Bonjour à tous et à toutes.

Voici le chapitre suivant qui fait la part belle à la tendresse.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, fils de la bourgeoisie anglaise, s'engage dans l'armée afin de prouver à son père qu'il vaut mieux que ce qu'il pense. Au lendemain de la déclaration de guerre par le roi Georges VI, il est envoyé comme médecin dans un hôpital militaire du sud de l'Angleterre. Alors qu'il pensait finir la guerre dans cet hôpital, il est appelé au front, rejoignant la 11ème division blindé de l'armée américaine. Il vivra, en tant que médecin de l'unité, le débarquement de Normandie, la bataille des Ardennes et l'avancée en territoire allemand et autrichien. Il participe à la libération du camp de Mauthausen, camp de concentration de niveau III. Il y rencontre Sherlock Holmes, qu'il prend sous sa protection. Le voyage de retour vers la France est chaotique mais l'intervention de Mycroft l'adoucira suffisamment pour laisser entrevoir un rapprochement entre les deux hommes. Nous les avons quittés, à la fin du chapitre précédent, sur le parvis de Holmes Manor.

Réponses aux commentaires :

Glasgow : Merci de ta fidélité à toute épreuve, j'espère que la suite te plaira car on y retrouve Mummy au mieux de sa forme et de son amour pour ses fils. C'est pas beau ? Bonne lecture !

Electre1964 : C'est vrai qu'élever deux phénomènes comme les frères Holmes, ça ne doit pas être de tout repos surtout pour une femme seule. Ou alors elle a le même caractère que ses fils. Va savoir, elle est peut-être pire qu'eux.

BoaHancockGoku : Certes, les puériles insultes sont toujours très désagréables à entendre, de même que les puériles marques d'amour pour un texte vraiment moyen. Je m'efforce depuis quelques temps à donner des conseils à certains auteurs. Rien de bien méchants mais ne serait-ce qu'une relecture pourrait être très agréable pour le lecteur. Malheureusement, ces conseils ne sont pas toujours bien perçus et presque toujours mal accueillis. J'ai donc arrêté de commenter. C'est vraiment dommage.

Meyan : Tu sais que les mots auteur et sadique sont de la même famille ? lol. Plus sérieusement, je trouvais la fin très bien comme cela, les derniers mots étant sorti tous seuls comme des grands, je ne pouvais pas en mettre d'autres ensuite. Alors j'ai tout laissé comme ça. Depuis quelques temps, ce n'est plus moi qui commande mes personnages mais bien les personnages qui commandent mes doigts. C'est extrêmement déstabilisant mais cela me permet de découvrir leur histoire en même temps que vous. Pour ce qui est de la famille de Sherlock, je l'ai toujours imaginé aimante et très tendre. Selon moi, seul un évènement très grave peut entrainer un enfant puis un adulte à se couper ainsi du monde.

Egwene Al' Vere : Bonjour et bienvenue dans ma fic. Je te remercie de l'intérêt que tu y portes et d'avoir laissé un petit mot d'appréciation pour ce chapitre. J'espère que celui-ci te plaira autant.

Clina9 : La guimauve c'est comme le chocolat, quand on en mange trop, on ne peut plus le supporter après. La conversation entre Sherlock et sa mère est dans ce chapitre. Ce n'est absolument pas comme cela que je la voyais la semaine dernière. Comme quoi, faire un plan est toujours une mauvaise idée (ceci n'engage que moi évidemment !).

Barjy02 : Ta vison différente de l'après-guerre est partagée par de nombreuses personnes tu sais. Mais la pensée publique a fait de Charles de Gaulle le héro de la nation française et beaucoup ne regarde pas plus loin que cela. N'étant pas spécialement fan non plus, je n'ai jamais cherché à approfondir le sujet. Je devrais peut-être. Cependant tu as un très gros avantage par rapport à moi : tu es belge ! Pas moi, quoi que si du côté de ma mère je suis gantoise. Flamande et fière de l'être donc puisqu'élevé en Flandre française, je comprends tout à fait ton point de vue et je ne te contredirai pas. L'Histoire ne retient que les horreurs des grands méchants et que les exploits des gentils. C'est comme ça !

Choupette50 : Quelle torture cela doit être pour toi d'avoir un calendrier de l'Avent. Et quelle torture pour le calendrier, d'être ainsi vandalisé par une impatiente ! lol. J'aime l'idée que les chapitres d'une histoire soient considérés comme des sœurs. Cela donne encore plus de cohérence à l'histoire. Je n'essaye pas de faire de Maman Holmes la mère parfaite. Mais avec des fils comme cela, elle a vraiment besoin d'être calme et compréhensive.

Liseron : Etre la mère de deux énergumènes comme Mycroft et Sherlock n'a vraiment pas dû être facile. La pauvre, surtout qu'elle a dû le faire seul une grande partie de leur vie.

Ryo : Merci de ton enthousiasme, j'espère que ce chapitre te conviendra.

Agnostique et apolitique, je n'éprouve aucune difficulté à manipuler les idées et les croyances. Ceci dit, si je vais trop loin ou si certains passages vous choquent, faites-le moi savoir et je m'efforcerai de me corriger.

CECI EST UNE FICTION, JE ME SERS DES EVENEMENTS HISTORIQUES COMME TOILE DE FOND.

Bonne lecture !

Magdaline

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Chapitre 13 :

John n'avait jamais connu autant de douceur de la part d'un homme. Son père, indifférent à son existence ou en perpétuelle recherche du fils parfait, selon son humeur, n'avait jamais juger important d'avoir un geste de tendresse envers son fils. Ce n'était pas ainsi que l'on endurcissait un garçon, se plaisait-il à répéter à sa mère.

C'est pourquoi ce père tyrannique n'avait jamais hésité à rabaisser son fils afin de l'endurcir. John pourtant ne s'était jamais abaisser à répondre aux paroles violentes de son père. De sa mère, il avait hérité un caractère calme et une patience à toute épreuve. En regardant sa mère interagir avec les domestiques, il avait appris que la gentillesse et la compassion étaient deux qualités extrêmement importantes dans les relations avec d'autres êtres humains.

Certes, cela n'avait pas été du goût de son père. Pourtant John avait persévéré, s'obstinant à parler avec gentillesse à la bonne et au majordome. Là où son père n'hésitait jamais à élever la voix quand ses désirs n'étaient satisfaits au plus vite et de la manière dont il le souhaitait, John expliquait calmement ses souhaits, restait poli, n'était jamais insultant et s'enquérait régulièrement de l'était de santé des employés de maison et de celle de leur famille.

C'est ainsi qu'il avait su, un jour où son père avait été particulièrement odieux avec la bonne, que celle-ci avait des problèmes avec son fils. Celui-ci, sous le prétexte que sa mère travaillait souvent tard, s'était encanaillait avec de petites frappes. Il revenait souvent à la maison blessé, parfois gravement, et la pauvre Sarah dépensait tout ce qu'elle gagnait en soins médicaux. Il n'était pas étonnant donc, de la voir vaciller alors qu'elle refaisait de Monsieur.

Son manque d'énergie et les petites erreurs que son père jugeait impardonnables étaient devenues de plus en plus fréquentes. Alors qu'elle pleurait de fatigue auprès de la cuisinière, John était entré dans la cuisine à la recherche d'un petit quelque chose à se mettre sous la dent. L'état de la pauvre femme l'avait alerté. Il l'avait doucement amené à parler de des difficultés de son fils et de son manque criant de nourriture.

John en avait informé sa mère et tous deux avaient décidé que la pauvre femme emmènerait avec elle de quoi se sustenter le soir. Ils avaient suffisamment de ressources pour nourrir deux personnes supplémentaires.

Quand son père avait appris son rôle dans cette affaire, il avait violemment invectivé son fils, l'accusant de sentimentalisme et de faiblesse. John était pourtant resté ferme sur ses positions et avait demandé à ce que tous les domestiques puissent manger à leur faim le matin, le midi comme le soir. Cette demande avait mis son père dans une rage folle, mais l'appui de sa mère et la menace d'une séparation, qui aurait attiré la disgrâce sur leur famille, le fit plier.

Cela avait été la première victoire de John sur son père et le début de l'indépendance pour sa mère. Ne voulant pas voir son argent partir dans le ventre de ses employés, le père de John avait, à contrecœur, confié la gestion de la maison à sa femme.

Revenant à un présent bien moins douloureux, John se demanda si sa position était bien décente.

Il s'était endormi sans s'en rendre compte, la tête contre l'épaule de son patient et la moitié du torse écrasant le sien.

La perte de chaleur due à la chute de la couverture lui avait rappelé les nuits passées dans le froid des Ardennes françaises puis belges, réveillant son instinct de soldat et, de fait, le réveilla en une seconde.

S'il avait pris l'habitude de dormir dans toutes sortes de positions inconfortables, l'endormissement sur le torse fragile d'un patient n'était pas dans ses habitudes. Il avait pourtant simulé le sommeil lorsqu'il avait senti une main passer de ses cheveux à son cou puis descendre dans son dos. Cette sensation lui rappelait tellement son enfance qu'il s'était prise à l'apprécier tout en niant farouchement l'identité de la personne sur laquelle il était endormi et à qui appartenant la main.

Le corps humain est ainsi fait que lorsque vous dormez, il ne vous envoie aucun signaux de désagrément quand à votre position. Ce n'est pas la même chose quand vous êtes éveillés. John sentait ses muscles le tirailler et sa colonne vertébrale pousser de hauts cris de douleur face à une position plus que désagréable.

Il ne se résolu pourtant pas à bouger, la main qui parcourait son corps en une douce caresse était bien trop agréable.

L'absence de réaction du médecin avait rassuré Sherlock. Malheureusement, le poids de John réveillait la douleur de ses côtes encore fragiles.

Il tenta de retenir un gémissement de douleur quand John bougea.

Ce gémissement perça la bulle de douceur du blond, le faisant se redresser immédiatement.

Conscient que son rôle de médecin n'était pas d'aggraver les blessures de son patient mais bien de les soigner, il recula bien vite, libérant Sherlock de son poids et allégeant ainsi la souffrance diffuse qui s'écoulait dans le corps du brun.

« -Sherlock ! Je suis désolé ! Pardon ! Je ne voulais pas vous blesser ! Pardon ! »

Le médecin avait parlé si vite que même Sherlock avait eu du mal à le suivre. Il n'avait même pas eu le temps de répliquer que John, dans un élan de conscience professionnelle, sortit de la chambre, ouvrit la porte de la sienne dans un grand fracas qui réveilla Mycroft, retourna son sac de voyage, attrapa son stéthoscope et revint s'asseoir près de son patient afin de l'examiner. Sherlock en resta un moment sceptique, s'interdisant toute remarque blessante à l'encontre de l'homme qui lui avait sauvé la vie et dont le comportement était pour le moins agaçant. Il était bien lui, avec John allongé sur son torse. Quelle idée stupide avait pu traverser le cerveau de son médecin pour qu'il réagisse aussi violemment.

Il laissa pourtant John l'examiner comme il le faisait tous les matins depuis des semaines, attendant qu'il se rassure sur son état de santé.

Une fois son examen terminé, John poussa un sourire de soulagement. Il n'avait pas aggravé les blessures de Sherlock en dormant ainsi sur son torse.

«-Je suis vraiment navré, Monsieur Holmes, dormir sur vous n'était pas dans mes intentions quand je suis venu cette nuit. »

Sherlock fronça les sourcils autant à l'utilisation de son nom de famille qu'au fait que John soit venu dans sa chambre au milieu de la nuit. Il allait demander des explications quand John reprit la parole.

« -Vous avez fait un cauchemar cette nuit, au point de réveiller toute la maison. Il fallait que vous vous calmiez. C'est pour cela que je suis entré dans votre chambre, je m'en excuse. C'était une violation de votre intimité, je n'aurais pas dû faire cela. Je suis vraiment navré de m'être endormi sur vous. Vous auriez dû me réveiller. Je… Je vais m'en aller maintenant, je vous souhaite une bonne journée.»

Et avant même que Sherlock ait pu répondre, John avait quitté la chambre et s'était précipité vers sa chambre, s'y enfermant à double tour, honteux de son comportement. Qu'allait dire Maud ? Et Mycroft ? Il n'était vraiment pas à sa place ici, dans cette famille aimante dont il n'avait pas les codes, dont la proximité physique, si elle n'était pas évidente au premier abord, était suffisamment important pour que Sherlock se permette les gestes qu'il avait eus dans la nuit.

Car cela ne pouvait être autrement n'est-ce pas ? Ces gestes, cette nuit, n'avaient d'autre explication que le bien-être qu'éprouvait Sherlock en rentrant chez lui, n'est-ce-pas ?

Le cerveau en vrac, les pensées emmêlées, John n'entendit pas la cloche qui annonçait le petit déjeuner.

Il se perdit en conjecture une grande partie de la matinée.

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Dans la salle à manger, Mycroft et Maud Holmes prenait tranquillement leur petit-déjeuner, inconscients des pensées qui ravageaient le médecin.

La nuit avait été calme après le cauchemar de Sherlock. Ils avaient regagné leur lit tranquillement, confiant la personne qu'ils aimaient à cet inconnu qui semblait lui faire autant de bien. Ils étaient tous deux les lève-tôts. Les domestiques avaient pris l'habitude de servir le petit déjeuner à 6h30. Maud Holmes leur accordait une heure de repos dans la matinée afin de compenser le manque de sommeil dû à leur rythme de vie.

Quand Sherlock apparu dans l'encadrement de la porte, Maud l'accueillit d'un sourire, lui souhaitant le bon jour.

Sherlock se pencha sur sa mère, embrassant tendrement sa joue en réponse à sa salutation.

« -Bonjour mère. Pardonnez ce retard. » S'excusa-t-il en s'asseyant à la table.

« -Ce n'est rien Sherlock, ta nuit a été difficile, je peux comprendre que tu aies besoin de sommeil.

-La nuit a été effectivement difficile. Mais cela n'est pas une raison pour vous faire faux bon ainsi. » S'admonesta-t-il.

Maud eut un sourire indulgent envers son fils.

« -Ne sois pas trop dur avec toi-même Sherlock, les épreuves que tu as traversée ont été assez pénibles. »

Sherlock fronça les sourcils au-dessus de la tasse de thé. Que Mummy lui avait versé. Il se tourna vers Mycroft.

« -Je suppose que tu n'as pas pu t'empêcher de fourrer dont proéminent appendice nasale dans mes affaires. » Lui asséna-t-il méchamment.

« -SHERLOCK HOLMES ! Ton père et moi ne t'avons pas élevé ainsi il me semble. »

Cet éclat de voix, très peu commun de la part de Lady Maud Holmes, eut le mérite de couper court à toute forme de dispute entre ses fils.

A la mention de son père, Sherlock foudroya son frère du regard, l'accusant sans parler d'avoir fait ressurgir le fantôme de leur père entre Mummy et eux.

Mycroft se leva lentement, solennellement.

« -Veillez m'excuser Mère, je dois me rendre à Londres pour une affaire importante. »

Il baisa la joue de sa mère, fit un petit signe de la tête à son frère et sortit d'un pas martial.

Maud fixa son cadet qui n'avait pas bu plus d'une tasse de thé et n'avait rien avalé.

« -Je ne pense pas que le Docteur Watson serait heureux de voir son patient négliger ainsi sa santé. » Dit-elle d'une voix douce.

Sherlock baissa la tête.

« -Je suis désolé Maman. »

C'était le seul manquement à l'étiquette que Sherlock s'autorisait en direction de sa mère. Quand ils étaient seuls, il s'autorisait ce mot doux. Maud savait qu'il y avait le prémice à une discussion à cœur ouvert avec son fils. Ce genre de discussion était tellement rare qu'elle fut heureuse d'entendre ce petit mot.

Elle fit un toast à la confiture, le donna à son fils et attendit qu'il le mange. Elle n'aborderait pas une discussion de ce genre tant qu'il avait le ventre vide. Sherlock le comprit très vite et se força à manger.

Satisfaite, Maud prit la main de son fils dans la sienne et le conduisit jusqu'au salon. Ils s'assirent sur le canapé, Maud à une extrémité, Sherlock à côté d'elle, la main de sa mère tenant toujours la sienne.

« -John m'a raconté ce qu'il s'est passé en Autriche. » Commença-t-elle.

Sherlock se raidit à ses mots, incertain.

« -Je ne te demande pas de me raconter ce qu'il s'est passé Sherlock, mais je veux que tu saches que tu peux tout me dire. Si tu as des soucis, si tu as besoin de parler, je suis là mon chéri. »

Sherlock déglutit difficilement.

« -Je sais que tu as manqué de ton père. » Dit-elle dans un souffle. « Nous avons tous souffert de son décès, toi plus que tout autre. Tu as cherché la raison de son accident pendant des années et tu as voulu à tous prix lui ressembler. Mais tu n'es pas ton père Sherlock. Ce n'est pas ce que j'attends de toi. Nathaniel était un homme merveilleux et un père fantastique et je suis heureuse d'avoir passé ces années avec lui. Avoir des enfants de lui a été mon plus grand bonheur mais en aucun cas, je ne veux un autre Nathaniel. Ton père était un homme secret, Mycroft et toi avait hérité de ce trait de caractère. Mais il faut que tu saches Sherlock, que j'ai souffert de tous ces secrets. Ne rien savoir de sa vie ou de son travail fut ma plus grande blessure. J'aimerai en savoir un peu plus sur vos vies à tous les deux. Vous êtes mes enfants et je ne sais même pas quel métier vous exercez. Mycroft est toujours parti par monts et par vaux et toi tu ne me dis jamais rien. Quand je veux savoir comment tu vas, je dois demander à ton frère. J'aimerai tellement l'entendre de ta bouche !»

Sherlock soupira.

« -Je vais bien maman. Je loge chez Mrs Hudon.

-Ton ancienne nurse ? » Demanda Maud.

« -Oui, elle louait un appartement dans sa maison et j'ai répondu à l'annonce, je ne savais pas que c'était elle avant de visiter l'appartement. Je suis Détective Consultant pour Scotland Yard et plus généralement j'aide toute personne ayant besoin de mes services. Les énigmes m'ont toujours passionnées, mon cerveau ne se nourrit que de cela.

-C'est un métier dangereux, Sherlock ! »

Le brun sourit, serrant un peu plus fort la main de sa mère.

« -Oui maman, mais je fais attention. »

Maud eut un petit rire.

« -Tu es un piètre menteur Sherlock. »

Le brun se vexa un moment. Il était un excellent menteur. C'est grâce à cette capacité qu'il résolvait aussi vite ses enquêtes. Ca et ses déductions.

Le voyant bouder, Maud posa un doigt sous son menton, le forçant à la regarder.

« -Je suis ta mère, je te connais par cœur, quoi que tu en dises, et je sais quand tu mens. »

Sherlock se renfrogna dans le canapé, vexé d'avoir été découvert par sa propre mère.

« -Il semble, que tu ne sois pas la seule maman. » Souffla-t-il en baissant la tête.

Maud ne répondit pas, attendant que son fils continue.

« -Je… je me suis laissé aller à trop de facilités avec Moriarty. Je l'ai laissé m'entraîner là où il ne fallait pas et je me suis fait capturer par l'ennemi. S'il n'y avait pas eu John, je serai mort dans ce camp de concentration. »

Le cœur au bord des lèvres, il se mit à raconter son histoire à sa mère, ne lui épargnant aucun détail. John avait raison, il avait besoin de parler de sa détention.

« -Je poursuivais un criminel du nom de Moriarty. Il se définissait comme un Criminel Consultant, en miroir avec ma propre activité. Il a travaillé avec plusieurs grands criminels d'Europe mais n'a jamais montré son visage au grand jour. C'est un professeur de Mathématique extrêmement doué. Il m'a entraîné dans un jeu de pistes fait de cadavres et d'énigmes. L'une de ses énigmes m'a conduit au Reichtag à Berlin. Il était debout dans la tribune des orateurs, j'étais à l'entrée de la salle. Le symbole était important, je crois. Il était plus haut que moi, il me dominait, aussi bien physiquement que mentalement à ce moment-là. L'exaltation de la course aux indices et le fait d'avoir pu le suivre jusqu'au Reichtag m'ont faits perdre ma concentration et j'ai relâché mon attention. J'étais en territoire ennemi, citoyen de l'une des plus grandes nations d'Europe, ennemie du Reich et j'étais entré dans le Reichtag. J'ai été capturé par les gardes en faction. Moriarty parle parfaitement l'allemand. Le mien est un peu rouillé. Il a affirmé que j'étais un ennemi de la nation et du régime, que je pactisais avec des juifs et des communistes, que j'aimais les hommes et que j'étais… »

Sa voix se brisa un instant. Maud l'invita à poser sa tête sur ses genoux, insistant un peu quand Sherlock résista. Il se laissa finalement aller, heureux de retrouver la chaleur rassurante de sa mère qui l'avait toujours soutenue.

Maud passa doucement une main dans ses cheveux, caressant les boucles brunes que Sherlock avait héritées de son père.

Ce geste avait le même effet que la nuit précédente. Sherlock se calma progressivement. Maud continua son mouvement, lent et hypnotique, tellement identique à celui que faisait son défunt époux lorsque Sherlock faisait un cauchemar.

John avait, instinctivement, trouvé ce geste.

« -On m'a d'abord emmené dans un bureau, un officier SS m'a ordonné de m'asseoir et ils m'ont attaché sur la chaise. Ils voulaient savoir d'où je venais, ce que je faisais sur le territoire allemand. Cela a duré longtemps. J'ai reçu des gifles et des coups de poings. C'était douloureux mais rien ne m'aurait fait dire ce que je savais. C'était une affaire entre Moriarty et moi. Et je n'étais pas un espion à la solde de l'Angleterre comme ils le pensaient.

-Tu as toujours aimé les secrets. Tu te souviens de ce que je t'ai dit à propos des secrets ? »

Sherlock remua, cherchant plus de contact avec la main de sa mère, l'arrière de la tête en contact avec son ventre.

« -Les secrets peuvent tuer parfois. »

Maud hocha la tête mais n'ajouta rien, attendant que son fils continu.

« -Ils m'ont interrogé longtemps… J'ai fini par céder. Je leur ai tout raconté, Moriarty, les énigmes, le jeu. Mais ce n'était pas suffisant. J'étais un espion anglais à leurs yeux et Moriarty leur avait fait croire que j'étais homosexuel. L'officier SS a décrété que j'étais un ennemi incurable du Reich et que je devais être corrigé. On m'a mis dans un train, je ne sais pas pour quelle destination et j'ai attendu, entouré de prisonniers allemands. Nous étions serrés les uns contre les autres, nous ne pouvions pas bouger. C'était un train de marchandises, pas équipé pour recevoir autant de monde. Nous avons passé trois jours, debout dans ce train, sans voir la lumière du jour. Certains prisonniers sont morts d'épuisement. Quand les portes se sont ouvertes, j'ai reconnu le Tyrol qui se dressait à l'horizon. J'ai cru que nous étions toujours en Allemagne. On… On nous a obligés à nous déshabiller, il a fallu prendre une douche puis, on nous a jeté des vêtements, il n'y en avait pas assez pour tout le monde. J'ai… J'ai réussi à attraper un pantalon mais pas de chemise. On nous a appelé, je… j'ai été trimballé d'un baraquement à un autre, on m'a examiné sous toutes les coutures et…. »

Sa voix se brisa de nouveau, il n'était pas certain de vouloir se rappeler ce qu'il s'était passé, ni même de vouloir le dire à sa propre mère.

« -J'ai pensé que… que si je leur donnais des informations compromettantes sur Moriarty, ils s'en contenteraient et je pourrais quand même achever ma mission. Je ne sais pas ce qu'ils en ont fait. Ils ont voulu me… guérir. Je ne sais pas vraiment de quoi. Ils pensaient que ce que Moriarty avait dit était vrai, que j'aimais les hommes. Je… je n'ai jamais aimé personne, mis à part toi et papa. Alors… Comment je peux savoir si j'aime les femmes ou les hommes ? Et puis, John est arrivé… »

Il laissa sa phrase en suspens, ne comprenant pas très bien ce que cela impliquait pour lui.

« -Et John est arrivé et il t'a sauvé la vie. »

Sherlock hocha la tête.

« -Et il m'a sauvé la vie.

-Nous avons eu une conversation lui et moi. » Commença Maud « Il m'a parlé de tes blessures. Il n'a pas voulu me dire de quoi elles résultaient mais je suppose que le … traitement qu'ils t'ont fait subir en est à l'origine. »

Sherlock hocha la tête, surpris que sa mère prenne aussi bien son histoire. Elle se pencha vers lui et lui baisa la tempe.

« -Je suis heureuse qu'il t'ai retrouvé, je suis heureuse qu'il se soit acharné à te sauver et je suis heureuse que tu lui fasses confiance. »

Il y eu une brève pause puis elle ajouta :

« -J'ai des ordres à donner en cuisine, je te laisse. »

Et elle s'éclipsa, laissant Sherlock allonger sur le canapé à chercher la raison de son départ et à déterminer l'importance qu'avait pris John dans sa vie.

A SUIVRE …

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Je pensais en mettre plus dans ce chapitre. Et je ne suis pas particulièrement fière de mon explication concernant la déportation de Sherlock. Le personnage est définitivement OCC mais tant pis, il restera comme cela.

Je n'ai pas de précisions historiques à vous donner aujourd'hui, j'espère ne pas trop vous décevoir et je vous dis à la semaine prochaine.

Si vous en ressentez le besoin, laissez-moi un commentaire, j'y répondrai avec plaisir.

S'il reste des fautes d'orthographe, je m'en excuse.

A bientôt

Magdaline