Je remercie mon amie et béta Chibimu pour toute l'aide qu'elle m'a apporté qui m'a permis d'écrire ce chapitre. Sans elle, il n'y aurait rien eu. Merci Ma Grande d'avoir utilisé de ton temps pour mon humble fanfiction et merci d'avoir été ma meilleure amie durant plus de vingt ans. Cela fera bientôt un an que tu es partie et je n'y crois toujours pas, comme tous tes amis, nous attendons un coup de téléphone qui ne viendra jamais.

Adieu ma grande, on se reverra auprès d'Hadès.

Le treizième signe chapitre 26

Donc ils traversèrent gaiement l'arche et se dirigèrent vers la maison de Stéropès. En sentant l'arrivée de son dieu, le gardien de la demeure sortit et Chronos resta comme deux ronds de flans en voyant l'état dans lequel se trouvait son général d'Argent. Il frotta son menton exempt de la moindre barbe, se tourna vers son autre général et lui dit :

-C'est sûr, vous ne l'avez pas épargné.

Polyphème s'esclaffa en voyant le visage tuméfié de son collègue. Lui qui était si fier de ses cheveux blond gominés avait maintenant une chevelure hirsute, son beau visage était bouffi et dévoilait un patchwork des plus charmants composé du blanc des pansements, du rouge du Mercurochrome, du violet avec quelques touches de bleus venant des coups qu'il s'était pris en pleine face. Son œil gauche était fermé tandis que son œil droit était mi-clos. Polyphème pouffa de rire et lança :

-Tiens, tu es revenu, la momie ? Oh ! Et en plus tu fais dans le patchwork !

Chronos toussota légèrement pour cacher son hilarité, mais donna une très légère claque sur la tête de la jeune femme. Cette dernière fit semblant d'être désolée, mais le dieu n'était pas dupe en voyant les épaules de sa petite protégée tressauter sous son rire. Stéropès lui lança un regard noir, il avait vraiment l'air d'avoir envie de lui arracher les yeux, mais il savait qu'il ne pouvait rien faire sous peine de se faire vaporiser par son dieu. Chronos demanda à son général d'Argent :

-J'ai entendu dire que tu avais dis certaines choses pas très aimables à tes collègues ?

-C'était pour rire, grinça l'accusé.

-Nous allons bientôt basculer dans la guerre quand je le récupérerai. Elle ne me laissera pas le garder. Nous allons devoir lutter et donc j'exige que les coups en douce ne soient plus d'actualité. C'est compris ?

-Oui, Votre Majesté, répondirent les deux généraux.

-Parfait ! J'espère pouvoir vous faire confiance.

-Oui, Votre Majesté.

-Parfait. Peter, soigne-toi bien. Cristiona, repartons.

Le dieu et la jeune femme repartirent en suivant le chemin qui les amenèrent à traverser les différentes maisons. La seconde était protégée par Acamas, un grand brun à la peau mate qui détestait les hommes et adorait la nature. Polyphème et Chronos adoraient cette maison. Ils pénétrèrent à l'intérieur et virent un malais venir vers eux. La jeune femme fit un sourire au nouveau venu qui ne lui fut pas rendu. Mais elle était habituée, l'homme était sombre et se méfiait comme de la peste de l'espèce humaine comme elle se méfiait des hommes. Elle s'arrêta un instant, puis huma l'air parfumée. Cette maison était grande et la façade métallique dévoilait un jardin intérieur de toute beauté. Polyphème murmura :

-Je pourrais rester des heures ici, c'est un véritable paradis.

-Tu as tout à fait raison. Acamas ?

-Oui Votre Majesté ?

-Pourrais-tu t'occuper des jardins du palais ?

Le sourire que Chronos reçut de cet ordre lui fit vraiment plaisir. Il aimait tous ses généraux, certains plus que d'autres. Acamas partit en courant chercher ce dont il avait besoin pour transformer le jardin du palais en un paradis terrestre. Très amusé devant la joie assez enfantine de son général, Chronos enjoignit à Polyphème de le suivre, puis ils quittèrent la demeure de cuivre. Le chemin était caillouteux et assez facile à suivre, trop facile d'après Argès. Il devrait y avoir des pièges afin de retarder les éventuels envahisseurs. Le dieu se tourna vers la jeune femme et lui demanda :

-Argès pense qu'il devrait y avoir une autre défense en cas d'invasion. Qu'en penses-tu ?

-Je suis d'accord. N'importe qui peut se téléporter au palais sans passer par les différentes maisons. On pourrait mettre en place une défense empêchant ceux qui ne font pas partie du Sanctuaire de se téléporter.

-C'est une bonne idée. Ensuite ?

-Eh bien une chose toute simple, mettre de la boue ou de la vase sur le chemin, cela ralentirait ceux qui veulent monter au Palais.

-Enfantin, mais ça marche toujours. En plein combat, les ennemis glissent sur le chemin et ne peuvent se défendre en cas d'attaque. J'enregistre. Quoi d'autre ?

-Je ne sais pas si c'est possible, mais rendre la pente plus raide en mettant un escalier escamotable et si des envahisseurs arrivent, les marches entre les maisons disparaissent les empêchant de montrer.

-C'est une idée, une excellente idée. Je crois que je vais le faire.

Bientôt, ils arrivèrent devant un temple aztèque. Les murs étaient mouvants comme s'ils étaient liquides. Les statues des divinités aztèques avaient l'air d'être vivantes et celles-ci ajoutaient une atmosphère terrifiante au lieu macabre. Un homme sortit de l'ombre et salua avec respect le Dieu. Pyracmon, un aztèque de sang-pur qui haïssait les chrétiens responsables du massacre de son peuple, regarda froidement la jeune femme près de Chronos avant de lui faire un très léger sourire. Elle avait renié sa religion et maintenant ne croyait qu'en Chronos c'est grâce à cela qu'il l'acceptait dans son temple. Il fit un pas de côté et les laissa passer. Polyphème détestait cette maison, l'atmosphère glauque, les trainées rouges sur les murs, plus vite elle serait partie, mieux elle serait. Chronos n'avait pas ce problème mais ressentait le malaise de son général d'Étain. Quand ils quittèrent l'endroit, le dieu entendit le soupir de soulagement de Polyphème qui ne put s'empêcher de murmurer :

-Je ne sais vraiment pas comment Pyracmon arrive à vivre dans cette maison.

-Il y est habitué, Crissie.

Ils marchèrent encore tranquillement dans un silence reposant quand ils arrivèrent à la maison de Brontès. La maison était comme lui, chaleureuse et reposante malgré sa couleur sombre. Chronos s'arrêta devant et observa la façade. Son général avait réussi rendre une atmosphère douce grâce aux différentes nuances du plomb. Ils reprirent leur marche et ils virent l'habitant de la demeure arriver. Il était le plus grand du Sanctuaire, deux mètres pour cent vingt kilos. C'était le nounours du groupe, quand Polyphème avait le cafard c'était lui qui la consolait lorsque Chronos n'était pas là. En le voyant, Polyphème sauta sur lui et le nounours lui demanda :

-Tu vas mieux? Peter est vraiment méchant, il n'avait pas à te dire cela.

-Ça va mieux, car je me dis que quand il va revenir, Stéropès aura intérêt à protéger ses miches.

Le géant pouffa de rire et voyant Chronos qui les regardait avec amusement, il le salua avec un immense respect tout en tenant fermement sa collègue contre lui. Il la déposa avec délicatesse comme si elle était en verre, puis demanda :

-Que se passe-t-il, Votre Majesté ?

-Rien, je me promène avant le début de notre mission.

-Tout va bien se passer. Nous allons gagner et le reprendre, s'exclama Brontès sûr de son dieu et de ses forces.

-Tu as raison. Crissie, tu veux rester ici ?

-Non Votre Majesté. Je préfère rester avec vous.

-Bien. Alors allons-y.

Elle embrassa la joue de son nounours, puis tous les deux repartirent alors que Brontès avait un grand sourire amusé. Après cette maison chaleureuse, ils arrivèrent devant une autre sombre, froide et menaçante. Polyphème observa froidement le bâtiment attendant que le gardien sorte. Telemus était quelqu'un de dangereux qui attaquait d'abord puis posait les questions ensuite. Le sicilien sortit, l'arme à la main. Quand il vit son dieu, il rangea son gros calibre et salua Chronos avec un respect incroyable. Ensuite, il lança un coup d'œil vers Polyphème. La jeune femme et lui adoraient se chamailler, mais ils ne le faisaient que seuls ou devant Chronos mais sinon, personne d'autre, et ils pouvaient se battre pendant des heures puis s'arrêter aussi vite qu'ils avaient commencé pour débuter calmement une discussion sur un livre ou n'importe quoi d'autre. Ils se saluèrent d'un signe de tête, puis le dieu et elle repartirent. Seulement, Telemus voulait un combat et d'un geste leste, il claqua les fesses de Polyphème. La jeune femme se retourna d'un bond et, devant le dieu blasé, ils commencèrent à se disputer. Chronos toussota légèrement, puis quand ses deux généraux s'arrêtèrent demanda :

-Ça y est, vous avez fini, chenapans ?

Les deux généraux le regardèrent avec un air contrit qui le fit fondre. C'était vraiment des gamins, trouvant toujours une raison pour se chamailler. Il explosa de rire que Polyphème tira la langue à son collègue qui, outré, lui répondit de la même manière. Qui aurait cru que Telemus, le diabolique tueur de la mafia était aussi gamin avec elle ? C'est en riant qu'il quitta la maison et eut la joie de voir que ses deux généraux le suivaient en papotant paisiblement comme si leur querelle de tout à l'heure n'avait jamais eu lieu. Ensuite, ils arrivèrent dans une maison en or. Telemus s'exclama avec emphase :

-Ô Dieu ! Ma vue défaille ! Je ne vois qu'or et crie : arrrrrgggg !

Polyphème éclata de rire, alors qu'un jeune homme d'une vingtaine d'année sortait de la maison dorée et siffla avec un accent slave :

-Ah ! Très spirituel. Tu en as d'autres comme celle-là ?

Telemus riait trop pour pouvoir répondre tandis que le dieu observait ses généraux avec amusement. Argès soupira lourdement devant les gamineries de ses deux collègues. Chronos se tourna vers son général d'or et lui dit :

-Argès, j'ai écouté tes craintes et je suis d'accord avec toi. Polyphème a eu, je dois dire, des idées très personnelles et très intéressantes quant à la protection du Sanctuaire. Nous aurons une réunion tout à l'heure afin que nous mettions en place notre défense.

-Bien Votre Majesté.

-Parfait. Argès, tu préviendras les autres. Pendant ce temps, nous vous attendrons dans la salle de réunion.

-Bien Votre Majesté.

Le second temporaire de Chronos salua son dieu, puis descendit afin de prévenir tout le monde. Les autres continuèrent à monter. Telemus et Polyphème se taisaient, réfléchissant à ce qu'ils pourraient faire pour rendre le Sanctuaire impénétrable pour les autres. Ils traversèrent la maison de Polyphème qui, comme celle d'Acamas, était envahie par les fleurs. Chronos eut un léger sourire quand un chaton arriva et se frotta à sa jambe. Le dieu caressa délicatement la boule de poils, puis ils quittèrent la maison pour aller dans celle qui avait été abandonnée depuis des millénaires, un temple grec en orichalque. Le temple était magnifique, mais il manquait quelque chose, c'était comme s'il n'était pas complet. Après un lourd soupir, le dieu quitta cette demeure qui lui montrait ce qu'il avait perdu. Il sursauta quand une main douce lui toucha le bras et Polyphème lui murmura :

-Nous allons réussir Votre Majesté. Il sera bientôt là.

-Tu as raison. Je dois garder espoir. Bien, rejoignons le palais.

Ils marchèrent un peu plus rapidement et arrivèrent bientôt dans le palais du dieu. C'était une véritable merveille, composée du marbre le plus précieux, d'orichalque, d'or, d'argent, de fer, de colonnes en verre qui contenaient du mercure liquide, de plomb, de cuivre et d'Étain. Chaque général était représenté et les deux présents se sentaient tellement fiers de servir leur dieu. Dix minutes plus tard, les autres généraux arrivèrent et il s'avéra que Stéropès avait dû mal à marcher et qu'il était trempé. Pour Telemus et Polyphème, c'était clair, cet abruti avait encore dû insulter les autres généraux. Chronos soupira et demanda :

-Que s'est-il passé ?

-Oh! Pas grand chose. Stéropès a simplement glissé sur de la boue, répondit Argès sans préciser que Brontès l'avait aidé dans sa chute malencontreuse et qu'Acamas lui avait marché dessus sans faire exprès.

Chronos les regarda avec sévérité et leur expliqua qu'ils devaient être unis, qu'ils devaient être capables de se serrer les coudes afin de vaincre les ennemis qui les attaqueraient bientôt. Tous regardèrent méchamment Stéropès, puis après un lourd soupir acceptèrent de faire des efforts si Stéropès en faisait de son côté. L'Allemand allait faire un scandale quand il surprit le regard terrible de son dieu. Là, il se fit tout petit et accepta de ne plus les insulter. Maintenant que ce problème était résolu, ils discutèrent de la protection du Sanctuaire.

-Bon alors, que fait-on ? demanda Chronos.

-Et bien, comme je l'avais dis, empêcher nos ennemis de se téléporter dans le Sanctuaire. Chacun d'entre-nous a une pierre de temps. Alors modifions-les pour qu'elles nous permettent d'aller et venir comme on le souhaite, proposa Polyphème.

-C'est une excellente idée. Je la note, lança le dieu en écrivant sur un livre toutes les idées de ses différents généraux. Quoi d'autre ?

-Et bien, on peut mettre des pièges. Les miens construisaient des trappes qui faisaient tomber les voleurs dans des trous profonds hérissés par des pics, lança Pyracmon

-C'est classique, mais ça marche toujours. Je la note.

-On pourrait cacher l'entrée du Sanctuaire. Si on ne peut pas voir l'entrée, on ne peut pas l'attaquer, s'exclama Brontès.

-Excellente idée, je la note.

-Mettre un labyrinthe entre l'entrée et l'arche, marmonna Argès.

-Ça c'est bien, je la note. Quoi d'autre ?

-Mettre des plantes ultra dangereuses dans la jungle, lança Acamas.

-Et mettre des pièges dans le labyrinthe... commença Pyracmon.

-Et aussi dans la forêt, lança Stéropès.

-Ouais et aussi mettre une rivière de lave entre la première maison et l'arche, lança Brontès.

-Et pourquoi ne pas rajouter des plantes carnivores sur tout le chemin ?

-Et aussi, des pièges à loup, s'extasia Acamas avec un sourire sadique.

-Ouais !

-Et aussi des tas de ronces qui bloqueraient les ennemis en s'accrochant aux vêtements.

-J'ai une idée, des trous cachés dans le sol et ils tomberaient dans de la boue.

-Des limaces, des limages géantes, beugla Polyphème.

Chronos cessa d'écrire alors que ses généraux étaient partis dans leurs délires plus dingues les uns que les autres. Comme si Polyphème avait ouvert une porte, tous les autres s'écrièrent les uns après les autres :

-Des chenilles géantes.

-Des orties géantes anthropophages.

-Des guêpes géantes suceuses de cervelles.

Là, ce fut le déclic. Chronos eut énormément de mal à ne pas rire comme un fou quand il entendit les propositions de ses généraux, alors que certains étaient explosés de rire sur la table de réunion. Ils arrivèrent enfin à trouver de bonnes propositions. Chronos par son pouvoir allait empêcher ceux qui n'avait pas de pierre de temps de se téléporter dans le Sanctuaire. La grotte qui menait au Sanctuaire, serait cachée derrière une cascade. Le chemin deviendrait des escaliers escamotables ultra glissant qui empêcherait les ennemis d'avancer. Entre l'arche et la maison de Stéropès, le chemin serait séparé par un fleuve de lave et il n'y aurait aucun pont. En outre, Acamas et Polyphème avaient ordre de faire pousser la végétation pour cacher le chemin. Entre l'entrée de la grotte et l'arche, il y aurait un labyrinthe dont les murs monteraient jusqu'au plafond avec à l'intérieur des pièges mortels. La réunion dura plus de trois heures et, quand ils sortirent de la salle, tous étaient épuisés mais avaient aussi le sentiment d'avoir changé les choses, d'avoir fait un pas en avant vers la victoire de leur dieu.

~o~

Enfin, ils étaient arrivés à un accord. Kanon serait le généralissime de Poséidon, le Dragon des Mers, mais resterait dans le Sanctuaire d'Athéna afin d'y être l'ambassadeur du Sanctuaire Sous-Marin. Saga avait été libéré et regardait avec fureur les généraux des mers, une lueur meurtrière se lisait dans ses yeux bleus. Kanon était tout content, il resterait auprès de son frère et aurait enfin une armure... enfin, une écaille des mers. Quant à Poséidon, il avait enfin retrouvé son Dragon des Mers. Il ne restait qu'un problème... Les deux dieux ouvrirent la porte qui menait à l'intérieur du pilier central et découvrirent Mya dormant bienheureusement, la bave aux lèvres. Athéna la regarda avec tristesse, puis demanda à Camus de l'emmener. Le chevalier du Verseau la prit dans ses bras et frissonna quand son corps chaud se colla au sien. Maintenant que les choses étaient réglées entre les deux sanctuaires, Athéna décida de quitter les fonds marins et rejoindre son Sanctuaire. Grâce à l'aide non négligeable de Poséidon, il ne leur fallut que quelques secondes pour revenir dans le Sanctuaire d'Athéna. Ils remontèrent tous dans leur différente maison, cependant, Saga réussit à convaincre son frère de rester cette nuit-là avec lui et Camus expliqua qu'il allait dans sa maison avec Mya afin de ne pas la laisser seule. La jeune déesse regarda ses chevaliers d'or avec douceur, puis souhaita bonne chance à Seiya qui allait se téléporter au Japon afin de pouvoir commencer ses études.

Camus entra dans ses appartements et déposa Mya dans le lit. Il lui caressa tendrement les cheveux puis il la recouvrit de couvertures et alla préparer de quoi manger. Quand il revint vingt minutes plus tard, elle était réveillée et le regardait avec perplexité.

-Comment a-t-on fait pour revenir ?

-Poséidon a fait des siennes.

-Kanon ?

-Il est redevenu le Général Dragon des Mers et l'ambassadeur de Poséidon au Sanctuaire d'Athéna.

-J'espère que Julian ne voudra pas nous piquer Kanon. On a eu du mal à l'attraper, bougonna la jeune femme en lorgnant sur ce qu'avait préparé Camus.

Le chevalier du Verseau eut un léger sourire en voyant sa fiancée faire, elle avait l'air d'être prête à se jeter sur le plateau. Il s'assit sur le lit et lui tendit une assiette remplie d'une bonne salade piémontaise. Tous les deux dévorèrent la salade en parlant de leur vie respective. Camus lui raconta entre deux bouchées:

-Je ne me rappelle pas de mes parents. La seule chose dont je me souvienne, c'est un mur blanc et puis plus rien. Quand j'ai été assez grand, j'ai demandé à mon maître et il m'a dit qu'une avalanche avait détruit la maison et tué tous les occupants sauf moi grâce à mon cosmos. On m'a retrouvé parfaitement protégé dans une bulle glacée. C'est comme cela que le Grand Pope a trouvé mon signe.

-C'est terrible. Moi aussi je suis orpheline. Je suis née une nuit d'éclipse de lune, le vingt mars à minuit. C'est pour cela que j'ai cru ce qu'on disait du Serpentaire, alors qu'en fait, c'est une charge qui se transmet de père en fils et de mère en fille depuis des générations. D'après ma grand-mère, les contractions ont commencé dans la voiture. Mon père conduisait vite, il a perdu le contrôle et la voiture est tombée dans le lac. Ma mère a été tuée sur le coup. Quand le SAMU est arrivé, ils ont découvert que j'étais toujours vivante, alors ils ont fait une césarienne et m'ont sortie de là. Mon père ne s'en est jamais remis. Il s'est suicidé en jetant sa voiture à l'endroit même où ma mère est morte quand j'avais six mois. Ce sont mes grands-parents qui m'ont élevée. Mon grand-père est mort d'un cancer de la gorge, pourtant on lui avait bien dit qu'il était dangereux de fumer, mais il n'en faisait qu'à sa tête. J'ai cru que ma grand-mère allait le suivre, mais j'ai réussi à l'en empêcher. Je n'avais que huit ans et je me souviens que je lui avais demandé si elle voulait partir et me laisser toute seule. Je crois que ça lui a donné un électrochoc, car elle a commencé à se remettre. Je suis vraiment heureuse qu'elle ait rencontré Shion, parce qu'elle mérite de retrouver l'amour.

-Oui, tu as raison.

Ils recommencèrent à manger, puis quand Mya releva la tête, elle eut un léger sourire en voyant que de la mayonnaise débordait légèrement des lèvres de Camus. Elle déposa son assiette, s'approcha de son homme et lui ôta la sienne qu'elle posa sur la table de nuit à côté de son assiette. Maintenant les mains libres, elle s'approcha de nouveau de Camus. Le chevalier d'or la regardait avec interrogation, se demandant ce qu'elle voulait faire. Il eut la réponse quand elle lui lécha la commissure des lèvres avec sa langue mutine. Même quand il n'eut plus de mayonnaise, Mya lécha doucement les lèvres de l'homme, jusqu'à ce que Camus n'en puisse plus et capture la langue de la jeune femme dans sa bouche. Le baiser fut passionné et profond. Elle se colla à lui et l'approfondit. Camus l'enlaça et la serra contre lui dévorant sa bouche avec passion. Brusquement, il la retourna et la plaqua contre le lit. Leurs souffles se firent plus haletants alors que leurs vêtements étaient arrachés de leurs corps et jetés sur le sol. Mya et Camus gémissaient alors que leurs mains et leurs lèvres s'égaraient sur leurs peaux chaudes. Camus gémissait en sentant les mains brûlantes de sa fiancée parcourir son ventre froid. Il n'avait eu que peu d'expérience dans sa vie, sa charge lui en laissant très peu le temps, mais il se laissait guider par son instinct. La légère senteur résiduelle de son parfum, mêlée à celle de son corps en sueur, le rendait comme fou et il ne savait pas combien de temps il parviendrait à résister.

Mya n'avait jamais ressenti cela avant et pourtant elle n'était pas novice dans les relations sexuelles. Elle sentait son sang devenir de la lave brûlante, son cœur battait à une allure folle alors qu'elle embrassait Camus et qu'elle parcourait des mains et des lèvres le corps musclé du chevalier d'or. Elle avait bien entendu senti qu'il avait moins d'expérience qu'elle et guidait parfois de ses mains ses gestes, mais Camus ne se débrouillait pas si mal et parvint assez vite à trouver ce qui faisait défaillir son amante. D'instinct, il passa ses lèvres sur la poitrine fournie de Mya qui laissa échapper un gémissement, puis sentit son ventre se tordre quand il en saisit les tétons dans sa bouche. D'un geste un peu brusque, elle saisit sa tête pour qu'il prolonge ce contact, encore et encore, et il ne protesta pas, prouvant par là le plaisir non moins vif qu'il y prenait.

La respiration courte, Camus finit par poser ses lèvres sur son cou et les laissa glisser, faisant frissonner Mya. Elle écarta les cuisses et poussa un soupir de bien-être quand Camus commença doucement à agacer l'objet de sa convoitise. Il attrapa les poignets de la jeune femme et les plaça au dessus de sa tête, puis lui caressa encore les seins, sa main descendant jusqu'au creux de ses cuisses. Regardant sa jeune amante dans les yeux, il l'embrassa encore, laissant sa main insister sur son intimité à présent moite de désir. Il hésitait encore, bien qu'il sente qu'il ne pourrait plus bien longtemps se retenir de faire sienne la jeune femme. Mya s'arquait sous les vagues de plaisir qui la traversaient, elle se mordait les lèvres pour ne pas laisser échapper un cri, mais quand l'orgasme la prit, elle ne put se contrôler et poussa un cri de jouissance qui fut entendu jusque chez Aphrodite. Camus observa le jeune corps alangui contre lui, puis, d'un geste doux, il entra en elle. Par Athéna qu'il aimait sentir le corps de son aimée l'accueillir en son sein, sentir la chaleur l'englober alors qu'il se mouvait en elle ! Il adorait entendre ses gémissements de plaisir, sentir ses ongles s'enfoncer dans sa chair alors qu'il bougeait de plus en plus rapidement. Mya l'accompagnait avec ses hanches, suivant son rythme alors qu'elle se sentait devenir de plus en plus folle de plaisir. Enfin, dans un gémissement, Camus laissa le plaisir l'envahir et s'écroula sur elle, alors que l'orgasme saisissait lui aussi Mya.

Épuisés, ils respiraient lourdement, serrés l'un contre l'autre. Soucieux de ne pas l'écraser, Camus roula sur le côté. Le corps recouvert d'une fine pellicule de sueur, il les recouvrit d'une couverture chaude, puis tous les deux s'endormirent profondément sans savoir que le destin avait décidé de frapper un grand coup.

A suivre