Hello again !
Finalement, j'ai pris ma décision, Ivan ne reviendra peut-être pas tout de suite, voire même plus du tout. Par contre, Sherlock et John reste ensemble pour un moment.
Ce chapitre sera porté sur le retour de nos deux amis en Angleterre tout en passant vers le Nord de la France. Parce que c'est par Lille que sont passés la plupart des réfugiés et des soldats en route pour l'Angleterre et les Etats-Unis.
Je ne fais l'apologie d'aucun régime. Comme beaucoup de personnes à travers le monde, je n'approuve pas les actions des nazis durant la période incriminée. Etant agnostique et apolitique, je ne vois aucun problème à manipuler les idées et les croyances quelle qu'elles soient.
Si vous pensez que mon écrit va trop loin, n'hésitez pas à m'en faire part, je m'efforcerai de me corriger. Je dois encore corriger l'un des chapitres car Liseron a trouvé que je stigmatisais les Allemands en faisant l'amalgame avec les nazis.
Je suis allé chez l'Ostéopathe ce matin, je suis complètement stone, le chapitre risque de partir un peu dans tous les sens. Peut-être que je vais le faire en POV ou en rêve, je ne sais vraiment pas.
Réponse aux reviews :
Marie-Claude : J'aimerai vraiment trouver d'autres documents sur le rapatriement des déportés et toutes ces périodes peu documentées. Ton grand-père te parlait-il de sa déportation ? Mes arrière-grands-pères étaient au STO en Ukraine. Ils n'en ont jamais parlé. Pas plus que mes grands-pères de la guerre d'Algérie, je sais juste que l'un d'eux était clairon.
Clina9 : Pour être tout à fait honnête, Mycroft est la solution de secours, je ne savais vraiment pas comment débloquer cette impasse historique. Je ne sais absolument pas comment les soldats anglais encore présent sur le territoire français ont pu rentrer en Angleterre. Ils sont rentrés, ça c'est sûr, mais de quelle manière, je ne sais absolument pas. Mycroft est très pratique pour le coup.
Glasgow : Mycroft est ma bouée de secours. Je ne sais absolument pas comment les faire rentrer et j'avais envie que ce soit facile pour une fois. Mycroft est donc la solution idéale. Quant à Sherlock, il est très affaibli, je crois qu'il a mis sa fierté de côté pour appeler son frère, c'était sa seule solution à lui aussi. En me relisant, je me rends compte qu'ils ont tous une vie propre et que je n'interviens pas tant que cela. Comme quoi, on peut faire des choses bien sans en avoir conscience lol.
Vera Spurnes : Comme je l'ai dit plus haut, Ivan ne va pas revenir tout de suite, voire pas du tout. Il sera peut-être présent en pensées ou je ferai un passage sur son retour. Peut-être qu'il reviendra faire un tour en Angleterre. Je ne sais pas. Mes personnages ont une vie propre que je ne fais que retranscrire. Faire autant de recherche me prend énormément de temps et cela me fatigue beaucoup, Cette période fait partie de celles qui sont les plus difficiles à gérer émotionnellement parlant. Il me faut beaucoup de temps pour digérer les infos que je trouve et pour les retranscrire avec suffisamment de recul. Mais j'apprécie que tu apprécies le travail.
Barjy02 : Oula, trop de compliments Barjy, je ne vais plus passer les portes si tu continues. Tu ne trouves vraiment rien à redire à cet écrit ? Cela m'étonne. Je le trouve tellement imparfait. J'aime autant l'antiquité que toi je crois, au point de vouloir en faire mon métier dans les années à venir. Les aléas de la vie m'ont poussé vers d'autres horizons mais je ne désespère pas d'arriver à vivre de la recherche et de l'histoire antique. Sachant que je préfère les mythologies et surtout l'impact qu'elles avaient sur la vie des hommes de l'époque.
Meyan : Merci beaucoup pour tous ces compliments qui me vont droit au cœur. Je suis heureuse que tu apprécies la manière dont les choses se passent. Voilà la suite si tu es arrivée au dernier chapitre publié.
Enjoy
Magdaline.
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Chapitre 9 :
Il était tard, peut-être minuit et demi. John aurait pu dire qu'il était tôt. Mais le manque de sommeil lui faisait voir le verre à moitié vide.
Une voiture noire était venue les chercher à la gare de l'Est, dix minutes après le coup de téléphone de Sherlock. On les avait fait monter à l'arrière et un chauffeur en livrée avait repris le volant, passant les barrages de police sans aucune difficulté. Trop fatigué pour se poser les questions évidentes, John avait savouré la sensation d'être prit totalement en charge et de se laisser guider. Dans la voiture, à côté de lui, la frêle silhouette de Sherlock se détachait du paysage défilant. Il semblait serein, comme si la personne au volant n'était pas un étranger, comme si l'homme en livrée noire lui était familier.
John pensa qu'il lui faudrait refaire les pansements et remettre les attelles à son patient. La guérison était certes bien amorcée mais pas suffisante pour laisser les articulations malmenées sans soutien mécanique.
Sherlock râlerai sûrement, à moins que la fatigue et la douleur ne le fasse taire. Il s'arrangerait aussi pour qu'il prenne une douche, si cela était possible. Il l'aiderait, le cas échéant. Puis il irait se coucher. La fatigue, mauvaise conseillère mais compagne de chaque jour, réclamait son dû : soit quelques heures d'inconscience afin de reposer son corps fatigué.
La voiture s'était arrêtée devant un immense hôtel, très moderne. Le voiturier leur avait ouvert la porte. Placide, il resta tout de même sans voix devant l'apparence de ce drôle de couple qui débarquait après le couvre-feu. John, en uniforme américain, soutenait un Sherlock dont l'uniforme à rayures n'était pas dans le meilleur état. Le chauffeur laissa les clefs de la voiture à l'employé et précéda ses passagers. Ils entrèrent dans le hall éclairé par un immense lustre.
Sherlock, appuyé discrètement sur John, les arrêta dans l'ombre d'un pilier, laissant le chauffeur s'occuper des formalités. Il était mal vu qu'un ancien déporté vienne prendre une chambre dans un hôtel de luxe. C'était suspect. Quand à John, il paraissait encore plus suspect avec son uniforme couleur sable, ses rangers et son brassard de travers.
Ce dernier profita de cet instant de répit pour observer le hall. Même dans ses rêves les plus fous, il n'avait jamais imaginé pourvoir entrer un jour dans l'un de ces palaces. L'entrée était principalement recouverte de marbre blanc, du sol au plafond. De grandes colonnes, identiques à celles qui les cachaient dans son ombre, encadrait une porte d'entrée à tambour. En face de cette porte, un immense comptoir en quartz noir servait de desk.
Le chauffeur s'adressait au réceptionniste. Moyennant une forte somme d'argent, il obtint sans trop de difficulté la clé de deux chambres et il revint vers eux, à l'ombre de la colonne qui les cachaient du monde.
L'homme ne posa pas de questions et ne s'encombra pas de détails. Il tendit une clé à John, lui indiquant la chambre 221b au second étage et les précéda dans l'ascenseur. La lumière du hall s'éteignit dès la porte de l'ascenseur fermée. Le couvre-feu était le couvre-feu, quel que soit la personne que l'on prenait à y déroger, elle était sévèrement punie, réceptionniste d'un hôtel de luxe ou non.
L'ascenseur s'éleva lentement, emportant les deux hommes vers un repos bien mérité. Le couloir qui y menait était sombre, presque étouffant de tapisserie et de textile. En plus des lourds rideaux aux fenêtres, le tissu tendu au mur et la moquette au sol donnait à ces espaces, une atmosphère chaleureuse qui aurait pu être réconfortante. Le chauffeur les salua et s'en fut vers le fond du couloir, les laissant seul.
John les mena le long du couloir, trouvant sans trop de problèmes la lourde porte de bois, marquée du numéro 221b. La plaque de laiton sur laquelle était inscrit le numéro de la chambre avait connu des jours meilleurs. Mais les deux hommes s'en moquaient. Derrière cette porte se trouvait un repos bien mérité et une sécurité bienvenue.
John introduisit la clé dans la serrure et poussa la porte.
La chambre était aussi lourde de tapisserie que le couloir, rendant l'atmosphère lourde. Deux lits, séparés par une table de chevet, trônaient au centre de la pièce, invitant au repos. Les draps blancs avaient virés au gris. Et oui, les restrictions s'appliquaient aussi aux produits ménagers dans les établissements de luxe et la blancheur des draps en avait souffert. Peu importait. Un bureau, entre les deux fenêtres, supportait une lourde horloge sur pied. Dans la pénombre, John la devina dorée et très ouvragée. Le léger tic-tac qui en sortait en ferai une parfaite boite à musique qui les emporterai dans les bras de Morphée. Quelques fauteuils, ici et là, complétait le mobilier.
John pénétra dans la chambre, accompagné dans son mouvement par Sherlock qu'il déposa sur le lit de gauche.
Epuisé, le jeune homme s'y allongea sans prendre la peine d'en tirer les couvertures. John l'envia un moment. Lui aussi aurait aimé se laisser aller et s'endormir sur les couvertures. Mais il était médecin avant tout et il devait s'occuper de son patient.
Prenant son courage à deux mains, il se dirigea vers la salle de bain, espérant tout de même pouvoir faire prendre une douche ou un bain à Sherlock avant de le soigner.
La porte blanche s'ouvrit sur une salle de bain luxueuse munie d'une grande baignoire et d'un lavabo blanc. La robinetterie dorée projeta ses réverbérations sur le plafond quand John alluma la lumière. Il pensa un peu tard qu'il allait devoir fermer les rideaux afin que la lumière ne soit pas visible depuis l'extérieur. Haussant les épaules, il se concentra sur la baignoire. Il ouvrit un robinet, testa l'eau et soupira de soulagement, l'eau était délicieusement chaude. Parfaite pour détendre les muscles douloureux de son patient et les siens par la même occasion.
Il fit couler un bain et ressortit de la pièce. Il ferma la porte, interdisant à la lumière de déranger l'obscurité régnant dans la chambre. Il alla fermer les lourds rideaux, avant de se diriger vers le brun.
Il approcha sa main de la tête de son compagnon de voyage et l'enfuit dans les boucles brunes.
« -Sherlock, il faut se réveiller. » Dit-il doucement
Le brun grogna mais ne se réveilla pas.
« -Sherlock ! » Insista-t-il. « Je sais que vous êtes fatigué mais il faut que je vous soigne avant de vous laisser dormir. »
Le brun grogna un « foutu médecin » avant d'ouvrir les yeux et de se redresser. John lui sourit.
« Je vous ai fait couler un bain, ça vous tente ? »
Les yeux de Sherlock s'ouvrirent tellement grands que ses sourcils disparurent sous ses boucles brunes.
« -Un bain ? »
John pouffa.
« -Oui ! Alors ça vous tente ou c'est moi qui le prends ? »
Le brun ne se le fit pas dire deux fois et se leva tant bien que mal. Malheureusement, son corps le trahit, une fois de plus. John le rattrapa, passa un bras autour de ses épaules et l'amena jusqu'à la salle de bain.
La lumière éblouit le jeune homme qui fronça les sourcils. John l'amena jusqu'à la baignoire, l'y assit et arrêta le robinet. Il testa l'eau et satisfait, il se retourna vers Sherlock. Il lui enleva ses pansements délicatement puis se dirigea vers la porte.
« -Je vous laisse là, appelez-moi si vous avez besoin d'aide Monsieur Holmes, je referai de vos pansements quand vous serez sorti de l'eau. »
Et John quitta la salle de bain, laissant le brun sur le rebord de la baignoire.
Il avait buté dans un sac en rentrant dans la chambre, maintenant que son compagnon était occupé, il pouvait y jeter un œil.
Il alla chercher le sac en question, le posa sur le lit qui l'accueillerai dans peu de temps et l'ouvrit. Il en sortit deux pyjamas de la plus grande qualité, un pantalon et une veste noire, une chemise violette en soie, des sous-vêtements et une paire de chaussure de ville. Quand il vérifia la taille de ceux-ci à la lumière de la lampe de chevet, il les déposa sur le lit de Sherlock. Ces vêtements n'étaient pas taillés pour un homme trapu comme lui.
Dans le fond du sac se trouvait un jean bleu ciel, typiquement américain, un tee-shirt gris et une veste de cuir brun. Des sous-vêtements militaires étaient également fournis. Nul doute qu'il lui faudrait remettre mes rangers. Cela n'avait aucune importance. Il était bien dans ses rangers. Ces vêtements-là étaient bien plus à sa taille et lui convenait bien mieux. Du coin de l'œil, il aperçut un reflet blanc au fond du sac. Y plongeant la main, il en sortit une petite note manuscrite. Les courbes élégantes disaient :
Sherlock,
Voici des vêtements pour toi et ton ami médecin. Nous viendrons vous chercher demain à 14 heures pour vous ramener au pays.
Je suis heureux que tu m'ais appelé.
Mycroft.
Ce Mycroft était décidément très serviable. Il faudrait qu'il obtienne son numéro de téléphone, au cas où. Un ami aussi rapide et influent pouvait toujours servir.
Il secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à cela. Il devait se concentrer sur Sherlock.
Il s'assit sur son lit, le dos raide, attendant que Sherlock sorte de la salle de bain. Il ne devait pas s'endormir avant.
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Dans la salle de bain, Sherlock fixa pensivement la surface de l'eau pendant un moment. Puis il se débarrassa des loques qui le recouvraient. Toujours assis sur la baignoire, il fit passer une jambe puis l'autre au-dessus du rebord afin de se retrouver les deux pieds dans l'eau.
Depuis quand n'avait-il pas prit un bain ? Depuis des semaines, quinze, pour être précis. Il avait presque oublié la sensation de l'eau chaude l'entourant.
Malgré ses articulations douloureuses, il parvint à s'asseoir.
Un soupir de soulagement s'échappa de sa bouche. Il se laissa aller contre la paroi. Son corps malmené depuis des semaines trouva une forme de soulagement dans le contact de l'élément liquide. Ses muscles se détendirent et son cerveau se remit en marche.
Il se laissa aller quelques minutes à écouter John de l'autre côté de la porte. Un bruit de tissu froissé lui parvint puis plus rien. Le docteur Watson était décidément un homme très silencieux.
Il décida alors d'utiliser la montagne de produits mis à leur disposition. Doucement, il nettoya sa peau blanche, se débarrassant de la poussière accumulée. L'eau, d'abord claire, se changea en une substance grisâtre. Dégouté, Sherlock vida la baignoire et la remplit de nouveau. Il voulut ensuite s'occuper de son dos et se tendre vers ses pieds. Mais ces mouvements lui tirèrent une grimace de douleur. Ses blessures lui interdisaient ce genre de mouvement pour le moment.
En soupirant, il chercha la solution la plus pratique et rapide et en arriva à la conclusion qu'il avait besoin de John.
« -Docteur Watson ? »
La porte s'ouvrit, laissant passer la tête du médecin. A première vue, il avait lutté contre le sommeil en attendant son appel ou son tour.
Ah ! Il retrouvait ses capacités de déductions, c'était une bonne chose.
« -Besoin d'aide Monsieur Holmes ? »
Sherlock soupira.
« -De toute évidence ! Et cessez de m'appeler Monsieur Holmes, il est 1 heure du matin, appelez-moi Sherlock ! »
S'était-il énervé ? Certainement. Le visage du médecin portait ce masque de surprise et de compassion qu'il portait à chaque fois que la situation lui échappait.
« -Que puis-je faire pour vous ?
-Mes articulations ne me permettent pas de me laver les pieds, le dos et les cheveux. Mon corps ne me suit pas, j'ai besoin de votre aide. »
L'air boudeur du brun fit sourire le médecin, heureusement que Sherlock avait appelé, il commençait à s'endormir assis sur ce lit trop confortable.
« -J'arrive. »
Le brun était trop grand pour la baignoire et ses genoux dépassaient de la surface de l'eau. Malgré tout, la mousse, résultant de la tentative de friction sur ses jambes, recouvrait la surface de l'eau, cachant l'intimité du brun. John s'assit sur le rebord de la baignoire, attrapa le savon et le fit mousser. Sherlock tendit un pied vers le blond qui l'attrapa. La légère grimace qui s'inscrivit sur le visage de son patient n'échappa pas à John qui, en douceur, tendit totalement la jambe pour la faire de reposer sur ses cuisses. Il savonna longuement la plante des pieds, appuyant sur les points réflexes afin de détendre son compagnon. Emmêlant ses doigts aux longs orteils de Sherlock, il s'appliqua ensuite à remonter le long de la cheville. Il n'y avait pas que les pieds que Sherlock ne pouvait pas attendre, il y avait les mollets aussi.
Aussi doucement que possible, John remonta jusqu'au genou malmené, massant le membre endolori avant de le laisser reposer sur la baignoire après l'avoir rincé. Il s'occupa du second pied, veillant à ne pas faire de gestes brusques afin de ne pas réveiller la douleur.
Le massage dura longtemps, Sherlock aurait pu s'endormir s'il n'y avait pas eu d'autres parties de son corps à s'occuper.
John finit par lâcher la seconde jambe et fit le tour de la baignoire.
« -Si vous le pouvez, ne descendez pas les jambes de la baignoire et décollez le dos de la paroi, je vais m'occuper de votre dos. »
Sherlock obéit sans rien dire. La position était inconfortable mais l'inconfort valait mieux que la douleur. John se rinça les mains dans l'eau de la baignoire avant de reprendre le savon et savonner le dos de son patient.
Jamais il n'aurait pu penser qu'un être humain pouvait être aussi maigre. Il en avait vu des jeunes gens souffrant de troubles alimentaires et très maigre mais jamais au point de pouvoir compter les côtes de ses patients comme il le faisait avec Sherlock en ce moment.
Le seul point positif de cela était la facilité que le médecin avait à examiner les fractures des côtés de son patient.
Il savonna le dos du brun avec douceur mais rapidement, pour ne pas le laisser dans cette position inconfortable. Il rinça la peau et posa ses mains sur les épaules du brun.
« -Remettez-vous correctement Sherlock, je vais m'occuper de vos cheveux maintenant. »
Sherlock se laissa faire. John attrapa le pommeau de douche, lui demanda de pencher la tête vers l'avant et régla l'eau. Doucement, il mouilla les cheveux de son patient, prenant garde de ne pas mettre d'eau dans les yeux du jeune homme.
John attrapa du savon et s'occupa des boucles brunes avec douceur, conscient que les poux serait un autre problème. Il fallait qu'il s'en débarrasse au plus vite. Il se laissa un peu de temps, augmentant le massage de ses doigts sur le cuir chevelu.
J'aimais personne ne s'était occupé de lui aussi longtemps et avec autant de soin, se dit Sherlock. C'était extrêmement agréable. S'il avait pu, il se serait endormi dans la baignoire. Malheureusement pour lui, si la majorité de son corps meurtri ne demandait que le repos, son entre-jambe, elle, était bien réveillée. Les doigts du médecin lui faisait un drôle d'effet, vraiment.
Il y avait bien longtemps que cette partie de lui ne s'était pas manifestée. Sherlock se savait attirer par les hommes, c'était l'une des raisons de sa déportation, mais il ne pensait pas que le traitement tellement doux du médecin réveillerait ainsi une libido qu'il avait mise en sommeil depuis des années.
Heureusement pour lui, la mousse de savon couvrait cette réaction gênante aux yeux du médecin. Malgré les précautions du blond, du savon lui tomba dans les yeux, lui brûlant les rétines. John les lui essuya avec une serviette humide, s'excusant de sa maladresse.
« -Pardon Sherlock, je suis désolé. »
Le brun grogna doucement.
« -Je vais vous rincer les cheveux, essayez d'ouvrir doucement les yeux afin que l'eau claire les rincent du savon qui est encore à l'intérieur. »
Sherlock hocha la tête. John attrapa le pommeau de douche, régla une nouvelle fois la température et rinça le brun. L'eau, coulant sur lui, le lavait des semaines de détentions et de torture aussi efficacement qu'une psychothérapie.
Quand l'eau s'arrêta, la main du médecin écarta les mèches qui lui tombaient dans les yeux. Il attrapa ensuite une serviette pour sécher les boucles brunes puis laissa une grande serviette à portée de main et sortit de la salle de bain sur la pointe des pieds.
Grimaçant de nouveau de douleur, Sherlock sortit de la baignoire, s'entoura les hanches de la serviette laissée à sa portée et attrapa la serviette délaissée par John. Il se sécha doucement, évitant de rouvrir ses plaies et de donner plus de travail au blond. Il était déjà assez fatigué.
Il regarda l'eau sale disparaitre doucement, emmenant avec elle quinze semaines de saleté.
Sherlock sortit de la salle de bain sur la pointe des pieds, tout en douceur. John regardait pas la fenêtre, le rideau dans la main afin d'en dégager un morceau.
Il attrapa le pyjama posé sur son lit et retourna dans la salle de bain. Son érection s'était un peu calmée, mais pas suffisamment pour que le médecin ne la remarque pas. Pour cela, la douleur était sa meilleure alliée.
On frappa à la porte alors qu'il finissait de fermer sa chemise de pyjama.
« -Entrez. »
Le blond était à la porte, un peigne fin dans les mains et sa trousse médicale dans l'autre.
« -Je m'occupe de vous et ensuite vous pourrez vous coucher. Asseyez-vous. »
Le brun obéit en silence et laissa le médecin officier.
John refit les pansements, bloqua les articulations endommagées et nettoya les plaies. Il entreprit ensuite de passer le peigne dans les cheveux encore humide du brun, enlevant les poux qui habitaient la tignasse de son compagnon de route. Les dents, très serrées du peigne, ne laissèrent rien passer. Poux et lentes furent retirés avec beaucoup de soin, laissant les cheveux propres.
Sherlock se laissait faire, plongeant petit à petit dans le sommeil. John termina son soin rapidement avant d'aider Sherlock à se lever et l'emmener vers son lit.
Il ouvrit les draps, allongea le jeune homme sur l'oreiller et referma les draps. Il le borda, passa sa main dans les boucles qui apparaissait déjà sur le front du brun et lui souffla :
« -Bonne nuit Sherlock. »
Le jeune homme dormait déjà.
John soupira, regarda l'horloge qui trônait sur le bureau entre les fenêtres et lut deux heures trente du matin. Dans un peu moins de douze heures, on viendrait les chercher. S'il voulait une nuit complète, il devait prendre une douche rapidement.
Il attrapa le pyjama qui lui revenait, ramassa les vêtements de Sherlock qui étaient tombées du lit pour les déposer sur un fauteuil. Il entra dans la salle de bain et se déshabilla.
Il prit une douche, debout dans la baignoire, le pommeau de douche dans la main. Il se délassa un moment avant de se sécher et d'enfiler son pyjama. Quand il entra dans la chambre, Sherlock se retourna dans son lit, lui faisant face. A la lumière de la salle de bain, John vit qu'il était serein. Il éteignit donc la lumière, contourna le lit de Sherlock et glissa dans le sien.
Sherlock se retourna dans son sommeil, lui faisant face. John ferma les yeux, un sourire aux lèvres et s'endormit face au visage serein de son patient.
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A midi, Sherlock ouvrit les yeux, s'interrogeant sur l'endroit où il se trouvait. Son lit était plus confortable que sa paillasse au camp. Le décor ne ressemblait en rien au baraquement qui l'avait abrité depuis des semaines. Dans le lit à côté du sien, le Docteur John Watson dormait à point fermé. Toutes les données lui apprirent qu'il était en sécurité. Son costume, posé sur un fauteuil, l'informa sur la provenance de ces bonnes grâces.
Mycroft.
Sherlock grogna.
Il s'était abaissé à téléphoner à son frère ! Il se maudit avant de comprendre que son instant de faiblesse avait aussi été au bénéfice du médecin. Il sourit imperceptiblement en voyant le visage de son ami. Finalement, il ne regrettait pas d'avoir appelé son frère. Rien que pour le visage reposé du médecin, il était heureux de l'avoir fait.
Il sortit de son lit difficilement, épargnant ses articulations malmenées. Il entra dans la salle de bain, attrapant au passage les vêtements que Mycroft leur avaient fait apporté. Il en ressortit quelques minutes plus tard, habillé, rasé et coiffé.
Ne plus avoir le cuir chevelu qui le démangeait était une bénédiction. Le médecin avait vraiment fait un excellent travail hier soir. Ses boucles, soyeuses, lui tombait délicatement sur le front, encadrant son visage aux traits fins d'une auréole d'ébène.
Il attrapa le combiné du téléphone trônant sur le bureau et commanda un petit déjeuner.
La lumière filtrait à travers les rideaux de velours rouge, laissant apercevoir une belle journée ensoleillée qui commençait. Sherlock grimaça. Non la journée ne commençait pas, ils étaient au plein milieu de celle-ci
Il attendit le service d'étage assis sur le lit à regarder le médecin dormir. Le blond était calme, serein. Son sommeil n'avait pas été entrecoupé de cauchemars comme c'était le cas depuis le début de la guerre. Il avait même un petit sourire aux lèvres.
Quand le petit-déjeuner arriva, Sherlock l'installa sur le bureau et s'approcha du lit sur lequel reposé son compagnon.
Il avait mauvaise conscience à le réveiller. Le médecin dormait si bien et il s'était tellement occupé de lui que le réveiller était une déchirure.
Le blond était beau, se dit Sherlock, pas d'une beauté commune non, mais d'une beauté virile qui faisait ressortir son menton volontaire, ses yeux acajous et ses traits durcis par une histoire trop pénible. Sherlock se demanda un moment si l'apaisement qu'il voyait sur ces traits alors qu'il dormait, pourrait se retrouver sur le visage du blond lorsqu'il était éveillé.
Il amena sa main sur le visage de l'endormi à contre cœur et lui caressa la joue pour le réveiller en douceur. C'était le moins qu'il pouvait faire. Il serait bien resté là des heures, à contempler les traits marqués du médecin, mais ils devaient partir dans moins de deux heures. Ses doigts glissèrent doucement sur sa joue. Le médecin ne réagit pas mais son sourire s'agrandit.
« -John… John réveillez-vous. »
La voix douce du brun perça le rêve du médecin et le sortit de son sommeil, doucement, tendrement.
Le blond ouvrit les yeux et ce qu'il vit le stupéfia. L'homme en face de lui était magnifique. Dans la lumière de midi, il avait enfin devant les yeux, le vrai Sherlock Holmes. Pas un bandage ne dépassait et s'il ne l'avait pas su, il n'aurait jamais pu deviner qu'il était blessé.
La maigreur maladive qu'il trainait depuis des semaines à force de malnutrition avait disparue sous les vêtements de grande qualité que Mycroft lui avait fait porter. Le costume noir et cintré allongeait sa silhouette, mettant discrètement en valeur sa taille fine et ses longues jambes. La chemise de satin violet était ouverte, dévoilant la peau laiteuse de son torse. C'était très seyant mais très inapproprié dans une époque où le haut de forme avait encore sa place dans la haute société du monde.
Le sourcil dédaigneux qu'il soulevait à son air endormi donna envie à John de lui mettre une gifle. Il eut cependant peur de blesser une fois de plus ce superbe visage aux pommettes si saillantes qu'elles en étaient presque irréelles. Le minuscule sourire qui orna soudainement le visage penché vers lui, lui fit comprendre que Sherlock avait suivi le train de ses pensées.
L'homme penché sur lui était superbe, le savait, l'assumait mais n'en jouait pas, il en était certain. Le souffle coupé, il se redressa, admirant cet homme qu'il n'aurait jamais dû connaitre.
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Voilà ! C'est fini ! On ne va pas se dire au revoir comme sur le quai d'une gare ! J'vous dis seulement bonjour et faites gaffe à l'amouuuuuuuuur !
Non ce n'est pas finit, du moins c'est fini pour cette semaine. Un nouveau chapitre sera là la semaine prochaine.
J'avais envie de faire un peu de tendresse, un peu de douceur, qu'en pensez-vous ? Je crois que l'heure passée chez l'ostéopathe m'a un peu ramolli le cerveau. Mais c'était plus que nécessaire pour mon pauvre dos malmené par des heures debout à expliquer à des enfants ce qu'était la préhistoire.
Bizarrement, je n'ai pas de précisions historiques à vous donner pour ce chapitre. J'en suis désolée. Si vous souhaitez me voir approfondir un sujet, n'hésitez pas à me laisser un commentaire. Je pensais arriver plus loin dans ce chapitre mais finalement cette fin de chapitre me va très bien. Et je ne suis pas sûre qu'ils passent par Lille finalement. Mais le second chapitre les verra en Angleterre, partagés entre la capitale et l'hôpital de Netley, là où John officiait avant d'être envoyé sur le front.
Conséquence directe de l'occupation allemande et de l'arrêt des échanges commerciaux, la France connaît, dès 1941, une période de pénurie qui va déboucher sur la mise en circulation de cartes de rationnement. La première carte, mise en place le 1er juillet 1941, concerne les produits textiles. La seconde, un mois plus tard, s'intéresse au tabac. L'alimentation suivra. Dès la fin 41, tous les biens de consommation ne pourront être acquis qu'en échangent de tickets attribués aux citoyens en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent (de E, les nouveau-nés, à V, les vieillards, sans oublier les jeunes, J, ni les adultes, A...). Il faut préciser que ces tickets n'exonéraient pas les citoyens de payer les produits en espèces sonnantes et trébuchantes. Leur généralisation visait à une répartition équitable des produits entre tous. Ce fut une période faste qui débuta pour certaines familles : elles firent en effet fortune par la pratique du marché noir. Le rationnement alimentaire prendra fin courant 1949.
En fait, si, il y a une précision historique lol.
J'aimerai arriver à 50 000 mots pour cette fic. Mon rêve étant d'en écrire une de qualité à plus de 100 000 mots. Je ne suis pas sûre que ce sera celle-là, mais une autre, pourquoi pas.
Si vous avez un commentaire, n'hésitez pas.
S'il reste des fautes d'orthographe, je m'en excuse sincèrement.
A prochain chapitre
Je vous embrasse
Magdaline
