Le jour d'après

Le moral est plus qu'au beau fixe pour les légionnaires du camp. Observé les différentes prestations des comédiens leur fait un immense bien. Tous en profitent sauf un.

Nucleus se trouve toujours dans la tente de soin. Il se sent bien seul. Même le médecin est absent, profitant des spectacles comme les autres. Il s'ennuie à mourir.

- Pff, lâche-t-il, las d'être seul. J'aimerais bien en profiter aussi. Mais ce n'est pas avec ces blessures que je vais pouvoir bouger. Maudit atlante ! lâche-t-il de colère.

La colère monte en lui, mais elle finit par redescendre.

- Je me demande si cette dragonne dorée va mieux.

Il est dans ses pensées quand une ombre arrive à côté de lui.

- Bonjour, s'exprime la personne.

Nucleus est pris par surprise et lâche un cri de peur.

- Excusez-moi, lâche la personne. Je ne voulais pas vous effrayer.

- Vous êtes une des comédiennes ? demande Nucleus.

- C'est exact. Je me nomme Flammis.

La cadette du trio est à ces côtés. Nucleus se demande bien pourquoi elle est présente.

- Vous n'avez pas de spectacle à présenter ?

- Nous venons d'en finir un et nous profitons tous d'un peu de repos. Ce n'est pas facile de faire tant de présentation.

- Je suppose. Je n'en ai vu qu'à Rome avec mes parents quand j'étais plus jeune. Sinon, pourquoi êtes-vous venu me voir, Flammis ?

- J'ai entendu dire qu'un légionnaire ne pouvait venir profiter du spectacle. Je trouvais même cela fort peu appréciable qu'ils ne vous amènent pas avec. Un lit cela peut se démonter et se déplacer.

- Ha, ha, ha, ha ! rigole Nucleus à forte voix.

Son fou rire lui fait mal à sa poitrine.

- Donc, vous êtes là pour me faire une prestation personnelle ? demande Nucleus.

- Bien évidemment, s'exprime-t-elle enjouée, ne semblant pas avoir décelé le sous-entendu que Nucleus à donner. Nous sommes là pour remonter le moral à tout le camp et vous en fait partie.

Sur ces paroles, Flammis se met à danser avec ses habits dans la tente. Nucleus observe l'égyptienne danser avec grâce et beauté. Il ne peut que constater tout le cheminement et l'entrainement qu'elle sait donner pour en arriver là. Quand elle termine sa danse, Nucleus ne peut que la féliciter en applaudissant.

- C'était vraiment magnifique.

- Je vous remercie, dit-elle en s'inclinant.

Flammis s'approche de Nucleus. Ce dernier se met à rougir, ne semblant n'être habitué à avoir une jeune femme aussi proche d'elle, de surcroit aussi belle qu'elle.

- Un…Un problème, comédienne Flammis ?

- Eh bien…Cela ne vous dérange pas si je m'occupe de vos blessures durant notre séjour ?

- Je vous demande pardon ? s'exclame d'incrédulité le légionnaire. Mais vous n'êtes pas une médecin.

- Oui. C'est vrai. Cependant, je suis devenu bien malgré moi, la guérisseuse avec mes sœurs. Fournaisis s'est souvent blessées et moi-même, j'ai été plus d'une fois maladroite. J'ai appris sur le tas. Je peux au moins vérifier vos blessures les plus bénignes. Qu'en pensez-vous ?

Nucleus ne sait quoi penser. Il se dit que s'il accepte, tout le camp va se mettre à le maudire par son choix. Mais devant une telle jeune femme belle, généreuse et gentille, son cœur ne peut qu'accepter.

- J'accepte, finit-il par dire, le visage empourpré de gêne.

- Génial, s'exclame-t-elle de joie. J'ai hâte de nous revoir.

Elle embrasse sa main et souffle, comme pour lui lancer un baiser volant. Une fois parti, Nucleus se demande s'il est bien réveillé.

- Dieu Apollon, je vous en prie, ne me réveiller pas si je suis en train de rêver.

Les deux jours qui suivent, Flammis est revenu comme elle l'a annoncé. Elle prend soin de lui et la nouvelle dans le camp se repend comme une trainée de poudre. Plusieurs sont venus pour assister aux soins que Flammis donne à Nucleus. Certains sont même venus blessés pour se faire soigner par ses soins. Malheureusement pour ces derniers, elle les a tous rembarré.

Elle finit une dernière inspections des bras et jambes de Nucleus.

- Tu devrais bientôt de relever.

- Que j'ai hâte, lâche-t-il avec une certaine impatience. Je n'en peux plus d'être alité.

- Hi, hi, hi, hi. En tout cas, c'est admirable de ta part d'avoir pris soin de cette dragonne. Je ne pensais pas que les légionnaires pouvaient penser au bien-être animal.

- Je suis une exception, affirme Nucleus. Je l'ai de ma mère. C'est elle qui m'a appris à prendre soin des animaux.

- Elle a bien fait. Je suis comme vous. J'aime les animaux et les voir blesser me blesse profondément.

Ils discutent paisiblement, simplement. Nucleus se demande si Flammis est comme ça avec d'autre. Flammis va partir quand une personne pénètre dans la tente. Nucleus le dévisage, car il s'agit de l'atlante Hyapadcros.

- Que vois-je donc ? s'exprime l'atlante. Le puni batifole avec une fille des rues ? lâche-t-il avec mépris et véhémence.

- Je me nomme Flammis et je suis une comédienne ! s'indigne-t-elle.

L'atlante lui agrippe le menton et l'observe.

- Un tel maquillage n'est là que pour cacher le manque de confiance et l'introvertie de la personne.

- J'aime ça et lâcher moi !

- Comme tu veux, la fille des rues.

Il lui libère le menton puis la gifle. Flammis tombe au sol, surprise et incrédule. Elle lève la tête.

- Oui, voilà ta place comme toutes les autres femmes à ramper pour s'offrir aux hommes. De plus, tu n'es aucunement mon genre. Tu respires l'ignorance et la suffisance de l'apparence.

Des larmes commencent à s'écouler des yeux de Flammis. Si la douleur de la gifle y est pour quelque chose, les mots insultants de l'atlante y sont tout autant. Elle se relève et s'enfui en courant, en pleure. Ce dernier a le visage ravie.

- Sale monstre ! lui vomit Nucleus. Vous vous complaisez à rabaisser les autres comme si vous étiez supérieur.

- Oh, mais je suis supérieur à vous tous, manants. Je suis un atlante. En tout cas, j'espère que ma punition ta remplit un peu ta caboche vide.

L'atlante part, ravi de ce qu'il a commis. Nucleus, lui, est totalement bouillant de colère.

- Attend un peu…Dès que je suis remis sur pieds, je te colle mon poing entre les deux yeux !

Hyapadcros rejoint sa tente, ravie d'avoir pu exprimer ces émotions.

- Ce damné dragon noir…dès que l'on le capture, je lui ferais arracher ces yeux. On ne m'insulte pas comme ça.

Il se pose sur son lit et réfléchit. Il est tiré de sa réflexion par du bruit dehors. Agacé, il en sort. Le centurions et le décurion sont devant sa tente. Le centurion semble des plus mécontent.

- Que se passe-t-il ? On ne peut pas réfléchir tranquillement ?

- Cela se ferait si un certain individu n'avait pas blessé une des comédiennes venu de leur propre initiative pour nous soutenir.

- Ah, je vois, lâche l'atlante. Vous faite allusion à cette femme des rues que j'ai remise à sa place. Comédienne dites-vous ? Elle ne mérite pas de l'être. Elle ne respire pas l'intelligence et les manières de ce noble art. Vous me dérangez juste pour ça ?

- Oui, lui répond Caius Tousinclus froidement, car votre action a entrainé la foudre de son ainée. Mes légionnaires font de leur mieux pour la contenir.

- Amusant. Laisser-là donc venir, s'amuse Hyapadcros.

Le centurion accepte à contre-cœur. Fournaisis arrive, furibond, le visage remplit d'une vive colère. Elle tient dans sa main une lance et cette dernière n'est pas un élément de décoration. Il s'agit d'une véritable lance. Ses motivations sont aussi visibles que son comportement.

- C'est toi qui as blessé et insulter ma petite sœur ? dit-elle avec force et colère.

- Oui c'est moi. Je n'ai fait que la remettre à sa place. Entre-nous, ta sœur aurait plus de succès à offrir son corps qu'à faire comédienne.

Le visage de Fournaisis devient encore plus sombre devant les paroles de l'homme. Elle raffermit sa poigne sur sa lance.

- Mais, je devrais me corriger sur un point. Elle n'est pas la plus idiote. Non. Cela doit plutôt être vous qui devez avoir la tête vide. Venir ainsi, avec pareil comportement, laissant ses émotions guider les actes. Oui, j'ai devant moi l'archétype même de la guerrière aussi bête que ses pieds. Vous êtes tous comme ça dans votre famille ?

C'en était trop pour Fournaisis qui ne peut laisser de telles paroles rester impunis.

- Je vais te faire ravaler tes immondes paroles !

Elle s'élance, prête à le tuer. Mais, guider par son instinct, elle recule. A l'endroit où elle allait se trouver, une imposante patte noir s'abat. Le dragon noir défend son maitre en tant qu'esclave obéissant. Fournaisis ne perd pas courage ou détermination en le voyant. Elle s'élance à nouveau, mais le dragon l'envoi voler d'un simple mouvement horizontal de la queue.

Elle tombe lourdement au sol, sa lance brisée. Elle se relève difficilement, ne voulant pas renoncer à faire ravaler à l'atlante ses insultes envers elle et sa sœur.

- Fournaisis, arrête ! s'écrie une voix.

Fièvris, son autre sœur vient d'arriver. Elle est horrifiée de l'état de sa grande sœur. Néanmoins, elle se ressaisi.

- Fournaisis, tu es inconsciente ! Viens, je te ramène à la charrette. Flammis va te soigner.

- Non ! Cet être méprisable doit payer pour les insultes lancées à Flammis ! rétorque Fournaisis, toujours bouillante.

- Ipsa victoria est maxima victoriarum, lui dit sa sœur en latin. (La victoire sur soi est la plus grande des victoires)

Sa phrase fait tiquer l'atlante. Ce dernier pose son regard sur Fièvris et un sourire se dessine sur son visage.

- Que vois-je ? Une femme ayant de la culture et des connaissances ? C'est rare pour le souligner.

- Les belles paroles n'effacent pas les actes commis, lui réplique Fièvris.

La benjamine se lève et toise l'atlante. Ce dernier semble conquis par la beauté et l'intelligence de Fièvris.

- Je pourrais oublier l'acte inconsidérée de votre grande sœur si vous me faite le plaisir d'être présente dans ma tente.

- Jamais ma sœur ne s'abaisserait à pareille acte ! s'indigne Fournaisis.

- J'accepte, répond sa sœur.

Fournaisis dévisage sa sœur, incrédule. Elle allait répliquer quand cette dernière se penche vers elle.

- ''Grande sœur, n'oublie pas ce que nous devons faire. Puisque je semble assez attirante pour lui, je dois en profiter.''

- ''Mais quand même ! Tu veux laisser ces insultes envers Flammis impunies ?''

- ''Non, répond sa sœur de manière catégorique. Il paieras et crois-moi, je le ferais d'une manière encore plus douloureuse.''

- ''Fais attention, Fièvris.''

- ''Je serais prudente, grande sœur. Va. Flammis pleure qu'il t'arrive malheur à cause d'elle.''

- ''Compris.''

Fournaisis reviens sur ses pas, boitant, mais encore bien debout. Fièvris s'avance vers l'atlante, le visage noble et radiant de savoir et de sagesse. Ce derniers l'invite dans sa tente. Les romains sont pour le moins perdus par les événements. Le centurion leur demande d'aider Fournaisis à rentrer, malgré ses refus.

Une fois arrivée, sa petite sœur est déjà en train de la soigner.

- Fournaisis…Espèce d'idiote, dit-elle en pleurant tout en la soignant. Je t'avais dit de ne pas y aller.

- Flammis…dit-elle en lui caressant la joue, tu sais que je déteste que quelqu'un vous blesse. Surtout toi, notre petit rayon de soleil.

- Je…Merci grande sœur. Mais j'ignore si mes maigres connaissances vont suffire. C'est un miracle qu'il ne t'es pas coupé en deux.

- J'ai sauté en arrière juste avant qu'il ne me frappe. Même si je pense que cela n'a pas changé grand-chose. Dire que l'on était venu pour aider Latraviata et maintenant c'est moi qui aie besoin d'aide.

- De l'aide tu en auras, s'exprime Latraviata.

La tragédienne observe Fournaisis et elle souffle.

- Toujours lâ même, qu'importe le temps.

- Je ne risque pas ! dit-elle avec fierté.

- Mais, Latraviata, s'exprime Flammis, confuse, d'où l'aide va venir ?

- Elle est déjà là. Tu peux venir, Gloria.

L'aile de pluie se montre, tenant dans sa gueule un panier contenant des potions. Flammis oublie sa sœur et est captivée par la beauté de la dragonne.

- Quelle magnifique dragonne ! Je peux vous toucher ?

Gloria semble se raidir et Latraviata lui fait signe de ne pas le faire. Flammis est déçue, mais elle se ressaisit en prenant le panier.

- Cela provient du village ? demande Flammis.

- Oui, lui répond Gloria. Suite à la première visite de votre sœur, il fut décidé, avec l'approbation du conseil du village que cela soit moi qui aille à votre rencontre. Cela vous évitera les soucis de vous faire remarquer.

- C'est très sage, admet Fournaisis. J'ai entendu beaucoup de chose sur leur druide. Est-il si compétent que ça ?

- Je peux te l'assurer, lui répond Latraviata. Sur ceux, nous vous laissons.

Les deux laissent les deux sœurs.

- Comment te sens-tu Gloria ?

- Mieux. Beaucoup mieux. Seulement, dit-elle en observant le camp, j'ai toujours cette peine de voir Lassassin sous son contrôle. Je me demande s'il reviendra à la normal une fois que l'on aura libérer.

- Ne te tracasse pas, Gloria, lui assure Latra. Tu n'as pas changé malgré son contrôle.

- C'est vrai. Je suis assez, surprise, disons-le.

- Surprise pour quoi ?

- Comment te dire…Ces trois sœurs égyptiennes, leur nom est très similaire à ceux que je connais, Fournaise, Fièvre et Flamme. Le moins que je puisse dire est qu'elles ne s'entendaient aucunement.

- Parfois le hasard peut nous surprendre. Je pense que tu sais tout sur ce qui s'est passé aujourd'hui.

- Oui. Mais beaucoup aux villages aimeraient voir cet atlante parti.

- Je sais. Mais avant que tu partes, j'ai un message à faire passer à Astérix.

Gloria se demande ce que peut être ce message. Gloria devient rose quand Latra lui embrasse la joue.

- Ne l'oublie pas sur le chemin.

- Je…Je ne risque pas, dit-elle encore rose.

Elle se prend le temps de reprendre ses couleurs et s'envole. Latraviata est préoccupée. ''Fièvris, mon amie, soit très prudente.''