Demi sang-mêlé et et demi sang-chaud

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Les yeux reviennent dans son rêve à nouveau. Mais cette fois-ci, ils ne font pas que le regarder. Non, ils font quelque chose d'autre. Ils brillent. Et scintillent. Et il perçoit du désir dedans. Il bouge et les yeux se ferment. Il bouge encore et il y a un son.

Il n'y en avait eu aucun auparavant. Rien que les yeux. Mais cette fois, il y a plus. Il l'entend à nouveau. C'est un gémissement. C'est un son agréable. Qui lui donne envie de bouger encore. Il pénètre. À l'intérieur. De quelqu'un. Et c'est bon. Davantage que bon, en vérité. Tellement incroyable.

Et les yeux ouvrent à nouveau. Ils sont verts. D'un vert si magnifique. Il les connaissait très bien. Ils montraient de la haine lorsqu'ils le regardaient. Mais pas maintenant. Ils sont différents. Ils lui communiquent de la passion. Et de l'adoration. Et du désir. Et du besoin.

Il s'enfonce encore. Les yeux connectent avec les siens et il y a un nouveau gémissement. Cette fois, il distingue un nom. Son nom. La voix appartient à un homme. L'homme dit son nom. Les yeux appartiennent au même. Mais qui est l'homme? Il devait le connaître car il voit ses yeux dans ses rêves.

Il fait glisser son sexe dans le corps accueillant de nouveau et il entend l'homme lacher son nom une fois. Peut-être qu'il parviendrait à le reconnaître rien que par sa voix. Cependant, ouir son prénom une unique fois, lui parait incorrect. Il en voulait plus. L'entendre encore et encore. Telle une satisfaisante obsession. Rien que ce mot.

Il voit les lèvres. Il les touche de son pouce. Elles sont douces. Et jolies. Embrassables. D'un baiser. Il embrasse les lèvres. Elles sont encore plus douces de cette façon. Et sucrées. Il y a un gémissement à nouveau. C'est lui. Il gémit. À cause du baiser. Et de la pénétration. Ho! Oui, embrasser et s'engouffrer dans l'étroit, brûlant passage est si bon. À peine supportable. Il pourrait en jouir sur le champ.

Il touche. Ses mains caressent. Explorent. Quelque chose de doux, soyeux et bruns foncés. Ses cheveux. Comme la mèche qu'il tient entre ses doigts.

- Severus… lui parvient la voix de nouveau.

- Harry… s'entend-t-il répondre en gémissant aussi.

Snape se lève transpirant, à bout de souffle. Sa main pâle descend dessous son boxer noir avec conviction. Il attrape sa queue et commence à la masturber. Il songe à son rêve, se remémore chaque détail, chaque goût fruité et la voix ardente… d'Harry Potter tandis que ses longs doigts parcourent partout son membre dur.

Il sait déjà que son envie irrépressible n'est pas normale. Puisque bien qu'il lui soit arrivé de rêver de lui auparavant, il ne se soulageait jamais après, même s'il se réveillait avec une érection. Jamais après avoir rêvé de cette personne.

Cette fois, celui-ci paraît si vivace, réel. Il cède, reconnaissant d'accueillir la plaisante sensation de sa chair. Il s'introduit avec délice dans le sombre et serré tunnel produit par sa main tel qu'en homme. Ho! oui, c'est bon… Ensuite, sa main saisit son sexe avec force, puis lentement, ensuite plus vite. Son pouce ainsi que son index taquine de quelques aller-retour le bout de sa queue, encercle doucement la peau trempée.

Il est tellement érigé… se rapproche des signes de son orgasme… lui qui ne se touche jamais. Il agrippe l'arrière de sa chaise afin de bouger avec davantage d'empressement. Il grogne de plaisir comme un fauve en rut tandis qu'il sent la tête rougie de son érection émergée du cocon serré entre ses doigts.

Ho! c'est bon. Telles les lèvres soyeuses de Potter. Mmm… plus que bonnes à n'en pas douter, sur sa queue, suçant son sexe, laissant sa langue touner autour de son membre sans le quitter de son regard brillant, remplis de désir. Oui, ho oui, c'est ce qu'il voulait. Et tant d'autres choses. Il pousse ses hanches une dernière fois avant de jouir, tremblant dans sa main et sur son ventre:

- Hha! Oui…

Ensuite, il ne bouge pas immédiatement, se laisse revenir de son orgasme. À demi assis, à demi étendu au sol.

Il pourrait se lever pour prendre une courte douche comme à chaque jour. Mais il se rappelait n'avoir un cours à donner qu'à partir d'onze heures. Alors, pourquoi devrait-il se préparer? Il se nettoie rapidement d'une vague de sa baguette noir et d'un autre coup, fait disparaître magiquement ses vêtements.

Ne conserve rien que son sous-vêtement sur lui. Contrairement à son habitude, il se sent extraordinaire, heureux, paisible, comme s'il était à sa place. Il savait que c'était à cause de l'Arbitrium Liberum qu'il ressent cela mais pour l'instant, il s'en fout. Car n'avait pas ressenti un pareil bien-être depuis longtemps.

Il s'endort finalement, épuisé.

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Harry étire son bras autour d'un autre homme, celui qui a stupidement avalé une potion qu'il croyait serait sans effet.

Il est inquiet par ce que seront ses conséquences, un danger pour lui.

Il tapote d'abord doucement sur Snape, mais lorsqu'il n'y a aucune réaction, il frappe plus fort, de son poing.

- Snape, c'est moi, vous devez vous réveiller, s'écrie-t-il à plusieurs reprises.

Mais cela ne change rien. Toutes ses fonctions vitales semblent fonctionner. Il devra faire preuve de patience et attendre qu'il s'éveille lui-même.

Puis, après un moment de stupeur, et le vide abyssal de ce qui s'était produit jusqu'à ce que son partenaire comble cette lacune, déjà rassuré par son apparente normalité, il se sent plus léger, amusé par la réaction de Snape. Le plus vieux sorcier accepte un examen approfondi par le professeur de Défense de Poudlard, avant d'être enfin autorisé à aller prendre sa douche.

Tandis qu'Harry part vers la Grande Salle pour prendre son déjeuner, il se sent aussi affamé que son légendaire ami roux avec qui il avait fait sa scolarité.

Avant de repartir du côté des bureaux du Maître des potions, car il était peut-être dans un état similaire à lui. Bien qu'ayant toujours une douleur physique généralisée qui limite ses mouvements. Il pourrait lui prendre quelque chose à manger.

Il cogne à la porte et attend.

Celle-ci s'ouvre, révélant un Severus Snape encore dégoulinant d'eau, à la très petite serviette retenue par un noeud, camouflant le milieu de son haut corps.

- Laissez-moi un peu de temps, Potter, lui dit-il d'un ton irrité.

Le Héros National explique à l'homme son idée. Sa voix diminue peu à peu alors que Snape s'étire contre la chambranle, le tissu cachant à peine son sexe, révéle une hanche blanche aux yeux à lunettes rondes, surpris.

- Vous êtes inquiet pour moi. Comme c'est gentil à vous. Vous voulez que je vous… L'homme fait glisser sa large main avec lenteur sur son torse et cette fois, le corps d'Harry réagit, son regard avide maintenant suit les mouvements accomplis par les longs doigts jusqu'à ce qu'ils jouent avec le rebord de sa serviette. - …démontre ma gratitude?

Il y a un silence, il a du mal à reprendre la conversation:

- Euh… non… pas nécessaire.

Le jeune espère de tous ces vœux que noeud tienne bon. Ou bien se délace. Il est incertain quant à celui qu'il préfère.

Le Survivant fait quelques pas en arrière avant de connecter ses yeux verts avec ceux noirs, en face. Ensuite, il reste immobile pendant qu'ils se fixent.

- Alors, vous êtes revenu pour vous assurer que je me porte bien?

- Oui, c'est tout ce que je souhaite, Harry hoche de sa tête à cicatrice en forme d'éclair. Mais ne quitte pas non plus.

- Quelle honte cela est…

Ensuite, l'homme passe une main à travers sa chevelure noire, encore trempée par la douche. Et le jeune croit sincèrement que Severus Snape est quelqu'un de magnifique avec son corps mince, peau pâle, sa voix profonde et éraillée.

- J'aurais pu donner tellement plus…

Par Gryffondor, est-ce un sourire moqueur, charmeur au coin de ses lèvres fines? Snape ne lui sourit jamais, encore moins sensuellement, c'est sûr. Cela signifiait que la fin des Temps se rapproche. Mais il l'attire… Ils ont fait l'amour à plusieurs reprises cette nuit. Ce n'était forcé par aucun des deux, donc il n'est pas dégoûté par lui et s'il propose pourquoi devrait-il refuser?

Malheureusement… il devrait repousser l'invitation en raison d'un cours à donner à des septièmes années, avec une érection douloureuse.

- Je peux pas, j'ai un cours, avoue-t-il, désolé. Harry se secoue de sa transe afin de faire face à sa journée. - Vous voulez que je prenne quelque chose pour vous, le déjeuner est presque fini?

Le grand sorcier quitte la chambranle de la porte et se place vraiment près cette fois, du plus jeune. Il ressent un léger frisson glacial le parcourir. Il parvient à sentir l'odeur de l'autre homme, qu'il trouve aussi agréable que dans ses souvenirs. Quand exactement cette matinée est devenue si compliquée?

- Je souhaite effectivement que vous preniez quelque chose, mais pas de la nourriture, chuchote Snape, de sa voix ténébreuse, comme la nuit, suggère quelque chose digne d'intérêt, mais Harry s'ose demander ce que c'est.

Il ne réalise pas que sa bouche s'est ouverte d'étonnement, jusqu'à ce qu'il percoive une présence fraiche sur sa peau, que le majeur de l'homme se trouve désormais sous son menton afin de le relever vers le haut, fermer sa mâchoire.

- À bientôt, Potter, dit ensuite Snape, avant de se retourner et qu'Harry tombe presque au sol. Le jeune veut dire quelque chose. N'importe quoi plutôt que le silence désespéré. À travers, la porte se refermant, il obtient une forme de consolation, la chute de la serviette.

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Dix minutes plus tard, le professeur de Défense menait ses étudiants hors du parc. C'était un automne relativement chaud et le Héros National s'en réjouissait car il avait besoin d'air frais, ce qu'une salle renfermée de l'école ne pouvait lui offrir.

- Monsieur Allen, si vous refaites ça, je vais vous prendre des points. Il se tourne vers le Serpentard qui essayait de glisser un petit serpent dans le col d'une Gryffondor. - Donnez-moi le.

- Bonjour, salue-t-il l'animal.

- Vous pouvez parler cette langue? répond le serpent.

- Oui. L'humain lui sourit avec gentilesse. - Vous lui appartenez? Il bouge vers l'enfant pour le désigner, celui-ci paraît un moment en état de choc.

Il hoche sa tête avant de repartir vers lui.

- Est-ce qu'il est correct avec vous? Voulez-vous que je vous prenne à lui? demande le sorcier avec détermination.

Le serpent siffle et monte sa tête plus haut, montrant sa colère.

Harry lui fait un nouveau sourire lorsqu'il est témoin de la démonstration.

- Ça va bien, je comprends.

- Professeur, Monsieur… demande Allen avec hésitation.

- Oui Phil? se tourne vers lui souriant toujours puisqu'il savait que l'élève prenait soin de son animal.

- Pouvez-vous lui demander… euh si elle est… bien avec moi? Je peux la laisser partir si c'est ce qu'elle veut… Je vais m'ennuyer d'elle mais… Si elle veut partir, je vais le faire… Le garçon attend avec anxiété.

- Elle ne veut pas partir, elle a de l'affection envers son juste maître qui la traite bien. Harry rassure Allen avant de se retourner une fois de plus vers l'animal à sang froid. Redit le message.

- Oui, c'est vrai… il n'y aurait qu'une chose.

- Allez-y.

- Je me sens seule, avoue-t-elle, d'un ton triste.

- Ho…

- La fille sur qui il a essayé de me mettre a aussi un serpent. Un mâle. On se rencontre parfois parce qu'on s'aime bien mais les enfants… sont de différentes maisons. Et nous savons que les deux ont un coup de foudre l'un pour l'autre. Ils n'osent pas rechercher leur présence. Je m'ennuie de mon Severus. Le serpent descend sa tête contre la paume de l'humain.

- Vous vous ennuyez de qui? demande Harry, qui n'en croyait pas ses oreilles, sur le point d'éclater de rire.

- Severus. C'est son nom. Je suis Nitor.

- Vous avez un nom adorable, ma chère, complimente-t-il, en sifflotant en Fourchelangue.

Cette fois, il regarde de ses yeux verts à lunettes rondes, la fille provenant de Gryffondor.

- Mlle Doyle, j'ai été informé par Nitor que vous possédez également un serpent.

- Oui, c'est vrai. Elle rougit légèrement.

- Pourriez-vous laisser votre serpent et celui d'Allen se voir de temps en temps? Ils vous seraient très reconnaissants. Harry lui sourit un peu taquin, espérant traduire ce que cela voulait dire.

Mlle Doyle observe M. Allen d'un regard interrogateur. Et lorsque le garçon hoche la tête avec enthousiasme, elle prend une teinte encore plus cramoisie.

- C'est une bonne idée, Monsieur.

- Excellente nouvelle. - Problème réglé, Nitor. Heureux de vous connaître et offrez mes meilleurses salutations à Severus également.

- Je le ferai. Je suis contente de vous avoir finalement rencontrer Harry Potter.

- Bien, M. Allen, votre serpent, prenez soin d'elle. Harry rejoint la main du Serpentard et le serpent glisse vite du poignet de son maître jusqu'à sa nuque, tel un superbe collier. Reprenons avec ce que nous devions voir aujourd'hui.