Bonjour, Bonjour !

Au moment où j'écris ces mots, il est 21h09 le vendredi 5 Juillet et j'ai eu une journée de malade incluant une réunion très tendue avec mes collègues dont l'un des principaux sujets de discussion fut ma nomination pour le CDD. J'ai vraiment eu du mal à rester calme. Et comme d'habitude, pour déstresser, j'ai fondu en larmes. Rien de bien méchant mais assez impressionnant. Je crois qu'ils ne se sont pas rendu compte que j'étais dans la même pièce qu'eux et que les entendre s'étendre sur le sujet m'a blessé…

Je vais donc écrire les réponses aux commentaires ce soir, afin de m'avancer un peu. Je vais à Versailles ce week-end, je dois donc trouver du temps pour le chapitre suivant.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, j'emprunte les personnages soit à l'histoire soit à Sir Arthur Conan Doyle soit à Mark Gatiss et Steven Moffat. Je ne touche aucune rémunération pour ce que j'écris.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, fils de la bourgeoisie anglaise, s'engage dans l'armée afin de prouver à son père qu'il vaut mieux que ce qu'il pense. Au lendemain de la déclaration de guerre par le roi Georges VI, il est envoyé comme médecin dans un hôpital militaire du sud de l'Angleterre. Alors qu'il pensait finir la guerre dans cet hôpital, il est appelé au front, rejoignant la 11ème division blindé de l'armée américaine. Il vivra, en tant que médecin de l'unité, le débarquement de Normandie, la bataille des Ardennes et l'avancée en territoire allemand et autrichien. Il participe à la libération du camp de Mauthausen, camp de concentration de niveau III. Il y rencontre Sherlock Holmes, qu'il prend sous sa protection. Le voyage de retour vers la France est chaotique mais l'intervention de Mycroft l'adoucira suffisamment pour laisser entrevoir un rapprochement entre les deux hommes. Nous les avons quittés alors qu'ils s'en allaient de Holmes Manor, John pour le QG des armées et Sherlock pour le 221 B Baker Street. John ayant trois semaines pour se trouver un logement, son logeur, Mike Stanford lui donne l'adresse de trois appartements qui pourraient lui convenir. Et dans le dernier appartement, il retrouve Sherlock.

Réponse aux commentaires :

Celtica1 : Oh oui, je pouffais comme une collégienne en écrivant et en publiant ce chapitre. Je vous imaginais baver devant votre ordinateur et je trouve ça assez plaisant. J'avais deux choix concernant le contenu de ce chapitre : Quelque chose de soft, incluant une douche froide et un grand moment de réflexion. Mais j'avais envie d'un peu de… oulala ! Reste maintenant à savoir si c'est Sherlock qui a la mémoire fertile ou si c'est moi ! lol.

Theincredibleinkspitter : Slow Down ! Slow Down Sweety ! C'est trop, beaucoup trop de compliments, je n'en mérite pas tant, si ? Merci petit scarabée, j'espère que ce chapitre te ravira autant.

Rhéa : J'ai une imagination terriblement fertile, je sais. Cela me pose parfois des problèmes au boulot mais je ne pense même pas à ne pas la faire travailler. C'est vraiment un outil très utile et un moyen de se distraire parfaitement sain et totalement gratuit. Si le romantisme victorien te tuera, c'est l'amour courtois qui me tuera ! MDR.

Choupette50 : Je crains que ce CDD ne débouche sur rien, mais cela me permet de souffler un peu et de me détendre pour 4 mois. Enfin me détendre, c'est un bien grand mot. C'est un vrai défi pour moi, et j'adore ça ! J'aime te mettre le cerveau à l'envers, ça veut dire que j'ai bien fait mon boulot. Le vocabulaire primaire est le plus direct, ça me plait. On avance, on avance, on avance encore un peu dans le brouillard mais on avance. Merci de tes bons mots.

Barjy02 : J'ai pensé un moment à faire un pendant à cette scène dans la chambre de John. Finalement, ce n'est pas ce qu'il va se passer. Il va devoir faire preuve de patience certes mais aussi de retenue, ce jeune homme.

Glasgow : Si Sherlock ne se torturait pas un peu, ce ne serait pas Sherlock. Et puis l'époque et la répression contre l'homosexualité n'est pas pour encourager ce genre de relation. L'espoir, dans ce cas, est assez peu recommandé. J'espère pouvoir me dégager du temps pour écrire les prochains chapitres mais je vais certainement devoir changer ma méthode de travail.

YEELEEN : Tu aurais bien aimé hein ? Que John se faufile derrière Sherlock et qu'il mette la main à la « pâte » ? Spice de Slasheuse va ! lol !

Liseron : Vive moi ! Je suis d'accord !

Egwene Al' Vere : On ne peut pas être un si bon détective sans une bonne imagination ! J'espère que ce chapitre te plaira.

Vera Spurnes : J'aime cette familiarité ! Je suis vraiment trop cruelle ! Mouhahahahaha. Et j'adore ça.

Electre1964 : Tu as peut-être fait une fausse manip' mais tu as quand même trouvé un moyen de me laisser un petit mot et je t'en remercie. Je n'aime pas les effets de manches, cela fait trop de circonvolutions inutiles.

Nikitta68 : C'est un chapitre chaud comme celui de l'hôtel mais ce n'est pas non plus une fanfic qui ne parle que de cela, rassure-moi ? Il y a bien autre chose qui en ressort j'espère. La suite arrive mais la chaleur ne sera pas pour tout de suite.

Clina9 : Merci pour ton petit commentaire, même s'il est un peu en retard, ce n'est pas grave. C'est toujours plaisant. Mon imagination déborde dans ce genre de situation. J'espère que ce chapitre te satisfera autant que le précédent.

Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

Bonne lecture et on se retrouve en bas.

Magdaline

PS : Nom d'un Tardis, c'est déjà le chapitre 18 !

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Chapitre 18

Ce matin-là, alors que John se rendait à l'hôpital pour prendre son service, un évènement inattendu bouscula le quotidien bien réglé du détective….

Depuis plusieurs jours déjà, il avait avoué son métier à son colocataire. Ce dernier, intéressé par ses méthodes malgré son caractère lamentable, avait demandé à l'accompagner sur la prochaine enquête afin de mieux connaître le cheminement des pensées de son ami.

Sherlock ne s'était pas du tout attendu à cela. D'habitude, la fascination devant ses compétences ne durait qu'un quart de seconde. Le quart suivant voyait le visage de son interlocuteur changer de couleur, puis d'expression avant d'afficher un air colérique tout à fait compréhensible par le commun des mortels mais totalement incompréhensible pour le brun.

Pourtant, lorsque le détective avait fait la démonstration de ses talents devant le médecin, lui déballant toute sa vie depuis sa prime enfance jusqu'à l'alcoolisme de sa sœur, John n'avait pas bougé.

Il avait été choqué, certes, mais pas par le contenu de ces déductions. Tout ce que le détective avait dit était juste. Il avait simplement été choqué par la précision et la rapidité du cheminement de pensée de son acolyte.

Il avait été amusé aussi. Amusé par la petite erreur du brun qui avait pris Harry pour son frère. Cela ne remettait pas en cause les compétences de Sherlock mais montrait que celui-ci était un être humain comme les autres, capable de faire des erreurs de temps à autre.

Il découvrirait plus tard que des erreurs, Sherlock en avait faites un grand nombre. Et que les erreurs de jugement étaient les plus fréquentes, surtout quand il s'agissait de sa personne.

John avait remarqué, au fil des jours, que se nourrir et se reposer n'était pas la préoccupation principale de son colocataire. Il l'avait retrouvé, deux jours après son emménagement au 221B Baker Street, à moitié mort d'inanition sur le canapé. Quand il lui avait demandé à quand remontait son dernier repas, le brun avait haussé les épaules et vaguement répondu :

« -Avant ton arrivée. »

John en était resté coi, comprenant enfin pourquoi Mrs Hudson voulait quelqu'un pour veiller sur cette tête de mule.

Mais là n'était pas le problème. Aujourd'hui, alors que John se rendait à l'hôpital, un évènement bouleversa le quotidien bien réglé du détective. Une lettre se posa sur la table basse, amenée par les bons soins de Mrs Hudson.

Sherlock n'y jeta pas un coup d'œil, persuadé de se retrouver devant une quelconque correspondance adressée à son ami blond. Ce dernier recevait beaucoup de lettres. La plupart provenant du service des armées et concernant son nouveau logement. Il avait plusieurs fois entendu le blond soupirer devant ces interminables questionnaires voulant prouver sa bonne santé mentale puis son non-intéressement à la gente masculine.

L'armée n'avait pas vraiment apprécié qu'il se mette en colocation avec l'un de ses anciens patients. C'était déontologiquement incorrect. John leur avait vertement répondu que sa maigre pension de médecin de guerre ne lui permettait pas de s'offrir un meublé pour lui seul. L'armée avait compris que seule une augmentation de solde pourrait modifier cet état de fait. Elle avait abandonné, s'obstinant tout de même à envoyer régulièrement et sous de falacieux prétextes, des copies du règlement militaire auquel John était toujours soumis en tant que soldat en service actif.

Les soupirs du médecin avait fini par lasser le détective qui, dans un élan de mauvaise humeur, avait envoyé un télégramme à son frère afin de faire cesser ce harcèlement en règle.

Les lettres s'étaient espacées mais n'avait jamais totalement cessé.

Lorsque John rentrait de l'hôpital, tous les soirs, il était d'une humeur massacrante. Ses patients, de hauts-gradés blessés sur le front, n'admettait pas de ne pas être obéit par le médecin, bien souvent, moins gradé qu'eux.

Certains même s'étaient plaints de lui, affirmant qu'ils suivaient un traitement qui empirait leur état de santé physique et mental.

Le médecin était assaillit de toute part. Ses collègues et ses patients s'étaient ligués contre lui. S'il résistait, s'il continuait malgré les remontrances et les plaintes, c'était uniquement parce qu'il avait besoin de s'occuper et qu'il savait sa méthode adéquate pour ce type de pathologie.

Ce matin-là, deux choses arrivèrent simultanément. La lettre adressée à John fut ouverte par son colocataire qui voulait s'assurer que ce n'était pas une énième remontrance de l'armée pour sa colocation. Et John reçu un nouveau patient, tout à fait hors du commun.

Le colonel Henry Whitehall avait été admis à l'hôpital militaire de Londres pour des troubles de la mémoire dus à un choc sur la tête provoqué par l'explosion d'un obus. Physiquement, seule la cicatrice qui lui barrait la joue gauche laissait voir qu'il y avait eu un traumatisme. Quand John le reçut dans son bureau, rien n'indiquait un quelconque problème.

Au fil de la conversation, John se rendit compte que les conseils et les informations qu'il donnait à son patient n'étaient pas retenus. Comme si ses mots entraient par une oreille et sortaient par l'autre sans jamais imprimer dans le cerveau.

Inquiet de cette pathologie qu'il ne connaissait pas vraiment, il demanda une admission dans son service de jour afin de pratiquer une série d'examen visant à cibler plus exactement la zone du cerveau qui était touché.

Le colonel Whitehall entra donc dans le service du Docteur Watson.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

L'enveloppe contenant la lettre était faite d'un papier de très bonne qualité, le genre de papier qu'on trouve très rarement en temps de reconstruction après une guerre. Son origine ne laissait pas vraiment de doute.

Dans l'enveloppe, une invitation donnait rendez-vous au Capitaine John Hamish Watson, Médecin Militaire, le 16 Juillet 1945 à 20 h au Palais de Buckingham afin d'y rendre hommage aux victimes de la guerre et de décorer les officiers méritants.

Intrigué, Sherlock reposa la lettre sur la table et se rallongea, plongeant dans ses réflexions. Que voulait-on à John ?

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Ces deux évènements peuvent vous paraitre anodins. Un militaire invité à une commémoration et un nouveau patient entrant à l'hôpital pour des examens ne sont pas des évènements exceptionnels dans la vie d'un médecin-militaire et de son colocataire. Mais se trouvaient-là, les prémices de la plus grande aventure qu'allait vivre les deux hommes.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Cela commença par ce patient à qui, malgré tous les examens pratiqués, ne put être diagnostiqué. Rien ne démontrait un quelconque problème au cerveau.

Le soir de la commémoration, alors qu'il devait rentrer se changer afin d'arriver à l'heure au palais, son patient s'enfuit, prétendant qu'il n'avait rien à faire dans un hôpital et qu'il allait très bien.

Le personnel de l'hôpital le chercha longtemps, John se mit même en retard afin d'aider à retrouver le fuyard. Mais rien n'y fit, l'homme était introuvable. Mary avait appelé sa famille, il n'était pas rentré à la maison. Le peu d'amis qu'on lui connaissait étaient morts au combat quelques mois plus tôt et il n'avait plus de parents. Personne ne savait où il était, pas même sa femme.

En désespoir de cause, John s'était résolu à appeler Scotland Yard afin de signaler la présence d'un individu potentiellement dangereux et en liberté dans Londres.

Il y avait rencontré l'Inspecteur Lestrade qui lui avait assuré son soutien et celui des forces de police dans cette recherche.

Et il était rentré chez lui, très en retard sur le programme prévu et déprimé.

Quand Sherlock le vit entrer dans le salon de leur petit appartement, il trouva le blond morose et fatigué. Il dirigea ensuite son regard vers la table de la cuisine et grimaça. John allait encore lui faire la remarque. Quand ce dernier était fatigué, il était irritable, très irritable et ce qui l'énervait le plus était le désordre qui régnait dans leur cuisine.

Sherlock vit John pousser un profond soupir en voyant les piles de livres qui s'entassaient au pied de la bibliothèque. Ce soupir se transforma en grognement quand il vit l'état de la cuisine.

« -Sherlock, nous étions d'accord il me semble. » Commença le militaire en dardant ses yeux furieux sur le détective. « Tu peux faire toutes les expériences que tu veux dans la cuisine tant que je suis de service mais la table doit être propre de toutes ces choses quand je rentre. »

Ah oui, pensa Sherlock, c'était l'une des règles qu'il s'était efforcé d'accepter quand John avait emménagé avec lui.

A bien y regarder, Sherlock trouva que ce n'était pas si catastrophique que cela. Et il n'avait pas envie de se battre avec le médecin ce soir. Déjà que ce dernier sortait sans lui.

« -Tu vas être en retard pour la cérémonie John. Va te changer, je m'occupe de la cuisine. »

Il n'avait aucune intention de le faire. Mais se savoir en retard avait toujours eut le don de faire oublier tous ses griefs à John.

Le médecin jura dans sa barbe inexistante et se précipita dans la salle de bain. Durant un moment, il avait oublié qu'il était en retard.

Quand Sherlock entendit le bruit de l'eau coulant dans la baignoire, il se détendit. Il avait maintenant deux solutions. Soit il rangeait la cuisine en se mettant lui-même en retard pour la cérémonie, qu'il avait décidé de suivre de loin grâce aux bons soins de Mycroft et de Mummy, soit il s'attirait les foudres de son colocataire et sautait dans son costume pour arriver lui-même à l'heure.

La décision fut vite prise. Il se moquait de la cuisine, il nettoierait demain. S'il avait le temps.

La porte de la salle de bain s'ouvrit lentement, laissant passer la tête du médecin et un morceau de son épaule nue. Il sortit timidement de la pièce, enroulé dans une serviette bien trop petite pour laisser place à l'imagination. Il n'avait même pas remarqué que la cuisine n'était pas rangée.

Rougissant, il traversa le salon avant de se précipiter dans l'escalier en criant :

« -J'ai oublié mon uniforme d'apparat dans ma chambre. »

Et il s'engouffra dans les escaliers, laissant, dans son sillage, son odeur se répandre dans le salon. Sherlock respira profondément, s'en emplissant les poumons et le cœur. C'est une chose qu'il faisait souvent depuis le fameux soir du shampoing. Il lui arrivait même d'entrer dans la salle de bain sous un faux prétexte dès que John en était sorti afin de profiter de cette senteur qui lui faisait perdre la tête.

Mummy disait souvent que le temps arrangeait tout. Ce n'était pas le cas aujourd'hui. Le temps ne faisait qu'empirer les sentiments qu'il portait au médecin et qu'il n'arrivait plus à contrôler. Il lui arrivait même souvent de devoir fuir le blond à cause d'une érection trop visible.

Il se demandait comment John pouvait ne pas s'en rendre compte.

Bientôt, et de cela Sherlock en était sûr, il ne pourrait plus se cacher. Bientôt, John verrait l'effet qu'il avait sur le détective et il s'en irait, dégouté par son colocataire.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Dans sa chambre, le blond essayait tant bien que mal de calmer le vent de folie qui s'était emparé de ses pensées. Non, il ne devait pas penser à Sherlock dans ces termes-là.

Il s'était surpris plusieurs fois à le regarder plus intensément, souhaitant presque se faire surprendre par son perspicace compagnon de vie. Il s'était demandé plus d'une fois ce qu'il ressentirait à être entouré par les grands bras de son ami. Il se sentirait en sécurité, il en était certain. Il s'était surprit aussi à imaginer son corps se presser contre le sien lorsque le manque d'amour se faisait trop cruellement sentir.

Il avait rapidement chassé ses idées de son esprit, se flagellant pour avoir osé penser qu'un homme aussi brillant que Sherlock pouvait avoir envie de lui.

John n'était pas nécessairement contre les amours entre hommes. Son point de vue de médecin le mettait à l'abri de toutes les idées reçues qui trainaient dans la société anglaise. De son éducation stricte, il avait gardé cette ouverture d'esprit qu'il avait commencé à cultiver avec Platon et Descartes. Son professeur n'était pas un enseignant comme les autres. Avant de lui enseigner l'Histoire des hommes, il préférait lui apprendre les histoires d'hommes et de femmes ayant fait avancer l'humanité.

Il lui avait apprit qu'on pouvait aimer les hommes tout en étant soi-même un homme et que cela n'empêchait pas d'exercer de haute fonction comme le faisait Jules César en son temps. John l'avait toujours soupçonné d'être homosexuel mais n'avait jamais pu en avoir la preuve formelle. Son professeur était marié et était le père d'une ravissante petite fille. Rien dans sa vie publique ne laissait voir une quelconque « déviance » comme disait son père.

S'il avait su. S'il avait su que cet enfant qu'il cherchait à toute fin à faire devenir un homme à son image était en réalité éduqué par deux personnes si différentes de ses convictions. John avait appris avec lui que la tolérance était une vertu qui permettait à l'Homme d'évoluer et de sa mère que la douceur était la clé d'une relation stable entre deux personnes quelque soit leur lien.

Mais si John n'avait aucun problème avec l'homosexualité des autres, sa propre sexualité était différente. Il savait qu'il aimait les femmes. Là-dessus, pas de problème. Ses quelques conquêtes au fil des années n'avait jamais fait retomber son enthousiasme pour ces personnes dites du sexe faible.

Et avant de connaitre Sherlock, il ne s'était jamais poser la question de sa propre sexualité. Il connaissait le corps du détective par cœur pour l'avoir examiné à de nombreuses reprises. Il aimait passer ses mains dans les boucles brunes de son compagnon. Plus encore maintenant qu'il savait que c'était le geste de réconfort qui calmait les cauchemars du détective. Et vivre avec lui, lui apportait le frisson qu'il manquait à sa vie. Il ne savait jamais dans quel état il allait retrouver l'appartement après une journée à l'hôpital. Plusieurs fois, il avait dû soigner le jeune homme alors qu'il revenait d'une enquête dont il ignorait tout.

Il avait eu une trouille du diable quand, après une enquête qui avait durée des jours, Sherlock s'était présenté à l'accueil de l'hôpital, les vêtements ensanglantés et une entaille si grande qu'elle lui barrait le torse et l'abdomen.

Non seulement il avait effrayé la jeune femme qui s'occupait des admissions mais en plus, il avait fait peur à John en s'évanouissant dans ses bras en souriant.

Non décidément, le détective était ingérable et John adorait ça.

Le brun était aussi capable de choses merveilleuses. Et il ne parlait pas de ses déductions qui laissaient toujours John ahuri. Non, il parlait de cette propension qu'avait Sherlock, parfois, a tout faire pour que John se sente bien en rentrant de l'hôpital.

La première fois avait été le jour de son emménagement. Quand il était arrivé, le repas était prêt et il avait dû pousser Sherlock à prendre la salle de bain pour pouvoir faire la vaisselle en paix. Il fallait bien qu'il fasse quelque chose. Il n'était pas un homme entretenu que diable ! Le lendemain soir, il avait retrouvé l'appartement dans un état mémorable.

Tous les livres de la bibliothèque étaient à terre, le violon du détective était en équilibre précaire sur le canapé, des journaux étaient étalés partout et des tasses de thé froid jonchaient la table basse. Dans la cuisine, la table était recouverte d'expériences en tout genre, incluant des restes humains peu ragoutants et des produits ménagers. La baignoire était pleine d'un liquide non-identifié bouillonnant et dans le lavabo, flottaient des morceaux de peau.

John n'avait touché à rien, il s'était simplement planté devant l'escalier, les bras croisés et la mine sombre, en entendant les pas de son ami monter les escaliers.

Depuis ce jour, ils avaient mis des règles en place. L'une d'elle était de respecter l'intimité et les relations de l'autre. Une deuxième, très importante, était que Sherlock devait ranger l'appartement avant son retour. Quand il n'était pas là, le détective pouvait faire ce qu'il voulait tant que cela ne portait pas atteinte à son intégrité physique. Mais à son retour de l'hôpital, l'appartement devait être propre.

Cette règle avait été bafoué un grand nombre de fois par le détective qui ne semblait pas s'intéresser à l'ordre et à l'hygiène de la cuisine.

Cela dit, lors de rares occasions et surtout quand John montrait des signes de fatigue évidents dès le matin, l'appartement était propre quand il rentrait. Quand les signes de fatigue étaient trop évidents, il avait même le droit à un repas préparé par Mrs Hudson.

Sherlock avait ses bons jours.

Mais ce soir, il n'était pas question de Sherlock. Ce soir, il devait être présentable et respectable. Et pour être respectable, il ne fallait pas se poser de question sur sa sexualité. A son âge, pour être respectable, il fallait être marié ou fiancé au minimum. Il était un médecin militaire à l'enfance malheureuse et aux trop nombreuses déceptions. Si l'opinion publique apprenait, en plus, qu'il en pinçait pour son colocataire masculin, il était bon pour l'exil ou, au pire, pour une très lourde condamnation.

Soupirant face à ses pensées qui n'allaient décidemment pas dans le bon sens pour sa vie d'homme libre, il enfila sa veste d'uniforme.

Il n'était pas à l'aise dans là-dedans. Le col de sa chemise était trop serré. Il passa son doigt à l'intérieur afin de le desserrer mais cela n'eut pas l'effet escompté.

Soupirant de dépit, il attrapa sa casquette avant de sortir de sa chambre, la casquette sous le bras.

Il descendit les escaliers et passa la porte du salon afin de prévenir son ami de son départ. Il resta un moment interdit en voyant le dit-ami, allongé sur le canapé, un bras couvrant ses yeux et la chemise remontée, dévoilant un morceau de ventre.

Il se ressaisit finalement et prévint de sa présence en se raclant la gorge.

La tête du détective s'abaissa légèrement, laissant émerger ses yeux gris de sous son bras. La vision qui lui apparut lui coupa un instant le souffle.

Dieu, que John était beau ainsi habillé. La teinte verte de sa veste de laine s'accordait avec sa peau dorée et lui donnait une prestance que Sherlock ignorait appartenir à son ami. Il avait fière allure habillé ainsi et Sherlock savait que Mary ne pourrait pas s'empêcher de l'inviter chez elle après la soirée de commémoration.

Une pointe de jalousie lui aiguillonna le cœur. Evidemment, Mary n'était pas loin. Elle devait déjà l'attendre devant les grilles du palais et ils formeraient un couple très bien assortit. Cette constatation lui vrilla les entrailles et il replongea ses yeux sous son bras.

« -Je pars Sherlock. Bonne soirée. »

Il attendit une réponse qui ne vint pas. Désappointé, il tourna les talons et sortit de l'appartement.

Lorsque la porte se referma sur le médecin, Sherlock caressa un instant l'idée de rester allongé dans son canapé toute la soirée. A quoi bon aller à cette réception si c'était pour y voir John et Mary roucouler.

Il finit pourtant par se lever et se dirigea vers sa chambre. Ce soir, il passait à l'attaque. Il était impensable que John ne rentre pas avec lui après la commémoration. Même si ce n'était que pour dormir dans son lit à l'étage, John rentrerai avec lui cette nuit.

Il attrapa un costume noir et sa chemise violette, s'habilla, considéra un moment la cravate qui le narguait depuis l'étagère du haut, se dit qu'il pourrait impressionner John avec cette cravate puis décida qu'il ne la porterait pas. Ce n'était pas lui. Il voulait être lui pour que John ne se trompe pas.

Il enfila un manteau léger et descendit en criant à Mrs Hudson qu'il sortait. La voiture noire de Mycroft l'attendait au bord du trottoir. A l'intérieur, son frère et sa mère, en grande tenue, l'attendaient.

« -Bonsoir Sherlock. » Le salua sa mère en lui souriant tendrement.

« -Bonsoir Maman. Tu es en beauté ce soir. » Répondit-il en lui rendant son sourire.

« -Toi aussi mon fils. »

Sherlock rougit et le sourire de Maud s'agrandit. Son cadet ne prenait jamais la peine de se vêtir ainsi. Son instinct de mère lui soufflait que ce n'était pas pour la Reine, qui serait présente ce soir, que Sherlock s'habillait ainsi.

Quand la voiture s'arrêta devant les grilles de Buckingham Palace, Sherlock en descendit le premier et aida sa mère à en faire de même. Il la conduisit auprès de la Reine, qu'il salua avec diligence avant de s'éloigner en compagnie de son frère.

La souveraine sourit. Comment Maud Holmes, sa dame de compagnie depuis des années pouvaient avoir mis au monde deux êtres aussi extraordinaires que Mycroft et Sherlock Holmes ? Elle les avait vus grandir durant les premières années où ils fréquentaient ses propres filles Elizabeth et Margaret et tous dans leur comportement dénotait la grandeur.

Les deux femmes passèrent dans la salle d'à côté afin de voir sans être vu.

Quelques temps après la fin de la guerre, Maud lui avait demandé si elle pouvait glisser un mot à son époux afin d'améliorer la situation de l'homme qui avait sauvé la vie de son fils.

Maud ne demandait jamais rien, elle se contentait de sa compagnie depuis des années. Alors elle, Elizabeth Bowes-Lyon, Reine Consort du Royaume-Uni et Impératrice consort des Indes, avait, pour la première fois de sa vie, glissé un mot à son époux pour une personne qu'elle ne connaissait pas mais qu'elle savait méritant.

Maud posa sa main sur son bras afin d'attirer son attention, elle était la seule à y être autorisée. Son attention se porta sur l'homme que sa compagne lui désignait. Elle vit un jeune couple s'avancer vers l'estrade et prendre place sur les chaises qui lui faisaient face. La jeune femme était très jolie dans sa robe de soie verte émeraude. Le jeune homme blond qui l'accompagnait était d'une beauté plus discrète, plus masculine. Il possédait cette virilité qui fait les hommes rassurants.

Son regard capta une nuance violette du coin de l'œil. Il s'agissait de Sherlock qui, appuyé contre un mur comme il le faisait depuis sa plus tendre enfance, jetait un regard mauvais à la jeune femme qui accompagnait le médecin.

S'approchant un peu plus de Maud, elle lui chuchota :

« -J'espère que Sherlock sait ce qu'il fait Maud, je ne voudrais pas qu'un scandale vienne entachée la réputation de votre famille et la nôtre par la même occasion.

-Je ne pense pas que… »

La Reine l'interrompit.

« -Je ne juge pas les sentiments qui habitent Sherlock, je ne connais que trop bien la douleur d'être séparé de la personne qu'on aime. Cela dit, je n'ai aucun contrôle sur la loi et si cela vient à se savoir, je ne pourrais rien faire pour eux.

-Je comprends, Madame, et je vous remercie.

-Vous n'avez pas à me remercier Maud, votre famille sert fidèlement la couronne depuis des décennies, j'aurais mauvaise grâce à vous refuser cela surtout si cela implique Sherlock. »

La Reine, comme ses deux filles, avait une tendresse toute particulière pour Sherlock qui, en perdant son père, s'était éloigné de toute forme d'affection.

La conversation entre les deux femmes s'arrêta quand le maître de cérémonie invita tous les invités à s'asseoir, la cérémonie allait commencer. La Reine s'éclipsa afin de faire son entrée au bras de son époux. Avant de franchir la porte, elle jeta un dernier coup d'œil à Sherlock qui, encore appuyé contre le mur, n'avait pas lâché le Docteur John Watson des yeux.

A SUIVRE…

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Ca y est, un chapitre de plus.

Qu'en avez-vous pensé ?

Je n'ai pas de précision historique à vous mais n'oubliez pas que nous sommes en 1945 et que l'Angleterre est gouvernée par un Roi, Georges VI, père de l'actuelle Reine Elizabeth II.

S'il reste des fautes d'orthographes, j'en suis navrée.

Je fais un gros travail sur moi en ce moment et moi qui pensais me connaitre mieux que tout le monde, je me rends compte que beaucoup de gens me connaissent mieux que moi-même. Je devrais me faire un peu plus confiance et faire un peu plus confiance aux autres (et ça c'est dur !). Alors si vous avez des choses à me dire sur ce qui se dégage de moi dans mon attitude et mes écrits, même si ce n'est pas positif, je veux bien les entendre.

J'espère vous revoir au prochain chapitre.

Bises

Magdaline.

PS : Il est 22h13, on est samedi 6 Juillet et je n'ai plus qu'à corriger mes fautes d'orthographe. Je ferai ça en rentrant de Versailles.

PPS : J'espère arriver à 100 000 mots. Vous croyez que c'est possible ?