Bonsoir à tous
Je sais, je suis impardonnable de ne pas avoir publié de chapitre la semaine dernière. Je pourrais trouver tout un tas de raisons mais la principale est le manque de temps. J'ai eu deux semaines très chargée en travail et en soirée. J'ai fêté mon anniversaire un peu… voire même beaucoup. Et fêter mon anniversaire m'a pris pas mal de soirées au final. Je suis donc entrée dans ma vingt-septième année mardi dernier et j'ai bien arrosé ça.
Je me lance dans le chapitre qui traitera du procès du colonel Whitehall. Je m'inspirerai pour cela de deux choses : du procès en assise que j'ai vécu en temps que témoin i mois. Une sombre affaire de braquage auquel j'ai assisté.
La seconde est le procès de John Bates dans « Downton Abbey », une série que j'apprécie particulièrement.
Passons aux choses sérieuses.
Réponses aux commentaires :
ChocolatePeanut : Tu vois, après les camps de concentration, le viol est un poil plus facile à retranscrire. Ceci étant, j'espère juste y arriver sans tomber dans le misérabilisme ou la morale. J'ai écouté l'album de Stromae en entier mais j'ai du mal à aimer certaines mélodies. Je ne suis pas fan de ce genre de musique. Je reste accroché à « Formidable » qui me rappelle beaucoup Brel que j'adore.
Liseron : C'est vrai que John aura besoin de Sherlock, espérons que Sherlock s'en rendra compte avant la fin du procès. Quelque chose me dit que oui….
Fishina : Ce n'est pas que j'éprouvais de la culpabilité pour le gazon, c'est juste que John le malmène tellement que j'avais envie d'une compensation pour ce pauvre gazon. J'imagine bien John suivit par un Sherlock en chaleur. L'image est très drôle au final. Je l'utiliserai peut-être… plus tard.
Vera Spurnes : Je pense que la moitié du chapitre sera consacré à l'enquête, pour que vous compreniez comment Sherlock en est arrivé à soupçonner le patron et la seconde au procès proprement dit. Ou l'inverse. Ou pas du tout. En fait, je n'en sais rien. Nous verrons.
Kytykat : Merci pour ton commentaire et ton engouement pour ma fic. Je te souhaite une bonne lecture de ce chapitre.
Glasgow : Je vois que vous êtes tous et toutes satisfaits de ce chapitre. Tant mieux alors. Je suis flattée que tu te sentes prête à me suivre partout. Attention tout de même. Il m'arrive de prendre des chemins dangereux. Je ne voudrais pas te perdre en route.
Nikitta68 : La suite sera bien moins guimauve, je le crains. Ca te conviendra j'espère.
Barjy02 : C'est vrai qu'ils ont pris leur temps ces deux-là. On dit que plus c'est long, plus c'est bon lol. C'est à toi de juger pour ce chapitre. Pour te rassurer, non, tu n'es pas fatiguée, je n'ai pas expliqué voilà tout. Je répare cet oubli dans ce chapitre ou pas. Bonne lecture.
Choupette50 : Non tu n'es pas la seule à t'alanguir. Je m'alangui tout autant voire même plus que toi car ce que j'ai dans la tête au moment d'écrire est bien plus détaillé et bien plus chaud que ce que j'ai effectivement couché sur le papier. J'ai peut-être mal situé Holmes Manor dès le début. Cette maison n'était pas sensée prendre autant de place dans l'histoire. Mais je la situe dans la grande banlieue de Londres, entre ville et campagne. Ah ! Toi aussi tu carbures à Benedict ! On est deux alors ou trois, faut que j'en parle à une collègue.
Electre1964 : Je crois qu'il fallait ça à John pour se remettre. Il fallait que le soldat revienne pour que le médecin en lui réapparaisse. Merci de ta fidélité.
Jean-Roger : La voici !
Résumé des chapitres précédents : John Watson, médecin militaire lors de la Seconde Guerre Mondiale, libère, avec sa division, le camp de concentration de Mauthausen dans le Nord de l'Autriche. Il y rencontre un prisonnier du nom de Sherlock Holmes. Cette histoire raconte les évènements qui suivent, depuis leur rencontre jusqu'à leur retour à Londres. John veille à la santé de Sherlock et Sherlock veille sur la vie sentimentale de John. Cette tâche sera facilitée par la colocation qu'ils vont entamer au 221b Baker Street. Lors d'une remise de médaille, John est blessé par balle en protégeant la Reine Elizabeth de l'attaque de l'un de ses patients. Inquiet et jaloux de l'intérêt que la famille royale porte à son colocataire, Sherlock parvient, avec l'aide de sa mère, à le faire transférer à Holmes Manor afin que le médecin y passe une convalescence au calme et près de lui et des siens. Mais le calme n'est pas nécessairement ce qu'il va avoir. Il découvrira que le métier de détective est plus dangereux que le métier de soldat.
Note de l'auteur : Apolitique et agnostique, je manipule les idées politiques et les croyances sans aucun problème de conscience. Ceci dit, certains passages peuvent vous choquer alors qu'ils me paraîtront parfaitement acceptables. Dans ce cas, faites donc une remarque et je m'efforcerai de me corriger au plus vite.
Je remercie les lecteurs anonymes, ceux qui ne laissent pas de commentaires, ceux qui placent mon histoire en favorite story ou qui la suivent. Je remercie également les gens qui me suivent depuis le début ou qui me découvrent en cours de route. Je vous embrasse tous, c'est aussi pour vous que j'écris cela.
A tout à l'heure en bas …
Bises
Magdaline.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*
Chapitre 29
Si John n'avait pas vécu la guerre de l'intérieur, il aurait sans doute était impressionné par ce bâtiment austère et gigantesque qui abritait la Cour Royale de Justice. Le bâtiment, de style victorien, lançait sa flèche vers le ciel, prenant Dieu à témoin que les décisions prises dans ce tribunal étaient les meilleures possibles.
Mais John avait vécu l'horreur de la guerre de trop près. Il avait vu trop de gens mourir entre ses mains pour avoir encore peur de la justice des hommes. Désormais, seul Dieu pouvait juger de ses actes, puisqu'il avait répandu le sang des ennemis de sa nation, il se considérait comme un assassin dont le permis de tuer était exclusivement réservé aux champs de bataille.
La Cour Royale de Justice se dressait dans la cité de Westminster, sur Fleet Street. John aurait pu marcher jusque là, mais la pluie s'était invitée peu après son départ de l'usine. Il avait alors attrapé le premier taxi venu, faisant fi des appels incessants de Sherlock qui le suivait dans un autre taxi. Il avait besoin de réfléchir aux mots qu'il prononcerait pour faire libérer le colonel Whitehall et le faire placer dans une institution où il serait soigné convenablement. Il ne savait toujours pas comment prendre la parole lors de ce procès, mais il préparait déjà son discours.
Il entra par la grande porte. Maud lui avait expliqué que l'audience avait lieu dans la grande salle. Il la trouva facilement son chemin, aidé par la foule qui se pressait pour assister au procès de l'homme qui avait tenté de tuer la Reine Elizabeth.
Faite de toutes classes sociales, la foule, majoritairement composée d'hommes, se bousculait devant la porte dont l'étroitesse en faisait un goulot d'étranglement. John patienta un moment, en queue de foule. Il n'y aurait pas de place pour tout le monde mais John ne se résigna pas. Il se mit à jouer des coudes, fort de son expérience de guerre qui lui permettait de se faufiler dans chaque trouée et d'avancer plus vite.
Il encaissa plusieurs coups avant de passer enfin les portes et de pénétrer dans la salle d'audience. La pièce était à la mesure du bâtiment qui l'enfermait. Monumentale, parée de bois et de pierre, elle imposait le respect.
Les voix résonnaient sous les plafonds boisés, augmentant l'angoisse qui montait en John. Il alla s'installer dans le public, souffla et attendit que la séance commence. Les huissiers repoussèrent les derniers. La salle était pleine, ils ne pouvaient pas s'installer.
La cour fut annoncée par un huissier et le public se leva. John suivit le mouvement, étonné du silence qui régnait soudain dans la pièce.
Le juge et ses assesseurs, perruqués, firent leur apparition par une porte dérobée. L'air austère, ils prirent place face au public derrière un imposant bureau en bois clair. John les détailla, tentant, par les mêmes procédés que Sherlock, de lire ces hommes. En robe noire, rien ne les distingués les uns des autres. Il n'y avait pas de place pour leur avis ou leur personnalité. Ils représentaient la justice et cela devait se voir. Seuls leurs visages se différenciaient, montrant des hommes d'âge avancé, aux traits durs et aux yeux perçants.
Les tribunes, de chaque côté du bureau principal, étaient vides. Elles étaient destinées au prévenu et à la victime. John n'attendait pas la présence de la Reine. Mais le colonel Whitehall devait arriver dans les plus brefs délais.
On annonça le prévenu qui entra, les fers aux pieds et la tête haute. Il était vêtu de son uniforme de cérémonie, sa casquette sous le bras, il attendit qu'on l'autorise à s'asseoir. Cette obligation d'obéissance était tout à fait contraire à son grade. Le colonel rongeait son frein mais en bon soldat, il obéissait et ne laissait rien paraître de sa fureur.
John, lui, voyait au-delà de cette apparente tranquillité. Il voyait le léger basculement d'épaule qui indiquait un déséquilibre physique autant que psychique. Il voyait les yeux morts qui montraient un repli de la conscience sur elle-même. Il voyait les mains serrées en poings fermés indiquant un tremblement que l'on essayait de maîtriser. Le colonel de Whitehall sortait d'une crise de paranoïa certainement très forte qui l'avait davantage affaibli psychologiquement. La fureur dans ce cas, était mauvaise conseillère.
John ne put pas pousser son observation plus loin. L'huissier de justice annonça la Reine.
Le public se leva ainsi que l'accusé en signe de respect et d'obéissance à la personne royale. Seuls les membres du tribunal restèrent assis. La justice était indépendante de la monarchie, la coutume voulait que ce fait soit indiqué par l'immobilité des juges.
La Reine se présenta, vêtue d'une robe de cérémonie, sa couronne sur la tête. Elle autorisa la foule à se rasseoir d'un mouvement de tête, fixa le colonel d'un regard pénétrant avant de s'asseoir à son tour.
La séance pouvait commencer.
On fit se rasseoir le colonel et les chefs d'accusation furent énoncés afin que tous puissent connaître les méfaits dont on l'accusait.
Le dernier fut le plus grave : Le crime de lèse-majesté. A cette annonce et bien que le fait soit connu, le public en émoi invectiva l'accusé qui, très digne, ne daigna pas s'intéresser à l'opinion publique. Il serait jugé pour des actes dont il n'avait pas le souvenir. Car là était la vérité, il ne se souvenait de rien.
John, mal à l'aise, se tortilla sur son siège. Il attendait la déposition du colonel afin d'en apprendre un peu plus sur sa pathologie.
« -Colonel Whitehall, vous êtes ici pour répondre aux accusations que nous venons d'énoncer. Avez-vous quelque chose à dire avant le début du procès? »
Le militaire se leva.
« -Je ne me souviens pas des faits qui me sont reprochés Votre Honneur, je ne pourrais donc pas me défendre. Je demande l'annulation de ce procès. »
Une vague de protestation enfla.
Le président du tribunal frappa de son marteau.
« -Silence ! »
Puis se tournant vers le colonel.
« -Vous affirmez que vous ne vous souvenez pas des faits qui vous sont reprochés. Maintenez-vous vos allégations ?
-Oui votre Honneur, je maintiens. » Répondit le militaire.
Le président secoua la tête.
« -Les médecins qui vous ont examinés n'ont pas décelé de maladie mentale pouvant expliquer la soudaine amnésie qui semble vous frapper. D'ailleurs, il est étonnant que vous vous rappeliez des heures précédentes cet attentat ignoble. Il est encore plus étonnant que vous vous rappeliez votre arrestation par la garde royale. »
John poussa un profond soupir. La pathologie dont souffrait son patient était encore inconnue dans le contexte du retour à la vie civile. D'après le peu d'informations dont il disposait, John pouvait diagnostiquer une amnésie consécutive au stress. Les symptômes dans son dossier médical et ses allégations présentes allaient dans la même direction. Il n'y avait pas signe précurseur à ce type de pathologie, cela s'était peut-être déjà produit mais n'avait pas porté à conséquence. John espérait que, si cet événement avait bien eut lieu auparavant, le colonel n'avait tué que des ennemis de l'Angleterre et non pas ses camarades.
Les médecins n'étant pas allé au front n'avait donc pas connaissance de ce traumatisme pourtant fréquent chez les jeunes engagés.
Le colonel, même s'il approchait la cinquantaine, pouvait souffrir de ce type de pathologie. La guerre qui venait de se terminer avait été bien plus violente que celles qu'il avait déjà pu vivre auparavant.
« -Je ne vois donc pas colonel, comment vous avez pu oublier la tentative d'assassinat sur la personne de son Altesse Royale la Reine Elizabeth. En conséquence, vous serez jugé pour vos actes et la sanction sera exemplaire. » Répliqua le président.
Le colonel se rassit, impuissant face à cette conviction. La tête basse, il écouta son régiment défiler pour parler de lui et de ses convictions durant la guerre.
Le colonel Whitehall faisait partie de ses militaires de carrière qui ne croient plus en la guerre. Sa conviction profonde et qu'il n'avait jamais caché, était que cette guerre inutile avait été ordonnée pour le seul plaisir d'un roi qui, à cause de son bégaiement, cherchait à faire ses preuves en tant que chef de guerre.
Ces affirmations firent frémir l'assemblée. Oui, la guerre n'était peut-être pas utile mais il fallait bien arrêter Herr Hitler qui prenait trop d'importance et dont l'idéologie menaçait les libertés individuelles des pays frontaliers à l'Allemagne.
Cependant, il n'était pas affaire du bon plaisir du roi Georges qui, malgré sa carrière militaire, ne voulait d'une guerre aussi longue pour son pays.
Ceci étant, l'accumulation de témoignages à charge fit pencher la balance du mauvais côté. Le gibet se rapprochait.
L'avocat de la défense fit son possible pour défendre son client. Appelant à la clémence pour un vieil homme fatigué qui servait son pays depuis trois décennies.
Mais le plaidoyer pourtant parfait ne suffit pas. La cour s'était déjà fait son idée et la sentence n'allait pas changer. La mort attendait le colonel.
A midi, l'audience fut levée. L'après-midi serait consacrée aux témoignages à décharge. Mais pour le moment, chacun pouvait aller se restaurer à sa guise dans les multiples tavernes qui entouraient la Cour Royale de Justice.
John pensait d'ailleurs aller manger tranquillement quand il fut arrêté par l'un des magistrats qui constituait le tribunal.
« -Vous êtes le Docteur Watson ? » Demanda ce dernier qui, sans sa perruque, avait l'air bien plus jeune qu'il n'y paraissait.
John acquiesça, incapable de comprendre où l'homme voulait en venir.
« -Puis-je vous parler en privé Docteur? »
John y consentit, s'interrogeant sur la raison de cet entretien.
L'homme le conduisit dans les couloirs de la Cour Royale de Justice. Il s'arrêta devant une immense double porte en bois clair. Rien ne la distinguait des autres portes pourtant, l'homme y frappa violemment, tendant l'oreille.
L'ordre d'entrer se fit entendre et John pénétra derrière lui dans un immense bureau, qui ne devait pas servir que de bureau d'ailleurs car le couvert était dressé sur une grande table de chêne massif. Huit convives étaient attendus et le repas, déjà posé au chaud sur une desserte, laissait échapper de divines senteurs. L'estomac de John choisit ce moment pour se faire entendre.
Rouge de honte, il se tourna vers les personnes qui, derrière lui, riaient de ce son incongru.
Devant lui se tenaient, Maud et ses deux fils qui encadraient la Reine et les membres du tribunal qui complétaient ce tableau pour le moins insolite. Tous étaient souriants alors que la situation était grave.
Ils allaient juger coupable un homme qui n'était en rien responsable de ses actes.
« -Docteur Watson ! » s'exclama la Reine. « Comme je suis heureuse de vous revoir. Maud m'a annoncé que vous avez été souffrant durant quelques semaines. Allez-vous mieux ? »
En s'inclinant, John répondit.
« -Ma santé va très bien je vous remercie votre Majesté.
-Vous m'en voyez ravie Docteur. »
Elle se leva. John lui offrit son bras et ils se dirigèrent vers la table, suivis par les autres invités.
Alors qu'ils prenaient place, John osa enfin poser la question qui le taraudait.
« -Pourquoi m'avoir fait chercher Votre Majesté ? »
La Reine lui sourit.
« -Maud m'a fait part de votre désir d'intervenir dans le procès du colonel. Elle m'a fait savoir qu'il y avait probablement une raison à son acte et que cela pouvait s'expliquer médicalement. J'aimerai donc que vous fassiez part de vos conclusions devant ce tribunal mais le président Edisson voudrait d'abord vous entendre afin de juger de la valeur de ce témoignage.
-Sachez qu'il n'est pas dans les habitudes de la Cour de Justice d'autoriser ce type de témoignages. » Intervint le président Edisson. « Mais sa Majesté à juger qu'étant la victime involontaire et un spécialiste des traumatismes de guerre, vous aviez voix au chapitre. Je ne suis pas de cet avis mais j'aime comprendre les motivations des assassins. Nous vous écoutons donc Docteur. »
Le regard du médecin passa sur chaque visage. Les signes d'encouragements sur ceux de la famille Holmes et sur celui de la Reine le poussèrent à parler.
« -De mon expérience sur le front, j'ai pu tirer quelques conclusions concernant l'état psychique des soldats revenant de la guerre. Notamment les expériences extrêmes comme les assauts ou les bombardements. L'adrénaline sécrétée par le corps humain dans ces moments devient une sorte de drogue. C'est pourquoi beaucoup de mes patients n'arrivent pas à sortir du conflit. L'adrénaline est vraiment une addiction qu'il faut combattre. Avec certains de mes patients, le sevrage se fait assez vite. Malheureusement, dans le cas du colonel, je crains que l'adrénaline et l'angoisse n'ait fait basculer le colonel dans un état plus grave, impliquant une perte de le mémoire dans des situations qu'il vit comme anxiogène. »
Le président arrêta sa fourchette dans son élan.
« -Qui a-t-il donc de traumatisant à une réception en l'honneur des héros de guerre ? »
John haussa les épaules, un peu perdu lui-même.
« -Le manque de reconnaissance de sa patrie peut-être un événement traumatisant. Le colonel a participé à une guerre qu'il n'approuvait pas. Son sens de l'honneur l'a poussé à se battre contre ses convictions. Le fait que son abnégation n'est pas été reconnue, mais que celle d'autres soldats l'ait été, a dû être un grand traumatisme pour son esprit un peu fragilisé. J'aimerai avoir une copie de son dossier, je ne l'ai pas sur moi. Je l'ai accueilli à l'hôpital militaire de Londres le soir de sa tentative d'assassinat. Je voudrais étudier son passé. Je pense qu'il a perdu quelqu'un de cher durant une bataille, peut-être durant la bataille des Ardennes. Cet événement est certainement le déclencheur de ses pertes de mémoire ou de conscience. »
John avala une bouchée de cette succulente purée de pois cassés qui lui tendait les bras.
Tous les convives restèrent silencieux un moment, méditant sur les paroles du médecin. Ce fut Sherlock qui les sortit de leur marasme.
« -J'aimerai étudier ce cas également. » Répliqua le brun. « Il apparait qu'il y a eut un incident de ce type lors de la bataille des Ardennes. L'un des officiers du colonel Whitehall a été abattu, officiellement par l'ennemi mais dans des circonstances troublantes. »
Mycroft eut un hoquet de surprise.
« -C'est un dossier classé secret défense. Comment y as-tu eu accès ? »
Devant la froideur de son frère, Sherlock se redressa, hautain.
« -Cela n'a pas d'importance Mycroft. C'est une enquête comme une autre et je la résoudrai comme toutes les autres. »
John s'interposa avant que les choses ne s'enveniment.
« -Si nous pouvons remonter jusqu'à la source du traumatisme, je pourrais envisager un traitement, voire même une thérapie. »
L'un des assesseurs s'indigna.
« -Mais il a tenté d'assassiner la Reine ! » s'exclama-t-il, outré qu'ils aient oublié ce détail.
Cette dernière soupira. Elle était prête à pardonner au colonel s'il se révélait qu'effectivement John ait raison. Mais faire admettre cela à l'opinion publique serait plus difficile.
« -C'est vrai. »Argumenta-t-elle. « Cet homme a tenté de me tuer. Mais s'il s'avère qu'il souffre des symptômes qu'a évoqué le Docteur Watson et qu'il n'était alors pas responsable de ses actes, alors je lui pardonne de bon cœur. »
Tous furent surprit de ces quelques mots. Pourtant, Sherlock, comme Maud et Mycroft connaissaient suffisamment la Reine pour la savoir clairvoyante.
Devant le mutisme de ses compagnons de table, elle ajouta.
« -Mais je veux que cet homme soit puni. N'y a-t-il pas, dans les lois de notre pays, un article qui oblige une personne malade à se faire soigner ? »
Le président du tribunal allait répliquer quand un cri se fit entendre, déchirant.
Les instincts militaires de John reprirent le dessus, il bondit de sa chaise, se précipita dans le couloir et observa. Rien.
Il plaqua Sherlock contre la porte alors que celui-ci allait sortir.
« -Tu restes là Sherlock, je vais voir ce qu'il se passe. »
Puis, silencieux comme un chat, John se glissa le long du mur, vérifiant à chaque intersection que le danger était plus loin.
Il arriva devant la salle d'audience. Plus précisément devant la porte reliant le box des accusés au reste de la salle.
Au sol, un agent de police, une main sur la jambe, tentait d'arrêter l'hémorragie engendrée par la balle tirée par le colonel. En face de lui, le colonel Whitehall le tenait en joue, l'arme de service du malheureux en main.
La situation semblait inextricable.
*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/*/
Et bah voilà ! Ca prend plus de temps et plus de pages que je ne le pensais. Tant mieux. Ca me permettra de développer un peu plus cet aspect de la fic.
J'espère que ça vous a plu.
Je vous embrasse
Magdaline
PS : S'il reste des fautes d'orthographe, j'en suis navrée.
