Salut les amis.

Voici le nouveau chapitre de cette merveilleuse fic.

J'espère que ce chapitre vous plaira comme les précédents.

Bonne lecture,

Sweety


Résumé: Teresa, une jeune esclave, est acheté par Jane, un homme riche, contre l'esclave. Se passe au milieu du 19eme siècle. Univers Alternatif.


Chapitre 6


Les visages se succédaient à une vitesse incroyable dans son esprit. Des voix criaient, chuchotaient, lui parlaient. Des voix en colère, gentilles, irritées…tout cela était mélangé pour former un tourbillon de sons qu'elle n'arrivait pas à comprendre.

Soudain, tout devint silencieux, et quand elle ouvrit ses yeux, elle était assise dans la chambre de son enfance, à côté de la fenêtre. Il y avait des nuages à l'extérieur, et elle portait des vêtements noirs. Des vêtements de deuil. Des cloches sonnèrent au loin, et elle se rappela que c'était le moment de dire au revoir à quelqu'un. Mais elle avait peur. Elle ne voulait pas y aller. Si elle sortait, quelque chose de terrible arriverait.

La porte s'ouvrit sans prévenir et un homme grand et mince entra, une cane à la main, son regard vicieux fixé sur elle. Elle recula de quelques pas avant de se retrouver bloquée contre le mur. Elle se rendit compte qu'elle n'était plus dans sa chambre, mais dans un dortoir à moitié propre et usé. Seule.

-" Ne faites pas ça ," dit-elle, presque suppliante. " S'il vous plaît ne faites pas ça."

-" Si tu n'abandonnes pas et que tu ne t'allonges pas, je devrai lui couper un doigt," dit-il comme si c'était évident.

Dans le couloir, elle pouvait entendre quelqu'un pleurer. Il se rapprocha, et elle ne pouvait plus s'échapper. Des yeux cachés dans les coins sombres épiaient le moindre de ses mouvements, afin de faire en sorte qu'elle resterai avec l'homme. Son rythme cardiaque s'accéléra alors qu'il se pencha sur elle. Il était sur le point de toucher son visage lorsqu'elle entendit quelqu'un crier son nom.

-" Mademoiselle Lisbon ! Lisbon !"

Sauvez-moi, implora-t-elle à la voix alors qu'il caressait sa joue de son doigt. S'il vous plaît, sauvez-moi !

-" Lisbon ! Teresa ! Réveille-toi !"

Tout s'arrêta. L'homme disparut, les pleurs s'arrêtèrent, les yeux se fermèrent et les lieux se dissipèrent doucement.

Quand Teresa ouvrit les yeux, elle rencontra le regard inquiet de Van Pelt. Derrière elle, Rigsby, Julian le cuisinier, Emma et quelques autres la regardaient. Emma semblait terrifiée, tandis que Julian paraissait cacher la culpabilité. La jeune femme promena son regard autour d'elle et réalisa qu'elle se trouvait dans la cuisine, allongée sur le sol avec un énorme mal de tête. Elle gémit lorsqu'elle se redressa -Van Pelt l'aida à ne pas retomber. Ses mains allèrent se poser sur la plaie qu'elle avait à la tête. La gouvernante soupira de soulagement avant qu'une étincelle de fureur ne vienne éclairer son visage.

-" Tu es la personne la plus chanceuse que j'ai jamais rencontré, lança sarcastiquement la rouquine, Tu viens juste d'arriver et tu tombes déjà sur John Le Rouge. Il est recherché, tu as de la chance d'être en vie. Quelqu'un doit vraiment t'aimer là-haut."

Le personnel se raidit en l'entendant, mais elle n'y prêta pas attention. Si Teresa n'était pas si fatiguée, elle aurait préféré rétorquer que si le Paradis existait, il n'y aurait pas d'esclavage. A la place, elle acquiesça d'un air absent. Le visage de Van Pelt se durcit lorsqu'elle retira ses mains, sachant que la jeune femme n'avait plus besoin d'aide.

« Qu'est-ce que tu pensais faire dehors ? »

D'une façon ou d'une autre, Teresa sentit que la rouquine la suspectait d'avoir tenté de s'enfuir. Elle secoua la tête, niant l'accusation silencieuse et répondit :

-" Il faisait trop chaud dans la cuisine." Ce qui était en grande partie vrai. " Qui est John Le Rouge ?"

-" Le surnom de l'ancien majordome de mon père, John Scarlet. Je l'ai viré et fait arrêté lorsque j'ai découvert qu'il était complice de plusieurs meurtres en ville. Il s'est échappé il y a quelques années."

La moitié des servants haletèrent et Van Pelt sursauta. Teresa cligna des yeux de surprise quand elle vit Jane debout au milieu d'eux, toujours dans sa tenue de soirée.

-" Mr. Jane, je pensai que vous étiez dans votre chambre." Dit la rouquine, le regardant de haut en bas.

Pourquoi Teresa avait-elle le sentiment que Van Pelt était très surprise qu'il soit toujours habillé et pas encore endormi ? Attendez, combien de temps s'était écoulé depuis le moment où les invités étaient partis et maintenant ?

-" Je n'étais pas fatigué." Répondit-il, bien que sa déclaration soit douteuse en voyant les cernes qu'il avait. " Que s'est-il passé Grace ? J'ai entendu un coup de feu."

La rouquine se leva et se décala, mal à l'aise. Les quelques murmures qui parcouraient l'assemblée de domestiques se turent et tout devint silencieux. Tout le monde voulait savoir ce qui s'était passé.

-" Emma est venue me voir et m'a dit que mademoiselle Lisbon et Julian se, euh...se battaient." -La servante blonde acquiesça, confirmant les faits.- " Je suis descendue les voir avant que les choses dégénèrent." -Certains dans l'assistance sourirent un peu, connaissant le fort tempérament de l'homme.- " et j'ai rencontré Julian sur le chemin, me disant qu'il l'avait laissée dans la cuisine."

Le visage du cuisinier devint immédiatement rouge de honte, et Teresa se sentit presque mal pour lui lorsque tous les domestiques se tournèrent pour le toiser. Presque.

-" La porte de derrière était ouverte quand je suis entrée, et j'ai entendu quelqu'un crier." Elle fit une pause, se mordant la lèvre, et continua hésitante : " J'ai pris le pistolet dans le tiroir, juste au cas où. Mademoiselle Lisbon et lui étaient là."

Alors que Grace parlait, les événements précédents commencèrent à revenir dans l'esprit de Teresa. Elle se rappela s'être battue avec le cuisinier, l'avoir vu quitter la pièce en claquant la porte ensuite, elle se rappela lorsqu'elle était sortie par la porte de derrière pour se calmer. L'obscurité de la nuit, l'atmosphère paisible, les plantes et le petit potager à usage culinaire...Elle se rappela qu'elle avait marché dans le coin, pas trop loin, pas trop longtemps non plus, juste pour observer quel genre de fleurs poussaient par ici. Le sentiment étrange d'être observée l'avait saisie, pourtant elle ne voyait personne. Le dur contact avec sa tête lui revint. A moitié sonnée, elle avait répliqué et crié, jusqu'à entendre un coup de feu et quelqu'un l'appeler par son nom.

-" J'ai...J'ai tiré sans penser." Van Pelt continua, sa voix commençant à se briser. " Je pense que je l'ai touché, mais pendant quelques secondes j'ai cru avoir eu…" Son regard alla rapidement sur Teresa, et la jeune femme remarqua à quel point ses yeux étaient brillant.

Oh mon Dieu réalisa Teresa. Van Pelt avait pensé l'avoir touchée elle.

-" Je vais bien." Dit-elle rapidement -bien qu'une douleur aiguë la fasse légèrement grimacer. " Merci, vous m'avez sauvé la vie."

-" Ne me remercie pas idiote ! Je ne serai pas là la prochaine fois." Lança la gouvernante avant de reporter son attention sur Rigsby. " As-tu envoyé Cho et Florin patrouiller ?"

-" Dès que tu l'as dit," Répondit aussitôt Wayne.

-" Bien."

Elle n'eut pas le temps de dire quelque chose d'autre, car Jane s'approcha et posa une main sur l'épaule de la gouvernante.

-" Merci Grace, mais je pense que tu devrais te reposer maintenant." Dit-il gentiment. " Tu en as fait assez."

" Mais monsieur...

-" Tu tiens à peine sur tes pieds et tu n'as plus de voix, tu as besoin de te reposer." Teresa nota qu'en effet, les jambes de Van Pelt tremblaient légèrement la renvoyait-il dormir parce qu'il sentait qu'elle ne tiendrait pas plus longtemps ? " Ne t'en fais pas," Ajouta-t-il calmement. " Je me charge du reste et j'enverrai un message à Minelli dans la matinée. John Le Rouge doit être parti maintenant, il n'y a plus de danger immédiat." Quand la rousse capitula en acquiesçant de la tête, il sourit. " Merci de ta coopération, très chère. Rigsby ? Pourrais-tu accompagner Van Pelt à sa chambre ?"

Celui-ci hocha la tête et sortit de la cuisine avec la rouquine. Pendant ce temps, Jane s'accroupit à ses côtés. Pour une raison quelconque, il ne vint pas plus près Teresa fronça les sourcils, se demandant pourquoi. Elle chassa rapidement cette pensée. S'il avait/ été/ trop près, elle se serait sentie piégée et mal à l'aise.

-" Comment te sens-tu Miss Lisbon ?" Demanda-t-il calmement. " Il semble qu'on t'a vraiment frappé très fort."

-" Je vais bien." gémit-elle, essayant d'ignorer la douleur lancinante dans sa tête.

-" Je vais t'amener à ta chambre." Déclara Jane en se redressant et lui offrant sa main pour l'aider à se lever. Teresa la prit à contrecœur et fut aussitôt remise sur ses pieds. Il lui jeta un regard interrogatif, demandant silencieusement la permission de la retenir dès qu'elle perdrait l'équilibre. Comment comprit-elle ses intentions, elle ne le savait pas. Il avait juste un regard incroyablement parlant quand il le voulait.

Pas de mouvements louches répondit-elle silencieusement, le fixant. D'une manière ou d'une autre, il sembla comprendre son message et se tourna vers les personnes toujours présentes.

-" Vous pouvez tous retourner à vos chambres. Oh attends, Julian, tu restes ici. Toi et moi allons avoir une discussion."

-" Oui monsieur." Répondit le cuisinier à contrecœur.

Après un dernier regard d'avertissement, il mit sa main sur le bas du dos de Teresa et commença à marcher.

-" Que s'est-il passé avec Julian ?" Demanda-t-il soudain. " Pourquoi est-ce que vous vous disputiez ?"

Ils avaient à peine passé quelques couloirs depuis la cuisine quand il commença à parler. Son ton doux et pourtant ferme était une invitation à parler, pourtant si Teresa avait appris quelque chose durant les années précédentes, c'était que les discussions finissaient mal. Pour elle du moins. Le fait que Jane n'ait jamais réagit comme elle l'anticipait ne signifiait pas qu'il était différent. Elle ne savait pas s'il la blâmerait à la place du cuisinier pour la punir à sa place. Les visages d'ange étaient les pires, dans son esprit. Les personnes les plus belles qu'elle avait rencontré s'étaient avérés être les plus narcissique, cruelles ou insensibles.

Bien que son instinct lui disait qu'il pourrait ne pas être pareil, elle voulait rester vigilante. La dernière fois qu'elle avait fait confiance à un homme, il avait fini par lui faire vraiment mal, à la fois mentalement et physiquement.

-" A-t-il essayé de te séduire ?"

Fronçant doucement les sourcils, elle se demanda pourquoi il se sentait concerné. Il pris sans doute son silence comme une réponse positive, puisqu'il continua :

-" Il avait une joue rouge, donc mon hypothèse est qu'il a essayé de faire quelque chose, et que tu l'as rejeté assez durement. Il insiste, tu t'énerves et le gifle, et il pète les plombs, se sentant énervé et humilié. Ais-je raison ?"

Trop fatiguée pour penser à une réponse, elle hocha la tête, l'air absent.

-" Julian a tendance à penser qu'il est...assez séduisant pour avoir la femme qu'il veut. Je l'ai prévenu quand je l'ai engagé, et jusqu'alors il avait obéi. Il n'a jamais touché Emma ou Van Pelt, bien que je pense qu'il a trop peur de Van Pelt pour l'approcher."

Il rit et, en dépit de sa méfiance, Teresa ne put s'empêcher de sourire. Il était difficile de ne pas succomber à ses charmes, quand il agissait de façon agréable et drôle. Inconsciemment ou pas, elle remarqua que Jane s'était rapproché, sa main tenant fermement son bras.

Quand il parla à nouveau, sa voix s'était incroyablement adoucie :

-" Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, tu est très mignonne."

Teresa se mordit la lèvre et se crispa. Un air de légère culpabilité passa sur son visage lorsqu'il remarqua qu'elle avait changé d'attitude.

-" Je suis désolé." Murmura-t-il. " Je le pense comme un compliment."

Il resta silencieux pendant le reste du trajet. Il finirent pas tourner dans un couloir seulement décoré par une série de portes détachées les unes des autres. Jane plongea sa main dans sa poche et en sortit une clé en fer et lui tendit.

-" L'entrée de ton sanctuaire privé," dit-il, souriant en coin. " Grace a le double caché quelque part, donc si tu perdais cette petite là…"

-" Je devrai lui demander." Finit-elle pour lui. " Très bien, j'ai compris."

Malgré son épuisement, Teresa remarqua que chaque entrée avait quelque chose qui la différenciait des autres. Une petite figurine sculptée au centre, au niveau des yeux. La sienne était un papillon assez bien fait, sur une tête de cheval.

-" Avant que tu ne te barricades, prend ça." Il sortit un pot de sa poche. " C'est une pommade, une pommade médicinale. Cela t'aidera à soigner tes...cicatrices. Et oui, c'est pourquoi je ne suis pas encore en pyjama, je la cherchai dans l'armoire à pharmacie." Il rit en voyant ses yeux s'agrandir.

-" Merci." Murmura-t-elle, prenant l'onguent avec précaution, ses yeux observant toujours ses mouvements. " Bonne nuit monsieur Jane."

Elle déverrouilla la porte, entra et s'apprêta à la fermer derrière elle lorsqu'elle l'entendit parler à nouveau.

-" Teresa, tu n'as pas à avoir peur de moi." Il la regardait intensément et très sérieusement. " Je ne te ferrai pas de mal, ou ne t'abuserai pas de quelque manière que ce soit. Sens-toi libre de parler à Grace si tu te sens mal à l'aise ou si tu as besoin de quelque chose." Il fit une pause, comme s'il hésitait à ajouter quelque chose. Puis, il prit sa main et, avant qu'elle puisse réagir, effleura le dos de ses lèvres. Teresa sentit ses joues chauffer rapidement. Il laissa sa main, souriant légèrement à la vue de son visage rougissant, et finit par un doux :

-" Bonne nuit, miss Lisbon."

Alors qu'il tournait les talons, Teresa le regarda disparaître dans le couloir sombre. Il était vraiment un maître étrange, pensa-t-elle. Proche et attentionné avec ses employés, n'hésitant pas à laisser les rennes à une ancienne esclave -et de plus une femme ! Et sa main était si douce lorsqu'il avait touché sa peau ! Elle avait toutes les excuses pour être complètement au dépourvu.

Teresa secoua la tête pour arrêter de penser à des illusions. Un jour, il lui révélerai son véritable visage. Un jour, le masque tombera, et elle aurait à faire face à quelqu'un qui ressemblerait exactement aux autres.

Elle rit presque d'elle-même quand elle ferma la porte et se laissa glisser contre celle-ci. Elle savait que, quelque part au fond d'elle, elle voulait qu'il soit différent.

Jane était livide. Ce n'était pas seulement John Le Rouge qui avait pénétré dans sa maison et presque fait mal à sa famille, mais également Julian qui avait désobéit à ses ordres, effrayant Lisbon et Van Pelt avait dû tirer sur quelqu'un pour la protéger. Dieu, que la gouvernante avait dû être terrifiée il était le premier à savoir qu'elle détestait les armes, et d'autant plus les utiliser. Il gronda le pauvre cuisinier, le menaçant de le virer s'il bouleversait à nouveau la nouvelle bonne. Comme punition, il le chargea d'avertir Minelli à la première heure demain matin.

Il poussa la porte de son cabinet privé et se laissa tomber sur le fauteuil. Le feu s'était éteint il y a plusieurs heures, mais il n'en avait rien à faire. Il avait besoin d'obscurité à ce moment précis. Il avait besoin de solitude. Il avait besoin de penser. De se concentrer sur sa dernière source d'ennuis.

Teresa Lisbon.

Au début, il l'avait dépeinte comme étant de la classe inférieure ou de la petite classe moyenne, qui avait été vendue contre son gré pour des raisons financières. Son attitude à l'égard des autre et son parler très libre avait renforcé son impression. Pourtant, quelque chose clochait.

Il ne pouvait pas mettre le doigt dessus, mais pour une fois, il pensait que ses suppositions n'étaient pas exactes. Elle n'avait pas cette lueur désespérée dans le regard de ceux qui ont tout perdu. Même les esclaves vendus contre leur gré avec une intelligence basique pensaient à mieux qu'à rentrer dans leur maison précédente. Teresa Lisbon était intelligente, il pouvait le dire, pourtant elle voulait repartir chez elle. Sa détermination était toujours là, en dépit de ce qu'elle avait vécu. Elle devait avoir quelque chose, quelqu'un sur qui elle comptait, quelqu'un qui ne l'abandonnerait jamais -signifiant qui avait des ressources.

Elle avait eu des propriétaires avant lui, c'était évident. Des propriétaires qui avaient abusé d'elle. La façon dont elle hésite involontairement à chaque geste -à quel point elle semble avoir peur lorsqu'elle était seule avec lui. A quel point elle avait l'air incrédule à chaque fois qu'il agissait de manière civilisée à son égard, ou ne se mettait pas en colère quand elle pensait qu'il le ferait. Ses poings se serrèrent de colère. Même son compliment de tout à l'heure l'avait presque fait paniquer !

Il n'y avait pas beaucoup pensé au début, mais la jeune femme l'intriguait. Il ne pouvait pas nier qu'il était attiré par le feu de ses yeux.

Sa décision était prise. Il allait découvrir qui elle était et pourquoi elle avait été vendue. Et pour cela...Jane se leva, se dirigea vers son bureau, sortit un stylo et un papier, s'assit et commença à écrire.


TBC…


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Bonne journée,

Sweety 24/02/13