Bonjour à tous !

En ce week-end de Braderie de Lille, je reste claquemuré chez moi pour éviter la foule que je déteste. Sous mes fenêtres, c'est un remue-ménage pas possible, j'aurais dû m'exiler chez mes parents avant que ça commence, trop tard ! Et tant pis.

Remarquez que je suis en avance d'écriture cette semaine, on est dimanche midi et je me mets en route pour écrire, c'est un grand pas en avant. Il faut dire aussi que j'ai un week-end grandiose de 5 jours et demi. Je pouvais bien vous consacrer une demi-journée.

Comme à chaque rentrée, j'ai pris de bonnes résolutions que je ne tiendrais pas. Mais au moins, je le sais lol. La seule que je tiens encore, à mon grand étonnement, est de vous écrire un chapitre par semaine sans, presque, m'arrêter en route. Moi qui, d'habitude, attends d'avoir fini une histoire avant de la publier ou du moins d'avoir plusieurs chapitres d'avance, cela me change et c'est un challenge de tous les instants. Et j'aime les challenges… C'est ce qui me fait avancer. Dans les semaines qui suivront la fin de cette fic, qui ne saurait tarder, j'aimerai me remettre à la traduction. J'ai lu dernièrement des fics anglaises sur la mini-série de la BBC « Parade's end ». Il y en a quelques-unes qui me plaisent vraiment et que j'aimerai faire partager aux lecteurs français. Si les auteurs sont d'accord bien entendu.

Et puis je crois qu'il va y avoir un meurtre dans pas longtemps. Le meurtre de mes voisins du dessous. Qui font la fête jusque 2 heures du matin et pas plus parce que je suis descendu dire que ça suffisait et qui hurle le lendemain à 8 heures. Calcul du nombre d'heures de sommeil : 6 heures, ce n'est juste pas assez pour un dimanche !

Voilà, ceci est ma vie en ce moment lol.

Passons à ce qui vous intéresse en début de chapitre : Les réponses aux commentaires :

Theincredibleinspitter : Pauvre chéri, brimé dans son quotidien lol. La voilà la confrontation entre John et Sherlock. Elle risque d'être musclée.

Clina9 : Tu n'as pas de raison d'être étonnée de la réaction de John face au colonel Whitehall, elle est totalement dans son personnage et dans son caractère. J'en connais un autre comme ça. Un de mes collègues, prêt à défendre la veuve et l'orphelin pour une décision qu'il considère comme une injustice. J'en ai d'ailleurs fait les frais il n'y a pas si longtemps.

Choupette50 : Après la guimauve, tu fais dans le religieux Choupette ? Il n'arrivera rien d'irréversible à nos deux protagonistes. Enfin je crois. Je te l'ai dis, ils n'en font qu'à leur tête, je ne suis pas toujours responsable de leurs faits et gestes. J'essayerai donc de les maîtriser afin de ne pas accentuer ton extraordinaire propension à l'exagération.

Liseron : Mummy est une magicienne et surtout, elle a beaucoup plus d'expérience que ces deux-là en matière de sentiments. Et puis, il faut bien que Mycroft et Sherlock tiennent leur propension à la manipulation de quelqu'un non ? Qui de mieux placée qu'une dame de compagnie auprès de la famille royale pour exercer ce talent et le transmettre à ses enfants ?

Barjy02 : Je savais que cette annexe te ferait un plaisir fou. Je l'ai mise dans ce chapitre en pensant à toi. Je viens de lire le chapitre suivant de ta fic, j'en suis toute retournée. Quelle indicible idiote cette Suzanne. Bref, ce n'est pas le sujet. Je suivrai ton conseil pour les thermes de Caracala. Il faut que je me fasse un programme et pour cela, il me faut mon indispensable « guide du routard ».

Amako-sama : Quelle promesse tu me fais là Amako-sama ! Quoique je puisse comprendre ton cerveau, le mien demande aussi une pause à partir d'une certaine heure de la nuit.

Fishina : Je sens en toi une pointe de frustration quand à la fin du chapitre précédent lol. Lutter, il va encore le faire, contre ses sentiments mais aussi contre une société étriquée qu'il jugera injuste et contre son propre cerveau. Pauvre John !

Alex : Bon retouuuuuuuuur ! Merci pour ma grand-mère, il faudrait que je l'appelle, mais j'ai la flemme, elle va encore me tenir la jambe pendant des heures et je n'ai pas envie de l'entendre raconter ses malheurs aujourd'hui, je téléphonerais demain… peut-être.

Electre1964 : Tu as parfaitement raison Electre, l'auteur se mélange les pinceaux. C'est le gibet qu'il risque puisque l'Angleterre donnait la mort par pendaison. Sur le moment le mot correct ne m'est pas revenu. Une erreur de plus à corriger quand j'aurai terminé l'écriture de cette fic.

Vera Spurnes : Patience Vera, la confrontation arrive… ou pas lol.

Nikitta68 : La patience est une vertue ! Du moins, c'est ce qu'on m'a toujours dit. Tu crois que c'est vrai ? Nous verrons.

Mysterie : Bienvenue sur cette fic dans ce cas. Je suis heureuse que tu me laisses un petit mot. Etant donné que je ne le fais pas moi-même, c'est d'autant plus appréciable. Je suis tout de même étonnée du fait que mon histoire soit ta « parenthèse joyeuse ». Ce n'est pas l'histoire la plus joyeuse du fandom bien au contraire. Pour être honnête avec toi, c'est un défi que je me suis lancé, de faire une histoire à chapitres suffisamment longue pour entrer dans la catégorie des + de 100 000 mots. Et puis ne nous aveuglons pas. Les réponses aux commentaires et les précisions historiques donnent aussi beaucoup de longueur à ce texte. Merci pour tes compliments et j'espère que ce chapitre te plaira.

Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir.

Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

A tout à l'heure en bas …

Bises

Magdaline.

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Chapitre 25

John était resté longtemps dans le jardin. Ses pensées, toutes aussi improbables que dévastatrices, avaient emporté avec elles les barrages de son éducation, lui ouvrant des portes closes jusque là. Ces portes menaient à d'autres idées, à d'autres avenirs, à des perspectives qu'ils n'avaient même pas imaginées.

Il tournait dans le jardin, faisant les cents pas sur la pelouse bien entretenue de Holmes Manor, confus et incapable de remettre de l'ordre dans ses pensées.

De la fenêtre de sa chambre, Sherlock l'observait, se demandant ce qui pouvait agiter ainsi son compagnon.

Après le petit déjeuner, le détective s'était réfugié dans sa chambre. Il avait trouvé là un refuge qu'il ignorait posséder. Une chambre n'avait qu'une seule fonction. Celle d'abriter le sommeil de son occupant et de lui offrir une intimité toute relative dans ce moment de relâchement qu'était l'inconscience du repos. Mais aujourd'hui, comme le jardin qui semblait abriter les pensées sombres de son compagnon, la chambre de Sherlock abritait le tourbillon qui faisait rage sous son crâne.

La discussion qu'il avait eue avec sa mère l'avait chamboulé. Il la savait fine, il connaissait son influence sur lui et reconnaissait que ses conseils étaient toujours avisés. Pour un peu, il aurait considéré sa mère comme une personne utile.

Il se gifla mentalement. Si Mycroft avait entendu ses pensées, il l'aurait sermonné, lui rappelant tout ce que sa mère avait fait pour eux quand même le chagrin de la perte de son époux aurait dû l'abattre. Il lui aurait rappelé sa tendresse et sa compréhension à son égard alors que lui, lui refusait toute forme d'amour.

Et Mycroft aurait eu raison une fois de plus.

Sa mère ne lui était pas utile. Elle lui était indispensable. Et ce, même s'il n'était plus un enfant depuis longtemps. Elle le connaissait mieux que personne et savait le faire parler quand ses pensées le rongeaient de l'intérieur. C'est d'ailleurs ce qu'elle avait fait au petit déjeuner. Elle avait, par ses questions simples, aiguillé sa réflexion jusqu'à sa conclusion naturelle.

Il aimait John. Pas comme il aimait Mummy, Mrs Hudson ou Margareth non. Ces trois femmes étaient ce qui se rapprochait le plus de mères pour lui. A différentes périodes de sa vie bien entendu et à différents degrés également. Non, ce qu'il ressentait pour John était de l'ordre du désir. Du désir aussi bien physique qu'intellectuel. John était ce qui se rapprochait le plus d'un être le complétant parfaitement. Il était doux quand lui était brusque, il était compréhensif quand lui était intransigeant. Il était calme quand lui, s'énervait pour une bêtise. Il était posé quand lui n'arrivait pas à fixer ses pensées sur autre chose qu'une enquête.

John était aussi l'opposé de Sherlock physiquement parlant. John avait les cheveux blonds quand les siens étaient bruns. John était assez petit alors que lui était assez grand. John était trapu alors qu'il s'enorgueillait d'une silhouette élancée et longiligne qui lui donnait une allure aristocratique. John était beau, alors que lui n'était même pas digne d'être regardé.

Sherlock ne s'aimait pas, ce n'était pas un scoop. Il s'aimait d'autant moins que les mois de captivité lui avait donné une allure maladive dont il avait beaucoup de mal à se débarrasser. Il aurait pu manger. Mummy, Mrs Hudson et John s'échinaient à lui faire avaler une portion normal à chaque repas. Mais à quoi bon se rendre présentable quand la personne dont vous voulez l'attention ne fait même pas attention à vous.

Au fil de ses réflexions, le détective tombait dans une dépression bien connue des amoureux éconduits ou secret. Jamais John ne voudrait de lui. La société, la loi, les bonnes manières et l'éducation bourgeoise du médecin lui ferait rejeter cette possibilité en bloc.

Et c'est cela qui faisait le plus mal au brun. Qu'une société puisse imposer ses choix de vie à un homme libre, à un héro de guerre et un héro civil. Car John était tout cela à la fois et même plus. John était la personne qui le maintenait en vie depuis qu'il l'avait retrouvé dans ce camp. John était celui qui prenait soin de lui depuis leur rencontre, John était le soleil autour duquel il tournait. John était son centre de gravité, son énergie et son repère. John était sa vie et sa seule faiblesse.

Et pour la première fois de son existence, Sherlock ressentit le besoin de voir quelqu'un, de contempler une personne, de s'assurer qu'elle allait bien et qu'elle resterait à ses côtés jusqu'à la fin des temps.

Il s'était donc précipité vers la fenêtre de sa chambre et avait avidement cherché des traces du passage de sa mère. Il les avait trouvés sous un grand chêne en train de discuter en marchant bras dessus-bras dessous. La jalousie qu'il avait sentit poindre à ce moment-là lui fut insupportable. De quel droit sa mère pouvait-elle le toucher alors que cela lui était interdit ? Comment John pouvait-il rire avec elle alors que lui souffrait le martyr en silence ?

Cette jalousie fut vite anéantie quand il vit le visage de son compagnon se fermer et la discussion devenir sérieuse. Il ne distinguait pas ce qu'il se disait mais le visage fermé de son médecin lui fit comprendre que sa mère devenait curieuse voire intrusive.

Et il n'était pas question qu'elle le mette mal à l'aise. Il fallait intervenir, il fallait qu'il fasse quelque chose.

Sherlock allait se détourner de la fenêtre pour sortir de sa chambre quand il vit sa mère s'éloigner, laissant John seul sous les frondaisons, le visage fermé.

Sherlock le regarda marcher, admirant la démarche souple, presque féline de son compagnon. Son port de tête altier trahissait sa bonne éducation. Mais son pas était raide et ses épaules crispées. Le médecin était en proie à une profonde réflexion qui ne l'amenait pas vers une conclusion heureuse.

Indifférent au signal d'alarme qui se mit en route dans sa tête, Sherlock se décida à le rejoindre, il ne supportait pas cet air sombre qui fermait le visage de l'homme qu'il aimait.

Les réflexes de son enfance lui revinrent quand il dévala les escaliers. Il se rattrapa à la rambarde pour effectuer le quart de tour parfait qui l'aligna avec le couloir et la porte qui donnait sur le jardin. En courant, il traversa le couloir, manquant de renverser une femme de chambre, pour émerger à la lumière du jour sur le pas de la porte. Il ne lui restait que quelques mètres à parcourir et une volée de marche à descendre pour atteindre son objectif.

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John ruminait. Maud l'avait forcé à admettre des sentiments qu'il ne se connaissait pas et qu'il ne voulait pas connaitre.

Comme tout homme de la bonne société anglaise, il voulait trouver une jeune femme pour faire sa vie, l'épouser, avoir des enfants, les élever puis vieillir avec elle. Il voulait goûter au bonheur d'une vie rangée auprès d'une épouse aimante.. Mais les réponses qu'il avait données à Maud avaient tout bousculé, le rendant vulnérable pour la première fois de sa vie.

Il ne supportait pas ce sentiment. La vulnérabilité était une affaire de femme en détresse ou, à la limite, une affaire de malade en mal de soin. Ce n'était pas la sienne.

Il serra les poings et les dents, voulant chasser de tremblement qui s'était emparé de son corps. Il n'était pas vulnérable car il n'était pas amoureux de Sherlock Holmes ! Il comprenait maintenant, Maud et Sherlock l'avaient manipulé à toute fin de le faire condamner. Ainsi, personne ne serait plus au courant de la faiblesse de Sherlock Holmes. Personne ne saurait plus qu'il avait été capturé par l'ennemi et torturé. La réputation du détective sera sauve quand lui sera condamné pour sodomie et pendu dans les règles de l'art. La voilà, la raison de cet intérêt soudain pour sa personne. Ils voulaient le faire taire. Et quel meilleur moyen pour cela que la mort. Sherlock ne l'aimait pas, il s'amusait simplement avec lui et lui, pauvre idiot, était tombé dans le piège avec le sourire.

La colère monta, saccadant ses gestes et durcissant ses traits. On l'avait trompé et il ne savait pas comment se sortir de cette situation.

Il se répéta qu'il n'était pas amoureux de Sherlock des dizaines de fois, espérant rendre cette affirmation réelle. Il faisait les cent pas, regardant ses pieds, se concentrant sur cette affirmation qu'il voulait rendre réelle, ignorant les véritables sentiments qui subsistaient dans son cœur et tous les indices qui laissaient à penser que ni Sherlock ni Maud ne cherchaient à le détruire. Il allait et venait, martelant la pelouse de son pas régulier.

La dite-pelouse se teinta soudain d'une ombre noire.

Surprit d'être ainsi interrompu dans ses réflexions, il releva la tête vers le propriétaire de cette ombre. Il découvrit que le propriétaire de cette empêcheuse de tourner rond était la personne qui justement ne devait apparaitre dans son champ de vision s'il voulait que son exercice d'autosuggestion fonctionne.

Sherlock se tenait devant lui, l'air incertain et l'œil triste.

« -Tout va bien John ? » demanda le détective doucement.

Cette phrase était précisément celle que John ne voulait pas entendre. Et de la bouche de Sherlock, cela faisait double peine.

« -NON, TOUT NE VA PAS BIEN ! » Cria-t-il en réponse.

La fureur qu'il avait accumulée en lu trouva le parfait moyen de s'exprimer en présence de Sherlock.

« -Que… » Bredouilla le détective en reculant prudemment, inquiet de la colère qu'il voyait dans le regard de son ami.

« -TA MERE EST UNE FOUINEUSE ET UNE MANIPULATRICE ! »

Jusqu'à présent, John et Sherlock n'avait pas vraiment défini si le vouvoiement ou tutoiement devait être employé dans leur discussion. Cette question semblait réglée maintenant.

« -CELA L'AMUSE PEUT-ETRE MAIS PAS MOI ! ELLE N'A QUE FAIRE DE MA VIE, ELLE VEUT JUSTE QUE QUELQU'UN S'OCCUPE DE SON FILS, QUE TON EMPRISONNEMENT ET SES CAUSES NE SOIENT PAS REVELES. QU'IMPORTE CE QUI POURRAIT M'ARRIVER SI NOTRE RELATION ETAIT MAL INTERPRETE ! »

-Mais… » Dit encore le détective face à la colère de son interlocuteur.

« -IL N'Y A PAS DE MAIS ! ELLE QUESTIONNE, ELLE FOUINE, ELLE AIGUILLE DANS LA DIRECTION QUI LUI CONVIENT ET FINALEMENT ELLE ME FAIT ADMETTRE DES CHOSES QUE JE NE VEUX PAS ADMETTRE. »

Sherlock recula encore, apeuré malgré lui.

« -CA LUI EST EGAL SI CE QUE JE RESSENS M'AMENE AU GIBET. ELLE N'EN A RIEN A FAIRE DE MON AVENIR A MOI ! ELLE VEUT JUSTE QUE QUELQU'UN S'OCCUPE DE TOI ! MRS HUDSON N'EST PAS SUFFISANTE ON DIRAIT. IL FAUT AUSSI QUELQU'UN QUI TE DESIRE ET QUI AIT ENVIE DE PASSER SA VIE AVEC TOI ! ET ELLE A TROUVE EN PLUS DE CELA. ET MOI PAUVRE IDIOT, JE SUIS TOMBE DANS LE PANNEAU. C'ETAIT UNE BELLE MANIPULATION SHERLOCK BRAVO ! »

John applaudit seul.

« -ET MAINTENANT QU'EST-CE QUE JE DOIS FAIRE HEIN ? ME COUCHER DANS TON LIT ET ATTENDRE QUE TU FASSES CE QUE TU VEUX DE MOI C'EST CA ? »

Sherlock, estomaqué, sentit les larmes lui monter aux yeux. Ainsi John avait les mêmes sentiments que lui. John l'aimait ? C'était la plus belle chose qu'il ait jamais entendu. John l'aimait.

Mais John pensait aussi qu'on l'avait été manipulé.

« -TOUTES CES CHOSES QUE TU M'AS LAISSE FAIRE, C'ETAIT UNIQUEMENT POUR ME GARDER DANS TES FILETS ! TOUTE CETTE DOUCEUR QUE TU M'AS DONNE N'ETAIT RIEN QU'UNE PARTIE D'UN PLAN BIEN HUILE POUR ME FAIRE TOMBER DANS TES BRAS ! ET MAINTENANT, JE NE PEUX PLUS RIEN FAIRE CONTRE CELA. JE SUIS TOMBE AMOUREUX DE TOI. TU AS PARFAITEMENT BIEN JOUE SHERLOCK ! MAIS J'AI UN SCOOP POUR TOI ! JE PEUX AIMER ET DETESTER UNE PERSONNE DANS LE MEME TEMPS. ET C'EST EXACTEMENT CE QUI EST EN TRAIN D'ARRIVER ! »

Anéanti par ce flot de paroles blessantes et sans fondement, Sherlock fit un pas en arrière, puis un autre. Une main sur le cœur, il suffoquait comme si l'air s'était soudainement raréfié. Les larmes coulant librement sur ses joues, il ne put que balbutier.

« -Tu as tort John. Je… je t… je t'aime. »

Le rire hystérique qui sortit de la gorge du médecin eut tôt fait de frapper Sherlock au plus profond du cœur. Malade de chagrin, Sherlock s'en retourna vers la maison en titubant, blessé bien plus profondément par les paroles du médecin que par les tortures infligées par les SS.

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Quelques heures plus tard, alors que John avait refusé à venir déjeuner en leur compagnie, Maud accueillit le Docteur Hartwood.

Sherlock, entre deux sanglots, lui avait raconté le comportement de John. Médusée, la vieille femme n'avait rien pu faire d'autre qu'écouter son fils lui raconter l'entrevue avec le médecin et le consoler de ce qui était son premier chagrin d'amour.

Le détective était descendu déjeuner, espérant tout de même que John se montre, même si c'était pour les accuser de l'avoir manipulé. Mais Mrs Hudson les avait prévenus que le blond s'était endormi depuis un moment. Le déjeuner s'était donc déroulé dans une atmosphère lourde de chagrin et d'incompréhension.

Quand le médecin était arrivé, Maud avait pris sur elle de raconter cette mésaventure au thérapeute, occultant bien entendu toute la partie concernant les sentiments de son fils et ceux de son invité.

Intrigué, le médecin avait voulu plus de détail avant d'aller ausculter son patient.

Maud, Sherlock et Mrs Hudson attendait donc son diagnostic devant la porte, anxieux.

Sherlock se tordait les mains, espérant bêtement qu'une cause médicale pouvait expliquer le changement de comportement de son ami. Il s'était renseigné durant les heures qui avaient suivi la dispute. Sa crise de larmes terminée, il s'était précipité vers la bibliothèque pour y consulter tous les ouvrages de médecine qu'il pouvait y trouver. Il avait plusieurs théories concernant John, refusant tout simplement le fait que John ait craché ces mots de manière consciente.

Le médecin sortit de la chambre de son patient, un air sévère sur le visage.

« -Le Docteur Watson souffre d'une sévère commotion cérébrale que nous ne lui avons pas diagnostiqué lors de l'opération. Nous étions bien trop occupés par son épaule. Sa tête a dû heurter le sol de manière trop brutale. »

Maud poussa presque un soupir de soulagement. Sherlock lui ne s'en priva pas. Cela voulait dire que le comportement de John était dû à cela et qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il avait dit.

« -Cela explique-t-il son comportement de la journée ? » Demanda Lady Holmes.

Elle avait entendu son fils soupirer de soulagement mais elle préférait l'avis du médecin. Non pas qu'elle n'ait pas confiance en son fils mais elle savait que son jugement pouvait être faussé quand il s'agissait d'une personne à laquelle il tenait.

« -Oui Madame, il souffre du syndrome de l'obus ou syndrome post-commotionnel. Cela apparait parfois après un traumatisme crânien. Il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre. »

Maud baissa la tête, attristée par cette nouvelle.

« -J'ai parlé au docteur Watson…

-Il est réveillé ? » Interrompit Sherlock.

« -Oui Monsieur Holmes, je lui ai expliqué son état et la conversation que nous avons eu avec votre mère. Il semble prendre conscience de son problème et des répercussions sur son état mental. »

Maud acquiesça.

« -John travaille à l'hôpital militaire de Londres, il traite ce type de cas dans son service. »

Le médecin hocha la tête.

« -Il m'a fait part d'une requête que je ne peux pas lui refuser. » Le médecin tourna la tête vers Sherlock. « Il se rappelle très bien de la conversation que vous avez eu tous les deux et s'excuse de tout ce qu'il a dit. Il ne le pensait pas visiblement. Ceci étant, il souhaite qu'une infirmière s'occupe de lui le temps que la commotion guérisse et que les symptômes psychologiques et comportementaux s'apaisent.

-Il ne veut plus que nous le soignons ? » Demanda Mrs Hudson.

« -Non chère Madame, il ne veut pas entrer en contact avec vous tant qu'il ne maîtrisera pas ces humeurs. Il craint de vous blesser. »

Maud et Mrs Hudson eurent un sourire tendre devant tant d'attention.

« -Avez-vous une infirmière à nous conseiller ? » S'inquiéta Maud.

« -Le Docteur Watson m'a donné le nom d'une infirmière en qui il a toute confiance et qu'il souhaiterait avoir près de lui dans ces moments difficiles. »

Sherlock se tendit, redoutant la suite des évènements.

« -Je vais lui téléphoner dès mon retour au palais et la ferai détacher de son service le temps de son rétablissement.

-Combien de temps faut-il compter ? » Questionna Lady Holmes avant que son fils n'ait pu prendre la parole.

« -Il faudra quelques jours pour que le trouble auquel vous avez assisté s'estompe. A partir de là, il vous faudra être patients et accepter certaines remarques désagréables. Mais le Docteur Watson est un spécialiste en traumatisme de ce genre, il se rendra compte assez vite de ses erreurs de comportement. »

Maud poussa un sourire de soulagement.

« -Je reviendrais demain avec l'infirmière en question. » Ajouta-t-il en se dirigeant vers la porte.

« -Je vous raccompagne Docteur. »

Mrs Hudson suivit le médecin jusqu'à la porte quand celui-ci se retourna, une enveloppe à la main.

« -J'oubliais ! Le Docteur Watson m'a demandé de vous remettre ceci Monsieur Holmes. »

Et il tendit l'enveloppe au détective qui s'empressa de la récupérer. Sur le devant s'étalait l'écriture un peu brouillonne de John.

« -Bien, je vous quitte maintenant. Je reviendrais demain. »

Et le médecin s'en alla, laissant ses trois interlocuteurs pleins de questions sans réponses.

« -Bien. » Dit Maud « Pour ce soir, nous enverrons un domestique avec l'ordre stricte de ne pas parler à John puis nous verrons demain avec l'infirmière. Cela te convient-il Sherlock ? » Demanda-t-elle en se tournant vers son fils.

Mais son fils avait disparu. Dès le départ du médecin, il s'était précipité dans sa chambre, la lettre de John serré dans son poing. Il voulait la lire le plus vite possible et seul.

Maud eut un sourire tendre en entendant une porte claquer à l'étage. Son fils était décidément très amoureux. Les deux femmes échangèrent un regard qui en disait long sur leur pensées et s'en allèrent vaquer à leurs occupations respectives jusqu'à l'heure du thé.

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Sherlock,

Je ne cesse de rejouer la dispute que nous avons eue ce matin. Tout ce que j'ai pu dire à ce moment n'était que mensonge. Ta mère est un être extraordinaire qui a été capable de me révéler à moi-même en quelques questions. Je n'étais pas prêt pour cela. L'est-on jamais ? Elle a malheureusement déclenché une réaction dont elle ne se serait jamais doutée. Et moi non plus.

On ne se bat pas contre le poids d'une éducation. La mienne fut trop stricte pour que je m'en défasse aussi facilement. Dans mon cœur et dans ma tête se battent deux émotions différentes mais aussi dévastatrice l'une que l'autre : l'amour et la haine.

L'amour que j'éprouve pour toi se voit contrebalancé par la haine que l'on m'a inculqué des personnes qui aiment leur propre sexe. Je me débats dans cet océan troublé depuis des heures, combattant ma conscience qui fait barrage à mon cœur.

Ce combat, j'espère que mon cœur le gagnera car quand j'imagine l'avenir, c'est avec toi que je le vois. Je vais m'éloigner de toi un moment. Pas physiquement, bien entendu, mais mentalement. Je veux me battre seul avec ma conscience et quand enfin je réapparaitrais devant toi, j'espère être capable de faire face à mes sentiments malgré le poids d'une société qui nous condamne par avance.

Notre vie à deux, si elle doit exister, se fera dans l'ombre, à l'abri des regards et jamais je ne pourrais avoir un geste envers toi sans qu'il ne soit calculé. Notre appartement sera le seul endroit où mon amour aura le droit de citer et cela m'attriste. Pour la société, nous serons deux hommes célibataires partageant un appartement à Londres, comme cela se fait depuis longtemps entre hommes.

Beaucoup feront des allusions sur notre colocation, allant même jusqu'à prétendre ce qui est vrai, que nous sommes un couple et que nous nous livrons à des activités répréhensibles à leurs yeux et aux yeux de la loi.

Je suis prêt à courir ce risque. Je suis prêt à être pendu si cela signifie que j'ai pu passer tous ces moments auprès de toi tout en sachant que toi aussi tu fus heureux.

Le seras-tu Sherlock ? Seras-tu heureux après de quelqu'un d'aussi ordinaire que moi ? Je n'ai pas ton intelligence, j'ai besoin de repères et parfois, d'une routine comme celle qui s'était installé entre nous avant cette sombre affaire de tentative d'assassinat. Toi le seul détective consultant du monde pourras-tu te contenter d'un homme dont la seule fortune est celle de ses maigres connaissances et de son travail.

Ne te braque pas quand Mary viendra s'occuper de moi. J'ai tout confiance en elle pour ce qui est des soins médicaux autant que psychiatrique. Reste loin de cette chambre qui gardera à jamais mes sautes d'humeurs enchainée entre ses murs et ne doute jamais de mes sentiments à ton égard. Promets-le-moi.

J'imagine que c'est un domestique qui viendra s'occuper de moi ce soir. C'est tout aussi bien. Si tu as un mot à me faire passer, donne-lui, je suis certain qu'il acceptera de me le transmettre pour le bonheur de son jeune maître.

J'attends avec impatience une réponse de ta part.

Je t'en prie, pardonne mes mots de ce matin.

John.

Sherlock eut un sourire tendre à la lecture de ces mots.

Bien sûr qu'il pardonnait à John. Que Mary vienne s'occuper de lui n'y changerait rien. Il l'aimait. L'amour transpirait de chacun de ses mots.

Heureux, Sherlock s'assit à son bureau pour écrire une réponse.

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Bon d'accord, ce n'est pas tout à fait comme ça que vous l'imaginiez. Pour être tout à fait franche, moi non plus. Mais le coup de la romance épistolaire me parait assez plaisante. Quand à Mary, elle n'a plus beaucoup de chance je crois.

En fait, j'ai bien envie de faire revenir Ivan pour le chapitre suivant ou celui d'après. On verra bien, de toute façon, je ne suis plus au commande de cette histoire depuis longtemps.

Précisions médicales :

Le syndrome post-commotionnel, également nommé syndrome subjectif ou SPC, historiquement nommé choc de l'obus, est un ensemble de symptômes qui peuvent apparaître à la suite d'une commotion cérébrale, généralement accompagnée d'une perte de connaissance. Ces symptômes peuvent apparaître dans la semaine, mais aussi plusieurs mois après un traumatisme crânien. Ces symptômes disparaissent généralement dans les jours, semaines ou mois qui suivent. Dans de rares cas, ils peuvent persister plus longtemps, de l'ordre de 18 mois à 2 ans. Les facteurs sont généralement considérés tant physiologiques que psychologiques et interviennent dans le développement du syndrome post-commotionnel.

Les symptômes peuvent apparaître immédiatement, dans quelques semaines ou quelques mois après la blessure. Leur sévérité s'affaiblit avec le temps. Plusieurs signes physiques peuvent apparaître. La nature des symptômes peut change avec le temps : elles sont plus communément de nature physique, mais peut devenir psychologique d'une manière prédominante. Des signes et symptômes comme la sensibilité auditive au bruit, des problèmes de concentration et de mémoire, une irritabilité, la déprime, l'anxiété, la fatigue et une faible estime de soi peuvent survenir quelques jours ou semaines plus tard. Des nausées et somnolences peuvent survenir deux à quatre jours après la blessure, et durent généralement longtemps. Également, des maux de tête et des pertes d'équilibre peuvent survenir instantanément après la blessure et peuvent durer longtemps.

Les principaux symptômes du SPC sont les maux de tête. Les individus souffrant de SPC rapportent de forts maux de tête qui durent en général assez longtemps. Entre 30 et 90 % des individus traités affirment souffrir de plus grands maux de tête avant que la blessure n'ait eu lieu, et entre 8 et 32 % en souffrent un an après la blessure.

La perte d'équilibre, le second symptôme le plus commun, survient chez la moitié des individus souffrant de SPC et reste présente chez un quart des individus un an après la blessure. Les individus plus âgés exposent un risque plus élevé de perte d'équilibre.

Environ 10 % des individus souffrant de SPC souffrant de sensibilité à la lumière ou au bruit, environ 5 % fait l'expérience d'une perte de gout, et environ 14 % de vision floue. Les individus peuvent également souffrir de double vision ou de sensation de cloche dans les oreilles, également appelée acouphène. Une perte de l'audition survient dans 20 % des cas. Le SPC peut causer l'insomnie, de la fatigue, des somnolences et autres troubles du sommeil. D'autres symptômes physiques incluent la nausée et le vomissement.

Des symptômes psychologiques, bien que présents chez la moitié des individus souffrant de SPC, peuvent inclure irritabilité, anxiété, dépression et un changement de la personnalité. D'autres symptômes émotionnels et comportementaux incluent les troubles du sommeil, une agressivité, des changements d'humeur, de la colère, une réduction de la libido, des comportements impulsifs, perte de sociabilité et un manque de capacité à résister au stress et à l'alcool. Les individus peuvent également souffrir d'un manque d'émotion, d'empathie et de changements d'humeur.

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S'il reste des fautes d'orthographe, vous m'en voyez navrée, je me relis pourtant.

A bientôt pour le prochain chapitre

Je vous embrasse

Magdaline

PS : Vous savez quoi ? Le prochain chapitre est déjà écrit !