Deux mois se sont écoulés après la terrible bataille contre Hadès, le dieu et son armée avaient été entièrement décimés. Tandis que du côté d'Athéna, son armée ne se composa que d'une poignée de chevalier, les survivants de la guerre sainte, ils obtinrent un statut de légende parmi tous les apprentis. La première priorité dans les premiers jours fût de célébrer les obsèques des disparus, bien qu'il n'y avait qu'un seul et unique corps à bénir, tous les autres ayant étés réduits en cendre lors de leur vaillant sacrifice devant le mur des Lamentations, celui de Seiya, anciennement connu comme le chevalier Pégase. Seiya était devenu chevalier pour retrouver sa sœur Seika, son voyage funèbre prit fin face à Hadès, lorsqu'il s'interposa pour protéger une dernière fois sa bien-aimée et déesse Athéna. Son souhait fut réalisé néanmoins post-mortem puisque durant les obsèques, Seika était présente pour pleurer son frère. Une triste retrouvaille.
Le deuil dura deux mois, deux long mois à pleurer les disparus et à réunir les apprentis des chevaliers, on en dénombra uniquement deux, un jeune enfant sous la tutelle de Mû : Kiki, et un autre sous celle d'Aldebaran : Elnath, ils étaient tous deux âgés de huit ans, bien trop jeune pour endosser l'armure de leur maître et surtout bien trop inexpérimenté. Athéna chargea Jabu, chevalier de la licorne, et Geki, chevalier de l'Ours, de prendre la relève et d'entrainer les deux jeunes enfants. Elle ordonna ensuite à Nachi, chevalier du loup, Ichi, chevalier de l'hydre, et Ban, chevalier du lionnet, de remplacer la garde sous les ordres de Shaina, chevalier d'argent de l'Ophiuchius, pour empêcher toute intrusion, elle avait appris amèrement la leçon. Marine avait raccompagné Seika chez elle, une famille d'accueil l'attendait, son voyage aussi fut terminé, elle pouvait désormais vivre comme elle l'entendait. A son retour, Saori la désigna pour entraîner les soldats, et qui sait, l'un d'eux pourrait bien devenir un chevalier de bronze ou d'argent.
Sa principale erreur lors de la Guerre Sainte fut d'avoir volontairement diminué la force de son armée en désirant, naïvement, que ses plus fidèles protecteurs puisse vivre paisiblement loin de toute bataille. Cette fois-ci, elle prendrait les devants, s'excusant platement devant les survivants, elle demanda à Shiryu de remplacer son Maître, le jugeant prêt à endosser l'armure d'or de la Balance et d'abandonner l'armure du Dragon, Hyoga reçut la même promotion et laissa l'armure du Cygne devenir vacante pour prendre le relai de son maître Camus du Verseau. Quant à Shun, il avait refusé, préférant garder l'armure d'Andromède pour éviter que d'autres subissent le terrible entraînement qu'il avait dû suivre et devint son assistant afin de rester près d'elle en mémoire de Seiya. Ikki, lui, avait disparus avec l'armure du Phénix peu après les obsèques de son ami, les dernières nouvelles qu'Athéna eut vent fut qu'il était retourné sur son île où il se sentait maintenant chez lui.
La période de deuil passé, la nouvelle priorité d'Athéna fut de combler le vide important de son armée, surtout celui laissé par les chevaliers d'or, car avec deux gardiens uniquement, le sanctuaire se ferait envahir en une poignée de minute. Elle chargea Shun de prendre les fonctions de Grand Pope en intérimaire, le temps pour elle de trouver celui qui en serait le plus digne, elle avait d'ailleurs pensé à Shiryu qui avait hérité de la sagesse de feu Dohko, mais il refusa tout net, il était né pour le combat, pas pour rester les bras croisés. Le sanctuaire était maintenant si vide…
Shun s'était attelé à la tâche, de nombreux courriers de toute sorte jonchaient sur son pupitre pourpre, toutes adressé au bienveillant Grand Pope, le précédent et imposteur Saga, chevalier d'or des Gémeaux. Il fit des piles de lettres par catégories, les plaintes d'un côté, les compliments d'un autre et une dernière pour tout ce qui concernait l'administratif, il n'y avait pas à dire, être Grand Pope n'était pas de tout repos ! Shun s'avachit sur son siège tellement inconfortable, il sourit à l'idée que ce fut peut-être ce siège la principale cause de la folie de Saga. Son regard se posa sur ce qui l'entourait, des tableaux du Pope, des rideaux d'une hauteur vertigineuse pourpres aux contours dorés, devant lui le trône où il recevait ses visiteurs. Et à part ça, le vide, une aussi grande salle pour un trône et un bureau… Quel gâchis ! Il s'imagina décorer la pièce, au diable les tableaux de mégalomanes ! Des plantes pour raviver l'air, une fontaine d'eau non loin de l'entrée pour égayer les visiteurs et surtout rafraîchir la pièce car bon sang quel chaleur ! L'été était terrible, et ce n'était pourtant pas la canicule, mais des temples antiques, fermés, sans aucune aération, l'horreur ! Il n'était pourtant pas si compliqué que ça de faire fabriquer des fenêtres ! Shun soupira et reposa son regard sur la pile de lettre restant à lire. Encore une bonne centaine à vue de nez. Il soupira de nouveau.
Au bout de deux heures et demie, tiraillé entre folie et fatigue, il tomba sur une lettre étrange, adressé clairement à Saga et non à son titre honorifique. Le ton n'était pas cérémonieux comme les autres lettres mais vraiment personnel, une fois sa lecture terminé il fut si étonné qu'il en lâcha la lettre qui se posa délicatement sur le bureau, au dessus de la pile principale.
« Impossible…lâcha-t-il finalement, il prit la lettre et se précipita dans le temple d'Athéna, situé à l'arrière de celui du Grand Pope. C'est une grande nouvelle ! cria t-il à lui-même, il gravit les marches deux par deux et ouvrit les portes violemment ce qui fit bondir la déesse hors de son lit de pierre. Princesse ! De bonne nouvelle !
-Bon sang Shun ! Tu as failli me faire une crise cardiaque ! C'est vraiment inhabituel de te voir débarquer ici avec une telle fougue ! dit-elle la main posé sur son cœur encore sous le choc de son entrée fracassante.
-Excusez-moi mais écoutez plutôt ! »
Et il se mit à lire la lettre :
Les douze enfants que tu as sélectionnés sont en parfaite santé, ils suivent tous leur entrainement à la lettre, pour le moment seul trois d'entre eux se sont éveillé au septième sens mais ce n'est qu'une question de temps. Il faut dire que Némée, Brahma et Sephdal sont particulièrement impressionnant, je n'avais jamais vus de personne apprendre aussi vite que ces trois là.
Je dois t'annoncer toutefois que nous avions dû déménager, nous ne pouvons plus passer inaperçu ici, nous sommes désormais sur une île inhabité non loin des Palaos. J'ignore quels sont tes craintes, mais en cas de perte dans tes rangs, la relève sera juste derrière.
J.
« J. ? répéta la déesse. Une lettre servant de signature, une connaissance de Saga mais je ne vois pas du tout de qui il pourrait s'agir. Quoi qu'il en soit, il faut être extrêmement prudent, on ignore ce qu'avait en tête le chevalier des Gémeaux.
-Mais enfin princesse…
-Toutefois ! coupa Saori. C'est une piste intéressante, d'après la lettre, le camp d'entraînement devrait se trouver sur une île des Palaos. Dit à Sei… »
Elle se tût, Shun savait que Seiya et Saori s'aimaient, un amour impossible dû à leur rang respectif, la perte de Pégase était donc encore plus grande pour elle. Athéna se retourna pour faire face à ce bloc de pierre taillé pour servir de lit divin. Le siège du Grand Pope n'était plus aussi inconfortable en comparaison. Shun baissa les yeux pour contempler ses chaussures.
« Parle de cette lettre à Shiryu et envoie le là bas, dit-elle faiblement, forçant sur sa voix afin ne pas laisser transparaître ses émotions.
-Bien, répondit Shun en songeant à sa tristesse, bon sang elle n'avait pas à endurer ça seule, Seiya partit ils étaient encore là, eux ! Il voulut lui dire, il l'avait au bout de la bouche, mais en voyant une larme roulé le long de sa joue, il se retint, lui fit un signe de tête qu'elle ne verrait pas et sortit. »
Shiryu se trouvait dans le temple de la Balance, à une bonne trois centaines de marches. C'est une chose de gravir le sanctuaire une fois ou deux, mais y vivre en est une autre, toutes ces allées et venues, ce paysage identique, ces marches et encore ces maudites marches ! Au moins Shun pouvait prendre un peu d'air frais. Il profita de la vue un moment, même si à sa hauteur, tout ce qu'il pouvait voir était des nuages, des falaises et la monstrueuse horloge angoissante. Il se souvint des deux fois où il l'avait vu allumé, lors de deux batailles. Ah… Bataille sur bataille, guerre après guerre, un chevalier n'avait droit à aucun repos. D'ailleurs il en eut la preuve en arrivant au temple du Verseau, où son ami Hyoga était en pleine méditation laissant son cosmos refroidir entièrement sa demeure, un peu de fraicheur ! Mais mieux ne valait pas rester dans les parages, un chevalier du froid pouvait faire diminuer la température jusqu'au zéro absolu. Shun se précipita dehors et continua sa descente.
Il lui fallut une bonne demi-heure pour enfin parvenir à destination, il fallait avouer que les temples vides étaient plus faciles à traverser que lorsqu'ils étaient habités. Entrant dans le temple, il chercha du regard son ami, il le trouva à l'entrée, scrutant l'horizon comme s'il surveillait quelque chose.
« Shiryu ! Mon ami !
-Ah, Shun ! Bonjour ! Je ne t'ai pas entendu arriver.
-Désolé, tu dois jeter un œil la dessus ! dit-il en lui tendant la lettre, il la lit et au bout de quelque seconde.
-Bon sang ! Il faut absolument se rendre là bas !
-Et c'est justement toi qu'Athéna envoie, lança –t-il avec le sourire.
-Très bien, je pars sur le champ ! J'en profiterais pour retourner aux Cinq Pics en chemin. Shunrei me manque énormément.
-Fais attention à toi, dit Shun avec un sourire plus grand, l'amour sincère mais timide de ces deux-là était enivrant, il rêverait de la même chose ! »
Shiryu lui tendit la main, et le rassura en lui serrant la sienne. Le jeune chevalier d'or quitta son temple laissant Shun retourner à ses occupations.
Le voyage fut éreintant, Shiryu avait opté pour la discrétion, donc le déplacement ultra rapide à base d'explosion de cosmos était prohibé, après tout la lettre n'indiquait pas si les apprentis seraient des alliés ou des ennemis, autant ne pas révéler sa présence. Il prit dans un premier temps un bus jusqu'à l'aéroport d'Athènes en partance pour la Chine, de là il prit un autre bus pour rejoindre la montagne où abritait le passage pour rejoindre les Cinq Pics à pied. Quel dépaysement ! Fini les ruines, bonjour la flore ! Des cascades, des rivières, une végétation verdoyante, il donnerait n'importe quoi pour pouvoir vivre ici, mais il était un chevalier ayant juré fidélité à sa déesse, son devoir était donc de vivre au sanctuaire et d'être le gardien du temple de la Balance. Il emprunta un petit sentier caché par d'immenses buissons, un chemin difficile d'accès surtout quand comme Shiryu on devait porter une énorme boîte métallique faisant son poids avec à l'intérieur une armure tout aussi lourde, d'ailleurs une fois endossé l'armure devenait aussi légère qu'un vêtement, du moins en théorie, dans la pratique il fallait que l'armure acceptait son porteur comme étant digne, si ce n'était pas le cas, l'armure devenait un terrible fardeau. Fait étrange, certaine personne affirmait que les armures posséderaient une âme et qu'elles choisissaient elles-mêmes leur prochain porteur. En était-ce de même pour lui ? Il pensait avoir mérité l'armure du Dragon à travers un entraînement rigoureux, tandis que l'armure de la Balance était une sorte d'héritage, il n'avait suivi aucun entraînement spécial, l'armure l'avait sans doute jugé digne, ce n'était donc valable que pour les armures d'or ? Shiryu repoussa une branche et devant lui retentissait un bruit plus que familier. La cascade de Rozan. A son pied, au fond du petit lac formé par la puissance de l'eau, son ancienne armure sommeillait, elle avait d'ailleurs repris sa forme initiale, telle qu'il l'avait endossé pour la première fois. Que de souvenir. Devant la cascade, deux falaises se faisait face, sur l'une d'elle, surplombant l'autre, son maître avait pris pour habitude de se tenir assis pour le conseiller, au bout du petit chemin à droite de la seconde falaise, une petite maisonnette construite par son maître était à demi caché par les branches des hauts arbres. Elle se tenait là, près de la porte, un lourd panier rempli de fruit dans les mains. Elle le laissa s'échapper, faisant rouler les pommes rouges jusqu'au bord de la falaise, l'une d'elle alla même jusqu'au pied de Shiryu, le sourire aux lèvres, il la ramassa et rejoignit sa compagne.
« Me revoilà, dit-il simplement.
-Oh Shiryu ! Tu en as mis du temps pour venir me voir ! l'enguirlanda-t-elle, il faut dire que depuis la cérémonie funèbre, il n'avait pas eu le temps d'aller la voir.
-Pardonne moi, mes nouvelles fonctions me prennent tout mon temps, d'ailleurs aujourd'hui non plus je n'en ai pas beaucoup à te consacrer, j'ai profité de cette occasion pour venir te voir.
-Cette occasion ?
-Oui, une mission importante, on aurait retrouvé des apprentis chevalier qui pourrait combler le trou laissé par la dernière guerre. Et Athéna m'a désigné pour aller enquêter directement. Aux dernières nouvelles ils sont aux alentours des Palaos. »
Shunrei passa sa main dans ses cheveux, son air ennuyé, sa longue chevelure détaché et noire reflétant le soleil et ajouté à ça une tenue typiquement chinoise mauve, elle était vraiment magnifique, il regretta de ne pas pouvoir s'attarder longtemps. Shiryu s'excusa de nouveau avant de l'embrasser tendrement. La jeune fille était courageuse de vivre seul dans cette montagne, une mauvaise chute et personne ne serait là pour l'aider. Ils entrèrent finalement dans la maison sans dire un mot, le baiser avait pris de court Shunrei qui n'avait pas réussi à se débarrasser de ce rouge vif au niveau de ses joues. Elle alla préparer le thé qu'il préférait tandis que le jeune chevalier se détendit, il ignorait ce qui l'attendait, autant profité un peu de ce moment de relaxation.
Une heure s'écoula sans que les deux jeunes personnes s'échangèrent un mot, il parait qu'en de certaine circonstance, le regard pouvait remplacer une conversation normale, c'était sans doute ce qui arrivait en ce moment même. Shiryu se leva soudainement et mis sa boîte dorée sur son épaule, s'apprêtant à partir, Shunrei le retint par la main, se retournant vivement, il fut à son tour surpris par le baiser qu'elle lui rendit.
« Reviens moi vite…glissa t-elle à son oreille avant de l'étreindre avec tendresse.
-Promis. »
Et il partit.
De nouveau, le jeune chevalier de la Balance dut prendre le bus pour rejoindre l'aéroport pour s'envoler aux Palaos, il ne prit pas la peine de s'attarder sur le paysage, il prit la direction du port le plus proche à la recherche d'un petit bateau. Il trouva finalement un pêcheur qui accepta de lui louer un de ses bateaux pour une modique somme d'argent. Ce fut un voyage qui lui coûtait vraiment cher ! Toutes ses économies s'étaient envolés, pour le retour il n'aurait pas d'autre choix que d'utiliser son précieux cosmos. Embarquant sur le bateau, il chercha du regard les îles situés aux alentours, il put en voir une, sans perdre plus de temps il se dirigea vers celle-ci. La mer était calme, il ne fallu que peu de temps, une dizaine de minute, pour arriver sur la côte de l'île mais à première vue personne n'avait mis les pieds ici depuis des années. Et vus la taille de l'île, les apprentis n'étaient pas là. Quelle déception. Avec tout ce qui s'était passé, il allait apporter une mauvaise nouvelle à sa déesse. La mine affreuse, il fit demi-tour mais c'est à ce moment précis qu'il ressentit un puissant cosmos explosait. Ce cosmos ne venait ni de l'île, ni des Palaos, mais d'un peu plus loin. Il y avait une autre île ! Certainement non cartographié, la chance lui souriait enfin ! Il fit de nouveau demi-tour, heureusement que la mer était calme, il aurait plus d'une fois fait chavirer le pauvre bateau.
Le cosmos qu'il avait ressenti était agressif, la personne était engagée dans un combat. Juste au cas où, Shiryu endossa son armure, cela lui fit toujours une drôle d'impression de se balader avec une armure d'or au lieu de son habituel armure verte. L'île était en vue, il se dirigea vers elle, maintenant la pression sur la barre. Le bateau toucha terre, l'île était assez petite, on pouvait en faire le tour assez rapidement, tout comme la précédente. La première n'était qu'un vaste champ d'herbe et de palmier, tandis que celle-ci était une terre de désolation, des traces de combats évidents, du sang séché sur le sable et les palmiers calcinés ou déracinés. Il leva le regard et tomba sur des cadavres, ils étaient empilés sur trois tas, on aurait dit que quelqu'un s'était amusé à les placer ainsi pour facilité un comptage. Shiryu serra les poings et brûla son cosmos pour être sur le qui-vive. Une nouvelle explosion de cosmos se fit sentir, tout proche cette fois-ci, il se rua et suivit la trace de l'énergie jusqu'à tomber sur ce spectacle. Le genre de spectacle qu'on aimerait n'avoir jamais vus. Juste devant lui, trois personnes, deux hommes et une femme. Le premier était blond et avait les cheveux dressé à l'arrière, sa musculature était impressionnante mais n'égalait pas feu Aldebaran, le deuxième avait les cheveux mi-longs et noirs, plus noir que les siens, il était svelte et ses yeux étaient emplis de haine. Et la dernière avait quatre longues tresses allant jusqu'au bas du dos et des yeux marrons, elle semblait la plus calme des trois. Le blond et la femme étaient positionnés derrière celui à la chevelure d'ébène, sembla contempler son exploit. Le bras tendu, un homme au bout du dit-bras, le cadavre avait un trou béant dans le dos, laissant dégouliner une quantité incroyable de sang, et des intestins entièrement démêlés. C'était comme si à l'intérieur de son corps, le jeune homme torturer le pauvre défunt. S'apercevant de la présence indésirable de Shiryu, il lança le cadavre près de lui et s'essuya la main, un grand sourire sur les lèvres.
« T'es qui toi ? dit-il en continuant de se frotter frénétiquement la main droite.
-Shiryu, chevalier d'or de la Balance, répondit Shiryu machinalement. Qu'avez-vous fait ?...
-Oh un chevalier d'or ! Finalement ce vieux fou ne nous avait pas menti ! Bah, il est trop tard maintenant ! »
Il se mit à rire et se calma, tous trois dévisagèrent le chevalier de la Balance.
« Est-ce vous qui avez éliminez toutes ces personnes ?
-Et si c'était le cas ? répondit l'inconnu aux cheveux d'ébènes sur un air de défi.
-Je me devrais de vous éliminer, ici et maintenant.
-Ahah ! Tu ne sais donc pas qui nous sommes ? ricana t-il.
-Calme-toi, Sephdal, intervint la jeune femme. Nous n'avons pas été oubliés, c'est ce qui compte. Je vais prendre la relève, veux-tu ? elle n'obtint aucune réponse, mais poursuivit tout de même en faisant quelque pas vers Shiryu. Ne soit pas aussi menaçant chevalier. Je vais tout te raconter.
-Selon ta réponse, je devrais prendre des mesures. Il accompagna ses paroles avec une explosion de cosmos.
-Bien, dit-elle avec un rictus. Il y a eut une rébellion, ce cher Janzô que voilà, elle montra du doigt le cadavre fraichement tué avant de continuer, nous a fait suivre un entrainement infernale pour devenir d'après ses termes des Saints, sans nous en dire davantage, tu es le premier chevalier que nous voyons. Nous avons suivi cet entrainement sans nous plaindre, nous sommes tous parvenu à la fin de ce programme, même les plus faibles d'entre nous. Janzô a alors contacté le sanctuaire pour prévenir Saga de la fin de notre formation, il devait envoyer un chevalier d'or pour nous emmener au sanctuaire, comment s'appelait-il déjà ? Ah oui, DeathMask ! Mais personne n'est venu, nous étions coincé ici, car pas question de quitter l'île sans la permission de Janzô. Les mois passèrent, les vivres commençaient à s'épuiser. Jusqu'à aujourd'hui. La tension était au maximum, Janzô commençait à nous craindre et nous le faisait comprendre en nous enfermant et en nous torturant.
-Mais si tout ceci est vrai, pourquoi tous ces morts sur la plage ?
-Ce sont nous les rebelles. Les autres apprentis ont pris la défense de cette ordure, intervint Sephdal. J'ai pris beaucoup de plaisir à lui ôter sa misérable vie ! »
Le visage de Shiryu s'obscurcissait au fil et à mesure de l'histoire qu'il entendait.
« Nous en voulions qu'à Janzô, jamais nous n'aurions imaginés que les autres le défendrait, nous n'avons pas eu d'autre choix que de les éliminer. C'était eux ou nous, reprit la jeune femme.
-Pourquoi les avoir empilés dans ce cas ! hurla Shiryu peinant à croire les paroles de cette femme.
-Oh ça, c'est mon œuvre ! C'était important pour le décompte ! Ce salaud de Némée en a buté plus que moi, j'ai rassemblé après ceux de Brahma à côté pour voir combien elle en avait eu, ricana de nouveau Sephdal, pour Shiryu il était nettement pire que DeathMask.
-Sephdal !
-Oh arrête un peu Brahma, tu n'as aucun ordre à me donner, dit-il en faisant face à Shiryu. Tu n'as aucune intention de nous ramener pas vrai ? son ton était devenu menaçant, Shiryu le ressentait affreusement.
-Pas après ce que tu as fait, en effet, finit par dire Shiryu.
-Bien, ravi d'entendre ça. »
Sephdal se lança contre le chevalier de la Balance, le poing en retrait prêt à fendre l'air, Shiryu ne bougea pas et attendit le jeune homme de pied ferme. Il n'eut pas à attendre longtemps, le poing de Sephdal transperça la défense de Shiryu mais fut arrêter par l'armure d'or. Il avait sous-estimé la défense que procurait une telle armure. Shiryu profita de ce moment d'inattention pour décocher un coup de poing terrible dans son ventre qui le fit voler dans les airs droit devant lui jusqu'à s'écraser contre l'un des derniers palmiers. Sephdal cracha une gerbe de sang et se releva.
« Bon sang, tu l'emporteras pas aussi facilement !
-Rozan…commença Shiryu en faisant un moulinet avec ses bras jusqu'à amener son poing droit contre son flanc, Sho Ryu Ha ! »
Un énorme et furieux dragon fondit sur Sephdal, la puissance était telle qu'il balaya tout ce qui entourait le corps céleste du dragon. S'il se prenait cette attaque, Sephdal perdrait la vie, ce fut si fulgurant qu'il ne pourrait l'éviter, il le savait, sa vie allait s'achever dans une petite seconde.
Une explosion de lumière eut lieu, suivi d'un lourd fracas métallique, un épais nuage de sable s'était formé. Impossible d'y voir quelque chose, il fallait attendre. Au bout d'une minute de silence, Shiryu écarquilla les yeux, devant lui se tenait fièrement une armure d'or qui avait protégé l'insolent. Et il connaissait très bien cette armure d'or.
« Sei…Seiya ?! bégaya Shiryu. »
L'armure d'or du Sagittaire qui avait tant de fois sauvé Seiya de la mort imminente venait de faire son apparition et avait sauvé Sephdal, pourquoi diable le sauver ?! L'avait-elle reconnu comme digne successeur ?! Son agressivité disparut quand dans le ciel, deux autres points lumineux arrivèrent, deux autres armures d'or. La légende était donc vraie. L'armure d'or choisit son porteur, peu importe l'arrogance qu'il pouvait faire preuve. Devant lui maintenant, il y avait trois chevaliers d'or, Brahma de la Vierge, Némée, le silencieux, du Lion et ce maudit Sephdal, entachant la mémoire d'Aiolos et de Seiya, du Sagittaire. Il devait s'y résoudre, les armures ont parlés, il n'avait plus son mot à dire, surtout depuis l'interdiction formelle d'Athéna qui empêche le combat entre deux de ses chevaliers. Serrant les poings et la mâchoire, il articula difficilement :
« Le bateau est accosté sur la plage. »
Dans une puissante déflagration de cosmos, Shiryu disparut en laissant les trois nouveaux chevaliers seuls sur l'île.
« HERMES ! »
Cette voix venait d'un des temples du Mont Olympe, celui du dieu de la guerre. Le messager des dieux arriva rapidement, d'ailleurs personne ne pouvait rivaliser avec lui en termes de vitesse.
« Héphaïstos a-t-il terminé ma commande ?
-Non, forger une arme divine requiert énormément de temps, alors pour les généraux Berserkers, cela risque de prendre plus longtemps que prévu. »
Une colonne de flamme frôla le visage du dieu voleur.
« Toutefois, il a finis d'améliorer les armures des infanteries Berserkers.
-Et mon armure ?
-En cours. Héphaïstos réfléchit sur le moyen de la rendre plus puissante comme tu l'as très chaudement recommandé.
-Bien. Très bien. Le vieil homme est très utile. Grâce à lui, mon armure sera plus résistante que celle d'Hadès, je ne risque pas de subir le même sort que lui.
-Plutôt inhabituel pour le dieu de la Guerre d'agir avec autant de stratégie, se moqua Hermès.
-Idiot ! Athéna a toutes les cartes en main pour remporter toutes les batailles, Niké, la déesse de la victoire est avec elle, représenté par son sceptre. Je n'ai aucune chance sans un minimum de stratégie. Du moins, tant qu'elle sera autant protéger. »
Le rire du dieu de la Guerre retentit dans tout l'Olympe, il prenait son temps, son plan était minutieusement préparé, et il savait qu'Athéna était toujours en train de panser ses blessures. Le moment idéal.
« Régiment du Feu Rouge, allez-y ! »
A peine l'ordre fut donné que des flammes rougeoyantes jaillirent du sol nuageux de l'Olympe pour se diriger sur le domaine terrestre.
Une nouvelle guerre commença.
