Bonjour tout le monde !

Je m'excuse platement de ne pas avoir publié la semaine dernière. Mon 35 heures est chronophage et fatiguant. Quand je rentre le soir, je n'ai pas de courage d'écrire. Ce n'est que lorsque j'ai une journée de congés ou un week-end tranquille sans voir mes parents ou mes grands-parents que je prends le temps de me poser et de rêver.

J'ai eu un week-end de cinq jours. Que j'ai pleinement occupé entre les travaux sur ma voiture et les travaux dans mon appartement. Et bien sûr, je vous consacre une demi-journée. Je vous sais en manque de chapitre alors je coupe la télévision et je me donne quelques heures pour vous faire plaisir.

Réponses aux commentaires (comme d'habitude, je réponds aux commentaires un jour avant d'écrire ce chapitre.) :

Electre1964 : C'est ça d'avoir une maman qui exerce le métier de Dame de compagnie auprès de la Reine d'Angleterre. L'air de Holmes Manor ne peut qu'être bénéfique à nos deux apprentis sentimentaux. J'espère juste qu'ils me laisseront faire ce que j'ai envie de faire avec eux et qu'ils n'en feront pas qu'à leur tête encore une fois !

Barjy02 : Ah parce qu'il y a un club des étuvées ? J'adhère tout de suite. Il fait donc aussi chaud en Belgique que dans le Nord de la France ! Je vais fondre dans pas longtemps. Les dégâts sur ma robe ne sont pas irréparables ! Surtout avec un papa magicien de la couture. Ceci dit, retournons à cette fic. Ce que j'aime dans la relation entre Sherlock et la princesse Margareth, c'est l'évidence. Il est évident, à mes yeux, que Sherlock est un frère adoptif fantastique pour deux jeunes femmes qui n'ont d'autres référents masculin que leur père. Et je le crois assez tendre pour s'occuper d'une princesse comme il se doit pour un frère. C'est vraiment comme cela que j'imagine la princesse Margareth d'après son histoire personnelle. Vive la pluie ! J'adhère ! Et vive les orages parce que j'adore ça. Je suis une fille d'Octobre et comme toutes les filles d'Octobre, j'aime aussi le vent !

Choupette50 : L'attente est la partie la plus agréable. Quand les rêves se réalisent, on se dit que l'attente était meilleure que la réalisation. Le premier baiser aura lieu, c'est promis. Je ne sais pas quand mais il aura lieu.

Celtica1 : Ce sont des on-dit bien sûr mais cela ne m'étonnerai pas. La chaleur ne fait absolument pas bon ménage avec l'écriture. Par contre les vacances sont les périodes où je suis le plus productive. Les devoirs de vacances ! Quelle horreur, j'ai toujours détesté ça et dire que mes parents m'obligeaient à en faire au moins une heure par jour. Revenons à l'histoire en elle-même. J'avais vraiment envie de retravailler avec Maud et peut-être Ivan aussi même si c'est un peu tôt pour qu'il vienne de Russie. Je ne sais même pas s'il est rentré lol, alors le faire venir en Angleterre !

Glasgow : S'il ne se confie pas à John, il se confiera à sa mère. Je crois d'ailleurs que je vais aller dans ce sens. A moins qu'ils n'en fassent encore qu'à leur tête. Allez ! Je te retrouve à Holmes Manor !

Egwene Al'Vere : Voilà la suite et pardon pour le retard.

Clina9 : Sherlock est un jaloux qui s'ignore même si les autres ne l'ignorent pas ! L'attente se termine. Bonne lecture et merci de ta fidélité.

Liseron : Avec trop de chaud, mon cerveau se liquéfie. Je n'aime pas cela. Et c'est reparti apparemment. Grr, Nom d'un Tardis, j'aime mieux l'hiver, sauf quand il neige et que je dois prendre la voiture ….

Eelytique : J'ai beaucoup de mal avec les dialogues. Je peux faire passer tellement plus de chose dans une partie narrative. Sherlock est OCC mais j'éprouve encore quelques difficultés à connaitre le personnage en profondeur. Je n'aimerai certainement pas le voir romantique ou sentimental à outrance dans la série. C'est ce qu'il y a de bien dans les fics, on fait ce que l'on veut. Même si beaucoup d'auteurs vont trop loin. Oh Mary ! Je ne sais pas quoi en faire. Je verrai bien si elle revient frapper à mon clavier dans les chapitres à suivre. Sinon, ce sera sa dernière et très brève apparition.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, j'emprunte les personnages soit à l'Histoire, soit à Sir Arthur Conan Doyle, soit à Mark Gatiss et Steven Moffat. Je ne touche aucune rémunération pour ce que j'écris.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens.

Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

Bonne lecture et on se retrouve en bas.

Bises

Magdaline

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Chapitre 21 :

Comme Maud l'avait prévu, John fut transporté par ambulance jusqu'à Holmes Manor où il fut installé dans la chambre du bas. La seule qui possédait un accès direct sur le jardin.

Cette pièce avait abrité les derniers jours de la mère de Maud. Quelques années auparavant, la vieille femme y avait poussé son dernier soupir à l'âge avancé de 99 ans. Maud aurait pu regretter le départ de sa mère avant ses cent ans qu'elle aurait atteint quelques jours plus tard. Mais la maladie qui la rongeait leur faisait espérer à tous une mort prochaine. Madame Vernet, française de son état, souffrait affreusement depuis des années. Et malgré tout l'amour qui liait Madame Vernet à ses enfants et à ses petits-enfants, elle n'avait pas eu la force de tenir sa promesse. Elle était morte à 99 ans, ne laissant pas l'occasion à son petit-fils de fêter ses vingt ans en même temps que son centième anniversaire.

La chambre qu'elle avait habité avait été entièrement redécorée et servait maintenant de chambre d'ami. Elle n'était occupée que quelques semaines dans l'année lorsque la famille française des Holmes venait en visite. Le reste du temps, elle n'était qu'un écrin vide attendant que l'on vienne le remplir de vie et de joie.

Lors de son arrivée dans cette chambre, John s'était immédiatement senti à son aise. Malgré une décoration plutôt chargée, vestige des goûts de Mrs Vernet à laquelle sa fille voulait rendre hommage, la chambre n'avait rien de mortuaire. Elle respirait la vie et le bon air. La chambre parfaite pour y suivre une convalescence bienvenue.

Les domestiques avaient installés le lit face à la fenêtre afin qu'il puisse profiter du jardin depuis celui-ci. Le transport l'avait tellement épuisé qu'il s'était endormi dès la porte refermée sur les dits infirmiers.

Il n'entendit même pas l'ambulance repartir sur les chapeaux de roue, ni même Sherlock pester sur ces malheureux qui faisaient trop de bruit à son goût.

Maud et son fils étaient ensuite partit prendre le thé dans le jardin d'hiver.

Leur conversation allait bon train, tournant autour de souvenirs plus joyeux que ceux de cette nuit, quand Mycroft fit son apparition. Embrassant sa mère, il s'installa ensuite face à son cadet, bien déterminé à lui parler de l'attentat.

« -Le roi fera un discours à la fin de la semaine et la famille royale se présentera au balcon d'honneur dimanche prochain. Cela devrait faire taire toutes les rumeurs affirmant que la Reine est morte. » Déclara-t-il, feignant le détachement.

Cette attitude n'atteignit ni sa mère ni son frère qui le savaient très attaché à la Monarchie dans son ensemble. Mycroft, depuis son plus jeune âge, avait émis le souhait de travailler auprès des personnes qui avaient peuplé son enfance. C'est tout naturellement qu'il était entré au service de la monarchie.

«- Sa Majesté est très affectée par ce qu'il s'est passé cette nuit et ne souhaite plus apparaitre en public. » Ajouta-t-il en direction de sa mère. « Il le faudra pourtant, la monarchie ne peut pas se permettre de fléchir. Le pays a besoin de l'image d'une famille royale soudée. Il n'y a qu'à cette condition que la reconstruction du pays se mettra en marche. »

Sherlock grogna.

« -Ma marraine fait bien des manière pour une tentative d'attentat ratée. Ce n'est pourtant pas la première et ce ne sera certainement pas la dernière. Pourquoi donc ce soudain revirement ? Aurait-elle peur de la mort ? »

Mycroft foudroya soin cadet du regard.

« -Tout le monde ne peut pas avoir ton détachement face à la mort Sherlock. Et tout le monde n'a pas ce complexe du héro qui a commandé au Docteur Watson de s'interposer entre la balle et sa destinataire. »

Maud fronça les sourcils.

« -Tu aurai préféré que la Reine meurt Mycroft ? »

L'indifférence reprit sa place sur le visage de l'ainé.

« -Non mère, je souhaiterai surtout qu'il y ai plus de personnes comme le Docteur Watson. L'homme qui a attenté à la vie de la Reine est l'un de ses patients nouvellement arrivé à l'hôpital. Il a, apparemment, échappé à la surveillance de ses médecins et a joué de son grade pour entrer à la réception sans fouille au corps préalable. Les responsables de ce manquement seront sévèrement punis. Personne ne rentre ainsi à Buckingham Palace. »

Maud observa attentivement son fils, en quête d'une réponse qu'elle avait peur de connaître.

« -Qui est le responsable de cet attentat ? »

Mycroft soupira, se tournant vers Sherlock.

« -Le colonel Henry Whitehall revient du front. Le Docteur Watson a préconisé des examens qui n'ont pas été pris au sérieux par l'un de ses confrères. Il a relâché son patient alors qu'il présente des troubles mentaux graves. »

Sherlock avait blêmi tout au long de la discussion.

« -C'était un patient de John ? »

Mycroft acquiesça et Sherlock s'enfonça un peu plus dans son siège.

Au lieu de le blâmer pour son manque de tenue, Maud lui resservit une tasse de thé qu'elle agrémenta d'une cuillère de miel. C'était là un meilleur réconfortant pour son fils qu'une remontrance sur sa tenue.

Sherlock attrapa la tasse sans même y penser, marmonnant dans sa barbe inexistante des mots sans fin.

« -A quoi penses-tu mon chéri ? » demanda Maud en portant sa propre tasse à ses lèvres.

« -S'il s'agit vraiment d'un patient de John et s'il s'en est aperçu, je crains sa réaction.

-Expliques-toi. » Réclama son frère en attrapant un scone.

Sherlock se redressa et croisa les jambes.

«- D'après mes observations, John est un homme qui ne tolère pas l'échec. Quel que soit le but qu'il se fixe, l'échec ne fait pas parti des solutions acceptables. Le seul échec que je lui connais est celui de notre voyage vers la France. Je ne devais pas rentrer avec lui en train. Il voulait que je sois rapatrié en France par avion, comme tous les autres prisonniers trop faibles pour voyager en train. J'ai réussi à le faire céder et je suis monté dans le train avec lui. Malheureusement, j'en ai subi les conséquences. Je n'ai rien dis, je n'ai rien montré, mais il a su que je souffrais et que le roulement du train me faisait souffrir bien plus. Il s'est acharné à me rendre le trajet moins douloureux, n'y réussissant pas toujours. Il culpabilise de ne pas avoir su me convaincre de prendre l'avion. Avec le recul, il avait raison, j'aurai moins souffert en avion. » Avoua-t-il dans un souffle.

« -Ne pas supporter l'échec est le lot de tous les médecins. Pourquoi ce patient plutôt qu'un autre ? » Demanda alors Maud, curieuse d'en savoir un peu plus sur le caractère de son protégé.

« -Parce qu'il est responsable de ce patient sans être responsable de sa sortie. C'est un autre médecin qui, contre son avis et en faisant fi de toutes recommandations, a laissé sortir le colonel. Ce n'est qu'en se rendant compte de sa bêtise qu'il a inventé l'histoire de la fuite. John se sentira responsable de son évasion alors que la faute n'est imputable qu'à un autre médecin. »

Maud s'inquiéta.

« -Comment va-t-il réagir à son réveil ? Comme réagira-t-il quand il prendra conscience de cela ?

-Il faudra lui cacher mère. Lui dire que c'est son patient qui a causé sa blessure serait le mettre dans une position très délicate tant du côté professionnel que du côté mental. »

Ce fut au tour de Sherlock d'exiger des explications.

« -Il est impensable que je cache ce genre d'information à l'homme qui m'a sauvé la vie ! Pourquoi ferions-nous cela ? »

Mycroft se rencogna dans son fauteuil.

« -Les médecins de guerre sont les instinctifs, c'est cela qui les rend si précieux au combat. Ils sont capables d'infliger une blessure qui peut être très handicapante sans être mortelle. Leur connaissance de l'anatomie en fait des snipers hors-pair et je suis pratiquement certain que John est un tireur d'exception. Ceci étant, et malgré un sang-froid impressionnant, je crains qu'il ne prenne cet attentat trop à cœur et qu'il en vienne à penser que tout ceci est sa faute. »

Sherlock se redressa sur son siège, attentif aux mots de son frère.

« -Comment cela pourrait-il être de sa faute ?

-En tant que médecin, on lui a seriné qu'il se devait de sauver des vies. Que perdre un patient pouvait arriver mais pas trop souvent. John prend chaque échec comme un échec personnel. Celui-ci ne fera pas exception.»

Il avait vécu dans le bureau du médecin au camp de Mauthausen, il connaissait chacune de ses réactions. Les mains en prière, il plongea dans sa mémoire pour en ressortir les réactions exactes du blond lors de la perte de l'un de ses patients. Il détestait l'admettre, mais son frère avait raison.

« -Comment expliques-tu cela ? »

Ce fut devant les visages interrogateurs de sa mère et de son cadet que Mycroft continua son explication.

« -Avec des « si », l'homme se fait tellement de mal. Il ne faut pas négliger la puissance des « si ». Si j'étais resté avec lui durant les examens, si je l'avais vu plus tôt, si je l'avais confié à un autre thérapeute qui croit un peu plus en mes théories, si j'avais continué à chercher au lieu d'aller à Scotland Yard et si je n'avais pas été à cette cérémonie… Avec des « si », on peut détruire le mental le plus fort. »

Maud et Sherlock ne répliquèrent rien, se plongeant dans les schémas que les explications de Mycroft leur avaient dévoilé.

La conversation était terminée, pourtant personne ne sortit de la serre. Ils restèrent là tous les trois. Chacun essayant d'imaginer la suite des événements et d'y inclure une aide efficace pour l'homme qui occupait la chambre de feu Mrs Vernet.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

John dormit toute la journée, trop fatigué par l'abondante perte de sang due à sa blessure à l'épaule et par le transport.

A toute fin de se rendre utile, Sherlock avait refusé que les domestiques ne rangent les affaires du médecin qui avait été apporté par Mrs Hudson quelques heures plus tôt. Il s'en était lui-même chargé, en silence afin de ne pas réveiller le blessé.

Mrs Hudson s'était montrée enjouée quant à son retour à Holmes Manor. Elle y avait passé quelques-unes des plus belles années de sa vie et ce ne fut que lorsque Sherlock lui annonça le but de son emménagement qu'elle se rendit compte de la situation. Bien sûr, elle avait compris l'attachement qui unissait son petit au médecin. Et quand bien même elle n'aurait pas aussi bien connu le brun, qu'elle aurait remarqué les petites attentions dont il couvrait son colocataire. Sherlock, dans son enfance, n'avait jamais montré une inclinaison particulière pour un sexe en particulier. Pour le sexe tout court non plus d'ailleurs. Qu'il fut aussi attentif à une autre personne autre que sa bien-aimée mère ou elle-même dans une certaine mesure, montrait un fort attachement qu'elle ne pouvait qu'approuver. Oui John Watson était un homme. Oui c'était une relation totalement immorale aux yeux de la bonne société anglaise et oui, elle n'en avait rien à faire. Son petit était heureux et c'est tout ce qui comptait pour elle.

Le Docteur Watson était un homme de qualité qui avait sauvé la vie de son fils adoptif et qui prenait, encore aujourd'hui, soin de sa santé. Il n'en fallait pas plus pour plaire à Margareth Hudson qui avait vu tellement de choses dans sa vie qu'une relation entre hommes ne la dérangeait pas plus que cela.

Quand elle était entrée dans la chambre de son locataire, un peu plus tôt dans la soirée, elle l'avait vu s'agiter entre les draps. Persuadée qu'il faisait un mauvais rêve, elle s'était assise à ses côtés dans le lit et lui avait fredonné une berceuse, sa berceuse.

Cette berceuse avait une histoire toute particulière. Elle l'avait inventé étant enfant afin d'en faire profiter ses propres enfants. Son mari n'en souhaitant pas, elle l'avait gardé dans un coin de son esprit et s'en servait quand Sherlock se réveillait en sursaut après un cauchemar.

Si cette chanson tranquillisait son petit, il n'y avait aucune raison qu'elle ne tranquillise pas le Docteur. Au fil des paroles, les agitations de l'endormi s'apaisèrent et son visage s'adoucit. Alors que le cauchemar semblait se calmer et que John plongeait dans un sommeil plus profond, Sherlock passa la tête dans l'entrebâillement de la porte.

Mrs Hudson lui sourit avant de l'inviter à s'approcher en silence.

« -Son sommeil n'est pas paisible. Il guérira moins vite s'il dort mal. » Murmura-t-elle alors que Sherlock la rejoignait.

Le brun observa le front humide de son compagnon. Il y posa la main afin de vérifier sa température.

« -Il n'a pas de fièvre. » Constata-t-il un peu inutilement.

« -Les cauchemars ne sont pas forcément dû à la fièvre Sherlock. Les mauvais souvenirs, les remords ou les regrets sont aussi en cause dans les cauchemars. »

John se remit à bouger dans son sommeil. S'agitant de plus en plus, il finit par repousser les couvertures après les avoir combattu.

Mrs Hudson se leva pour les ramasser avant d'en recouvrir de nouveau le médecin. Elle posa sa main fraiche sur le front du blond et se remit à chanter, berçant l'endormi autant que son colocataire.

Concentrée sur John, elle vit trop tard que le brun s'était endormi à côté du blessé.

Baissant la voix au fur et à mesure de sa berceuse, elle cessa bientôt ses mouvements de main sur le front du malade et se leva.

Silencieuse, elle contourna le lit, enleva délicatement les chaussures de Sherlock et le recouvrit des draps.

Finalement, cette berceuse fonctionnait aussi bien sur les adultes que sur les enfants, remarqua-t-elle en souriant.

Margareth quitta la pièce sur la pointe des pieds et s'en alla rejoindre Maud qui lisait au salon. Ils avaient tous deux besoin de sommeil.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Les bombes, les explosions, les balles qui sifflaient et le sang qui coulait. Voilà de quoi étaient faits les rêves de John Watson. Et, marchant sur un tas de cadavres vêtus de l'uniforme alliés, Adolphe Hitler défiait du regard quiconque osait s'approcher. En y regardant de plus près, John aperçu une main sortant de ce piédestal sanglant. Le soldat à qui appartenait cette main était-il mort ou vivant ? Il ne saurait le dire. Une seule chose était certaine, il fallait sortir le propriétaire de cette main de ce charnier. Qu'il soit vivant ou non n'avait plus d'importance à présent. N'écoutant que son courage, il se précipita vers cette main qu'il tira afin de faire sortir son propriétaire de l'amoncellement de corps. Au-dessus de lui, ombre menaçante, le führer riait à gorge déployée.

Les vains efforts du blond pour sortir son camarade blessé se muèrent en un combat contre lui-même alors que le visage du dictateur laissait place à celui de Sherlock.

John recula, abasourdit. Et la scène dans son ensemble lui coupa la respiration.

Sherlock, de toute sa splendeur, le toisait depuis les hauteurs, se moquant de ses vains efforts pour reprendre le contrôle de son corps et de son esprit.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Ce fut un coup de coude dans le flanc qui réveilla Sherlock. D'abord indécis quant à sa localisation dans l'espace, il reconnut bien vite la chambre d'ami de Holmes Manor.

Marmonnant dans son demi-sommeil, il se tourna pour vérifier l'heure.

1h38 du matin.

Qui donc pouvait avoir la curieuse idée de donner des coups de coude à 1h38 du matin ? Et d'ailleurs, pourquoi ne se trouvait-il pas dans sa chambre, un étage plus haut.

Un second coup de coude lui rappela rapidement les circonstances de son endormissement.

John.

John dormait dans cette chambre et faisait un cauchemar quand il était entré. Où était Mrs Hudson ?

Se redressant rapidement, il fouilla la chambre de regard sans trouver la trace de son ancienne nurse. Evidemment à 1h38, elle devait dormir.

Un gémissement le sortit de sa rêverie.

Immédiatement, il se tourna vers son assaillant qui, croyant sauter sur son ennemi, lui sauta à la gorge.

Heureusement pour lui, un John endormi était un John dont les forces étaient amoindries. Sherlock plaqua le blond sur le lit avant de lui emprisonner les mains.

Le blond, gémissant toujours de son cauchemar, se débattit dans bien que mal. Utilisant ses jambes que son compagnon n'avait pas bloquées, il envoya un coup de genou dans l'estomac du détective qui le lâcha sous le choc. Basculant en arrière, Sherlock grogna de douleur, les mains plaquées sur le ventre.

Ne s'apitoyant pas sur son sort, le brun repartit à l'attaque, bloquant les bras du médecin et immobilisant ses jambes en s'asseyant dessus. Ainsi immobilisé, John ne pouvait plus que se tortiller misérablement.

« -John ! » appela doucement Sherlock dans l'espoir de le réveiller.

Mais John ne répondit pas.

« -John ! » appela de nouveau le brun un peu plus fort.

Mais John ne se réveillait toujours pas.

En désespoir de cause et avant d'être désarçonner par le médecin qui bougeait de plus en plus, Sherlock cria.

« -JOHN, C'EST UN CAUCHEMAR ! REVEILLE-TOI ! »

John se réveilla en criant. Se redressant, il ouvrit les yeux, haletant.

Sherlock, désarçonné comme il l'avait prévu, se rapprocha rapidement du médecin.

« -Tout va bien John. » Dit-il d'une voix douce. « Ce n'était qu'un cauchemar. »

Le regard du blond s'accrocha à l'image de son compagnon. Cette image se superposa à celle de son cauchemar, l'effrayant un peu plus. Se plongeant la tête dans les mains, il ferma les yeux afin de faire le point. Il devait dissocier le cauchemar de la réalité.

Sa respiration se calma et il retrouva la maîtrise de son corps. Quand il releva enfin la tête, il vit Sherlock, assit sur le lit, qui le regardait, un air de profond étonnement sur le visage.

« -De quoi rêvais-tu John ? » demanda-t-il doucement.

John frissonna de peur à l'écoute de ce ton avant de se morigéner. C'était Sherlock en face de lui, pas cet être affreux qui peuplait ses rêves depuis quelques temps.

« -De la guerre… Cela n'a pas d'importance, retourne te coucher, je vais bien. » Dit-il, un pauvre sourire sur les lèvres.

Sherlock n'en crut pas un mot. L'humidité des draps et la tâche de sang sur le pyjama de John était d'ailleurs la preuve que tout n'allait pas bien.

Prenant sur lui, il découvrit son compagnon.

« -Ta blessure s'est rouverte, il faut refaire le pansement. Et tes draps sont trempés de sueur. Il faut les changer. Viens avec moi, je te montre la salle de bain. »

Vaincu par la fatigue qui lui pesait encore, John sortit du lit en titubant. Il allait tomber en avant quand Sherlock le rattrapa. Passant un bras autour de sa taille, il le guida vers la porte de la salle de bain. John ne fit pas attention à ce qui l'entourait. Il voulait juste se rendormir. Comprenant ses intentions, Sherlock lui parla.

« -Tu ne dormira pas tant que je ne serai pas occupé de ta blessure. Assieds-toi là. »

Et il aida le médecin à s'asseoir sur la baignoire. Il lui enleva délicatement son haut de pyjama et examina le pansement.

« -Il tiendra bien le temps de prendre un bain. » Annonça-t-il, une moue presque enfantine sur le visage.

Sans que John ait pu répliquer, Sherlock ouvrit les robinets afin de remplir la baignoire. Il aida John à se débarrasser de son pantalon en souriant.

« -Il n'y a pas si longtemps, c'était toi qui prenait soin de moi. »

John sourit faiblement, il se rappelait bien de cette nuit-là.

Il vit Sherlock se pencher en avant pour arrêter les robinets et vérifier la température de l'eau.

« -Tu arriveras à te débrouiller avec ton sous-vêtement ? » Demanda-t-il.

John hocha la tête.

« -Bien, je vais changer tes draps, appelle-moi si tu as besoin de moi. »

Et il sortit de la pièce.

John se glissa hors de son sous-vêtement qu'il laissa tomber à terre avant de se glisser dans la baignoire. Il n'avait aucune envie de se laver. Il voulait juste dormir. Mais Sherlock avait raison. Il ne pouvait pas retourner se coucher dans ces draps pleins de sueur et son épaule le lançait.

Il sourit en imaginant Sherlock changer les draps du lit. Il se demanda un instant si le brun savait où se trouvait les draps de rechange. Cette pensée s'envola assez vite quand il réalisa qu'il était à Holmes Manor, l'endroit où Sherlock avait grandi.

Malgré la fatigue, il attrapa l'éponge qu'il frotta contre le savon qu'il trouva dans le porte-savon. Grimaçant, il entreprit une toilette sommaire qui le laissa épuisé. Il aurait voulu se laver les cheveux mais l'idée de mettre son épaule blessée à contribution le refroidit suffisamment pour qu'il abandonne cette idée.

Fermant un instant les yeux, il se promit d'appeler Sherlock pour sortir de là. Après tout, il avait bien sortit Sherlock des camps, il pouvait bien laisser le détective le sortir de la baignoire.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Sherlock mettait la dernière touche au lit de son ami. Ce n'était pas parfait mais au moins, c'était propre. Satisfait de son travail, il s'assit sur le lit, attendant que John l'appelle.

Il attendit, attendit et attendit encore. Le sommeil, qui le fuyait en temps normal, l'attirait de nouveau dans ses griffes. Sherlock n'y céda ée se fit plus insistant jusqu'à ce que Sherlock le repousse définitivement. Boudeur, le dieu du sommeil s'en alla prendre dans ses bras d'autres insomniaques qui ne demandaient que cela. Sherlock resta assit sur le lit, raide comme la justice, à attendre que John l'appelle. Il devait s'occuper de John. Il dormirait plus tard.

Inquiet de ne pas entendre son ami le solliciter, Sherlock se leva et risqua un coup d'œil dans la salle de bain.

Ce qu'il y vit le fit sourire.

John dormait dans la baignoire, certainement emporté par le Morphée boudeur sans qu'il s'en rendre compte.

Sherlock ouvrit la porte en grand et s'approcha. Posant doucement la main sur l'épaule de son ami. Il le secoua.

John se réveilla dans un sursaut, surprit de s'être endormi.

« -Sherlock ! »

Le brun lui lança un sourire apaisant.

« -Il faut changer ton pansement. Tu veux bien sortir de là ? » Demanda-t-il.

John acquiesça vivement. Sherlock se retourna, autant pour attraper une serviette que pour préserver la pudeur de son ami, quand il entendit un cri de douleur et le bruit d'une chute.

Se retournant rapidement vers la baignoire, il trouva son ami, une main sur l'épaule et une grimace aux lèvres.

Pragmatique et faisant fi de la pudeur qu'il accordait à son compagnon jusqu'à présent, le détective attrapa son ami à bras le corps et le souleva. John, dès qu'il le put, se mit debout et attrapa la serviette que Sherlock lui tendait en rougissant.

« -Merci. » Murmura-t-il, gêné d'être ainsi découvert en la présence du détective.

Sherlock secoua la tête.

« -Je vais te chercher un pyjama propre. »

Et il sortit de la salle de bain presque en courant.

John s'empressa de se sécher tout en se gardant de solliciter son épaule. Il vit la porte s'entre-ouvrir et un bras poser un pyjama et un caleçon sur le meuble se trouvant à portée de main. La porte se referma aussi vite qu'elle s'était ouverte, laissant le médecin songeur.

Il n'eut pourtant pas le temps de songer très longtemps. Le bruit de sa trousse médical lui indiqua que Sherlock cherchait le matériel pour refaire son pansement.

Enfilant son sous-vêtement et son pantalon de pyjama, il sortit de la salle de bain, la chemise à la main. Sherlock était plongé dans sa trousse et en sortait tout ce qu'il estimait nécessaire.

John vint s'asseoir au bout du lit et attendit.

Le brun trouva enfin ce qu'il cherchait et sortit triomphalement une paire de ciseaux de la mallette.

« -Je vais découper le pansement. » Prévint-il.

« -Je sais. » Répondit le blond sans ciller.

Le détective approcha l'instrument de la peau dorée de son ami. Il hésita un instant et leva le regard vers le visage de John. Il y vit tellement de confiance qu'il se mit à l'œuvre. Sherlock le fit sans trembler, ou presque et il dégagea l'épaule blessée afin de l'examiner. Deux points de suture s'était rompus, un à l'avant, l'autre à l'arrière.

« -Il faut les refaire. » Signala John en soupirant. « Je n'y arriverai pas seul. » Ajouta-t-il en secouant la tête de fatigue.

« -Je m'en charge. » Répliqua le cadet. « J'ai fait un nombre incalculable de points de suture à la morgue, je suis un expert. »

John ravala ses questions concernant la morgue avant qu'elles n'aient eu le temps de pointer le bout de leur nez. Il espérait seulement que Sherlock était vraiment aussi imbattable qu'il le prétendait.

Il regarda attentivement son compagnon stériliser l'aiguille avec un coton imbibé d'alcool puis passer le fil dans le cha.

Il se tendit imperceptiblement quand l'aiguille s'approcha de sa chaire. Sherlock ne lui avait pas proposé d'anesthésie et il s'attendait à une douleur faible mais présente. Il n'en fut rien. La fatigue aidant, tout son corps s'était endormi, ne laissant que son cerveau et ses yeux en état de fonctionner. Il regarda le brun refermer délicatement le point avant de couper le fil et de désinfecter. Il passa ensuite dans le dos du médecin. La lumière était mauvaise sous cet angle, il lui fallut s'approcher afin d'y voir clair.

Le souffle chaud du jeune homme heurta la peau du médecin qui se raidit brusquement. Sherlock, qui avait approché l'aiguille, érafla la peau.

« -Pardon. » s'excusa-t-il vivement.

John ne répondit pas, trop surprit des sensations qui naissaient en lui au souffle de son ami sur lui. Il frissonna quand, de nouveau, il sentit un souffle se glisser le long de sa colonne vertébrale.

« -Cesse de bouger. » Grogna le détective.

John s'en efforça, échouant lamentablement quand l'aiguille entra en contact avec sa peau. L'arrière était plus sensible que l'avant apparemment. Prenant sur lui, il se concentra sur le souffle agréable qui le faisait frissonner. Il sentit à peine le point de suture se refermer et encore moins les ciseaux venir effleurer sa peau pour couper l'excédent de fil.

Le souffle de Sherlock s'éloigna alors que son propriétaire attrapait son coton imbibé d'alcool.

« -Il faut refaire ton bandage maintenant. » indiqua-t-il en désinfectant le point et l'éraflure.

« -Je sais. » Souffla le blond.

Sherlock se pencha pour attraper deux compresses et un bandage.

Il posa une compresse à l'avant de la blessure et demanda à John de la maintenir. John obéit sans s'en rendre compte. Sherlock posa la seconde compresse sur son genou avant de dérouler le début du bandage. Il posa sa main sur la main de John.

« -Il faut que tu tiennes cela aussi. »

Et John obéit, le souffle court alors que Sherlock avait posé son menton sur son épaule pour lui parler. La chaleur qui irradiait de sa main était se fit presque brûlure. Le détective avait-il demandé à ce qu'on chauffe la pièce en son absence ? Il faisait soudainement très chaud et le souffle de Sherlock glissant sur le lobe de son oreille ne l'aidait pas à maintenir une chaleur corporelle convenable.

Le souffle et son propriétaire s'éloignèrent alors que l'autre compresse était pressée sur son omoplate. Le bandage suivit le mouvement avant de passer sous son aisselle. Les bras de Sherlock le serrèrent contre lui alors qu'il s'appliquait à dérouler la bande autour de son torse.

John n'était plus que sensation. Au fil des soins, il s'était peu à peu détendu au point d'en oublier où il était. Sa main avait lâché la compresse depuis longtemps pour venir naturellement se poser sur le genou de son soigneur. Il se laissait aller aux soins aimants d'un homme qui, sans qu'il se l'explique, l'attirait.

Le mouvement répétitif d'aller et venue sur son dos, couplé à la chaleur qui se dégageait du corps derrière lui et au souffle sur son cou lui firent pousser un gémissement de plaisir. Jamais on ne s'était occupé de lui ainsi. Sa main se crispa sur le genou de Sherlock alors que ce dernier, d'un geste maladroit, avait accidentellement bousculé l'épaule déjà malmenée.

Surprit par ce gémissement autant que par la crispation de la main sur sa jambe, Sherlock s'arrêta un moment avant de reprendre son mouvement. La bande arriva bientôt à son extrémité qu'il coinça sous les couches successives qu'elle formait dans le dos de John.

Alors qu'il posait les mains sur les épaules de son ami dans le but de lui signifier la fin de sa tâche, il eut la surprise de le sentir s'adosser contre lui.

« -Merci Sherlock. » murmura le médecin, les yeux fermés.

Le détective s'autorisa un geste qu'il se serait interdit dans d'autres circonstances. Il posa les mains sur les flancs de son compagnon, caressant doucement la peau accessible sous le bandage. John ronronna au doux toucher. Il était bien dans la chaleur du détective qui l'enveloppait, il n'avait même pas besoin de son haut de pyjama. Sherlock lui suffisait.

Le détective laissa glisser ses mains sur le ventre du blond qui ne trouva rien à redire à ce geste. Les longs doigts du musicien vinrent encadrer le nombril du médecin. Posant ses mains sur celles de son compagnon, John donna une impulsion qui les fit basculer en arrière et sur le côté, la tête sur les oreillers.

Sherlock allait se relever, abandonnant son ami au sommeil mais John l'en empêcha en agrippant ses mains.

« -Laisse, tu rangeras demain. »

Et il s'endormit, laissant Sherlock dans l'expectative.

*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/

Voili, voilou !

Vous avez de la chance, il n'y avait rien à la télé alors que je me suis consacrée à vous après deux jours de peinture pour ma salle de bain.

Il est actuellement minuit et une minute, je suis vannée, je vais me coucher. Demain, je dois faire les corrections et couper des plinthes pour ma chambre.

Quand je vous dis que j'ai une vie de dingue.

J'ai pensé un moment vous refaire la scène de l'hôtel mais à Holmes Manor. C'est presque ce que j'ai fait. C'était pour me faire pardonner de l'attente. Vous vous rendrez aussi compte que ce chapitre est un peu plus grand que les autres.

Au prochain, je dépasse les 100 000 mots ! Et pour fêter ça, je crois qu'il y aura un premier baiser. Et oui, je suis une grande romantique.

Bon allez, je vous laisse. Je vais dormir.

Si vous avez des remarques, n'hésitez pas à me les communiquer.

S'il reste des fautes d'orthographe, j'en suis navrée, ce fichu correcteur d'orthographe ne sait même pas ce qu'est une plinthe !

Au prochain chapitre si le cœur vous en dit.

Bises

Magdaline.