Bonjour à tous !

Nous sommes actuellement lundi 19 Août, il est 14h07 et je me mets en route pour vous écrire ce nouveau chapitre qui doit être publié demain. Je dois vous avouer que je suis complètement vannée. Ce n'est pas le travail cette fois mais des travaux que j'entreprends chez moi pour des raisons de déco plus supportable du tout. Deux jours pour décoller le papier peint, j'en ai chi** comme on dit et mes doigts n'en peuvent plus. Heureusement d'ailleurs qu'une copine m'a prêté une décolleuse à papiers peints, je n'en serais jamais sorti. Il me reste à retapisser avec un copain samedi prochain, à recoller des plinthes et à peindre les boiseries. Il n'y en a pas pour des heures mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est donc relâche. Enfin pas tout à fait parce que je vous écris quand même ce chapitre que vous attendez avec impatience je crois.

J'ai été très heureuse de vos réactions quand au chapitre précédent que je savais vous plaire mais pas à ce point quand même ! Je gagne tous les jours de nouveaux lecteurs tout en gardant mes fans que je remercie d'ailleurs chaleureusement de me suivre depuis le début.

Réponses aux commentaires (Je vais peut-être faire plus court que d'habitude, fatigue oblige !) :

Celtica1 : Merci d'avoir répondu à ma question. Maud apparaitra certainement dans le chapitre qui arrive, j'aimerai lui faire avoir une conversation avec son fils cadet et peut-être une autre avec John avant un autre chapitre plus en « confrontation » de sentiments entre John et Sherlock.

Choupette50 : Alors comme ça tu te précipites sur les chapitres ! Désolée pour tes invités, j'espère juste que ta libido t'aura laissé tranquille jusqu'à être seule ou non dans ton lit ou autre part ! Je vois que tu es aussi guimauve que moi voire bien plus. J'espère juste que le sucre n'a pas collé ton sol. Pas de lemon pour ce chapitre mais des conversations certainement un poil intéressante et incluant Maman Holmes.

Barjy02 : C'était le seul moyen de le soulager un tant soit peu. Pauvre Sherlock en proie à une libido qu'il a toujours négligée et laissée de côté. Je crois que Mummy va avoir du travail ! Il est tellement évident dans les lignes de Sir Arthur Conan Doyle qu'ils sont faits l'un pour l'autre que je me voyais mal les entrainer dans une autre relation que celle imaginé par l'auteur. J'ai un peu peur de finir cette fic trop vite ou même de la faire durer trop longtemps en rajoutant encore et encore. Je suis en stress à cause de ça. Je me demande s'il y aura encore beaucoup de chapitre ou pas. Je crois que pour une fois, je serais heureuse de les laisser faire tous seuls.

Liseron : Le ventilateur est le meilleur ami de la slasheuse !

Rhéa : Il y a des urgences tu sais, et celle qui se dressait entre ses jambes était assez impressionnante. Des descriptions bien branlées ? Je n'aurais pas osé la comparaison en fait lol. Merci d'avoir laissé une réponse à ma question. J'espère que ce chapitre te plaira autant. Bises.

Nikitta68 : Pourquoi s'arrêter là ? Pour laisser Maman Holmes entrer dans la danse ! Allez laissons Mummy arriver et avoir une conversation avec son fils et peut-être son futur gendre…

Fishina : Je connais cette sensation frustrante. Devoir aller se coucher alors qu'il reste si peu de chapitre à lire alors que votre réveil vous presse d'aller dormir. Merci à toi pour ce commentaire très rafraichissant. Je vois que finalement tu es arrivé au bout de la fic. La suite arrive.

Electre1964 : J'ai vraiment du mal à écrire des lemons, je dois rester focalisé sur ce que je fais et laisser mes doigts suivre mon imagination. Ils sont parfois trop lent pour mon cerveau de malade !

Clina9 : Je vous avez promis un premier baiser, je n'avais pas dit comment il allait se passer lol. Je suis aussi régulièrement en retard, ne t'inquiète pas de cela. Tant que cela te plait, c'est tout ce qui compte.

Glasgow : On aimerait faire ce genre de rêve plus souvent n'est-ce pas ? J'ai tellement de mal à écrire ce genre de scène si tu savais. Je relis encore et encore jusqu'à ce que cela me paraisse convenable.

Patte-de-neko : En fait, ce chapitre sera constitué d'une réponse à tes commentaires lol. Tout d'abord, merci d'avoir pris le temps de commenter chaque chapitre ou presque. Comme tu l'as remarqué, je suis très à cheval sur les détails historiques. Simplement parce que je suis historienne de l'art de formation. J'ai donc étudié l'histoire par le biais du regard des artistes. J'aime voir les histoires prendre forme dans le cadre de l'Histoire. Merci encore pour tous tes compliments, je suis quelqu'un de très peu sûre de moi et de mes écrits. J'espère que ce chapitre te conviendra.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, j'emprunte les personnages soit à l'Histoire, soit à Sir Arthur Conan Doyle, soit à Mark Gatiss et Steven Moffat. Je ne touche aucune rémunération pour ce que j'écris.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens.

Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

J'ai totalement mal aux mains, la faute au couteau à plâtre. J'espère arriver au bout de ce chapitre sans que mon index droit tombe… Espérez avec moi mes frères et sœurs.

Des nouvelles de mes doigts à la fin de ce chapitre.

A tout à l'heure en bas …

Bisous

Magdaline.

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Chapitre 23

Le matin suivant, John se réveilla très tôt, incommodé par un rayon de soleil qui filtrait par un interstice entre les deux lourdes tentures recouvrant la porte-fenêtre.

Il se retourna dans le lit, fuyant la lumière et oubliant par là-même son épaule blessée.

Un gémissement de douleur lui échappa lorsque sa blessure se rappela à lui de la plus désagréable des façons.

Retombant sur le dos, il y porta la main afin d'en apaiser la douleur. Les yeux fermés, concentré sur cette dernière, il n'entendit pas la porte s'ouvrir et Mrs Hudson entrer, un plateau à la main.

Le bruit cristallin de la porcelaine s'entrechoquant lui fit ouvrir les yeux. Ses réflexes de soldat, entretenus par des semaines de guerre, furent plus lent qu'à l'accoutumée. Il se redressa rapidement, la main sous son oreiller à la recherche de son arme et les yeux scannant la pièce à la recherche de l'intrus. Mais l'arme n'était pas à sa place. Il n'était pas chez lui.

Un soupir de soulagement accompagna la découverte de Mrs Hudson. Avec un sourire, elle le regarda se rallonger avant de s'adresser à lui en ces termes :

« -Bonjour mon garçon. Comment allez-vous ce matin ? » Demanda-t-elle en lui servant une tasse de thé.

John grogna une réponse incompréhensible.

Les années de garde d'enfant avant laissé à Mrs Hudson une bonne compréhension des baragouinements. Souriant, elle lui tendit sa tasse de thé et une coupelle contenant un antidouleur qui n'aurait pas du se trouver là.

Les médicaments étaient en nombre insuffisant après la guerre et sa blessure à l'épaule n'était pas une blessure suffisamment grave pour lui allouer ce médicament de confort.

Mais John ne se fit pas prier, il avala le comprimé avec une gorgée de thé chaud.

« -Je vais bien Mrs Hudson, je vous remercie de m'avoir apporté le petit déjeuner. »

Mrs Hudson lui fit un clin d'oeil.

« -De rien mon garçon, je suis là pour cela. »

Et elle lui posa le plateau sur les genoux du médecin et quitta la pièce en lui rappelant :

« -Je reviendrais dans quelques minutes, mangez puis je vous aiderais à faire votre toilette. »

John mangea son petit déjeuner avec entrain, affamé après la nuit de cauchemars qu'il venait de passer.

Revenant sur sa nuit, il s'inquiéta du brouillard qui entourait la dernière partie de celle-ci. Il se souvenait d'avoir été réveillé par Sherlock, d'avoir prit une douche, d'être sortit de la baignoire avec l'aide de Sherlock, d'avoir enfilé son pantalon de pyjama puis plus rien de défini. Il se souvenait des sensations mais pas des actions. La fatigue lui embrouillait encore l'esprit.

A en juger par le pansement propre qui lui barrait le torse et par l'absence de chemise, il n'avait pas eut la force de se rhabiller après que Sherlock l'ai aidé à refaire son pansement et ses points. Serein après cette constatation, il continuait à déjeuner quand la porte s'ouvrit de nouveau.

Maud apparut, les yeux pétillants.

« -John ! Je suis heureuse de vous voir éveillé et alerte. Etes-vous bien installé ? »

Le médecin avala le contenu de sa bouche avant de répondre.

« -Très bien, merci de m'accueillir chez vous de nouveau.

-Ne me remerciez pas, vous avez sauvé la Reine. » Répondit gaiement la vieille dame.

« -Je n'ai fait que mon devoir vous savez. »

Maud haussa les épaules, changeant brutalement de sujet.

« - Je n'ai pas vu Sherlock sortir de votre chambre hier soir, j'espère qu'il ne vous a pas importuné trop longtemps. Cet enfant n'a pas conscience de l'heure tardive et vous sembliez fatigué. »

John détourna les yeux, rougissant légèrement.

« -Non, il s'est occupé de moi. Ma blessure s'est réouverte. »

Maud sourit.

« -Je savais que ces heures passées à recoudre des cadavres lui serait bénéfique. Mycroft ne voulait pas me croire quand je lui ai dis.

-Et il a fait cela très bien, parole de médecin ! » s'exclama-t-il en riant.

« -Je vais vous laisser déjeuner tranquillement dans ce cas. Mrs Hudson s'occupe de vous n'est-ce-pas ?

John hocha la tête et Maud lui souhaita une bonne matinée avant de sortir.

John finit son petit déjeuner en repensant aux soins prodigués par Sherlock durant la nuit.

Malgré le manque de diplôme, Sherlock avait parfaitement effectué les soins, refermant la plaie comme un professionnel. Le pansement, très bien fait, était digne d'un professionnel aguerri. John était surpris mais ravi de voir que son compagnon avait de multiples talents encore cachés à ses yeux.

Il toucha son épaule, heureux de sentir la douleur s'estomper sous l'effet de l'antidouleur. Le médicament lui fit aussi perdre une partie de sa concentration, l'obligeant à se rallonger contre les oreillers. Il ferma les yeux, heureux de se savoir en sécurité et entouré de personne qui se souciaient de lui. Les barrières de sa conscience s'effritèrent, prête à tomber pour laisser place au sommeil.

La voix de Sherlock, qu'il percevait à travers la porte, ne le sortit pas de sa transe. Elle l'enfonça même plus profondément dans sa veille.

Les mots du détective glissèrent dans son oreille, atteignant le centre des perceptions auditive. Son cerveau, mêlant le rêve et la réalité lui délivra des images qu'il croyait rêver.

John s'enfonça dans son rêve ou plutôt dans un souvenir. Il sentit d'abord un souffle chaud dans son cou avant de voir deux mains lui encercler la taille. Deux grandes mains se posèrent autour de son nombril et il s'entendit parler.

« -Laisse, tu rangeras demain. »

Et il se sentit pousser en arrière, entrainant avec lui le corps qui le maintenait droit.

John ouvrit brusquement les yeux. Il tourna la tête vers le côté du lit, laissant son cerveau assimiler le décor.

Sa trousse de médecin était ouverte sur le sol et ses instruments étaient éparpiller sur le sol, comme dans ses souvenirs.

Alors ce n'était pas un rêve ? C'est bien Sherlock qui avait dormi avec lui cette nuit après l'avoir soigné ? Il avait poussé Sherlock à dormir avec lui en lui refusant toute retraite ? Toutes ces questions se bousculant dans sa tête ne lui laissaient pas un moment de répit. Il sentait la migraine poindre alors qu'il cherchait désespérément une réponse à toutes ses interrogations.

Il n'eut pas l'occasion d'aller plus loin dans ses réflexions. Mrs Hudson entrait dans la chambre pour l'aider à faire sa toilette.

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Dans le couloir de l'entrée, alors que Sherlock faisait les cents pas devant la porte de John, Mrs Hudson était revenu s'occuper de son patient. Le brun n'avait pas fait attention à sa présence jusqu'à ce qu'elle pose une main sur son bras.

« -John est réveillé, tu peux aller le voir si tu le souhaites mon petit. »

Sherlock se figea avant de répliquer.

« -Il a plus besoin de vous que de moi pour le moment. Allez donc l'aider à se doucher. »

Et il repartit d'un pas raide, conscient que son ton sec était blessant pour sa nourrice mais incapable d'aller s'excuser. Sa mère l'attendait pour le petit déjeuner.

Maud avait fait servir le repas dans la petite salle à manger. La grande était beaucoup trop froide et réservée aux réceptions en tout genre qui ponctuaient la vie de la famille Holmes.

Quand Sherlock entra dans la pièce, Maud était déjà installée et entamait son repas.

« -Bonjour mon chéri. As-tu bien dormi ? »

Sherlock grogna une réponse en rougissant et s'installa.

« -Voyons Sherlock, il n'est pas nécessaire d'être désagréable avec ta mère. Je ne suis pas responsable de ta mauvaise nuit. » Le gronda-t-elle doucement.

« -Pardon Maman. Je ne voulais pas. » S'excusa le détective, la tête baissée, honteux de son comportement envers sa génitrice.

Maud tendit la main qu'elle passa dans les cheveux de son fils.

« -Que t'arrive-t-il Sherlock ? Tu sais que je peux tout entendre. »

Sherlock attrapa le poignet de sa mère avant qu'elle ait pu retirer sa main et posa sa joue dans sa paume.

Le contact chaud le calma. Maud reposa sa tasse de thé, inquiète des réactions disproportionnées de son fils.

« -Mon chéri ? » Demanda-t-elle.

Sherlock relâcha la main de sa mère, joignant les siennes devant sa bouche, soucieux.

« -J'ai dormi avec John hier soir. »

Cette constatation frappa Maud qui eut un sursaut de surprise. Pourtant, elle ne jugea pas, s'en tenant aux faits comme le faisait ses fils depuis des années.

« -Pourquoi ? » Demanda-t-elle alors.

« -Il faisait un cauchemar et j'ai voulu le réveiller. Sa blessure s'est rouverte dans la bataille. Il fallait qu'il se lave et que l'on s'occupe de sa blessure. Alors je l'ai aidé et j'ai dû m'occuper de deux points de suture, un à l'avant et l'autre à l'arrière. Quand j'ai eu terminé, j'ai voulu ranger mais… Il a refusé et m'a poussé dans le lit. Je me suis endormi sans m'en rendre compte.

-Tu dors pourtant très peu. »

Sherlock soupira.

« -Je n'ai pas eu de difficultés cette fois-ci. »

Il garda le silence un long moment. Tellement long que Maud se décida à intervenir.

« -Qu'as-tu ressenti hier soir ? »

Sherlock plongea son regard dans les yeux de sa génitrice, toujours silencieux.

« -Je sais que tu n'aimes pas parler de sentiments, je sais aussi que tu t'es interdis de ressentir pour laisser place à la logique. Il semble pourtant que tu te sois laissé prendre par des sentiments hier soir. Saurais-tu me les exprimer ? »

Le ton doux de Lady Holmes n'y fit rien, Sherlock demeurait silencieux, perdu dans ses pensées. Des émotions ? En avait-il un jour éprouvé ?

Il se souvenait du déchirement qu'avait causé la mort de son père. Il se souvenait aussi de sa promesse de ne plus rien ressentir tant ces sentiments lui avait infligé de souffrance. Ils l'avaient coupé de toute forme de logique au point de lui faire faire des choses qu'habituellement il ne faisait pas.

A chaque anniversaire de son décès, Sherlock ressentait une pointe de tristesse qu'il s'empressait de réprimer pour ne pas la laisser s'emparer de lui. Il l'avait laissé faire une fois. Les conséquences en avait été dramatique. L'enquête qu'il menait à l'époque avait faillit lui coûter la vie par manque d'attention.

Avait-il éprouvé des sentiments cette nuit ? Il se rappelait des sensations expérimentées au contact de John, ses sensations qui l'avaient envahis cette nuit et du rêve qui l'avait obligé à sortir si vite de cette chambre où son cœur était emprisonné.

Il ferma les yeux, se rappelant de tout ce qu'il s'était passé la veille. La sensation de la peau de John sous ces doigts lui revint et un frisson dévala sa colonne vertébrale. Le rouge lui monta aux joues quand il se souvint de la chaleur du dos du médecin contre torse. La réaction de son corps et le rêve qui avait suivi étaient bien trop explicites pour être ignorés.

Il n'avait jamais fait ce genre de rêve et où alors il avait effacé ceux qu'il avait fais, comme il avait effacé les autre. John lui avait dit un jour que les rêves étaient le reflet de l'inconscient, qu'ils étaient le seul moyen qu'avaient nos désirs réprimés de remonter à la surface pour s'exprimer.

S'il en croyait ces mots, son désir profond était donc d'avoir des relations d'ordre sexuel avec John. Sherlock ne connaissait pas grand-chose aux sentiments mais il savait faire la différence entre désir et amour. Ce qu'il avait éprouvé cette nuit dans son rêve était du désir physique pur, pas de l'amour.

Et les autres jours alors ? Depuis leur rencontre, qu'éprouvait-il pour John ? Gratitude pour l'avoir sauvé ? Oui, évidemment. De l'admiration ? Un peu c'est vrai. John était un homme admirable qui avait toutes les qualités requises pour faire un bon mari. Sherlock n'était pas une femme en quête de mari mais les qualités qu'il admirait faisaient du médecin un compagnon de vie des plus agréables.

John ne l'avait jamais jugé sur ces capacités ou ses attitudes. John était tout entier dévoué aux autres et à la connaissance d'autrui. Le blond ne commentait aucune de ses lubies, s'énervait très rarement contre ses expériences et était réceptif aux petites attentions qu'il déployait.

La cérémonie à Buckingham Palace et les évènements qui en découlaient et avaient amenés John jusqu'ici l'avait profondément marqué. Il en gardait une peur irrationnelle de voir John le quitter de manière définitive.

Car il n'imaginait pas d'autre moyen pour John de le quitter que de mourir. John ne pourrait pas le quitter pour une autre n'est-ce pas ? Cette formulation choqua Sherlock plus qu'il ne le croyait. Une autre ? Cela voulait donc dire que son cerveau l'assimilait déjà comme un compagnon auquel on dédit sa vie ?

A cette constatation, son rythme cardiaque s'accéléra. Il repensa à la question de sa mère, cherchant à mettre des mots sur ces sensations qui l'assaillaient maintenant qu'il avait conscience de ce qui se déroulait dans son cœur et dans sa tête.

« -Sherlock ? » l'appela Maud le sortant ainsi de ses pensées.

« -Je… »

Se retrouver à court de mot était une situation inédite pour le détective.

« - Que te dis ton corps quand tu es près de lui ? » demanda Lady Holmes.

Des questions simples pour y voir plus clair étaient le meilleur moyen pour que Sherlock se livre un peu.

« -Je… Mon rythme cardiaque ainsi que ma respiration s'accélèrent.

-Je vois. Comment te sens-tu quand John est hors de ta vue ? »

Sherlock soupira.

« -Je m'ennuie.

-Que ressens-tu quand tu le vois avec une autre personne. » Demanda encore Maud.

Les poings de Sherlock se serrèrent. Son visage se ferma au point de ne laisser entrevoir que l'éclat de haine dans ses yeux. Maud n'avait pas besoin de réponse. Que son fils ait supporté Mary aussi longtemps était déjà un miracle en soi.

Prenant tout d'un coup conscience de sa réaction, il tenta de se maitriser.

« -Comment réagirais-tu s'il venait à t'annoncer son mariage avec une quelconque femme. Cette Mary par exemple. »

Sherlock se leva d'un coup, faisant basculer sa chaise.

Si John avait pu le voir à cet instant précis, il aurait cru revivre son cauchemar. Sherlock, dressé dans toute sa splendeur était magnifique de colère et terrifiant de haine.

« -Jamais je n'accepterai qu'il parte avec cette… cette … Mary ! Ni avec aucune autre d'ailleurs. C'est moi qu'il a sauvé, je lui dois la vie et je compte bien la lui donner cette vie. Je n'ai que faire de vivre si c'est pour le voir avec une autre et loin de moi ! »

Le ténor naturel de sa voix était encore descendu pour ne devenir qu'un grondement sourd à la fin de sa tirade.

Si Maud n'avait pas mieux connu son fils, elle aurait eu peur. Les colères de Sherlock étaient dévastatrices quand il était enfant. Celles de l'adulte qu'il était aujourd'hui étaient encore pires. Mais cette colère se calma quand il rencontra le regard tendre de sa mère. Il retomba sur sa chaise qu'un domestique avait relevée sans qu'il ne s'en aperçoive. Quel détective il faisait.

Il plongea la tête dans ses mains. Les coudes sur la table, il cherchait des réponses qu'il ne pouvait pas trouver seul.

Heureusement pour lui, il avait une mère compréhensive et qui connaissait suffisamment son fils pour l'aimer sans le juger.

« -Voudrais-tu qu'il reste près de toi ?

-Oui.

-Voudrais-tu l'avoir dans ton champ de vision à chaque minute ?

-Oui.

-Voudrais-tu éliminer toute personne qui s'approche d'un peu trop près de lui ?

-Oui.

-L'aimes-tu ? »

Emporté par cette avalanche de question dont les réponses étaient identiques, Sherlock répondit à cette dernière sans la moindre hésitation.

« -Oui. »

Maud lui passa alors une main dans les cheveux et se leva pour lui déposer un baiser sur le front.

« -Alors va le retrouver mon fils et soit heureux. Je te demande juste de faire attention à vous. Votre amour est interdit par les lois de ce pays. Je ne voudrais avoir à venir vous voir en prison ou même assister à votre exécution. C'est au dessus de mes forces. »

Sur ces mots, elle laissa son fils seul avec ses pensées et s'en fut vers la chambre d'ami abritant le soldat blessé qui avait réussit à capturer le cœur de son cadet.

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John, depuis son lit, s'interrogeait sur la suite des événements. Qu'allait-il faire dans les semaines à venir ? Il ne se voyait pas attendre dans son lit toute la journée que son épaule cicatrise. Il voulait se lever et aller se promener dans ce jardin qui lui tendait les bras.

Mrs Hudson venait de sortir après l'avoir aidé à faire sa toilette. Il n'attendait pas de visite avant l'après-midi. Sa logeuse avait rangé sa trousse médicale après en avoir fait l'inventaire. John allait devoir la réapprovisionner dès son retour à l'hôpital.

Il se demanda si on avait prévenu son supérieur de son absence. Il décida que oui et ne s'en inquiéta plus. Tant pis s'il manquait à l'appel. Il avait sauvé la Reine nom de nom.

Peu intéressé par son lit, il retira prestement les draps qui le recouvraient. Doucement, il sortit les pieds du lit avant de s'avancer tant bien que mal pour les poser sur le sol. Ce mouvement demanda l'aide de ses bras. Avec une épaule blessée, ce fut très difficile.

Grognant de douleur malgré les antidouleurs, il se leva. Mrs Hudson avait refusé de le laisser se vêtir d'autre chose que d'un pyjama et il ne comptait pas sortir dans cette tenue. Il ouvrit la garde-robe rangée par Sherlock la veille et en sortit une chemise et un pantalon de velours côtelé.

John s'appuya sur le dossier d'un fauteuil afin d'enfiler son vêtement. Il ferma des boutons de son pantalon avant de revêtir sa chemise de flanelle.

Il était tellement concentré sur sa tâche qu'il n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir ni même Maud se glisser dans la pièce en refermant la porte.

« -Vous sortez John ? » Demanda-t-elle.

Surprit, le blond se retourna en plaquant la chemise sur son torse. Il n'était pas convenable de se présenter ainsi devant une dame.

« -Maud… Je vous prie de m'excuser, je ne suis pas présentable. »

La vieille femme pouffa.

« -A mon âge John, plus rien ne me choque. » Répondit-elle en souriant. « Mais vous n'avez pas répondu à ma question. »

John se retourna afin d'enfiler sa chemise à l'abri du regard tendre de son hôte.

« -Je ne veux pas passer ma convalescence au lit. Je suis blessé à l'épaule mais mes jambes vont très bien. Je voudrais sortir. »

Maud s'approcha en le voyant près à partir.

« Accompagnerez-vous une vieille femme dans sa promenade matinale ? J'ai à vous parler. »

John accepta et ils sortirent ensemble.

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La balade durait depuis un bon moment déjà. Maud, au bras de John, allait d'un pas tranquille, entrainant le médecin avec elle dans sa marche. Ni l'un ni l'autre n'avait dit un mot depuis le départ de la maison. Le calme les entourait, uniquement troublé par le chant de quelques oiseaux perdus dans le parc.

Le jardin qui entourait Homes Manor était immense. Il se composait d'une immense pelouse à proximité du manoir. Des parterres parfaitement entretenu de fleurs de toute sorte égayait cette étendue verte de points de couleur. Plus loin, de vieux arbres au tronc imposant projetaient leur ombre rafraîchissante sur le parc.

« Maud ? Puis-je vous poser une question ? » Demanda John hésitant.

« -Je vous écoute John. » Répondit Lady Holmes en l'observant attentivement.

Si John s'était adressé à Sherlock, ce dernier lui aurait répondu par une boutade avant de lui reposer la même question.

« -Je… Savez-vous qui est l'auteur du coup de feu destiné à la Reine ? »

Maud savait que cette question viendrait tôt ou tard sur le tapis. Elle avait juste espéré avoir un peu plus de temps pour préparer une réponse.

« -Je ne vois pas en quoi cela est important. » Répondit doucement la dame.

John s'arrêta, retenant Maud d'une main sur la sienne. La dame lui fit face, levant légèrement la tête pour plonger son regard dans celui du médecin.

« -C'est la seule pièce qu'il manque au puzzle de cette soirée. J'aimerai le connaitre afin d'en recomposer l'entièreté. »

Maud soupira en baissant la tête.

« -Mycroft pense que vous mentir est la solution afin d'éviter la culpabilité.

-Depuis quand votre fils prend-il soin de ma santé ? » Demanda John avec une grimace.

« -Mycroft est un homme bon quoique son frère puisse dire. Il pense à votre santé.

-Cela ne répond pas à ma question Maud. Qui est la personne qui a tiré sur la Reine ? »

Les joues rouges et les sourcils froncés, les traits de John étaient particulièrement durs. Il voulait une réponse et entendait bien l'obtenir.

Maud soupira. Puisque John le voulait, alors Maud satisfaire sa curiosité.

« -Le colonel Henry Whitehall. »

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Bon d'accord petit chapitre mais riche en émotions pour Sherlock et John. Et puis je n'en suis pas très fière, vraiment je n'aime pas ce chapitre.

Je corrige ce chapitre demain avant de vous le livrer. J'ajouterai peut-être une conversation entre John et Maud à propos de son patient.

Au prochain chapitre, la réaction de John et peut-être la consolation de Sherlock.

S'il reste des fautes d'orthographe, j'en suis navrée.

Bises

Magdaline

PS : Publication de ce chapitre à 22h40 le mercredi. Je vais me coucher en espérant qu'une autre catastrophe ne me tombe pas sur la tête cette fois-ci. Non parce que 300 € de trous dans ma caisse et ma grand-mère qui se casse une jambe en Irlande, c'est assez pour aujourd'hui (Ceci dit, j'ai retrouvé les 300€ hein !).