A/N: bonjour a tous chers lecteurs. Voici un nouveau chapitre. La fin approche les amis. J'espère que ça vous plaira.

Bonne lecture.


Résumé: Teresa, une jeune esclave, est acheté par Jane, un homme riche, contre l'esclave. Se passe au milieu du 19eme siècle. Univers Alternatif.


Chapitre 25


A peine une semaine s'était écoulée avant que l'idée ne vienne la harceler . C'était comme une sorte de peur, un mauvais pressentiment que Teresa avait de l'avenir à chaque fois qu'elle pensait à sa famille. Utiliser Christopher n'était que le début , s'ils avaient décidé de la faire revenir. Elle savait que Bosco ne reculait jamais devant un problème jusqu'à ce qu'il ait le contrôle , et bien qu'elle soit à l'autre bout du pays , elle était encore un problème non résolu pour lui. Il utilisait sa famille contre elle, avait certainement manipulé son père ou son frère aîné dans quelque projet fou ... et ça la perturbait de voir qu'ils le suivaient.

Le matin arriva trop vite, lorsqu'elle prit sa décision. Elle et Jane étaient encore au lit, profitant des quelques heures qui leur restaient avant qu'ils doivent se lever. La pensée de troubler ce moment de paix la faisait se sentir coupable, mais plus tôt elle le lui dirait mieux ce serait.

Elle se recula de ses bras, attirant son attention immédiatement.

-"Patrick, je ne peux pas laisser cette histoire inachevée" lâcha-t-elle, se hissant sur son coude . "Je sais que j'ai fait le bon choix en ne répondant pas à Chris , mais ... je dois régler ça. J'ai besoin de mettre les choses au point avec mon père et Bosco avant d'avancer avec toi ." Quand il ne répondit pas, le visage indéchiffrable, elle respira profondément et termina: "J'ai besoin de retourner en Ohio. "

Pendant quelques instants, elle fut terrifiée à l'idée qu'il refuse sa demande. Il en avait parfaitement le droit. Elle était son épouse -le serait bientôt, et elle lui avait dit que sa famille était là maintenant . Mais elle estimait également que, si elle ne mettait pas les choses au clair avec le reste de sa famille, que se serait un problème interminable entre eux. Et tout comme eux, Teresa détestait laisser les choses inachevées.

-"Quand prévois-tu de partir ? " demanda-t-il par la suite. Il n'y avait aucun accord ou refus dans son ton et ses yeux restaient illisibles. Il n'aimait pas l'idée, c'était évident, mais au moins il était disposé à écouter ce qu'elle avait à dire.

-"Le plus tôt sera le mieux, je dois mettre un terme à tout ça," marmonna-t-elle avec hésitation. " Je partirai cette semaine, et avec de la chance, je serai de retour avant la fin du mois prochain. "

Encore une fois, il la dévisagea. Elle ne pouvait savoir ce qu'il pensait, il était de dos, face au plafond. Elle attendit patiemment jusqu'à ce qu'il arrive à une conclusion. Dix minutes plus tard, couché sur le côté et en face d'elle, il répondit lentement:

-"Seulement à deux conditions ... "

Teresa laissa échapper un souffle qu'elle ne pouvait retenir. Son soulagement était si grand qu'elle aurait pu accepter n'importe quoi en ce moment. Et voyant l'expression sérieuse sur son visage et d'entendre le ton de sa voix, ce qu'il allait lui demander ne lui plairait pas nécessairement.

-"D'abord, tu prends Cho ou Florin avec toi. Si tu veux y aller maintenant, je ne serai pas en mesure de t'accompagner et tu ne va certainement pas y aller seule."

Il y avait une pointe de déception dans sa voix, il avait cette réunion d'affaires avec Mashburn et Harper avec un partenaire potentiel du Mexique- une obligation à laquelle il ne pouvait pas échapper puisque le contrat leur assurerait une ouverture vers le continent sud. La réunion devait avoir lieu au cours de la semaine prochaine et il devait partir dans les prochains jours. Sa présence était facultative, c'était l'une des raisons pour lesquelles elle voulait partir au cours de cette période. C'était quelque chose qu'elle sentait devoir faire seule, mais elle ne refuserait pas un peu de compagnie et de protection.

-"Et la deuxième condition? " demanda-t-elle. Un sourire nerveux apparut sur ses lèvres comme il se hissait sur son coude pour être à son niveau et approcha son visage du sien.

-"Tu m'épouseras au cours de la semaine. " Sa main gauche glissa dans ses cheveux soyeux quand elle ouvrit de grands yeux, en état de choc. " Je sais que nous avons convenu que nous attendrions. Nous aurons une vraie cérémonie à la date fixée, mais je veux que tu sois ma femme légalement lorsque tu visiteras ta famille ..." Il l'embrassa sur le front doucement " ... donc ils ne pourront pas te forcer à quoi que ce soit. Et étant donné le discours de ton frère, ton père a peut-être besoin d'un rappel de ce qu'il a fait."

Elle se figea à ses mots, sachant ce qu'il voulait dire. Il voulait qu'elle lui secoue le contrat qu'il avait signé avec Elias sous le nez afin de la laisser tranquille. Quand elle ne répondit pas, il effleura ses lèvres pour obtenir une réaction de sa part. Teresa cligna des yeux et fronça les sourcils:

-"Penses-tu vraiment que je dois être mariée à toi pour rendre visite à ma famille ? "

Quelque chose dans ses yeux lui disait qu'il n'était pas satisfait par cette réponse.

-"Ton père t'as vendue à un marchand d'esclaves parce que tu as été violée par ton ex- fiancé" lui dit-il froidement, ignorant sa grimace. "Ton ex- fiancé a manipulé ton frère cadet pour te ramener. Je ne pense pas qu'ils vont te laisser partir si facilement si tu y vas pour une visite de courtoisie. Ils pourraient essayer de t'utiliser. Ils ont utilisé un garçon de dix ans, tu te souviens ?"

Au fond d'elle, elle savait qu'il avait raison. Mais une partie folle voulait encore croire qu'ils ne feraient pas quelque chose de si vil pour elle si elle était là, en face d'eux. Ils étaient sa famille pour l'amour de Dieu ! Elle était celle qui s'était occupée de ses trois frères après la mort de leur mère, elle était celle qui avait sauvé la position sociale de sa famille devant quelques invités. Elle avait toujours tout fait pour eux ...

Jane semblait lire dans ses pensées une fois de plus .

-"N'hésite pas à croire ce que tu veux, ils vont te forcer à quelque chose" répondit-il sèchement, agacé par sa réticence évidente à être d'accord avec lui. " Et je ne veux pas te perdre" sa voix était à présent rauque et calme. " Je refuse de te donner à eux."

Ses mains poussèrent ses épaules, l'allongeant sur le matelas. Il la plaqua avec son corps, se penchant un peu plus et commença à grignoter son cou doucement. La chaleur familière et apaisante la rendit étourdie.

-"Plus important encore, je veux que tu sois ma femme dès que possible. Est-il si difficile de comprendre ? "

Teresa poussa un soupir de contentement en réponse, avant qu'une pensée lancinante lui rappelle pourquoi elle voulait faire ça. Elle posa une main sur son épaule pour attirer son attention.

-"Je veux être ta femme Patrick" Elle le regarda dans les yeux. " Mais je ... je sens que j'ai besoin de l'approbation de mon père. Je sais que c'est fou surtout après ce qu'il a fait, mais ... Mais quand j'étais enfant, il a toujours répété qu'il ne me donnerait jamais loin parce que j'étais sa petite fille, et il était fier. Quand ma mère est morte, il ne s'en souciait plus ... J'ai besoin de savoir si je représente encore quelque chose pour lui, s'il a vraiment décidé de me haïr pour de bon ou de m'oublier, ou même être indifférent envers moi. J'ai besoin de savoir. Ensuite ... je n'irai jamais le revoir si tu veux, mais juste cette fois , s'il te plaît !"

Son cœur se serra à l'expression dans ses yeux, ce n'était pas la colère qu'elle lut dans la profondeur de ses yeux bleus et froids. Il y avait de la tristesse, le seul sentiment qu'elle voulait garder éloigné sur son visage. Il était déçu et elle se détestait vraiment ... mais son côté têtu avait vraiment besoin de savoir.

-"Si tu y vas, je vais te perdre" murmura-t-il avant de sortir du lit et s'habiller pour la nouvelle journée, lui tournant le dos.

-"Tu ne me perdras pas !" répondit-elle fermement, debout à son tour pour le rejoindre. " J'ai promis que je n'allais pas te quitter. Je ne suis pas ... "

-"Prends Cho avec toi !" la coupa-t-il, l'ignorant alors qu'il enfilait sa chemise. Il était fou maintenant, c'était évident par le ton de sa voix. " J'ai confiance en lui en cas de problème."

Ses paroles la poignardèrent droit au cœur. Alors, il avait confiance en Cho, mais pas en elle? Elle était sa fiancée, elle l'aimait et il le savait, n'est-ce pas? Teresa secoua la tête de déception .

-"Si tu ne peux pas me faire confiance, je ne sais pas pourquoi nous allons nous marier."

-"Ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance, c'est en eux" prononça-t-il, appuyant sur le dernier mot avec un telle véhémence qu'il l'a choqua. " Et je ne pourrai jamais faire confiance aux gens qui utilisent des enfants pour arriver à leurs fins. Je pensais que tu étais moins naïve que cela, Teresa."

La jeune femme plissa les yeux à son tour .

-"Je ne suis pas naïve! Est-ce une si mauvaise chose que de vouloir avoir un peu de foi dans ma propre famille ?"

Il fit une pause après avoir mis sur son pantalon .

-"Prends Cho avec toi" répéta-t-il avant de se diriger vers la porte de la chambre. " Je vais partir ce soir, tu pourras préparer tes affaires et partir demain."

Lorsque le «clic » de la serrure résonna dans la pièce désormais vide, Teresa sentit que quelque chose venait d'éclater entre eux.

Plus tard dans l'après-midi, Jane fit l'annonce de leurs plans et organisa le départ de sa fiancée pour le lendemain. Cho accepta d'accompagner Teresa, n'ayant pas grand chose à faire quand le maître était absent, et Florin reçu la charge de suivre son maître, laissant la tâche des chevaux à Rigsby. Tout le monde pouvait sentir la tension croissante entre le couple. Ils ne restaient pas dans la même pièce pendant plus de cinq minutes, ne se parlaient pratiquement pas et avant le départ de Jane, ils ne se prirent pas dans les bras, comme prévu. Après que la voiture ait disparu à l'horizon, Teresa retourna à ses tâches sans un mot, son expression impénétrable.

C'était bizarre de retourner dans sa chambre de femme de chambre ce soir-là. Elle n'avait pas dormi ici depuis des semaines, elle n'y allait que pour changer de vêtements ou se reposer un peu pendant la journée. Toutes ses nuits se passaient dans les bras de Jane, blottie dans sa chaleur, sa présence et ses bras autour de sa taille. Teresa se maudit d'avoir été si têtue. Sa tête lui faisait mal et les quelques maux de tête qu'elle avait eut au cours de la journée l'étourdirent. Peut-être qu'elle devrait manger quelque chose avant d'aller au lit, mais la tarte de Julian ne la tentait pas cette fois, l'odeur douce l'a fit se sentir nauséeuse et elle refusa le repas. Cette sensation se calma un peu quand elle se coucha , mais seulement pour être remplacé par le manque de chaleur à côté d'elle.

Sa main caressa l'endroit où il devait se trouver, avec elle, elle resserra son emprise sur le drap. Quelques heures passèrent , la douleur s'arrêta et elle attendit en vain que le sommeil vienne à elle. En fin de compte, elle sortit de son lit et regarda autour de lui. L'objet de sa recherche, le haut de pyjama, gisait encore sur une chaise à proximité. Elle le prit et retourna au lit, tenant le tissu près de son visage. Le haut de Jane, sentant encore comme lui. Lorsque le matelas s'affaissa sous elle, elle garda le morceau de tissu à côté d'elle et fit une note mentale de le glisser quelque part dans ses valises avant de sombrer dans un sommeil profond et paisible.

Le voyage ne fut pas aussi confortablement que prévu non plus. Elle ne savait pas si c'était la perspective de faire face de nouveau à sa famille ou le fait qu'elle et Jane s'étaient quittés en mauvais termes qui l'a faisait se sentir très malade , mais à quelques reprises pendant la journée, elle dû demander au chauffeur de s'arrêter pour pouvoir respirer à l'extérieur, et son appétit avait diminué considérablement. Cho n'était pas très bavard non plus, ce qui était bien pour elle, mais le silence était lourd ... à certains moments. Elle aurait voulut que Jane ait envoyé Florin à la place de l'homme asiatique ...

-"Pourquoi n'avez-vous pas accepté d'épouser M. Jane ?" demanda-t-il tout à coup, en la regardant avec son visage impassible. " Votre conscience vous laisserait tranquille et que vous ne seriez pas si troublée."

Teresa le regarda puis regarda par la fenêtre : que savait-il de toute façon? Comprenant qu'il était improbable qu'il reçoive une réponse, il haussa les épaules et murmura: " Juste une question."

Quelques minutes passèrent avant qu'elle soupire et décide d'y répondre:

-"Parce que je suis stupide. Stupide et fière et ... et parce qu'ils sont ma famille. Vous l'êtes aussi." Ajouta-t-elle rapidement ne voulant que Cho croit qu'elle ne prenne pas en compte leur présence ou quelque chose comme ça. "Mais ..."

-"Je comprends," répondit-il froidement. " Pas besoin de justifier vos actions."

Teresa voulait ajouter plus, mais une nouvelle vague de nausées toucha son ventre, et elle se mordit la lèvre inférieure pour éviter toute nouvelle perturbation. À l'heure actuelle, elle voulait juste que cela se fasse, et vite.

-Slave-

Le manoir de la famille de Lisbon n'avait pas beaucoup changé au cours de l'année écoulée et Teresa le réalisa lorsque le chauffeur s'arrêta devant la porte. Leur manoir n'était pas aussi grand que celui de Jane mais cela avait été l'héritage de leur père et la source même de son développement commercial. L' entreprise Bosco avait pris le relais, pensa-elle amèrement. Les grands jardins étaient encore remplis de violettes et de tournesols sauvages. Les mauvaises herbes avaient poussé autour du chemin défoncé menant à la porte d'entrée, et elle se rappela que, il y a longtemps, elle avait couru le long de ce chemin avec ses frères ou ses amis, rit et fait des choses ridicules, sous les regards attentifs de leurs parents.

-"Vous êtes prête ?" entendit-elle l'homme asiatique lui demander derrière elle. Elle haussa les épaules en retour.

-"Je n'ai jamais pensé que je reviendrais dans ces circonstances. Donc, je ne pense pas que je serai jamais prêt pour ça ..."

Elle fut interrompue par l' exclamation de surprise forte d'une femme d'âge moyen, debout à la porte d'entrée. Elle était vêtue de brun foncé et gris clair et avait un foulard sur les cheveux. Un panier de linge était maintenant répandu sur le sol, et elle a dû cligner des yeux plusieurs fois avant d'être en mesure de formuler une phrase correcte.

-"M ... Miss Lisbon ?" dit-elle, complètement abasourdie. " Co ... Oh mon Dieu, si je m'attendais ..."

La jeune femme hocha la tête rapidement vers la servante en guise de salutation et parla sèchement:

-"Bonjour, Mme Klein. Pourriez-vous aller au bureau de mon père et annoncer ma visite?"

La vieille femme se demandait ce qu'il fallait faire. Teresa la foudroya du regard et répéta sa phrase calmement:

-"Mme Klein? Pouvez-vous annoncer mon arrivée à mon père ?"

La phrase prononcée fort attira un grognement irrespectueux de la part de la servante, mais Teresa soutint son regard avec l'autorité. À contrecœur, la femme prit son panier au sol, les draps sales maintenant, et se dirigea vers la porte d'entrée en agitant la main pour lui indiquer de la suivre. Aucun mot ne fut échangé au cours de leur marche, mais Teresa remarqua les ombres mouvantes dans le coin de la maison et on entendait des chuchotements feutrés dans le fond. Elle sourit presque devant l'ironie, après tout ce temps passé au manoir de Jane, elle avait oublié à quel point l'atmosphère était froide ici.

Ils s'arrêtèrent à la porte d'entrée et Mme Klein leur annonça avec irritation qu'ils devraient attendre son retour dans le grand hall. La vieille femme avait du mal à masquer sa surprise lorsque la réaction de Teresa fut juste de hocher la tête et de regarder autour d'elle comme n'importe quel visiteur le ferait, au lieu de se fâcher pour son impertinence et répondre qu'elle avait vécu ici toute sa vie. La jeune femme remarqua également le regard désapprobateur de Cho face à son comportement envers la femme plus âgée. Lorsque celle-ci eut disparu, elle répondit sévèrement :

-"Il ne faut pas sympathiser avec elle. C'est juste une vielle bavarde et une vipère Quand j'ai pris les fonctions de ma mère à sa mort, elle était toujours la première à se plaindre, me rappelant combien il était peu probable que je sois la fille de mon père, parce que je n'avais pas son autorité naturelle ou son prestige ..." Elle renifla, plissant les yeux. " Elle était tellement contente de remuer le couteau là où ça faisait déjà mal ... Si ce n'était pas pour mon manque de connaissance sur l'organisation d'une maison, je serais partie depuis longtemps."

L'homme asiatique hocha la tête et ne commenta pas davantage. Quelques minutes plus tard , Mme Klein revint en grognant, annonçant que M. Lisbon l'attendait dans son bureau, et que le maître d'hôtel devait la suivre à la cuisine où il pourrait prendre un peu de repos.

-"Pas besoin pour moi de vous montrer le chemin , Miss Lisbon" ajouta-t-elle en la regardant.

-"Pas besoin en effet" répondit la jeune femme calmement avant de s'éloigner, mais pas sans jeter un dernier regard sur l'homme asiatique pour se rassurer. Cho acquiesça discrètement avant de suivre la vieille femme, la laissant seule.

Elle tourna vers sa droite et entra dans le corridor éclairé. Intérieurement, elle ne pouvait s'empêcher de noter les différences avec le manoir de Jane. Les peintures sans vie sur les murs. Le reflet grisâtre des sculptures exposées sur leurs colonnes de marbre. Comment avait-elle pu jamais trouvé ces choses pâles et froides attrayantes, là où les œuvres d'art de Jane semblaient littéralement être en vie? Elle repoussa cette pensée quand elle commença à monter les escaliers menant au premier étage, où elle savait que le bureau de son père se trouvait.

Elle ne croisa personne sur son chemin, et cela l'intrigua un peu. Mis à part Mme Klein, quand elle était encore là, au moins sept femmes de ménage ou majordomes travaillaient ici, et elle en rencontrait toujours un. Et pourquoi n'avait-elle pas encore vu un de ses frères? Ça ne la surprendrait pas si Tommy était dans la bibliothèque, entouré de livres, mais Ray et Chris ? Le premier était toujours caché dans l'ombre à épier les nouveaux arrivants et le dernier aurait sauté sur toutes les occasions de la voir, ce qui pourrait encore se produire, si elle croyait ce qu'elle avait entendu dans le bureau de Jane.

Une douleur soudaine dans son estomac lui coupa le souffle sèchement et elle a dû s'appuyer contre le mur le plus proche pour reprendre son souffle. Des petites gouttes de sueur se formèrent sur son front. Elle les essuya avec sa manche et, écartant la montée d'anxiété, se tint droite et continua.

Ses mains étaient légèrement tremblantes quand elle arriva devant la porte du bureau de son père. Elle s'était tenue tant de fois devant la porte de bois, joliment sculptée de motifs floraux et de feuilles de vigne, et pour de nombreuses raisons, principalement mauvaises : insurrection enfantine entêtement d'adolescente ... Au début punie par les tâches ménagères ou une claque sur le visage, puis par coups de poing. Elle resserra son poing, leva la main et frappa une fois, deux fois. Son rythme cardiaque accéléra quand elle entendit la réponse d'une voix familière «Entrez ». Toute la haine qu'elle avait ressentie au cours de l'année écoulée sembla disparaître au profit de la peur. Souvenirs des années après son douzième anniversaire, la pression qu'elle avait dû supporter pour protéger sa famille l'assaillirent durement et pendant quelques secondes, elle se sentit paralysé d'effroi.

A cet instant, elle aurait voulut ne pas avoir été si stupide et avoir demandé la présence de Jane. La bague de fiançailles autour de son doigt ne semblait pas aussi chaude que d'habitude, comme si elle l'abandonnait aussi. Elle déglutit difficilement, sachant qu'elle s'était fourrée dans ceci toute seule, alors maintenant, elle devait s'en sortir seule.

Teresa tourna la poignée et ouvrit la porte.

-Slave-

La dernière fois qu'elle avait vu son père, il était assis à la table de la cuisine, un verre d' alcool à la main, regardant avec un regard vide la bouteille à côté de lui, les cheveux et les vêtements en désordre.

Maintenant, il était rasé et propre, assis derrière un bureau avec un tas de cahiers remplis de chiffres à l'encre noire. Il était vêtu de vêtements propres, écrivait avec beaucoup de concentration . Quand Teresa ferma la porte, il leva la tête de sa paperasse. Il fronça légèrement les sourcils à sa vue, seulement à moitié surpris de la voir ici . Elle se demanda s'il attendait son ...

-"Alors, tu es de retour. Je suis content que tu ais décidé de te montrer raisonnable, Teresa" lâcha-t-il, son attention retournant aux papiers sur son bureau. " Tes frères voyagent avec Samuel. Ils devraient être de retour tard dans la soirée. " Quand elle plissa les yeux vers lui, il haussa simplement les épaules et ajouta: " Tu n'as pas perdu cette mauvaise habitude de froncer les sourcils n'est-ce pas."

Le choc fit disparaître toutes ses craintes en quelques secondes. Elle ne pouvait pas le croire. Elle avait disparu depuis plus d'un an, par sa faute, et il était là, agissant comme si rien ne s'était passé ? Comme si elle n'était jamais partit ?

-"Je ne suis pas ici sur la demande de Christopher" répondit-elle sèchement, le regardant directement. " Je voulais clarifier les choses entre nous. Je suis fiancée avec un autre homme, et je vais l'épouser à mon retour. Ne commence pas à me courir après."

Son père fronça les sourcils à ses paroles.

-"Arrêtes de dire des bêtises. Tu es déjà engagée avec Samuel. Vous l'avez été pendant deux ans maintenant, et tu l'épouseras lui bien assez tôt."

-"Je n'ai aucune obligation envers l'homme qui m'a vendue trois cents dollars à un marchand d'esclaves, selon le contrat que tu as signé avec Brad Elias," le coupa-t-elle avec ironie, et comme prévu, obtint un regard surpris en retour. Apparemment, il ne pensait pas qu'elle avait obtenu l'accès au contrat. Ramener le sujet n'était pas une si mauvaise idée après tout. " Je suis venue en dernier recours avant que mon fiancé ne décide de t'écraser pour de bon. Ne teste pas sa patience, ou il aura ta peau."

Son père ne répondit pas à cette phrase. Au lieu de cela , il plissa légèrement les yeux et elle fut instantanément sur ses gardes. Elle le connaissait assez bien pour dire qu'il avait l'intention de faire quelque chose, mais elle ne pouvait pas dire exactement quoi. Quelques instants passèrent, durant lesquels pas un mot ne fut échangé. Seuls les regards et les éclairs allaient et venaient entre eux, chacun essayant de prendre le dessus silencieusement.

-" Tu dois être fatiguée" déclara-t-il finalement. " Il commence à se faire tard et ta chambre est prête."

-"Ch ... Mr Cho et moi avons une réservation dans une auberge dans une ville proche" répondit-elle froidement. " Nous n'avons pas besoin ... "

-"Eh bien tu as voyagé depuis la Californie pour nous dire de faire marche arrière" la coupa-t-il, en ignorant sa réponse : " Je pourrais aussi bien t'offrir une chambre pour une nuit. Tu pourras partir demain si tu le désires."

Le ton de sa voix l'inquiéta. Jane avait raison, pensa Teresa, frissonnant. Elle aurait du accepter de l'épouser avant de venir. Le sentiment de malaise ne disparaissait pas et elle n'aimait pas ça. Pour ses oreilles, son père avait été trop agréable avec elle et son offre de passer la nuit sentait trop comme une... offrande de paix douce-amère. Elle espérait juste qu'il n'ait pas averti Bosco de sa présence ici. Le pire serait qu'il monte dans sa chambre au milieu de la nuit ... Mon Dieu, elle avait vraiment besoin de partir.

-"M. Cho aura une chambre dans les quartiers des domestiques" l'interrompit-il avant qu'elle ait pu parler. " Il y sera très à l'aise, et je suis certain qu'il ne se plaindra pas . Maintenant, M. Browse va te conduire à ta chambre et nous parlerons demain matin. Tu peux sortir !"

Ledit homme fit irruption immédiatement dans la pièce et salua précipitamment son maître. Il devait avoir été embauché après son départ, devina Teresa, puisque sa silhouette ne lui était pas familière.

-"Conduisez ma fille à sa chambre" ordonna Peter Lisbon sans même la regarder. " Et trouvez à son majordome un endroit où dormir."

-"Je ne reste PAS ici ce soir !" Teresa éclata de colère.

Son père lui jeta un regard désapprobateur, comme celui qu'il lui envoyait quand elle désobéissait à ses ordres étant enfant. Alors c'est tout ce qu'elle était pour lui ? se demanda-t-elle avec colère. Un outil, un enfant gênant qu'il devait surveiller pour son propre bien ? De toutes les choses, elle ne s'attendait pas à cela. La haine, la culpabilité, l'indifférence, n'importe quoi mais pas un retour à la normale et qu'il essaye d'affirmer son contrôle sur elle.

-"Browse, conduit Mlle Lisbon à sa chambre, maintenant" répéta-t-il.

Le grand homme s'inclina et saisit fermement son bras pour la forcer à le suivre. Teresa le frappa dur entre les jambes et, quand il la libéra, paralysé par la douleur, elle courut à la porte. Comme sa main s'immobilisait sur la poignée, elle se figea de crainte. Elle ne pouvait pas partir. Elle ne pouvait pas fuir : elle ne savait pas où Cho était à ce moment et elle ne voulait certainement pas repartir en le laissant ici.

Le moment d'hésitation lui coûta sa chance de s'échapper. Browse était déjà dans son dos et tenait son poignet, en gardant une distance de sécurité entre eux.

-"N'essaye pas ceci de nouveau Teresa" entendit-elle son père dire. "Autant je veux être un bon hôte, mais je n'accepteras pas que ma propre fille cause des troubles à l'intérieur de ma maison. Nous parlerons dans la matinée, une fois que tu seras calmée."

Avec ces mots, il leur fit signe de partir. Browse la traîna à travers les couloirs et elle se sentit de nouveau comme chez Elias. Privée de sa liberté, menée par des hommes qui voulaient l' utiliser. Et quand elle fut enfermée dans la chambre, qu'elle était venue à détester au fil des ans, elle se maudit. Pourquoi devait-elle toujours détruire le peu de bonheur qu'elle avait ?


TBC…


A/N2: je posterais la suite aussi vite que possible. Bonne journée a tous.

Sweety 11/11/13