Coucou les amis.
Voici le chapitre 12, et j'espère que ma traduction ne sera pas trop mauvaise.
Merci encore a tous pour vos commentaires.
Bonne lecture,
Sweety
Résumé: Teresa, une jeune esclave, est acheté par Jane, un homme riche, contre l'esclave. Se passe au milieu du 19eme siècle. Univers Alternatif.
Chapitre 12
Le chariot était prêt, et rien d'autre ne manquait si ce n'est les quatre passagers. Mashburn avait décidé de rester un peu plus longtemps, voulant chercher l'emplacement idéal pour leur prochain cabinet. Aucun contrat avec Byron signifiait qu'ils devaient s'installer par eux-même, et il avait hâte de commencer la construction d'une nouvelle entreprise dans tous les sens du terme. Jane, de retour en Amérique, devait prévenir leurs autres contacts à propos de la situation actuelle. Harper et lui étaient là pour saluer leur départ.
Harper approcha de Teresa alors qu'elle s'apprêtait à passer la porte, où Jane et Mashburn débattaient sur les derniers détails du séjour de l'un et de ce que l'autre était supposé faire en rentrant à la maison. Rigsby était encore à remercier la femme de chambre pour son aide durant leur séjour et Van Pelt n'était nulle part en vue.
-" Puis-je vous parler Miss Lisbon ?"
Bien que cela soit sensé être une question, la jeune femme reconnue le ton légèrement autoritaire que Harper utilisait avec les deux hommes lorsqu'elle voulait obtenir quelque chose. La brunette fronça les sourcils mais hocha la tête et attendit. Harper se tordit les lèvres comme si elle pesait ce qu'elle était sur le point de dire, avant de finalement se lancer.
-" Je crois que j'avais tort à votre sujet" déclara-t-elle. " Vous n'êtes certainement pas aussi naïve que je le pensais, et vous avez des tripes."
Teresa cligna des yeux de surprise. La femme tentait-elle de s'excuser pour son comportement plus tôt ? Devant son manque de réaction, Harper continua, légèrement agacée.
-" Ecoutez, je ne peux pas promettre que je n'essaierai pas de prendre le dessus avec vous, c'est dans mes gènes. Mais vous avez défendu Patrick face à cette chienne et vous n'avez pas cédé aux avances de ce pervers. Walter et lui vous aime aussi, je vais donc essayer de mieux me comporter à l'avenir. On fait une trêve ?"
Elle offrit sa main. Après une courte hésitation, Teresa la pris doucement.
-" Je ne peux pas promettre que je ne me battrais pas en retour quand cela arrivera" lança-t-elle en retour, la regardant avec méfiance.
Un sourire amusé apparut sur le visage de Harper et Teresa commença à comprendre pourquoi Jane et Mashburn semblaient un peu méfiants envers elle. La femme était imprévisible.
-" Je n'en attendais pas moins de vous. C'est agréable d'avoir quelqu'un pour vous surprendre de temps en temps. Puis-je vous appeler Teresa ?"
-" Bien sûr…"
-" Vous pouvez m'appeler Brooke alors" se contenta de répondre la femme avant d'arriver à la porte d'entrée. " Vous devriez y aller maintenant, Patrick vous attend."
Comme Teresa commençait à s'éloigner, Harper lui attrapa le coude avec une force inattendue et la regarda dans les yeux.
-" Une dernière chose" sa voix avait changé passant d'amicale à menaçante et Teresa frissonna au feu dans ses yeux. " Je suis la fille d'un pauvre travailleur, la plus jeune d'une famille de sept enfants. Je sais ce que c'est que de se battre pour sortir de la misère. Patrick ne dira pas pourquoi il vous a prise, et je ne suis pas aussi douée que lui pour deviner donc je n'essayerai pas. N'importe qui avec un peu sens peut voir que vous avez eu des moments difficiles, mais je jure que si vous faite du mal à Patrick de quelque façon que ce soit, je vous traquerai et utiliserai tous les contacts que j'ai." Elle se rapprocha et son visage resta à quelques millimètres du sien, " pour m'assurer que vous le regretterez amèrement. La même chose va pour Walter bien entendu." Ajouta-t-elle d'une voix plus légère, la relâchant. " Mais ce crétin peut supporter un cœur brisé. Je ne parierai pas la même chose pour Patrick" sa voix s'assombrit de nouveau. " Suis-je assez claire Teresa ?"
La brunette la fixa furieusement en retour.
-" Ça n'était pas mon intention, Brooke."
Alors qu'elles se séparaient, elles ne remarquèrent pas l'ombre fidèle dans le coin de l'escalier qui avait entendu chaque mot.
- Slave -
Une fois dans sa cabine, Van Pelt ferma les yeux et se laissa tomber sur le lit. Elle voulait juste dormir et se réveiller uniquement une fois arrivée. Suivant les ordres de son maître, elle avait gardé un œil -non, pas espionné- sur Lisbon et Harper durant leur séjour. Comme il l'avait prévu, elles ne s'entendirent pas tout de suite. Pas du tout en fait. Elle se demanda si elle devait rendre compte de leur dernière discussion.
-" Tu as l'air fatiguée" dit Rigsby, s'asseyant à côté d'elle, son poids enfonçant le matelas. La femme de chambre sourit en retour.
-" Une bonne nuit de sommeil et ça ira."
L'homme gloussa et commença à frotter ses épaules. La tension s'en alla doucement et la rousse soupira de contentement, se détendant enfin.
-" Je vais te dire, tu as besoin de vacances. Pars du manoir pour une semaine. Respire un peu. Je sais que Jane t'as offert quelques jours de congés."
-" Il veut que tu me convainques de respirer quelques jours" grogna-t-elle. " Mais je ne pourrais cesser de m'inquiéter qu'il fasse une bêtise ou que Emma ne suive pas les ordres ou que Julian tente de flirter… ce ne serait pas des congés."
-" Elise peut te remplacer" proposa-t-il. " Elle aussi est une bonne femme de chambre."
L'expression de Van Pelt s'assombrit un peu, mais elle se contenta de soupirer et répondit.
-" Je n'en doute pas, mais je ne peux vraiment pas. Je ne laisserais pas Mr Jane à moins qu'il ne me l'ordonne."
Rigsby sembla légèrement blessé. Ses yeux se plissèrent un peu alors que sa voix prenait une note de colère.
-" Et moi ? Et si je voulais un peu de temps libre avec toi ? Presque toutes nos conversations tourne autour de Jane… couches-tu avec moi parce que tu ne peux pas l'avoir ?"
Van Pelt bougea son coude, se libérant de sa prise et le regarda, en colère.
-" Comment peux-tu suggérer quelque chose comme ça ? Jane m'a sauvé la vie. Je ne suis pas amoureuse de lui ! Je suis amoureuse de toi ! Je pensais que tu le savais maintenant."
-" Alors pourquoi ne m'as-tu pas regardé, jusqu'à ce que je signe pour devenir son garde du corps ? Avant d'être embauché définitivement, tu ne voulais même pas jeter un regard sur moi. Je vais te le dire, tu ne voulais pas me voir parce que j'étais une menace ! J'aurais pus t'arracher à ce travail que tu aimes tant…"
Il ne fini pas sa phrase, elle sauta sur ses pieds et le gifla.
-" Imbécile" grogna-t-elle, " tu es le seul à part Mr Jane à en savoir autant sur moi ! Je sais que je suis une femme égocentrique et super protectrice, mais ça ne signifie pas que je ne peux pas me concentrer sur autre chose ! Si je ne t'ai pas regardé au début c'est parce que je savais que tu étais un coureur et que je ne suis pas pour les courtes relations. Je n'ai pas fait attention à ce moment là parce que mon esprit n'était pas à la romance, je faisais encore le deuil de Mrs Sylvia et de Miss Sarah ! La confiance de Mr Jane et sa confiance en moi sont les choses les plus précieuses que je possède. Tu es important pour moi Wayne, mais ne pense pas pouvoir jamais changer la valeur de mon travail. C'est une part de moi et tu devras faire avec." Il détourna le regard, en colère. Elle continua: " En passant, dois-je te rappeler que d'autres maîtres ne permettraient jamais notre relation ? Ta première patronne, Hightower, n'es tu pas parti parce qu'elle contrôlait trop ?"
A ces propos, Rigsby garda le silence. Elle ajouta, d'une voix plus douce avec pourtant un peu d'amertume.
-" N'essaies pas de chercher plus loin. La tolérance de Mr Jane a ses limites. Il est un maître très compréhensif, pas ton ami. Je vais marcher sur le pont. Essaies de te calmer en attendant et je prendrai en considération ce que tu as dis. Si tu as besoin de réfléchir, dis le moi."
Et avant qu'il ne puisse constater comme sa voix était devenue faible et les légers tremblements de ses mains, elle ouvrit la porte et sortit dans le noir.
- Slave -
Ils avaient éteint la lumière depuis un certain temps déjà, Mais Teresa ne pouvait pas dormir. Les mots de Harper ne cessaient de résonner dans sa tête.
N'importe qui avec un peu sens peut voir que vous avez eu des moments difficiles.
Elle ferma les yeux.
Ce crétin peut supporter un cœur brisé. Je ne parierai pas la même chose pour Patrick.
Donc elle devait connaître les conditions de Jane aussi. Auparavant marié, veuf depuis cinq ans… En effet, pensa-t-elle avec un léger sourire, les premières apparences avaient tendances à la présenter comme intéressée, et Harper était une spécialiste selon Jane et Mashburn. Pensait-elle vraiment que Teresa était comme elle su certains points ? Elle repoussa cette pensée et se tourna vers Jane L'homme avait fermé les yeux presque tout de suite après avoir touché le matelas. Il bougea dans son sommeil, roulant de son côté. Ses traits étaient détendus et apaisés, et elle se demanda comment cela serait, si elle l'embrassait sans qu'il le sache.
Cette pensée était une complète folie, mais plus elle la repoussait, plus elle était tentée d'essayer. Sa position n'aidait pas non plus. Son visage était trop proche. Elle ne put s'empêcher de se pencher un peu plus, se rappelant à quel point ses lèvres avaient été chaudes contre les siennes. Son souffle chaud chatouilla son visage et elle hésita. Et s'il ne dormait pas ? Et s'il se réveillait et la voyait le fixer ? Ne serait-ce pas effrayant ?
-" Teresa ?"
Elle se figea alors que ses yeux s'ouvraient et il la regarda, un peu endormi. Jusqu'à maintenant, elle n'avait pas réalisé à quel point leurs visages étaient proches. Foutu béguin ! Il souriait comme s'il savait ce qu'il se passait dans sa tête.
-" Si tu voulais m'embrasser, tu n'as qu'à le dire."
Et voilà. Il l'avait cloué.
-" Pas question !" dit-elle d'un cri aigu, trop gênée d'avoir été prise. " Désolée de t'avoir réveillé ! Bonne nuit Jane." Teresa se tourna sur l'autre côté du lit, priant pour pouvoir disparaître sous les couvertures. Ses impulsives stupides questions auraient sa mort ! Elle détestait se sentir comme une adolescente de quinze ans désemparée, rougissante et impuissante sous le regard de celui pour qui elle avait le béguin. Et depuis quand avait-elle le béguin pour Mr Jane déjà ? Depuis que Van Pelt le lui avait fait remarquer. Foutue femme de chambre.
Une main glissa sur sa hanche et la tira en arrière, la faisant tourner. Criant de surprise au début, Teresa se tut lorsqu'elle le vit sur un coude, l'observant silencieusement. La lueur qu'il avait dans les yeux dans la salle de bain de Byron était de retour.
-" Si tu veux m'embrasser" répéta-t-il doucement, "tu n'as qu'à juste demander. Puis-je t'embrasser ? Parce que, honnêtement, tu es si mignonne quand tu es gênée."
Teresa le fixa les yeux écarquillés, prise au dépourvu par son franc-parler. La dernière fois qu'ils s'étaient embrassés, c'était un accord qui s'était transformé en autre chose. Il y avait quelque chose de nostalgique dans sa voix qui lui fit comprendre que ce n'était définitivement plus un jeu. Pas de l'envie, mais pas innocent non plus. Quelque chose déclencha une sensation de chaleur qui se répandit dans sa poitrine. Ils étaient attirés l'un par l'autre. Ce serait un mensonge de le nier. Mais elle n'était pas encore sûre d'où elle voulait que ça finisse.
Ses pensées furent interrompues lorsque ses lèvres frôlèrent les siennes. Ses yeux étaient ouverts, comme pour demander une autorisation. Elle lui accorda en appliquant une légère pression. Après ses viols répétés, elle n'avait jamais pensé qu'elle voudrait laisser quelqu'un la toucher encore. Pourtant, les gestes de Jane, bougeant tendrement contre ses lèvres, réveilla un sentiment d'envie qu'elle pensait avoir oubliée il y a longtemps. Teresa cessa d'essayer de réguler ce qu'elle ressentait et se laissa aller en fermant les yeux et se relaxa complètement. Un grognement de déception lui échappa lorsqu'il s'écarta, le faisant rire. Son cerveau était tellement embrumé par le baiser qu'elle parla avant de pouvoir fermer la bouche.
-" Je ne t'arrêterai pas si tu en veux un autre."
-" Oh vraiment ?" Fut sa seule réponse, pleine de désir et légèrement surprise, avant de se pencher une seconde fois.
Teresa souffrit doucement contre sa bouche et le laissa l'embrasser encore une fois. Elle était perdue dans ses sentiments pour lui et se rendit à peine compte que son corps recouvrait le sien. Pas qu'elle s'en occupait de toute façon, il était chaud et son poids sur elle avait quelque chose de réconfortant. Il laissa ses lèvres et laissa une traînée de baisers le long de sa mâchoire, descendant dans son cou, sa clavicule. Ses mains glissèrent dans ses douces boucles, l'encourageant en dessinant des cercles sur son crane. Elle sursauta quand sa bouche se posa dans la vallée de ses seins. Son nom fut soufflé d'une voix rauque. Ses lèvres s'écrasèrent de nouveau sur les siennes, la faisant soupirer et il perdit définitivement toute innocence lorsque leurs lèvres s'ouvrirent, il engagea une bataille de langue et la goûta avec joie. Désir. Envie. Besoin de plus. Son corps bougea contre le sien, la plaquant au lit, touchant chaque courbe de son corps et cela lui fit peur de voir qu'ils allaient parfaitement ensemble. Sa bouche quitta la sienne, et commença à jouer avec sa mâchoire, redescendant dans son cou, s'arrêtant sur un point de pulsation, la faisant gémir doucement. Ses mains avaient quitté ses cheveux pour se poser dans son dos et elle écarta les jambes légèrement, lui permettant de venir entre elles. Son changement de position leurs permit de se rapprocher, et elle sentit son désir contre sa cuisse.
S'il la voulait, décida Teresa, il pourrait l'avoir. Elle pourrait le supporter, supporter d'être touchée, la chaleur, les sensations, la faim. Il était gentil et passionné, presque affectueux, et quelque part au fond d'elle, elle avait soif de plus. Elle savait qu'elle n'était pas encore prête pour ça, mais aussi longtemps que ce serait lui, elle pourrait le faire.
Jane se calma soudainement, la respiration rapide contre son cou. Son corps était tendu alors qu'il reprenait doucement le contrôle de lui-même.
-" Désolé" murmura-t-il en posant son front contre le sien. A son expression perdue, il ajouta plus sérieusement: " je ne te laisserais pas t'offrir à moi. Je t'ai promis quelque chose, et j'ai l'intention de tenir ma parole."
-" Tu n'abuses pas de moi si je suis d'accord" répondit-elle doucement, ses mains glissant de son dos.
Il secoua la tête et roula sur le dos, face au plafond. Elle se tourna sur le côté, observant ses yeux clos alors qu'il tentait de calmer son excitation. Lentement, sa respiration se fit régulière et calme, et il dit froidement:
-" Le sexe n'est pas un 'remboursement' de quelque sorte, Teresa. Tu n'es pas quelque chose que je peux utiliser pour me débarrasser de mes pulsions. Je ne suis pas à l'aise avec l'idée de toi littéralement…. M'offrant ton corps." Il tourna la tête et la fixa directement dans les yeux. "Je veux que tu m'arrêtes la prochaine fois. Sommes-nous clairs ?"
Teresa hocha la tête, mi-gênée, mi-honteuse. Ils furent silencieux pendant un moment. Jane le brisa le premier, un petit sourire ce dessinant sur son visage.
-" Cesse de t'en vouloir, je ne suis pas en colère ma chère."
Se permettant un mouvement audacieux, elle se blottit contre lui alors qu'il glissait un bras autour de sa taille. Elle ne l'avouerait jamais, mais elle aimait la sensation d'être dans ses bras. Retourner à sa simple vie au manoir serait étrange. Sa chaleur lui manquerait.
-" Sais-tu pourquoi je déteste autant l'esclavage ?" Demanda-t-il soudainement, une main caressant distraitement ses cheveux. Teresa leva les yeux pour croiser les siens, dans l'attente d'une réponse.
-" Tu as une raison particulière ?" Demanda-t-elle. Il sourit à sa curiosité.
-" Mes parents avaient des esclaves. Mes sœurs aînées ont leurs esclaves personnels. Je suis le seul de la famille à ne pas en avoir."
-" Tu as des sœurs ?" Teresa fronça les sourcils. " Je ne le savais pas."
Jane répondit avec un doux sourire.
-" Sophie et Kristina, elles ont dix et quinze ans de plus que moi. Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas sur moi. Mon dégoût pour l'esclavage… En fait, c'est arrivé quand j'avais environ six ou sept ans, je ne me rappelle pas exactement…"
Il ne vivait pas dans son manoir actuel, mais un autre près d'un lac. A cause de sa différence d'âge avec ses sœurs, il était habitué à jouer seul ou avec des chiens. Et un jour…
-" J'ai rencontré cette femme, vivant dans un cabane près du lac. Je ne me souviens pas de son visage, mais je garde en mémoire comme elle était gentille avec moi. Son nom était Tennessee Campbell, mais je l'appelais Tessie. Elle est devenue ma meilleure et seule amie pendant presque un an."
Il allait souvent la voir. Ils jouaient, elle lui apprenait quelques petites choses sur la nature, il lui parlait de sa misère et à la fin de la journée, ils partaient chacun de leur côté. Mais un jour, elle ne vint pas à leur rendez-vous habituel. Il la chercha toute la journée, ne s'arrêtant même pas lorsqu'il se mit à pleuvoir fort et tomba malade. Et il ne la revit jamais. Ce ne fut que six mois plus tard qu'il entendit son nom par les serviteurs, et les rumeurs. En creusant et en demandant, il fini par apprendre la vérité.
-" Tessie était officiellement une esclave en fuite. En fait, elle était la maîtresse de mon père, et ma mère biologique."
Teresa cligna des yeux, surprise. Jane soupira et continua.
-" Ma… mère adoptive ne pouvait plus avoir d'enfants, et mes parents avaient déjà deux grandes filles. Mon père avait besoin d'un héritier, donc lorsque Tessie tomba enceinte, il me garda et força sa femme à me reconnaître comme son propre fils. Ma mère était une esclave Teresa. Je suis un bâtard" grogna-t-il. " C'est pourquoi je ne peux pas avoir d'esclaves, ma conscience ne le supporterait pas. Et c'est pourquoi je ne ferai jamais de mal à Van Pelt, à mes employés, à toi" sa poigne se serra légèrement sur ses épaules. " Pas intentionnellement du moins." Il s'arrêta et soupira encore. " Je suis désolé, je t'embête avec mes histoires."
Teresa osa poser une main sur son torse et joua avec les boutons de son pyjama, incapable du moindre mot. Ce qu'il venait de partager était quelque chose de personnel, quelque chose qu'elle espéra presque ne jamais avoir entendu. Il lui faisait confiance avec des informations qui pourraient ruiner sa vie et ses relations sociales si elle décidait d'en parler. Elle le connaissait depuis un peu moins de deux mois, néanmoins ils agissaient plus comme un vieux couple que comme maitre/serviteur. Et si elle était honnête ave elle-même, ça lui faisait peur.
- Slave -
Les jours suivant, Teresa reprit la routine qu'elle avait à l'allée. Cette fois par contre, Van Pelt et Rigsby étaient moins dans leur cabine, une étrange aura les entourant comme s'ils avaient eut une dispute, mais elle n'en était pas certaine. La femme de chambre ne s'ouvrirait pas à elle, et Rigsby était calme la plupart du temps. Jane restait avec eux, s'ennuyant apparemment. Malgré l'atmosphère parfois lourde dut à la nouvelle attitude du couple, ils parlaient, jouaient aux cartes ou à des jeux d'esprit, marchaient sur le pont du bateau, Teresa lisait parfois, Jane dormait. Les deux se rapprochaient en quelque sorte.
A la nuit tombée, une fois au lit, ils parlaient librement pendant des heures de tout et de rien, riaient ou restaient réservés sur certains sujets.
Elle apprit durant ces conversation que Jane était un enfant turbulent et curieux, souvent en fuite et faisant semblant d'être 'magicien' au village. Il en avait un jour rencontré un faux qui lui avait apprit à perfectionner ce don naturel de lire les gens -la raison pour laquelle il était si bon pour se construire des relations sociales. Il aimait plus le thé de Van Pelt que celui de Julian, détestait la couleur rouge et était très pointilleux sur le choix de ses vêtements.
En retour, elle lui parla de ses trois frères, Raymond, Thomas et Christopher, qu'elle avait été un garçon manqué et se battait souvent avec le fils de son voisin, qu'elle prétendait être un garçon pour être acceptée dans une bande de délinquants mais avait arrêté à la mort de sa mère. Elle aimait marcher, qu'elle trouvait Florin attirant lorsqu'il était torse nu et transpirant lorsqu'il s'occupait des chevaux ( " Tu trouves Florin attirant ?" répéta-t-il perplexe alors qu'elle rougissait à cette confession. "Julian va être si déçu !"). Van Pelt et Emma étaient comme les grande et petite sœurs qu'elle n'avait pas eut.
Ils ne mentionnèrent jamais la conversation de leur première nuit, ne mentionnèrent jamais ce qui aurait put arriver si Jane ne s'était pas retenu. En outre, ils ne parlèrent jamais du passé d'esclave de Teresa. La jeune femme ne savait pas si c'était parce qu'ils étaient mal à l'aise, ou qu'ils avaient peur de faire souffrir l'autre. Elle ne mentionna pas les mises en garde de Harper non plus, bien qu'elle ne soit pas si effrayé par la femme. A ce moment, elle avait semblé être une personne normale, s'inquiétant pour un ami. Elle était certaine qu'il le savait déjà de toute façon, il n'y avait aucune erreur sur le regard qu'il avait lancé à Harper lorsqu'ils avaient quitté la maison, ce qui lui valut un regard méfiant de Mashburn. Et ce n'était pas comme s'il lui cachait des choses.
-" A quoi penses-tu Teresa ?" La voix de Jane la sortit de ses rêveries. Les douze jours de navigation étaient finis, et bien qu'elle aime être sur le bateau, elle était impatiente de sentir le sol solide sous ses pieds. A cet instant, elle était debout contre la barrière de sécurité, anticipant le débarquement. Lorsqu'il lui parla, elle leva la tête vers lui et lui sourit.
-" Rien en particulier. Es-tu heureux d'être de retour ?"
-" Rien de tel que la maison ma chère" répondit-il en souriant.
Sur le port, beaucoup de gens attendaient le débarquement des passagers. Le quatuor eut du mal à se retrouver après avoir recupéré leurs bagages, et heureusement, Jane parvint à repérer Cho et Florin rapidement, les attendant près du chariot. Bien qu'ils paraissent heureux de les revoir sains et saufs, une ombre couvraient leur visage. Lorsque Jane demanda ce qui n'allait pas, l'asiatique répondit de sa voix habituelle, bien que pour une oreille avertie, d'une voix dépressive.
-" Vous avez des invités Mr. Deux invités en fait. Ils ne veulent pas partir tant qu'ils ne vous ont pas vu."
Après un instant de réflexion, le visage de Jane palit légèrement et Van Pelt se mordit la lèvre de colère. Teresa et Rigsby échangèrent un regard curieux et se demandèrent ce qui pouvait perturber leur maître.
-" Vous ne pouvez pas les éviter pour toujours Mr Jane" dit la rouquine, lui tapant l'épaule pour le réconforter. " Je suis certaine qu'elles sont vraiment impatientes de vous revoir."
D'une certaine façon, sa voix était entachée d'une sombre ironie. Jane soupira en secouant la tête.
-" Depuis combien de temps se sont-elle imposés ?"
-" Environ trois semaines Mr" répondit Florin. " Elles ont emporté leurs propres servants pour être… 'satisfaites' avec le service cette fois. Ces… gens sont si énervants ! Ils ne cessent de critiquer la cuisine de Julian et Elise à presque fait une dépression."
L'expression de Jane s'assombrit à chaque phrase, avant qu'un sourire malicieux n'apparaisse sur son visage.
-" Je suppose que je ne peux pas éviter mes chères sœurs. Amis ? Allons tenter de battre notre record et chasser les sorcières en deux jours."
-" La compétition du chasseur le plus subtil est ouverte" ajouta Van Pelt avec un sourire déstabilisant, frappant dans ses mains un peu trop joyeusement. Pourquoi Teresa pensa que du sang serait versé dans les jours suivants ? Rigsby et elle échangèrent un regard, pensant la même chose.
Lorsque les deux partenaires-dans-le-crime-à-venir furent assez loin, Cho expliqua la situation aux autres, un certain dégoût dans la voix.
-" Mrs Miller et Mrs Frye sont… disons que Mr Jane ne les a pas vues depuis Janvier. Elles n'ont jamais été d'accord sur son mariage avec Miss Sylvia et n'ont jamais accepté l'existence de Miss Sarah. Elles nous ont traité, Elise et moi, comme des moins que rien et ont menacé de licencier Emma 'au nom de leur frère' plus d'une fois. Heureusement, Van Pelt était là pour les remettre à leur place… Inutile de dire qu'elles ne sont pas les bienvenues au manoir." Il fit une pause avant de lancer un regard à Teresa " Fais attention si elles sont très gentilles envers toi. Ces femmes sont pire que des vipères."
La jeune femme hocha la tête, l'anxiété augmentant dans sa poitrine. Une chose qu'elle ne pouvait reprocher à Jane, aussi longtemps qu'elle serait coincée avec lui c'est qu'elle ne s'ennuierait jamais.
TBC…
Encore une fois, je ne sais pas quand je posterais le prochain chapitre, mais je ne vous ferais pas attendre trop longtemps.
Bonne journée.
Sweety 07/04/13
