Hello again!
Puisque je travaille au rythme des écoles, je suis en pont, voire même en viaduc étant donné que je n'ai travaillé que Lundi. Si vous saviez le kiff de dire à ses collègues « bon week-end » le lundi soir, c'est vraiment trop bon.
Puisque j'ai un trèèèèèèèès long week-end, je m'en vais écrire un chapitre de plus sachant que j'ai terminé le chapitre précédent mardi matin. Le rythme s'accélère on dirait.
Je tiens à signaler que j'ai un entretien d'embauche demain, je vais donc me concentrer sur ça après avoir terminé ce chapitre.
La traversée de la Manche se faisant de manière assez rapide, je ne pourrais pas en faire un chapitre entier. Je ne sais pas ce que mettrait ensuite : Londres ? Netley ? Le club Diogène ? Le 221B ? Je verrai en fonction de mon inspiration du moment.
Réponses aux commentaires :
Liseron : Merci pour ton commentaire du chapitre précédent, je l'ai reçu à peine le chapitre 10 posté ! Un peu de douceur fait toujours du bien, même aux sociopathes comme Sherlock. Quelque chose me dit que cela va se reproduire assez souvent.
BoaHancockGoku : Tu en as de la chance, il me faut des jours avant de savoir écrire un chapitre sur les informations que je récolte au fil de mes recherches. Cette fic m'épuise autant qu'elle est un exutoire. Elle me tourne depuis si longtemps dans la tête que la faire sortir et la coucher sur papier en est presque douloureux. C'est la première fois qu'écrire est douloureux. Je ne comprends pas vraiment ce qui me pousse à la continuer. Cela dit, il parait que le recul que j'arrive à prendre dans chaque chapitre est visible. Je suis mauvais juge de mes propres écrits. Qu'en penses-tu ? Je ne sais pas si j'arriverai un jour à ne pas être en colère contre l'être humain quand je vois des horreurs que nous sommes capables d'accomplir au nom de je ne sais quelle puissance supérieure ou de je ne sais quelle idéologie. Tu as fait plus de chemin que moi sur ce point-là.
Electre1964 : Merci pour les anecdotes de ton grand-père, elles me sont précieuses et me montre que je ne suis pas dans l'erreur. J'ignorai le détail de la croix gammée. Au final, le fait que les garçons ne fassent que passer dans le village m'a empêché de dire des bêtises. Merci de suivre ma fiction aussi fidèlement. Bises.
Eliida : Comme quoi, ce n'est pas l'ennemi qui est le plus dur. C'est surtout les français qui sont les plus durs avec leurs concitoyens. Le français est rancunier, c'est bien connu ! Les chapitres suivants seront un peu plus reposants au niveau physique mais un peu plus délicat psychologiquement parlant.
Choupette : Ça s'appelle l'addiction ma belle ! Je sais, j'ai failli à ma tâche de publication hebdomadaire, j'espère juste que les deux semaines n'ont pas été trop difficiles à supporter ? Ah Dieu ! Une fétichiste de l'entièreté de Benedict et de Sherlock. Tant pis pour mon club ! Je crois au final que ce sont tous les hommes aux cheveux bouclés qui m'attirent. Il y en a deux au parc où je travaille, j'en mangerai !
Clina9 : Il fallait bien qu'il teste un peu ses capacités, des fois que les tortures qu'il a subit lui aurait fait perdre des neurones. Rassures-toi, il va bien et ses neurones aussi. Moriarty n'était pas vraiment prévu mais il me fallait une façon d'expliquer sa présence sur le sol allemand en pleine guerre. Et qui de mieux que Jim pour lui faire prendre des risques ? Allez, retour en Angleterre pour un tour d'horizon des conséquences de la guerre sur les anglais et leurs habitudes.
Meyan : Je vais me permettre de répondre à toutes tes reviews en une fois si tu veux bien. Je ne trouve pas les mots pour te remercier de ta fidélité et du travail de review que tu abats en commentant chaque chapitre. La précision historique est essentielle puisque je suis historienne de l'art de formation. L'un de mes amis te dirait que je ne suis pas historienne. Je me considère vraiment comme une historienne et je pense qu'il est de mon devoir de faire passer des messages et de transmettre la réalité des faits. Mon histoire a aussi pour but de montrer que la guerre ne s'est pas arrêter d'un coup, le 8 mai 1945, puisque j'estime que les exactions sur les « collabos » sont aussi des actes de guerre. De même, la guerre ne se termine au Japon qu'après Hirochima et Nagazaki en Août 1945. Il y a donc des soldats américains qui se battent encore au moment du retour des déportés. J'aime vous décrire un peu le contexte de création de cette fic, cela donne un peu de légèreté au tout. Je me demande si Mycroft va venir les accueillir à la descente du bateau ou pas. Why not ?
Glasgow : Merci Glasgow pour ton enthousiasme. La période des tontes est aussi une période qui m'obsède, va savoir pourquoi. Peut-être parce que je ne supporte pas l'injustice et que beaucoup de ces femmes n'avaient vraiment rien fait de mal. J'espère que le prochain chapitre te plaira tout autant.
Chieur-chef : Quel drôle de pseudo ! On sait à quoi s'attendre au moins ! Je te remercie de l'intérêt que tu portes à cette fic. Je te remercie également d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire. Comme pour les autres, je vais y répondre point par point (du moins j'essaye…) : En ce qui concerne le gaz, j'ai cherché rapidement le passage concerné, supputant que tu avais écrit cette review dans l'ordre de lecture. Si ta remarque concerne les soldats revenant du front « gazés » par des gaz de combats, j'ai certainement fait une erreur, j'en conviens. Ceci étant, il est possible de combiner des gaz sans qu'ils soient utilisés par l'ennemi, les champs de batailles sont, comme leur nom l'indique des champs de bataille et la chimie des gaz, pas la priorité des soldats à l'époque. Et il n'y a qu'un soldat dans cet état. Parles-tu de ce passage ou d'un autre ? Envoie-moi un MP, afin que je me corrige, à moins que ce ne soit une mauvaise interprétation de ta part.
Je ne suis pas au fait des échelons militaires et pour être tout à fait honnête, je suis pacifiste à la limite de l'antimilitarisme. J'aimerai te rappeler que le Général de Gaulle (Combattant et non médecin je te l'accorde) a été promu Capitaine à l'âge de 25 ans, cela n'a rien d'exceptionnel donc qu'un si jeune homme (John en a 23 au début de la guerre) atteigne un grade aussi élevé aussi vite. Nous sommes juste avant la déclaration de guerre, l'Angleterre a préparé ses troupes et donc agit en conséquence. La Première Guerre Mondiale a laissé tellement de morts et de traumatisés que, comme l'Allemagne quelques années plus tard, l'Angleterre a du faire des choix et nommer à certains postes, de jeunes hommes. Sir Arthur Conan Doyle a décrit le personnage de John Watson comme ce qui suit : « Né vers 1852, John H. Watson obtient en 1878 le titre de docteur en médecine (MD) à l'université de Londres. Après une spécialisation en chirurgie au Royal Victoria Military Hospital de Netley (Hampshire), il commence une carrière de médecin militaire. Il est affecté au 5e régiment des Royal Northumberland Fusiliers en Inde, puis à Kandahar en Afghanistan ». Je me dois de faire coller ensemble les personnages de Conan Doyle repris par Steven Moffat, les évènements et les lieux ainsi que ma propre histoire afin qu'ils forment un tout plus ou moins cohérent. J'ai un peu précipité les faits certes, mais cela était nécessaire. Je te rappelle également que ceci est une fiction, que je ne suis pas spécialiste de la seconde guerre mondiale et que je suis humaine. J'écris cette fiction pour m'amuser, après le boulot et que c'est ma première grande fic historique. Pardon si elle n'est pas parfaite. J'admets que de faire partir le médecin-chef d'un hôpital militaire pour le front n'est pas très réaliste, ceci dit, c'est une histoire. Et ce qu'il y a de bien dans les histoires, c'est que l'on en fait ce que l'on veut.
Les anglais avaient prévu le Blitz de 1941, bien sûr, malheureusement, les Zeppelins ne furent pas suffisants et comme Churchill, les habitants avaient leurs abris anti-aériens. Je pense, car je n'ai pas pu en trouver de trace, qu'un hôpital militaire pour les officiers était bien présent à Londres ou en banlieue durant la Seconde Guerre Mondiale puisqu'il existait un hôpital militaire à Londres bien avant la Première guerre Mondiale. Je suppute certes, mais cela ne me parait pas irréaliste.
J'aurai aimé, même si j'apprécie la critique constructive, que tu n'en restes pas là. Je ne te demande pas d'encenser cet écrit et encore moins son auteur mais j'aurai aimé que tu ailles un peu plus loin que le chapitre 1 comme semble le suggérer ta review. Est-ce un manque de temps ? Ou tout simplement le manque d'envie de continuer ? Ceci est la seconde version de ma réponse, la première était un peu plus… cassante. J'étais un poil énervée quand je l'ai écrite. J'aurai également aimé que tu ajoutes un petit mot pour adoucir tout cela. La pilule de ces critiques est certes justifiées, mais toujours difficile à avaler quand on sait que cela pointe des points de détails qui n'ont pas plus d'importance que cela. En soi, je tiens tout de suite à te dire que j'ai fait un autre très grande faute : J'ai fait rapatrier des étrangers sur un train amenant les prisonniers de Mauthausen en France. Je sais, chaque pays s'est occupé de ces ressortissants et ne voulait pas des autres sur leur territoire. Je prends des libertés afin de ne pas plomber l'histoire et en faire un récit tragique alignant des faits de guerre. Je veux montrer ce qu'était la vie d'un déporté et d'un rapatrié. Le fait qu'un soldat l'accompagne est nécessaire même si cela ne me plait pas plus que cela. J'espère que tu liras la suite et qu'elle te réconciliera avec mon texte. Sur ce, à bientôt et bonne continuation.
Pour répondre à la question de Meyan, je suis guide-animatrice dans un parc archéologique. Ce parc comporte des reconstitutions de l'habitat ancien du Paléolithique (préhistoire) au bas Moyen-Age (époque carolingienne). On y fait de l'archéologie expérimentale, on apprend aux enfants à construire des maisons, faire du feu avec un silex et une marcassite, on raconte des histoires au plus jeunes… Je m'éclate comme pas permis et j'ai des collègues en or. Dommage ce n'est qu'une vacation, j'y resterai bien des années.
Apolitique et agnostique, je n'ai aucun problème à manipuler les idées et les croyances dans le but de les introduire dans ma fic. Si je vais trop loin ou si certaines manipulations vous choquent, je vous prie de m'en excuser et de me le dire, je ferai tout pour me corriger.
CECI EST UNE FICTION, PAS LA REALITE, MEME SI JE ME SERS D'UN DECOR HISTORIQUEMENT EXISTANT !
Allez, je vous laisse à votre lecture.
Enjoy
Magdaline
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Chapitre 11 :
Les côtes françaises étaient déjà hors de vue lorsque Sherlock émergea à l'air libre, emplissant ses poumons d'air marin.
John l'avait abandonné dès leur arrivée sur le bateau, au profil des nombreux blessés gisants dans la cabine centrale. Il s'était porté volontaire auprès du médecin de bord afin de le soulager. Sherlock étant en voie de guérison, il n'avait plus besoin de lui, son corps se remettait seul à présent.
Le blond avait donc abandonné son compagnon le temps de la traversée, se consacrant à l'apaisement des corps et des esprits des soldats sur le chemin du retour. La cabine était immense, les civières alignées le long de la coque laissaient à peine la place pour circuler.
Sherlock accoudé au bastingage, se perdit dans la contemplation de la mer. Les rouleaux gris à l'extrémité écumeuse faisaient écho à ses pensées tumultueuses, mélangeant les faits et les sentiments qu'il pensait avoir enfoui depuis si longtemps qu'ils avaient disparu. Le tout formait un abominable chaos qui empêchait le brun de réfléchir convenablement selon ses propres critères.
Enfant, il était tellement attaché à ses parents. L'amour dont le couvait Daddy et Mummy Holmes était sans limites. Il avait passé une enfance très heureuse. Aucun de ses rêves n'avait été brisé. Ils l'avaient laissé faire ce qu'il voulait, le laissant rêver de piraterie et apprendre le violon. Bien sûr, un pirate n'était un bon pirate que lorsqu'il jouait du violon. Le décès de son père, mort dans un accident de voiture alors qu'il revenait de son club, avait radicalement changé la donne. Furieux contre les autorités qui n'avaient pas daignées creuser plus profondément cette sombre affaire d'essieu cassé, Sherlock avait convertie sa colère en une rancune tenace. Depuis lors, il se faisait un point d'honneur à humilier le plus souvent possible ces policiers incompétents dont regorgeait Scotland Yard. Il se vengeait comme il le pouvait.
Depuis qu'il avait pris son indépendance, fuyant les yeux vagues de sa mère et l'autorité contraignante de son frère, Sherlock flirtait avec la légalité. Passant souvent de l'autre côté de la ligne, il s'adonnait à toute sorte d'expérience et de pratique jugées douteuses afin de résoudre les cas les plus complexes. Il avait cependant trouvé sur son chemin, la protection du Détective Inspecteur Lestrade. Cet homme, aussi peu intelligent que la moyenne, avait pourtant fait preuve d'un instinct tout à fait remarquable, lui permettant d'essuyer, pour son incompétence, beaucoup moins de remarques que ses autres collègues.
Et puis, ce travail de Détective Consultant lui permettait de payer son loyer. Non ? La pensée furtive que Mycroft pouvait être la personne qui s'occupait de ses besoins matériels depuis son départ de Holmes Manor le dérangea un moment avant qu'il ne la chasse. Peu importait au final. Il vivait comme il l'entendait, faisait ce qui lui plaisait et ne se souciait pas des autres. Tout allait pour le mieux.
Son ennemi, son seul véritable ennemi, était l'ennui. Depuis toujours, l'ennui avait été son ennemi intime, le plongeant dans un état de frustration intense lorsque son cerveau n'était plus alimenté par des faits, par une énigme. Il pouvait rester des jours cloîtré dans son appartement sans manger, sans même bouger de ce vieux canapé défoncé qui lui servait à tout. La morosité le rendait irritable, méchant et manipulateur. L'énigme, voilà tout ce qui comptait.
Il s'interrogea : Depuis quand une énigme ne l'avait pas tenu éveillé toute une nuit sans qu'il ne ressente de la fatigue ?
Il remonta dans ses souvenirs, cherchant la dernière énigme, le dernier fait intéressant qui avait alimenté son cerveau. Il remonta jusqu'en janvier 1945, alors que la dernière pièce du puzzle de Moriarty l'avait conduit au Reichtag. C'est là, lors de leur confrontation, qu'il avait été arrêté. L'internement, la torture, les interrogatoires, tout cela avait été d'un ennui sans nom. Seule la douleur l'avait tenu éveillé. Et la douleur n'avait rien d'une énigme. Elle provenait d'une combinaison de facteur bien connu qui amenait le corps à la supporter ou non, à l'accepter ou non et parfois même à l'anticiper.
Mais non, ce n'était pas la dernière fois qu'une énigme l'avait tenu éveillé. Moriarty, dans son jeu pervers, n'avait pas prévu sa survie. Il n'avait pas prévu que les trois mois et demi passés au camp lui laisserai le temps de réfléchir et de composer un plan d'action afin de l'arrêter. Il n'avait pas prévu non plus, qu'un médecin militaire, engagé auprès des troupes américaines allait être la personne qui lui sauverait la vie.
La dernière fois qu'une énigme l'avait tenu éveillé, était lorsqu'il avait ouvert les yeux sur ce jeune homme blond en treillis militaire et au brassard marqué d'une croix rouge. C'était lorsqu'il avait découvert, qu'un homme pouvait faire preuve de tellement de compassion qu'il pouvait être touché par le sort de ses semblables, quel que soit leur nationalité.
Sherlock savait que ce genre de personne existait. C'était rangé, quelque part dans son cerveau. Dans cette catégorie, il classait les religieux quel que soit leur sexe ou leur ordre et les imbéciles. John n'appartenait à aucune de ses deux catégories. Bon d'accord, John n'avait pas son intelligence mais il était moins imbécile que la moyenne. La preuve en était la procédure d'alimentation des anciens détenus. N'importe qui aurait voulu les nourrir autant qu'ils le souhaitaient. Mais pas John. John avait rationalisé la prise de nourriture afin que celle-ci n'engendre pas de complications.
Il passa plusieurs dizaines de minutes à remettre de l'ordre dans ses pensées, classant, rangeant, supprimant ce qui devait l'être jusqu'à ce que seules les informations importantes et utiles restent. Tout ce qu'il n'avait pas traité, par manque de temps autant que par manque de capacités (on parle là de sentiments bien entendu) fut classé dans un coin de sa mémoire, en attente de traitement.
Les côtes anglaises apparurent, dévoilant leur verticalité blanche effrayante ou impressionnante selon le point de vue. Ce spectacle ne troubla pas plus Sherlock que la traversée d'une France dévastée par quatre années de guerre. Il entendit des pas derrière lui. Rangers militaires, personne de petite taille, assez trapu, John ! John était sorti de la cabine centrale, avait abandonné ses patients afin d'assister à l'entrée au port.
Le blond s'accouda au bastingage, prenant une grande inspiration.
« -C'est étrange. » Dit-il.
« -Qu'est-ce qui est étrange ? » Demanda Sherlock, ne trouvant rien d'étrange à l'entrée au port d'un bateau, tout transporteur de troupe qu'il soit.
« -Je pensais que je serai heureux de rentrer en Angleterre. Cela va faire un peu moins d'un an que je suis partit et je croyais vraiment ressentir l'excitation du retour à la maison mais… »
John s'interrompit, soudain à cours de mots.
« Je n'ai pas de sentiments. » Interrompit Sherlock. « Les sentiments sont inutiles, tout comme les relations. Ils empêchent l'enchainement des faits et induisent le détective en erreur. »
La voix du détective était d'une froideur absolue, preuve de son dédain pour toutes les interactions humaines. Il entendit John soupirer.
« -Peut-être avez-vous raison. J'ai parfois du mal à faire face à mes sentiments ainsi qu'à mes émotions. Il parait que cela fait de moi un bon médecin. J'ai parfois du mal à le croire.
-Ne soyez pas trop sévère avec vous-même Docteur. »
John soupira de nouveau, scrutant les quais.
L'activité bourdonnante du port le faisait ressembler à une fourmilière. Partout, des gens couraient, amenant d'un point à un autre des cartons au contenu inconnu. Des femmes en uniformes donnaient des instructions, aiguillant les militaires désorientés vers le moyen de transport adéquat. Tous rentraient chez eux, inconscient de la surprise et parfois même du traumatisme qu'entrainerait leur apparition après plusieurs mois d'absence. Pour certain, le retour serait dur. Très dur. L'oubli, la trahison de la femme aimée serait leur lot. Il allait falloir affronter les conséquences de la guerre et leur répercussion sur la population britannique.
Au milieu de cette effervescence, John repéra une zone de calme perturbante. Autour d'une Daimler DB 18 noire, une bulle de calme semblait s'être développée, annulant tout tumulte autour de l'engin brillant au soleil.
De sa place, sur le pont, John ne voyait pas grand-chose si ce n'est la silhouette de deux personnes se tenant à l'intérieur, l'une à l'avant, l'autre à l'arrière. Son regard resta fixé sur la voiture assez longtemps pour que son silence et son immobilisme soit remarqués par Sherlock.
Celui-ci porta son regard dans la direction indiquée par les yeux de son compagnon, grognant en reconnaissant la voiture.
Cette étrange réaction fit sortir John de sa contemplation.
« -Vous connaissez cette voiture ? » Demanda-t-il.
« -Non. » Répliqua le jeune homme.
« -Pourquoi ce grognement alors ? » répliqua le médecin, curieux.
Sherlock planta son regard dans la voiture, cherchant peut-être à communiquer sa colère à son occupant.
« -Je connais l'occupant de la voiture. »
Il ne voulait pas s'appesantir sur le sujet, il ne voulait même pas monter dans cette voiture. Passer autant de temps dans un espace aussi restreint avec cet homme doté d'un embonpoint certain ne lui plaisait guère.
« -Qui est-ce ? »
John interrompit ses pensées avec sa question, l'empêchant de s'enfoncer dans sa colère.
« -Cela n'a aucune importance, simplement un idiot. »
John leva les yeux au ciel, découragé.
« -Mais encore ? »
Il n'eut jamais la réponse à sa question, Sherlock s'était éloigné, tournant le dos au quai. Découragé, il se dirigea vers la porte qui menait à la cabine centrale. Puisque Sherlock ne voulait pas répondre, il irait s'occuper des blessés. Il avait déjà organisé une évacuation de plus grande envergure, vider ce transporteur serait bien plus facile.
Sur le quai, des ambulances étaient déjà garés, attendant, portes ouvertes, de conduire les blessés les plus graves vers l'hôpital le plus proche.
Sous les ordres du médecin responsable de la traversée, il aida les brancardiers à sortir les civières. Les soldats les plus gravement atteints partirent les premiers.
Depuis son perchoir, Sherlock regardait le médecin aller et venir, souriant aux blessés, rassurant d'une parole les plus anxieux. Ses déductions étaient bonnes, se dit Sherlock, John était fait pour soigner, pas pour se battre. Toute la dévotion qu'il montrait en était une preuve suffisante.
L'occupant de la voiture s'impatientait. Il avait repéré Sherlock et s'attendait à ce que celui-ci vienne le rejoindre dès l'accostage afin de le conduire à Londres, mais rien n'y avait fait. Sherlock le laissait attendre dans la voiture, attendant lui-même que la personne qui l'accompagnait ait terminé.
L'homme sourit. Qu'arrivait-il à Sherlock Holmes ?
Quand le débarquement des blessés fut terminé, John vint rejoindre son compagnon.
« -Vous n'êtes pas descendu voir votre ami ? » demanda-t-il.
« -Ce n'est pas mon ami !
-Je vois. Un camion part pour Londres dans quinze minutes, ils nous gardent deux places. »
Sherlock tourna la tête vers le médecin.
« -Ce ne sera pas nécessaire. Nous avons déjà un moyen de transport. »
Sherlock ne laissa pas le médecin répondre et se dirigea vers la passerelle, attrapant leur sac au passage. Incrédule, John regarda son ami se diriger vers la voiture avant de jeter leur sac dans le coffre et de frapper à la fenêtre arrière.
La portière s'ouvrit, laissant découvrir un homme élégant en costume trois pièces et aux cheveux roux. L'allure était aristocratique, le nez légèrement proéminent et un très léger embonpoint laissait entrevoir la vie que l'homme menait.
La discussion entre les deux hommes semblait houleuse et, craignant pour les articulations encore fragiles de son patient, il décida de rejoindre son compagnon de route avant que ses nerfs ne l'enjoigne à frapper son interlocuteur.
« … ton proéminent appendice nasal dans mes affaires ! »
Tiens, il avait déjà entendu cela quelque part. Posant la main sur l'épaule de Sherlock, John interrompit l'échange.
« -Sherlock, vos articulations… »
Le brun se calma instantanément, laissant John prendre la parole.
« -Je suis le Docteur John Watson, à qui ai-je l'honneur ? » demanda-t-il en tendant la main à l'homme en face de lui.
« -Mycroft Holmes, je suis ravi de faire votre connaissance. »
Le grognement que poussa Sherlock dans son dos fit sourire John.
« -Holmes ?
-Je suis le frère ainé de Sherlock. »
Le sourire engageant de l'ainé des Holmes ne lui disait rien qui vaille.
« -C'est vous que je dois remercier pour les vêtements ?
-Ce n'est rien vraiment. »
L'homme s'appuya sur son parapluie, incongru étant donné le soleil qui brillait.
« -Je venais vous offrir mon concours afin de vous ramener à Londres. Mon véhicule est à votre disposition. Il vous déposera là où vous souhaitez vous rendre.
-C'est très gentil de ta part Mycroft mais nous avons déjà un moyen de transport. » Répliqua sèchement Sherlock.
« -Je vois, s'agit-il du camion que je vois partir ? » demanda le diplomate en pointant un véhicule derrière son frère.
John ne comprenait plus. Sherlock lu avait dit qu'ils ne prendraient pas ce camion et maintenant, il refusait l'offre de son… frère.
« -Allons Sherlock, tu sais bien que je ne laisserai pas partir avant de t'avoir amené à Mummy. Elle s'inquiète tellement.
-Mummy ? Qui est Mummy ?
-Une mère, notre mère. » Répondit froidement le jeune homme sans quitter son frère des yeux.
« -Tu la rassures très bien d'habitude, Mycroft ! » Cracha le cadet.
Un éclair d'agacement traversa les pupilles de l'ainé, laissant entrapercevoir la tempête qui l'animait.
« -Tu as été absent pendant des mois Sherlock, emprisonné dans un camp, maltraité, torturé et tu ne veux pas aller la voir pour la rassurer ? Quel fils tu fais !»
Sherlock aurait pu supporter toutes les réprimandes sans broncher mais jamais, au grand jamais, il ne supporterait d'être traité de mauvais fils. Il aimait sa mère, plus qu'il ne le montrait. Elle le savait. Elle savait aussi que depuis la mort de leur père, Sherlock avait coupé tout contact avec elle, de peur d'être aussi touché par sa mort que par celle de son père. Mummy savait tout cela, ils en avaient discuté quelques temps après son départ de Holmes Manor.
Bien sûr, il savait qu'il allait devoir aller la voir. S'il s'était purgé de tous sentiments, ce n'était pas le cas de sa mère. Elle s'inquiétait, comme toute mère semble-t-il pour sa progéniture.
« L'ocytocine est une plaie ! » Pensa-t-il.
Il monta tout de même dans la voiture, arguant qu'il ne voulait pas fatiguer le médecin qui ne s'était pas beaucoup reposé depuis son déploiement et ils prirent la route pour Londres.
Ils croisèrent le convoi qu'ils devaient prendre. John se fit petit dans la voiture, il ne voulait pas qu'on le voit. Le convoi dépassé, ils filèrent à vive allure à travers la campagne anglaise.
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Les Faubourgs de Londres avaient subi de nombreuses attaques. Ici et là, des immeubles branlants et les ruines fumantes étaient les témoins de la folie des hommes. John fit le parallèle avec les paysages français. Bien évidemment, Londres mettrait moins de temps à s'en remettre, matériellement parlant bien entendu.
Sherlock sortit de sa torpeur quand il vit le chemin que prenait la voiture. Holmes Manor n'allait pas tarder à apparaitre dans leur champ de vision et les portes de la voiture étaient fermées. Sherlock n'était pas mécontent de revoir la maison de son enfance, malgré les souvenirs douloureux de la mort de son père et de la dépression de sa mère, Sherlock n'associait Holmes Manor qu'aux souvenirs heureux d'une vie sans soucis d'aucune sorte. Il aurait simplement voulu se reposer avant d'aller voir sa mère.
Quand John découvrit Holmes Manor, il comprit la voiture, les vêtements hors de prix, l'éducation. Les frères Holmes étaient des aristocrates, fils d'un lord anglais, ils avaient reçu la meilleure éducation et ils avaient vécu dans ce que John qualifierai de palace.
La grande maison blanche au fond de cette allée de hêtres lui donnait l'impression d'un écrin protecteur dans lequel rien ne pourrait jamais arrivé. La parfaite maison pour grandir en somme.
Ils descendirent de la voiture quand le chauffeur leur ouvrit la porte. Sur le perron, une vieille dame pleurait le retour de son fils.
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Et voilà !
Pour être tout à fait franche, je n'avais pas l'intention de les faire aller à Holmes Manor. Ils y sont allés tous seuls. Je n'ai même aucune idée du nom que je vais donner à Mummy, je sais encore moins si John va rester ou vouloir rentrer à Londres.
Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre mais le chapitre prochain va donner lieu, maintenant qu'ils sont à Holmes Manor, à des scènes qui vont vous plaire, j'en suis sûre (Le premier qui pense lemon, je l'abat sur le champ !). Notamment une scène entre Sherlock et sa mère que j'ai vraiment trop envie d'écrire.
Quelques précisions historiques :
En ce qu'elle mit un terme à la série de victoires éclairs et éclatantes des Allemands, la Bataille d'Angleterre (en anglais : Battle of Britain, juillet 1940-mai 1941) a marqué une étape décisive dans le cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle opposa les armées de l'Air du Royaume-Uni et de l'Allemagne, soutenue par l'Italie, dans une campagne aérienne marquée par les bombardements de Coventry et de Londres, souvent désignée par l'expression « le Blitz ». Cette opération de grande ampleur est menée par la Luftwaffe pour détruire la Royal Air Force, annihiler la production aéronautique britannique, anéantir les infrastructures aéroportuaires afin de permettre à l'armée allemande d'envahir le Royaume-Uni. Un objectif alternatif est de terroriser la population britannique et de pousser le gouvernement à faire la paix avec l'Allemagne.
Du côté britannique, le poids de la bataille d'Angleterre va reposer presque exclusivement sur deux types de chasseurs : le Supermarine Spitfire et le Hawker Hurricane qui possèdent le même moteur Rolls Royce Merlin et un armement identique : huit mitrailleuses Browning de 7,7 mm. Solide et robuste, le Hurricane est une meilleure plate-forme de tir mais est moins rapide et moderne que le Spitfire, le Hurricane est moins maniable que le Messerschmitt Bf 109 allemand, mais pas le Spitfire. Assez tôt dans la bataille, de par leurs caractéristiques, les Hurricanes moins puissants seront prioritairement affectés à la destruction des bombardiers alors que les Spitfires s'occuperont surtout des chasseurs allemands.
Côté allemand, le chasseur principal est le Me 109, équipé d'un moteur Daimler Benz à injection directe qui ne coupe pas pendant certaines manœuvres violentes au contraire du Rolls-Royce Merlin britannique à carburateur. Autre différence, il possède deux canons de 20 mm et deux mitrailleuses de 7,92 mm mais ses atouts sont contrebalancés par son manque de maniabilité. De plus, il sera très handicapé par sa faible autonomie qui bridera les pilotes allemands et les rendra moins efficaces.
Le chasseur lourd bimoteur Me 110 possède une autonomie supérieure mais, malgré son puissant armement de deux canons et quatre mitrailleuses dans le nez, il est surclassé par les chasseurs anglais bien plus manœuvrables. Il sera par conséquent décimé.
Trois types de bombardiers bimoteurs : le Heinkel He 111, le Junkers Ju 88 et le Dornier Do 17 assez modernes surtout les deux premiers, sont utilisés par l'armée allemande. Ils souffrent toutefois d'un manque d'armement défensif. Enfin le bombardier en piqué monomoteur Ju 87 Stuka, bien qu'efficace contre des cibles terrestres, est très vulnérable en raison de sa lenteur et de son manque d'armement défensif.
Au début, environ 600 Hurricane et Spitfire font face à 2 500 avions allemands et en particulier à environ 1 200 Me 109 et Me 110. Par la suite, les pertes de la Luftwaffe et l'augmentation de la capacité de fabrication britannique améliorent progressivement le rapport de force en faveur des Britanniques, en même temps que le renversement progressif du facteur humain en faveur des pilotes anglais et alliés va finalement entraîner la défaite allemande.
En septembre 1939, le Royaume-Uni et les dominions autonomes, mais pas l'État libre d'Irlande, déclarèrent la guerre à l'Allemagne nazie. George VI et son épouse refusèrent de quitter la capitale britannique malgré les bombardements allemands. Même s'ils résidèrent officiellement au palais de Buckingham tout au long de la guerre, ils passaient généralement leurs nuits dans le château de Windsor. Le premier raid aérien allemand sur Londres, le 7 septembre 1940 tua plusieurs centaines de personnes essentiellement dans l'East End. Le 13 septembre, le roi et la reine faillirent être tués lorsque deux bombes allemandes explosèrent dans une cour du palais de Buckingham alors qu'ils s'y trouvaient. La reine commenta : « Je suis heureuse que nous ayons été bombardés. Cela me fait sentir que nous sommes l'égal de l'East End ». La famille royale était représentée partageant les mêmes dangers et privations que le reste du pays. Elle était soumise au rationnement et la première dame des États-Unis Eleanor Roosevelt nota le rationnement de la nourriture et de l'eau du bain pendant un séjour dans un palais de Buckingham non-chauffé et barricadé. En août 1942, le frère du roi, George de Kent fut tué lors du crash de son hydravion militaire en Écosse.
Tout au long de la guerre, le couple royal s'efforça de soutenir le moral de la population britannique en se rendant sur les sites des bombardements et des usines de munitions. Le roi se rendit également auprès des troupes en France en décembre 1939, en Afrique du Nord et à Malte en juin 1943, en Normandie en juin 1944, dans le sud de l'Italie en juillet 1944 et dans les Pays-Bas en octobre 1944. Leur popularité auprès du public et leur détermination apparemment sans limites assurèrent leur place de symbole de la résistance de la nation. Le 8 mai 1945, les foules en liesses criaient devant le palais de Buckingham, We want the King ! (« Nous voulons le Roi ! »). George VI invita donc Churchill à apparaître avec lui sur le balcon du palais comme il l'avait fait avec Chamberlain sept ans plus tôt. En janvier 1946, George VI s'adressa devant les Nations unies pour leur première Assemblée qui fut organisée à Londres et réaffirma « notre conviction dans l'égalité des droits des hommes et des femmes et des nations grandes ou petites. »
Voilà voilà !
Je m'étais dit que j'arriverai à 50 000 mots avec ce chapitre. Et bah non, il va m'en maquer environ 850 pour arriver à 50 000. Ce sera pour le prochain chapitre.
Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas.
Au prochain chapitre j'espère.
Je vous embrasse.
Magdaline.
