Salut à tous ! Nouveau chapitre un peu en retard dû à des soucis d'ordi... Bref, le plan d'Arès est en marche, la guerre entre dans une nouvelle phase ! N'hésitez pas à me laisser des commentaires pour me donner vos impressions, sans quoi je ne pourrais pas m'améliorer pour rendre ce récit plus agréable ^^ Bonne lecture ! ;)
Les temples de l'Olympe tremblèrent en rythme au rire assourdissant du roi des dieux. Celui-ci observait intensément le déroulement de la bataille. Le début fut classique au grand désarroi de Zeus, en effet Arès commençait toujours ses batailles avec Athéna de la même façon. Tout d'abord il envoyait un message fort en détruisant la statue de la déesse, puis il envoyait toujours l'un de ses régiments faire du grabuge dans le monde des humains pour semer la discorde chez eux et ainsi entamer une guerre d'ampleur mondiale. Ensuite, il continuait sur sa lancée et envoyait un autre régiment afin de semer la terreur. Et pour finir il lançait ses quatre régiments sur le sanctuaire d'Athéna pour éradiquer ses protecteurs avant d'échouer lamentablement. Mais cette époque ci offrait son lot de nouveauté. Un chevalier d'or venait d'être vaincu par le régiment du Feu Rouge. Etait-il encore vivant ? Il l'ignorait, Hadès avait placé une barrière pour empêcher les Olympiens de jeter un œil dans sa réserve d'âme. Toujours est-il que la guerre venait de commencer. Un spectacle exquis pour le seigneur foudroyant.
Sa contemplation fut troublé par Hermès qui venait au rapport, ah ce dieu des voleurs, quelle plaie d'avoir un fils pareil !
-Père, dit-il solennellement.
-Ne perds pas de temps en salutation inutile, dépêche toi de me faire ton rapport et va t-en.
-Arès a demandé à Héphaïstos de renforcer l'armement de ses régiments ainsi que la sienne, il désire résister à la puissance d'un dieu et en terrasser un afin de ne pas subir le même sort que son oncle.
-Hm ? Que dis-tu ? dit Zeus en décrochant son regard de la terre pour pointer ses yeux sur ceux d'Hermès. Bien, je rendrais visite personnellement à Héphaïstos. Cela faisait longtemps d'ailleurs, je me demande s'il est toujours sur cette île. Va maintenant.
Hermès obéit et disparus aussi vite qu'il était apparu, et Zeus reprit sa contemplation tout en gardant en tête cette nouveauté, le destin était immuable, chaque chose se répéterait sans cesse. Ainsi le chevalier Pégase se réincarnerait un jour, combattrait aux côtés de valeureux compagnons et périrait des mains d'Hadès, encore et encore. Pour cela, il savait qu'Arès perdrait la guerre s'il continuait inlassablement de suivre les mêmes stratégies, toutefois de nouvel élément venait d'entrer en jeu, qui sait maintenant ce qu'il se passerait.
Fraîchement débarqué aux abords du sanctuaire grâce à leurs nouveaux pouvoirs, Sephdal, Némée et Brahma entamèrent la longue ascension des douze maisons du zodiaque, normalement habités par les douze gardiens les plus puissants d'Athéna, le dernier rempart avant la déesse. Jusqu'à alors apprenti mais possédant tous de puissant cosmos, ils étaient enfin parvenu à faire parti de l'élite des chevaliers. Sephdal du Sagittaire, Némée du Lion et Brahma de la Vierge, cette dernière était d'ailleurs l'une des rares femmes chevalier du sanctuaire, en effet elle n'était qu'à peine trois. Non pas que les chevaliers soient sexistes, ni même parce que les femmes étaient plus faible que les hommes, d'ailleurs il fallait mieux ne pas se mettre à dos Shaina ou Marine, la raison est simple d'ailleurs, peu de femme désirent devenir chevalier, risquer sa vie et quand l'une d'elle devient apprentis, l'entrainement qui s'en suit est si difficile que beaucoup échouèrent, tous comme les hommes. Une femme au sanctuaire apporte souvent un peu de fraîcheur même si la règle obligeait le port d'un masque. Pour quelle raison ? Plusieurs en fait, mais la principale fut d'empêcher toute relation pouvant entraver un chevalier lors d'une mission. C'est pourquoi la deuxième règle instaurée était d'épouser ou de tuer l'homme qui aurait découvert son visage. Toutefois, même si Brahma connaissait ces règles, elle avait toujours refusé de les appliquer, elle était fier de son magnifique visage, son teint mat, ses beaux yeux marrons, au diable leurs règles, elle n'allait pas sacrifier sa beauté et porter un masque froid ! Et qu'ils essaient pour voir !
Le sanctuaire en revanche manquait de charme, tous ces temples antiques, se ressemblant les uns des autres à part leurs formes, mais au fond mis côté à côté ça ne faisait pratiquement aucune différence. Du temple, vide, du Bélier on pouvait voir les escaliers par delà la montagne où était construit le sanctuaire, montant jusqu'au nuage. Ils soufflèrent tous trois mais ils devaient voir Athéna pour se présenter maintenant qu'ils étaient chevalier d'or, ils étaient en droit de recevoir une mission de la déesse.
Ce qui les étonnèrent le plus fut de ne trouver personne dans les temples, où était passé cette tête brûlée qui les avaient menacé sur l'île ? Au bout de plusieurs heures d'escalade, ils parvinrent au temple du Grand Pope, vide lui aussi. Ils virent au fond de la pièce un énorme rideau et en dessous un passage situé pile derrière le trône. Ils l'empruntèrent en se demandant bien pourquoi personne n'était là pour les accueillir, s'était-il passé quelque chose ? Serait-ce un piège ? Sephdal prit la tête de la marche, prêt à bondir au cas où. Ils approchèrent doucement, posant un pied devant l'autre, proche des torches et de leurs parfums d'huile brûlé. Tout doucement. Tous sursautèrent en entendant un bruit sourd, le genre de bruit qu'on pouvait entendre quand un rocher explosait. Puis des voix s'élevèrent, ils tendirent l'oreille et masquèrent aussitôt leur présence.
-Hyoga, calme-toi !
-Ce maudit Arès ! Nous narguer de la sorte ! hurla celui qui se faisait appeler Hyoga.
-Oui mais rajouter des ruines à ce décor ne nous mènera à rien…
-Bon sang, manipuler les hommes pour qu'ils se fassent la guerre…dit une voix familière, oui c'était la voix de cette tête brûlé de Balance. Que pouvons-nous faire, Athéna ? rajouta t-il.
-Rien malheureusement… Les humains se sont affrontés maintes fois ces dernières années, nous ne pouvons qu'éviter que des chevaliers prennent part à cette guerre et de combattre les Berserker qui pourraient nuire à nouveau.
Voyant que tout danger était écarté, le groupe s'annonça, sous le regard furieux de Shiryu, il n'avait toujours pas digéré leur soudaine promotion.
-Hé mais si ce n'est pas notre ami la tête brûlée ! lança Sephdal à l'attention de la Balance qui resta silencieux.
-Qui êtes-vous ? interrogea Hyoga.
Tous trois regardèrent Athéna et s'approchèrent d'elle, éludant la question de Hyoga, ils s'agenouillèrent devant elle, car tel le voulait la procédure.
-Sephdal, chevalier d'or du Sagittaire, dit-il humblement.
-Brahma, chevalier d'or de la Vierge, prête à vous servir ma déesse.
-…Némée du Lion… dit-il doucement.
Némée était le genre de personne introvertie, n'aimant pas la foule, il ne parlait jamais inutilement. D'ailleurs, d'aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, il avait toujours vécu seul, même lorsque Janzô l'avait emmené pour subir ce terrible entrainement. Il ignorait encore pourquoi Sephdal et Brahma se sont liés d'amitié avec lui, lui qui était si mystérieux.
-Relevez-vous, mes chevaliers. Votre présence est certainement l'œuvre du destin car comme vous l'avez remarqué, le sanctuaire est au plus mal, alors trois chevaliers d'or de plus… Bien qu'encore insuffisant nous pourrons stopper Arès en cas d'attaque.
Athéna raconta alors à ses nouveaux chevaliers ce qui s'était passé le temps de leur voyage. Une armure d'or s'était envolé dans le ciel rejoindre son porteur, plusieurs explosions dans le monde détruisirent des monuments sacré, les humains se rejetant la faute entrèrent en guerre. Tout ça en l'espace de quelque heure. Nul doute qu'Arès y était pour quelque chose dans le comportement des hommes. Et ce n'était que le commencement.
-Bien écoutez moi, mes chevaliers ! Hyoga, Shiryu et Shun s'agenouillèrent à leur tour, écoutant les paroles d'Athéna. Vous êtes maintenant cinq à protéger le sanctuaire en arborant une armure d'or. Pour le moment reposez vous dans vos temples respectifs, vous en avez certainement besoin vus vos blessures et votre fatigue, faites toutefois attention à ne pas relâcher votre vigilance, une attaque peut surgir n'importe quand. Shun, quant à toi, finis le travail que je t'avais confié au temple du Grand Pope.
-Bien, répondirent les chevaliers à l'unisson avant de se séparer.
Shiryu laissa les nouveaux chevaliers d'or prendre de l'avance dans la descente de la montagne, il agrippa le bras de Hyoga pour lui parler.
-Je ne leur fais pas confiance. Ce Sephdal a un cosmos bien trop sombre pour faire partie des nôtres. Il me fait penser à DeathMask.
-Sephdal hein ? Personnellement il me ferait plus penser à Seiya… en bien plus dément. Non celui qui m'intrigue le plus est ce silencieux Némée. Tu as dis que lorsque tu les as trouvés, ils s'étaient entretués, Sephdal t'as même annoncé que Némée avait participé au combat. Alors explique moi pourquoi il est le seul à n'avoir aucune égratignure, non même sans tenir compte de ses vêtements, il n'a aucune trace de poussière alors que les deux autres sont sales et légèrement blessés.
-Maintenant que tu en parles… J'ai été tellement absorbé par lui que j'en ai oublié les deux autres. Nous devrions garder un œil sur eux.
-Hm, occupons nous d'abord d'Arès, mais si jamais ils tentaient de nous trahir, nous n'aurons qu'à les éliminer en même temps que ce maudit dieu.
Shiryu garda le silence et laissa Hyoga dans son temple, le sien était bien plus bas, il passa à côté des trois nouveaux chevaliers d'or en fusillant Sephdal du regard qui s'étaient arrêtés au temple du Sagittaire, une heure plus tard il était arrivé au temple de la Balance.
Sephdal pouffa de rire, Némée lui demeurait silencieux quant à Brahma elle observa l'horizon.
-Ah ah, nous allons nous plaire ici ! annonça Sephdal plein d'assurance.
-Nous ne sommes pourtant pas la bienvenue, rétorqua Brahma.
-Bah ce n'est que ce Shiryu qui nous en veut, la déesse nous a accepté, il n'a pas d'autre choix que de s'y faire. Et puis, si l'envie d'un combat le démange vraiment, je me ferais une joie de l'éclater !
-Tu as déjà perdu contre lui… fit remarquer Némée.
-Ah ! La ferme ! J'avais pas d'armure à ce moment ! Mais maintenant que j'ai cette armure rien ne m'arrêtera ! dit-il en posant la main sur l'urne contenant l'armure d'or.
-Fais juste attention à toi, s'inquiéta Brahma. Nous ne sommes plus seuls désormais, mais à peine arrivés que nous sommes déjà en guerre.
-Apparemment on peut rien faire de plus qu'attendre, bah attendons et voyons ce qui se passe ! Pour l'heure, restons ensemble comme au bon vieux temps.
Tous trois se regardèrent et sourirent, ils venaient de finir leur épuisant entrainement, le soleil commençait à se coucher tandis qu'ils se racontaient des anecdotes de leurs vies.
Cette nuit là, toutes les personnes du sanctuaire firent le même rêve. Un rêve d'une réalité saisissante, la scène se déroulait ici même au sanctuaire, Arès se tenait, lance à la main, victorieux devant la statue détruite d'Athéna, derrière lui se tenait les généraux de son armée caché dans l'ombre des falaises. Et devant lui, les chevaliers d'or, Athéna, les chevaliers de bronze et d'argent, tous étaient là subissant mille et une tortures. La douleur fut si réelle qu'on n'aurait peiné réalisé qu'il s'agissait d'un simple rêve. Des coups de poignards, de lance, des membres arrachés, le sang coulait à flot sans que jamais la mort vienne les délivrer. Tous hurlèrent de douleur, un cri étouffé par le rire simultané de l'armée du dieu de la Guerre.
La scène changea pour montrer les innombrables massacres que la nouvelle guerre mondiale avait causés, toutes ces ruines qui étaient auparavant de majestueuses villes. Les quelques survivants étaient de pauvre orphelins pleurant à chaude larme, tenant dans leurs petites mains la tête de leurs parents adorés. Tel serait le monde si Athéna venait à perdre cette bataille, le message était clair et se suffisait pour redonner du courage. Seulement le rêve recommença, puis encore une fois, telle une vidéo que l'on visionnerait inlassablement...
Une fois réveillés, aucun n'avait le sentiment de s'être reposé, non en fait, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sommeil n'avait pas été réparateur. Tous avaient encore la fatigue accumulée la veille. Mais le plus troublant fut ce sentiment de malaise, de vive douleur imaginaire, comme si ces tortures avaient été réelles.
L'alarme retentit aussitôt dans tout le sanctuaire, des intrus venaient d'être repérés. Chacun vint se positionner devant son propre temple, tandis que Brahma et Némée se ruèrent dans le leur. En première ligne, dans le colisée du sanctuaire, là où Seiya avait acquis l'armure de Pégase lors d'une lutte acharnée l'opposant à son disciple, Shaina attendit. Elle était accompagnée de chevalier de bronze qu'elle entraîna pour améliorer leur niveau. Manque de chance, ils étaient exténués. Face à eux, trois personnes portant de long manteau rouge sombre, visage complètement masqués par la capuche.
-Quel charmant endroit, nargua le plus à gauche.
-L'heure n'est pas à la contemplation, Aegar, répondit celui au centre.
-Ah bon ? Et ce serait toi qui m'empêcherait de m'exalter de cette splendeur ? répondit le dénommé Aegar. De plus tu m'as privé du plaisir à me présenter à nos chers amis.
-Ne commencez pas tous les deux. Nous avons du boulot, s'interposa celui à droite.
-Mais bon sang, qui êtes-vous ? dit Shaina en perdant patience.
-Nous ? Ah ah, rien de plus que les calamités, répondit Aegar sur un ton hautain.
Sur ces mots, ils disparurent laissant pantois les chevaliers. Pensant être tranquille, ils furent aussitôt encerclés par des centaines de personne en armure verte, tous avaient un casque recouvrant entièrement leur visage. Dans un cri mêlé d'excitation et de colère, les nouveaux arrivants sautèrent dans les airs, poing en avant pour s'abattre sur le groupe d'athéniens. Chacun explosa son cosmos pour combattre, Shaina transperça un homme qui disparut aussitôt. Une illusion ? Dans le doute, elle continua son attaque sur d'autre homme mais arriva au même résultat. Elle s'arrêta et observa les illusions apparaître et disparaître dans un rythme effréné.
-Ban, Ichi, Nachi, ne gaspillez pas votre cosmos ! Ce ne sont que des illu…
Elle eut alors le souffle coupé, sous ses yeux, l'un des hommes venait de lui enfoncer son poing dans le ventre. Elle le frappa à son tour et il disparût. Ce ne serait pas des illusions ? Que se passait-il ici ? Shaina esquiva un coup de pied qui frôla de peu son visage, elle sentit, malgré son masque, le vent qu'avait produit cette attaque. Elle essaya alors de sentir le cosmos l'entourant mais n'en vit pas la moindre trace, pourtant toutes ces personnes en armure verte en étés dotés. Il était impossible qu'ils aient tous la capacité de masquer leurs cosmos à ce point, il y avait quelque chose derrière. Elle vit Ban succombé le premier aux coups répétés, suivis de Nachi qui s'était porté à son secours. Ichi sombra à son tour après s'être battu comme un diable. Shaina se retrouva seule.
Geki arriva au colisée, il venait de finir sa ronde qui s'étendait du cimetière jusqu'au village Rodorio comme l'avait ordonné Shaina. Comme d'habitude, il n'y avait pas d'intrus, aucun danger, si ce n'est cet homme qui harcelait une jeune femme pour l'inviter à boire un verre, celle-ci refusait mais lui devenait plus insistant, il avait dû calmer le jeu. Geki était désormais célèbre dans le village, il était l'un des légendaires Saints qui avait survécu à la guerre contre Hadès même si son rôle avait été minime. Il avait néanmoins risqué sa vie sans hésiter avec ses compagnons pour protéger la sœur de feu Seiya. C'est à ce moment qu'il entendit l'alarme retentir, sans perdre de temps il s'était rué au colisée, là ou le cosmos de ses amis rugissait.
Il vit ses amis ensanglantés, allongé au milieu du colisée, et Shaina debout, la moitié basse de son masque détruit, se tenant le bras droit. Elle était exténuée et affrontait… personne ? Un garde était aussi présent peu devant lui, il était terrorisé, Geki s'approcha de lui et entama la conversation.
-Toi ! Dis-moi tout, que s'est-il passé ?!
-Elle les a tué… dit-il au bout de quelque seconde de silence.
-Que dis-tu ?
Le garda tourna son visage inexpressif vers Geki, il semblait avoir vus un fantôme.
-Je l'ai vu… Shaina… Elle s'est mise à combattre ses alliés… D'abord son attaque électrique, puis des coups répétés sur Ban… Nachi a tenté de l'arrêter mais il s'est fait avoir lui aussi...Ichi s'est bien battu, mais… Ils se sont relevés pour l'affronter mais le résultat est là…
-Pourquoi aurait-elle fais ça ?
-Je n'en sais rien, quand je suis arrivé Shaina était avec eux, c'est là que tout a commencé…
Geki laissa le soldat se remettre de ses émotions et avança doucement au centre du colisée, descendant les marches une par une, lentement, sans faire de mouvement brusque. Arrivé à quelque mètre de la femme, celle-ci pointa son bras gauche vers lui, elle se mordait les lèvres si fort qu'elle en saignait.
-N'approchez pas ! Thunder…
-Bon sang Shaina c'est moi ! Geki !
-Claw ! cria-t-elle semblant ne rien entendre.
Fort heureusement pour Geki, elle était exténuée, son attaque chargée d'électricité s'en retrouvait ralentie et affaiblie à tel point que même lui pouvait aisément l'esquiver.
-Prise d'hallucination ? il para un coup de pied et pris ses distances. Pardonne-moi Shaina.
Faisant rugir son cosmos, Geki s'approcha vivement, se baissa quand le poing de la femme le menaçait et asséna un puissant coup de poing dans son ventre. Il pouvait être fier de la force physique de ses bras, il était maintenant le plus musclé du sanctuaire depuis qu'Aldébaran fut assassiné dans son temple. Sous le choc du coup, Shaina perdit connaissance dans les bras puissants de Geki.
Un applaudissement résonna dans l'arène, Geki se retourna et là où se trouvait le soldat quelque instant plus tôt, il y avait désormais trois silhouettes, dont un plus en hauteur que les autres, ce fut celui-ci qui applaudissait.
-Fort divertissant, n'est-ce pas ? Quel dommage que ce soit finis ! Cette guerrière au sang chaud en avait dans le ventre, elle s'est battue comme une furie sans savoir qu'elle s'en prenait à ses compagnons ! Ah ah !
-Qui êtes-vous ? demanda furieusement Geki.
-Ah ? Garde ta langue, toi ! lança t-il à son compagnon plus bas. Je peux me présenter comme il se doit ! Je me nomme Aegar, Berserker de la confusion du Régiment de la Calamité Verte.
-Tu es donc responsable de tout ça…
Dans une explosion de cosmos enragé, Geki posa Shaina délicatement sur le sol avant de charger comme un damné le Berserker. La scène qui suivit fut expéditif, un son tonitruant, celui du coup porté par Geki mais stoppé comme par magie, il était paralysé, puis Aegar riant aux éclats quand l'un des deux compagnons conclut le combat. Un trio fabuleux.
Cette vague de folie avait atteint aussi une certaine île, déjà réputé pour sa cruauté, résidence première de l'antique armure du Phoenix qui n'avait trouvé aucun porteur jusqu'à ce jeune garçon. A lui seul, il avait non seulement acquis la légendaire armure mais aussi complètement changé l'île en la conquérant. Ikki, tel était son nom. Ikki avait vaincu les chevaliers noirs, les avaient rallié à lui, puis avait instauré un climat de terreur sur l'île pour être respecté et empêché tout autre massacre inutile. Hélas depuis quelque jour la folie était de retour sur cette île, Alisha en était d'ailleurs la première à en être témoin. Jeune fille âgé d'à peine dix ans, elle vivait avec ses deux parents sur une partie de l'île où le volcan ne menaçait pas en permanence leurs vies. Doté d'une grande beauté et d'une brillante chevelure brune coupé court. Malgré les apparences, elle n'était pas du genre à se laisser faire, courageuse voire complètement casse-cou, elle n'hésitait pas à remettre à leur place les enfants plus âgés qu'elle et au combien plus costaud.
Mais aujourd'hui, quelque chose clochait, il n'y avait pas d'école sur Death Queen Island, pour s'occuper les enfants s'inventer des jeux, des défis ou se lancer dans des petites aventures. De retour de sa petite escapade sur le volcan, où l'un des garçons du petit village avait parié qu'elle ne cueillerait pas une fleur volcanique, elle ne vit plus personne dans le village. Elle rentra chez elle, dépitée, et découvrit la porte d'entrée grande ouverte, un oubli était inenvisageable de la part de ses parents. Elle entra prudemment et entendit la voix de son père.
-…ton compte maintenant…
Le sourire aux lèvres, elle s'aventura dans le salon, là où se trouvait son père, maintenant rassurée. Grave erreur, un sourire malsain était figé sur le visage de son père, il était méconnaissable, ses rides accentués son regard fou, elle descendit son regard et vit sa chemise blanche teinte de rouge. Plus bas un couteau lui aussi teinté de rouge, un rouge différent de la lave du volcan, et cette odeur répugnante, qu'est-ce qui pouvait sentir aussi mauvais ? Elle baissa lentement les yeux, avec cette voix dans la tête qui lui hurlait de fuir cette maison et de ne surtout pas regarder. Elle n'obéit pas à cette voix imaginaire. Et elle la vit. Dans sa belle robe pourpre, elle était là, allongée sur le sol, baignant dans une répugnante flaque, du sang. Sa mère. A cet instant, elle fut submergé par de chaude larme, ce fut d'ailleurs la première fois qu'elle en versa, d'abord étonnée, elle posa sa main sur sa joue pour sentir ce liquide chaud et salé. Sa tendre mère était morte. Ses jambes furent tétanisées, elle était dans l'incapacité de bouger, son corps refusant de l'obéir et qui l'obligeait à regarder ce corps inerte. Le monstre qui était son père il y a encore quelque heure se tourna vers elle.
-Ma chérie, dit-il en léchant le sang sur la lame effilée de son couteau.
Alisha était paralysée par un sentiment mêlée de peur, d'incompréhension, se demandant si ce n'était pas juste un rêve. Mais la douleur qui suivit en vomissant lui confirma qu'il s'agissait bel et bien de la réalité. Elle venait bien de perdre sa mère, pourquoi diable l'avait-il tué ? Elle essaya de parler, de demander à ce monstre la raison, mais aucun son ne sortit, elle était là, face contre terre, régurgitant son repas. Son père s'approcha d'elle, il lui tira les cheveux en arrière pour contempler le visage de sa si jolie fille. Ah quelle était belle dans sa jolie tenue, un débardeur gris avec un pantalon de cuir marron. Il lui caressa le visage avant de poser sa lame sur la carotide, prêt à lui trancher.
-Ma chérie, répéta t-il. Ma douce, douce chérie.
Elle remarqua alors le vide dans ses yeux, comme s'il avait été vidé de son âme. Dire que tout était magnifique le matin même. Que faisait-il maintenant ? Il s'apprêtait à la tuer. La tuer ? Elle ? Alisha regarda à sa gauche mais ne trouva que les meubles poussiéreux, sa mère n'avait pas eu le temps de faire le ménage, à droite, le fauteuil de son père, il avait mainte fois répété que personne à part lui avait le droit de s'y asseoir. Elle allait donc mourir, comme sa mère ? Dix ans, c'était beaucoup trop jeune ! Un bruit sur le toit de la maison détourna l'attention du père, la fillette en profita pour se dégager et sortit de la maison. Elle couru aussi vite qu'elle le pouvait, ne se retournant sous aucun prétexte, n'écoutant pas son père l'appeler. Ce qu'elle pouvait détester son prénom à cet instant ! Les larmes l'aveuglèrent et elle ne vit pas le gros caillou qui roula sous son pied, elle perdit équilibre et tomba lourdement sur le sol, se griffant sévèrement les bras et les jambes. Elle se releva sans perdre un instant mais le rire dément de son père l'alerta, il était très proche, vite. Elle se releva, tituba, sa cheville était foulée, ce n'était pas le moment ! Et son père qui s'approchait de seconde en seconde. Il était là, juste derrière elle, vite. Elle vit devant elle le volcan de l'île, calme, elle connaissait bien l'endroit, elle y avait même établis une cachette dans l'un des cratères du volcan, l'entrée protégé par un immense rocher qui bloquait en cas d'éruption la coulée de la lave. Personne ne connaissait cet endroit sauf elle, vite, il approchait.
Elle s'apprêta à gravir la pente qui l'amènerait à son lieu sacré mais une main rugueuse l'attrapa par les cheveux pour la tirer violemment en arrière, tombant sur les fesses. Son père l'avait rattrapé, c'était la fin.
-Ma chérie, que tu es belle. Comme ta mère, belle et douce, comme ta mère. Laisse-moi te goûter ma chérie. Oui comme ta mère, laisse-moi te gouter. Ne résiste pas, non, pas comme ta mère, laisse toi faire.
Il était fou, il n'y avait pas d'autre mot pour le qualifier. Il leva bien haut son couteau, la lame resplendissait en reflétant la lumière du soleil, un si beau spectacle avant de mourir. Elle ferma ses yeux emplis de larmes et attendit son sort, elle ne chercha plus à lutter, elle avait perdue pour la première fois. Elle qui était si forte, si courageuse, sa vie allait s'achever par la main de son père, quelle triste ironie.
Le coup ne vint pas, elle entendit juste un bruit familier, puis une odeur de brûlé lui chatouilla les narines, elle ouvrit alors les yeux et vit son père… non ce n'était pas lui, qui était-ce ? L'homme qui était en face d'elle portait une armure de couleur verte. Celui-ci était en flamme, il se roula par terre et parvint à éteindre le feu qui faillit le consumer. Près de lui, le corps de son père était par terre, inerte, certainement mort.
-Ah sois maudit ! Qui ose me déranger ? hurla l'étrange homme à l'armure verte.
-Folie que d'usurper le père d'une gamine pour lui faire subir pareille torture.
La voix provenait derrière cet étrange homme, un mur de feu était apparu de nulle part, puis ce mur devint plus petit pour former la silhouette d'un homme avant d'apparaître clairement. Il semblait un peu plus vieux qu'elle mais il était jeune, avec un visage pourtant brutal, une cicatrice un peu au dessus du nez. Ses cheveux bleus contrastait avec cette étrange aura flamboyante, cet homme, son sauveur, porter lui aussi une armure.
-Qui es-tu ? demanda alors l'usurpateur.
-Ton bourreau, Ikki du Phoenix.
-Ah le fameux Phoenix ! Moi, Brogar, Berserker de la Folie, du régiment de la Calamité Verte, je vais…
Elle vit alors cet Ikki lever le poing puis s'approcher d'elle sans se soucier de son adversaire ni lui laisser le temps de finir sa phrase. En passant à côté de lui, il lui dit simplement ces mots.
-Maudit Arès de t'avoir fais croiser mon chemin, l'illusion du Phoenix te fera vivre mille et une tortures, toute plus originale les unes que les autres avant de mourir par la main de ton père.
Continuant de marcher vers elle, Ikki s'accroupit et remarqua une faible trace de cosmos entourait la fillette. Ce cosmos lui appartenait, apparemment Arès aurait décidé d'éliminer de potentiel ennemi dans l'œuf.
-Petite, comment t'appelles-tu ?
-A…Ali…Alisha…articula-t-elle difficilement.
Ikki voulait la rassurer quant à ce qu'elle avait vus, mais le Berserker avait contrôlé mentalement l'esprit de son père pour commettre ces atrocités jusqu'à le briser. Il était devenu une marionnette sans âme.
-Que sais-tu du cosmos, petite ? questionna subitement le Phoenix.
-Co…Cosmos ?
-Tu ne sais rien. Tu as été une cible car tu possède ce qu'on appelle le cosmos. Tu n'es pas en sécurité ici. Viens avec moi.
Alisha ne savait plus quoi penser, pouvait-elle lui faire confiance ? Après tout, son propre père avait tenté de le tuer. Alors pourquoi cet inconnu l'aiderait ? Elle n'eut aucune réponse à ces questions et elle ne sut pas pourquoi elle avait agrippé aussi fermement le bras qu'avait tendu Ikki pour l'aider à se relever.
-Je vais tout t'expliquer et je t'entrainerais, Alisha, ce sera l'enfer mais un enfer plus souhaitable que ce qui t'attends sans moi, conclut Ikki.
