Charity, et cinq autres professeurs qui s'étaient inopinément joints à l'expédition, marchaient en direction de la chambre du professeur Lupin, des torches dans les mains.

"Vous croyez qu'il est encore sous son autre forme ?" Demanda Charity, fixant le collier muserolle dans les mains de Pomona Chourave.

"On ne sait jamais." Murmura la directrice Poufsoufle. "Mais je ne laisserai pas un loup se promener librement dans le château où sont mes élèves !"

Autrement, Severus lui trouvera bien une utilité, ricana Dumbledore intérieurement. Filius Flitwick dû comprendre son idée, car il partagea son éclat malicieux.

"J'ai amené une potion revigorante !" Déclara fièrement Septima Vector en levant un flacon.

Pomona plissa les yeux en fixant son amie.

"Tu l'as préparée toute seule ?"

"Même pas !" Rayonna la professeure d'arithmomancie. "Un de mes élèves me l'a offerte !"

"Nous venons aider le professeur Lupin." Rappela Pomona avec un regard sévère. "Pas l'empoisonner !"

Septima serra son flacon contre son coeur, l'air sceptique.

"Ils n'auraient pas osé me donner une potion empoisonnée…"

Renée Bibine acquiesça.

"Juste avant les vacances de Noël, cela aurait très peu d'intérêts." Bibine changea sa torche de main, rendant son visage soudainement sombre et effrayant. Ses yeux jaunes perçaient les ombres de son visage. "En revanche, à l'approche des examens de fin d'année, l'absence soudaine d'un des professeurs pourrait s'avérer bénéfique."

Septima hurla. Elle attrapa la personne la plus proche d'elle, Bathsheda Babbling, et la plaça entre elle et Bibine.

La professeure d'étude des Runes soupira. Ses collègues agissaient comme des enfants. Mais il y avait plus important.

"Les torches sont vraiment obligatoires ? La mienne est vraiment chaude. Je préférerais un lumos."

Dumbledore frôla la crise cardiaque en entendant l'horrifiante proposition.

Heureusement, Filius était là.

"Hors de question malheureuse ! Un lumos n'éclaire pas du tout de la même façon qu'une torche ! Regarde ses ombres informes que nous projetons ! La chaleur qui émane de notre groupe. Le danger que nous représentons ! Nous allons voir l'autre facette de Remus Lupin, nous devons avoir des torches !"

Dumbledore applaudit mentalement son sous-fifre. Ils partageaient leur goût du dramatique. Sa tirade le toucha tant, qu'il osa même l'appeler son ami.

Bibine jeta sa main en arrière et leva les yeux au plafond. Le directeur et le professeur de sortilège étaient perdus depuis longtemps. Mieux valait abandonner tout espoir de les comprendre.

Même si cela signifiait avoir perdu une heure de leur soirée à équiper tout le monde en torche et avoir besoin de vérifier que les couloirs étaient vides.

Ce qui n'était, par malchance, pas le cas.

"Professeurs ?"

Devant le groupe d'adultes, normalement responsables, en chemin pour purifier un démon selon toute vraisemblance, se trouvaient les deux préfets Serpentards. Bibine se fit alors la réflexion que laisser Filius, exalté par la perspective de surprendre son couple préféré lors d'un rendez-vous secret, en charge de les guider pour esquiver toute âme qui vive ou non n'avait pas été leur meilleure décision. N'importe qui, hormis Dumbledore, aurait été mieux placé.

"Vous… cherchez quelque chose ?" Tenta la préfète Serdaigle, un sourcil haussé, à la vue de leur horde. Son regard pointé vers les flammes laissait transpirer une incompréhension fort légitime si on demandait son avis à Bibine.

Dumbledore s'arma de son grand sourire d'entourloupeur.

"Nous allons faire une petite surprise à l'un de vos professeurs."

Une grande aurait été plus réaliste. Huit professeurs armés de torches créaient un certain effet.

Dumbledore assortit son explication d'un petit clin d'oeil complice auprès des élèves.

Ce qui n'eut aucun effet. Les deux Serpentards restèrent de marbre.

"Cela n'a aucun lien avec Sirius Black ou les détraqueurs qui entourent l'école ?" Se renseigna la jeune fille.

Bibine était ébahie par son sang froid. Elle savait que ces deux-là étaient de bons éléments. Severus avait fait le bon choix en les sélectionnant pour veiller sur leurs camarades.

Dumbledore n'avait pas prévu de questions venant de ses élèves après l'ajout de son petit clin d'oeil amical. D'habitude, les Gryffondors lâchaient toujours le morceau. Pas étonnant que ce soit ses petits préférés. Mis à part Sirius Black. Plus d'une décennie qu'il avait été diplômé, et il trouvait encore le moyen d'importuner Dumbledore !

Mais tout cela de côté, fort heureusement, Dumbledore savait comment gérer la situation avec ses jeunes Serpentards.

"Mon enfant, voilà des problèmes d'adultes. Il n'est pas nécessaire que vous vous en souciez. Il se fait tard, et vous devez sans nul doute être exténués par vos leçons. Retournez vous reposer, vous l'avez largement mérité."

La Serpentard fixa encore un instant son directeur avant de hausser les épaules. Ce que ces professeurs faisaient de leur temps libre n'était pas ses affaires. Et elle serait damnée si elle se rajoutait ainsi du travail.

"Professeurs, bonne nuit." Souhaita sans attendre son homologue masculin.

Les deux Préfets s'en allèrent sans un regard en arrière.

Bibine en aurait bien fait autant, mais Remus Lupin était un des professeurs qu'elle appréciait. Et laisser son sort aux deux imbéciles qui menaient leur expédition revenait à le condamner.

Leur procession reprit leur marche. Dumbledore marmonnait quelque chose dans sa barbe à propos de cauchemar d'antan le hantant encore, Filius réfléchissait aux fleurs préférées des animaux sauvages, Pomona lui soufflait des réponses, Charity admirait la sous-robe d'Aurora, désireuse d'en connaître la provenance, alors que Septima tentait vainement d'endiguer l'extinction imminente de sa torche. Bibine éloigna la sienne, peu désireuse de risquer sa lumière pour sauver celle de sa collègue.

Et la porte tant attendue apparue.

Leurs flambeaux devant eux, Dumbledore prit les devants et toqua deux coups secs sur le bois massif. Le son se réverbéra dans le couloir, et la flamme vacillante de Septima se dissipa.

Le silence leur répondu.

"Peut-être qu'il dort ?" Proposa la voix de crécelle de Charity.

"Aussi tôt ?" S'offusqua Bibine. "Je vous parie que même les premières années sont debout !"

"Pas les miens !" Contredit Pomona fièrement. "Mes petits ont besoin de beaucoup de sommeil. Les grands les couchent toujours avant que les derniers rayons du soleil ne disparaissent."

Bibine roula des yeux. La maison Poufsouffle était devenue une vraie crèche. Elle n'aurait pas été étonnée qu'ils aient une sortie goûter dans les cuisines d'en face chaque après-midi.

"Peut-être qu'il ne nous a pas bien entendu." S'ajouta Filius en se redressant sur ses talonnettes.

Dumbledore cogna une nouvelle fois, plus fortement.

"Étrange, je pensais qu'il avait l'ouïe aiguisée."

"Il est peut-être absent." Se permit de mentionner Aurora en vérifiant l'heure. Il lui restait deux heures avant de devoir retrouver ses charges au sommet de la tour d'astronomie. Largement assez pour ne pas manquer les évènements de la soirée. Elle aurait été bien triste de devoir passer sur les aventures de ses collègues professeurs pour retourner rabâcher une sempiternelle fois la même chose à des élèves inattentifs.

"Absent ?" S'écria Filius avec surprise, ses cheveux se soulevant sous ses mouvements. "Mais où pourrait-il bien être ?"

"Il est forcément à l'intérieur du château." Fit remarquer Dumbledore en grattant sa barbe. "Autrement, il m'aurait prévenu."

Les professeures se mirent soudainement à regarder leurs chaussures ou la beauté, trop souvent ignorée, de leurs murs.

"Oui, personne ne sortirait du château sans vous avertir Directeur." Acquiesça Filius avec évidence.

Aurora regarda la couture de son chapeau de si près, qu'elle en disparaissait presque dedans. Bibine tirait sur une de ses mèches de cheveux, se demandant s'ils avaient toujours été aussi blancs. Charity astiquait ses lunettes, incapable de voir correctement au travers. Septima cherchait vainement au sol sa boucle d'oreille qui semblait être tombée. Bathsheba tentait de retirer le vernis usé présent sur ses ongles. Quant à Pomona, elle était occupée à se gratter l'oreille avec sa baguette magique.

Elle prit toutefois son courage pour prendre la parole.

"Peut-être a-t-il pu oublier ?"

"Voyons !" La coupa immédiatement Filius en se plaçant entre la professeure de botanique et leur directeur. "Personne n'oserait sortir sans la permission préalable de notre Directeur. C'est évident. C'est une école ici, pas un moulin."

Pomona eut un petit rire crispé.

"Oui, bien évidemment…"

Derrière elle, les autres professeures émirent toutes des petits bruits qui pouvaient s'apparenter à des approbations.

"Et si nous demandions au professeur Trelawney de nous faire une divination ?" Proposa Charity en remettant ses lunettes sur son nez.

"Excellente idée." Approuva Bibine qui, pourtant, ne supportait pas la jeune voyante. Elle était purement incapable et était inapte à enseigner quoique ce soit. Mais tout pour divertir leurs deux collègues du sujet tendu des va-et-vient.

"Elle doit être dans sa tour." Ajouta Septima en attrapant sa collègue Pomona par le bras pour la guider dans la bonne direction.

La professeur de botanique en profita pour murmurer avec empressement dans le cou de son amie.

"Il faut qu'on change notre point de rendez-vous."

"Plus tard." Lui répondit Septima à l'oreille. "Pas ici. Ils pourraient nous entendre."

"Mais j'aimais bien leur thé à la verveine." Grommela Bathsheba en fixant le sol.

Bibine se plaça dans son dos et la poussa discrètement pour lui faire accélérer la cadence.

"C'est cela, ou on devra le prévenir avant chaque sortie. Mais ne t'en fais pas." Chuchota-t-elle. "Je pense avoir une idée d'un endroit que tu aimeras. Et suffisamment loin pour ne prendre aucun risque."

Rassurée à cette idée, Bathsheba releva les yeux et pressa le pas. Ils avaient une mauvaise idée à suivre.


"Je vois… Je vois…"

Sans surprise, Sibylle ne voyait rien dans sa boule. Bibine se retenait de crier face à cette incompétence, et Aurora calculait le temps après lequel elle pourrait s'excuser sous prétexte d'aller préparer son cours qu'elle connaissait par coeur.

"Laissez cela par terre." Déclara Sibylle après un rapide coup d'œil à la professeure d'étude des Moldus.

"Quoi ?"

Comprenant que le commentaire lui était adressé, Charity releva la tête, et la boule de cristal avec laquelle elle jouait tomba par terre. Au contact avec le sol, la boule se fracassa en petits morceaux.

"Oh, mille excuses !" S'écria la professeure avec horreur.

Bibine soupira. Les prédictions de sa collègue étaient toujours ainsi. Trop vagues ou elle les utilisait mal.

"Vous ne voyez toujours rien ?" Interrogea Filius en approchant son gros nez du cristal. "Cela me semble bien trouble."

"C'est parce que vous n'avez pas le troisième oeil, chéri." Remarqua Sibylle pardessus ses lunettes. "Vous êtes tous trop près, je ne peux rien voir."

Charity se pencha à côté de l'oreille de Bathsheba.

"Voilà un autre couple que je n'avais pas vu venir."

Dumbledore recula légèrement, suivit par le professeur de sortilège.

"Je vois… Je vois…"

Pomona toussa dans son coude.

"Je vois pourquoi mes élèves ont de mauvaises notes."

Sibylle releva le nez de sa boule magique, ses yeux agrandit par ses lunettes.

"Vous avez dit quelque chose, professeure Chourave ?"

La susnommée offrit un petit sourire.

"Vous avez de très belles porcelaines, je le note."

La professeure de divination se tourna vers une étagère de tasses diverses qui auraient pu avoir attiré l'attention du professeur de botanique.

"C'est une collection qu'il m'a fallu du temps pour amasser."

"J'espère qu'elle ne les a pas volés." Chuchota Septima en rattachant sa boucle d'oreille invisible.

N'ayant pas entendu son commentaire, Sibylle retourna à ses prédictions.

"Je vois… Un homme aux cheveux châtains. Il a une veste usée." Tous les professeurs se rapprochèrent soudainement de la table, intéressés. "Il… Il fait ses bagages. Il part."

"Il part ?" S'inquiéta Filius.

Dumbledore regarda la boule de cristal sous toutes ses coutures.

"Vous êtes sûre qu'elle fonctionne bien ?"

"Il part où ?" Questionna Charity.

"On pouvait le chercher !" S'exclama Pomona en s'appuyant sur son dossier. "Je n'imaginais pas cela de lui."

"Il s'est disputé avec Severus ?" Interrogea Filius.

"Allons, il nous aurait prévenus." Tâcha de calmer Bibine avant de se tourner vers leur voyante locale. "A-t-il l'air pressé ?"

"Je ne sais pas, je ne vois plus rien." Avoua Sibylle en frottant le cristal.

"Attendez, je vais vous aider." Se dévoua Pomona. Elle attrapa la boule et la secoua de toutes ses forces dans ses mains avant de la rendre. "Est-ce mieux ?"

Les lunettes de Sibylle avaient glissé sur son nez.

"Mais on ne doit pas agiter ainsi une boule de cristal malheureuse ! C'est précieux !"

"Cela dépend pour qui." Murmura Aurora en croisant les bras. Le divin, peu pour elle. Les astres, voilà une science exacte.

"Arrêtez de geindre." Quémanda Pomona en secouant sa main. "Plus important, où est allé Remus ?"


"Professeur Dumbledore ?"

Troisième pièce, troisième échec. Hagrid ne parvenait pas à retrouver le directeur. Il voulait lui raconter au plus vite ce qui s'était passé lors de la réunion, avant d'oublier les détails.

Et il avait peur. Ils avaient discuté de tant de choses étranges. Est-ce qu'ils avaient des contacts avec les sirènes du lac ? Est-ce qu'ils avaient une objection à ce que quelques modifications soient effectuées sur la colline derrière l'école ? Les centaures habitaient-ils toujours dans la forêt ? Avaient-ils la liste de la faune et de la flore locale ? Incluant tout être ou plante cannibale et empoisonnée, bien sûr.

Hagrid n'était pas rassuré par les projets du Ministère de la Magie. Aragog, son petit, et toute sa petite famille, se cachaient là-bas. Quoi que le Ministère décide de faire, Hagrid devait s'assurer que l'acromentule et sa famille ne risquaient rien.


Les doigts de Ron étaient noirs. Il avait retourné la terre toute la nuit. Il avait fait un trou immense, aux abords de la forêt, dans un angle où Hagrid, depuis sa hutte, n'aurait pas pu le voir.

Le coeur en morceau, il ramassa le corps inerte de son ami.

Croûtard ne grignotera plus ses petits encas.

Croûtard ne frottera plus sa petite truffe dans sa main.

Croûtard ne ronflera plus à côté de Ron pendant qu'il sue sur ses exercices.

Croûtard n'était plus. Le seul ami de Ron était parti.

La gorge de Ron lui faisait mal. Il avait hurlé jusqu'à l'épuisement dans la salle où son rat avait été capturé. Il avait hurlé jusqu'à ce que ses forces l'abandonnent. Il avait hurlé jusqu'à ce que la voix de Peeves parvienne à franchir la barrière de sa rage assourdissante.

La voix du fantôme avait alors pu lui dicter ses prochaines actions.

"Sors-le de là. Donne-lui un enterrement digne de son nom."

Le corps de Ron avait dû obéir. Il s'était retrouvé près de la forêt, ses mains creusant la terre. Il ne savait pas combien de temps cela avait duré. À travers ses larmes, il ne voyait rien. Le monde était devenu flou. Tout était terne. Les couleurs avaient disparu.

Ron posa le corps de Croûtard dans le trou. À contrecœur, il le recouvrit avec la terre. Le pelage épars et décoloré de l'animal n'était plus visible, enfoui loin de la lumière de la lune.


Dans la nuit, de fines moustaches sortirent de la terre. Elles furent rapidement suivies par un museau et un corps affamé.

Profitant de la noirceur de l'heure tardive, le petit corps poilu s'enfonça loin dans la forêt.


To be continued !

J'espère que vous n'avez pas passé un trop mauvais moment... Je n'ai rien à déclarer aujourd'hui ! Pas d'explications douteuses à rallonger ou informations complémentaires à donner, waw, cela faisait longtemps ! J'espère que j'aurais pu vous arracher un petit rire (je compte généralement sur les jumeaux Weasley pour réussir cet exploit).

A la prochaine !