Me revoici !
J'en entends certain dire : Oh non, pas elle !
Et si, moi !
Aujourd'hui, j'ai décidé de vous décrire un peu comment je travaille. J'écris l'après-midi, en début d'après-midi, comme cela, je peux aller faire un peu de sport après. J'écris dans ma cuisine, à côté d'une fenêtre, j'ai donc le plus de lumière possible et l'usage de la seule table de mon appartement. J'habite au troisième sans ascenseur dans un immeuble de trois étages. Pas de voisin du dessus donc. Par contre, un voisin du dessous très bruyant surtout les samedis soir. Heureusement, je ne travaille plus les dimanches matin.
Pour vous dire franchement, ma matinée a été consacrée à la cuisine et à l'administratif. Autour de moi, il y a donc un tas de papiers totalement décourageant, une pâte à pain qui lève, une tarte aux légumes qui cuit dans le four et une poule qui mijote dans son bouillon. J'aime cuisiner même si les conditions de travail ne sont pas évidentes dans mon petit chez-moi.
En fond musical, de la harpe celtique, que j'éteindrai quand arrivera le moment où je ne pourrai plus me concentrer avec de la musique.
Voilà pour les conditions.
J'ai changé de pseudo dernièrement. Comme je l'explique dans mon profil, je ne veux pas être dégoutée de l'autre, alors j'en change. Cela fait 10 ans que je traînais l'autre, c'est assez je pense.
Je deviens donc Magdaline. Don't worrry, c'est toujours moi !
Répondons maintenant à mes commentatrices.
Marie-Claude : Attends avant de racheter un tapis, tu risques de trépigner encore, pas la peine d'en user prématurément un autre, si ?
Anas : Tu me suis donc ? C'est à tes risques et périls tu sais ! Puisque tu suis, je vais devoir éviter les mises en danger, je ne voudrais pas que tu blesses. La cure de désintoxication aux fics n'est pas remboursée par la sécu, fait attention ! Univers risqué certes mais je suis assez fière de la maitrise que j'ai sur lui. Merci pour tous tes compliments. J'espère que ce chapitre te comblera.
Clina9 : Oui il est réveillé mais il n'est pas au bout de ces peines et John non plus. On est sadique ou on l'est pas lol.
Barjy02 : Il y a bien d'autres découvertes à faire sur ce chapitre de l'histoire du monde. Si cela t'intéresse, j'ai des adresses et des livres à te recommander.
Glasgow : La patience est une vertu ! Comme la curiosité même si celle-ci ne fait pas partie des vertus officielles. Je te remercie de me laisser toujours un petit mot même si tu es à cours de compliments. J'apprécie l'attention et l'effort.
Vera Spurnes : Le romantisme nous sauvera tous ! lol
And Just Like That : Bah alors, je croyais que je ne te verrais plus avant 7 semaines ! Je suis heureuse que tu aies fait une entorse à ton programme. Il faut dire que les alertes sont très tentantes quand elles arrivent et il est difficile d'y résister. En réalité, je pensais vraiment me servir de ce décor pour mettre en scène une relation, quel qu'elle soit, entre John et Sherlock. C'est donc de manière totalement inopinée si je suis arrivé à créer un lien suffisamment fort entre les personnages et leur environnement. Il faut croire que je suis plus douée que je ne le pense. Cette avalanche de compliments est très agréable et très déstabilisante. Tu me crois si je te dis que ça me fait peur ? Non parce que vraiment cela me met une pression phénoménale. Et dire qu'il n'y a que comme cela que je travaille, avec la pression…. Je dois être folle quelque part.
Liseron : Merci pour ta remarque, je fais attention à ne pas stigmatiser les allemands puisque je sais que tous ne sont pas nazis. Si j'ai pu laisser cette impression, j'en suis désolée, je me relirai à la lumière de ta remarque et tenterai de modifier ce qui peut l'être. Merci encore et au plaisir de te divertir (si on peut appeler cela du divertissement…).
A la demande générale, et parce que je le veux bien, je consacrerai un chapitre à l'histoire d'Ivan que vous avez l'air d'avoir pris en affection. Ce n'était pas vraiment prévu, mais quand on ne sait pas où l'on va, on peut faire des détours.
Vous vous étonnerez certainement de la manière dont Sherlock et John s'appellent, cela va évoluer mais pour le moment, je préfère que cela reste comme cela, question de distance.
Allez, je vous laisse à votre lecture tant attendue.
On se retrouve en bas.
Magdaline.
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Chapitre 6 :
Sherlock Holmes était un homme incroyable. Et cela, John s'en rendit compte dans les jours qui suivirent son réveil. Le jeune homme était ce qui se rapprochait le plus du patient modèle. Du moins, au début…
Le brun se laissait faire quand on le soignait, il était silencieux et obéissait aux ordres du médecin sans discuter.
John s'en réjouissait. Il y avait tellement de patients difficiles dans ces baraquements et dans ceux qui avait poussé autour du camp qu'un malade obéissant était un miracle en soi.
Ce soir-là, alors que John terminait sa journée affalé sur sa chaise à compiler les changements de traitements, Sherlock se décida à engager la conversation.
Fait rare chez lui qui, depuis sa déportation, n'avait ouvert la bouche que pour respirer ou répondre aux premières questions du médecin.
Depuis, il passait ses journées en silence, à méditer.
« -Je m'ennuie. » Laissa -t-il doucement échapper.
Surprit, le médecin se redressa avant de se tourner vers son patient.
« -Je vous demande pardon ?
-Je m'ennuie » répéta le brun, agacé de ne pas s'être fait comprendre la première fois.
« -Ah ! Euh… »
Le médecin chercha la réponse à cet ennui soudainement verbalisé. Aucun autre prisonnier ne s'était plein de l'ennui. Ils prenaient tous du repos, récupérant de plusieurs mois de travaux forcés. Il ne savait pas quoi dire.
« -Quelle répartie Docteur ! Je n'en attendais pas moins de vous vraiment ! »
Et le brun reprit sa méditation, occupant son esprit le mieux possible.
Son premier objet d'étude avait été lui-même. Malgré le professionnalisme de son médecin, il voulait s'assurer par lui-même que rien n'avait été oublié.
Il avait donc fait le tour de son corps, s'accordant à dire que le Docteur Watson avait fait du très bon travail. Il lui faudrait certainement quelques semaines avant de pouvoir tenir debout sans douleurs et sortir. Il ne voulait pas spécialement prendre l'air mais plutôt étudier ses codétenus.
Son second objet d'étude avait été son médecin. Il avait tout, ou presque, déduit de lui. Jeune homme de bonne famille mais bâtard, a fui le domicile familial pour échapper aux velléités de son père et lui prouver de quoi il était capable. Sherlock trouva cela idiot. Si ce paternel de substitution n'avait remarqué le fort potentiel de son rejeton bâtard, c'était vraiment un imbécile.
Au cours de ses derniers soins, Sherlock avait remarqué la manière qu'avait le Docteur Watson de toujours l'appeler par son nom ou son prénom. Psychologie, lui soufflait son cerveau. Mais Sherlock n'aimait pas cela, la psychologie. C'était une science inexacte, donc inutile.
Mais le brun était tout de même plus que reconnaissant à son sauveur, Dieu qu'il détestait ce mot, de chercher à l'humaniser.
Sherlock eut un rire silencieux. L'humaniser était un défi impossible à relever. Il n'était pas humain. Son corps l'était. Et les SS l'avaient bien compris, mais son esprit n'était humain. Du moins, ce n'était pas l'esprit d'un être humain normal.
Il tourna doucement la tête, observant le médecin lutter contre le sommeil alors qu'il remplissait les dernières fiches. Malgré son interruption impromptue, il s'était reconcentré sur sa tâche.
Cet homme n'était pas intelligent, pas d'après ses critères. C'était un idiot de plus dans la grande famille des idiots du monde.
Il avait essayé de le faire parler. Il avait essayé de lui faire avouer les motifs de sa détention. Et Sherlock n'avait rien dit. Le motif de sa détention ne comptait pas, pas plus que son corps que le médecin s'obstinait à réparer malgré l'indifférence de son possesseur. Rien ne comptait, seule l'énigme avait de l'importance.
Et l'énigme, c'était le Docteur. Cet homme s'acharnait à sauver des vies qui, de manière plus qu'évidente, étaient déjà détruites. Si les prisonniers de ce camp n'était pas mort des suites de mauvais traitements, ils mourraient soit du traitement pour les remettre sur pieds, soit de séquelles psychologiques qui les pousseraient au suicide.
Partant de ce constat, le plus simple était alors de les laisser mourir. CQFD.
Cette évidence n'avait apparemment pas frappé l'homme qui le soignait. Et celui-ci continuait à s'épuiser pour rien.
Dans la tête de Sherlock, ce genre de comportement était classé parmi les incompréhensibles. Il y classait aussi les sentiments et les soins maternels. Cela n'avait aucun sens, vraiment aucun mais les êtres humains paraissait y attacher beaucoup l'importance.
Pourtant, il devait y avoir un sens. Il avait vu, plusieurs fois, le blond rentrer dans son bureau, la mine défaite. Venait ensuite l'infirmière qui le suivait partout. Elle le prenait dans ses bras, le berçait un moment et lui proposait un verre de Whisky.
Sherlock les voyait ensuite avaler leur dose d'alcool cul-sec et l'infirmière quitter le bureau alors que le médecin sortait une fiche de ses tiroirs et y apposait un tampon rouge.
Sherlock en avait conclu qu'un des déportés était décédé malgré ou à cause des bon soins du docteur et que cela le touchait particulièrement.
Mais pourquoi ? Il ne les connaissait pas. Ils n'avaient, en somme aucune importance. Il s'agit juste d'un patient, parmi tant d'autre, que le médecin n'avait pas réussi à sauver. Ce ne serait ni le premier, ni le dernier. Alors pourquoi y mettre autant d'affecte ? Cela n'avait vraiment aucun sens.
Un bruit sourd le sortit de ses pensées. Le Docteur Watson, ou plutôt sa tête, venait de heurter la table de travail. Le sommeil avait, apparemment, eut raison de lui. Le brun vit le médecin se redresser péniblement et se frotter la tête, voulant atténuer la douleur du choc. Il se leva ensuite, attrapant son stéthoscope pour examiner son patient.
Devinant son intention dès le réveil du médecin, Sherlock ferma les yeux, feignant l'endormissement. Privé de la vue, il se concentra sur les autres sens.
Il entendit un froissement de tissu et l'odeur de plus en plus forte du médecin le renseigna sur sa position dans la pièce. Il était à côté du lit et au bruit que faisaient ses genoux, il devait les avoir posés à terre.
Il était donc tout près de lui. Il sentit ensuite que l'on déboutonnait sa chemise et deux mains froides vinrent palper ses côtes.
Il retint un gémissement de douleur de justesse. John ne devait pas savoir qu'il ne dormait pas. Le médecin posa ensuite son stéthoscope, écoutant la fréquence cardiaque. Quand la sensation de froid disparut, il sentit qu'on lui reboutonnait son vêtement. Les doigts du médecin, habilles à cette tâche, ne laissaient rien au hasard. Ils palpèrent ensuite toutes les articulations lésées avant de s'attaquer aux pansements qu'il changea sans un bruit.
Sherlock savait que ses lacérations seraient longues à cicatriser et qu'elle laisserait des traces. Les points de sutures tiraient quand il changeait de position mais l'infection était enraillé et la fièvre, tombée depuis quelques jours, n'était pas réapparue.
Il sentit le médecin se relever et la couverture, tombée du lit un peu plus tôt, fut réarrangée afin qu'il n'ait pas froid dans la nuit.
Mai était déjà bien avancé, mais le climat continental du Tyrol amenait le froid dès le coucher du soleil, faisant frissonner malades et bien-portants.
Sherlock attendit encore un peu, le médecin allait partir se reposer. Il passera la nuit dans ces quartiers, entouré des hommes de sa division avant que ceci ne reparte le lendemain. Sherlock sera donc seul dans le bureau ce soir. Mais ce n'était pas le départ du blond que Sherlock attendait, non. Il guettait ce qui venait avant.
C'était un moment qu'il attendait avec impatience à chaque fois que le médecin quittait son bureau. Et c'était la raison pour laquelle il faisait semblant de dormir. Puisant dans la réflexion, le calme qui le faisait passer pour endormi.
John le borda doucement et passa une main dans les boucles brunes.
« -Bonne nuit Sherlock. »
Et la présence du médecin s'éloigna, le plafonnier fut éteint et la lampe de bureau resta allumée, en veilleuse.
La porte se referma doucement sur le médecin qui prit la direction des bâtiments de commandement, afin de prendre une douche. Il ferait une apparition à la fête organisée pour le départ de sa division, puis il irait se coucher.
Sitôt de médecin parti, Sherlock ouvrit les yeux, plantant son regard gris dans les ombres projetée par la lampe sur le plafond blanc.
On ne l'avait jamais traité ainsi. Enfin, si, mais plus depuis des années. Même Mrs Hudson, sa logeuse et ancienne nurse, ne s'était plus prêtée à ce genre de caresses depuis qu'il avait l'âge de huit ans. Leurs retrouvailles, alors que le jeune homme cherchait un logement dans Londres, avait certes était chaleureuse mais la vieille dame s'était abstenue de renouveler ces marques de tendresse dont il n'avait pas conscience d'avoir manqué.
Quand John Watson quittait son bureau alors qu'il était éveillait, il se contentait d'un « A tout à l'heure, Monsieur Holmes ! » accompagné d'un signe de la main. Mais si, par hasard, il dormait ou faisait mine de dormir, le médecin s'approchait, passer sa main dans les cheveux de son patient et lui chuchotait doucement un « A tout de suite, Sherlock. »
Le brun avait d'abord dédaigné de ce genre d'attention, restant éveillé jusqu'au départ du blond, s'assurant ainsi un contact réduit au strict minimum et nécessaire à sa remise sur pied. Puis il s'était surpris, un jour où le sommeil avait eu raison de lui, à apprécier cette caresse délicate sur ses cheveux.
Le médecin n'allait pas plus loin. Il se contentait de cela. Puis il lui soufflait quelque chose à l'oreille avant de sortir.
Sherlock avait remarqué aussi, que le ton et la façon de le nommer changeait suivant qu'il était éveillé ou non. Le salut était joyeux mais un peu distant à cause du « Monsieur Holmes », quand il était éveillé. Par contre, la voix du médecin était chaude et douce au moment où il prononçait son prénom au creux de son oreille.
Et c'était définitivement cette manière de faire que le brun appréciait. C'était doux, presque tendre et surtout, cela lui rappelait une enfance bien trop vite terminée.
Sherlock n'était pas nostalgique, non. Et jusqu'à présent, le fait même d'avoir besoin de douceur lui était totalement étranger. Il en avait été sevré très tôt et ne pensait pas en manquer.
Ce médecin avait réveillé en lui des sensations oubliées qu'il pensait ne plus jamais ressentir. Non pas qu'il n'en avait pas besoin, mais le décès brutal de son père avait tellement affecté sa génitrice qu'elle s'était enfermée dans un monde de rêves, délaissant par-là ces deux garçons dont le plus jeune n'avait que huit ans.
Sherlock s'était donc résigné, allant même jusqu'à se persuader que la douceur et la tendresse étaient inutiles. C'est pourquoi il restait éveillé au début. Il n'en avait pas besoin. Il n'avait besoin que d'énigmes. Il nourrissait son cerveau à cela et n'alimentait son corps qu'en cas d'extrême urgence.
Mais cette tendresse, dont il avait si longtemps manquée, était réapparue dans sa vie sous la forme d'une main caressant ses cheveux, comme le faisait Mrs Hudson quand il était enfant et d'une voix qui lui soufflait quelques mots à l'oreille tous les soirs maintenant. Elle avait les mêmes intonations de celle de son père, alors qu'il venait le border le soir.
A croire que John Watson, médecin militaire et aux mains calleuses était la synthèse de ces deux personnes qu'il aimait malgré l'éloignement et la mort.
Le jeune homme soupira. L'attitude du médecin était une énigme pour lui et toute son attention, portée dessus depuis son réveil, n'en était pas venu à bout.
Fatigué pour la première fois depuis longtemps, il se laissa gagner par le sommeil, se promettant de percer ce mystère demain, quand son foutu corps n'aurait plus besoin de repos.
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Le lendemain matin, avant d'entamer la tournée des patients, John entra dans son bureau, un plateau à la main. Enfin un plateau, disons plutôt une planche de bois servant de plateau. Dessus, se trouvait la ration de nourriture qu'il avait prescrite pour son patient tous les matins. Un peu de thé, un toast beurré et une orange qu'il avait sauvé par miracle d'un affreux destin la veille au soir.
Le brun dormait encore. Il avait eu un cycle de sommeil très sporadique au début, restant éveillé plusieurs heures durant, les mains jointes sous le menton, avant que le sommeil n'ait raison de lui les heures suivantes. Ces derniers jours avait ramené la normalité dans le cycle du patient, il dormait la nuit et restait éveillé la journée.
John sourit. Si ce jeune homme pensait l'avoir duper, il allait en être pour ses frais. John avait remarqué, depuis quelques temps, que son patient faisait semblant de dormir quand il quittait son bureau le soir. Etait-ce pour ne pas avoir à prendre les somnifères dont John l'avait menacé les premiers temps ou pour profiter de sa main quand il la passait dans ses cheveux, il ne savait pas. Mais ce rituel s'était installé et il était devenu important, pour John comme pour Sherlock. C'était un peu le rituel du soir, comme une histoire que l'on lit à un enfant avant de le coucher.
Posant sa planche sur le bureau, il se pencha pour réveiller son patient.
« -Sherlock, réveillez-vous. » Souffla-t-il doucement en lui touchant l'épaule.
Le brun remua avant d'ouvrir les yeux.
« -Bonjour Monsieur Holmes. Comment allez-vous ce matin ? » Demanda-t-il avec entrain quand il put fixer le regard gris.
Le brun grogna.
« -Je vois. » Ajouta le médecin. « Je vous examine puis vous pourrez prendre votre petit déjeuner. »
Le blond s'attela donc à la tâche sans que son patient n'ait eu le temps de se récrier. L'examen terminé, il l'aida à se redresser, le laissant s'appuyer contre le mur et lui posa son petit déjeuner sur les cuisses.
« -Je vais faire ma tournée, quand je reviens, je veux que vous ayez mangé. »
Après un second grognement de la part de son patient, il repartit vers la porte, attrapant ses instruments au passage.
« -A tout à l'heure Monsieur Holmes ! »
Et il sortit.
Sherlock fronça les sourcils. Qu'arrivait-il au médecin aujourd'hui ?
Il baissa les yeux et grimaça. Il devait manger.
Encore quelque chose d'inutile. Manger. Il avait toujours très peu mangé et il s'en était très bien sortit. La preuve, il était vivant non ? Il repoussa le plateau rageusement. Il s'était promis de résoudre son énigme aujourd'hui et manger ne ferait que le ralentir.
Quand la planche entra en contact avec ses genoux, il eut un glapissement de douleur. Ah oui, il avait oublié … Ses genoux. Reposant le morceau de bois sur ses cuisses, il fixa rageusement son contenu.
Il ne voulait pas manger. Il n'avait pas faim. Mais s'il ne mangeait pas, John allait surement se mettre en colère et peut-être même le ferait-il déplacer dans l'un des dortoirs qui entourait le bureau.
Sherlock grimaça une nouvelle fois. Il ne voulait pas être entouré d'idiots qui ne parlaient même pas l'anglais. Qui d'ailleurs n'arrêtaient pas de parler et qui l'agaçaient. Non, il n'était pas question qu'il sorte du bureau de John, il voulait rester là, dans le bureau du médecin qui s'occupait de lui.
La solution était simple. S'il voulait rester là, il devait manger.
Poussant un soupir de résignation, il s'attela sans grand enthousiasme à son petit déjeuner. Tout, plutôt que d'être déplacé dans un dortoir.
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John rentra dans son bureau après avoir fait le tour de ses patients. Malgré le décès de l'un d'entre eux la veille, le moral était plutôt bon. Il faut dire que la nouvelle de l'évacuation du camp leur était parvenue. Le ministre de l'air français avait créé une commission afin d'organiser le rapatriement des prisonniers politiques en commençant par les plus fatigués et les plus malades. Les avions avaient entamés leur tournée, amenant les prisonniers jusqu'à Paris avant de les renvoyer dans leur pays respectifs puis dans leur famille.
La 11ème division blindée était repartie au petit matin et l'ordre d'organiser le rapatriement venait d'arriver au camp.
Les avions et les trains arrivaient dans deux jours à Mauthausen. D'ici trois jours, ils seraient à Paris et peut-être même à Londres dans la semaine qui suivait. Ils sortaient enfin d'ici !
Le blond sourit à son patient.
« -Bien dormi ? » Demanda-t-il
Le brun ne répondit pas.
Le blond tira une chaise et s'y assit après avoir débarrassé le plateau.
« -J'ai quelques minutes avant d'aller manger. Vous avez besoin de quelque chose ?
-D'informations. » Répondit Sherlock.
Le médecin sourit.
« -Ah enfin, une demande de votre part. Je commençais à désespérer ! De quel genre d'informations avez-vous besoin ?
-Quel jour sommes-nous ?
-Le Lundi 21 mai 1945 » répondit John.
« -Où sommes-nous ?
-Au camp de Mauthausen au Nord de l'Autriche.
-La guerre ?
-Finie ! Enfin presque.» Déclara le médecin en souriant.
« -Comment ? »
John se laissa aller sur le dossier de sa chaise.
« -D'après ce que je sais, Hitler est mort. Il s'est suicidé dans son bunker avec sa maîtresse. Les corps ont été brûlés et il ne reste rien. Ceux qui ont survécu, ont signé l'armistice il y a moins de 15 jours. Mussolini est mort en Avril. Je pense qu'il a été assassiné. Il y a encore les japonais qui se battent. Je n'en sais pas plus à leur sujet. Je sais juste que l'armée rouge est à Berlin et qu'on nous a donné l'ordre d'évacuer les camps. Nous partons dans deux jours. »
Sherlock, l'esprit en ébullition, passait d'une question à l'autre et d'une idée à l'autre quand une évidence le frappa.
« -Et moi ? »Demanda-t-il.
John fronça les sourcils.
« -Comment cela vous ?
-Que va-t-on faire de moi ? »
John se redressa.
« -On va vous rapatrier à Paris puis certainement vous ramener en Angleterre avec un convoi sanitaire. »
L'étonnement passa dans les yeux de Sherlock.
« -En Angleterre ?
-Oui » Répondit John. « C'est bien de là que vous venez non ? »
Sherlock hocha la tête pensivement.
« -Et vous Docteur Watson ? »
Le médecin haussa les épaules.
« -Je superviserai le rapatriement jusqu'à Paris et après, j'irai où l'on m'ordonnera d'aller. Peut-être dans un hôpital en France en premier lieu puis je rentrerai en Angleterre quand les choses se seront tassées et que l'on aura plus besoin de moi.
-Je vois. »
Sherlock repartit dans ses réflexions, laissant son médecin plus que perplexe.
« -Vous n'allez pas me dire ce qu'il vous est arrivé n'est-ce pas ? » Demanda le blond, certain de la réponse.
« -Cela n'a aucune importance. » Répondit Sherlock sans le regarder.
John eut un rire. Cet homme était vraiment incroyable.
« -Vous allez donc taire les raisons de votre déportation toute votre vie ?
-J'ai dit que cela n'avait pas d'importance. Et comme tout ce qui n'a pas d'importance, je l'efface. »
John se leva.
« -Puisque vous ne voulez pas parler, je vais de ce pas déjeuner. J'ai beaucoup à faire cette après-midi et l'organisation de ce rapatriement ne se fera pas seule. Bonne après-midi Monsieur Holmes et si vous vous décidez à parler, vous savez où me trouver. »
Et il sortit un sourire aux lèvres, laissant Sherlock à ses réflexions.
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Les deux jours qui suivirent ne leur laissa pas le temps de discuter. John absorbé par son travail, passait également ces soirées avec le Docteur Wallis à organiser le rapatriement des prisonniers. Il avait été décidé que les plus faibles et les plus malades voyageraient jusqu'au Bourget avec les avions cargos. Le Docteur Wallis et la plupart des infirmières et du personnel soignant voyageraient avec eux, s'assurant de la santé des malades.
Les moins atteints prendraient le train avec John et une infirmière serait attribuée à chaque wagon. Le voyage serait plus long et certainement plus douloureux, c'est pourquoi ils décidèrent aussi que Sherlock partirai avec l'un des avions. C'était une question de priorités.
Ces deux jours furent donc consacré à décider qui irait avec qui. Il y avait des cas évident comme Sherlock ou Ivan mais d'autres étaient plus délicats et les places dans les avions peu nombreuses. Ils firent donc le tour des prisonniers ensemble, prenant en compte dans leur décision, de l'état de santé du patient et de son passé ainsi que de son avis. Comme ce pilote français, abattu en plein vol qui ne voulait pas reprendre l'avion. Malgré son état de fatigue extrême, ils jugèrent plus sage de le faire partir en train. Il était plus facile d'arrêter un train que de poser un avion en cas d'urgence.
Durant ces deux jours, ce fut Suzie qui s'occupa de Sherlock, à la grande déception de celui-ci. C'est par elle qu'il apprit la décision de lui faire prendre l'avion et non le train. Il apprit aussi qu'il serait soigné par de Docteur Wallis durant de transport. Furieux, il exigea à voir le médecin qui passa en coup de vent, ne lui laissant même pas la possibilité d'ouvrir la bouche.
« -Ce sont les ordres du médecin Monsieur Holmes. Vous ne pouvez pas marcher, vos articulations sont encore fragiles et je refuse que vous souffriez plus que nécessaire lors de ce rapatriement. Vous partirez en avion avec le Docteur Wallis, un point c'est tout. »
John avait utilisé sa voix de Capitaine et même Suzie, pourtant habituée et plutôt forte tête, avait reculé devant le ton sec qu'il avait employé.
Sherlock s'était alors redressé sur son lit, avait croisé les bras sur la poitrine et avait répliqué d'une voix cinglante.
« -Je refuse de prendre cet avion. J'irai en train ou alors je resterai ici ! »
Le regard froid, John s'était alors approché, le visage déformé par la colère.
« -Alors vous resterez ici, Monsieur Holmes ! »
La phrase avait claqué dans l'air. John était repartit d'un pas martial en claquant la porte. Il était hors de question que Sherlock lui désobéisse.
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En finissant d'écrire la dernière phrase, je me suis demandé si oui ou non je les laissais comme cela. Mais oui, je les laisse comme cela.
Ce n'est pas dans le caractère de John, mais il est vraiment en colère.
Quelques précisions historiques :
Le 2 Mai 1945, l'armée Rouge est entrée au Palais du Reichstag, conçu pour abriter l'assemblée du Reich. Ils y ont d'ailleurs hissé le drapeau rouge.
Le Général Patton était furieux que les américains ne soient pas les premiers à entrer dans Berlin car tous les pays que l'armée rouge libéraient, l'URSS les colonisait ensuite.
A cette époque, la France est complètement libérée.
Adolf Hitler et sa femme Eva Braun Hitler se suicident le 30 Avril 1945 dans l'après-midi dans le Führerbunker de Berlin. Quelques jours avant cela, ils avaient fêté l'anniversaire du Führer avec quelques inconditionnels nazis et des membres de la jeunesse hitlérienne. Les corps ont été transportés à l'entrée du bunker, dans les jardins de la chancellerie, aspergés d'essence et incinérés. Les restes ont été déposé dans un cratère de bombe avec d'autres dépouilles afin d'éviter une quelconque forme de reconnaissance et dont de culte.
Il est communément admis qu'Adolf Hitler souffrait de la maladie de Parkinson et qu'il le cachait. Son médecin le traitait avec des collyres à la cocaïne.
Le sort de nombreux officiers et proches d'Hitler fut identique. J'en veux pour preuve le sort de la famille Goebbels. Joseph Goebbels était le ministre du Reich de l'éducation du peuple et de la propagande. Sa femme Magda lui donna six enfants dont les noms commencent tous par un H en hommage au Führer. Refusant catégoriquement une reddition sans conditions, Goebbels se donne alors la mort par balle au soir du 1er mai 1945 avec son épouse Magda, après qu'elle eut tué leurs six enfants âgés de 4 à 12 ans en les empoisonnant à l'aide de cyanure. Tout comme Hitler, les corps sont partiellement brûlés par les aides de camp de la chancellerie.
Ayéééééé
Pffff, j'ai vraiment eu du mal sur celui-là et je n'en suis pas vraiment satisfaite.
Je dois dire que j'ai autre chose en tête pour le moment qui est un NC-17 bien comme il faut. Il faut que je me sorte ces images de la tête donc il faut que je l'écrive. J'ai aussi une idée de fic Supernatural. En gros, je reprends le boulot Mardi et j'ai de plus en plus d'idée. Shit !
Voilà, je vous laisse sur ces bons mots avec le secret espoir de vous avoir diverti.
Et si vous avez besoin de vous remonter le moral, allez donc écouter « Les râteaux » de Bénabar.
Je m'excuse pour les fautes restantes et au prochain chapitre qui reviendra longuement sur l'histoire d'Ivan comme vous me l'avez demandé.
Faites-moi par de vos commentaires si vous en avez.
Au prochain chapitre
Bises
Magdaline
