Titre: Aphrodisiaque

Genre : Humour / Slash / PWP

Rating : NC-17

Pairings : Beaucoup...

Disclaimer : J. K. Rowling

Bêta Lectrice : Aucune pour l'instant, peut-être que Chaussette HDSS y jettera un coup d'œil quand elle aura le temps

Note de l'auteur : Il y en a parmi vous qui ont percé les secrets des fantasmes d'Harry, bravo ! Pour les autres, vous avez encore un chapitre pour chercher ;3

Et, chizuru chan, si je te croise un jour, je t'offre une vraie bière. En attendant, pose ce verre jusqu'à la fin du chapitre.


Chapitre 2 : Heu... Oups ?

ou

Comment les jumeaux se rendirent compte de leur monumentale boulette


Le 1er septembre vit, comme chaque année, un branle-bas de combat agiter les habitants du Square Grimmaurd. Comme d'habitude, aucun des enfants Weasley n'avait pris la peine de faire sa malle la veille et des affaires volaient d'une chambre à l'autre dans l'espoir de ne pas être oubliées.

Molly Weasley fit trembler les murs à la seule force de ses poumons et Arthur Weasley se contenta de tranquillement boire son café. Après tout, malgré l'agitation qui en résultait ses enfants avaient toujours réussi à attraper le Poudlard Express à temps, il leur faisait confiance pour ça.

Environ une demi-heure avant l'heure fatidique tout le monde eu enfin bouclé ses valises et tous les habitants de la maisonnée se précipitèrent dans les voitures gracieusement prêtées par le ministère.

Le quai du Poudlard Express grouillait de monde, comme chaque année. Les visages se perdaient dans les nuages de fumée de la locomotive et le brouhaha des cris et des conversations couvrait même les ronronnements du moteur. Le clan Weasley arriva en masse mais s'éparpilla très vite au grand soulagement des Aurors chargés de leur protection. Les jumeaux Weasley partis rejoindre Lee Jordan dont la tête dépassait bien de dix centimètres au-dessus de la foule, le trio Gryffondor se retrouva seul au milieu du quai.

- Il nous reste plus qu'à trouver un compartiment avant que tout soit plein, grogna Ron en traînant sa valise vers le train.

Les deux autres acquiescèrent et le suivirent en se glissant parmi la foule.

Ils avaient presque atteint la portière d'un des wagons lorsque la foule s'écarta pour laisser passer Drago Malefoy, son père et son air supérieur. Au moins un qui n'avait aucun scrupules à se tailler un chemin à coup de sortilèges !

- Tiens donc, mais ne serait-ce donc pas le trio d'or ? railla Drago en passant devant eux. Toujours aussi pauvre la belette ?

Hermione posa sa main sur le bras de Ron pour l'empêcher de sauter sur Malefoy.

- Trouvons un autre wagon, dit Hermione en le tirant vers la foule.

- Et bien Weasley, elle t'as bien dressé la Sang-de-Bourbe, lança Drago dans leur dos. Est-ce que tu te roules par terre et fais le beau quand elle te le dit ?

Il voulut lancer une ou deux piques supplémentaires mais la main de son père sur son épaule l'en empêcha.

- Voyons Drago, ce ne serait pas sage de dire de telles choses en public, aussi vraies fussent-elles.

Il s'avança vers le trio avec un sourire cruel.

- M. Potter, quelle joie de vous recroiser ici...

En prenant de lentes inspirations, Harry essaya de se concentrer sur les nœuds du plancher poli pour oublier le froid qui montait progressivement depuis ses genoux. Cela faisait bien deux heures qu'il était dans cette position et, dehors, la nuit était tombée, plongeant le bureau dans la pénombre et amenant avec elle une fraîcheur désagréable. Il essaya de contracter un peu les muscles de son corps mais le harnais qu'il portait à même la peau ne lui permettait pas vraiment de bouger. À genoux, les avant-bras repliés contre son torse et les paumes de main à plat devant lui, soutenant un plateau de verre, il servait ce soir de guéridon à son maître.

Une main passa en périphérie de son champ de vision et attrapa le verre de brandy sur le plateau. Il entendit le maître se renfoncer dans son fauteuil et retint un soupir de soulagement en se rendant compte que cela signifiait que le maître avait finit son travail. Cette torture allait prendre fin.

Le maître reposa le verre tout en se levant mais, ce faisant, il créa un courant d'air qui fit frisonner Harry et le verre trembla, heurtant le plateau et brisant la douce quiétude qui régnait dans la pièce. Le jeune garçon sentit le regard du maître se poser sur sa nuque et les muscles de ses épaules se tendirent. Deux doigts lui relevèrent le menton et caressèrent ses lèvres qui commençaient à bleuir.

Le maître émit un claquement de langue désapprobateur.

- Et bien, mon petit, dit-il d'un ton doucereux sans cesser de caresser les lèvres pleines, as-tu froid ? Il semble être temps de m'occuper un peu de toi... Ne t'en fait pas, Maître Lucius va te réchauffer.

Il se leva et, en quelques mouvements précis qui témoignaient de l'habitude, défit les attaches du harnais. Harry dû faire appel à toute la force qui lui restait pour ne pas échapper le plateau de verre lorsque son corps retrouva sa liberté de mouvement. Le maître eut un petit rire.

Il s'assit élégamment sur le sofa et lui fit signe de se rapprocher. Harry serra les dents en se relevant. Tous ses muscles le faisaient souffrir et sa peau était irritée à de nombreux endroits. Il sentit le regard du maître passer sur les marques rouges qui parsemaient sa peau et dû lutter contre l'envie de les cacher avec ses mains. Il s'assit sur les genoux du maître et attendit bravement la suite.

Pendant une longue minute, le maître se contenta de tracer du bout de ses doigts les marques laissées par le harnais, s'égarant de temps en temps vers ses tétons ou son sexe enfantin. Harry se mordit la lèvre pour ne pas gémir à ce moment-là.

Puis les mains virent caresser ses fesses et Harry ferma les yeux.

Harry avala de grandes bouffées d'air, comme s'il s'était arrêté de respirer pendant plusieurs minutes. Son estomac faisait des huit dans sa poitrine et il crut un instant qu'il allait s'évanouir.

Les deux Malefoy lui jetèrent un dernier regard empli de dédain avant de tourner les talons.

Harry s'assit sur l'escalier du wagon avant que ses jambes ne lâchent et prit sa tête entre ses mains. Il n'y avait aucune chance pour qu'il ait imaginé ça de lui même, c'était tout simplement répugnant. Il avait encore l'impression de sentir des mains qui parcouraient son corps mais, contrairement à tous les autres "accidents", ça ne lui avait pas procuré du plaisir, loin de là.

- Hey mec, ça va ? dit la voix de Ron au-dessus de sa tête.

- Il est tout pâle. Il faut l'allonger quelque part, répondit la voix d'Hermione. Allez, circulez y a rien à voir !

- Ça va ? insista Ron en se penchant à son niveau.

- Ouais, ça va, j'ai juste eu une sorte de vertige, ça va passer.

Plusieurs minutes plus tard, alors que ses deux amis arpentaient le corridor à la recherche d'un compartiment libre, Harry en était arrivé à la conclusion que ses "accidents" n'étaient pas naturels et que ce n'était pas dans ses fantasmes qu'il se perdait mais dans ceux des autres.

Et que Lucius Malefoy était un dangereux pédophile.


Ron rougit et baissa les yeux, marmonnant qu'ils devaient se rendre dans le wagon des préfets. En temps normal, Harry aurait sûrement ressenti un pincement au cœur mais il était trop bouleversé par sa dernière vision pour y prêter attention. Il se laissa donc guider par Ginny le long du train et, sans trop savoir ni pourquoi ni comment, il se retrouva assis à côté de Neville et d'une jeune fille pour le moins étrange.

Elle avait de longs cheveux blonds emmêlés et des yeux bleus un peu protubérants mais ce qui frappait le plus (outre les radis qu'elle portait aux oreilles et le collier de bouchons de Bierraubeure autour de son cou) c'était l'aura de folie douce qui se dégageait d'elle.

Harry cligna des yeux en se rendant compte que la fille l'observait également.

- Tu as passé de bonnes vacances, Luna ? Demanda Ginny comme pour essayer de meubler le silence.

- Oui, répondit Luna d'un air rêveur sans quitter Harry des yeux. Oui, je me suis bien amusée.

Toi, tu t'appelles Harry Potter, ajouta-t-elle.

- Je sais, répondit Harry pour le moins perplexe.

Neville pouffa discrètement.

L'herbe bleue ondulait doucement et le soleil couchant teintait les nuages de douces couleurs roses, mauves et dorées. Une feuille élancée se détacha de la branche sous laquelle ils avaient trouvé refuge et se glissa dans les cheveux de Luna. Un essaim de nargols passa dans un vrombissement au-dessus de leur tête et le soleil commença à se cacher derrière les montagnes.

Peu à peu, les lucioles se mirent à briller joyeusement et, avec elles, les satyres sortirent des bois pour danser dans les herbes hautes. Luna leva la main et les salua.

Harry attrapa doucement sa main levée et la baissa.

- Ne fait pas de mouvements brusques, tu risques de l'effrayer, dit-il en caressant sa main.

- Qui ?

- Celui dont je t'ai promis la visite. Et je tiens toujours ma parole.

Un rugissement se fit entendre et une forme sombre se découpa à l'orée de la forêt. Luna poussa un petit cri excité et porta ses mains devant sa bouche comme pour le contenir.

Le troupeau de Ronflack Cornus s'avança dans la lumière du soleil couchant, acclamé par les satyres.

- C'est magnifique, souffla Luna. Si seulement Maman était là pour les voir.

- Mais elle est là, Luna, répondit Harry en la serrant contre lui. Elle te regarde depuis l'au-delà et je sais qu'elle en est heureuse.

- Merci, souffla Luna en s'accrochant à lui. Merci pour tout.

La transition avait été si douce que Harry dut cligner plusieurs fois des yeux pour revenir à la réalité. Entre temps, Luna s'était désintéressée de lui et ses yeux bleus s'étaient fixés sur Neville, achevant de le rendre mal-à-l'aise.

Après une dernière phrase n'ayant aucun sens elle se cacha derrière son magazine. Mais le dernier regard qu'elle lui lança donna à Harry la désagréable impression qu'elle était parfaitement au courant de ce qu'il avait vu. Il se tourna vers Neville et laissa échapper un rire nerveux.


Ron et Hermione les avaient rejoints depuis moins de dix minutes (mais Hermione avait déjà réussi à se mettre Luna à dos) lorsque la porte du compartiment s'ouvrit pour la troisième fois, laissant place au visage arrogant et ricanant de Drago Malefoy, encadré par ses deux acolytes.

- Qu'est-ce que tu veux ? lança Harry d'un ton agressif avant que Malefoy n'ait pu ouvrir la bouche.

- Poli, Potter, sinon je serai obligé de te donner une retenue, dit Malefoy de sa voix traînante.

Le couloir était très sombre mais Harry n'osait pas allumer sa baguette de peur de se faire immédiatement repérer. Il avait déjà échappé de peu à Rusard et il lui restait encore quelques couloirs à traverser avant d'être en sécurité dans la salle commune.

Il arriva à un embranchement et jeta un coup d'œil aux alentours. Le couloir sur sa droite était le chemin le plus court mais la lune projetait de grandes tâches de lumière à travers les fenêtres. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches. Il ne pouvait pas non plus se permettre de faire le tour.

- Et bien et bien, qu'avons-nous là ?

La voix traînante avait retentit dans son dos et Harry sentit son cœur rater plusieurs battements.

- Il me semble pourtant que le couvre-feu est passé depuis longtemps, continua la voix en se rapprochant. Cela mérite quelques petits points en moins...

Harry voulut s'enfuir mais l'autre attrapa son coude et le plaqua contre le mur. Des cheveux pâles accrochèrent la lumière de la lune. Harry commença à paniquer.

Malefoy ricana et le plaqua encore plus contre le mur.

- Délit de fuite ? dit-il d'un air victorieux. Je pense que perdre des points ne sera pas suffisant n'est-ce pas...

Harry essaya d'attraper sa baguette dans la poche de son jean mais une main l'arrêta.

- Tsk, tsk, il va falloir que je confisque ça, susurra Malefoy en attrapant la baguette.

Sa main glissa le long de la cuisse de Harry et le Gryffondor sentit un frisson le parcourir. Mais pas un frisson de haine ni de colère.

Il glissa une jambe entre celles du préfet et voulut donner un coup violent mais il se retrouva pressé encore plus contre le corps chaud. Son visage était tellement près de celui de Malefoy qu'il ne discernait presque pas son sourire satisfait. Leur bas-ventre se touchaient et Harry rougit en se rendant compte que cette proximité l'excitait.

Ce dernier détail ne passa pas inaperçu et Drago haussa un sourcil, son sourire se transformant en quelque chose de plus bestial.

- Et bien et bien, qu'avons-nous là ? répéta-t-il en bougeant doucement ses hanches.

Harry rougit et détourna le regard. Il se mordit violemment la lèvre pour ne pas laisser passer un gémissement. Il était à présent complètement excité mais ne voulait pas donner satisfaction à son ennemi.

- Va te faire foutre, Malefoy, grogna Harry à voix basse.

- C'est une proposition ? murmura Drago dans son cou.

Harry sentit une main se faufiler sous son pull et il haleta. Il ne tenait plus debout que grâce au préfet qui le plaquait durement contre le mur. Préfet qui semblait tout aussi excité que lui, à en juger par la bosse qui déformait son pantalon.

- Dis-le, ordonna Malefoy en mordillant son cou. Avoue que t'en as envie. Avoue que tu veux que je te baise.

- Je...

Drago mordit sauvagement dans le creux de son épaule et Harry émit un gémissement indécent :

- Oui !

Dans un état semi-comateux, Harry entendit à peine les répliques cinglantes que s'échangèrent Malefoy et Hermione avant que cette dernière ne lui referme la porte du compartiment au nez.

- Celui-là ! s'exclama la préfète en levant les bras au ciel. Je me demande ce qui est passé par la tête de Dumbledore lorsqu'il l'a choisi comme préfet !

- C'est un coup de Rogue à mon avis, répondit Ron en enfournant une Chocogrenouille en entier dans sa bouche. En tous cas, il va falloir que tu fasses gaffe Harry, s'il t'attrape je donne pas cher de ta peau.

Heureusement pour lui, Ron n'eut jamais aucune idée de ce qui défila dans la tête de Harry à ce moment-là.


Ils sortirent de la Grande Salle sous les chuchotements et les regards en coin. Apparemment les sous-entendus de Skeeter tout au long de l'été n'avaient pas été perdus pour tout le monde. Quelques jours plus tôt Harry en aurait été mortifié mais il avait maintenant des préoccupations plus importantes. Comme par exemple : « Comment aborder le sujet de mes visions avec Ron et Hermione en évitant de révéler que j'ai sans doute vu un de leur fantasme le plus enfoui ? »

C'est plongé dans ses pensées qu'il monta les escaliers vers la tour Gryffondor. Les deux autres l'avaient laissé pour conduire les premières années et, dans un sens, il était soulagé d'avoir un peu de temps pour lui.

Et puis, en y réfléchissant, ces visions n'arrivaient pas avec tout le monde, seulement avec des personnes qu'il avait un minimum côtoyé. Il y avait donc quelque chose qui déclenchait ces visions. Mais quoi ?

Harry parvint au bout du couloir qui menait à la salle commune de Gryffondor et s'arrêta

devant le portrait de la grosse dame. Il s'aperçut alors qu'il ignorait le mot de passe.

- Heu..., dit-il tristement.

La grosse dame, qui était occupée à lisser les plis de sa robe de satin rosé, lui lança un regard sévère.

- On n'entre pas sans mot de passe, dit-elle avec dédain.

Il fut cependant sauvé de ne pas passer la nuit dans le couloir à la merci de Rusard par un Neville essoufflé tenant son petit cactus rabougri au nom imprononçable.

- Harry, je le connais ! Devine ce que c'est ? Cette fois-ci, je vais enfin m'en souvenir, c'est Mimbulus Mimbletonia !

La Grosse Dame acquiesça et ils se faufilèrent dans la salle commune. Elle était vide hormis Fred et Georges occupés à accrocher quelque chose au panneau d'affichage. Harry les salua d'un signe de main et se dépêcha de monter à son dortoir. Il n'était pas vraiment d'humeur à discuter.

Dean Thomas et Seamus Finnigan se trouvaient déjà dans dortoir, occupés à recouvrir d'affiches et de photos les murs qui entouraient leurs lits. Lorsqu'ils virent entrer Harry, ils interrompirent aussitôt leur conversation. Harry se demanda c'était de lui qu'ils parlaient ou s'il devenait paranoïaque.

- Salut, dit-il en allant ouvrir sa grosse valise.

- Salut, Harry, lança Dean qui enfilait un pyjama aux couleurs de West Ham. Passé de bonnes vacances ?

- Pas mal, oui, marmonna Harry. Et toi ?

- Oui, oui, ça s'est bien passé, affirma Dean avec un petit rire. Mieux que pour Seamus, en tout cas, il était en train de me raconter.

- Pourquoi, qu'est-ce qui t'est arrivé, Seamus ? demanda Neville en déposant tendrement son Mimbulus Mimbletonia sur sa commode.

Seamus ne répondit pas tout de suite. Il semblait beaucoup trop occupé à s'assurer que son affiche représentant l'équipe de Quidditch des Crécerelles de Kenmare était bien droite. Enfin tournant toujours le dos à Harry, il dit :

- Ma mère ne voulait pas que je revienne.

- Quoi ?

Harry, qui était en train d'enlever sa robe de sorcier, interrompit son geste.

- Elle ne voulait pas que je revienne à Poudlard.

Seamus se détourna de son affiche et retira son propre pyjama de sa valise, en prenant soin de ne pas regarder Harry.

- Mais... Pourquoi ? s'étonna celui-ci.

Il savait que la mère de Seamus était une sorcière et ne comprenait pas ce qui aurait pu la pousser à adopter une attitude si proche de celle des Dursley.

Seamus attendit d'avoir fini de boutonner son pyjama pour répondre.

- Eh bien, dit-il d'une voix posée, j'imagine que c'est... à cause de toi.

Voilà pourquoi il n'avait envie de parler à personne. Il en avait marre d'avoir une vie aussi compliquée, pourquoi on ne pouvait pas le laisser tranquille pour une fois ? Il jeta sa baguette magique sur sa table de chevet, ôta sa robe de sorcier, la fourra d'un geste furieux dans sa valise et mit son pyjama.

Il se glissa dans son lit et tendit la main pour fermer les rideaux de son baldaquin mais, avant d'avoir pu achever son geste, Seamus demanda :

- Ecoute... Qu'est-ce qui s'est passé, cette nuit-là quand... tu sais... quand... avec Cedric Diggory et tout ça ?

Seamus paraissait à la fois inquiet et avide de savoir. Dean, qui s'était penché sur sa valise pour essayer d'y retrouver une pantoufle, s'immobilisa dans une attitude qui n'était pas très naturelle et Harry devina qu'il tendait l'oreille.

- Pourquoi me demander ça ? répliqua Harry. Tu n'as qu'à lire La Gazette du sorcier, comme ta mère. Tu y apprendras tout ce que tu as besoin de savoir.

- Ne t'en prends pas à ma mère ! protesta Seamus.

- Je m'en prendrai à tous ceux qui me traitent de menteur, répondit Harry.

- Ne me parle pas sur ce ton !

- Je te parle sur le ton qui me plaît.

Son humeur s'échauffait à tel point qu'il attrapa sa baguette magique, sur sa table de chevet.

- Si ça te pose un problème de partager un dortoir avec moi, va donc demander à McGonagall de te mettre ailleurs... Comme ça, ta maman cessera de s'inquiéter...

- Laisse ma mère tranquille, Potter !

A ce moment-là Ron entra la pièce, sûrement alerté par les éclats de voix et Harry se sentit sombrer de nouveau.

Un verre de champagne à la main, Harry soupira discrètement. Il ne faisait même plus l'effort d'écouter l'homme grassouillet et à l'hygiène douteuse qui lui parlait de moteurs de voitures de sport. Il s'ennuyait ferme. Le cadre avait beau être agréable et les invités triés sur le volet en fonction de leur fortune, les regards en coin qu'il recevait ne l'émoustillaient plus.

Puis un homme fit son apparition à la porte de la salle de bal et il sentit son cœur faire un bond. Grand, blond, un physique de rêve et l'assurance tranquille qu'ont ces hommes qui savent qu'ils sont beaux, il était simplement magnifique.

L'homme s'avança dans la salle et tous les regards se tournèrent vers lui. Des regards d'envie de la part des hommes, de désir de la part des femmes. Tous étaient attirés par lui comme des papillons par la flamme d'une bougie et il se délectait de cette attention.

Harry sentit son corps trembler lorsqu'il se dirigea vers lui. L'homme retira ses élégantes lunettes de soleil, dévoilant des yeux d'un bleu si pur qu'on aurait pu s'y noyer.

- Et bien, beauté, tu ne sembles pas profiter de la fête, dit-il d'une voix sensuelle.

Harry se sentit rougir et baissa les yeux, laissant ses cils caresser ses pommettes. L'homme passa une main tendre sous son menton et lui releva la tête.

- Que dirais-tu de continuer cette soirée chez moi, je te promets de te distraire...

Ses lèvres se rapprochèrent de son oreille et Harry sentit son cœur manquer un battement.

- … et de te faire mourir de plaisir.

Harry attrapa la chemise de l'homme, ne faisant plus confiance à ses jambes pour le porter. Il avait une voix tellement sexy qu'il aurait pu avoir un orgasme rien qu'en entendant le mot « plaisir ».

L'homme eut un petit rire sensuel et lui tendit son bras galamment pour le mener hors de la salle de réception. Une pléthore de regards jaloux les suivirent mais Harry n'en avait cure.

L'homme échangea quelques mots avec le voiturier et une limousine blanche vint se garder devant eux. Le chauffeur retira sa casquette et leur ouvrit la porte. Un peu embarrassé par sa longue robe, Harry réussit néanmoins à se glisser sur la banquette de cuir. L'homme le suivit et le brouhaha de la rue s'atténua.

- Je ne connais même pas ton prénom, souffla Harry alors que l'homme ouvrait le mini-bar.

- Seamus, susurra-t-il en lui tendant une nouvelle coupe de champagne, c'est ce que tu hurleras ce soir.

La coupe roula au sol, complètement oubliée alors que Harry se jetait sur Seamus, arrachant les boutons de sa chemise hors de prix.

- Fais-moi hurler, demanda-t-il avant de s'emparer de la bouche tentatrice.

Il n'écouta même pas Ron leur faire la morale et s'enferma derrière ses baldaquins à l'aide d'un sort de silence. Tout ce qu'il voulait c'était se branler, dormir et enfin oublier cette journée pourrie.


Comme tous les ans, Severus Rogue, Maître des Potions à Poudlard, semblait aussi heureux de donner des cours que de se rendre sur l'échafaud. Il commença par claquer durement la porte et ordonna le silence de sa voix la plus glacée. Il s'en suivit un discours sur l'arrivée des B.U.S.E mais, contrairement aux autres professeurs, il semblait ravi de se débarrasser de la plupart de ses élèves à la fin de l'année.

Harry lui renvoya son regard en songeant avec une joie féroce qu'il n'avait aucune intention de continuer les potions de toute façon.

- Mais avant d'en arriver à ce bonheur des adieux, nous avons encore un an à passer ensemble, reprit Rogue d'une voix doucereuse, aussi, que vous ayez ou non l'intention de passer l'épreuve de potions aux ASPIC, je vous conseille de consacrer tous vos efforts à maintenir le haut niveau que j'attends de mes élèves en année de BUSE. Aujourd'hui, nous allons préparer une potion qui est souvent demandée au Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire. Il s'agit du philtre de Paix, destiné à calmer l'anxiété et à apaiser l'agitation. Mais je dois vous avertir que si vous avez la main trop lourde dans le dosage des ingrédients, celui qui boirait la potion tomberait dans un sommeil profond et peut-être même irréversible. Vous devrez donc vous montrer particulièrement attentifs à ce que vous faites.

A côté de lui, Harry sentit Hermione se redresser et Ron s'affaisser.

Rogue agita sa baguette et des instructions remplirent le tableau. Il ne lui fallut pas plus de trois lignes pour voir qu'il s'agissait d'une des potions les plus dures qu'il ait jamais eu à faire. Sans conviction il rassembla les ingrédients et, tout en gardant un œil sur Hermione, un autre sur Ron et un troisième sur sa potion, commença sa préparation.

- Une légère vapeur argentée devrait maintenant s'élever de vos potions, annonça Rogue dix minutes avant la fin du cours.

Harry jeta un regard désespéré autour de lui et se sentit légèrement rassuré en voyant que, parmi les Gryffondors, seule Hermione semblait avoir réussi sa potion. Mais c'était sans compter un certain professeur de potions.

- Potter, qu'est-ce que c'est que ça, exactement ? demanda Rogue avec un horrible sourire, provoquant les ricanements des Serpentards.

- Un philtre de Paix, répondit Harry d'un air tendu.

- Dites-moi, Potter, reprit Rogue de sa voix doucereuse, savez-vous lire ?

Harry toqua deux fois à la porte, tremblant d'appréhension. Le soleil venait juste de se cacher derrière de gros nuages, plongeant la ruelle déjà lugubre dans la pénombre. Une bourrasque glacée souleva les volants de sa robe et il croisa les bras devant sa poitrine pour essayer de protéger ses bras nus.

Finalement la porte s'ouvrit pour dévoiler un homme aux longs cheveux sombres. Les larmes aux yeux, Harry se jeta dans ses bras.

- Sev ! Je suis tellement désolé ! dit-il en enfouissant son visage dans le cou de l'homme. Tu vaux tellement mieux que lui, je suis désolé de ne pas l'avoir réalisé plus tôt. Tu as toujours été là pour moi et je... je t'aime Sev ! Je t'aime plus que tout !

Pour toute réponse l'homme se saisit de ses lèvres. Il referma ses bras autour de la taille de Harry et le serra contre lui. Leur baiser dura de longues minutes.

- Et ton mariage ? souffla Severus quand ils durent se séparer.

- Sev, ce n'est pas avec lui que je veux me marier, c'est avec toi, répondit Harry en prenant son visage en coupe.

- Tu as traversé toute la ville dans cette robe ? demanda-il en embrassant la paume de sa main.

- J'ai transplanné, imbécile, répondit Harry avec un sourire. Nous ne sommes pas dans un roman à l'eau de rose.

- C'est vrai, dans un roman à l'eau de rose je t'aurais sans doute déjà arraché cette robe...

- Tu as besoin d'une invitation peut-être ? railla Harry en prenant son air le plus effronté.

Severus lui sourit et glissa une main derrière ses cuisses, le soulevant sans effort. Harry laissa échapper un petit rire et s'accrocha à son cou. Tout en l'embrassant, Severus le porta à sa chambre comme son mari aurait du le faire. Il le déposa délicatement sur le lit, admirant la manière dont la robe blanche mettait en valeur toutes les courbes de son corps.

Avec tendresse, il défit les lacets de son corsage, laissant ses délicieux seins retrouver leur liberté. Il s'appliqua ensuite à les lécher sous tous les angles pendant que Harry gémissait de bonheur, ses mains enfouies profondément dans ses cheveux sombres.

- Sev, supplia Harry en arquant le dos.

- Un peu de patience, répondit-il en embrassant le coin de ses lèvres, nous avons toute la nuit devant nous.

- Je veux te sentir en moi, Sev, j'en ai tellement besoin, souffla Harry avant de l'embrasser passionnément.

Severus se redressa et se dépêcha d'enlever sa chemise et son pantalon. Il ne portait pas de sous-vêtements en-dessous et Harry sentit ses joues devenir plus rouges. À son tour, il essaya de retirer la robe mais Severus l'arrêta.

- Non, tu es si belle avec.

Et Harry se sentit encore plus rougir.

Severus fit glisser ses mains délicates sur ses jambes, remontant le long de ses cuisses et faisant glisser les nombreuses couches de volants vers sa taille.

Quand il s'allongea sur lui, Harry s'empressa de reprendre ses lèvres pour étouffer les cris de plaisir qui menaçaient de s'échapper des siennes. Severus enroula une main dans ses cheveux roux, et lui murmura dans le creux de l'oreille :

- Tu es à moi maintenant, Lily.

Harry eut un haut-le-cœur au-dessus de son chaudron et s'évanouit.


Harry se retourna dans son sommeil et manqua de tomber du lit. Un bref coup d'œil entre ses paupières lourdes lui indiqua qu'il était à l'infirmerie et il grogna. Il venait sans doute d'exploser son record : pas même un jour complet de cours avant de se retrouver ici.

Puis ses pensées dérivèrent vers ce qui l'avait conduit à l'infirmerie et il enfouit son visage dans l'oreiller. Il était bon pour une thérapie. Merlin, il aurait préféré voir Fol-Œil nu que...

Il poussa un gémissement de désespoir. Il en avait marre de tout ça. Ce serait le tour de qui ensuite, Dumbledore ? Que Dieu tout puissant lui épargne cette vision d'horreur.

Des bruits de pas sur sa droite attirèrent son attention et il releva la tête, son air le plus misérable peint sur le visage.

Madame Pomfresh pinça les lèvres et s'assit sur le lit voisin, un bloc-note dans une main, une plume aiguisée dans l'autre. Elle semblait préoccupée.

- M. Potter, maintenant que vous êtes réveillé j'aurais plusieurs questions à vous poser. Tout d'abord, est-ce que vous vous sentez mieux ?

Harry hocha la tête sans grande conviction.

- Bien. Pendant que vous étiez inconscient j'ai remarqué certaines choses qui m'ont conduite à faire des examens plus-

Harry porta le verre à ses lèvres pendant que la lumière déjà tamisée baissait doucement. Un projecteur s'alluma au-dessus de la scène, faisant apparaître une chaise en bois rouge dans un cône de lumière, pendant que le barman annonçait de sa voix tonitruante :

- Et maintenant, messieurs, pour votre plus grand plaisir, voici... Opium !

Une musique rythmée envahit la salle et une jeune femme aux cheveux rouge sang s'avança dans la flaque de lumière. Elle portait un imperméable qui couvrait à peine ses cuisses, révélant de longues jambes galbées soutenues par des bottes en cuir noir. Ses hanches ondulaient au rythme de la musique et elle fit tourner le dossier de la chaise pour s'asseoir à califourchon dessus, révélant aussi le peu de vêtements qu'elle portait sous son imper.

Des sifflements approbateurs retentirent dans la salle et Opium envoya un baiser coquin à l'assemblée. Harry aurait bien aimé que ce soit uniquement pour lui.

La jeune femme commença une danse sensuelle, jouant avec les boutons de son imperméable, les libérant un à un. La courbe de ses seins pâles apparut, rehaussée par la dentelle rouge qui les enrobaient et Harry sentit son cœur rater un battement. Cela faisait plusieurs jours qu'il venait tous les soirs dans ce cabaret pour l'admirer et, tous les soirs, elle lui semblait encore plus belle.

Les derniers boutons sautèrent et Opium, de dos, fit glisser le vêtement à terre, laissant aux spectateurs le soin d'admirer ses hanches et ses fesses ondulantes. Harry sentit sa gorge se serrer. Il était définitivement tombé amoureux et, ce soir, il irait déclarer sa flamme, il en était plus déterminé que jamais.

Opium dansa encore pendant quelques minutes, exhibant ses courbes et jouant obscènement avec sa chaise avant que les projecteurs ne s'éteignent en attendant le show suivant.

Un peu anxieux malgré tout, le bouquet de roses rouges dressé devant lui comme un bouclier, Harry se dirigea vers les coulisses. Personne ne semblait en garder l'accès alors il se dépêcha de se faufiler dans le corridor. Une danseuse vêtue d'une robe d'infirmière lui adressa un sourire attendri et, une moue sensuelle sur le visage, lui demanda s'il cherchait quelqu'un. Harry bafouilla un peu mais parvint tant bien que mal à se faire indiquer la direction de la loge d'Opium.

Il toqua à la porte et attendit en agitant nerveusement son bouquet. Opium lui ouvrit et il sentit le rouge lui monter aux joues quand il s'aperçut qu'elle ne ne portait qu'un peignoir de soie par-dessus ses sous-vêtements..

- Vous voulez quelque chose ?

- Je... J'ai pensé qu'elles iraient très bien avec vos cheveux, dit Harry en lui tendant le bouquet.

Puis il se rendit compte à quel point sa réplique était grotesque et ses joues s'enflammèrent un peu plus. Mais la jeune femme sembla touchée par l'attention, si on se fiait à la légère rougeur sur ses propres joues.

- Vous voulez entrer peut-être ? demanda-t-elle et, se faisant, le peignoir s'entrouvrit, révélant une fois de plus la magnifique forme de ses seins. Et appelez-moi Poppy.[*]

- M. Potter !

- Hein ? répondit Harry en essayant de chasser les idées perverses qui courraient dans sa tête.

Finalement, des fois c'était plutôt cool.

- Cessez un instant d'être irresponsable et écoutez ce que j'ai à voir dire !

Harry lui fit ses yeux de cocker et Pomfresh sembla s'adoucir.

- Avez-vous récemment expérimenté avec des potions ou quelqu'un a-t-il expérimenté avec des potions dans votre entourage ?

- Heu... Non, je ne pense pas, répondit Harry, les sourcils froncés.

- J'ai trouvé dans votre sang les traces d'une potion inconnue dont les ingrédients clés semblent être du gingembre, des larmes de fée et des excréments de Kneazle. Est-ce que cela vous évoque quelque chose ?

Harry cligna des yeux.

- Heu... J'ai toujours été nul en potions alors...

L'infirmière leva les yeux au ciel en émettant un claquement de langue désapprobateur.

- Je vais faire un rapport au directeur, reprit-elle d'une voix plus douce. En attendant, comme je n'ai rien décelé de dangereux je vous demanderais uniquement de rester sur vos gardes et de m'alerter si vous observez le moindre changement.

Harry hocha la tête et Pomfresh lui indiqua qu'il pouvait quitter l'infirmerie. Au moment de partir, Harry ne put s'empêcher de laisser ses yeux traîner sur sa silhouette. Qui aurait pu penser que leur acariâtre infirmière pouvait être aussi sexy ?


Fred soupira et laissa sa tête retomber sur l'épaule de son frère.

- J'en ai marre, grogna-t-il, on n'avance pas. Tu penses pas qu'on devrait plutôt se concentrer sur l'enchantement des plumes érotiques ?

Georges se contenta de décoller son dos du canapé, laissant son jumeau glisser derrière lui et se prendre l'accoudoir en pleine figure. Il mordilla le bout de sa plume, concentré sur la formule écrite sur le parchemin froissé qu'il tenait en main.

- Pourtant je suis sûr qu'on est pas loin. Il doit y avoir un des ingrédients qui réagit trop violemment avec l'alcool.

- Et si on mettait simplement en gros dessus « Ne pas consommer avec de l'alcool » ? demanda mollement Fred en rampant étrangement sur le canapé.

- Ta foi en l'humanité m'impressionnera toujours.

- Et puis pourquoi tu veux absolument qu'on ait une ligne érotique pour le magasin ? On n'a jamais eu autant de problèmes qu'avec l'élixir de fantasme, le générateur de rêves, les plumes érotiques et les sous-vêtements comestibles.

Georges pencha la tête sur le côté et se tapota le menton avec sa plume.

- Ben, en y réfléchissant, ça doit être-

- De la merde de Kneazle ?! hurla une voix connue à l'autre bout de la salle commune.

- Sérieusement Ronald, en quoi ça te choque ? répondit une voix courroucée. Plusieurs potions nécessitent des matières fécales, on en a même utilisé en cours !

Fred se tortilla pour jeter un coup d'œil derrière eux et reconnu sans surprise son charmant petit frère, les oreilles rouges, accompagné des ses éternels amis.

- Tu devrais être plus choqué par le fait que Harry est peut-être empoisonné et que personne ne fait rien !

Il n'en fallut pas plus pour les jumeaux pour s'approcher en catimini du trio d'or et de sauter sur Ron par derrière.

- Qu'est-ce que j'entends ? commença Fred.

- Le Garçon-Qui-A-Survécu-À-Quatre-Années-En-Compagnie- De-Notre-Frère aurait-il des ennuis ? finit Georges avec un sourire carnassier.

Hermione les jaugea un instant et consulta Harry du regard. Ce dernier haussa les épaules d'un air fatidique. Au point où il en était...

- Madame Pomfresh a découvert que Harry avait été en contact avec une potion contenant du gingembre, des larmes de fée et des excréments de Kneazle et qui aurait causé son évanouissement en cours.

Fred sentit son sourire se figer sur sa figure et lorsqu'il croisa le regard de son jumeau il dû se rendre à l'évidence qu'il en était arrivé à la même conclusion. Après tout, aucune potion référencée ne contenait ces trois ingrédients. A part la leur...


Harry se sentit brutalement tiré en arrière et laisser échapper un cri peu viril. Mais une main se plaqua sur sa bouche et une paire de bras puissants l'entraîna dans un passage secret caché par une tapisserie.

- Mais vous êtes malades ! s'exclama le Gryffondor en reconnaissant ses deux agresseurs.

- Non, simplement un peu dérangés, répondit Georges en ajustant les lunettes très sérieuses qu'il avait mis pour l'occasion.

- Et surtout avides de vérité, continua Fred en lissant sa blouse blanche.

Harry n'eut pas le temps de protester plus que les jumeaux l'entraînèrent dans une salle de classe vide et verrouillèrent la porte.

- Très bien, cher sujet numéro B2, veuillez vous asseoir, nous allons commencer l'interrogatoire.

Complètement déboussolé, Harry se laissa tomber sur la chaise au milieu de la salle pendant que les jumeaux prenaient place au bureau. Affichant un air extrêmement sérieux, Georges sortit son calepin et une plume tandis que Fred le regardait fixement. Harry déglutit, franchement mal-à-l'aise. Ce n'était pas la première fois qu'il assistait à une des mises en scène des jumeaux mais celle-là lui filait un peu les chocottes.

- Sujet numéro B2, dit Fred en croisant ses mains sous son menton, vous n'avez pas accepté en connaissance de cause d'ingérer le produit test B-EdF et nous exigeons un rapport immédiat sur ses effets.

Harry cligna des yeux, complètement perdu.

Georges leva sa plume et énonça d'une voix claire :

- Première question : Avez-vous, oui ou non, ressenti, assisté ou participé aux fantasmes d'une tierce personne ?

- Attendez, attendez, s'écria Harry, qu'est-ce qui se passe ?

- Le sujet B2 semble peu coopératif, mon cher Forge, dit l'un des jumeaux d'un air réprobateur.

- Effectivement mon cher Gred, peut-être devrions-nous essay-

- C'est à cause de vous ces conneries ? hurla presque Harry en se redressant.

Il s'était rarement senti aussi humilité de toute sa vie. Il avait d'abord pensé être un monstre à fantasmer sur toutes les personnes qu'il croisait puis, lorsqu'il s'était rendu compte que ce n'était pas ses propres fantasmes qu'il voyait, il s'était senti malade de s'infiltrer ainsi dans l'intimité des gens. Merlin, il avait rêvé être une fille, il avait failli voir Maugrey à poil, il s'était vu baiser Rogue et maintenant il apprenait que tout ça n'était qu'une vaste blague !

- Monsieur Potter, je vous prierais de vous calmer, asséna Fred dans une belle imitation de McGonagall.

- Je t'emmerde espèce de-

Harry gloussa en retirant le tee-shirt du rouquin. L'alcool lui avait donné la tête légère mais avait également enflammé ses sens. Il se sentit renversé sur le canapé et son jean glissa sur ses cuisses. Il agrippa la nuque du rouquin et l'attira dans un baiser passionné.

Une main glissa dans sa culotte et caressa son sexe d'une manière experte. Il gémit et ses dents entaillèrent la lèvre inférieure de son amant. Ce dernier se redressa dans un rire.

- Quelle tigresse avons-nous là !

- Arrête de parler et baise-moi, répondit Harry en s'acharnant sur le bouton du jean de son amant.

- Ok, par contre j'ai pas de lube.

Harry leva un sourcil et descendit le pantalon d'un coup sec. Il ne portait pas de sous-vêtements.

- Si tu veux une pipe, dis-le.

- Je veux une pipe, répondit le rouquin sans être gêné le moins du monde.

- Ben voilà, on va finir par s'entendre.

Il se redressa et fit asseoir le rouquin sur le canapé, jambes écartées. Il fit rapidement passer son chemisier par-dessus sa tête, laissant ses seins rebondir dans leur dentelle, et se mit à genoux devant lui. Il récupéra le carré de plastique que lui tendait son amant et le déchira d'un coup de dent expert.

- Met-le avec la bouche, ordonna le rouquin.

Harry haussa les épaules et s'exécuta, engloutissant le sexe tendu jusqu'à la base. Le gémissement guttural qui en résulta l'excita grandement. Il commença à sucer lentement, ses mains caressant l'intérieur des cuisses de son amant sans relâche. Ce dernier posa une main derrière sa tête et agrippa ses cheveux, l'incitant à aller plus vite.

Au même moment, un raclement de gorge agacé retentit à l'autre bout de la pièce et Harry se retourna à regret.

Adossé au chambranle de la porte du salon, vêtu uniquement d'une serviette de bain autour de sa taille, se tenait la copie carbone de l'homme à qui il donnait du plaisir.

- Je ne dérange pas, j'espère ? demanda-t-il avec une moue contrariée.

- Tu sais, répondit l'autre avec un sourire nonchalant, tu ne devrais pas laisser tes invités seuls dans le salon, quelqu'un pourrait passer par là et te les piquer.

- Premier arrivé, premier servi ? Pourtant ce n'est pas toi qui a passé toute la soirée en chasse pour la ramener à la maison, celle-là.

Ils s'affrontèrent silencieusement du regard et la serviette, délaissée, commença à glisser sur les hanches du rouquin. Harry sentit un frisson d'excitation le parcourir et fit glisser sa main sur la cuisse de son amant.

- Pas besoin de vous battre, dit-il de sa voix la plus sensuelle. Je peux vous prendre tous les deux en même temps.

Le frère sur le canapé se pencha vers lui et attrapa ses lèvres dans un baiser furtif.

- Merci tigresse, je savais que je pouvais compter sur toi.

Il attrapa un deuxième préservatif et le lança à son frère qui l'attrapa d'un geste expert, laissant la serviette tomber à ses pieds. Au sourire satisfait qui ornait leur deux visages, Harry comprit que tout ça n'était qu'une mise en scène et qu'il avait signé pour un threesome depuis le début. Mais cela ne le dérangeait pas, bien au contraire...

- ÇA SUFFIT ! hurla Harry en renversant la table. J'en ai marre de vos perversions ! Je m'en fous de savoir que vous voulez vous faire la même fille en même temps ! Enlevez-moi ça !

Les jumeaux assistèrent à cette explosion de rage sans sourciller.

- Tu veux vraiment qu'on se tape une fille ensemble ? demanda Georges en regardant son jumeau.

Celui-ci arbora un sourire coupable et se détourna. Georges lui attrapa la joue et la tira comme à un enfant.

- Petit coquin, roucoula-t-il. Il va falloir qu'on parle de ça, je veux des détails ! Quant à toi, continua-t-il en s'adressant à Harry (sans lâcher la joue de son frère), pas de chance, tu es tombé sur un produit en phase test, il va donc falloir étudier ton cas en détail pour trouver un antidote. Très en détail.

Harry donna un dernier coup de pied dans le meuble le plus proche puis prit une grande respiration et sembla se calmer.

- Qu'est-ce que vous avez besoin de savoir ? demanda-t-il d'un ton résigné.

- Tout, répondirent les jumeaux en cœur avec leur plus beau sourire sadique.


[*] poppy est le nom anglais du pavot dont les graines servent à fabriquer l'opium ;-)