Et voilà le chapitre 9. Je m'excuse de l'attente, le boulot et la vie en générale.
Je suis contente de voir que d'anciens lecteurs de cette fic vienne pour la finir et je vais faire de mon mieux pour vous poster les chapitre rapidement.
Merci donc a Mrs Elizabeth Darcy31, Arialinea, Solealuna, 00selene00, Jisbones, Olympe9 et Agentenaira pour vos commentaires.
Bonne lecture,
Sweety
Résumé: Teresa, une jeune esclave, est acheté par Jane, un homme riche, contre l'esclave. Se passe au milieu du 19eme siècle. Univers Alternatif.
Chapitre 9
Van Pelt bougea dans son lit. Un rayon de soleil l'avait sortie de son profond sommeil, et la fatigue causée par ces activités nocturnes ne lui donnait pas envie de se lever tôt. Elle se blottit sous les couvertures et retourna au pays des rêves. Quelques instants plus tard, l'homme allongé à côté d'elle l'approcha contre lui avec son bras autour de sa taille, dos contre torse, et embrassa tendrement son épaule dénudée.
-" Dis-moi Grace" murmura-t-il à son oreille. La gouvernante grogna en retour, mécontente d'être réveillée. " Pourquoi tu as mis Lisbon au courant pour nous, l'autre jour ?"
La rousse garda les yeux fermés et haussa les épaules.
-" J'sais pas." Répondit-elle d'une voix endormie. " C'était une impulsion. Je me suis dit que ça serait amusant de la mettre mal à l'aise. Et toi aussi. Vous deux en fait."
-" ...Amusant ? Répéta-t-il" intrigué.
-" Euh...Ouais. C'était amusant c'est bien le mot." Divagua-t-elle, toujours assoupie. " Tu étais tellement mignon avec ce pli entre tes sourcils. Et très, très sexxxxy."
Rigsby soupira à sa déclaration. Voilà pourquoi elle l'avait toisé sans honte, comme s'il avait été un dessert très appétissant...Pas qu'il en tienne compte, leur câlin avait été génial.
-" Et si elle le dit à M. Jane ?" Continua-t-il. Dès ce moment, le garde du corps n'avait qu'une peur obsessionnelle, que la jeune femme aille dire à son maître ce qu'elle savait.
-" M. Jane n'en a rien à faire, Wayne." Le coupa Van Pelt, se retournant pour lui faire face et reposant sa tête sur son épaule. " Il sait que nous couchons ensemble depuis ces quatre derniers mois. Le fait est que je parie qu'il le sait depuis le tout premier jour. Pourquoi penses-tu qu'il ait demandé que tu me raccompagnes à ma chambre, la nuit ou John Le Rouge est revenu ?"
Le silence qui suivit sa déclaration la fit presque glousser. Van Pelt adorait l'expression surprise sur le visage de son amant. Il était si mignon sans même essayer de l'être.
-" Il savait ? Et il n'a pas dit un mot ? Mais Julian…"
-" Julian était un flirt, nous, c'est sérieux, c'est ce qui fait la différence. Je te l'ai dit, il n'en a rien à faire." Le réprimanda-t-elle avec un sourire narquois. " Aussi longtemps que nous faisons notre travail correctement il ne nous embêtera pas. Nous sommes sa famille, et il ne veut pas nous voir bouleversés à propos de quelque chose." Elle fit une pause avant de froncer les sourcils à une pensée soudaine. " En parlant de ça, je pense qu'il lui plaît."
Rigsby cligna des yeux. La rousse dû refouler un autre sourire moqueur. Son courant de pensée était un bazar, alors lorsqu'elle débâtait à haute voix à propos d'une idée avec son amant à ses côtés, il était perdu. Le brusque changement de sujet le perturba, encore une fois.
-" Qui plaît à qui ?"
-" Lisbon. Je pense que Jane lui plaît."
-" Quoi ?" Wayne se redressa sur son coude, essayant de saisir l'expression de sa compagne, se demandant si elle était vraiment sérieuse ou si elle se moquait juste de lui. Van Pelt se mit sur le dos et regarda le plafond, un froncement de réflexion sur son visage. Elle s'était perdue dans un débat intérieur, ignorant Rigsby cette fois-ci.
-" Elle l'aime bien, c'est sûr. Et je pense qu'il l'aime bien aussi, mais je ne parierai rien. Jane est dur à décrypter parfois…"
-" Bien aimer comme amoureuse ? Punaise, Grace tu m'inquiète parfois."
-" C'est possible tu sais ?" Continua-t-elle, pensant à nouveau à voix haute. " Depuis le temps qu'elle ne pouvait plus fait confiance à personne, et la voilà, parmi nous avec un maître très beau, bienveillant et compréhensif. Je ne la blâme pas, il me plaisait aussi à son âge. Quant à lui...C'est exactement le genre de femme qu'il aime. Pas vraiment comme Mme Sylvia, mais je suis sûre qu'il est attiré d'une manière ou d'une autre par elle."
L'expression de Rigsby était inoubliable. Il était à mi-chemin entre le choc et la stupéfaction, les yeux et la bouche grands ouverts. Elle se demanda ce qui avait pu le sidérer à ce point : le fait que Lisbon avait un faible pour Jane, ou qu'elle soupçonnait que les sentiments étaient réciproques ? Elle avait confiance en son instinct, et il savait qu'elle avait souvent raison. Elle avait été entraînée par Jane lui-même après tout.
-" Que…que va-t-il se passer ? Je veux dire, que penses-tu qu'il va se passer ? Si elle reste seulement quelques mois…"
-" Mon avis ? Ils vont finir par coucher ensemble, c'est inévitable." Laissa-t-elle échapper, haussant les épaules. " Si ça n'arrive pas pendant le voyage, ça sera aux alentours du quatrième mois, après Noël. A moins que quelque chose n'arrive entre temps et les pousse l'un vers l'autre. Je ne sais pas qui fera le premier pas toutefois."
Elle savait que Rigsby voyait les autres servantes comme des sœurs, et il jouait les frères surprotecteurs –Emma comme la sœur désemparée mais douce et Teresa, même s'ils ne se connaissaient que depuis un mois, comme la têtue mais anxieuse. Et Van Pelt devait admettre qu'elle aussi s'était très vite attachée à la brunette. Plus d'une fois, quand elle arborait son expression perplexe si mignonne, la gouvernante avait dû se retenir de ne pas couiner comme une adolescente face à un chaton et faire un câlin à la jeune fille. Contrairement à Rigsby, elle n'était pas mal à l'aise face au fait qu'ils pourraient sortir ensemble. En fait, connaissant une grande partie de la vie de Jane et devinant certaines parties de celle de Teresa, elle était plutôt sûre qu'ils feraient un bon couple.
-" Mais j'ai pensé…Est-ce qu'il n'est pas en train de jouer la comédie, comme il a fait avec toi ?"
-" Non." Elle secoua la tête. " C'était plus pour me réconforter et me jeter dans un travail pour me garder occupée. A ce moment-là, il avait juste à s'occuper d'une enfant dépressive et suicidaire, pas une jeune femme terrifiée et abusée."
Elle se tendit soudain, regrettant ses mots alors qu'ils lui avaient échappée. Rigsby savait pour la condition de Teresa parce qu'il était là, mais elle n'avait jamais approfondi sa propre histoire avec lui. Et bien sûr, il avait dû remarquer ce qu'elle avait dit.
-" Attends, attends, attends…Qu'est-ce que tu entends par suicidaire ? Tu m'avais dit que Jane t'avait achetée parce qu'il avait besoin d'une nourrice pour son bébé !"
Van Pelt soupira et ferma les yeux. Les souvenirs affluèrent dans sa tête et elle dût refouler la larme solitaire qui menaçait de couler. Rigsby s'allongea à côté d'elle et l'étreignit, sentant qu'elle avait besoin de réconfort. La gouvernante ne put retenir un petit sourire à son attention.
-" Jane n'était même pas encore marié à cette époque." Dit-elle doucement. " J'ai inventé cette histoire pour que tu n'ailles pas creuser plus profondément. Je n'en suis pas fière Wayne." Continua-t-elle sur un ton triste. " J'avais seulement douze ans et j'étais fatiguée de la vie. Fatiguée d'être traitée comme une esclave. C'est ironique tu ne trouves pas ?" Elle rit amèrement. " A la fin, j'ai été vendue exactement comme une esclave."
-" Pour le meilleur Grace !" Répondit Rigsby avec force, lui faisant face et la regardant fixement dans les yeux. " Tu as Jane, la famille, moi…c'était pour le meilleur." Répéta-t-il, embrassant son front.
Elle ferma les yeux avec gratitude et se blottit un peu plus contre le corps de son amant, cherchant le réconfort de sa chaleur.
-" J'espère seulement qu'elle se rendra compte de ce qu'elle a à gagner, si elle décide de rester." Murmura-t-elle. " Et j'espère qu'il se rendra compte de ce qu'il perd s'il la laisse vraiment partir."
-Slave-
Il était tard, mais Teresa lisait toujours au lit. Elle avait commencé le roman plus tôt dans la journée puisqu'elle n'avait rien d'autre à faire. Rigsby et Van Pelt étaient restés enfermés dans leur cabine toute la journée à nouveau. Mashburn l'avait finalement lâchée (il arrivait encore à glisser un « vous avez une beauté si dévastatrice » ou un « je souhaite trouver une fiancée comme vous » de temps en temps), Jane avait tout simplement disparu, et elle ne regrettait pas son choix l'histoire était assez divertissante. Pourtant si elle était vraiment honnête avec elle-même, elle reconnaîtrait que l'histoire de cette fille retenue prisonnière dans un sombre château par un méchant n'était pas palpitante. L'intrigue avait été utilisée une centaine de fois et l'écriture, quoique bonne, ne l'enchantait pas vraiment. Si elle était toujours réveillée à onze heures passées, c'était parce que l'autre côté du lit était toujours vide.
Les jours suivants son dernier cauchemar, elle avait à peine vu Jane. Elle se réveillait seule, passait la journée seule avec ses collègues, des connaissances sur le bateau ou supportait les taquineries de Mashburn, et une fois dans la cabine, s'endormait en quelques minutes. Le seul signe était lorsqu'elle se réveillait en plein milieu de la nuit et qu'elle sentait sa présence dans le lit. Autrement, même ses amis proches ou la gouvernante ne pouvaient lui dire où il disparaissait toute la journée.
Teresa en était même venue à penser qu'il avait trouvé une maîtresse à bord et avait froncé les sourcils avant de se gifler mentalement. Ce n'était pas ses affaires. Elle n'était même pas sa vraie femme ! Simplement une esclave qu'il avait achetée pour la libérer, et qui jouait un rôle pour le Lord qu'ils devaient rencontrer. Cela l'énervait pourtant et la mettait mal à l'aise de ne pas savoir. Elle pensait qu'il lui faisait assez confiance pour lui dire. Mais là encore, ce n'était pas ses affaires.
La porte s'entrouvrit et elle cligna des yeux à la vue de Jane se faufilant dans la cabine. Son costume gris était couvert de taches noires –Etait-ce de la suie ?- et il sentait le charbon brûlé ou quelque chose dans le genre. Avait-il été dans la salle des machines ? Il était curieux après tout.
-" Oh, bonsoir Teresa !" La salua-t-il gaiement. " Tu m'attendais ? C'est très gentil de ta part ma chérie." Ajouta-t-il avec un clin d'œil.
-" Euh…" Fut sa seule réponse.
-" J'ai parlé au capitaine aujourd'hui." Continua-t-il, enlevant sa veste sale et déboutonnant sa chemise tout en marchant vers la salle de bain. " Nous devrions arriver dans quelques jours."
Il disparut derrière la porte, finissant de se déshabiller pensa-t-elle.
-" Déjà ?"
-" Ne t'inquiète pas ma chérie." Répondit-il. " Tu auras autant de temps lorsque nous rentrerons à la maison."
La maison. Oui, c'est ça, la maison, pensa-t-elle avec un pincement de culpabilité dans son estomac. Les visages de sa famille bondirent soudainement dans son esprit, et elle se mordit la lèvre pour les faire disparaître. Elle n'avait pas pensé à la plupart d'entre eux depuis qu'elle vivait avec Jane et ses employés. Ses frères, son père, sa…elle grinça des dents intérieurement à la pensée de la dernière personne qu'elle avait dite. Cette dernière à part, ils lui manquaient. Ils lui manquaient lorsque son esprit vagabondait lorsqu'elle s'ennuyait. Lorsqu'elle n'avait rien d'autre à faire. Cette prise de conscience lui fit peur. Les premiers mois après qu'elle eut été vendue, ça la tordait de douleur de seulement penser à eux. Ça faisait toujours mal lorsqu'elle était revenue chez Elias. Mais depuis qu'elle était aux soins de Jane –environ un mois maintenant- la douleur s'était estompée. Elle sentait qu'elle pouvait parler d'eux, les mentionner. Elle voulait parler d'eux. A n'importe qui, pour qu'ils puissent voir, comprendre à quel point elle était blessée intérieurement. Et combien elle était reconnaissante de les avoir.
Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte que Jane était revenu et qu'il était assis sur le lit à présent. C'est seulement lorsque sa main effleura son épaule qu'elle se rappela qu'elle n'était pas seule.
-" Hé, Teresa, tout va bien ?" Demanda-t-il d'une voix douce.
Un regard doux et sympathique, presque comme s'il savait ce qui se passait dans sa tête. Jane ne lui faisait plus peur. Elle considérait Van Pelt, Emma, Rigsby, Cho et tous les autres comme des amis. Peut-être les amis les plus proches qu'elle avait jamais eut. Etrange, pensa-t-elle, comme un mois parmi des gens honnêtes pouvait la changer.
-" Je vais bien." Mentit-elle, détournant le visage. " Tu as besoin de quelque chose ?"
Elle savait que Jane n'y croyait pas mais il n'insisterait pas. A lieu de ça, il frotta doucement sa main sur son épaule en guise de réconfort avec de l'enlever.
-" Je voulais aborder le sujet demain, mais puisque tu es réveillée, j'ai seulement besoin de souligner quelques détails. A propos de notre 'mariage'."
Elle hocha la tête. Il sortit une boîte de velours du tiroir du petit bureau à côté du lit et l'ouvrit devant elle. Deux alliances brillaient à l'intérieur. Des anneaux en or, parfaitement ronds, avec un petit mais élégant diamant au bout. Ses yeux s'ouvrirent en grand. Elle n'avait pas pensé à cette partie-là.
-" Celle-ci sera la tienne." Dit-il, sortant la plus petite et la plus fine et lui remettant. Elle la prit avec beaucoup de précautions et l'observa de plus près. Elle était assez ancienne mais toujours en bonne état. Très chère aussi, remarqua-t-elle. Etait-elle vraiment autorisée à porter une aussi belle bague ? Même pour une mascarade ?
-" Un héritage de famille, c'est une tradition." Expliqua-t-il. Sous son regard, elle le passa à son doigt délicatement. L'anneau lui allait parfaitement. Une vague de nostalgie déferla sur elle.
-" Tu dois savoir autre chose aussi." Continua-t-il sur un ton plus sérieux, la distrayant. " J'ai déjà été marié une fois." Elle cligna des yeux de surprise. La pitié dans les yeux de Van Pelt et le ton doux qu'il avait utilisé quand il avait mentionné la situation de Byron auraient dût lui mettre la puce à l'oreille. " Elle est morte il y a cinq ans, ainsi que ma fille."
Il devint triste en quelques secondes. Pendant un moment, elle vit une vraie douleur dans tout son langage corporel. Les épaules baissées dans la défaite, le regard se détournant, un petit soupir…Elle posa sa main sur son bras impulsivement, pour le sortir du cours de ses souvenirs. Ils étaient peut-être plus semblables qu'elle ne le pensait. Ils savaient tous les deux comment cacher leurs cicatrices, si ce n'est faire semblant.
-" Je suis désolée." Murmura-t-elle sincèrement. L'homme avait sûrement dût être un mari attentif et un bon père. Le regret sur son visage était déchirant. Il haussa simplement les épaules et se racla la gorge.
-" C'est le passé. Juste pour que tu le saches, pour que tu ne l'apprennes pas de quelqu'un d'autre par accident. Oh, et je serai sûrement plus affectueux." Ajouta-t-il en souriant. " T'embrasser la joue plus souvent, te complimenter…pas que ça va être difficile pour moi, tu es très attirante."
Ses joues rosirent à nouveau et elle regarda ailleurs, mal à l'aise avec son regard appréciateur. Lorsqu'il parla de nouveau, sa voix s'était adoucie :
-" Je suis désolé Teresa, de t'impliquer là-dedans."
-" Ce n'est rien." Répondit-elle. " Aucun mal n'a été fait. Dois-je vous redonner l'anneau ?"
-" Non, garde-le pour l'instant, tu dois t'habituer à lui." Il fit une pause, puis ajouta : " Nous aurons une semaine chargée une fois arrivés à Londres. Mieux vaut se reposer maintenant."
Teresa acquiesça et s'allongea. Jane éteignit les lumières et s'installa à côté d'elle. Après un dernier regard prudent à l'alliance à son doigt, elle ferma les yeux et dériva dans un sommeil paisible.
-Slave-
Le jour de débarquement, le temps était doux et même s'il était frisquet, il demeurait agréable. Les contours des frontières anglaises en vue avaient provoqué l'excitation dans la foule des passagers, voulant enfin être sur la terre ferme. Teresa était restée à la rambarde tout le temps, fascinée par le nouvel environnement. Des maisons sales, des gens marchant sur le côté, les saluant parfois, la Tamise et sa –elle devait l'admettre à contrecœur- mauvaise odeur, la météo différente et l'atmosphère, les ponts passants au-dessus du fleuve, plus loin dans la ville les toits des immeubles –était-ce le célèbre Big Ben là-bas ? Oh, d'accord, ils n'étaient pas encore dans Londres- une fine lumière dans les rues étroites, des animaux courant partout…
Il fallut un jour entier pour atteindre le port de Londres et quelques heures pour arrimer le navire à quai et installer l'escalier afin de permettre aux passagers de descendre à terre. Dès qu'elle eut posé le premier pied sur la terre ferme, Teresa se sentie étourdie. Jane expliqua que c'était dût au fait qu'elle s'était habituée à l'instabilité de la mer. Ils furent rapidement rejoints par Mashburn et l'autre couple. Quelques hommes transportèrent leurs bagages dans deux fiacres et ils s'en allèrent vers la résidence temporaire de Harper.
Pendant le trajet, Teresa ne put faire autre chose que de regarder à l'extérieur, aussi excitée qu'une enfant, les mains sur le rebord de la fenêtre du fiacre. Le bruit des marchands, les chevaux, les artisans, les gens qui marchaient, criaient, les chevaux qui hennissaient, les chiens qui aboyaient, tout semblait bouger si rapidement que cela lui semblait impressionnant. Elle venait de la campagne après tout, et ses seules expériences de la ville avaient été lorsqu'elle…et bien, qu'elle était vendue et tout. Elle ne prêtait pas attention à ce qui se disait, ni aux réactions des autres. A ses yeux, le trajet dans la ville fut beaucoup trop court, et bientôt ils se dirigèrent vers des résidences plus propres. Ils s'arrêtèrent devant une maison grande et propre.
Immédiatement, la chaleur qu'elle avait ressentie à la vision du manoir de Jane lui manqua. C'était un bâtiment agréable, mais froid. Très différent de celui auquel elle était maintenant habituée.
Passées les clôtures blanches et formelles, ils furent conduits dans un hall par une femme de chambre, enlevèrent leurs manteaux puis finalement conduits dans une grande salle à manger. Une femme portant une robe rouge élégante et classe, les cheveux relevés dans une coiffure sophistiquée, deux chignons encadrant son visage adorable et espiègle, les accueillit.
-" Patrick, Walter." Dit-elle en premier avant de se tourner vers les domestiques. " Grace, M. Rigsby, j'espère que vous avez fait bon voyage. Je n'ai pas encore eu le plaisir de vous rencontrer." Finit-elle en regardant Teresa. Jane la présenta.
-" Teresa Lisbon. Elle va se faire passer pour ma femme pendant notre séjour."
Une expression curieuse passa sur son visage. Harper avait plutôt l'air intriguée et la regarda fixement. Teresa soutint son regard avec un air de défi et lui renvoya son regard. La femme fronça les sourcils avant d'en revenir à Jane, n'essayant même pas de baisser la voix ou de cacher son scepticisme :
-" Es-tu sûr de ton choix Jane ? Elle semble un peu…jeune ? Ne sera-t-elle pas intimidée par Byron ? Je veux dire, ce type est un salaud et un séducteur, et il aime les jeunes femmes. J'ai entendu dire que lorsque l'esclavage était toujours légal, il aimait s'acheter des esclaves sexuelles. Il a été très clair avec moi également, même si je suis supposée être fiancée à l'un de ses potentiels associés."
Jane rit simplement à son ton dégoûté et pris le bras de Teresa sous le sien, après lui avoir lancé un regard affectueux. La jeune femme le remarqua à peine, trop occupée à regarder Harper. Elle ne la connaissait même pas et la jugeait déjà parce qu'elle avait l'air un peu jeune ?
-" Je pense que je peux me débrouiller seule, merci beaucoup." Gronda-t-elle à son aînée. " Et je ne pense pas que Jane ait besoin de votre consentement pour faire ce qu'il veut. Je ne crois pas que vous soyez sa nourrice."
Van Pelt et Rigsby la regardèrent avec amusement, alors qu'Harper la fixait à nouveau, cette fois-ci stupéfaite.
-" Elle m'a assommé et donné un coup de poing le même jour, même en sachant que j'allais être son patron." Ajouta Jane avec un sourire. " Ne t'inquiète pas pour Teresa, elle est têtue et suffisamment intelligente."
Etait-ce de la fierté qu'elle avait sentie dans sa voix ? Se demanda-t-elle. Un sentiment de chaleur envahit son estomac lorsqu'il la regarda avec un doux sourire, et elle lui sourit en retour.
En coulisses, Van Pelt sourit en connaissance de cause. Si elle faisait confiance à son instinct sur ce coup, les choses promettaient d'être intéressantes…
TBC...
Et voilà pour ce chapitre.
Le prochain sera en ligne normalement Samedi, mais je ne promets rien.
Bonne journée,
Sweety 14/03/13
