Hi Everybody !

Il parait que vous voulez que John sorte de sa chambre ! Il en sortira, c'est promis mais partira assez vite malheureusement.

Il est vrai que je suis très peu fière de la réaction de Sherlock, je le trouve bien trop éloigné de la nature que lui donne Steven Moffat ou Sir Arthur Conan Doyle. Il est trop… mou ? Oui c'est ça. Il est trop vulnérable et j'ai du mal à le voir comme cela. J'aime le côté irrévérencieux de Sherlock, la manière qu'il a de ne pas se soucier de la réaction des autres.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, fils de la bourgeoisie anglaise, s'engage dans l'armée afin de prouver à son père qu'il vaut mieux que ce qu'il pense. Au lendemain de la déclaration de guerre par le roi Georges VI, il est envoyé comme médecin dans un hôpital militaire du sud de l'Angleterre. Alors qu'il pensait finir la guerre dans cet hôpital, il est appelé au front, rejoignant la 11ème division blindé de l'armée américaine. Il vivra, en tant que médecin de l'unité, le débarquement de Normandie, la bataille des Ardennes et l'avancée en territoire allemand et autrichien. Il participe à la libération du camp de Mauthausen, camp de concentration de niveau III. Il y rencontre Sherlock Holmes, qu'il prend sous sa protection. Le voyage de retour vers la France est chaotique mais l'intervention de Mycroft l'adoucira suffisamment pour laisser entrevoir un rapprochement entre les deux hommes. Mummy Holmes intervient alors pour faire parler son fils.

Réponses aux commentaires :

Barjy02 : Je me pose la même question. Est-il vraiment nécessaire d'ajouter des précisions historiques maintenant que John et Sherlock sont rentrés en Angleterre. Je verrai au fil des chapitres. Les passages intimistes sont vraiment très difficiles à écrire, je préfère l'action lol. Merci de ta fidélité.

Choupette50 : J'ai imaginé cette scène comme une rivière ou un torrent, comme si, une fois les vannes ouvertes, elles ne pouvaient pas se refermer. Et comme toutes les mamans que j'imagine, Maud est un puits d'amour et de compréhension surtout pour son cadet dont le caractère est on ne peut plus … particulier. La mort de son époux a fait d'elle une personne forte de caractère mais elle garde en elle l'amour inconditionnel pour ses enfants. J'ai moi-même une maman très différente de Maud. Cela dit, je sais qu'elle m'aime.

Vera Spurnes : En effet, la réaction de John est on ne peut plus inattendue. Souviens-toi que nous sommes en 1945 et que l'homosexualité est encore punie par la loi en Angleterre. Ce genre de sentiment, pour un anglais élevé en bourgeoisie par un père comme celui de John est assez difficile à assumer, même quand l'autre part de votre éducation vous a été apporté par une personne plus que compréhensive.

Glasgow : Tu n'as pas besoin de faire original tu sais. Juste un petit mot pour me dire que cela t'as plût est amplement suffisant. J'aime l'idée que Sherlock fasse sortir John de sa chambre en prétextant qu'il doit manger. C'est la poêle qui se fout du poêlon lol.

Electre1964 : J'aime penser que la relation entre Sherlock et sa mère est apaisée et douce. C'est vraiment de cette manière que j'imagine l'enfance de Sherlock. Merci de ta fidélité.

Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

Je vous souhaite donc une bonne lecture et je vous retrouve en bas.

Magdaline.

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Chapitre 14 :

Sherlock était resté allongé sur le canapé longtemps, très longtemps. Tellement longtemps qu'il avait loupé le déjeuner. Cela n'avait pas vraiment d'importance, le toast qu'il avait avalé sous la contrainte de Mummy était suffisant pour que son corps fonctionne pour les deux jours à venir. Le déjeuner n'était donc pas une priorité.

Quand il ouvrit les yeux, pas vraiment sûr de la décision qu'il venait de prendre, il se mit à la recherche de son compagnon de voyage, imaginant que celui-ci était sorti de sa chambre et se trouvait dans la bibliothèque. John n'y étant pas, il explora toutes les pièces du rez-de-chaussée avant d'atterrir dans la salle à manger. Il y découvrit deux couverts encore dressés sur la table et le repas reposant dans un plat, sur le chauffe-plat.

En voyant Sherlock entrer dans la pièce, le domestique qui s'occupait de nettoyer les couverts d'une grande ménagère, se leva et lui proposa :

« -Je vous sers le repas Monsieur ? »

Interloqué, Sherlock regarda le plat d'un air dédaigneux.

« -Non, merci William, je n'ai pas faim. Vous pouvez débarrasser mon couvert, je vais chercher le docteur Watson. »

Il sortit sans un regard de plus vers le pauvre William déçu de ne pas pouvoir s'occuper de son maître qu'il voyait si peu.

William avait été embauché un peu après la mort de Lord Nathaniel Holmes afin de s'occuper du plus jeune de ses enfants. Il s'était pris très rapidement d'affection pour Sherlock malgré le changement de comportement du garçon. Il l'avait vu se refermer sur lui-même, jusqu'à ne plus parler. C'était un miracle si son maître lui répondait aujourd'hui. Le jour de son départ de la maison. Sherlock n'avait plus dit un mot depuis des semaines.

Aujourd'hui, il était heureux de voir que l'enfant qu'il avait choyé sans que celui-ci s'en rende compte soit devenu un homme respectueux de ses congénères malgré une maladresse évidente.

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Sherlock était à l'étage, devant la porte de bois qui menait à la chambre de John. Il hésitait. La réaction de John ce matin avait été des plus surprenantes et il avait eu, un moment, peur que celui-ci ne décide de s'en aller. Mais non, John était toujours dans sa chambre et le bruit du parquet grinçant sous le poids du médecin lui indiquait qu'il faisait les cents pas.

Les faisait-il depuis son départ précipité de ce matin ?

Certainement à en juger par leur lourdeur.

Il prit son courage à deux mains et frappa à la porte.

Les pas s'arrêtèrent instantanément.

« -Qui est-ce ? » demanda la voix étouffée du blond.

« -Sherlock. Mummy m'envoie vous chercher, vous n'avez rien mangé depuis hier soir, elle s'inquiète. »

C'était un pieux mensonge. Sherlock ne savait pas vraiment comment exprimer son inquiétude et l'emploi de Mummy saurait convaincre le médecin, il en était sûr.

« -Remerciez votre mère pour moi, je n'ai pas faim. »

Le grondement de son estomac lui affirma le contraire mais John passa outre cette manifestation désagréable de son corps.

« -Merci Sherlock. »

Le brun hésita de nouveau devant la porte. Devait-il insister ?

« -John, votre corps n'est pas fait pour sauter un repas et vous en avez déjà sauté deux. Il faut que vous mangiez. »

C'est l'hôpital qui se fout de la charité, pensa John. Si lui devait manger régulièrement, Sherlock devait faire un régime comprenant plus de trois repas par jour. Lui n'avait pas besoin de prendre du poids, alors que Sherlock avait besoin de reprendre près de dix kilos.

John soupira. Il devait vraiment lui montrer l'exemple, donc il devait manger. Il passa une main dans ses cheveux puis la descendit sur son visage en poussant un soupir de découragement.

« -Très bien, j'arrive. »

Il referma les fenêtres et s'avança vers la porte. Il jeta un coup d'œil dans le miroir, rajusta sa mise et ouvrit la porte.

Sherlock se tenait devant la porte, prêt à frapper de nouveau. Ils se retrouvèrent face à face, trop près l'un de l'autre pour que cela soit convenable mais pas assez près pour eux. Ils restèrent silencieux un moment, à se regarder l'un l'autre.

John brisa le silence.

« -Vous avez pas parlé d'un déjeuner non ? »

Et il contourna le brun, se dirigea rapidement vers l'escalier et le dévala.

Sherlock resta un moment en arrêt. Que venait-il donc de se passer ?

Il finit par se détourner de la porte pour rejoindre John dans la salle à manger. William l'avait déjà servi et le blond mangeait d'un bon appétit sous le regard approbateur du domestique. Sherlock prit place à table mais refusa de manger.

« -Ah non Sherlock, si je mange, vous mangez aussi ! »

Et il demanda à William de servir une assiette au brun boudeur.

« -Mangez ! »

Puisque les regards insistants de John et de William le contraignaient, il se força à manger pour leur faire plaisir. Après tout, tous les deux s'étaient occupés de lui !

Le repas fut interrompu assez brutalement par un coup de téléphone.

« -Docteur Watson ? » les interrompit William. « La base du Northumberland vous demande. »

John se leva précipitamment délaissant son assiette.

La discussion ne dura pas longtemps et le visage qu'arborait John en revenant ne plût pas Sherlock.

« -Savez-vous où se trouve votre mère Sherlock ? » Demanda-t-il de regard sombre.

« -William ? » Demanda Sherlock en se tournant vers lui.

« -Madame est dans la bibliothèque. »

John hocha la tête.

« -Pardonnez-moi Sherlock mais je dois aller parler à votre mère. »

Et il quitta la salle à manger, laissant Sherlock abasourdi par la transformation qui s'était opérée chez le médecin en si peu de temps. Le jeune homme lança un regard dégouté à son assiette. A quoi bon continuer à manger si John n'était pas là ?

Si Sherlock avait pris le temps d'analyser les réactions de son compagnon, il aurait compris que le médecin avait laissé place au soldat et que l'appel de la base du Northumberland signifiait la séparation pour les deux hommes. Mais Sherlock, totalement perdu dans ses pensées, ne chercha pas plus loin que le bout de son nez.

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John et Maud avait eu une discussion assez longue concernant Sherlock puis il était monté dans sa chambre, préparant ses affaires. Puisque son uniforme avait subi beaucoup de dégâts, il le plia et le rangea dans un sac mis à sa disposition par Maud. Il se présenterait à son supérieur en complet, tant pis.

Alors qu'il s'apprêtait à fermer son sac, on frappa à la porte.

Sherlock était monté aux nouvelles, voulant savoir pourquoi ce coup de téléphone avait perturbé son ami au point de l'abandonner durant le repas.

Quand John ouvrit la porte, Sherlock vit instantanément le lit parfaitement refermé et le sac de voyage qui reposait dessus. Il comprit instantanément.

« -Vous partez ? » Demanda-t-il tout en connaissant parfaitement la réponse.

« -Mon supérieur me demande, je dois me présenter au rapport et recevoir mes ordres. » Répondit le blond en se retournant vers son sac pour le fermer.

« -J'ai fait mes adieux à votre mère et l'ai remercié de son hospitalité. Je ne peux pas me dérober plus longtemps ou je serais considéré comme déserteur et recherché. Je dois y aller. »

Sherlock resta silencieux un moment.

« -Où devez-vous vous rendre ? » Demanda-t-il d'une petite voix.

« -Au QG d'abord puis je retournerai certainement à Netley afin de reprendre mes fonctions de médecin à l'hôpital militaire. » Répondit John sans le regarder davantage.

« -Je vois. »

John finit par lui tendre la main.

« -Je suis heureux de vous avoir connu Sherlock, prenez soin de vous et évitez l'Allemagne pendant quelques temps. J'ai comme l'impression que ce pays ne vous réussit pas. »

Sherlock eut un léger sourire alors qu'il répondait à la poignée de main du médecin sans enthousiasme.

« -Au revoir John. »

Et John partit, montant dans la voiture que Mycroft avait mise à sa disposition sur la demande de sa mère. Sherlock était resté dans la chambre, près de la fenêtre. Il contempla le jardin, refusant de voir John partir.

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John s'était laissé aller durant le trajet vers le quartier général des fusillés du Northumberland. Il s'était endormi au son du moteur peu après son départ de Holmes Manor. C'est la fouille de la voiture à l'entrée de la base qui le réveilla. Il présenta ses papiers au planton et annonça qu'on l'attendait au rapport. Le planton regarda suspicieusement ce soi-disant officier attendu au rapport vêtu d'un complet marron à la dernière mode et bénéficiant des services d'une voiture avec chauffeur. Il finit pourtant par les laisser passer.

John retrouva la base du Northumberland avec un enthousiasme qu'il ne pensait pas éprouver ce matin en quittant Holmes Manor. Les lieux familiers lui faisaient presque penser à une maison ou, du moins, à un endroit accueillant qui voyait son retour avec bonheur.

Il laissa plusieurs bâtiments derrière lui avant de s'arrêter devant le commandement. Il descendit de la voiture quand le chauffeur lui ouvrit la porte et se présenta à la personne de service, un grand roux à moustache qui ne pouvait être qu'Irlandais selon lui.

On le précéda dans les couloirs de la base alors qu'il les connaissait fort bien puis on l'introduit dans le bureau du Général de division duquel il recevait ses ordres.

Il entra et se mit au garde-à-vous, conscient de l'image qu'il devait renvoyer dans ces vêtements civils, bien peu approprié à son environnement actuel.

« -Repos Capitaine. » John se détendit. « Et asseyez-vous. »

Le Général Davidson était un homme d'un certain âge aux états de services irréprochables. Fin stratège, il avait été blessé à la jambe lors d'une escarmouche à Dunkerque en 1940. Il avait été rapatrié en Angleterre après cela et ne l'avait plus quitté. Le léger boitillement dont il était maintenant affublé en était la cause.

John prit le siège qu'on lui désignait et attendit que le Général l'interroge.

« -J'attends votre rapport Capitaine. » L'informa le militaire en croisant les mains sur la table.

John ne savait pas vraiment par où commencer. Il n'avait pas fait de rapport sur sa situation depuis bien longtemps et se demanda un instant par où il devait commencer.

Semblant comprendre son problème, Davidson précisa :

« -Depuis votre arrivée en Autriche Capitaine. »

Et John lui fit son rapport, n'omettant aucun détail, essayant d'être le plus précis possible et d'argumenter quand l'une de ses décisions portait à confusion.

Ce récit dura un long moment, le général prenait des notes, attentif à tout ce que son officier pouvait dire concernant l'ennemi battu quelques temps plus tôt.

Quand John eut terminé, le souffle court, il réalisa qu'un poids avait disparu de ses épaules et qu'il respirait bien mieux. Maintenant, il allait pouvoir mettre cela de côté et passer à autre chose. Il avait fait son rapport, il n'y avait plus de raison de se concentrer sur les faits afin de ne pas les oublier.

Davidson resta muet un long moment avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« -Savez-vous qui est la personne que vous avez sauvé dans ce camp autrichien ? »

John fut surpris. Etait-ce donc tout ce qui avait intéressé son supérieur ? Pas de questions concernant les avantages tactiques de l'ennemi, pas de remontrances quant à la liberté qu'il avait prise dans le traitement de ses patients et pas de remarques sur les quelques jours qu'il s'était accordé avant qu'on le rappelle à son devoir ?

« -Un homme du nom de Sherlock Holmes, Monsieur. » Répondit-il.

« -Et savez-vous qui est le frère de Monsieur Holmes ? »

John était de plus en plus étonné par les questions du Général.

« -J'ai cru comprendre que Mycroft Holmes occupait un poste mineur au gouvernement de notre pays Général. »

Le Général Davidson leva les yeux au ciel.

« -Un poste mineur au gouvernement vraiment Capitaine ?

-Oui Monsieur, c'est ainsi qu'il s'est présenté en tout cas. »

Le rire nerveux qui échappa au militaire fit craindre le pire au médecin, qui se demanda s'il n'avait pas commis une faute en acceptant l'aide de la famille Holmes.

« -Capitaine, vous avez sauvé la vie du cadet d'une famille de la vieille noblesse anglaise. Mycroft Holmes n'occupe pas un poste mineur au sein du gouvernement britannique, il EST le gouvernement britannique. Quant à Lady Holmes qui vous semblez tellement apprécier, elle est la dame de compagnie de la reine Elizabeth depuis la mort de son époux. »

John en resta coi.

« -Je comprends votre étonnement. La famille Holmes a toujours eu tendance à cacher ses activités aux yeux d'étrangers. Il n'est donc pas étonnant que vous n'ayez pas entendu parler de tout cela. »

Le général prit une grande inspiration.

« -Ceci dit, ce n'est pas pour vos relations que je vous ai fait venir jusqu'ici mais bien pour avoir votre rapport. Je souhaite un rapport complet et écrit pour la fin du mois afin de le classer dans votre dossier.

-Bien mon Général.

-Ensuite, ce sont vos compétences en matière de psychologie dont je vais avoir besoin. »

John fronça les sourcils, incertain de ce qui allait suivre.

« -Nos soldats rentrés du front comme vous n'ont pas tous eu la chance de s'en sortir aussi bien que vous. Beaucoup ont très mal réagit à ce qu'ils ont vécu. J'ai eu vent de vos traitements lorsque vous officiez à l'hôpital militaire de Netley. Beaucoup de vos confrères ayant suivi votre enseignement ne tarissent pas d'éloges à votre sujet. »

John rougit, gêné d'avoir été le centre de l'attention. Il baissa le regard sur ses mains croisées. La suite ne lui plairait pas, il en était certain.

« -Le Haut commandement et Monsieur Holmes ont insisté pour que vous soyez transférés à l'Hôpital Militaire de Londres et que vous vous occupiez des officiers ayant besoin de vos soins. »

John releva la tête, protestant.

« -Monsieur, je ne suis qu'un médecin militaire, je n'ai soigné que des soldats durant mon affectation à Netley. Si j'arrive à les comprendre, c'est parce que j'ai suivi la même formation qu'eux et que je pense comme eux. Je ne sais pas si j'arriverai à faire la même chose avec des officiers. »

Davidson balaya l'objection d'un mouvement de sa main grassouillette.

« -C'est un ordre Capitaine. »

Le médecin se releva et se mit au garde-à-vous.

« -A vos ordres Général.

-Cette affectation ne requiert pas votre présence constante auprès des malades. Vous effectuerez vos services en concertation avec vos collègues et vous ne serez pas loger dans l'hôpital, il vous faut donc trouver un logement. En attendant, l'armée vous octroie une chambre dans un hôtel voisin de l'hôpital. Vous aurez trois semaines pour vous trouver un toit. Au-delà de ce délai, c'est à vous qu'incombera le règlement de vos nuits à l'hôtel.

-Oui Mon Général.

-J'ai cru comprendre que votre uniforme avait souffert durant votre déploiement. Vous passerez par le magasin de la base et vous y récupèrerai un nouvel uniforme. Votre prise de poste est fixée à demain au premier quart. Ne soyez pas en retard. Rompez ! »

Et John sortit, les papiers concernant sa nouvelle affectation dans la main, un formulaire de demande d'uniforme dans l'autre et la tête pleine de questions.

Il les chassa bien vite quand il aperçut la voiture qui l'attendait au bas des marches et le chauffeur qui lui ouvrait la porte. Une nouvelle aventure commençait le lendemain. Il devait être prêt.

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Holmes Manor n'avait plus la même saveur depuis que John était parti. Même si Sherlock avait toujours adoré la maison de son enfance. Il avait maintenant la nostalgie de son appartement et de la solitude que ce lieu lui apportait. Après avoir côtoyé tant de monde, il voulait retrouver le calme et la solitude de son deux-pièces.

John avait laissé des instructions à Mummy concernant sa santé et lui avait demandé de lui faire suivre un régime riche en calories afin de lui faire gagner les kilos qu'il avait perdu en détention.

Mummy s'y appliquerai avec sa tendresse habituelle et si Sherlock appréciait d'être chouchouté par sa mère, les trois heures qui s'était écoulées depuis le départ de John lui semblait une éternité.

Il avait besoin d'une énigme et vite, sinon son cerveau s'étiolerait et il finirait par retourner à ses vieux démons.

Il décida donc de rentrer chez lui. Il attrapa la couverture blanche qui l'avait suivi toute son enfance et qui avait réchauffé John cette nuit, la fourra dans un sac et demanda à William qu'on lui appelle un taxi.

Mummy ne lui en voudrait pas et il était certain qu'elle téléphonerait à Mrs Hudson pour lui donner des instructions concernant sa santé.

Il monta dans le taxi qui venait d'arriver sans se retourner. Mummy était auprès de la reine, il lui avait laissé un mot et William se chargerait de lui expliquer son départ.

Le taxi quitta la propriété.

Sherlock laissa derrière lui les mois de traque qui l'avait conduit jusqu'à cette rencontre extraordinaire qu'était celle du Docteur John Watson. Il ignorait alors que cette rencontre changerait sa vie à jamais et qu'il allait au-devant d'un futur plus beau qu'il n'imaginait.

A SUIVRE…

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Et voilà !

Quelques précisions historiques et sociétales concernant l'homosexualité en Angleterre :

Depuis le règne d'Henri VIII, le droit anglais identifie la sodomie comme un crime passible de pendaison. À l'origine, le Buggery act royal de 1533 est destiné à lutter contre les moines catholiques qui sont accusés de « bougrerie » (en anglais : buggery) par le pouvoir afin de légitimer la dissolution des monastères. Mais, une fois l'Église anglicane implantée en Angleterre, la loi reste en vigueur dans le royaume.

En 1707, l'Acte d'Union qui donne naissance au royaume de Grande-Bretagne fait entrer le Buggery act dans la législation écossaise. Plus tard, il fait également son apparition en Irlande et dans de nombreuses colonies anglaises, comme l'Inde.

En 1861, la section 61 de l'Offences against the Person Act abolit la peine de mort pour sodomie. Cependant, les actes sexuels entre hommes restent toujours illégaux et sont même passibles de prison. En 1885, le Criminal Law Amendment Act étend par ailleurs la législation anti-sodomie à toutes les pratiques sexuelles entre hommes. L'homosexualité féminine n'est par contre ni reconnue ni criminalisée par la loi.

Parmi les victimes célèbres de la loi de 1885, on compte notamment Oscar Wilde, condamné, en 1895, à une peine de deux ans de travaux forcés à cause de sa relation amoureuse avec le jeune Lord Alfred Bruce Douglas.

Cette situation n'empêche pas un certain militantisme homosexuel d'apparaître dans le pays, grâce à des figures comme Edward Carpenter, qui publie Homogenic love and its place in a free society en 1894.

Au début des années 1950, la police britannique s'implique particulièrement dans la lutte contre les relations sexuelles entre hommes. Nombre d'arrestations et de procès se produisent alors, comme celui qui touche le célèbre mathématicien, scientifique et décrypteur Alan Turing (1912-1954), inculpé en 1952 pour « indécence manifeste et perversion sexuelle ».

Lord Edward Montagu fut l'une des victimes les plus célèbres des lois anti-homosexuels au XXe siècle.

En 1953, Michael Pitt-Rivers, un riche propriétaire terrien, et Peter Wildeblood, un écrivain et journaliste, sont à leur tour arrêtés et inculpés pour avoir commis des « actes indécents » avec deux militaires, Edward McNally et John Reynolds. Pitt-Rivers et Wildeblood sont également accusés d'avoir conspiré avec leur ami, le 3e baron de Beaulieu Edward Montagu, pour mener à bien leur crime. Lors du procès, qui débute le 15 mars 1954 à Winchester Castle, le Director of Public Prosecutions donne son assurance à McNally et à Reynolds qu'ils n'auront à subir aucune poursuite s'ils témoignent contre leurs amis. Finalement, les trois inculpés sont condamnés mais leur procès donne lieu à un important battage médiatique.

En réponse aux événements, le Sunday Times publie, le 28 mars 1954, un article intitulé Law and Hypocrisy (en français : « La loi et l'hyprocrisie »). Peu de temps après, le 10 avril 1954, le New Statesman couvre à son tour l'événement avec un article intitulé The Police and the Montagu Case (« La police et le cas Montagu »). Devant le bruit que provoque le procès, le Home Secretary David Maxwell Fyfe, premier comte de Kilmuir, accepte de nommer une commission pour examiner la loi rendant les pratiques homosexuelles illégales. L'annonce en est faite par Sir Hugh Lucas-Tooth devant la Chambre des Lords le 18 avril 1954. En août 1954, le Home Office nomme un comité de quinze hommes et femmes « pour considérer […] la loi et les pratiques relatives aux délits homosexuels et le traitement à appliquer aux personnes convaincues de tels délits par la cour ».

Le « rapport du Comité chargé des délits d'homosexualité et de prostitution » (mieux connu sous le nom de rapport Wolfenden, d'après le nom de son principal auteur, le baron John Wolfenden) est publié le 3 septembre 1957. Il recommande que les relations homosexuelles en privé entre adultes consentants ne soient plus considérées comme des délits criminels. Il établit par ailleurs que l'homosexualité ne peut pas légitimement être considérée comme une maladie car elle est très souvent le seul symptôme des patients et est compatible avec une complète santé mentale dans d'autres domaines.

En octobre 1957, l'archevêque de Cantorbéry Geoffrey Fisher défend le rapport Wolfenden en déclarant que la loi ne devrait pas faire intrusion dans le domaine privé et que ce principe est fondamental pour préserver la liberté, le respect et la responsabilité humaines.

Le premier débat parlementaire lié au rapport Wolfenden est lancé le 4 décembre 1957. Sur les dix-sept pairs qui participent au débat, seuls huit soutiennent les recommandations du rapport. David Maxwell Fyfe, qui est désormais Lord Chancelier, déclare qu'il est peu probable que le grand public apporte son soutien au rapport et demande que de plus amples recherches soient menées.

Une organisation œuvrant pour l'application des recommandations du rapport Wolfenden se met alors en place le 12 mai 1958 : c'est l'Homosexual Law Reform Society.

En 1965, le comte d'Arran Arthur Gore propose la dépénalisation des actes homosexuels masculins devant la Chambre des Lords. En 1966, Humphry Berkeley fait une demande similaire devant la Chambre des communes. Cependant, aux législatives suivantes, Berkeley n'est pas réélu et il est convaincu que sa défaite électorale est due à l'impopularité de sa proposition. Cela n'empêche pas le député travailliste Leo Abse de reprendre le dossier au Parlement et de le faire avancer. Après presque dix ans de campagne, le Sexual Offences Bill est discuté devant les Communes en 1967 afin de mettre en œuvre certaines recommendations du Comité Wolfenden.

Après bien des débats, le Sexual Offences Act est adopté. Il maintient l'interdiction de la « bougrerie » (autrement dit de la sodomie) et de l'indécence entre hommes mais dépénalise de façon limitée les actes homosexuels lorsque trois conditions sont remplies. Pour être légal, l'acte homosexuel doit ainsi être consenti, avoir lieu en privé et n'impliquer que des personnes majeures de plus de 21 ans. Or, à la même époque, la majorité sexuelle pour les hétérosexuels est placée à 16 ans. En outre, l'expression « en privé » va être interprétée de façon très restrictive par la justice. Toute relation sexuelle impliquant plus de deux personnes va ainsi être interdite, tout comme les actes commis dans des endroits publics (comme les hôtels) ou dans des résidences abritant des tiers (même lorsque ceux-ci se trouvent dans des pièces différentes).

Le Sexual Offences Act de 1967 ne s'applique qu'à l'Angleterre et au Pays de Galles mais pas à l'Écosse, l'Irlande du Nord, les îles Anglo-Normandes et l'île de Man, où les relations homosexuelles restent interdites par la loi. Des organisations comme le Campaign for Homosexual Equality ou le Gay Liberation Front poursuivent donc leur travail pour l'obtention de l'égalité pleine et entière avec les hétérosexuels.

Et voilà !

Je vous retrouve au prochain chapitre.

Bises

Magdaline