Bonjour à tous.
Voici la suite des aventures de Sherlock et John qui vont prendre un tournant que l'on connait mieux puisque nous voilà au plein milieu d'une enquête. Ca ne va pas être ragoûtant mais quelle enquête criminelle l'est vraiment ?
Réponses aux commentaires :
Choupette50 : Heure de résurrection de Choupette 17h42 ! Debout là-dedans ! Allez ce chapitre-là ne te tuera pas par overdose de fluff, c'est promis. J'aime te laisser sur le carreau, ça me fait doucement rire. Maud a toujours raison, il faut toujours faire confiance à sa maman et à son intuition. C'est le meilleur moyen d'avancer. Parce que l'expérience d'une maman est précieuse.
Celtica1 : Je sais. En premier lieu, je pensais faire un chapitre de romance épistolaire. J'étais vraiment attiré par l'idée et puis j'ai obliqué sur autre chose. Je pense faire une autre fic en épistolaire, après avoir fini celle-ci. Ce chapitre va changer la façon de fonctionner du couple Sherlock/John. A bientôt. Bises.
Nikitta68 : Et oui, Mary a compris que John ne pourrait pas lui apporter ce qu'elle voulait. Elle a des attentes que John ne comblera pas puisqu'elle est partie. Ca laisse le champ libre à Sherlock et c'est tant mieux.
Liseron : Ecrit comme un vrai roman ? Tu me flattes vraiment.
Electre1964 : C'est vrai que c'est difficile de voir la personne qu'on aime diminué ou ne plus avoir la totale maîtrise de lui-même. J'estime aussi que lorsque l'on aime vraiment quelqu'un, il faut savoir surmonter ce genre d'épreuve. Surtout que le médecin avait dit qu'il y aurait une fin. Il ne lui fallait qu'un peu de patience. Je n'aurai pas besoin d'user la tienne car voilà le nouveau chapitre. A bientôt.
Barjy02 : C'est pas bien de mentir Barjy LOL. Huit semaines de récupération c'est le minimum pour une blessure par balle. Serais-tu frustrée de ne pas avoir eu un petit baiser ? Ou un gros baiser ? John s'en remettra et il est plus facile de se défaire d'une éducation subie que d'une éducation que l'on a acceptée et digérée.
Ellanather : Merci pour les compliments, j'adore les recevoir ! Bon chapitre.
Glasgow : Les ménager ? Vraiment ? Me lancer dans un chapitre exclusivement à base de lettres était un peu périlleux dans l'état actuel de la fic. Et je ne me sentais pas de m'y lancer. Dans une fic à part peut-être. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant.
Amako-Sama : La gagatitude est une bonne attitude devant une fic comme celle-ci. Surtout que le début n'était pas des plus joyeux. Des envies de Mycroft ? Je vais éventuellement le faire intervenir dans les chapitres suivants. S'ils veulent bien me laisser faire…
Vera Spurnes : Comment ça si court ? lol ! Ce chapitre sera moins tendre et plus… rempli d'enquête. Bonne lecture.
lovePEOPLEandCOWBOY : Merci d'avoir poster un commentaire à partir du milieu de la fic. C'est vrai que j'aime vous perdre et vous révéler la vérité en fin de chapitre. J'aime tes commentaires exaltés, ils me font beaucoup de bien. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. A bientôt.
Clina9 : Je me suis dit qu'un peu de douceur dans ce monde de brutes ne pouvait pas faire de mal. Si ? La suite sera beaucoup moins glamour, mais je n'ai pas pu résister. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. A bientôt.
ChocolatePeanut : Je savais bien que tu étais un cœur d'artichaut !
Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir. Il découvrira que le métier de détective est plus dangereux que le métier de soldat.
Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.
Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.
A tout à l'heure en bas …
Bises
Magdaline.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/
Chapitre 27
Les jours suivants n'amenèrent que peu de changement dans le quotidien bien réglé de John. Malgré le feu vert du Docteur Hartwood, John s'obstinait à garder une routine réconfortante le gardant d'une rechute. L'unique changement significatif était son partenaire de promenade.
Tous les jours, lors de ses promenades, ce n'était plus Mary qui l'accompagnait mais un membre de la maisonnée. Souvent, Sherlock prenait sur son emploi du temps chargé en réflexion pour lui accorder deux heures de sa compagnie. Le détective était sur une nouvelle enquête et les preuves, contradictoires, lui donnaient du fil à retordre.
C'est pourquoi il aimait particulièrement aller se balader dans le jardin avec John certaines après-midi. Il ne parlait pas de son enquête, il laissait John lui apprendre les plantes présentes au jardin sans oser lui dire qu'il les connaissait déjà par le détail et s'amusait de voir le médecin aussi attentif aux besoins de simples herbacés qu'aux siens.
Ils n'avaient pas non plus discuté du manque constant de confiance du blond. Conscient que cela ne se résoudrait pas tout seul mais par une vie sauvée, ils pensaient que John réintègrerait l'hôpital au plus vite afin d'éradiquer pour de bon ce problème.
Mais pour le moment, le docteur Hartwood était réticent à le voir reprendre du service. Son épaule guérie ne le faisait plus souffrir mais l'atmosphère de défiance qui régnait à l'hôpital depuis son arrivée était trop lourde pour qu'il puisse y remettre les pieds sainement. Du moins, pour le moment. John avait besoin de patients simples et de pathologies bénignes pour se prouver sa valeur.
Un bon diagnostic, voilà ce qui le remettrait sur les rails.
Seulement voilà, John n'était pas dupe. Il voulait retourner à l'hôpital, il avait des patients qui l'attendaient. Et il était hors de question qu'il se retrouve dans un cabinet privé à traiter des rhumes alors qu'il pouvait faire bien plus.
L'entêtement du blond l'avait opposé à son médecin plus d'une fois. Maud avait du intervenir dans ce combat de coq, modérant les propos de chacun et proposant des alternatives judicieuses mais qu'aucun des deux médecins ne souhaitaient.
Le statut-quo se prolongeait. John ne pouvait pas travailler car le docteur Hartwood le lui interdisait et le docteur Hartwood se voyait chasser de Holmes Manor par le cadet Holmes dès qu'il entendait la voix de son compagnon s'élever.
Bref, ils coulaient des jours plus ou moins tranquille dans la grande maison sans que personne ne sache jamais quand cet état de grâce prendrait fin.
Ces moments paisibles prirent fin quand John apprit que le Colonel Whitehall allait être jugé dans les jours à venir.
Furieux de ne pas avoir été auditionné comme témoin et plus encore comme la victime qu'il était. Il entra dans une colère noire que même Sherlock n'arriva pas à calmer. Il fallut l'intervention de Maud auprès de la Reine pour que celle-ci consente à glisser un mot au juge en charge du procès.
John ne décoléra pas pour autant, interdisant quiconque de s'approcher de lui à moins d'avoir la convocation au tribunal dans les mains.
Maud et Mycroft travaillaient d'arrache-pied pour lui fournir cette convocation mais le juge refusait de l'entendre. Il y avait crime de lèse-majesté, les témoins n'étaient pas utiles, la sentence était, pour ainsi dire, déjà prononcée.
Et c'était cela qui rendait John furieux. Le juge refusait de le laisser s'exprimer alors qu'il était la principale victime dans ce procès et que l'état psychologique, voire psychiatrique, de l'accusé expliquait son action.
Malheureux, Sherlock se concentrait sur son affaire, une sordide histoire de viols sur mineurs. Les suspects, multiples avaient assez de présence d'esprit pour avoir des alibis solides voire multiples et les preuves n'en désignaient pas un clairement. Sherlock se demandait s'ils n'étaient pas tous coupable finalement.
Ses capacités de réflexions n'étaient en rien amoindries par l'attitude de John mais il était souvent distrait par des pensées parasites qui ralentissaient sa vitesse de déduction.
Incapable de supporter cet état de faiblesse et son incapacité à soutenir son compagnon, Sherlock en devenait odieux. Bien plus que d'habitude.
Sur la scène de crime, ce matin-là, il dépassa les bornes une fois de plus et ce fut la fois de trop.
Il avait été appelé par le Détective-Inspecteur Lestrade de Scotland Yard. Un ami de longue date, si l'on considérait que Sherlock pouvait avoir des amis. Quoi qu'il en soit, les rapports qu'il avait avec Lestrade étaient ce qui se rapprochait le plus de rapports amicaux.
Il arriva tout en théâtralité dans l'unique chambre d'une modeste maison de la périphérie de Londres. Dans cette pièce simplement meublé d'un lit et de deux chaises, une petite fille en larmes était blottie dans les bras de sa mère, accroupie dans un coin reculé de la pièce. La seule fenêtre, salie par les intempéries de la veille, laissait passer une lumière fantomatique déposant un voile blanc sur tout ce qu'elle touchait. Cette chambre puait le crime. Et cela fit sourire le détective-consultant.
Il analysa la pièce à une vitesse déconcertante, débitant un nombre d'information à la minute tout aussi déconcertant. Lestrade, habitué à la vitesse de son détective consultant, notait avec minutie tout ce qui sortait de la bouche du brun. Il ferait le tri plus tard, à tête reposé.
Dans cette pièce et dans ce lit, dormait les quatre membres de la famille. Les parents et les deux enfants, Maggie, 8 ans et Ed, 6 ans.
Le père était parti tôt ce matin au travail et le petit était quelque part, on ne sait où, certainement dans la rue à jouer avec les voisins. Un manque total de savoir-vivre aux yeux de Sherlock, qui pointait là une éducation bas de classe incompatible avec les rêves de grandeur de la mère pour ses enfants.
La mère, d'ailleurs, devait être partie faire une course au moment des évènements. Elle portait encore son manteau et ses chaussures pleines de boue. D'une pique assassine, Sherlock lui indiqua que le bien-être et la sécurité de ses enfants étaient entre ses mains quand leur père était parti, qu'elle avait failli à sa tâche et qu'elle était une mère indigne.
Mais la mère ne l'écoutait que d'une oreille, incapable de quitter sa fille du regard pour le porter sur cet homme odieux qui osait lui donner des leçons d'éducation.
Ce n'est que lorsqu'il l'accusa d'avoir vendu sa fille au plus offrant qu'elle consentit à lever les yeux vers lui, horrifiée par ses insinuations.
Lestrade s'était figé en entendant les paroles de son consultant. Il tourna doucement son regard vers la mère qui, d'indignation, s'était relevée, son enfant dans les bras et le fixait avec colère. Le policier se demanda un moment s'il devait s'interposer entre la mère de la victime et Sherlock Holmes mais elle fut plus rapide que sa réflexion. Bondissant sur le brun, la mère lui asséna une gifle magistrale qui fit craquer la nuque du détective.
Au bord des larmes, elle invectiva le brun, le traitant de tous les noms et l'accusant d'être un imposteur. Sherlock Holmes, disait-elle, était mort dans les camps de concentration comme des millions d'autres et il n'était qu'une pâle copie d'un grand génie.
« - Vous êtes un imposteur ! »
Cette phrase claqua dans l'air, figeant Sherlock qui allait répliquer. Il regarda la mère descendre les escaliers pour rejoindre la cuisine afin de s'occuper de sa fille. Elle allait la baigner. Du moins, si elle y arrivait. Elle savait que sa fille serait difficile à convaincre tant ses cuisses avaient été meurtries par le violeur.
Sortant de son étonnement, le brun regarda Lestrade, prêt à l'invectiver pour ne pas être intervenu mais le policier lui coupa la parole.
« -Vous l'avez mérité Sherlock. On n'insinue pas ce genre de choses devant une mère. »
Et il lui tourna le dos, continuant ses constations, interrompue par l'arrivée du détective.
Sherlock sortit finalement de sa torpeur, jeta un regard noir à Lestrade qui l'ignora et s'en alla retrouver la mère et sa fille dans la cuisine, bien déterminé à récolter le plus d'indices exploitables sur la petite fille.
Ce fut un cri déchirant qui précipita Lestrade dans les escaliers. Il envoya la porte de la cuisine valser contre le mur. La scène qui se déroulait sous ses yeux était surréaliste. La mère, sa fille dans un bras et un couteau dans la main, menaçait le détective qui se tenait un bras.
« -Que se passe-t-il ici ? » Cria le policier pour couvrir les pleurs de la petite.
« -Emmenez cet homme hors de ma maison. Qu'il ne s'approche plus de nous ! »
Lestrade approcha de la mère, les mains ouvertes devant lui en signe d'apaisement.
« -Posez ce couteau Madame. Monsieur Holmes ici présent est là pour nous aider. » Expliqua-t-il d'un ton rassurant.
« -Non ! Cet homme est un pervers qui prend plaisir à replonger les victimes dans leur malheur. Il… Il… Il a voulu… »
La mère, complètement bouleversé ne put pas finir sa phrase. Les larmes coulaient le long de ses joues alors que le couteau tremblait toujours dans sa main. Sa prise sur le manche de ce dernier était toujours ferme. C'est cela qui empêchait Lestrade de s'en emparer sans être blessé à son tour.
« -Qu'a-t-il voulu faire Madame ? »
La mère renifla, sa main s'arrêta de trembler et son regard se fit encore plus glacial.
« -Il a voulu écarter les cuisses de ma fille pour soi-disant voir les traces que le violeur a laissé. »
Lestrade ferma les yeux, impuissant.
Sherlock n'avait jamais été enclin à respecter les victimes, surtout quand elles étaient encore vivantes. Mais là, il avait vraiment fait fort.
Il se tourna vers son détective.
« -Je peux savoir ce qu'il vous a prit Sherlock ?» demanda-t-il calmement.
« -Je dois voir les traces que le violeur a laissé. Cela pourrait m'aider à comprendre comment il opère et peut-être me mettre sur une piste. » Lança le détective d'un air suffisant.
Lestrade se pinça l'arête du nez, sentant déjà la migraine pointer.
« -Et il ne vous est pas venu à l'idée que cette enfant était traumatisé par ce viol et qu'elle ne laisserait personne approcher à moins d'être en confiance ? »
Sherlock eut un reniflement dédaigneux. Il lâcha son bras qui avait arrêté de saigner et se redressa, hautain.
« -Les sentiments de la victime n'entre pas en ligne de compte pour le moment. Les preuves disparaissent à mesure que nous parlons. C'est à croire que vous ne voulez pas que nous arrêtions le coupable. Vous êtes tous des idiots ! »
Ce fut la phrase de trop. Folle furieuse, la mère, sans lâcher sa fille, se rua sur le détective, le couteau en l'air dans l'intention de le tuer.
Lestrade lâcha tout ce qu'il avait dans les mains pour ceinturer la mère. Sherlock recula de plusieurs pas, interdit alors que les cris de la mère se mêlaient aux pleurs de son enfant et aux ordres hurlés par Lestrade.
Les policiers qui accompagnaient l'inspecteur firent sortir Sherlock de la maison. Le consultant resta un moment abasourdi par la réaction, qu'il jugea démesurée, de la mère. Il entendit encore des cris qu'il ne comprit pas puis Lestrade sortit à son tour de la maison, appela son assistant pour qu'il aille lui chercher un médecin.
Au mot médecin, Sherlock tiqua. Et si elle était là, la solution au problème de John ?
Immédiatement, Sherlock attrapa le bras de Lestrade, lui ordonnant d'aller chercher le Docteur John Watson, spécialiste en traumatisme psychologique et résidant en ce moment-même à Holmes Manor.
Dubitatif, Lestrade s'exécuta pourtant.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/
John faisait les cents pas dans la bibliothèque, cherchant un moyen de se faire entendre du juge et du Docteur Hartwood qui refusait toujours de le laisser retourner travailler.
L'arrivée de William l'interrompit dans ses réflexions.
« -Pardonnez-moi Docteur Watson, mais un policier souhaiterait vous parler. »
Surprit, le brun se laissa conduire vers le hall d'entrée où un homme en uniforme attendait en triturant sa casquette.
« -Vous vouliez me voir ? » Demanda le médecin, intrigué par cette visite.
L'homme se redressa en l'apercevant.
« -Oui Docteur. Vous êtes demandé sur une scène de crime par l'inspecteur Lestrade. Il y a eut un souci avec Monsieur Holmes. »
Le sang de John ne fit qu'un tour. Soudain sur le qui-vive, il demanda des informations complémentaires que l'homme fut incapable de lui fournir. Inquiet, John se précipita dans sa chambre, attrapa sa veste de costume et sa trousse médicale puis quitta le manoir accompagné du policier.
Sur le trajet le menant à la scène de crime, John imagina toutes sortes de scénario, incluant tous un Sherlock blessé plus ou moins gravement. Il était anxieux, mais ses mains ne tremblaient pas. Ce n'était plus le médecin assis dans cette voiture mais le soldat. Le soldat que John n'avait jamais cessé d'être. Il l'avait seulement oublié.
Il sortit de la voiture dès qu'il aperçu Sherlock devant cette maison. La voiture n'avait même pas eut le temps de s'arrêter complètement.
« -Sherlock ! » Appela-t-il en courant vers son compagnon.
Il n'entendit pas les paroles que le brun lui adressa. Il vit seulement l'entaille sur sa pommette et celle qui s'était remise à saigner faiblement sur son bras. Automatiquement, il fit s'asseoir le détective sur le muret qui séparait l'avant de la maison de la rue et il se mit à soigner son compagnon, attentif à tout signe de fracture ou d'infection.
Il n'entendait rien, il soignait. Il se retrouvait dans le même état de transe que lorsqu'il était sur un champ de bataille. Il désinfecta rapidement la pommette avant de vérifier si des points de suture n'étaient pas nécessaires. Décrétant que non, il posa un pansement pour protéger la plaie puis demanda au détective de relever sa manche afin qu'il examine cette coupure.
Sherlock lui parlait de l'enquête, de la raison de sa présence sur la scène de crime mais John n'écoutait pas, trop absorbé par sa tâche. Sur le bras, malheureusement, des points de suture étaient nécessaires. La plaie était trop profonde pour qu'on ne l'aide pas à se refermer. Il sortit son matériel et commença les soins.
Quand il eut terminé, il recouvrit la blessure d'un bandage avant de ranger son matériel.
Sherlock s'était tu en voyant le médecin ignorer ses explications et attendait qu'il veuille bien lui accorder de l'attention.
Quand il vit le médecin se redresser après avoir rangé son matériel et le regarder en croisant les bras, Sherlock comprit que le temps des explications était arrivé.
« -Je ne t'ai pas fait venir pour moi John ! »
Le médecin fronça les sourcils.
« -Les tortures de Mauthausen ne t'ont pas suffit c'est ça ? Il faut que tu te mettes en danger même ici ?
-Non mais… »
Sherlock n'eut pas l'occasion de finir sa phrase que Lestrade vint les interrompre.
« -Vous êtes le Docteur Watson ? »Demanda-t-il en s'adressant à John.
Le blond hocha la tête.
« -Je suis le Détective Inspecteur Lestrade. » Se présenta l'homme. « Nous aurions besoin de vos compétences à l'intérieur. »
John jeta un regard à son compagnon qui acquiesça, lui faisant signe de suivre Lestrade.
« -La petite fille que vous allez rencontrer a été violée. Sherlock pense qu'un examen de la petite pourrait lui apprendre plus. Il n'a pas… il n'a pas été très doux avec la petite et sa mère s'est défendue. » Termina le policier.
« -D'où les blessures. » conclut John.
Décidément, son compagnon n'était pas très doué dans son rapport avec les autres.
« -Oui, la mère a accepté qu'un médecin l'ausculte.
-J'ai peur qu'elle soit réticente si Sherlock s'est montré brusque avec elle. »
Lestrade hocha la tête. Ils étaient devant la porte de la cuisine.
« -Faites de votre mieux Docteur, c'est tout ce que je vous demande. »
Et il ouvrit la porte, laissant le médecin entrer dans la pièce.
Sherlock, assit sur les marches du perron, attendait, écoutant les brides de conversation qui s'échappaient sous la porte. Pas de cris, pas de pleurs. Pas de rire non plus mais une conversation calme et civilisée qui indiqua au détective que John maîtrisait la situation.
Son attitude à son arrivée avait interpellé le brun qui s'en était inquiété. La neutralité dont avait fait preuve le blond l'avait d'abord surpris avant qu'il ne comprenne que John était en mode médecin militaire. Qu'il n'y avait rien d'autre qui existait que la blessure à soigner.
Il fallait maintenant attendre. Attendre que la douceur de John fasse son office et que l'enfant se laisse examiner.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/
Dans la cuisine, John avait dû faire preuve de beaucoup de patience. Rassurant d'abord la mère, il lui avait expliqué les examens qu'il allait pratiquer. Rien d'invasif, lui avait-il promis, rien que de l'observation des ecchymoses qui se formaient sur les cuisses de son enfant et peut-être une palpation des muscles et des os de ces mêmes cuisses pour s'assurer que rien n'était endommagé.
Rassurée, la mère s'était alors tournée vers sa fille pour lui expliquer. Mais la petite refusait toujours de se laisser approcher par un homme autre que son père qu'elle réclamait à corps et à cris.
John eut donc une idée. Il demanda à la mère si la petite possédait une poupée. Elle alla la chercher et la donna, sur les ordres du médecin, à Maggie. La petite, rassurée par le contact familier du jouet, se détendit. John attendit encore avant d'engager la conversation avec la fillette. La conversation tourna d'abord autour de la poupée et de ses aventures avant qu'elle n'arrive dans cette maison.
Au fil de la conversation, le jeune homme lui demanda si elle voulait bien lui prêter la poupée pour qu'il s'examine elle aussi. Après tant d'aventures, il fallait s'assurer que la poupée était en parfaite santé.
Concernée, la fillette lui donna la poupée avant de se réfugier dans les jupes de sa mère, apeurée par la proximité du médecin. John lui sourit avant d'entamer, avec tout le sérieux du monde, un examen complet de Miss Pring. Tout y passa, il écouta le cœur puis les poumons, s'assura que ses articulations fonctionnaient bien. Quand il voulu lui poser des questions sur sa santé, il se heurta à un gros problème. Miss Pring ne lui répondait pas. Ennuyé, il chercha un moyen de la faire parler mais rien ne fonctionnait.
Voyant le médecin embêté, ce fut la petite Maggie qui répondit, projetant son agression sur sa poupée. Elle lui expliqua les symptômes avec ses mots d'enfant. Miss Pring s'était réveillé de sa sieste et Maman n'était pas à la maison. Un monsieur était là par contre, il la regardait dormir.
Elle n'avait pas eu le temps de dire quoique ce soit que le monsieur était monté sur le lit pour la caresser. D'abord des caresses gentilles comme celles de papa et maman puis des choses que papa et maman ne faisaient pas. Il lui avait enlevé sa jupe et sa culotte, elle s'était débattue mais le monsieur s'était allongé sur elle et elle était bloquée.
Puis elle avait eu mal là, dans son ventre, le monsieur lui faisait mal, elle criait mais personne ne l'entendait. Elle voulait partir mais le monsieur était trop fort. Il la serrait fort et elle avait si mal au ventre. Maintenant, Miss Pring avait de gros bleus aux cuisses comme elle et son ventre saignait.
La mère était en larmes en entendant sa fille raconter son viol. Assise sur la table, près de la poupée, elle remonta doucement sa jupe pour montrer les ecchymoses qui apparaissaient sur sa peau blanche. John observa attentivement, sans la toucher puis demanda si son ventre saignait encore.
La petite lui répondit que non mais qu'elle n'avait pas vérifié depuis la dernière fois qu'elle était allée aux toilettes.
John lui demanda de vérifier la prochaine fois qu'elle irait aux toilettes et de vérifier aussi pour Miss Pring puis il se dirigea vers la mère qui n'avait pas bougé.
Il lui donna ses recommandations, une ordonnance pour soigner la petite qui jouait avec sa poupée et un calmant pour elle. Il fallait absolument qu'elle soit là pour écouter son enfant. C'était important. Il lui donna aussi l'adresse d'un psychologue à consulter si jamais elle n'arrivait plus à comprendre sa fille, ce qui arrivait souvent en cas de viol.
Il s'enquit de sa santé physique, demandant s'il pouvait lui être utile puis s'en alla en saluant Maggie et Miss Pring qui jouaient non loin.
Sur le perron, Sherlock se leva à l'arrivée du médecin, avide d'informations.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/
Bon et bien encore une fois je n'ai pas fait ce que je voulais. Je voulais parler plus en profondeur du procès du colonel Whitehall.
Raté !
C'est pas grave, ce sera pour le prochain chapitre.
Ou pas.
ChocolatPeanut, j'espère que cette version de Sherlock colle plus à l'image que tu te fais de lui.
S'il reste des fautes d'orthographe, je m'en excuse
A bientôt pour un nouveau chapitre
Magdaline.
