Bonjour les amis !

Comment allez-vous ? Je vais parfaitement bien pour ma part. Et pour être honnête, je suis beaucoup trop en avance. Ca me fait bizarre, vraiment. Nous sommes Jeudi soir, et je m'attaque aux réponses aux commentaires et à la relecture de mon chapitre. 5 jours avant la parution du chapitre, c'est vraiment trop tôt. Ca fait vraiment tout bizarre.

Donc : Réponses aux commentaires :

Rhéa : Tu ne verras plus le raisin de la même manière ! Je t'excuse bien volontiers pour le jeu de mot, je sais ce que c'est. Quand on est fatigué, les mots nous échappent. Bientôt fini oui, mais peut-être que j'inclurai un chapitre sur le procès du colonel et je veux vraiment faire revenir Ivan. La romance épistolaire viendra certainement ensuite, enfin je crois… Je ne maîtrise vraiment rien dans cette fic.

Barjy02 : Le syndrome post-commotionnel est très utile pour expliquer les changements de personnalités et les sautes d'humeur. Les migraines aussi. Pour la lettre, je m'expliquerai plus bas sur mes sources d'inspiration.

Glasgow : Il y a toujours une cause médicale à ce genre de saute d'humeur sachant que l'on se trouve dans ma fic lol. Il fallait que ce soit surprenant sinon je gardais ce rythme un peu trop lent à mon goût. Je suis une grande frustrée des suites que j'attends toujours avec beaucoup d'impatience. Il est tout à fait normal donc que je ne vous frustre pas moins même. Merci de ta régularité de commentaires, cela me fait un bien fou aussi.

Choupette50 : SI je te dis que je gloussais comme une collégienne en lisant ton commentaire ? J'étais juste euphorique de voir l'effet que ce chapitre a eut sur toi. J'espère que tu vis seule ou que la personne qui partage ta vie est compréhensive. Parce que si tu ne te maitrises pas, on est mal lol.

Nikitta68 : Il pensait ce qu'il disait. Du moins sur le moment, sous le coup du syndrome post-commotionnel. Mais pas vraiment en fait.

Vera Spurnes : C'est ce qu'il y a de bien à avoir été élevé par un papa comédien de théâtre. J'ai une imagination sans bornes grâce à ses histoires du soir. Et puis, on trouve toujours un moment pour avoir un peu d'intimité !

ChocolatePeanut : Quel pseudo gourmand ! Je sais que le Sherlock égocentrique, agressif et boudeur n'est pas ce que je maîtrise le mieux. J'ai du mal avec la personnalité de façade de Sherlock. Je suis d'ailleurs persuadée que le Sherlock profond est comme je le décris. Ceci dit, j'essayerai de me conformer à ce que Sherlock est en façade. Merci d'avoir laissé un commentaire et pour les compliments que tu m'as adressé. Ils me vont droit au cœur.

Electre1964 : La suite est là ! Régales-toi.

Fishina : C'est le propre de l'auteur que de vous perdre et de vous surprendre. On dirait que j'ai réussi. J'imagine faire durer cette période de folie et l'état de Mary et de Sherlock après cela. Les pauvres, je ne peux pas m'y résoudre, ce serait vraiment trop cruel ! Je pense que je sais comment Ivan va intervenir. Si bien sûr, ils me laissent faire. C'est cela qui me chiffonne le plus. Ils ne me laissent pas faire ce que je veux avec eux. Pour le mot de la fin : je compte bien faire soigner cette magnifique pelouse par son tortionnaire.

Clina9 : Meuh non Clina, t'as pas eu peur ! C'est même pas vrai d'abord. J'aime l'idée de te perdre totalement pour te retrouver après. Pour la romance épistolaire, il faudra attendre encore un peu. Ou alors j'en ferai une fic à part. Peut-être. Bonne lecture du chapitre qui vient.

Amako-Sama : Mille fois merci Amako. Voilà le suivant.

Je crois que je vous dois des explications concernant cette fameuse lettre qui semble vous laisser toutes choses. Vous allez me traiter de tous les noms mais, pour la lettre que je vous ai écrite, je me suis inspiré de la lettre lue dans « Angélique, Marquise des anges. » Je ne sais plus lequel mais je sais qu'on voit Robert Hossein dire cette lettre. Et j'ai gardé cette scène en tête pour faire cette lettre et ça a marché. C'est le ton surtout que je voulais garder. Ca a marché !

Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir.

Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.

Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.

A tout à l'heure en bas …

Bises

Magdaline

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Chapitre 26

Cet isolement volontaire dura huit semaines, huit interminables semaines durant lesquels John resta enfermé dans sa chambre avec Mary. Huit interminables semaines durant lesquels Sherlock passait ses journées attendre fiévreusement une réponse à ses lettres. Elles passaient toujours par William qui livrait stoïquement les repas à ce drôle de personnage tantôt charmant tantôt irascible.

Mary avait d'abord paru ravie de se voir attribuer le rôle d'infirmière personnel du médecin. Quel meilleur moyen pour attirer le médecin dans ses filets que de le soigner durant huit semaines. Mary se faisait une joie de rester en tête à tête avec le médecin. Mais elle avait vite déchanté quand la première crise était arrivée. John, dans ces moments était absolument ignoble et totalement injuste. Seules les lettres qui lui parvenaient du reste de la maison l'apaisaient et le faisaient redevenir le jeune homme calme et charmant qu'il était en réalité.

Le Docteur Hartwood visitait régulièrement son patient, suivant l'évolution de sa guérison mais aussi celle de sa santé mentale.

Les trois premières semaines avaient été vraiment dures pour tout le monde. Les cris de colère qui passaient parfois à travers la porte étaient effrayants, au point que Mrs Hudson avait souhaitait passer cette porte pour prêter main forte à cette pauvre Mary qui dépérissait. Sherlock était passé à proximité un nombre incalculable de fois et en était repartit avec le cœur un peu plus brisé à chaque fois.

Les journées avaient presque toutes la même organisation. Avec Maud, Mary s'était arrangé en vue de faire sortir John au moins trois heures par jour, une heure le matin et deux l'après-midi. C'est pourquoi le reste de la maisonnée se voyait interdire l'accès au jardin de dix heures à onze heures du matin et de quinze à dix-sept heure l'après-midi. Cela ne dérangeait pas Maud puisqu'elle ne supportait pas la chaleur de ce mois de Juillet. Sherlock n'en avait rien à faire, le jardin n'avait aucun intérêt à ses yeux. Quant à Mrs Hudson, elle avait bien d'autres choses à faire que de se promener dans le jardin.

John et Mary vivaient coupés du reste de la maison. La jeune femme arrivait tôt le matin, avant le réveil de son patient. Elle amenait le petit-déjeuner qu'ils prenaient à deux, puis il faisait sa toilette avant qu'elle ne refasse le pansement de son épaule.

Ils discutaient quand le Docteur Hartwood ne venait pas s'occuper de son patient. Ils allaient ensuite se balader. S'en suivait souvent une partie de cartes ou de dominos avant le déjeuner.

C'était William qui apportait le déjeuner. Il frappait à la porte, entrait, déposait le plateau en saluant le militaire et repartait. John et Mary déjeunaient. Puis Mary avait quelques minutes de pause car le courrier était apporté en même temps que le repas. Les lettres venant des autres habitants de la maison le faisait souvent sourire et celles de Sherlock étaient les plus attendues. Mary l'avait constaté au fil des jours. Il en reçu même une de sa sœur, pourtant mariée et très loin de Londres. Il ignorait si elle était au courant de sa situation mais cette simple lettre lui mit du baume au cœur. Cette correspondance régulière le maintenait en état d'alerte et faisait office de lien avec l'extérieur.

Il apprenait les nouvelles par Maud qui lui faisait toujours un compte-rendu de l'actualité. Les potins étaient la spécialité de Mrs Hudson qui se faisait une joie de les lui révéler. Finalement, il lisait le courrier de Sherlock. Loin d'être des lettres d'amour classique, elles lui racontaient sa vie avant leur rencontre, lui apprenant plus sur son compagnon que des heures de conversation. Sherlock y décrivait son enfance et les liens qui l'unissaient si fort à Maud. Il parla aussi du décès de son père et des affaires qui l'avaient marqué, et il y en avait quoi qu'on en dise.

Sherlock ne parlait jamais d'avenir, que de présent et de passé. Il se plaignait souvent de son frère qui se moquait gentiment de lui et qui le surnommait Roméo. Il ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi. Il lui faisait part de son malaise face aux gens qui apprenait d'où il revenait. Petit à petit, il se mit à se livrer sur sa détention et sur les raisons qui l'avait amené à Mauthausen.

John était heureux qu'il se livre enfin et horrifié des tortures qu'il avait endurées. Quand les mots étaient trop durs à lire, il reposait la lettre avant que la colère ne le prenne et n'atteigne des niveaux incontrôlables. Il était médecin, il ne s'était pas diagnostiqué seul mais il pouvait sentir les accès de colère ou de dépression monter en lui. Il voyait également le visage de Mary se creuser au fil des jours et son expression se durcir quand il allait trop loin. Il devait se contrôler. C'était impératif.

Il avait appris à reconnaitre les signes. La seule chose qu'il ne contrôlait absolument pas était le contenu desdites crises. Cela pouvait être un accès de colère, comme lorsque son repas n'arrivait pas à l'heure précise ou alors une crise de déprime quand les mots de son compagnon et les images qu'ils engendraient lui devenaient insupportables.

John passait donc l'après déjeuner jusque quinze heures à répondre à sa correspondance. Puis Mary revenait et ils allaient se balader dans le jardin. En ce mois de Juillet, les bosquets étaient en fleurs et John prenait plaisir à apprendre le nom de chacune d'entre elles puis à s'intéresser à leur culture. S'il n'avait pas été médecin, John aurait certainement été jardinier. Il cultivait cette passion depuis sa plus tendre enfance, trouvant dans la médecine l'excuse parfaite pour se consacrer à un carré de terrain garni de plantes qui soignent.

Puis vers dix-sept heures, William apportait le thé et récupérait le courrier qu'il redistribuait aux gens de la maisonnée ou au facteur le cas échéant. Il allait ensuite reprendre une douche et lisait en compagnie de Mary avant le dîner que William apportait à dix-neuf heures précises. Mary s'en allait à vingt heures laissant John à ses lectures ou à ses courriers urgents pour ne revenir que le lendemain matin.

Cet emploi du temps bien réglé permit une amélioration significative du comportement du jeune homme dans les quatre semaines qui suivirent le début de son isolement volontaire. Le Docteur Hartwood le déclara physiquement guérit au bout de vingt et un jour. La cicatrice de son épaule était belle et bien refermée et il put enlever les points de suture. Il lui faudrait encore un ou deux mois de plus pour que la douleur disparaisse totalement. Mais cela n'avait aucun intérêt pour John. La douleur, il connaissait et savait la gérer.

Quant au côté psychologique, les crises de John s'espaçaient de plus en plus. La commotion était bien résorbée et John redevenait le jeune homme qu'il avait été toutes ses années. Il avait encore, parfois, une poussée de colère ou de déprime mais rien à voir avec ce qu'il avait subi les premiers jours de son isolement.

Cependant, Mary ne s'en remit pas. Malgré les efforts de John pour apaiser ses craintes et lui montrer que tout allait bien ou presque, la jeune femme restait tendue à ses côtés, incapable de sortir de la vision cauchemardesque de John dans un accès de colère ou de déprime. L'aimait-elle encore d'ailleurs ? Là était toute la question. Elle avait eu la chance de passer plusieurs semaines à ses côtés afin de le soigner. Mais la blessure de le voir ainsi diminué lui avait montré la face la plus sombre de John. Celle qu'il cachait précautionneusement sous des montagnes de tendresse et de bonne humeur. Non Mary ne se sentait pas capable d'affronter cet homme qu'elle avait apprit à connaître et à craindre tant ses réactions pouvaient être subites et violentes.

Non décidément, elle ne pouvait pas aimer un homme qui pouvait ainsi perdre ses moyens. John était malade et elle ne voulait pas d'un époux diminué. Elle voulait un homme jeune et fort qui, même dans les situations difficiles, n'allait jamais perdre son sang-froid et la protéger quoi qu'il en coûte. Et accessoirement, l'emmener danser. John n'était plus capable de cela. Elle le regrettait mais tant pis, elle devait se remettre en chasse. Un bon parti était difficile à trouver.

C'est pour cela que le jour où John, le docteur Hartwood et elle-même furent d'accord pour qu'il sorte de son isolement, elle s'en alla sans demander son reste, prétextant une grande fatigue due aux semaines qu'elle venait de passer.

John ne s'en émut pas. Ce n'était pas son absence qui l'empêcherait de savourer ses retrouvailles avec le monde extérieur.

Il commença cette journée tranquillement, avec l'aide de William que Maud avait détaché à son service le temps que la douleur disparaisse. Il déjeuna pendant que l'homme lui préparait un bain, le premier depuis huit semaines, blessure à l'épaule oblige. Il passa un temps infini à se prélasser dans l'eau, heureux de sentir le stress le quitter. Il avait été convenu avec la famille Holmes qu'il viendrait déjeuner dans la petite salle à manger à douze heures trente, en présence de Sherlock, Maud et Mrs Hudson avant qu'ils ne sortent faire une promenade vers quinze heures.

John était nerveux. Il allait sortir de sa chambre pour la première fois depuis huit semaines et ne savait pas s'il allait arriver à se tenir correctement durant le repas et la balade qui allait suivre. Il sortit de son bain, se sécha, arrangea ses cheveux qu'il allait devoir confier à un coiffeur semblait-il. Puis il enfila son sous-vêtement et son pantalon.

William vint l'aider à enfiler une chemise blanche qu'il boutonna en se regardant dans le grand miroir de la chambre. Non vraiment qu'est-ce que Sherlock pouvait bien lui trouver. Il était ordinaire pour ne pas dire banal et en prime il était petit.

Bien qu'il n'aima pas particulièrement son corps en temps ordinaire, le fait d'avoir perdu de la masse musculaire ses dernières semaines le faisait paraitre bien plus trapu qu'il ne l'était, lui laissa un impression très désagréable. Il allait devoir se remettre au sport pour améliorer tout cela.

William lui tendit une veste qu'il enfila le plus vite possible afin de cacher ce corps qu'il trouvait plus disgracieux maintenant qu'il avait perdu du poids. Il regarda l'heure, il lui restait deux heures avant le déjeuner. A cette heure, il devait normalement se balader dans le jardin.

Il décida qu'un peu d'air lui ferait du bien et sortit de la chambre sans regret, prêt se perdre dans la contemplation des bosquets si cela pouvait faire passer le temps plus vite.

Et c'est exactement ce qu'il se passa. A force de retirer une fleur fanée par-ci et une feuille morte par là, les deux heures qu'il avait à tuer passèrent à une vitesse vetigineuse.

Quand la cloche du déjeuner sonna, il prit une grande inspiration pour se donner du courage, alla se laver les mains et se dirigea vers la petite salle à manger.

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Un peu plus tôt dans la journée :

Sherlock s'était levé, un sentiment d'urgence le tiraillant. Aujourd'hui, John sortait de son isolement. Enfin. Enfin il allait le revoir, enfin il pourrait remettre un visage sur toutes les confidences qu'ils avaient échangé. John devait déjeuner avec eux ce midi. Il était neuf heures et il bouillonnait déjà d'impatience.

Il se prépara avec entrain, expédiant les tâches quotidiennes pour retouner à son poste d'observation.

John était un homme de routine et s'il suivait encore sa routine malgré l'absence de Mary, il devrait sortir faire une balade dans le jardin dans les minutes qui allait suivre. Depuis huit semaines, Sherlock l'espionnait lors de ses balades. De ses observations, il avait tiré les mêmes conclusions que le médecin en charge de sa santé. John allait mieux. Beaucoup mieux. Et Mary n'avait aucune chance. Il avait observé son compagnon quand il était avec la jeune femme et aucun geste n'aurait pu montrer que les sentiments qu'elle prétendait avoir étaient réciproques. John était amical mais rien de plus. Et cela réjouissait le détective qui rongeait son frein depuis trop longtemps.

Ses correspondances avec John, même au rythme d'une lettre par jour, n'étaient plus suffisantes pour palier le manque que Sherlock ressentait. Il devait voir le médecin et l'assurer de ses sentiments. Le Docteur Hartwood avait été clair là-dessus. John avait besoin d'être rassuré et Sherlock se faisait un devoir d'être le soutien dont le blond avait besoin.

Et il comptait bien être un soutien physique autant que moral pour le militaire.

Il sortit de ses pensées quand John apparu près d'un bosquet. Le costume qu'il portait le mettait parfaitement en valeur, marquant sa taille fine et lui élargissant encore les épaules. Il était parfait.

Sherlock passa les deux heures qui suivirent à observer l'homme qu'il aimait s'occuper des plantes du jardin. La tenue n'était pas des plus adéquate mais cette activité avait calmé le tremblement des mains du médecin. Et cela rassura Sherlock. Son ami et compagnon avait trouvé un moyen de se calmer.

Quand on sonna l'heure du déjeuner, Sherlock se précipita dans les escaliers avant de courir vers la petite salle à manger. Il s'arrêta devant sa mère, déjà présente, un sourire aux lèvres et le souffle haché.

« -Un peu de tenue jeune homme. » Le réprimanda gentiment Maud.

Le jeune homme en question se raidit, obéissant d'instinct à sa génitrice. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Sherlock était redevenu le calme et imperturbable détective qu'il était en public. Le visage neutre, il attendait que Mrs Hudson et John veuille bien faire acte de présence pour passer à table. Il n'avait pas particulièrement faim. La seule chose qui l'apaiserait était la présence de John à ses côtés.

Mrs Hudson se présenta cinq minutes plus tard, s'excusant de son retard. Elle était suivit de John qui passa le pas de la porte avec hésitation.

« -Bonjour. » Dit-il d'une petite voix.

« -Bonjour John. Je suis ravie de vous voir mon garçon. » La bienveillance naturelle de Maud réconforta le blond qui fit un pas supplémentaire dans la pièce.

Le chemin jusque la petite salle à manger n'avait pas été difficile mais John semblait redécouvrir l'endroit qui l'avait accueillit lors de son retour en Angleterre. Tout était nouveau pour lui et redécouvrir des visages familiers après une si longue séparation avait un goût de victoire qu'il savoura avec joie.

Il se laissa guider par Lady Holmes qui le plaça à table, à sa droite.

Sherlock n'avait pu détacher son regard de John dès le moment où il était entré. Cette timidité de départ confirmait ses premières déductions. La confiance de John avait été ébranlée par cet épisode douloureux. Il allait falloir lui redonner confiance en lui pour qu'il puisse enfin accepter une relation plus poussée entre eux.

C'était un pari risqué. Mais Sherlock prenait le risque. John en valait la peine. John en vaudrait toujours la peine.

Le détective s'assit à sa place, face à John et lui lança un sourire doux quand le médecin releva les yeux vers lui.

John rougit furieusement à ce sourire et détourna les yeux vers Mrs Hudson qui entama la conversation sur les potins du jour.

Le déjeuner se passa bien, la conversation était assurée par Mrs Hudson qui n'était jamais à court de ragots. John parlait peu, se contentant de hocher la tête pour montrer son assentiment. Sherlock ne le lâchait pas des yeux, s'abreuvant de ses silences comme on s'abreuve à une source. John lui avait tellement manqué durant ces deux mois.

Maud participa à la conversation, la gardant légère quand Mrs Hudson passait à des sujets plus graves.

Quand le repas se termina, Mrs Hudson et Maud furent appelées par William qui avait besoin de leurs directives. Restés seuls, John et Sherlock se virent proposer de patienter jusqu'à quinze heures dans la bibliothèque du manoir.

Ils s'y firent servir un café. John attrapa un livre dès son entrée dans la pièce et s'installa dans un fauteuil. Il plongea dans sa lecture pour échapper au regard perçant de son compagnon. Sherlock joua le jeu de la lecture une dizaine de minute avant de pousser un soupir de frustration et de balancer son livre sur la table basse qui les séparait.

« -Ai-je fais quelque chose de mal ? » Demanda-t-il à brûle pourpoint.

Il ne comprenait pas. John était parfaitement indifférent à sa présence.

« -Non. » Répondit le médecin sans lever les yeux de son ouvrage qu'il n'avait pourtant commencé à lire.

« -Alors pourquoi m'ignores-tu ? » Demanda encore le détective.

John posa son livre sur ces cuisses dans un soupir. Il ne savait pas quoi répondre à cela. C'était tellement dur de verbaliser ses sentiments.

Sans lever les yeux des pages de son livre, il finit par avouer.

« -Je … J'ai peur Sherlock. »

Surprit, le détective se redressa dans son fauteuil, les mains sous le menton, il attendit une suite qui ne vint pas.

« -De quoi as-tu peur ? » Se résigna-t-il demander.

John se dandina sur son siège, mal à l'aise.

« -J'ai peur de recommencer.

-De recommencer quoi ? » Insista le brun qui voyait parfaitement le problème mais préférait que son mai le verbalise.

« -A te parler sur le ton de notre dernière conversation, d'être injuste, blessant ou violent. J'ai peur… J'ai peur de te perdre pour de bon. »

Le ton qu'avait employé le médecin et les mots qui l'accompagnaient touchèrent Sherlock en plein cœur. Et dire que certains pensaient qu'il n'en avait pas. Le brun se leva de son fauteuil pour aller s'agenouiller à côté de son compagnon.

Instinctivement, John s'éloigna autant que le permettait son fauteuil. Le détective ne s'en formalisa pas. La peur de perdre le contrôle de ses actes et de le frapper devait être à l'origine de se mouvement.

Doucement, il leva la main vers John. Il l'approcha de son visage, laissant le médecin le repousser si vraiment cela lui paraissait nécessaire.

Mais John ne bougea pas. Il avait fermé les yeux et se concentrait sur sa respiration pour ne pas avoir de réactions inconsidérées.

Sherlock savait qu'il était encore tôt. Mais pour que John restaure sa confiance en lui, il devait restaurer la confiance qu'il avait en Sherlock avant la commémoration.

Les longs doigts du détective atteignirent la joue du blond qui se crispa un instant avant de se détendre à nouveau. Sherlock l'amena doucement à tourner la tête vers lui. John, les yeux toujours fermé, se laissa faire. Il était en sécurité avec le détective, il le savait.

« -John, regardes-moi. » Demanda le brun d'une voix douce.

John secoua la tête, trop inquiet pour obéir à son compagnon et le cœur battant la chamade.

« -Tu ne me feras pas de mal John, tes crises se sont arrêtées. Regardes-moi. »

Mais John refusait toujours d'ouvrir les yeux.

La main de Sherlock se mit à caresser la peau douce du médecin, n'allant pas plus loin que de doux effleurements. La respiration du militaire s'apaisa jusqu'à devenir tout à fait calme sous les caresses de son ami. Sherlock resta silencieux longtemps, laissant pour seule trace de sa présence, ses doigts qui glissaient sur la joue de John.

Au bout d'un moment, il reprit la parole.

« -Ouvres les yeux mon amour. »

Il ne sut jamais si c'étaient ses caresses ou ses mots doux qui firent céder John mais ce dernier ouvrit les yeux pour les plonger dans le regard plein de tendresse du détective.

Sherlock lui sourit tendrement. Ne s'attendant pas à une autre réaction, il continua ses caresses sur la joue de John. Mais John le surprit quand, d'un geste ample, il l'attira contre lui pour le serrer dans ses bras.

Ils restèrent ainsi un long moment, John, les bras autour du cou de Sherlock et le nez dans son cou et le détective le tenant par la taille.

La position n'était pas confortable, l'accoudoir les séparaient, mais ils s'en fichaient. Ils s'étaient retrouvés.

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Et voilà ! Ils sont de nouveaux ensembles !

J'espère que ce chapitre vous a plut.

S'il reste des fautes d'orthographe, j'en suis navrée, je me re-corrigerais plus tard, quand cette fic sera terminée et publiée dans son entièreté.

Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine.

Bises

Magdaline

PS : On est Mardi 10, il est 17h02 et je viens de terminer le chapitre suivant ! Enjoy !